Chapitre 3 : Another One Bites The Dust

Assit sur la table de la cuisine, Marik mangeait un toast au beurre. La pièce était la plus petite de la maison. Peinte en couleur Mojito, elle était tout de même assez lumineuse et paraissait plus grande qu'elle ne l'était vraiment. Les meubles étaient pour la plupart en inox, avec quelques exceptions, comme les placards qui eux étaient en plastique ou en bois blanc.

Miss Tinkle-White était assise sur les genoux de Marik. Elle ne bougeait pas d'un poil, elle se contentait de fixer la porte de la chambre de Bakura, qui dormait encore à cette heure matinale. Le portable de Marik indiquait huit heure trente. Dehors, la pluie déversait toujours son torrent de tristesse.

Ayant terminé son petit déjeuner, l'égyptien se rendit dans la salle de bain pour s'apprêter de cette journée qu'il voulait encore plus maléfique que les autres. Le chat le suivait en trottant et entra lui aussi. Marik ferma la porte et commença à se déshabiller. Une fois son pyjama sur le sol, il se précipita sous la douche pour ne pas avoir froid. Il jeta un dernier regard à Miss Tinkle-White qui lui tournait le dos, comme si elle ne voulait pas le regarder.

- Tu as peur de moi ? demanda l'égyptien.

Le chat tourna doucement la tête vers Marik, en gardant son regard sur le carrelage blanc de la salle de bain.

- Tu devrais te sentir honorée, tu sais. Pas beaucoup de femelles ont vu ou verront le corps de Marik Ishtar aussi peu vêtu !

Cette fois si, le chat regarda Marik droit dans les yeux. Si elle avait eu un visage humain, le basané aurait été certain qu'elle aurait levé un sourcil et souri en coin.

- C'n'est pas ce que je voulais dire ! C'est dingue, on dirait Bakura quand tu me regarde comme ça …

- Miaou …

- Tien ? Tu miaules moins fort … Peur de faire du bruit ?

Le chat regarda la porte de la salle de bain.

- Miaou !

- T'as peur de réveiller Bakura ?

Marik, qui commençait à avoir vraiment froid entra sous la douche. Il fit couler l'eau chaude sur son corps, sentant avec plaisir ses membres (bras et jambes, bien évidemment, rien d'autre …) se revigorer et prendre de l'énergie.

- Je connais bien Bakura, tu sais … Je ne crois pas qu'il te laissera dehors. C'est pas parce qu'il a tué, piller, voler, torturer, incendier ou même poignardé des gens qu'il n'a pas de cœur. En fait, il est plutôt un type qui se fout de ce qu'il se passe autour de lui, du moment qu'il obtient ce qu'il désir …

Le chat ne lui répondit pas.

- Il est mignon quand il veut l'être … Une fois il a ouvert la porte devant moi ! Je ne sais pas s'il l'a fait pour me faire plaisir ou pour nous empêcher d'exploser tout les deux dans un torrent de flammes -je portais des explosifs un peu trop lourds pour moi. Il m'a même aidé à les porter !

N'entendant aucune réaction de la part du félin, Marik fit passer sa tête par la porte de la douche. Miss Tinkle-White avait disparut. La porte de la pièce était pourtant toujours fermée, comment était-ce possible ? Soudain Marik entendit un hurlement.

- Aah ! Comment t'es entrée là ?!

C'était Bakura. Marik enroula une serviette autour de ses hanches et se précipita vers la chambre de son meilleur ami, non sans glisser ni se prendre le gros orteil droit dans le mur. Il abattit la clinche, mais la porte ne s'ouvrit pas.

- 'Kura ! Ouvre la porte !

- Bloody Hell, Marik !

Bakura ouvrit la porte avant de continuer.

- Comment cette vermine est-elle entrée ?

Il montrait du doigt le félin qui, assit, sur le lit, fixait Bakura intensément.

- J'en sais rien ! Se défendit Marik. Je me lavais quand elle est sortie de la salle de bain sans même ouvrir la porte !

Bakura prit le chat par la peau du cou et le plaça dans son placard. Il le ferma à clé, puis en sortant de sa pièce, il poussa Marik hors de la chambre, qu'il ferma également. Maintenant tout les deux dans le couloir. Marik resserra sa serviette.

- Marik ?

- Oui ?

- L'eau coule toujours dans la douche.

Marik se rendit alors compte que la narratrice avait oublié de fermer le robinet d'eau. Il se rendit dans la salle de bain pour le faire lui-même. Pendant ce temps, Bakura se rendit dans le salon. Il s'exclama :

- C'est pas possible ! God damn it ! Comment tu fais ça ?

Il s'adressait au chat qui continuait de le fixer. Marik accourut, en tenant sa serviette pour ne pas qu'elle glisse.

