Merci à Selephim Seth pour sa relecture de ce chapitre. Vous ne le trouverez pas sur ce site, c'est mon « démon gardien ». Si vous êtes curieuse, tapez son nom dans un moteur de recherche… vous devriez trouver.


Réponses aux SCF (« Sans Compte Fixe », ça me parait mieux que « Anonymes ».)

KiraNina : Oh, les reviews, j'adore, comme tous les « auteurs » je pense.

Pour la traversée de Gobelinville, je ne voyais pas trop comment faire pour qu'Ofélia s'en sorte vivante… surtout après la chute de la passerelle. Parce que, les nains et leur robuste constitutions peuvent peut-être prendre trois tonnes de bois plus un roi gobelin mort sur le corps sans trop en souffrir, mais Ofélia, elle aurait fini aplatie comme une crêpe ! Du coup, j'ai dû trouver une astuce.

Pour l'évolution des relations entre Thorin et Ofélia, c'est justement mon problème. Je ne veux pas trop dénaturer le personnage de Thorin. Du coup, c'est un peu compliqué pour « lancer » une idylle… Et ça le sera encore plus après…

Rappelle moi de remercier la pluie de t'avoir fait découvrir mon histoire ! Même si maintenant, la pluie j'en ai marre. JE VEUX DU SOLEIL !

Merci à Sacrok, Aliena Wyvern, Manelor et Darkkline à qui j'ai répondu par MP.


Quelque chose chatouillait le nez d'Ofélia. Elle le fronça et le frotta furieusement avant même d'ouvrir les yeux.

Sa vision était trouble. Elle avait du mal à coordonner ses deux yeux et il faisait sombre. Elle bougea doucement, ne comprenant pas où elle était, ni comment elle y était arrivée.

Elle serra les paupières et les frottas. Elle rouvrit les yeux. Il faisait toujours aussi sombre et elle voyait comme une matière pelucheuse devant ses yeux. Elle était couchée sur le ventre sur quelque chose de doux et chaud. Elle tourna la tête, mais ne vit rien d'autre que cette drôle de matière blanche, ça ressemblait… à des plumes très fines, très douces… Du duvet.

Elle voulut se retourner et se figea en entendant une voix profonde dire :

-« Bougez moins fort. Pas réveiller mon poussin. »

Elle était complètement pétrifiée. Même son souffle s'était bloqué. Elle dut faire un effort pour recommencer à respirer, et un encore plus grand pour trouver le courage de tourner la tête vers la voix.

Dans l'obscurité, elle devina une forme plus sombre. Avec précaution, elle se tourna sur le coté, puis ramena ses jambes sous elle pour s'asseoir.

Elle comprit pourquoi il faisait si sombre. C'était juste parce que c'était la nuit. Elle regarda autour d'elle et réalisa qu'elle était assise dans un nid. Un nid accroché à un éperon rocheux. Un nid d'aigle.

Bon, elle était ici depuis assez longtemps pour ne plus s'inquiéter pour sa santé mentale. Si elle avait l'impression d'être installée dans un nid d'aigle, c'était probablement parce que c'était le cas…

Elle regarda la forme sombre et mouvante. Effectivement, on aurait dit l'ombre d'un oiseau. Un oiseau de la taille d'un petit avion de tourisme, mais bon, elle avait bien vu des loups de la taille d'un cheval.

-« Ne pas avoir peur. Ne pas vous agiter. »

Bon d'accord, un oiseau de la taille d'un petit avion de tourisme et qui parlait.

-« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle doucement. Puisqu'il parlait, autant lui faire la conversation.

-« Vous êtes tombée. »

Oui, ça elle s'en rappelait assez bien. Elle qui avait toujours eu envie d'essayer le parapente était vaccinée à tout jamais des sports où on est sensé se jeter dans le vide.

-« Je suis où ? »

-« Dans mon aire. »

-« Pourquoi ? »

-« Vous tombiez. »

D'accord… Elle allait y passer la nuit si…

-« Dormir maintenant. Pas réveiller mon poussin. »

Elle examina le nid, mais ne vit pas d'oisillon. Pourtant, vu la taille de sa mère, il devait être déjà imposant. Soudain, elle vit une boule de duvet qui palpitait. Il se fondait complètement au milieu du duvet qui tapissait le nid.

Elle se serra sur le bord opposé et se coucha en chien de fusil. Après tout, elle était vivante et elle était au chaud. Que demander de plus ?

Elle se réveilla en sursaut en sentant quelque chose qui lui tapait les côtes. Il faisait jour, elle se releva vivement et se trouva nez à nez avec des billes noires et brillantes. Il lui fallut un instant pour réaliser qu'il s'agissait d'yeux et pour se rappeler où elle était et à qui appartenait ces yeux.

