Dans les jours qui suivirent, les survivants s'organisèrent.
Tauriel et Oïn installèrent un hôpital de fortune pour soigner les blessés les plus graves et Ofélia et Sigrid faisaient office d'infirmière. Oïn faisait appel à elles pour l'assister lors d'opérations de la dernière chance. Même si elles n'avaient pas vraiment de compétences médicales, elle faisait partie des rares personnes capables de supporter la vue du sang et de l'assister efficacement dans les pires situations.
En fait, ce n'était même pas vraiment qu'elles supportaient mieux ces visions d'horreur, c'est surtout qu'elles étaient capables de faire abstraction de ce qu'elles ressentaient pour mener leurs tâches à bien. Même si Ofélia pleurait souvent en tenant son rôle, jamais elle ne faiblissait. Mais ses rares moments de sommeil étaient peuplés d'affreux cauchemars et elle savait qu'elle ne se remettrait jamais vraiment de ce qu'elle vivait.
Pendant ce temps, Bard avec quelques autres, dont les nains, faisait des allers-retours vers les ruines de l'ancienne Esgaroth pour récupérer ce qui pouvait l'être.
Le maître de la ville et Alfried étant portés disparus et présumés morts, les survivants avaient désignés, à l'unanimité, Bard pour lui succéder. Après tout, c'est lui qui avait abattu la bête et il avait toujours été apprécié par ses concitoyens.
Le soir quand le camp s'endormait, Ofélia venait s'asseoir devant le feu pour laisser vagabonder son esprit. Elle tentait de trouver un sens à tout ce qui lui été arrivé depuis qu'elle était là.
Elle pensait à Thorin aussi. Espérant qu'il s'en était sorti, ainsi que les autres. Elle savait déjà qu'ils avaient trouvé la porte et qu'ils étaient entrés dans la montagne, c'était la seule explication au réveil du dragon.
Elle espérait que l'emprise de la montagne n'avait pas trop grandi dans son esprit, même si elle n'y croyait pas vraiment.
Bard venait parfois la rejoindre et elle se sentait coupable envers Thorin de prendre tant de plaisir à la compagnie du batelier, même si ce qu'il y avait entre eux n'avait rien de répréhensible. Ce qu'ils avaient traversé ensemble cette nuit-là avait crée un lien entre eux.
Elle savait que sa relation avec le batelier mettait les nains mal à l'aise, mais elle s'en fichait. Il était son ami, non, il était plus que ça. Il était un point d'ancrage dans son nouvel univers.
Malgré les circonstances, il restait égal à lui-même, gérant les innombrables problèmes de la communauté de survivant avec calme et sérénité.
Quand il venait la rejoindre au coin du feu, elle se blottissait contre lui et lui parlait sans retenue de tout ce qui encombrait son esprit. Les horreurs qu'elle voyait à l'hôpital, les souffrances qu'ils étaient incapables de soulager, les gens qui ne survivaient pas malgré tous leurs efforts, mais aussi des petits miracles qu'ils accomplissaient malgré le manque de moyens et qui lui permettaient de tenir le coup.
Ils restaient tard dans la nuit assis l'un contre l'autre à discuter. Avec lui, elle se sentait en sécurité, elle avait confiance. Parler lui permettait d'évacuer un peu de ses traumatismes, et Bard lui offrait une oreille compatissante et une épaule sur laquelle pleurer quand les choses devenaient trop dures.
C'est au cours d'une de ses soirées qu'il lui annonça son intention de se rendre à Erebor. Les survivants avaient besoin d'aide pour reconstruire la ville. Il parut un peu embarrassé par ce qu'il allait dire, mais elle avait compris ce qu'il pensait.
Il voulait aller voir si Thorin avait survécu et l'exhorter à tenir la promesse qu'il avait fait au maître de la ville, et si Thorin n'avait pas survécu, et bien, prendre ce dont ils avaient besoin.
