Réponses aux reviews
Merci à tous ceux qui ont laissé un petit mot. Je crois avoir répondu à tous ceux qui ont un compte sur le site. Pour les autres, c'est en dessous que ça se passe…
PaulinaDragona : C'est vrai que c'est un peu comme le Club Med, avec les GO (Gobelins et Orc) et les activités ludiques (spéléo chez les gobelins, acrobranche en Forêt Noire, rafting en tonneau…). Hummmm ! Ça fait rêver. On se demande bien pourquoi on est si nombreuses à imaginer ce genre d'histoire…. Laisse-moi réfléchir… On a toute un fond profondément maso ? Non... Mais on aime toutes les défis, et quand même, avoir l'occasion d'essayer d'apprivoiser Thorin, c'est un sacré défi !
Laurne : Oui, elle est plutôt gentille et patiente Ofélia… mais bon, faut quand même pas lui marcher sur les pieds trop longtemps, sinon, elle montre les dents, qu'elle a fort affûtées d'ailleurs.
Quant à Bali, effectivement, je crois que c'est celui qui s'en sort le mieux, dans cette histoire. Pour lui, ça va vraiment être le Club Med…
Merci à Axire pour son travail de relecture.
Elle était en train de s'assoupir lorsqu'elle entendit frapper. Elle se leva doucement et s'avança dans le salon, mais sans répondre. Elle avait décidé qu'elle n'ouvrirait plus à personne.
Elle entendit frapper à nouveau, puis des voix chuchotantes devant la porte. Elle resta immobile, tendant l'oreille, mais elle ne parvenait ni à les reconnaître, ni à deviner ce qu'elles disaient.
Le silence retomba et elle allait aller se recoucher lorsqu'elle entendit un bruit métallique et vit la poignée bouger. Avec horreur, elle s'aperçut que ceux qui se tenaient derrière la porte avaient crocheté la serrure. Heureusement, la commode, elle ne bougea pas.
-« Ofélia ! » appela la voix de Fili. « Allez, laisse nous entrer, il faut qu'on te parle ! »
Elle s'approcha légèrement de la porte et dit :
-« Allez-vous-en. Je ne veux parler à personne. Ni à vous, ni à personne d'autre. »
-« Ofélia… » Repris la voix de Fili d'un ton caressant. « S'il te plait… »
-« Oui, » surenchérit Kili « On peut pas se quitter comme ça. »
-« Allez-vous-en. » répéta-t-elle avant de s'approcher de la porte et de redonner un tour de clef.
Elle retourna se coucher, mais à présent elle avait le cœur lourd. Elle les aimait bien les deux frères, et entendre leur voix lui avait fait prendre conscience qu'elle venait de tourner le dos aux seules personnes qu'elle connaissait ici.
Elle se glissa sous ses draps et se roula en boule, les bras serrés autour de ses genoux. Elle ne pensait pas être capable de dormir, mais elle était tellement épuisée qu'elle sombra presque immédiatement.
Elle fut réveillée en sursaut par un bruit. Elle dressa l'oreille, essayant de deviner ce qui l'avait alertée. Elle entendit des bruits de pas dans le salon et des chuchotements.
Elle sauta sur ses pieds et se glissa silencieusement entre l'armoire et le mur. De là, elle était invisible, mais elle voyait bien la porte de communication.
Elle vit deux ombres se glisser dans la chambre. Quand ils passèrent dans le rayon de lune qui entrait par la fenêtre, elle les reconnut, même si elle avait déjà devinée de qui il s'agissait. Quand ils furent prés du lit, bien occupés à faire attention à ne pas faire de bruit, elle sortit de sa cachette en disant :
-« Vous êtes pas croyable ! On vous jette par la porte, vous revenez par la fenêtre ! »
Elle dut se mordre les joues pour ne pas rire quand ils sursautèrent violemment en poussant un petit cri aigu.
Elle s'approcha du guéridon prés de la porte, alluma la chandelle, et regarda Fili et Kili qui se tenaient, penaud, devant son lit.
-« Votre mère vous à jamais appris que ça ne se fait pas de rentrer chez les gens sans y être invités ? »
Elle quitta la pièce pour repasser dans le salon, ils l'entendirent bouger un meuble et la rejoignirent. Elle avait tiré la commode et ouvert la porte de la chambre.
-« Partez ! » ordonna-t-elle.
