Pardon pour le retard dans la publication de cette semaine. Mais s'you'plait, les tomates et les coups c'est pour mon ordinateur qui m'a fait un caprice...
Merci à toutes pour vos commentaires.
Les nains s'agitaient dans leurs tonneaux. Bard balança un coup de pied dans celui qui se trouvait devant lui en disant :
-« Silence. Nous approchons. »
Ofélia releva la tête et ce qu'elle vit lui coupa le souffle. Au milieu du lac était construit une ville. Les maisons étaient sur pilotis, reliées entre elles par des canaux et des passerelles de bois.
Bard lui fit signe de le rejoindre. Elle se leva et vint s'asseoir contre le bastingage à côté de lui.
Ils atteignirent une grille. Un homme sorti de la maison qui y était accolé en criant :
-« Halte, contrôle des marchandises, documents s'il vous plait ! » Puis reconnaissant le batelier, il ajouta « Oh, c'est toi Bard ».
-« Bonjour Percy » répondit aimablement le batelier.
-« Quelque chose à déclarer ? » demanda Percy.
-« Rien » répondit le batelier. « Sinon que je suis gelé et fatigué et pressé de rentrer. »
-« Ouai, tout comme moi » répondit le garde.
Percy pris le document que lui tendait Bard pour le tamponner et remarqua alors la présence de la jeune femme.
-« Qui est-ce ? » demanda-t-il surpris « Tu sais que je ne peux pas t'autoriser à faire rentrer une étrangère sans la signaler... » ajouta-t-il d'un ton désolé.
-« Allez quoi, Percy, c'est juste un chaton perdu... L'affaire de quelques jours. »
Percy jeta un coup d'œil à la jeune femme avant de reporter son attention sur le batelier, il n'avait pas l'air convaincu
-« S'il te plait, Percy » ajouta-t-il d'un air entendu.
-« Bon, c'est vrai qu'elle a pas l'air d'être très dangereuse pour la tranquillité de la cité... Et puis, elle est jolie, veinard va. »
Ofélia avait suivi toute la conversation, s'efforçant de garder un air morne et éteint, mais elle avait du mal à retenir le rire qui la gagnait en imaginant Thorin en train de fulminer sous son tas de poisson.
Finalement, Percy tamponna le document en disant :
-« Et voilà. Tout est en ordre. »
Au moment où il rendait le document à Bard, un nouveau venu le lui prit des mains en disant :
-« Oh, non... Oh, non... Voyons, voyons, c'est un document pour une cargaison de tonneaux vides en provenance de la Forêt noire. »
Bard ne répondit rien. Ofélia vit qu'il avait l'air inquiet à présent.
L'homme s'approcha des tonneaux et ajouta :
-« Seulement, ils ne sont pas vides. Si je me souviens bien, tu es enregistré en tant que batelier, pas en tant que pécheur. »
-« Ce ne sont pas vos affaires. » dit Bard.
-« Faux, » rétorqua l'homme, « Ce sont les affaires du maître, donc ce sont aussi mes affaires. »
Bard changea de tactique
-« Oh, voyons, Alfried, un peu de cœur ! Il faut bien que les gens mangent. »
-« Ces poissons sont illégaux » déclara Alfried. « Videz les tonneaux par-dessus bord » ordonna-t-il aux gardes qui l'accompagnaient.
Ofélia vit avec horreur les gardes monter sur le bateau et commencer à faire basculer les tonneaux. Elle se demanda si elle était censée faire diversion maintenant.
Elle entendit Bard argumenter et dire que la population était aux abois. Alfried lui rétorqua que ce n'était pas son problème et Bard lui fit remarquer que quand les gens sauraient qu'il avait balancé du bon poisson dans le canal et que les émeutes commenceraient ça le deviendrait.
Ofélia se dit qu'il valait mieux qu'elle ne se fasse pas remarquer. De là où il était, et vu sa position recroquevillée, le fameux Alfried ne devait voir que le manteau de Bard et semblait ne pas avoir pas remarqué sa présence.
Percy, derrière Alfried lui jeta un coup d'œil et porta son index sur ses lèvres pour lui ordonner de se taire.
Finalement, Alfried céda et ordonna à ses hommes de reposer les tonneaux avant de s'éloigner.
