Réponses aux Reviews « Anonymes »

KiraNina : Ben dis donc, t'as pas du chômer pour lire les 15 chapitres en deux jours ! Quoi qu'il en soit, je suis ravie que ça t'ait plu et j'espère que la suite te plaira autant. J'essaie, autant que possible de rester « réaliste », enfin je devrais plutôt dire « crédible », enfin tu comprends. Parce qu'après tout, Ofélia n'est pas Superwoman, juste une fille « normale », pas spécialement courageuse et un peu gaffeuse, mais avec un caractère têtu qui lui permet de se dépasser quand les circonstances l'exigent.

Pour les reviews, je vais te confier un secret… je me fous qu'elles soient constructives ! Tout ce que j'aime c'est avoir un petit mot qui me dit ce que les lecteurs ont ressenti ou pensé en lisant le chapitre, même si c'est juste un smiley. J'ADORE LES REVIEWS alors te prive pas.

PaulinaDragona : Ben, disons, à la décharge d'Elrond qu'après tout, il aurait pu y avoir des choses intéressantes à lire sur Ofélia, et que les vêtements quand même ça gêne… Et puis bon, ça me permettait d'avoir une bonne excuse pour « réchauffer » les relations entre Thorin et Ofélia…

Merci à Sacrok, Aliena Wyvern, Manelor et Darkkline à qui j'ai répondu par MP… j'espère n'avoir oublié personne cette semaine.

Merci encore à toutes pour vos petits messages qui me motive pour la suite !

Bon, jusqu'à là c'était plutôt tranquille, mais fini de rire, les choses sérieuses commencent !


Ils prirent la route à l'aube. Ils partirent à pied, grimpant un petit sentier étroit le long de la falaise.

-« Soyez sur vos gardes, nous allons bientôt entrer dans les terres sauvage. Balin, tu connais ses sentiers, guides-nous. » dit Thorin.

Lorsque Bilbon se retourna pour contempler une dernière fois Fondcombe, Ofélia l'imita.

-« Monsieur Saquet. Je vous conseille de ne pas traîner. » dit Thorin d'une voix sévère « Vous non plus, Ofélia » ajouta-t-il sur le même ton.

Elle se tourna vers lui et retrouva sur son visage et au fond de ses yeux une lueur vaguement désapprobatrice, du même genre que celle qu'elle y lisait avant leur arrivé à Fontcombe. « Fini de jouer » pensa-t-elle avec un léger soupir.

L'ancienne routine se remit en place rapidement. A tel point que si elle n'avait pas eu ses nouveaux vêtements et son équipement, elle aurait même douté de la réalité de leur arrêt à Fondcombe… La seule différence, c'est que maintenant ils étaient à pied. Ils avançaient plus lentement et s'était beaucoup plus fatiguant.

Le soir elle s'écroulait comme une masse dès ses corvées accomplies. En plus, elle se sentait encore faible après ce qui lui était arrivé avec le cristal, mais elle se serait fait couper en rondelle plutôt que de l'admettre.

Thorin l'ignorait. D'un côté s'était plus simple comme ça, mais d'un autre, quand elle repensait à ce qui avait commencé à naître entre eux, à Fondcombe, son cœur se serrait.

Elle en prit son parti. Elle avait toujours eu un don particulier pour tomber amoureuse de celui qu'il ne fallait pas et elle savait très bien qu'avec un peu d'entraînement et beaucoup de volonté elle pourrait faire taire son cœur. Oh, elle ne pourrait pas l'empêcher de battre plus fort quand Thorin croiserait son regard, mais elle pourrait faire en sorte qu'il ne s'en rende pas compte…

Ce qu'elle ignorait, c'est que Thorin aussi cachait ses émotions, mais chez lui s'était naturel. Il ne fournissait aucun effort particulier. Il ne pouvait pas se permettre d'éprouver ce genre de chose, pas avant d'avoir repris Erébor.

Les jours se succédèrent, ils traversèrent des paysages aussi hostiles que grandioses. Leurs camps étaient froids et inconfortables, leurs repas devinrent plus frugaux et trouver de l'eau s'avéra parfois compliqué.

Lorsqu'ils arrivèrent dans les montagnes, elle bénit les elfes de lui avoir procuré des vêtements chauds et des bottes confortables. Avec les vêtements qu'elle portait à l'origine, elle n'aurait pas tenu plus de deux jours.