Fili s'approcha d'elle avec le sourire enjôleur dont il avait le secret. Mais ça ne prenait plus. Il le vit sur le visage d'Ofélia et soupira profondément.
-« Ecoute, Ofélia, tu fais parti de la compagnie. Tu peux pas nous abandonner maintenant. »
-« Non, Fili, je ne fais pas parti de la compagnie. Je n'en ai jamais fais parti. » Répondit-elle.
-« Tu es injuste ! » cria Kili. « Nous, nous ne t'avons jamais fais de mal. Nous ne t'avons jamais… »
Il était tellement en colère et malheureux qu'il n'arriva même pas à finir sa phrase. Elle cligna des yeux en le regardant. Evidement, il avait raison. Fili et Kili avaient toujours été sympa avec elle. De même que Bofur…
En fait en y réfléchissant, les autres avaient été plus indifférents que franchement hostiles. Il n'y avait que Thorin qui avait un comportement un peu dérangeant à la fois hostile et entreprenant. Et Nori qui avait tenté de…
Elle alluma d'autres bougies dans la pièce, puis s'assit sur un des fauteuils.
-« Kili, je suis désolée, vous n'y êtes pour rien, mais ma décision est prise. »
-« Ofélia… » Commença Fili avant de s'interrompre quand elle se tourna vers lui avec un petit sourire triste.
-« Vous me manquerez, les garçons » dit-elle doucement.
-« Alors c'est vrai ? Tu as vraiment décidé de ne pas repartir avec nous ? » Demanda Kili avec une tristesse qui la toucha vraiment.
-« Kili, je suis pas maso… »
-« Hein ? » demanda Kili
Elle soupira. Communiquer avec des personnes qui n'avaient pas les mêmes références que soit était compliqué parfois. Comment expliquer ce concept là ?
-« Pour faire simple, quelqu'un de maso, c'est quelqu'un qui aime souffrir. Donc, comme moi, je ne le suis pas, maso, je ne vais pas repartir avec vous ».
-« C'est à cause de notre oncle ? » demanda Fili.
« Non, c'est à cause du pape » pensa-t-elle. Ils étaient cons ou ils le faisaient exprès ?
-« Heu, oui. Pour la première fois depuis que je suis arrivée, nous sommes d'accord. Il ne veut pas de moi. Et je ne veux plus vous suivre. »
-« Pourtant, je crois qu'il t'apprécie. » dit Fili.
Elle le regarda un instant, bouche bée. Oui, peut être que Thorin aimait avoir à porté de main quelqu'un sur qui passer ses nerfs, mais elle n'était plus disposée à tenir ce rôle.
Kili vit l'incrédulité dans les yeux de la jeune femme et renchéri :
-« Fili a raison tu sais. »
-« Ben voyons. » Répondit-elle. « Je ne préfère même pas imaginer ce que ça serait s'il ne m'appréciait pas alors ! »
-« Il t'ignorerait. » répondit Fili en haussant les épaules. « Il se comporterait avec toi comme il se comporte avec Bilbon. »
Ah, finalement, elle aurait préféré alors.
-« Ça ne change rien. Ma décision est prise. » Elle se leva pour leur signifier que la discussion était close.
Ils avaient l'air malheureux et, elle aussi devait admettre qu'elle se sentait malheureuse. Ils se dirigèrent vers la porte.
-« Au fait, vous êtes rentrés par où ? » demanda-t-elle
-« On a escaladé le lierre le long de la balustrade. Mais promis, on le refera plus ».
Ils ouvrirent la porte. Au moment où ils sortaient elle les rattrapa.
-« Vous direz à Bofur que je suis désolée de l'avoir menacé. Vous lui direz qu'il va me manquer lui aussi. » Souffla-t-elle.
Ils se retournèrent vers elle et avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, ils la prirent dans leurs bras.
-« Toi aussi, tu vas nous manquer. » répondit Fili, et Kili l'embrassa sur la joue.
-« Tu peux encore changer d'avis, tu sais », lui dit-il.
Elle secoua la tête, incapable de répondre à cause de la boule douloureuse qui s'était formée dans sa gorge. Ils la lâchèrent et elle les regarda s'éloigner dans le couloir.