L'oisillon la regardait avec un air curieux en penchant la tête. Il devait être tout frais sorti de l'œuf. Pas plus de quelques jours. Pourtant, il était aussi grand qu'elle.

Avant même d'avoir réfléchi, elle avança la main pour le caresser. Il était incroyablement doux, comme le sont les poussins.

Soudain, il commença à s'agiter, tendant cou, le bec grand ouvert vers le ciel. Une ombre gigantesque les recouvrit. Elle vit l'aigle mettre un morceau de viande dans le bec de l'oisillon. Assister à un spectacle aussi rare d'aussi près lui fit un instant tout oublier.

Quand le rapace lui parla, elle ne réagit pas immédiatement, trop occupée à admirer la voracité de l'oisillon. Lorsqu'il baissa la tête et planta son regard d'aigle dans ses yeux elle faillit hurler.

-« Excusez moi… » dit-elle

-« Sautez. » dit l'oiseau.

-« P… Pardon ? » Demanda-t-elle.

-« Venir avec moi. Sautez. »

Elle regarda le vide au bord du nid et secoua la tête. Hors de question qu'elle saute ! Elle avait eu assez de chute libre la veille.

L'aigle déploya ses ailes et s'envola. Il décrivit une large courbe avant de fondre sur elle et de la saisir dans ses serres. Elle n'eut même pas le temps de hurler.

Il monta très haut et… la lâcha. Cette fois elle ferma les yeux en hurlant à s'en briser les cordes vocales, avant que tout l'air ne soit chassé de ses poumons par le choc quand il passa sous elle et qu'elle atterrit sur son dos.

-« Je dire sautez. » dit l'oiseau d'un ton désapprobateur.

Ok. Note pour le futur : obéir aux oiseaux.

Elle ne répondit pas. En fait, elle ne se rappelait même plus comment elle était sensée s'y prendre pour parler.

Il lui fallut un long moment pour récupérer ses facultés mentales. Lorsque se fut fait elle demanda :

-« Où on va ? »

-« Carrok. »

Elle n'avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait être, mais savait qu'elle n'en obtiendrait pas plus. Maintenant qu'elle avait les idées à peu près en place, elle apprécia l'expérience.

Elle avait parfois rêvé qu'elle voulait comme un oiseau. Mais voler sur un oiseau était encore plus fabuleux.

-« Whaou ! » s'exclama-t-elle en jetant un regard vers le sol.

L'aigle lança un cri qui lui fit l'impression d'être un rire et il commença à jouer avec les courants d'air, virant d'une aile sur l'autre avec grâce. Elle se plaqua un peu plus contre son plumage.

Ils volèrent longtemps, le soir commençait à tomber lorsque soudain, l'oiseau vira brutalement de bord et changea de direction.

-« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle.

-« Le seigneur m'appelle »

Bon, de la part de tout autre personne, dans son monde ça aurait pu être inquiétant. Mais franchement, quand on chevauche un aigle dans un monde imaginaire et qu'il vous dit que le seigneur l'appelle, où est le problème ?

Elle réalisa soudain qu'il y avait plusieurs oiseaux maintenant. Ils semblaient discuter entre eux. Elle plissa les yeux en voyant une lueur rougeoyante à l'horizon. Pas de doute, il y avait le feu là-bas.

Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient, elle vit des sapins en flammes au bord d'un précipice… et des formes qui bougeaient dans les flammes. Un des sapins était penché, complètement à l'horizontale dans le prolongement de la falaise et elle voyait des ombres qui y étaient accrochés.

-« Oh mon dieu ! » dit-elle en reconnaissant le chapeau de Gandalf.

Les aigles fondirent dans la bataille. Elle vit que les nains se battaient avec l'énergie du désespoir contre des orcs montés sur des warg. Lorsque son aigle fit un passage en rase motte pour saisir un warg et le jeter dans le vide elle vit Thorin inconscient, étalé sur un tronc d'arbre mort.

Son cœur plongea dans ses pieds et elle hurla :

-« Non ! Thorin ! »

L'aigle tourna la tête vers elle avant de virer sur son aile et de fondre sur le nain pour le saisir entre ses serres.

Elle se pencha, tentant de le voir au risque de tomber.

-« Ne pas gigoter ! »

-« Est-ce qu'il est mort ? » demanda-t-elle d'une voix étranglée.

L'aigle ne répondit pas. Elle vit les autres aigles saisir les nains et les rejoindre. Elle entendit Fili crier le nom de Thorin, puis le sien. Elle se tourna vers lui. Il chevauchait un aigle avec son frère.

-« Ofélia ! Comment va-t-il ! »

Comment aurait-elle pu le savoir ?