Le chemin devenait de plus en plus escarpé et accidenté. Leur progression ralentit encore un peu.

Lorsqu'ils arrivèrent au pied des Monts Venteux et qu'elle vit le chemin que Thorin comptait prendre pour les traverser, elle se dit qu'il était fou. S'était un sentier très étroit, accroché à flanc de falaise. Elle n'avait jamais souffert de vertige, mais elle n'avait jamais non plus eu à escalader une montagne à mains nues…

Au bout de plusieurs heures de marche, ils s'étaient enfoncés profondément dans les montagnes et le sentier serpentait très haut sur la falaise. Leur progression déjà difficile fut rendue particulièrement périlleuse quand un orage éclata. Les bourrasques étaient si violentes qu'elles déséquilibraient parfois Ofélia. A chaque fois qu'elle vacillait son cœur sursautait douloureusement dans sa poitrine. Elle se dit que si elle ne finissait pas au fond du gouffre qui s'ouvrait à ses pieds, elle allait mourir d'une crise cardiaque.

Lorsqu'une bourrasque plus forte que les autres la fit trébucher, elle hurla en se sentant basculer dans le vide. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle vit qu'elle était au dessus du gouffre, mais ne tombait pas. Quelqu'un la tira sur le chemin et l'appuya contre la paroi rocheuse. Le cœur battant à tout rompre et au bord de l'évanouissement, tant elle avait eu peur, elle leva les yeux vers son sauveur. Dwalin. Elle tremblait tellement qu'elle ne pouvait même plus parler. Elle tenta de lui faire un sourire reconnaissant, mais sut que ça ne devait pas être très convainquant.

Il posa sa main sur son épaule en disant :

-« Allez, il faut se remettre en marche. N'ayez pas peur, je reste avec vous. »

Il resta juste derrière elle et attrapa les sangles de son sac à dos, de sorte qu'il pouvait la maintenir si elle trébuchait. Elle lui fut si reconnaissante qu'elle l'aurait embrassé.

L'orage forcit encore. Ils voyaient à peine où ils mettaient les pieds. Elle se dit que c'était de la folie, qu'ils auraient dû trouver un refuge et attendre qu'il se calme.

-« Prenez garde. Doucement. » Hurla Thorin

Il y eut un certain remue-ménage lorsque Bilbon glissa et serait tombé dans le vide si Dwalin ne l'avait pas rattrapé par son sac à dos, comme il l'avait fait pour elle quelques instant auparavant.

-« Il faut trouver un abri » déclara Thorin.

-« Attention ! » hurla Dwalin.

Et elle vit avec stupeur un rocher qui volait dans les airs pour s'écraser sur la paroi au dessus d'eux.

Dwalin la plaqua entre lui et la falaise, il lui sembla s'entendre hurler, mais avec le bruit du vent, le fracas des rochers, le grondement du tonnerre et les cris des autres, elle n'en fut même pas sûre.

-« Ce n'est pas un orage… » dit Balin « C'est un duel d'orage. Regardez ! »

Elle se frotta les yeux pour vérifier qu'elle ne rêvait pas. Une forme minérale, gigantesque venait d'arracher de la falaise d'en face un rocher de la taille d'un porte-avion !

-« Mince alors, » dit Bofur « les légendes disaient vrai… des géants. Des géants de pierre ! »

L'être jeta le rocher, qui les survola avant de s'abattre sur une deuxième créature qui venait de contourner la montagne dans leur dos.

-« Abrite-toi, pauvre idiot » hurla Thorin à Bofur.

Kili empoigna Bofur et le plaquer contre la paroi. A cet instant, la falaise frémit, des rochers tombèrent sur le sentier, en emportant des morceaux entiers juste devant leurs pieds et une fissure se forma entre Fili et Kili.

Elle constata avec horreur que le sentier serpentait sous les genoux d'une des créatures et qu'elle était en train de se réveiller. Quand elle commença à se lever, une autre vint lui donner un coup de tête et elle bascula sur le coté.

Le groupe qui se trouvait sur le genou gauche de la créature en profita pour sauter sur une partie moins vivante de la montagne. Mais les autres, dont elle faisait partie, étaient coincés sur un morceau de falaise qui bougeait comme s'il avait des fourmis dans les jambes.