Elle retourna à l'intérieur et ferma la porte derrière elle. Bon sang, elle n'aurait jamais cru que les adieux seraient aussi douloureux après seulement quelques jours passés en leur compagnie. Mais s'était probablement aussi parce qu'elle se sentait vaguement coupable envers eux.
Elle repoussa la commode devant la porte du couloir et quand elle entra dans sa chambre, elle ferma la porte de communication avec le salon et la bloqua avec une chaise.
Fili et Kili avaient juré qu'ils ne recommenceraient pas et elle les croyait, mais si eux avaient eu l'idée d'autres pourraient l'avoir aussi…
Elle ne vit pas l'ombre silencieuse qui se glissait dans le salon par la porte fenêtre et s'installait dans un des fauteuils du salon.
Thorin attendait qu'elle se lève. La matinée était déjà bien avancée et il attendait depuis des heures, mais il avait tout son temps.
Si ça n'avait tenu qu'à lui, il ne se serait pas donné la peine de venir, mais Gandalf lui avait encore rappelé que s'ils la perdaient, la quête échouerait à coup sûr. Il ne voulait pas prendre le risque d'échouer pour si peu.
Et puis, jamais personne ne lui avait parlé ainsi, surtout pas une femme, il ne voulait pas la laisser avoir le dernier mot.
Il avait été surpris de son explosion de rage et de ce qu'elle avait dit. Il n'avait pas eu l'impression de la maltraiter. Elle était probablement trop sensible, après tout, ce n'était qu'une femme.
Gandalf avait été catégorique. Il fallait qu'elle reparte avec eux, et il fallait qu'elle les suive volontairement.
Il se doutait qu'elle allait probablement restée confinée dans sa chambre et qu'elle refuserait de lui ouvrir. Bien sur, il aurait été capable de forcer la porte de la jeune femme, mais ça ne l'aurait pas mise dans de bonne disposition pour la suite de la conversation.
Et puis il avait surpris une conversation entre ses neveux. Ils envisageaient de passer par sa fenêtre pour aller lui parler. Il avait sourit et les avait suivi. Peut-être n'aurait-il même pas à intervenir. Fili était suffisamment charmeur pour la convaincre de revenir sur sa décision.
Dés qu'il les avait vus entrer dans la pièce, il avait escaladé le lierre à son tour et était resté dans l'ombre, attendant de voir le résultat de leur intervention.
Quand elle les avait éconduits et qu'ils furent repartis, il avait attendu qu'elle s'enferme dans sa chambre pour s'installer dans le salon. Il aurait pu entrer plus tôt, mais il préférait la cueillir à froid, au saut du lit pour bénéficier de l'effet de surprise. Il avait comprit qu'elle pouvait être butée et combative quand elle était en colère…
En attendant qu'elle se lève, il essayait de choisir la bonne approche. C'était un exercice inédit pour lui. Il n'avait pas l'habitude de devoir convaincre les gens, habituellement, il lui suffisait d'ordonner. Il devait bien reconnaître qu'il ne savait pas trop par quel bout l'attraper cette fille.
Instinctivement, il savait que lui ordonner de venir avec eux n'aurait pas le résultat escompté.
Il entendit bouger dans la pièce d'à côté et sourit. Il attendit encore longtemps avant d'entendre un bruit de meuble qu'on déplace et de voir la porte s'ouvrir.
Elle ne le vit pas immédiatement. Elle portait ses vêtements de nuit et ses cheveux mouillés pendaient dans son dos. Elle était pieds nus. Elle lui parut plus jeune, plus fragile que pendant le voyage.
Lorsqu'elle l'aperçut elle se figea un instant, il vit une lueur de peur dans son regard et ses mâchoires se crispèrent légèrement, mais elle s'efforça de rester impassible quand elle demanda :
-« Que faites vous là ? »
-« Je suis là pour vous rappeler que vous avez signé un contrat. » dit-il calmement.
-« Et je vous ai dit ce que vous pouviez en faire de votre contrat ! » rétorqua-t-elle sentant la moutarde lui monter au nez.
C'était fou ce que la présence de cet homme pouvait stimuler la pousse de ses crocs.
-« Vous vous êtes engagée » lui rappela-t-il
-« Je démissionne. » répondit-elle
-« Vous ne pouvez pas » affirma-t-il en se levant d'un bond.