-« Je sais pas ! » répondit-elle d'une voix aiguë.

Ils volèrent longtemps avant que les aigles ne les déposent sur un éperon rocheux. Son aigle posa Thorin avec beaucoup de délicatesse avant de faire une boucle pour venir se poser sur le rocher et qu'elle puisse descendre.

Elle sauta de son dos avant même qu'il ne soit complètement posé et se précipita vers Thorin, elle tomba à genoux à coté de lui.

-« Thorin » sanglota-t-elle en le regardant.

Ses yeux étaient clos, son visage marqué par les coups qu'il avait reçus et elle n'arrivait pas à savoir s'il respirait. Gandalf la poussa légèrement de côté et s'agenouilla au côté du nain. Il passa sa main sur son visage en murmurant quelque chose. Lorsque Thorin prit une inspiration elle vit le soulagement sur le visage du vieux magicien et il se releva en lui faisant un clin d'œil.

Elle soupira profondément et se laissa tomber assise, relâchant ses épaules.

-« Le semi-homme… » Demanda Thorin.

Elle releva les yeux et vit qu'il se débattait pour se remettre debout, aidé par Kili et Dwalin.

-« Vous ! » dit-il durement, s'adressant au Hobbit qui semblait sérieusement inquiet.

-« Qu'est-ce qui vous a pris ?! Vous auriez pu être tué. »

Devant l'absence de réponse de Bilbon, il repris.

-« N'avais-je pas dit que vous ne pourriez pas survivre dans les terres sauvages, que vous seriez un fardeau… »

Il s'avança à grand pas vers Bilbon

-« … je ne me suis jamais autant trompé de ma vie. » ajouta-t-il en prenant Bilbon dans ses bras, à sa plus grande stupeur.

Ok, elle avait dû rater un événement important. Elle était toujours assise par terre. Personne ne faisait attention à elle… son esprit vaguement dérangé forma l'idée qu'elle était morte et que ce n'était que son fantôme qui était assis là et que de ce fait, ils ne pouvait pas la voir.

Elle les vit se tourner et contempler quelque chose dans le lointain. Elle se leva et s'approcha du groupe juste a temps pour entendre Bilbon dire :

-« Je crois que le pire est derrière nous. »

Oui, c'est vrai, devant il n'y avait jamais qu'un dragon…

Les aigles revinrent tourner autour de la corniche, y déposant des lapins, des lièvres et même un agneau.

L'un d'eux, plus majestueux que les autres, se posa à l'extrémité et Gandalf alla le rejoindre. Ils semblaient se connaître et Ofélia entendit Gandalf l'appeler « seigneur ». Ainsi donc, c'était de lui que son aigle avait entendu l'appel.

Elle le chercha des yeux parmi ceux qui tourbillonnaient autour d'eux, mais ne le reconnut pas. Elle en fut déçue. Elle aurait aimé le remercier.

Elle se tourna vers les nains et Bofur s'approcha d'elle à grand pas.

-« Ofélia ! » dit-il en la prenant dans ses bras. « J'ai eu si peur pour toi. »

Elle sourit en lui rendant son étreinte.

-« Et moi pour vous… »

Bombur et quelques autres nains commencèrent à préparer les prises que les aigles avaient déposées sur le rocher pour les faire cuire. Elle aurait bien voulu les aider, mais elle n'avait jamais su dépecer un animal. Elle vit un peu plus loin que Oïn examinait les blessures de Thorin. Elle se rapprocha.

Elle dut combattre un brusque fard quand elle réalisa que Thorin était torse nu. Mais lorsqu'elle vit ses blessures, les idées déplacées firent place à la pitié. Elle se demandait comment il pouvait encore ternir debout. Ses côtes étaient noires et elle aperçut de profondes blessures là où les crocs du warg s'étaient enfoncés.

Elle s'avança un peu plus et se plaça entre Fili et Kili, qui observait leur oncle en discutant entre eux.

-« Dommage qu'on soit plus à Fontcombe » dit Fili « je suis sur que les elfes auraient eu un onguent pour le soigner efficacement. »

Elle tourna les yeux vers lui :

-« C'est dommage que je n'ai plus mon sac. » dit-elle « il y avait un grand pot d'onguent des elfes dedans. »

Fili se tourna vers elle en levant un sourcil.

-« Mais, il est là ton sac. » répondit Kili en désignant le tas qu'ils avaient formé avec leurs affaires.

Elle s'y précipita et récupéra son sac a dos avec reconnaissance. Elle en sorti le pot et s'approcha d'Oïn.

-« Je peux ? » demanda-t-elle au guérisseur en montrant le bocal.

Il hocha les épaules et se recula pour lui laisser la place au près du prince.

