Réponse au SCF :
PaulinaDragona : Je dois dire que les visions que m'ont provoqué des différentes versions pour la demande en mariage m'ont fait mourir de rire. Notamment celle « A genoux devant elle avec un bouquet de fleurs sauvages ». Je sais pas pourquoi, mais l'imaginer avec un bouquet de pissenlits à la main, un genou à terre et la regardant avec adoration m'a beaucoup fait rire…
Quoi qu'il en soit, et au risque de te décevoir, ce ne sera pas pour tout de suite. Il va se passer encore beaucoup de choses d'ici qu'Ofélia soit officiellement demandée en mariage.
Merci à Noooo Aime, aliena wyvern, elana11, manelor, Lollie Lovegood, Naewenn76, FaenaFiliana pour leurs commentaires et encouragement. J'espère continuer à vous tenir en haleine encore longtemps !
Il ne leur fallut que quelques jours pour atteindre l'entrée du sentier des elfes. Lorsqu'ils y arrivèrent, Ofélia sentit son cœur se serrer à l'idée d'entrer là-dedans. Cette forêt était lugubre et sombre. Et surtout, sans qu'elle puisse se l'expliquer, elle avait l'impression qu'elle était malade.
Elle vit Gandalf s'approcher de l'entrée du sentier et ordonner de libérer les poneys.
Descendant de cheval, Bilbon formula à haute voix sa désagréable impression :
-« Cette forêt semble... malade, comme si elle était la proie d'une chose nuisible. N'y a-t-il pas un moyen de la contourner ? »
-« Si » répondit Gandalf « En faisant un détour de 200 miles vers le nord... ou le double de cette distance, vers le sud. »
Gandalf entra dans la forêt, et ils commencèrent à décharger les paquetages de leurs poneys avant de les libérer.
Nori était en train d'enlever le harnachement du cheval de Gandalf pour le libérer à son tour, lorsque le magicien ressorti de la forêt en criant :
-« Pas mon cheval. J'en ai besoin. »
-« Vous allez nous quitter ? demanda Bilbon avec une pointe d'inquiétude.
Gandalf expliqua qu'il y était contraint.
-« Je vous attendrais sur le promontoire, face au versant sud d'Erebor. Gardez la carte et la clef en lieu sûr et... n'entrez pas dans cette montagne sans moi » ajouta-t-il en plantant ses yeux dans ceux de Thorin.
Ensuite, il leur expliqua que la forêt avait changé, que l'air lui-même était chargé d'illusion, qu'il leur troublerait l'esprit, et tenterait de les fourvoyer.
-« Restez sur le sentier. Ne le quittez pas. Si vous le quittez, vous ne le retrouverez jamais » dit-il en grimpant sur son cheval.
-« Restez sur le sentier, quoi qu'il arrive » cria-t-il une dernière fois en s'éloignant au galop.
Ofélia se retourna vers l'entrée du sentier, inquiète. Elle ne la sentait pas du tout cette histoire de sentier. Thorin, passant prés d'elle, surprit son expression.
-« Ça va ? » lui demanda-t-il d'un ton inquiet en posant sa main sur le bras de la jeune femme dans un geste de réconfort.
Elle se tourna vers lui.
-« Cette forêt me fait peur. » avoua-t-elle
Thorin ne répondit rien, pinça les lèvres en ce qui devait être un sourire et lui caressa le bras avant de s'éloigner, entraînant tout le monde à sa suite vers l'entrée du sentier.
Dés qu'ils eurent fait quelques mètres à l'intérieur de la forêt, elle eut l'impression que cette dernière les avait avalés. Il n'y avait aucun bruit, pas de chants d'oiseau, pas même le bruissement d'une feuille secouée par le vent. Et l'air autour d'eux semblait lourd, physiquement lourd, comme s'il cherchait à les écraser. C'était une sensation vraiment désagréable.
Le sentier était tapissé de feuilles mortes, les arbres occultaient le soleil de sorte qu'ils étaient dans la pénombre, alors que c'était la pleine journée. Elle osait à peine respirer et trouvait que les nains étaient trop bruyants. Elle n'avait pas oublié les créatures dont Béorn avait parlé et n'avait pas spécialement envie de faire leur connaissance.