-« Je comprends, Bard. » dit-elle doucement en le regardant. « Je viens avec vous. »
-« Non, Ofélia » dit Bard « Si jamais ils n'avaient pas survécu... Je ne veux pas que vous voyez ça ! »
-« Mais s'ils ont survécu, je veux être là. Bard, ce n'est pas négociable. Je viendrai, avec ou sans votre accord. »
Il soupira. Il savait qu'elle était dotée d'un entêtement peu commun et qu'elle n'hésiterait pas à mettre sa menace à exécution et il préférait qu'elle soit avec eux.
-« D'accord.
Il remarqua qu'elle s'était rembrunie.
-« Qu'est-ce qui vous inquiète ? »
-« Même si je veux venir avec vous, j'ai peur de ce que je pourrais trouver dans cette montagne. S'ils n'ont pas survécu... je crois que je le supporterais pas... Mais, s'ils ont survécu, je ne suis pas sûre de retrouver celui qui est parti. »
Bard la regarda en fronçant les sourcils.
Elle lui rendit son regard avant de poursuivre :
-« J'ai vu l'emprise que la montagne a sur lui grandir au fur et à mesure qu'on se rapprochait... Et ça fait plusieurs jours qu'il est à l'intérieur alors... j'ai peur que... »
-« Vous pensez qu'il refusera de nous venir en aide ? »
Ofélia hocha tristement la tête.
Bard soupira légèrement, bien sûr, il y avait pensé lui aussi. Il n'avait pas oublié les histoires que ses ancêtres avaient rapportées. Des histoires racontant comment le grand-père de Thorin était devenu avide et comment il s'était détourné de ses anciens alliés à cause de la fièvre de l'or.
-« Nous partirons dans trois jours » dit-il
Ils restèrent encore longtemps silencieux. La jeune femme avait posé sa tête sur son épaule et il l'avait enveloppé de son bras. Il se prit à penser que ces moments allaient lui manquer. Il avait peur pour elle. Peur de ce qu'elle pourrait retrouver dans cette montagne et de ce que Thorin pourrait lui faire subir si l'emprise de la montagne était aussi forte dans son esprit.
Au bout d'un long moment, Ofélia releva la tête et lui dit :
-« Merci, Bard... Vous n'avez pas idée à quel point... » elle s'interrompit, retenant ses derniers mots. Elle avait failli dire « À quel point je vous aime » avant de se rappeler que dans ses terres, ces simples mots pouvaient être mal interprétés.
Trois jours plus tard, ils étaient en route vers la montagne. Malgré ce qu'Ofélia lui avait dit Bard espérait que le nain tiendrait parole.
Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient, les nains étaient de plus en plus excités. Ofélia, elle se renfermait, se demandant ce qu'ils allaient trouver là-bas.
Le dragon n'y était plus, mais pour autant qu'elle le sache, il pouvait avoir tué tout le monde avant de décider de s'en prendre à la ville.
Elle craignait trouver les cadavres de ses amis en arrivant. Son cœur se serrait douloureusement en imaginant Thorin mort. Elle haïssait cette montagne.
Elle chevauchait prés de Bard lorsqu'ils arrivèrent sur un promontoire rocheux surplombant une large vallée s'étendant jusqu'au pied de la montagne. Elle vit le regard de Bard s'assombrir alors qu'il regardait les ruines d'une ville située sur un petit pic rocheux au milieu de la vallée.
Elle en savait assez sur ce monde pour savoir que c'était Dale.
Bien sur, le passage des ans et les intempéries avaient aggravé les dégradations, mais on devinait encore que le destin de cette cité avait été brisé par un évènement d'une violence inouïe. Par endroit, on devinait encore des pans de murs calcinés.
Après ce qu'elle avait vécu à Esgaroth, elle avait une idée assez précise de ce qui s'était passé ici.
Bard regardait la ville de ses ancêtres avec une lueur triste au fond des yeux.
-« Contemplez la désolation de Smaug ! » dit-il.
Ofélia posa sa main sur la sienne pour attirer son attention. Quand l'archer posa ses yeux sur elle, elle dit doucement :
-« Maintenant, vous pourrez la reconstruire »
Il secoua la tête.