Thorin aboya un juron de douleur quand Ofélia commença à étaler délicatement l'onguent.

-« Ça va vous soulager rapidement. Je sais de quoi je parle. » Lui dit-elle doucement.

Il grogna et lui jeta un regard assassin par-dessus son épaule, mais elle fit comme si elle ne le remarquait pas et continua son travail. Lorsqu'elle eut fini de s'occuper de son dos elle dit :

-« Tournez vous, s'il vous plait. »

-« Qui vous permet de me donner des ordres ! » cracha-t-il.

Bon, il était de mauvais poil. Mais bon, après s'être fait mâchouiller par un warg, ça pouvait se comprendre. Il avait quand même bien morflé… Elle soupira et le contourna pour se placer face à lui.

Elle prit un peu de baume sur le bout de ses doigts et les avança vers son visage. Il eut un mouvement de recul.

-« Thorin… » Soupira-t-elle

Il grogna à nouveau, mais se laissa finalement faire. Elle essayait d'être aussi douce que possible, mais elle savait qu'elle devait lui faire mal quand même.

Lorsqu'elle eut fini de s'occuper de son visage, elle s'attaqua à son torse. Elle se concentrait sur sa tâche, essayant de contrôler ses pensées qui s'enflammaient à la vue de ce torse et de ces abdos.

Quand les mains de la jeune femme se posèrent sur la peau nue de sa poitrine, il tressaillit et posa sur elle un regard enflammé qu'elle ne vit pas.

Il l'avait pensé perdue. Lors de leur visite de Gobelinville, malgré leur propre situation plutôt périlleuse, le sort de la jeune femme l'avait inquiété. Il aurait préféré qu'elle soit avec eux. Il aurait pu la protéger. Mais seule dans les montagnes, elle ne passerait pas la nuit. Son cœur s'était serré à l'idée de ne jamais la revoir.

Il aurait aimé lui dire qu'il avait craint pour sa vie, qu'il était heureux de la revoir, mais ça aurait été un aveu de ce qu'il ressentait pour elle, et ce n'était pas encore envisageable.

Il soupira légèrement sous les doigts d'Ofélia. Elle avait raison, cet onguent était très efficace. Il se sentait déjà mieux.

-« Comment êtes vous sortie de la montagne ? » demanda-t-il tout à coup.

-« J'ai suivi le sentier, je suis tombée, un aigle m'a rattrapé et m'a amenée ici. » résuma-t-elle « Et vous ? »

-« Gandalf. » répondit-il simplement.

Elle le sentit se détendre légèrement sous ses doigts. Lorsqu'elle eut fini d'étaler l'onguent sur son torse et sur ses côtes, elle leva les yeux vers lui :

-« Vous pouvez vous rhabiller. J'ai fini. »

Et pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, il lui sourit d'un vrai sourire qui éclaira son visage et elle sentit son cœur se gonfler dans sa poitrine.

Elle inclina la tête et rejoignit les autres autour du feu.

Le repas fut plus que bienvenu pour Ofélia. Elle n'avait rien mangé depuis qu'elle s'était retrouvée seule. Elle dévora avec un appétit qui fit rire Bofur :

-« Tu as décidé de faire concurrence à Bombur ? » lui demanda-t-il alors qu'elle attaquait à belles dents son troisième morceau de lapin. Elle le regarda et se sentit rougir de s'être faite surprendre en train de se comporter comme une morfale.

Bofur rit à nouveau et dit :

-« Mange ! Il y a amplement assez pour tout le monde et tu dois être affamée. »

-« Vous aussi. » répondit-elle

-« Tu étais trop occupé à manger, sinon tu aurais remarqué que nous avons tous mangé de bon appétit ! »

Il s'assit prés d'elle et lui donna un coup d'épaule espiègle.

-« Tu me raconteras comment tu as atterri sur le dos d'un aigle ? »

-« Tu me raconteras comment vous vous êtes retrouvés sur un arbre sur le point de tomber d'une falaise ? »

Il rit et commença à lui raconter leurs aventures à Gobelinville et avec les orcs pendant qu'elle finissait son repas.

Quand elle eut fini de manger et qu'il eut fini son histoire, elle lui sourit, posa la tête sur l'épaule de son ami et commença à raconter ses propres aventures.

Lorsqu'il la sentit frissonner à l'évocation de sa chute dans les montagnes, il passa son bras autour de ses épaules et la serra contre lui en embrassant le sommet de sa tête.

Ils restèrent ainsi, serrés l'un contre l'autre. Elle se sentait bien, repue et en sécurité. Elle se sentait si bien qu'elle commença à s'endormir.

Ni l'un ni l'autre ne remarqua le regard brûlant de colère que Thorin posait sur eux.