Ils marchèrent longtemps, s'enfonçant toujours plus dans l'ombre, les nains se relayant à l'avant pour suivre le sentier. Tout-à-coup, elle se sentit vraiment bizarre, elle avait la tête lourde et la sensation d'oppression s'accentua. Elle avait l'impression que son cœur battait de façon désordonnée et que les arbres tendaient leurs branches vers elle, comme des mains griffues cherchant à la saisir. Elle entendit un nain réclamer de l'air, un autre dire qu'il avait la tête qui tournait.
-« Ça ne va pas » se dit-elle « c'est pas normal, sur le sentier nous devrions être en sécurité. »
Un doute affreux s'empara d'elle... presque aussitôt confirmé lorsqu'elle entendit Nori dire :
-« Le sentier... il a disparu. »
-« Cherchez... cherchez le sentier » ordonna Thorin.
Les choses devinrent vraiment étranges. C'était comme si la forêt amplifiait leurs sentiments négatifs. Des disputes éclatèrent entre les nains, leur élocution devint laborieuse, comme s'ils avaient été saouls.
Elle s'aperçut que d'étranges toiles recouvraient les arbres. Des toiles épaisses et collantes... et immenses. Elles ressemblaient à des toiles d'araignée, mais si c'était le cas, et bien, elle n'osait imaginer leur taille et n'avait vraiment aucune envie de faire leur connaissance.
Elle se sentait oppressée et paniquée. Elle luttait de toutes ses forces pour ne pas prendre ses jambes à son cou et courir droit devant elle. À travers les brumes qui envahissaient son esprit, la voix de sa raison essayait de l'exhorter à se reprendre.
Elle entendit les nains parler d'une blague à tabac et Bilbon, qui semblait être moins touché que les autres, dire qu'ils tournaient en rond, qu'ils étaient perdus.
Dwalin lui répondit vertement qu'ils n'étaient pas perdus et Thorin ordonna de continuer vers l'est. Même si elle avait l'impression que plus aucun d'entre eux ne savait où se trouvait l'est.
Alors que la forêt rendait les nains agressifs, elle, elle la rendait craintive. Elle se blottit contre un tronc d'arbre, remontant ses genoux sur sa poitrine, se faisant toute petite. Elle vit Bilbon
attaquer l'escalade du tronc d'un arbre et la petite voix de sa raison hurla de joie au fond d'elle. Malheureusement, elle n'eut pas le temps de se réjouir bien longtemps.
-« Qu'est-ce que c'est » demanda soudain Thorin, avant de crier aux nains qui se disputaient bruyamment « ça suffit, silence, vous tous ! On nous observe ! »
L'attaque fut foudroyante. Les nains affaiblis par l'air vicié de la forêt et occupée à se disputer n'eurent aucune chance. En un rien de temps, les araignées les avaient enveloppés dans leurs toiles.
De la courte lutte de ses compagnons, Ofélia ne vit rien. Dés qu'elle avait aperçu la première des descendantes d'Ungoliant, son esprit déjà affaiblit s'était brisé et elle s'était lamentablement évanouie de terreur.
Lorsqu'elle reprit connaissance, Thorin était en train d'arracher les derniers lambeaux de toile qui la retenait prisonnière. Ils n'eurent pas vraiment le temps de réfléchir que les araignées attaquaient à nouveau.
Les nains, cette fois étaient plus alertes et commencèrent à les combattre furieusement. Elle-même se sentait vaguement mieux et elle dégaina son épée pour combattre à leurs côtés.
Les cours de Dwalin avaient porté leurs fruits. Elle réussit à tuer un des monstres, mais il en revenait toujours plus.
Alors qu'ils étaient sur le point d'être débordés par le nombre, des elfes jaillirent des arbres et exterminèrent les dernières araignées en quelques secondes... avant de les mettre en joue.