Le géant sur lequel ils étaient commença un combat de boxe épique avec un autre, avant qu'un rocher ne lui arrache la tête. Tête qui manqua de peu d'écraser Thorin et l'autre groupe !

La créature tituba, ils frôlèrent les autres et elle entendit Thorin leur hurler de sauter, bien qu'ils soient tous conscients que ce n'était pas possible. Lorsque le géant tomba en arrière, ses genoux vinrent percuter la paroi et ils furent projetés sur le sentier.

Ils se relevèrent tous à peu prés intacts. Elle était écrasée par Dwalin. Il était lourd, mais elle aurait eu mauvaise grâce de le lui reprocher, il lui avait fait rempart de son corps pendant toute la durée de ce cauchemar. La plaquant contre la paroi et lui évitant de tomber ou d'être blessée par un rocher.

Elle entendit Bofur crier :

-« Où est Bilbon ! Où est le Hobbit. »

Ils s'aperçurent que Bilbon était accroché au rebord du sentier. Alors que Ori se précipitait pour le rattraper, il lâcha et tomba un peu plus avant de se raccrocher à une saillie rocheuse.

-« Attrapez ma main » lui cria Bofur

Mais il était trop bas pour pouvoir les atteindre et ses doigts commençaient à glisser.

Thorin sauta sur une petite avancée rocheuse et le cramponna par son sac à dos pour le hisser vers ses compagnons. Alors qu'il remontait lui-même, la saillie céda sous son poids et Dwalin le rattrapa au vol.

Ofélia senti son cœur lâcher. Elle commença à voir des papillons noirs devant ses yeux et eut peur de s'évanouir… ce qui ne serait vraiment pas une bonne idée vue les circonstances actuelles.

Dwalin hissa Thorin et dit :

-« J'ai cru qu'on avait perdu notre cambrioleur. »

-« Il est perdu depuis qu'il est sorti de chez lui. Il n'aurait jamais du venir. Il n'a pas sa place parmi nous » dit durement Thorin. « Dwalin ! » ajouta-t-il avec un mouvement de tête vers l'entrée de la grotte devant laquelle ils avaient atterri.

-« L'endroit à l'air sûr » déclara Thorin lorsqu'ils entrèrent à leur tour. « Va regarder au fond, il est rare que ses grottes soient inoccupées. »

-« Il n'y a rien ici » annonça Dwalin.

-« On va se faire un bon feu ! » dit Gloïn lâchant sur le sol une brassé de bois qu'il avait trouvée elle ne savait où.

-« Non, pas de feu. Pas dans cette grotte » dit Thorin passant derrière lui. « Tâchez de dormir. Nous partons à l'aube. »

Balin s'approcha de lui.

-« Nous devions attendre dans les montagne que Gandalf nous rejoigne. C'était le plan ! »

-« Le plan a changé. » lui répondit doucement Thorin. « Bofur ! Premier tour de garde. »

L'expression d'incrédulité douloureuse de son ami fit sourire Ofélia.

Ils s'étendirent tous et s'endormirent. Dés que tout fut calme, elle ramassa sa couverture et alla s'asseoir prés de Bofur.

Ils discutaient doucement lorsqu'ils virent passer Bilbon devant eux. Le temps qu'ils réagissent, il avait atteint l'entrée de la grotte.

-« Où est-ce que vous allez comme ça ?! » demanda Bofur.

Bilbon le regarda d'un air consterné.

-« Je retourne à Fondcombe. » dit il doucement.

-« Oh, non, non, non, vous ne pouvez pas rebrousser chemin ! Vous faites partie de la compagnie ! Vous êtes l'un des nôtres ! » Dit Bofur se levant pour se diriger vers le Hobbit.

Elle le suivi.

-« Ah bon ? C'est nouveau ! Thorin a dit que je n'aurais pas dû venir et c'est vrai. Je ne suis pas un Took, je suis un Saquet. Je ne sais pas ce que je m'imaginais. »

Leur discussion dura encore un moment. Lorsque le Hobbit dit à Bofur qu'il ne pouvait pas comprendre, qu'ils étaient des nains et qu'ils n'avaient pas de chez eux, l'expression du nain lui fit mal au cœur. Mais, d'un autre côté, elle comprenait ce que Bilbon ressentait. Elle savait combien les paroles de Thorin avaient dû le blesser. Après tout, il les avait suivis de son plein gré, dans le seul but de les aider, et tout ce qu'il y avait récolté s'était de la douleur, de la peur et du mépris.