- Hey Bakura !

- What ?

- Tu sais ce que ça veut dire ?

- Non, quoi ?

- On ne peut pas la mettre dehors …

- MIAOU ! approuva Miss Tinkle-White.

- Qu'est-ce qu'elle miaule fort ! Se plaignît Bakura en se curant l'oreille de son auriculaire.

- Tout à l'heure, elle ne voulait pas te réveiller, alors elle parlait tout bas.

- Ah vraiment ? Ben elle m'a réveillé, alors elle va me le payer !

Bakura sortit un couteau de la poche de son pyjama. Ce n'était pas confortable de dormir avec, mais au moins, il lui servait. Une nouvelle fois, il prit le chat par la peau du cou. Il allait planter son couteau dans la gorge de l'animal, lorsque qu'elle que chose l'empêcha d'aller plus loin. Il lâcha le couteau et le chat qui retomba sur ses pattes. Il crispa une main sur sa poitrine, le visage horrifié par la douleur qui s'échappait de son abdomen. Il hurla :

- Ryou ! Petit con ! Qu'est ce que tu fous ?

Le t-shirt de Bakura se teintait de pourpre. Marik, qui assistait à la scène ne comprenait absolument rien. Cependant, il savait que du sang coulait sur le plancher du salon, il enleva le vêtement de Bakura de ses deux mains, menaçant de faire tomber sa serviette. L'anneau était planté dans la chair de Bakura. Il brillait d'un éclat doré plein de bonté … Marik reconnu cette lumière comme étant Ryou. Puis, la présence de Bakura s'évanouit complètement, laissant sa place à l'esprit de son hôte.

- J'ai … J'ai réussit ! s'exclama Ryou.

La même journée

- Alors tu t'appelles Malik Blishtar ?

- C'est exact, approuva l'égyptien.

- Et c'est toi qui m'as donné l'énergie nécessaire pour me battre contre l'Esprit de l'Anneau du Millenium ?

- Et oui.

- Et tu es en serviette parce que tu prenais une douche ?

- Tu vas répéter tout ce que je viens de te dire ?

Ryou baissa les yeux vers ses genoux où Miss Tinkle-White se frottait avec enthousiasme à ses jambes. Elle avait l'air de le préféré à Marik, et cela rendait le blondinet un peu jaloux.

- Ryou, dis-moi … As-tu déjà vu ce chat ?

- Je ne crois pas … Mais il me fait penser à quelqu'un …

- À un être humain ?

- Oui … Mais je n'arrive pas à mettre un visage dessus …

Un silence s'installa entre les deux garçons. Marik n'était pas du tout à fait à l'aise avec ce Bakura-ci. Ce n'était pas pareil qu'avec l'Esprit de l'Anneau. Le même corps, mais exploité différemment. L'égyptien n'avait pas envie d'être en compagnie de Ryou, qu'il trouvait ennuyant et insipide.

- Et euh … L'esprit de l'Anneau … Il est où ?

- Enfermé dans l'Anneau du Millenium. Complètement coupé du temps et de l'espace, comme il l'a fait avec moi. Au fait, on est où ?

- Dans notre appart, répondit Marik.

Ryou plissa ses grands yeux, une question lui brûlait les lèvres. Pourquoi vivait-il dans un appartement avec un égyptien mignon qui n'a pas peur de lui parler seulement vêtu d'une serviette ? Ce pourrait-il que l'Esprit et Malik se soient un peu trop rapprocher sentimentalement ? Finalement, en mettant pleins de sous-entendus dans sa voix pour être sûr que Malik comprenne le sens de sa phrase, il dit :

- On est …

Marik comprit immédiatement où Ryou voulait en venir. Il prit un air horrifié et leva ses mains en signe de protestation, en les secouant il déclara :

- Juste amis !

- Oh …

Ryou soupira intérieurement.

- On habite ici depuis quand ? demanda l'adolescent aux cheveux blancs.

- Ça n'a pas d'importance. Il faut que tu me dises comment tu as fais pour revenir.

Marik voulait faire revenir l'Esprit au plus vite.

- Et bien …

Ryou croisa ses bras et ses jambes sur le canapé du salon.

- J'ai senti une présence que j'aimais beaucoup. Je l'ai sentit m'appeler. Au début, j'ai cru que ses émotions ne m'appartenaient pas - je ne ressentais rien dans l'Anneau, puis j'ai réalisé qu'elles existaient belles et biens. Je m'y suis accroché et j'ai combattu l'Esprit.

Même sans être extrêmement futé, Marik avait compris que la présence en question était Miss Tinkle-White. La manière avec laquelle cette chatte avait fixée Bakura pendant tout ce temps … Peut-être qu'il allait devoir faire la même chose … Il fixa Ryou en essayant d'envoyer des émotions auxquelles Bakura pouvait se raccrocher.