Celui qui semblait être leur chef se planta devant Thorin, le tenant en joue avec son arc et dit
-« Je pourrais te tuer, nain. N'en doute pas. Et avec grand plaisir. »
Thorin baissa son arme.
Ofélia ne put s'empêcher, malgré les circonstances, de remarquer combien il était beau. Il était grand avec un visage fin et délicat, de magnifiques yeux bleus, même si la lueur glacée qui les habitait pour l'instant gâchait un peu l'effet, et de longs cheveux blonds et lisses. Et il semblait magnifiquement dangereux.
Réalisant ce qu'elle pensait, Ofélia secoua la tête. Depuis quand la dangerosité était-elle séduisante à ses yeux. La Terre du Milieu avait vraiment une mauvaise influence sur ses goûts en matière d'hommes. Et puis surtout, ce n'était pas franchement le moment...
À ce moment ils entendirent Kili crier et Fili hurla.
Peu après, une elfe rousse les rejoignit, poussant devant elle un Kili quelque peu secoué mais indemne.
-« Fouillez-les » ordonna l'elfe qui se tenait face à Thorin.
Aussitôt, des mains commencèrent à les palper.
Ofélia glapit et claqua la main de l'elfe qui s'aventurait sur elle.
L'elfe qui voulait la fouiller retira sa main en la secouant, la regardant avec surprise. Visiblement, il n'était pas habitué à ce qu'un prisonnier se rebiffe.
-« Non, mais vous avez qu'à me peloter tant que vous y êtes ! Vous vous prenez pour qui ? Je ne vous permets pas ! » cria Ofélia
L'elfe en face d'elle semblait dubitatif. Il n'avait visiblement aucune envie de laisser croire à qui que se soit qu'il pouvait avoir profité de la situation. Il jeta un regard vers son chef.
Entendant une voix féminine se dernier avait tourné la tête dans leur direction et regardait la scène avec une lueur dure dans les yeux.
-« Tauriel ! Occupe-toi d'elle ! » ordonna-t-il avant de se retourner vers Thorin
Ofélia regarda la fameuse Tauriel s'approcher d'elle. C'était une très belle femme rousse dont la chevelure descendait jusqu'à ses cuisses. Elle s'efforçait d'arborer un air sévère, mais Ofélia crut déceler une pointe d'amusement dans ses yeux. Comme si le fait qu'une petite humaine ait osé tenir tête à un soldat elfe l'amusait.
Ofélia se soumit bon gré, mal gré à la fouille. Les gestes de Tauriel n'étaient pas particulièrement agressifs, elle se contentait de faire ce qu'on lui avait ordonné avec sérieux, mais sans zèle excessif. Ofélia se rappela son voyage en avion. À l'aéroport, elle avait eu droit à une fouille de ce genre.
Après lui avoir enlevé son épée, elle palpa ses vêtements. Lorsque l'elfe eut fini sa fouille, elle retourna vers son chef l'interpellas :
-« Legolas ».
Avant de se diriger vers lui et de lui tendre l'épée d'Ofélia. Il la prit avec un haussement de sourcil, et elle vit que dans l'autre main, il tenait Orchirst, l'épée de Thorin.
Il dit quelque chose à Tauriel, qui revint vers elle et posa sa main entre ses omoplates pour la pousser vers leur chef.
-« Où les avez-vous eues ? » demanda-t-il, regardant alternativement Ofélia et Thorin.
Ofélia ne répondit pas. Pas qu'elle voulut le contrarier, simplement sa gorge était si serrée qu'elle était incapable d'émettre le moindre son, elle s'efforça de rester impassible. Thorin lui jeta un coup d'œil avant de dire :
-« Elles nous ont été offerte »
-« Pas seulement voleurs ! Mais aussi menteurs » cracha l'elfe avant de donner un ordre dans sa langue et de saisir brutalement Ofélia par le bras.
Elle cria et tenta de se débattre.
-« Ne la touche pas ! » hurla Thorin en tentant de se jeter sur lui.
Il en fut empêché par les gardes, mais, surpris par la réaction du nain, Legolas relâcha Ofélia, qui en profita pour aller se réfugier derrière Thorin.
