Réponses aux SCF (« Sans Compte Fixe », ça me parait mieux que « Anonymes ».)
Guest : Je suis contente que ce chapitre t'ait tant fait rire. C'est vrai que moi aussi je me suis bien marré en l'écrivant. Je voulais faire ressortir le côté « absurde » de la situation.
Quand j'ai vu le film, au ciné pour la première fois et que j'ai entendu la réplique de Bilbon disant « Je crois que le pire est derrière nous » j'avais éclaté de rire, sous les regards ahuris de mes voisins de sièges. Parce que quoi, c'est vrai… malgré tout ce qu'ils ont traversé jusqu'à là, y'a quand même un dragon devant eux !
Pour l'évolution des sentiments entre Thorin et Ofélia… c'est aujourd'hui. Mais, ça ne va pas simplifier la situation, ni apaiser les tensions… au contraire. Parce que, ben, Thorin est Thorin et qu'Ofélia… est Ofélia.
Et toi aussi tu m'as fait mourir de rire… parce que sur ce coup-là… tu es « Anonyme », je crois que tu as oublié de mettre ton pseudo…
KiraNina : Pour l'évolution des sentiments entre Thorin et Ofélia, c'est maintenant. J'espère que tu ne seras pas déçue, et que je n'aurais pas trop dénaturé le personnage de Thorin, pour toi. Mais, je ne pense pas. En fait, je crois avoir réussit à le garder fidèle à lui-même… parce son comportement envers mon Ofélia m'énerve !
Merci à Sacrok, Aliena Wyvern, Manelor et Darkkline, ainsi qu'à ma nouvelle « fan » Noooo Aime. Vous savez à quel point j'adore vos commentaires !
Le lendemain les aigles revinrent les chercher. Gandalf avait négocié avec le seigneur des aigles qu'ils les déposent dans la vallée. Elle fut contente de voir que son aigle était de retour, elle le reconnu immédiatement au milieu des autres et se précipita vers lui quand il atterrit sur la corniche.
-« Je suis contente de vous revoir » dit-elle, « je n'avais pas eu l'occasion de vous remercier. »
L'aigle inclina la tête, à défaut de pouvoir lui sourire.
-« Sautez. » dit-il
-« Quoi ? » demanda-t-elle
-« Venir avec moi. Sautez. » Répéta-t-il
Elle lui fit un grand sourire et se dépêcha d'attraper son sac à dos pendant que l'aigle déployait ses ailes et s'envolait. Elle s'approcha du bord de la corniche, pris une grande inspiration et se jeta dans le vide sous les hurlements de ses compagnons.
Ils se précipitèrent tous vers le bord de la corniche dans une cacophonie de « Non, Ofélia », « qu'est ce qui lui a pris… » et restèrent stupéfaits lorsque un aigle frôla la falaise en remontant en piqué et qu'ils virent sur son dos une Ofélia au sourire éclatant.
-« Faites ce qu'ils vous disent ! » cria-t-elle aux nains alors que son aigle prenait de la hauteur et Gandalf éclata de rire. Décidément, cette jeune femme était pleine de surprises.
Lorsque tous les nains furent sur le dos d'un aigle, ils prirent la route. Ils volèrent presque toute la journée avant qu'ils ne les déposent au sommet d'un étrange rocher planté au milieu d'une vaste prairie.
Alors que les aigles repartaient après avoir déposé leur chargement, son aigle refit un passage et laissa tomber une plume blanche et fine comme du duvet avant de rejoindre ses compagnons avec un cri.
Elle ramassa son cadeau duveteux en murmurant un « merci » ému.
Elle rejoignit les autres alors qu'ils commençaient à descendre les marches taillées dans le flanc du rocher pour rejoindre la prairie.
Lorsqu'ils furent en bas, Thorin décréta qu'il était déjà tard et qu'il valait mieux camper ici pour cette nuit.
Après qu'ils eurent installé le camp, elle alla à la rivière qui traversait la prairie et se lava les bras et le visage. Elle aurait bien aimé s'y baigner entièrement…
-« Ça fait envie, n'est-ce pas ? » dit la voix espiègle de Kili derrière elle.
-« Oui. » dit-elle sincèrement.
Après avoir instauré des tours de gardes, ils se baignèrent tous. Elle s'était déjà baignée avec eux, alors, elle n'éprouvait pas de gêne particulière.
Quand elle vit Thorin ôter ses vêtements dans le but évident de profiter d'un bain lui aussi, elle lui rappela qu'il n'était pas sensé se mouiller avec le baume qu'elle lui avait mit la veille, mais il balaya ses objections d'un revers de la main en disant qu'elle n'aurait qu'à lui en remettre après.