Bilbon s'excusa et Bofur s'adoucit avant de lui dire :

-« Je vous souhaites bonne chance, Bilbon… Du fond du cœur. »

Elle commençait à se tourner vers la grotte pour retourner s'asseoir quand elle entendit Bofur demander :

-« C'est quoi ? »

Elle vit avec horreur Bilbon sortir son épée de son foureau. Elle étincelait d'une brillante lumière bleue. Elle savait ce que ça voulait dire. Elle avait entendu Gandalf expliquer que c'était une lame elfique et qu'elle brillait de cette manière quand les orcs ou les gobelins étaient proches.

Ils entendirent un grincement, puis Thorin cria :

-« Debout !... Debout ! »

Elle sentit quelqu'un la pousser violemment et elle tomba sur le dos à l'extérieur de la grotte. Le temps qu'elle se relève, elle vit Bofur et Bilbon basculer dans une crevasse qui venait de s'ouvrir dans le sol de la grotte.

Elle entendit des cris à glacer le sang et s'éloigna rapidement sur le sentier avant de se tapir dans une fissure. Elle entendit des voix :

-« T'as rêvé, y'avait personne d'autre que les nains. »

-« Je te dis que celui qui était prés de la porte à poussé quelqu'un dehors ».

-« Et moi je te dis qu'il y a personne ! Et puis même, on s'en fiche, on en a assez comme ça, et si tu as raison, il finira bien par atterrir chez nous de toute façon. »

Elle entendit des pas lourd s'éloigner vers la grotte.

Elle resta longtemps tapie dans son trou. Elle tremblait en serrant sa couverture autour de ses épaules. C'est la seule chose qui lui restait, parce qu'elle la portait sur ses épaules pendant qu'elle discutait avec Bofur.

Bofur. Il avait voulu la protéger. C'était probablement lui qui l'avait jetée dehors alors qu'il basculait lui-même dans le piège des gobelins. « Oh, mon dieu, protégez les ! » pensa-t-elle alors que des larmes de chagrin et d'incrédulité coulaient sur ses joues.

Elle resta cachée dans la crevasse toute la nuit, mais lorsque le soleil se leva, elle réalisa qu'elle devait bouger. Elle ne pouvait pas rester là. Elle aurait bien rebroussé chemin pour tenter de regagner la vallée, mais elle savait que le sentier derrière eux était impraticable. Elle se releva, essuya ses yeux et son nez. Elle noua les coins de la couverture autour de son cou pour avoir les mains libres avant de se mettre en marche.

Elle n'avait que peu d'espoir de réussir à sortir seule des montagnes, mais elle ne voulait pas attendre la mort assise sur ce bout de rocher. Si elle devait y passer, ça serait en essayant de s'en sortir. Au moins, elle partirait sans regrets. Et puis, elle avait entendu Thorin dire que Gandalf devait les rejoindre dans les montagnes. Avec un peu de chance…

Elle marcha pendant des heures. Elle avait chaud, elle avait faim et plus aucune vivre. L'eau n'était pas un problème, elle pouvait boire celle qui ruisselait sur les rochers, mais la nourriture allait devenir un souci. A cette altitude rien ne poussait et elle ne pouvait pas espérer chasser. Il fallait à tout pris qu'elle réussisse à atteindre une vallée.

Pour faire diversion à sa faim, elle essayait d'imaginer ce qu'elle aurait été en train de faire si elle avait été chez elle. Parler mec avec ses copines, les écouter raconter leurs dernières aventures… peut-être une balade avec Bali ou Toundra, son autre cheval… discuter avec les clients de l'épicerie… Non, ne pas penser à l'épicerie et à toute la bouffe qu'on y trouvait.

Le soleil commençait à descendre sur l'horizon et elle avait l'impression qu'elle n'avait pas bougé. La montagne était toujours identique. Des falaises de pierre à perte de vue et le sentier qu'elle apercevait de contrefort en contrefort. Jamais elle n'en sortirait… Et puis, en sortir pour quoi faire ?

Elle était seule maintenant. Dans une vallée elle trouverait de quoi se nourrir, elle savait se débrouiller seule dans la nature. Mais elle serait à la merci des prédateurs, et ici, les prédateurs paraissaient particulièrement féroces.