Percy cria :
-« Levez la herse ! »
Au moment où le bateau passait sous la herse, Alfried cria depuis le ponton :
-« Le maître garde un œil sur toi, tu ferais bien de t'en souvenir. Nous savons où tu habites. »
-« C'est une petite ville, Alfried, tout le monde sait où tout le monde habite. » répondit Bard d'un ton léger.
-« Oh, une dernière chose... Ne pense pas que je n'ai pas remarqué le petit souvenir que tu as ramené de ton voyage... Si je te l'ai laissée, c'est juste parce que j'espère que quand tu auras de quoi t'occuper dans ton lit, tu te tiendras à carreau. »
Bard ne répondit rien, mais serra les dents et il sembla à Ofélia l'entendre murmurer quelque chose concernant un gros porc.
Lorsqu'ils accostèrent, Bard renversa quelques tonneaux et quand tous les nains et le Hobbit furent sortis, il donna une pièce à l'homme qui s'occupait de l'amarrer en lui disant :
-« Tu n'as rien vu... Ils n'ont jamais été là. » Et juste avant de s'éloigner, il se retourna à nouveau vers lui et ajouta « je te fais cadeau du poisson. »
Ils commencèrent à s'enfoncer dans les ruelles à la suite de Bard. Soudain, un jeune garçon surgit d'un escalier
-« Papa ! » Interpella-t-il Bard « Notre maison ! Des gens la surveillent. »
Bard jeta un coup d'œil autour de lui, semblant réfléchir à une solution. Soudain, il se retourna vers son fils et lui dit, désignant la jeune femme :
-« Reste avec Ofélia, je reviens. »
Il s'éloigna, entraînant les nains avec lui. Lorsqu'il revint, il était seul. Ofélia eut une horrible pensée, se disant qu'il s'était débarrassé d'eux. Bien sûr, c'était ridicule, comment aurait-il pu se débarrasser de 13 nains, discrètement et en quelques minutes ? Et puis, s'il avait voulu le faire, il n'aurait pas attendu d'être dans la ville.
S'approchant d'elle, il passa son bras autour de ses épaules. Elle broncha :
-« Tenez-vous tranquille. » Dit-il « Alfried pense que vous êtes ma maîtresse, et ses espions doivent avoir eu vent de ça. »
Elle ouvrit la bouche pour protester... Mais ne trouva rien à dire pour contrer son raisonnement. Ils commencèrent à s'éloigner dans le dédale de ponton. Finalement, ce n'était pas plus mal que Bard la tienne. Les pontons étaient glissants et instables et maladroite comme elle l'était, elle aurait probablement fini à l'eau.
-« Je croyais que vous deviez me faire passer pour une pauvre malheureuse que vous aviez secourue. » Dit-elle au bout d'un moment.
Bard sourit :
-« Oui, et c'est l'histoire que Percy répandra, l'histoire que la ville retiendra, mais ce gros porc d'Alfried ne peut pas concevoir qu'on puisse sauver quelqu'un sans en attendre quelque chose en retour... »
-« Oh. » Dit-elle
En arrivant chez lui, il jeta une pomme à un des deux veilleurs qui faisait semblant de pêcher devant chez lui en disant :
-« Dis au maître que j'ai fini ma journée. »
Lorsqu'il entra dans la maison, ses deux filles se jetèrent dans ses bras et Ofélia se sentit mal à l'aise tout à coup d'envahir l'intimité de cet homme.
L'aînée des filles se figea lorsqu'elle aperçut Ofélia derrière son père et son regard s'écarquilla lorsqu'elle vit qu'elle portait le manteau de se dernier.
Ofélia pouvait presque entendre les rouages de son imagination se mettre en marche, elle décida de lui épargner les mauvais films.
Otant le manteau elle le tendit à son propriétaire en disant :
-« Je vous remercie, Bard ».
Il se tourna vers elle et elle fit un mouvement d'yeux pour désigner les deux filles qui les regardaient avec une incrédulité douloureuse dans les yeux.
-« C'est qui ? » Demanda Sigrid d'un ton un peu froid.
Bard embrassa le front de sa fille en répondant
-« C'est une longue histoire. »
Elle le regarda d'un air suspicieux, mais n'eut pas le temps de s'appesantir sur la question avant que la maison ne soit envahie de nains sortant des toilettes.