L'elfe haussa un sourcil, il n'avait jamais entendu parler d'une telle chose auparavant. Il avait bien vu que la jeune femme n'était pas une naine et il avait compris à la réaction de Thorin qu'elle était précieuse pour lui. Voilà qui était intriguant, et ne manquerait pas d'intéresser son père.
Il donna des ordres brefs.
Les gardes encadrèrent les nains et les obligèrent à se mettre en marche. Alors que Bofur passait prés de Thorin, elle l'entendit lui demander à voix basse :
-« Thorin... Où est bilbon. »
Thorin fut conduit auprès du roi de Thranduil, tandis que les autres étaient enfermés dans les geôles.
Tauriel tenait Ofélia par le bras tandis qu'elle enfermait Kili dans une cellule :
-« Alors, vous ne me fouillez pas ? » demanda se dernier avec arrogance « Je peux avoir n'importe quoi dans mon pantalon. »
-« Ou rien. » répondit la jeune elfe.
Malgré la situation, le sens de la répartie de Tauriel fit frémir un sourire sur les lèvres d'Ofélia. Sourire qui se transforma en expression de stupeur quand elle croisa le regard que Kili lançait à leur geôlière et le sourire vaguement crétin qui ornait son visage.
Non, mais franchement... il n'était pas sérieux là !
C'était encore un peu tôt pour qu'il soit déjà atteint du syndrome de Stockholm !
Tauriel enferma à son tour Ofélia.
Quand elle passa devant leur chef, il l'interpella vertement, jetant un regard vers la geôle de Kili. Visiblement, elle n'était pas la seule à avoir surprit l'expression du jeune nain. Et le fameux Legolas semblait ne pas avoir apprécié du tout.
Les nains commencèrent à se jeter sur les portes de leurs cellules, jusqu'à ce que Balin dise :
-« Arrêtez, ça ne sert à rien. Ce n'est pas un cachot d'Orc. Personne n'en sort sans le consentement du roi. »
Pendant ce temps, Thorin s'entretenait avec Thranduil. Ofélia qui avait récupéré ses facultés de réflexion depuis qu'ils avaient quitté la forêt, espéra vaguement que Thorin et lui
arriveraient à un accord. Mais elle n'y croyait pas vraiment. Elle savait combien Thorin haïssait le roi de la Forêt Noire et elle se doutait qu'il préfèrerait rester coincé ici plutôt que d'accepter les conditions qu'il proposerait.
Thranduil prit Thorin de court avec sa première question.
-« Qui est-elle ? » demanda le roi elfe.
Thorin haussa un sourcil et demanda :
-« Qu'elle importance ? Elle n'est rien d'autre qu'une petite fille perdue. »
Thranduil eut un sourire ironique :
-« Me prenez vous pour un idiot ? Le grand Thorin, fils de Trahin, fils de Thror ne lierait pas son destin a n'importe qui. »
-« Qu'est-ce qui vous permets de penser que mon destin est lié au siens ? »
Thranduil rit, d'un rire glacial :
-« Mon fils m'a rapporté votre réaction quand il s'est emparé d'elle. »
Thorin haussa les épaules :
-« C'est une femme. Les nains sont attentionnés envers les femmes, quelle qu'elles soient. »
Thranduil joignit les doigts devant lui.
-« Soit. » dit-il d'un ton rien moins que convaincu.
Toutefois, il changea de sujet. Après tout, peu lui importait avec qui Thorin voulait lier son destin. De toute façon, ils ne ressortiraient pas d'ici sans son accord.
Il relança la conversation sur le but de Thorin et proposa un accord.
Les gemmes blanches que Thror lui avait autrefois refusées contre son aide.
Evidement, la conversation dégénéra rapidement et Thranduil renvoya Thorin dans sa cellule, voisine de celle d'Ofélia.