Soit il avait très envie de se rafraîchir, soit il avait apprécié ses soins de la veille… Elle hocha un sourcil dubitatif mais ne répondit rien.
Lorsqu'ils furent tous rafraîchis, ils regagnèrent leur campement et elle sortit le bocal de baume pour Thorin. Le baume était très efficace, il semblait ne plus avoir aussi mal pourtant elle le sentit frissonner sous ses doigts.
-« Je vous fais mal ? » demanda-t-elle doucement.
-« Non. » répondit-il simplement.
Lorsqu'elle soigna les contusions sur son visage, il planta ses yeux clairs dans les siens et elle eut du mal à déglutir. Elle aurait voulu détourner les yeux, mais n'y arrivait pas. Elle repensait à ce qui s'était passé à Fontcombe… Elle baissa les yeux pour s'occuper de son torse, essayant de contrôler le tremblement de ses doigts alors qu'elle avait l'impression que son cœur battait dans sa gorge et que quelqu'un avait fait un lâcher de papillons dans sa poitrine.
Elle se rendit compte qu'elle caressait plus qu'elle ne frottait les muscles qu'elle était sensée masser pour faire pénétrer l'onguent et se sentit rougir.
Lorsque Thorin avait sentit les doigts d'Ofélia sur lui, il avait eu l'impression de s'enflammer. La veille, quand elle lui avait appliqué l'onguent, la douleur et la colère était encore trop présentes pour que les sentiments plus doux qu'il avait pour la jeune femme ne prennent le dessus. Mais aujourd'hui, c'était différent. Il la regarda appliquer le baume sur son torse, regrettant presque qu'elle ne le touche que pour ça.
Elle acheva sa tâche et releva les yeux pour lui dire qu'il pouvait se rhabiller, mais les mots moururent sur ses lèvres devant son regard.
Lorsqu'il passa sa main derrière sa nuque et approcha sa bouche de son oreille, elle se sentit faiblir.
-« Je t'ai crue morte. » souffla-t-il.
Sa voix était profonde et vibrante, et son souffle chaud caressait la peau fine sous son oreille. Le cœur d'Ofélia fit un looping dans sa poitrine. Lorsque les lèvres de Thorin se déplacèrent pour réclamer les siennes, elle sentit ses jambes se dérober. Il le sentit aussi et enroula son bras autour de la taille de la jeune femme pour la soutenir.
-« Thorin… » Siffla-t-elle faiblement d'un ton de réprobation.
Tout le monde pouvait les voir !
Il rit sombrement :
-« Je sais, ce n'est pas une bonne idée… » Dit-il.
Il releva la tête et jeta un regard de défi à ses compagnons avant de l'embrasser à nouveau, mais avec encore plus d'ostentation, comme s'il marquait son territoire. Comme si par ce geste il indiquait clairement à tous qu'elle lui appartenait.
Elle avait posé ses mains à plat sur la poitrine du nain et essayait, en vain, de trouver le courage de le repousser. Ce fut lui qui recula.
-« J'ai cru ne jamais te revoir. » dit-il d'une voix douce, comme si ça expliquait tout, avant de s'éloigner.
Le silence s'était fait dans les rangs des nains. Elle resta un instant plantée là, complètement abasourdie par ce qui venait de se produire et parfaitement incapable de former une pensée cohérente. Puis surprenant les regards stupéfaits de ses compagnons, elle rassembla ce qui lui restait de raison et regagna le camp, s'efforçant de rester aussi impassible que possible.
Elle chercha Thorin des yeux, essayant de trouver dans son attitude une confirmation que ceci venait bien de se produire, qu'elle n'avait pas été victime d'une hallucination particulièrement réaliste.
Il discutait avec Balin, de l'autre côté du camp. Lorsqu'il surprit son regard sur lui, il lui sourit.
« Bon, ça c'est fait. Et maintenant ? Il se passe quoi ? » Se demanda-t-elle.
Maintenant, corvée de flotte, repas, vaisselle… la routine quoi.
Ils finirent les restes de viande froide de la veille et se préparèrent pour la nuit. Alors qu'elle s'allongeait Thorin vint vers elle et lui tendit la main.
-« Viens. » ordonna-t-il
Elle fronça les sourcils et ne répondit pas. Elle vit un éclair d'impatience passer dans les yeux du prince nain et il saisit son bras pour la relever d'office et l'entraîner vers le rocher.
-« Où tu m'emmènes ? » demanda-t-elle
-« Dans un endroit un peu plus intime. » répondit-il d'un ton qui ne laissait planer aucun doute sur la raison pour laquelle il voulait un endroit intime.