-« Il faut d'abord reconstruire Esgaroth. »
-« Oui, mais d'autres pourront s'en charger. »
Elle vit une lueur d'espoir s'allumer dans les yeux du batelier.
-« Une ville à la fois » répondit-il en remettant son cheval au pas.
En fin d'après-midi, ils arrivèrent en vue des portes d'Erebor.
Ofélia se rapprocha de Bard pour que personne n'entende ce qu'elle allait lui dire.
-« Il refusera » commença-t-elle.
Quand elle vit le batelier ouvrir la bouche pour répliquer quelque chose, elle l'interrompit d'un geste.
-« Il refusera et probablement vous chassera. Laissez-moi deux jours avant de revenir. » reprit-elle.
-« Pourquoi deux jours ? »
-« Pour trouver un moyen de l'infléchir et le de le ramener à la raison. »
-« Vous espérez briser l'emprise de la montagne en deux jours ? Alors que personne n'est arrivé à soigner Thror ? » demanda-t-il d'un air incrédule
-« Thror baignait dans cette montagne depuis des lustres. Thorin n'y est que depuis quelques jours. »
Elle ne voulait pas lui avouer qu'elle n'avait pas la moindre idée de pourquoi elle lui avait dit ça. Les mots étaient sortis malgré elle, et elle ne voyait absolument pas comment elle allait bien pouvoir si prendre pour arriver à ses fins...
-« D'accord » dit Bard « Deux jours, après, je reviens avec une armée pour l'obliger à tenir sa promesse. »
Le cœur de la jeune femme se serra.
Arrivé devant la porte, ils trouvèrent Dwalin et Ori en faction. Les retrouvailles entre les nains furent joyeuses et particulièrement bruyantes.
Ofélia et Bard attendirent un peu à l'écart. Dwalin s'approcha d'eux et eut un geste qui stupéfia la jeune femme. Arrivé devant elle, il lui sourit avant de la serrer dans ses bras au point de la soulever de terre.
-« J'ai eu peur pour vous quand j'ai vu le dragon partir vers la ville. » dit-il d'une voix bourrue cachant mal son émotion.
-« Je ne m'en serais pas sortie sans Bard. »
Dwalin grogna. Il n'aimait toujours pas le batelier, mais il lui serra malgré tout la main.
-« Merci d'avoir raccompagné nos compagnons et d'avoir pris soin de Kili. » dit-il à l'homme du lac.
-« Quel genre d'homme serais-je si j'abandonnais à leur sort ceux qui viennent réclamer mon aide ? Mais, si je suis ici, c'est pour solliciter un entretien avec Thorin en tant que nouveau maître de la ville d'Esgaroth. »
Le visage de Dwalin se ferma et Ofélia comprit que la rencontre allait être tendue.
Dwalin resta en faction à la porte pendant qu'Ori les guidaient à travers les couloirs d'Erebor vers la salle où ils avaient installé leur camp.
Lorsque Thorin s'avança vers eux et qu'elle vit le sourire sincère qui éclairait son visage, son cœur fit un bond dans sa poitrine et elle dut réfréner son envie de se jeter dans ses bras.
Il serra ses neveux dans ses bras et alla même jusqu'à embrasser le front de Kili en lui disant à quel point il était désolé d'avoir dû le laisser en arrière et combien il était heureux de le voir remis.
Lorsque Kili lui dit qu'il devrait remercier Tauriel le regard de Thorin se fit glacial et ses mâchoires se contractèrent.
Il relâcha Kili et serra chaudement les mains de Bofur et Oïn.
Quand il arriva devant Ofélia, il sentit une chaleur l'envahir et laissant ses sentiments prendre le dessus, il a pris dans ses bras et la fit tournoyer avant de l'embrasser avec passion.
Mahal, qu'elle lui avait manqué ! Il ne l'aurait pas admis à haute voix, mais quand il avait vu le dragon foncer vers la ville, pendant une fraction de seconde il avait regretté d'avoir réveillé la bête. Il pensait que ses compagnons, les habitants de la ville et surtout celle qu'il aimait n'avait aucune chance de s'en sortir.