Elle dut se retenir pour ne pas faire un pas en arrière, mais elle n'était pas disposée à lui montrer à quel point il l'impressionnait. Elle se força à ricaner en disant :
-« Et alors quoi ? Comment allez-vous vous y prendre pour m'obliger à vous suivre ? Allez-vous m'attacher et me porter sur votre dos dans toute la Terre du Milieu ? »
Elle vit passer une lueur étrange dans ses prunelles bleues et son sourire en coin lui indiqua qu'il envisageait la question.
-« C'est tentant » répondit-il, « mais difficilement envisageable. ».
Il fit un pas en avant, et cette fois, elle ne put se retenir de reculer.
Ils se toisèrent un instant. Thorin commença à se rendre compte qu'elle ne serait pas si facile à soumettre. Il maudit Gandalf de les avoir amenés ici. Tout ceci ne serait jamais arrivé s'ils n'étaient pas venus à Fondcombe. Il n'avait plus de prise sur elle ici, elle savait que les elfes la protégeraient contre lui si besoin. Il décida de changer d'angle d'attaque.
-« Pour commencer une nouvelle vie ici, vous aurez besoin d'argent… »
Elle haussa un sourcil.
-« Une fois que nous auront repris la montagne, vous serez riche. Vous pourrez vous installer où bon vous semble et vivre comme une princesse. »
-« Vous pensez donc que je suis à vendre ? Je n'ai pas besoin d'être riche. Je peux m'installer où bon me semble et trouver un travail. »
Il changea encore d'approche, se disant qu'il pouvait faire appel à sa reconnaissance. Après tout, ils lui avaient sauvé la vie et accueillie parmi eux.
-« Vous devez venir avec nous, il semble que le succès de notre quête dépende de votre présence parmi nous. »
-« C'est votre quête. Pas la mienne. » Dit-elle tranquillement.
Jusque là, il avait réussi à plutôt bien contrôler sa colère. Mais, au fur et à mesure qu'il abattait ses dernières cartes, il la sentait l'envahir. C'est avec un ton un peu plus rogue que ce qu'il aurait voulu qu'il dit finalement :
-« Nous vous avons secourue, nous vous avons accueillie ! Vous devriez être reconnaissante ! »
Il la vit pâlir à ses mots. C'était l'argument que Nori avait utilisé au bord du ruisseau.
-« Alors, vous aussi ? Vous aussi vous voulez que je sois « gentille » ? » Demanda-elle d'un ton qui frisait l'hystérie tout à coup. « Vous vous contenterez que je suive ou il me faudra également écarter les jambes ? »
Thorin resta un instant stupéfait, ne comprenant pas trop à quel moment la conversation avait dérapé à ce point. Il vit la tristesse et la colère passer sur son visage tandis qu'elle s'efforçait de reprendre le contrôle de ses émotions.
Voyant qu'il ne comprenait pas de quoi elle parlait elle cracha d'une voix écoeurée :
-« C'est ce que Nori m'a dit ce jour là. Que je devrais être reconnaissante. »
Thorin fronça les sourcils. Il comprit que cet événement, qu'il avait cru plutôt anodin (après tout, elle n'avait pas eu trop de mal à recadrer Nori), avait particulièrement marqué la jeune femme.
Elle se calma aussi vite qu'elle s'était enflammée. Elle venait de réaliser que pour la première fois de sa vie elle était en position de force par rapport à quelqu'un, et pas n'importe qui. S'il lui avait proposé tout ça, s'il discutait encore, c'est qu'il avait VRAIMENT besoin d'elle.
La voyant se calmer, il se radoucit également un peu et se rassit dans le fauteuil.
-« Ofélia, je ne m'excuserai pas d'être tel que je suis. »
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-« Je ne vous en demande pas tant. » répondit-elle.
-« Vous ne voulez pas d'argent, vous ne voulez pas de gloire, vous ne voulez pas que je m'excuse, alors que voulez vous ? »
-« Votre respect » répondit-elle avant d'avoir eu le temps d'y penser.
Il haussa un sourcil avec surprise :
-« Ofélia, je ne vous ai jamais manqué de respect. » déclara-t-il.
Ofélia eut l'impression que quelque chose venait de se briser en elle, mais que ça l'avait également libérée. Elle cessa d'avoir peur.
Elle se dirigea vers la porte et poussa la commode avant d'ouvrir.
-« Allez-vous-en, Thorin » dit-elle d'une voix calme mais inflexible.