Sigrid eut un instant de panique en imaginant qu'elle perdait la tête, Ofélia savait ce qu'elle devait ressentir, alors, elle s'approcha d'elle et lui toucha le bras pour attirer son attention :
-« Ça fait partie de la longue histoire »
Sigrid la regarda un instant avant de se lancer et de poser la question qui lui brûlait les lèvres :
-« Est-ce que mon père et vous... ? »
Ofélia sourit et dit :
-« Non. Votre père est juste un homme bon qui nous a porté assistance quand nous étions dans le besoin. »
Sigrid lui sourit, même si elle ne paraissait pas vraiment convaincue. Toutefois, lorsqu'un des nains attrapa la femme par la taille et déposa un baiser dans son cou, elle fut rassurée.
Ofélia par contre n'apprécia que très moyennement et se dégagea d'un mouvement brusque.
-« Quoi ? » Demanda Thorin, « Ce n'est pas ce que tu voulais ? »
Si effectivement, c'est ce qu'elle aurait voulu, plusieurs heures plus tôt, pas ici devant les enfants d'un inconnu. Elle ne put retenir un profond soupir en constatant que décidément, ils étaient toujours à contretemps tous les deux.
Thorin s'éloigna en marmonnant quelque chose où il était question du caractère versatile des femmes.
Pendant ce temps, Bard faisait une distribution de vêtements, disant aux nains qu'ils ne seraient pas à leur taille, mais qu'au moins il leur tiendrait chaud. Quand il eut fini, il se tourna vers Ofélia et lui dit
-« Ofélia, venez avec moi. »
Elle le suivit jusqu'à la pièce voisine. Elle eut un mouvement de recul en constatant que c'était une chambre, mais Bard ne le remarqua pas. Il se dirigea vers une armoire et l'ouvrit pour en sortir des vêtements féminins qu'il étala sur le lit. Un corsage noir, un jupon blanc, une jupe d'un beau vert sombre. Caressant les vêtements du bout des doigts, il lui dit :
-« Ils étaient à ma femme. Ils devraient vous aller, vous avez à peu près la même carrure. » Puis se détournant, il ajouta « Je vous laisse vous changer ».
-« Merci Bard » murmura-t-elle quand il passa près d'elle. « Merci pour tout. »
Elle se changea rapidement et retourna dans la pièce commune. Elle vit Sigrid qui était en train de cuisiner et s'approcha d'elle :
-« Je peux vous aider ? » demanda-t-elle
La jeune fille se retourna la regardant en souriant.
-« Je vous en pris, vous êtes nos invités... »
Ofélia rit et dit :
-« On est plutôt des envahisseurs... Laissez-moi vous aider. »
Thorin, appuyé au rebord d'une fenêtre regardait dehors d'un air distrait. Soudain, son regard se fit plus perçant et il marmonna quelque chose qu'Ofélia ne comprit pas, d'un ton si étrange que Bilbon lui dit :
-« On dirait que vous avez vu un fantôme »
-« C'est le cas » répondit Balin « La dernière fois que nous avons vu une arquelance c'était le jour de l'attaque du dragon. »
Il raconta comment Girion, le seigneur de la ville avait tiré par trois fois sur le dragon, mais l'avait manqué.
-« Si les hommes, ce jour-là, avaient atteint leur cible, ça aurait changé bien des choses. »
Bard s'approcha, curieux :
-« Vous parlez comme si vous y étiez ! »
-« Tous les nains connaissent cette histoire » éluda Thorin.
Le fils de Bard prit alors la parole
-« Si vous connaissez l'histoire, vous savez que Girion n'a pas raté sa cible. Il a délogé une écaille sous l'aile du dragon ! Un dernier tir et il aurait abattu la bête ! »
Dwalin ricana et répondit que ce n'était qu'une légende.
Ofélia assise à la table de la cuisine aidait Sigrid à peler des pommes de terre, écoutant la conversation des hommes. Elle avait senti la curiosité de Bard s'éveiller et compris que Thorin ne voulait pas lui révéler qui il était vraiment.