Elle se raidit, planta ses talons dans le sol pour s'arrêter et se dégagea de son emprise d'une brusque secousse de l'épaule.
-« Non. » dit-elle fermement.
Il se tourna vers elle, plissant les yeux.
-« Non ? » répéta-t-il, vaguement incrédule.
-« Non ! » répéta-t-elle avec conviction.
-« Ne te refuse pas ! » dit-il d'une voix grondante.
Elle le regardait avec des yeux écarquillés. Est-ce qu'il pensait vraiment qu'elle allait coucher avec lui, là, tout de suite, alors que leurs compagnons n'étaient qu'à quelques mètres et pouvait les surprendre à tout moment ? Elle n'avait aucune tendance exhibitionniste. C'était hors de question !
-« Non ! » dit-elle d'un ton choqué
Il se rapprocha d'elle, ses yeux prenant leur teinte orageuse. Elle déglutit, mais ne détourna pas les yeux.
-« Tu vas pas recommencer ! » dit-il d'un ton claquant. « J'ai envie de toi ! »
-« Pas ici. » dit-elle simplement.
-« Pourquoi ? » demanda-t-il.
Elle jeta un regard à leurs compagnons qui ne faisait même pas semblant de s'intéresser à autre chose et suivait leur conversation avec un intérêt non dissimulé.
-« Quand Bofur te prend dans ses bras, ça ne te gêne pas » lui reprocha-t-il.
Putain, ça promet ! Elle ne lui avait même pas encore cédée et déjà il était jaloux. Il allait falloir qu'elle mette les choses au point très vite.
-« Quand Bofur me prend dans ses bras, personne ne s'imagine qu'il va m'entraîner à l'écart pour me baiser ! » dit-elle d'un ton volontairement vulgaire. « Pour qui tu me prends Thorin ? »
Elle put l'entendre gronder avec colère avec qu'il ne crache :
-« Tu n'es qu'une allumeuse ! »
-« Pardon ? » demanda-t-elle « Je suis une allumeuse ? Ce n'est pas moi qui ai commencé ce petit jeu stupide ! »
Il s'approcha d'elle, les yeux brûlant de colère. Elle lui tint tête. Ils s'affrontèrent un instant du regard avant qu'il ne crie :
-« Tu es exaspérante ! »
Sur ce il s'éloigna à grand pas et alla s'enrouler rageusement dans son manteau pour la nuit.
Elle se tourna vers les autres et se racla la gorge, sérieusement embarrassée par la situation. Elle n'avait jamais pensé que ça pourrait se passer comme ça.
Elle retourna sur sa couche, mais ne parvint pas à s'endormir. Le désir que Thorin ressentait pour elle, le fait qu'il ne cherche pas à cacher aux autres qu'il la désirait, la troublait beaucoup. Elle trouvait la situation extrêmement embarrassante, et en même temps… curieusement excitante.
Elle glissa la main dans sa poche et y retrouva la plume. Pour occuper ses mains, elle commença à se faire une fine tresse, derrière son oreille, sous la masse de ses cheveux, au bout de laquelle elle l'intégra.
Le temps qu'elle finisse, tout le monde s'était endormis, à part Bofur, qui était encore de garde. Elle se leva et alla le rejoindre :
-« Je peux m'asseoir avec toi ? » demanda-t-elle
-« Thorin sera contrarié si tu fais ça. » lui répondit-il d'un air triste.
Elle s'assit néanmoins à côté de lui.
-« Bofur… Je suis désolée de t'avoir attiré des ennuis. » Dit elle.
Elle était sûre que s'il était encore de garde c'était parce que Thorin avait voulu se venger de leur connivence.
Bofur la regarda en haussant un sourcil interrogatif.
-« Oui, » reprit-elle, « je pensais pas que Thorin serait si… »
-« … possessif ? » finit Bofur pour elle, « C'est normal, maintenant tu lui appartiens. »
-« Hein ? » demanda-t-elle choquée
-« Oui, en t'embrassant il t'a marquée comme étant à lui. Tu ne devrais pas rester seule avec moi, ni avec aucun autre homme, sans sa permission »
Putain de réaction machiste !