Fixant ses yeux, il envoya de la compassion.

Fixant sa peau immaculée, il envoya de la chaleur.

Fixant ses mains, il envoya du réconfort.

Fixant son ventre, il envoya du courage.

Fixant ses lèvres, il envoya …

Ryou venait de se levé, sans doute mal à l'aise d'être ainsi fixé … Marik demanda alors :

- Ta poitrine ne te fait pas mal ?

- Non, ne t'inquiète pas. Tant que la narratrice oubli que je suis blessé, je vais bien.

Pour lié sa parole à ses gestes, Ryou leva son t-shirt et dévoila sa poitrine blanche comme neige sur laquelle se trouvait l'Anneau du Millenium uniquement, aucune trace de blessure n'était remarquable.

Soudain, l'Anneau se mit à briller d'un éclat menaçant.

- Oh non ! s'exclama Ryou, c'est lui ! Il revient !

Marik avait du mal à cacher son sourire. Ryou se tenait à genoux les mains sur la tête, il écoutait la voix de l'Anneau que Marik ne pouvait pas entendre :

- Tu pensais vraiment pouvoir me piéger comme ça ?

- Je vous en prie ! Laissez-moi récupérer mon corps !

- Surement pas ! Je reprends possession !

Ryou disparut dans les profondeurs de l'Anneau du Millenium. Bakura se remit sur ses jambes comme si rien ne s'était passé. Il regarda l'horloge murale qui indiquait neuve heure douze. Marik, en revoyant son ami, se jeta dans ses bras. Il s'avouait intérieurement avoir cru que Bakura ne reviendrait pas avant un ou deux chapitres et qu'il aurait dû se farcir Ryou pendant tout ce temps. Mais Bakura était de retour, et pour le meilleur (ou pour le pire).

- Tu m'as foutu les boules ! s'exclama l'égyptien.

- Marik, tu …

- Ton hôte est vraiment casse pieds !

- Ta …

- En plus, Miss Tinkle-White le préfère à moi !

- Je crois que ta …

- Et il est chiant comme un cul !

- Tu vas me laisser causer, oui ?

Marik se détacha de son partenaire de crimes.

- Vas-y, qu'est-ce que tu as à dire de si important pour m'interrompre ? Tu sais que j'en ai horreur ! Parle !

Bakura le fixa intensément dans les yeux. Marik répondit à son regard, et ne lâcha pas les avant-bras de son ami qu'il tenait toujours. Puis, d'une voix sensuelle et un peu gênée, Bakura lui dit :

- Ta serviette est tombée.

Plus tard ce soir là

Adventure Time, que tout le monde rapplique

Filons vers un grand pays magique

Jake le Chienet Finn l'Humain

N'ont vraiment peur de rien !

Adventure Time !

- Marik ton téléphone ! Grogna Bakura qui avait dû lever les yeux de son livre pour vérifier si Marik était bien dans la même pièce que lui. C'était le cas, il jouait à Mass Effect sur l'ordi, tout en regardant la télévision. Miss Tinkle-White n'avait pas refait son apparition depuis le retour de Bakura qu'il avait expliqué avoir fait comme d'habitude et sans aucun problème. Ce qui l'inquiétait un peu, c'était le fait que Ryou avait réussi à revenir par lui-même.

Marik décrocha enfin de son ordinateur et alla répondre. Il souffla bruyamment en voyant le nom de son correspondant, qui n'était autre que Steve.

- Que veux-tu Steve ?

- Patron, j'ai la livraison d'acariens que vous m'avez demandez.

- Excellent ! Et pour la machine à voyager dans le temps ?

- On y travaille. Il semblerait qu'il existera dans le futur des motos avec lesquelles on pourra voyager dans le temps.

- Comment tu sais ça ?

- J'ai vu le film Yu-Gi-Oh ! : Réunis Au Delà Du Temps

- On a pas le temps d'attendre le futur ! Rappelez-moi dès qu'il y aura du neuf.

- Bien Maître Marik … Et euh … Si vous voyez Steve … Dites lui qu'il me manque et que je l'aime …

- Steve, ça va faire un an. Tu sais très bien que Steve est en couple avec Steve et qu'ils sont parfaitement heureux !

- Je me sens seul …

- Si tu veux, je connais un Steve avec qui tu pourrais bien t'entendre … Je t'envoie son numéro, daccodac ?

- Daccodac Maître Marik. Je passe dans dix minutes vous apporter la livraison.

- Fort bien. Au revoir esclave mental.

Il raccrocha. Bakura, qui avait assisté à toute la conversation demanda :

- C'est Steve qui à larguer Steve ?