Il la regarda, surpris. Quelque chose venait de changer en elle. Elle n'était plus sur la défensive, mais elle avait en elle une nouvelle assurance.
-« Non » dit-il calmement « Je ne partirais pas avant que vous m'ayez expliqué en quoi je vous ais manqué de respect. »
Elle soupira en secouant légèrement la tête.
-« Ça ne sert à rien. Parler ne sert à rien. Ça n'a jamais servi à rien »
Il s'installa confortablement dans le fauteuil pour lui indiquer qu'il ne bougerait pas avant qu'elle ne lui ait répondu.
Elle soupira en refermant la porte et vint s'asseoir dans le fauteuil en face de lui.
Ils restèrent longtemps assis l'un en face de l'autre en silence. Elle aussi pouvait être têtue quand elle le voulait.
Mais, au bout d'un moment, elle comprit qu'il ne céderait pas et qu'il risquait de prendre pension dans sa chambre si elle ne se montrait pas moins butée que lui, elle secoua la tête et dit :
-« Thorin, vous êtes une tête de mule. »
-« Alors, nous avons au moins un point commun. » répondit-il calmement, avec l'ombre d'un sourire. « Je suis un nain, Ofélia, et je suis un héritier de Durin. Mais je peux comprendre que mon comportement vous paraisse étrange, après tout, vous n'êtes pas de notre monde. »
-« Ce n'est pas votre comportement, Thorin » répondit-elle doucement. « Ce sont vos regards. »
-« Mes regards ? »
-« Oui. Quand vous me regardez, je vois dans vos yeux tout le mépris que je vous inspire et ça me blesse. J'ai fais tout ce que je pouvais pour essayer d'être à la hauteur, mais quoi que je fasse, ça ne suffira jamais. Pour vous je ne serais jamais qu'une… qu'une petite fille sans jugeote. »
-« Oui, vous avez raison. J'ai tendance à considérer les femmes comme des petites choses fragiles et sans grand intérêt dans une aventure telle que celle là. »
Elle eut l'impression de prendre un coup de poignard en plein cœur.
-« Mais, je ne vous méprise pas Ofélia. » reprit-il « Et si il y a bien une femme que je pense capable de nous suivre, c'est vous. Vous et votre entêtement tranquille. Jusqu'ici, il n'y a qu'une seule personne qui m'ait jamais tenue tête. Ma sœur, Dis. D'une certaine manière vous lui ressemblez. »
Elle resta sans voix. Merde. Il venait de lui faire un compliment là ?! Elle étrécit les yeux, soudain suspicieuse. Est-ce que ce n'était pas une ruse pour l'amener à reconsidérer sa décision.
-« La flatterie n'est pas dans mon caractère » dit-il comme si il avait deviné ce qu'elle pensait. « J'ordonne, je suis obéit, c'est ainsi que les choses fonctionnent. »
Bon, ça avait le mérite d'être clair.
-« Reconsidérez votre décision. » dit-il en se levant.
Passant près d'elle en se dirigeant vers la porte, il posa sa main sur son épaule. Elle ne put retenir un sursaut à ce geste inhabituellement familier.
-« Et si vous doutez encore, sachez que je n'ai jamais pris la peine d'entraîner quelqu'un pour qui je n'aurais que du mépris. » dit-il
Elle leva les yeux vers lui et le regarda se diriger majestueusement vers la porte. En un instant sa décision fut prise.
-« Thorin ! » Le rappela-t-elle
Il se retourna vers elle, haussant un sourcil.
Elle se leva et s'approcha de lui. Sans peur, ni appréhension.
-« D'accord, je continuerai avec vous. Mais pas parce que j'ai signé un contrat, ou parce que vous me promettez un pont d'or, ni par reconnaissance. Si je le fais, c'est uniquement parce que j'ai envie de vous aider. Mais, N'oubliez pas que je peux changer d'avis à tous moment.. »
Ils se regardaient, chacun soutenant le regard de l'autre. Ils réalisèrent tous les deux que les choses avaient changés. Même si ni l'un ni l'autre ne savait vraiment en quoi.
Il lui tendit la main et elle la serra avec un petit sourire impertinent.
Au moment de refermer la porte derrière lui, elle ajouta :
-« Oh, une dernière chose… Arrêtez de me provoquer pour me voir me mettre en colère… »
Elle l'entendit s'éloigner dans le couloir en riant.