-« Non, Bofur » dit-elle d'un ton dur. « Je n'appartiens à personne ! Je n'appartiens qu'à moi ! Et je n'ai pas à demander la permission à qui que ce soit si j'ai envie de passer du temps avec un ami ! »
Bofur rit en disant :
-« Je crois que ça va être intéressant entre vous ! » puis reprenant son sérieux « Tu ne devrais pas le défier ainsi. »
-« Je ne le défie pas. Mais j'entends bien ne pas me laisser mettre en cage. »
-« Il faudra bien que tu t'assagisses quand tu seras reine. »
Reine ?! Elle le regarda bouche bée. De quoi il parlait exactement ? Il n'était pas sérieux là ! « Ah, ben si. » pensa-t-elle en remarquant son air. Elle cligna des yeux et s'éclaircit la gorge avant de dire :
-« On n'en ai pas encore à la demande en mariage... »
Bofur la regarda avec un petit sourire en coin avant de dire :
-« Il t'a embrassée en public… »
Oh, merde. Elle se sentit paniquer. C'est vrai qu'elle n'était pas super au fait des us et coutumes de ce monde, et de ce qu'elle en savait, elle se doutait bien qu'ils n'étaient pas aussi libres que chez elle, mais de là à imaginer qu'un simple baiser en public équivalait à une cérémonie de fiançailles y'avait un monde !
C'était ridicule ! Elle n'avait pas spécialement envie de devenir Mme Thorin Oakenshield, et encore moins de devenir reine… Elle n'avait jamais pensé que cette petite historiette pourrait prendre de telles proportions. Dans quelle galère elle s'était encore fourrée !
Elle soupira profondément et Bofur lui tapota doucement le genou.
Elle resta encore un moment avec lui avant de retourner se coucher. Elle réfléchit à tout ce que Bofur lui avait dit. Elle n'avait pas du tout pensé qu'ici un baiser pouvait avoir autant d'importance. Il fallait vraiment qu'elle commence à intégrer que les plus petite chose de chez elle pouvait avoir un symbolisme beaucoup plus important ici.
Elle se demandait comment elle allait pouvoir se tirer de ce mauvais pas… Mais bon, on n'en était pas encore là. Après tout, il pouvait s'en passer des choses avant qu'ils n'atteignent la montagne.
Elle finit par s'endormir d'un sommeil agité. Elle rêva que Thorin l'avait marquée de ses initiales, au fer rouge, comme du bétail. Elle se réveilla en sursaut et en sueur quand il voulu lui enfoncer de force sur la tête une couronne faite avec des chaînes.
Les autres avaient commencé à préparer le départ. Ils l'avaient laissée dormir. Elle se leva rapidement et rangea ses affaires. Elle sourit à Bombur qui lui tendit un morceau de pain et de du lapin pour son déjeuner.
Alors qu'elle finissait de boucler son sac, Kili lui sauta littéralement dessus, la prenant par le cou et plantant un baiser sonore sur sa joue.
Elle faillit se casser la gueule de surprise et le regarda avec un air parfaitement ahuri.
-« Quoi, maintenant je peux t'embrasser pour te saluer ! Tu fais partie de la famille… Tatie. »
Ah, oui ! Quand même…
-« Heu, on va peut être se calmer un peu là, Kili… » Dit-elle.
-« Pourquoi ? Dés que nous auront repris la montagne, mon oncle t'épousera et tu deviendras ma tante, alors c'est comme si s'était fait. »
-« J'ai pas encore accepté. » dit-elle
Voyant Kili se décomposer elle se demanda qu'elle connerie elle avait encore put dire.
-« Mais, tu peux pas refuser ! » dit-il d'un air choqué.
-« Pourquoi ? » demanda-t-elle, sincèrement curieuse.
-« Mais… parce que… Parce que c'est comme ça… » Dit Kili.
« Oui », pensa-t-elle « Thorin ordonne et il est obéit… » Se rappela-t-elle. Et bien non. Ça n'allait pas marcher comme ça avec elle.
Elle haussa les épaules, et chargea son sac à dos avant de rejoindre le reste du groupe qui se mettait déjà en marche.
Lorsqu'elle croisa le regard de Thorin, elle ne détourna pas les yeux, essayant même de mettre autant de défi et d'indépendance que possible dans celui qu'elle lui rendit.
Gandalf avait suivit tous les évènements en gardant bien d'intervenir. Mais, il ne comprenait toujours pas où les Valars voulaient en venir. Faire tomber Thorin amoureux pendant la quête ne lui paraissait pas être le meilleur moyen pour qu'il se concentre sur sa tâche. Et puis, si tel était leur but, pourquoi une « passagère du temps » au caractère bien trempé ?
Quoi qu'il en soit, il semblait que ce soit le cas et Gandalf eut un petit sentiment de pitié pour la jeune femme, aimer Thorin Oakenshield ne serait pas de tout repos… après avoir surprit le regard de la jeune femme, il se prit à avoir un peu pitié de Thorin aussi… visiblement, le choc des cultures allait être violent.