- Non, l'inverse.

- Je me foutais de toi, Marik … Je sais pas comment tu fais pour voir la différence entre tous tes Steves …

- Ils sont comme mes enfants, je vois la différence comme une mère voit la différence entre ses jumeaux !

- D'accord …

- J'ai les acariens pour ton plan, mais toujours pas de machine à voyager dans le temps …

- Je suis pas sûr que ce plan marchera de toute façon …

Marik prit une mine horrifiée. Il serrait les points et ouvrait la bouche en un « O » majuscule. Son œil droit avait l'air de convulser …

- Comment oses-tu douter d'un de tes PROPRES plans ? hurla-t-il.

- Hey ! Du calme !

Le jeune homme aux cheveux blancs ne comprenait pas la réaction de son ami. C'était la première fois qu'ils abordaient ce type de sujet. D'habitude, Marik trouvait et exécutait leurs « super » plans …

- Tu ne sais donc pas que la réussite d'un plan provient de sa confiance en soi ? Continua l'égyptien.

- Et tu as vu ça où ?

Bakura n'avait pas envie de s'énerver pour une des fantaisies de Marik. Il prit sa pose habituelle, croisant les bras et souriant en coin.

- C'est la morale de cette émission de télé.

Il montrait du doigt l'écran sur lequel on voyait un groupe de cinq adolescents habillés en rouge, dont une fille juive de taille réduite et un grand brun qui faisait presque deux fois sa taille, en train de chanter Don't Stop Believin'.

- Marik, c'est quoi cette merde ?

- Ce n'est pas de la merde ! s'indigna l'interrogé, C'est Glee !

- Bloody great …

- Ça parle d'un groupe d'étudiants rejetés de tous qui fondent une chorale et qui sont super doués ! En plus la blonde elle est enceinte, mais pas de son petit copain, mais du meilleur ami de son petit copain ! Et personne ne le sait ! Et il y a aussi …

- M'en fous, Marik …

- J'ai acheté les DVD, la prochaine fois que je pourrais choisir le programme, on regardera la saison un ensemble !

Marik sautillait dans l'appart comme une ado devant un One Direction. Comment faisait-il pour passer ainsi d'une émotion à l'autre ? Ça dépassait complètement Bakura.

- Hourra. Dit-il sans émotion dans la voix.

On sonna à la porte.

- Je parie que c'est Steve ! annonça Marik en souriant.

Effectivement, Steve remit un paquet de dix kilogramme d'acariens en provenance de Leroy Merlin, contre un bout de papier avec un numéro de téléphone écrit dessus. Saluant Steve, Marik referma la porte et posa le paquet sur le sol. Bakura s'adossa contre le mur.

- Je savais pas que ça s'achetait des acariens …

- On obtient tout ce que l'on veut lorsqu'on a le pouvoir !

Marik trébucha sur le sac d'acariens et mordit la poussière, littéralement. Soudain, il éternua si fort qu'il décolla du sol. Il recommença à plusieurs reprises jusqu'à ce que Bakura lui demande :

- Tu ne serais pas allergique à la poussière par hasard ?

Marik se releva.

- ATISHOO ! 'Kura, j'ai vécu dans une tombe toute ma vie ! Bien sûr que non !

- Tu savais que les allergies se renouvellent tous les sept ans ?

- De quoi tu ATISHOO … Parles ?

- Marik, il est évident que tu fais une allergie aux acariens …

L'égyptien frotta ses yeux devenu tout rouge.

- Pas du tout ! Ça pique juste un peu les yeux … et la gorge … et le nez …

Sur le sol, le sac de poussière se déversa.

- Oh oh … souffla Bakura, Marik ? Tu vas bien ?

- Pas de problème, ça pique juste un petit peu plus les yeux … et … la … gorge … et … le … nez … Oh mes dieux, Bakura ! Je n'sais plus respirer !

Bakura le porta en dehors de l'appartement, comme un fermier porte un sac de blé (ça veut dire sur l'épaule, pour les citadins qui ne connaissent pas le dur labeur de la ferme !). Marik respirait bruyamment contre le dos de Bakura.

- Tu ... M'emmènes … où ?

- À l'hosto, idiot !

- Merci … Fluffy …

- Ouais … Il n'empêche que tu gâches mon plan !

- Et … ta … vie, hein ?

Bakura déposa Marik à l'arrière de sa voiture, puis prit le volant et démarra.

- Ouais … Et ma vie aussi …

Cette dernière remarque fit sourire Marik qui avait toujours un peu de mal à respirer.

- Qu'est-ce qu'il peut nous arriver comme merde en une journée ! dit Bakura entre ses dents.

- T'inquiète 'Kura … Demain … C'est un autre jour …