D'ailleurs, Thorin changea de sujet :
-« Vous avez pris l'argent. Où sont les armes. »
Bard acquiesça et répondit :
-« Attendez ici. »
Il descendit vers la partie de la maison qui affleurait l'eau. Lorsqu'il remonta, il portait un paquet enveloppé d'une espèce de bâche brune qu'il déposa à l'autre bout de la table, avant de l'ouvrir.
Pendant ce temps, les nains discutaient à voix basse. Elle ne saisissait que quelques mots « jour de Durin », « après-demain »...
-« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda Thorin en s'emparant d'une des armes avec un air contrarié.
-« Une fouche-croche, fabriqué avec un vieux harpon. »
-« Nous avons payé pour des armes. Des armes forgées ! » S'exclama Gloïn
Les nains jetèrent sur le tas les armes que Bard leur proposait :
-« Vous ne trouverez pas mieux, si ce n'est dans l'armurerie de la ville. Toutes les armes forgées y sont gardées sous clef ! ». Expliqua le batelier.
-« Thorin... » dit Balin « Prenons ce qu'on nous propose et parton. Je me suis débrouillé avec moins que ça, tout comme toi. » Puis se tournant vers les autres, il dit « Bien, nous partons »
-« Vous n'irez nulle part ! » déclara Bard
Voyant que les nains commençaient à s'échauffer, il précisa :
-« La maison est surveillée et ainsi probablement que tous les quais et pontons de la ville. Vous devez attendre la nuit.
Sur ce, il attrapa son fils par l'épaule et lui parla tout bas avant de quitter la maison.
Ofélia avait suivi tous ses échanges sans y prendre part. Elle trouvait que plus ils se rapprochaient de la montagne, plus le comportement de Thorin devenait cassant. Comme si la proximité de la montagne réveillait quelque chose de sombre en lui. Les autres ne s'en rendaient peut-être pas autant compte qu'elle parce qu'elle avait une relation différente avec lui.
Elle baissa la tête vers la pomme de terre qu'elle était en train d'éplucher et réfléchit. C'est vrai que Thorin n'avait pas un caractère à être romantique ou particulièrement attentionné, elle avait eu l'occasion de s'en rendre compte depuis qu'elle l'avait rencontré, mais depuis qu'ils avaient traversé la Forêt Noire et surtout depuis qu'ils étaient à Esgaroth, il ne semblait même plus se soucier d'elle, si ce n'est au travers de sa jalousie.
Elle lui jeta un regard discret, il discutait âprement avec les autres. Soudain, il l'interpella :
-« Ofélia. Tu restes ici. »
Soudain, l'inquiétude l'envahie, il avait l'air de quelqu'un qui prépare un mauvais coup. Elle se leva et s'approcha de lui pour demander à voix basse :
-« Vous allez où ? »
-« Chercher les armes dont nous avons besoin. »
-« Thorin... Pourquoi ne pas vous contenter de ce que Bard propose. Si vous vous faites prendre... »
-« Ça suffit » la coupa-t-il vertement « Je n'ai pas besoin de ton avis ! »
-« Mais je le donne quand même » répliqua-t-elle, haussant le ton elle aussi « Si vous vous faites prendre Bard aura des ennuis »
-« Et alors ? » demanda Thorin « Que m'importe le sort de cet homme du lac »
-« Après tout ce qu'il a fait pour nous ? »
-« Nous l'avons payé pour ça ! » répliqua le nain
-« Alors, tu es comme ça ? » demanda-t-elle « Tu te désintéresses du sort de tes alliers quand ils ne te sont plus utiles ? Et moi ? M'abandonneras-tu au bord du chemin quand tu te lasseras de moi ? »
Thorin ne lui répondit pas, mais lui jeta un regard qui en disait long. Elle secoua tristement la tête.
-« Tu as changé Thorin... Et plus tu te rapproches de cette saloperie de montagne et pire c'est. »
Elle le vit serrer les dents, mais il resta silencieux la dévisageant un instant avant de la bousculer légèrement pour la sortir de son chemin.
-« Reste ici ! » ordonna-t-il avant de se diriger vers la porte
Le fils de bard essaya de s'interposer, mais il ne faisait pas le poids face à treize nains. Ils se contentèrent de le pousser sur le côté avant de sortir.
Il voulut les suivre, mais Ofélia lui posa une main sur l'épaule en lui disant :
-« Laisse tomber. Ce sont des têtes de bois, on ne peut pas les raisonner. »