En attendant, il allait bientôt faire nuit, il faudrait qu'elle s'arrête, ce serait trop dangereux de suivre ce sentier dans l'obscurité. Mais d'un autre coté, si elle s'arrêtait, elle ne passerait probablement pas la nuit…

Elle en était toute à son dilemme quand elle arriva… au bout du sentier.

Elle regarda, incrédule, le vide devant ses pieds. Elle leva les yeux, cherchant où le sentier pouvait bien reprendre. Thorin connaissait la route, s'il avait pris ce sentier c'est qu'il savait qu'ils pourraient le suivre, et malgré son sens de l'orientation qui s'apparentait un peu à celui d'une huître, elle ne pouvait pas s'être perdu sur un sentier qui n'avait pas d'embranchement !

A force d'examiner la montagne, elle comprit. Le sentier s'était érodé avec le temps. Il était toujours là, sauf qu'il était encore plus étroit, pas plus d'une petite vingtaine de centimètres de large. Comment Thorin avait-il envisagé de les faire traverser cet endroit avec tout leur barda ?

Elle remarqua qu'il s'élargissait à nouveau, environ 100 mètres plus loin et surtout, qu'il commençait à descendre.

Ok. En se plaquant contre la falaise, en s'y accrochant avec les mains elle pouvait le faire !

-« Tu pourrais aussi te faire pousser des ailes… » Dit une petite voix goguenarde dans sa tête.

-« Ta gueule ! » lui répondit-elle.

Elle jeta un coup d'œil au soleil. Il devait lui rester environ deux heures avant la nuit. Elle décida de tenter le coup. Elle avait le choix entre s'arrêter là et attendre la mort, ou avancer, au risque de tomber et de mourir. Entre la peste et le choléra… Mais en avançant, elle avait une infime part de chance de s'en sortir.

Elle se plaqua sur la paroi et commença son périple.

-« Jusqu'ici ça va. » chuchota-t-elle pour se réconforter. Mais elle ne put s'empêcher de ricaner en pensant à la blague de l'homme qui tombe d'un immeuble et qui dit aux gens aux fenêtres « Jusqu'ici, ça va. ».

Franchement, elle n'était pas aidée avec son humour noir qui prenait le dessus dans les situations difficiles. Mais bon, chacun fait face comme il le peut…

Elle avait fait environ un quart de la distance, elle était épuisée et commençait à se dire qu'il fallait vraiment qu'elle arrête d'avoir des idées à la con quand elle sentit la pierre céder sous son pied. Elle cria en accrochant ses doigts le plus fort qu'elle put dans une anfractuosité, priant pour que le reste du sentier ne bouge pas.

Elle jeta un coup d'œil devant son pied et vit que cette fois, le sentier avait bel et bien disparu. Sur environ quatre-vingt centimètres, il s'était carrément décroché de la falaise. Quatre-vingt petits centimètre, mais quand il faut les enjamber accroché à la paroi d'une montagne sur une corniche qui n'en faisait pas vingt de large, c'était beaucoup plus périlleux que ce que ça paraissait.

Elle avança son pied aussi loin qu'elle le put, puis sa main. Elle se dit qu'elle devait être ridicule accrochée en étoile de mer à la falaise d'une montagne d'un monde imaginaire, mais bon…

Elle battit le rappel de son esprit qui commençait à s'égarer. « Oh, j'ai besoin de toi là. Tu rigoleras plus tard ! » le réprimanda-t-elle vertement.

Quand elle se senti prête. Elle déplaça doucement son poids vers la jambe qui était de l'autre coté de la crevasse. S'efforçant de respirer calmement et profondément. Quand elle eut fini de transférer son poids, elle déplaça sa deuxième main, puis enfin son deuxième pied.

Elle venait de le poser à coté du premier lorsqu'elle entendit un craquement et sentit la pierre disparaître sous son pied. Elle fut déséquilibrée et partit en arrière.

Elle eut beau serrer ses doigts et contracter ses abdos, elle ne put rien faire pour s'empêcher de basculer dans le vide. Son hurlement se répercuta à l'infini dans les montagnes tandis qu'elle dévissait.

Son hurlement se brisa en même temps que sa raison quand des serres s'enroulèrent autour d'elle. Elle s'évanouit.