Aussitôt que le garde se fut éloigné, Balin dit avec espoir :
-« Il propose un marché ! »
-« Ouaih, » répondit Thorin « Je lui ai dit qu'il pouvait... Lui et tous les siens »
Ofélia ne comprit pas la partie de la phrase expliquant ce qu'il pouvait faire, il avait utilisé l'ancienne langue des nains. Par contre, elle saisit parfaitement l'idée. Et ne put se retenir de soupirer en secouant la tête.
Balin exprima à haute voix se quelle ressentait.
-« Bon, ben comme ça, c'est réglé. Un marché était notre seul espoir. »
-« Pas notre seul espoir. » dit Thorin.
Elle s'approcha de la porte et demanda :
-« Qu'est-ce qu'il demandait ? »
-« Les pierres que mon grand-père lui a autrefois refusées. »
Elle fronça les sourcils :
-« Quoi, c'est tout ? C'est tout ce qu'il exigeait ? »
-« Et c'est déjà trop ! » s'exclama Thorin
Ofélia resta un instant stupéfaite. S'il réussissait à reprendre Erebor, il serait assis sur une telle montagne d'or et de pierre précieuse qu'il pourrait faire comme Oncle Picsous... se baigner dedans. Et il refusait de donner à l'elfe la poignée de joyaux qu'il exigeait pour son aide ?
Finalement, elle n'y tint plus et posa la question qui lui brûlait les lèvres :
-« Pourquoi ? »
-« Pourquoi quoi » lui demanda-t-il, d'un ton qui laissait entendre qu'il commençait à perdre patience.
-« Pourquoi ne pas avoir accepté ? » précisa-t-elle
-« Parce qu'il est hors de question que je lui donne la satisfaction de lui faire don d'une part du trésor des nains ! »
- « Trésor que tu n'as pas encore récupéré » dit-elle, pleinement consciente d'appuyer là où ça faisait mal.
Il jura dans sa langue natale, et elle fut consciente que c'était à elle que ses jurons s'adressaient, même si elle ne les comprenait pas.
-« Et ça ne risque pas d'arriver si on reste coincé ici jusqu'à la fin des temps » ajouta-t-elle
-« Je ne céderai pas à son chantage ! » dit Thorin.
-« Je ne comprends pas... Si tu reprends Erebor, tu auras plus d'or et de pierre précieuse que tu ne peux en espérer. Que t'importe une poignée de cailloux brillants de plus ou de moins ».
-« Tu me fais... »
Là encore, elle ne comprit pas le mot, mais parfaitement l'idée générale.
Ils était si absorbé par leur discussion qu'ils ne virent pas Tauriel discuter avec Kili. Et finalement, c'était probablement mieux ainsi. Thorin aurait probablement explosé de colère s'il avait vu le plus jeune de ses neveux flirter avec une elfe.
Un éclat de voix plus fort que les autres, venant de la cellule de Thorin attira l'attention de l'elfe qui fit mine de vouloir aller voir, mais Kili rit en disant :
-« Ne vous inquiétez pas... C'est tout le temps comme ça. »
Tauriel leva un sourcil et Kili ajouta :
-« Oui... en fait, je crois qu'ils prennent autant de plaisir l'un que l'autre à leurs disputes. »
Et ils reprirent leur discussion sur les étoiles et les lunes de feu...
Pendant ce temps, Bilbon n'était pas resté inactif. Il avait fureté à droite et à gauche, protégé par l'invisibilité que lui conférait l'anneau.
Il avait surpris les ordres du responsable des cuisines concernant l'envoi des tonneaux vide à Esgaroth et le « gardien des clefs » accrochant son trousseau à un clou pour aller boire tout son content avec ses camarades. Une idée avait germé dans son esprit.
Ofélia somnolait dans sa cellule. Elle fut réveillée par Bofur qui disait :
-« Le soleil doit être en train de se lever. »
-« Nous n'atteindrons jamais la montagne à temps si nous restons coincés là. »
-« Vous n'êtes pas piégés ici ! » dit la voix de Bilbon.
Tout le monde se précipita vers la porte de sa cellule.
-« Bilbon » s'exclamèrent les nains
-« Chut... » dit ce dernier « les gardes sont tout près.