Seul Balin l'avait entendu murmurer à cet instant « Mon amour... qu'ai-je fait ! »
Ofélia était ivre de bonheur et riait de tout cœur dans les bras de son amant. Elle ne s'était pas attendue à une telle exubérance de sa part, ni à une telle tendresse. Elle se prit à espérer de pouvoir le raisonner.
Quand il l'eut reposée, il remarqua le batelier. Passant un bras tout à la fois protecteur et possessif autour des épaules de la jeune femme, il remercia Bard de la lui avoir ramenée saine et sauve, ainsi que ses amis.
Bard répondit par une formule de politesse et expliqua pourquoi il était là.
Seul Balin l'avait entendu murmurer à cet instant « Mon amour...
Thorin renvoya Bard sans ménagement, lui disant qu'il tiendrait sa promesse en temps voulu mais qu'il ne donnerait rien de plus, que la destruction était le fait du dragon et qu'il ne voyait pas de quel droit Bard exigerait réparation sur le trésor des nains.
Bard lui rappela que dans les cavernes d'Erebor se trouvait bon nombre de trésor qui avaient été pillés par le dragon et qui appartenait à son peuple, et que sans son intervention le dragon dormirait encore et que la ville n'aurait pas été détruite.
-« Thorin... » dit doucement Ofélia. « Il nous a sauvés, il nous a aidés... tu es assis sur un trésor tel que mille hommes n'auraient pas assez de mille vies pour le dépenser. Ne peux-tu faire preuve de charité ? »
Ne peux-tu faire preuve de charité ?
-« Alors, c'est ça... tu n'es revenue prés de moi que pour tenter de me voler mon trésor au profit de ton nouvel amant. »
Ofélia pâlit sous l'insulte et la réaction qui lui échappa fut bien plus violente que ce qu'elle aurait pu imaginer. La gifle résonna dans le silence de la montagne. Dans le silence stupéfait qui suivit, elle prit la parole d'une voix basse et grondante qui lui fit un peu peur à elle-même :
-« Je t'interdis Thorin ! Je t'interdis de penser ça ! Je n'ai jamais eu d'autre amant que toi. Pour toi, j'ai tout accepté, tout subit ! J'ai traversé une montagne pour te retrouver ! Je me fiche de ta saloperie de trésor, tout ce que je voulais, c'était te retrouver, parce que même si tu es l'homme le plus égoïste, le plus arrogant, le plus égocentrique et le plus tyrannique que j'ai jamais rencontré, je t'aime et je n'ai jamais aimé que toi ! »
Sur ce, elle tourna les talon et alla s'asseoir dans le coin le plus éloigné de la salle.
Thorin était stupéfait qu'elle ait osé lever la main sur lui, mais une partie de lui avait été touché par ses mots.
Quoi qu'il en soit, il était hors de question qu'il donne le moindre caillou de son trésor à cet homme. Il paierait sa dette quand il le déciderait.
Il congédia durement Bard et fut un peu surprit qu'il n'insiste pas plus.
Il ne vit pas le regard que l'archer jetait à Ofélia. Un regard emplit de pitié.
Bard sorti de la montagne et rejoignit la poignée d'homme qui l'accompagnait.
Il avait de la peine pour la jeune femme. Il savait qu'elle avait espéré de tout son cœur les retrouvailles avec son aimé. Il avait vu le bonheur dans ses yeux quand le prince nain l'avait prise dans ses bras. Il se sentait vaguement coupable envers elle. C'est parce qu'elle avait voulu plaider sa cause que le nain était devenu blessant envers elle. Il se demanda comment elle comptait s'y prendre pour le ramener à la raison.
Ofélia se posait la même question assise dans son coin. C'était pire que ce qu'elle avait imaginé. Elle soupira.
Sentant une présence prés d'elle, elle leva les yeux. Bilbo se tenait debout devant elle, l'air vaguement embarrassé :
-« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il doucement.
Elle lui offrit un pauvre sourire.
-« On fait aller. » répondit-elle tristement.
Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, en direction de Thorin. Quand il vit qu'il les observait, il se raidit légèrement avant de dire rapidement :
-« Ofélia, c'est de pire en pire. Depuis que nous sommes ici son cœur se durcit de jour en jour. »
-« Oui, je me doutais que ça arriverais. » dit Ofélia. « Il faut que je trouve cette saloperie de pierre ! » ajouta-t-elle.
Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça. Elle ne voyait pas vraiment ce qu'elle pouvait faire avec l'Arkenstone. D'autant qu'elle commençait à penser que c'était elle qui avait tenté de la tuer à Fondcombe. Elle n'était pas très sure d'avoir envie de l'avoir sur elle. Mais quelque part au fond de son cerveau une idée commençait à germer. Une idée qu'elle n'était pas sure de pouvoir mettre en application et dont le succès était loin d'être garantie, mais il fallait qu'elle tente quelque chose.
Elle vit Bilbon se tortiller, gêné.
Elle lui lança un regard interrogateur. Il ouvrait la bouche pour lui répondre lorsqu'une voix bourrue retentit derrière eux.
-« Que complotez-vous ? Bilbon ! Je vous interdis de parler à ma promise hors de ma présence. »
Ils virent Thorin s'avancer rapidement vers eux. Ses yeux étincelaient d'une lueur de folie.
-« il faut que je vous parle » souffla Bilbon avant que Thorin ne soit prés d'eux.
-« D'ailleurs, j'interdis à quiconque de parler à ma promise hors de ma présence ! » reprit-il d'un ton rugissant qui résonna dans la grande salle. Les nains se figèrent, certains jetèrent un regard désolé à la jeune femme.
Ofélia se mordit la langue pour ne pas répliquer. Le mettre hors de lui maintenant ne servirait pas son plan.
Ça allait être joyeux si elle ne pouvait adresser la parole à personne en dehors de la présence de Thorin. Finalement, elle ne put se retenir.
-« Tant que tu y es, tu as cas me mettre sous clef, comme ton précieux trésor ! »
-« Ne me tente pas ! » gronda-t-il.
Elle soupira profondément et se leva pour quitter la pièce.
Thorin la rattrapa violemment par le bras.
-« Où vas-tu ? »
-« Trouver un endroit où m'installer. De préférence, un endroit avec une porte qui ferme à clef ! J'en ai assez de ton attitude ! Je ne suis pas une de tes saloperies de joyaux dont tu peux disposer à ta guise. »
D'un mouvement brusque du bras, elle se dégagea et courut vers la porte.
Il ne tenta pas de la retenir. Finalement, il préférait la savoir loin de ses compagnons. Il ne supportait plus de surprendre leurs regards sur elle, même s'il savait qu'aucun d'eux ne tenterait quoi que ce soit pour la lui prendre.
Ofélia erra longtemps dans les couloirs de la montagne, et puis comme tous les chemins même à Rome, ou plutôt, ici à la salle du trésor, elle finit par arriver sur une esplanade dominant une immense salle... non, immense était encore loin de la vérité. Mais elle ne trouva pas d'autres mots. Et cette salle était emplie de véritables montagnes d'or, d'argent, de pierres précieuses.
Elle en eut le souffle coupé. C'était encore plus impressionnant que tout ce qu'elle avait imaginé.
-« C'est impressionnant n'est-ce pas » dit la voix du Hobbit derrière elle.
Elle sursauta et se tourna vers lui.
-« C'est plus que ça... en fait, c'est... terrifiant. »
Un silence s'étira quelques minutes avant qu'Ofélia ne dise :
-« Bilbon, je sais que vous avez trouvé la pierre. » Elle ne savait pas comment, mais elle le savait. « J'ai besoin que vous me la confiez. »
-« Pourquoi voulez-vous la pierre ? » demanda Bilbon
-« Pour la lui donner. » répondit-elle.
Cette fois, ce fut Bilbon qui sursauta.
-« Vous savez que cette pierre va le détruire. » dit-il
Alors elle le regarda avec un sourire énigmatique.
-« Pas si je la détruis en premier. »