Il ouvrit les cellules, les unes après les autres et voyant que les premiers nains montaient les escaliers, il s'exclama :
-« Pas par là... en bas, suivez-moi. »
Il commença à descendre un escalier, suivi par les nains.
Arrivé en bas, Kili s'exclama :
-« Mais c'est pas vrai ! Nous sommes dans les caves ! »
-« Vous devez nous conduire dehors, pas plus loin dedans ! » renchérit Bofur
-« Je sais ce que je fais » affirma le Hobbit « Faites-moi confiance ! »
Bilbon les conduisit jusqu'aux tonneaux et leur dit :
-« Tout le monde se glisse dans les tonneaux vite »
-« Mais vous êtes fou ! Ils vont nous trouver ! » S'exclama quelqu'un
Ofélia ne voyait effectivement pas trop où il voulait en venir, et les nains ne semblaient pas disposer à lui obéir.
-« Mais non, je vous le promets... Faites-moi confiance ! » dit Bilbon.
Mais personne ne semblait d'accord, jusqu'à ce que Thorin ordonne :
-« Faites ce qu'il dit ! »
Tout le monde se glissa dans un tonneau. Quand ils furent installés, Dwalin demanda :
-« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »
-« Ne respirez plus » répondit Bilbon d'un ton sombre en attrapant un levier.
-« Ne plus respirer ?! » s'exclama Dwalin
Le temps de finir sa phrase, les tonneaux commencèrent à rouler avant de tomber dans un grand bruit d'éclaboussure et de hurlement dans la rivière qui traversait les cavernes des elfes.
Ofélia émergea de son tonneau, toussant et crachant. L'eau était glacée. Elle vit Bilbon tomber à son tour et tous commencèrent à pagayer dans le courant. La rivière les conduisit rapidement dehors et le courant les éloigna rapidement, mais, ils se retrouvèrent coincés par une grille que les elfes avaient fermée devant eux.
Ils n'eurent pas le temps d'être consternés. Des orcs attaquèrent, tuant les elfes.
Kili sauta de son tonneau pour aller actionner le levier qui commandait l'ouverture de la porte, mais il n'eut pas le temps de l'atteindre avant d'être touché à la cuisse par une flèche.
Fili hurla le nom de son frère. Tauriel abattit l'orc qui voulait l'achever et il réussit à se relever pour actionner le levier, ouvrant les portes avant de se laisser tomber dans son tonneau.
S'en suivit une descente de rapide mémorable. Les nains ballottés dans leurs tonneaux essayaient d'éviter les flèches des orc, pendant que les elfes sur la berge semblaient protéger leur fuite, abattant les orcs.
Le courant était rapide. Ils finirent pas semer les orcs et par atteindre une petite lande où le courant était moins fort. Pagayant avec leurs bras, ils regagnèrent la berge, les plus en forme aidant les plus mal en point à sortir de leurs tonneaux.
Elle avait l'impression d'avoir fait un tour dans une machine à laver lancée sur le programme « essorage ». Etourdie par les chocs et à moitié noyée, elle n'eut même pas la force de sortir de son tonneau, se contentant de le faire basculer sur la berge avant de ramper lamentablement hors de son embarcation de fortune.
Thorin vint la relever. L'attrapant sous les bras, il la porta sur les rochers en ordonnant à tout le monde de se relever.
-« Kili est blessé » dit Fili « Il lui faut un bandage ! »
- « Les orcs nous talonne. On se remet en route ! » Ordonna Thorin
-« En route pour où » demanda Balin
-« Pour la montagne ! » répondit Bilbon « Nous sommes tout prêt. »
-« Il y a un lac entre nous et cette montagne... et nous n'avons rien pour le traverser. »
S'ensuivit une âpre discussion qu'elle ne suivit pas. Trop heureuse de pouvoir gagner quelques minutes pour se remettre de ses émotions.
Thorin venait d'ordonner de bander la jambe de Kili, leur accordant deux minutes.
Elle fut la première à le voir, une fraction de seconde avant les autres, mais n'eut même pas la présence d'esprit de crier. En haut des rochers se tenait une silhouette armée d'un arc.
