Chapitre 5 : Bienvenu chez les Schtroumpfs

Bakura ne sentait plus la poigne de Marik dans la sienne. Il était allongé sur le dos sur ce qui ressemblait à de la moquette ou à un tapis. Une seconde, un tapis ? Il n'y avait pas de tapis chez eux ! Pourquoi faisait-il si noir ? Il lui était impossible de savoir où il se trouvait dans de telles ténèbres … Le plus étrange, c'était la nature de ces ténèbres, elles étaient … Neutres ? Ni bonnes ni mauvaises … Inoffensives et pourtant capable de blesser. Quelle curieuse sensation … Machinalement, la main du garçon remonta vers sa poitrine afin d'y trouver l'Anneau du Millenium. Sa poigne se referma sur du vide, l'Anneau était absent. Le cœur de Bakura accéléra. Sans l'Anneau, il ne pouvait pas utiliser la magie, bien que ça ne soit pas très important pour le moment.

Soudain, de la lumière apparut. Si vive que Bakura dû fermer les yeux et porter une main à son front. Tout était blanc, puis les couleurs apparurent. Le plafond était gris clair … Les murs était bleu ciel et couvert de petits nuages cotonneux. Il y avait une fresque au fond blanc sur laquelle on pouvait voir des petits trains rouges, jaunes, verts et bleus avec des visages souriants absolument effrayants ... Nul doute qu'il s'agissait une chambre d'enfant.

Bakura se redressa sur ses coudes, il se rendit compte qu'il portait un pyjama de la même couleur que les murs. Un pyjama un peu trop grand pour lui … Il se mit debout, ses pieds étaient garnis de petits chaussons blancs à tête de lapin. Avec un mouvement de dégout, Bakura s'en défit. Un des chaussons vola à travers la pièce et alla s'écraser dans un bac à jouets, le second, il le ramassa, prêt à lui faire subir le même sort, lorsque son regard se posa sur la petite étiquette dépassant de la pantoufle. Sur cette étiquette, on pouvait lire la pointure du chausson, mais il était évident qu'il y avait une erreur … Cette pantoufle ne pouvait pas … Le garçon la mit à son pied, elle lui allait comme un gant. Bakura chaussait maintenant du 34 fillette.

Cela fit prendre conscience de son corps à Bakura. Bien que bien droit, il se tenait anormalement près du sol, pour ne pas dire qu'il rasait la moquette … Affolé, il chercha dans la pièce un miroir. Il se planta devant une garde robe blanche qui en était munie d'un grand.

Un de ses pieds portait une pantoufle ridicule, ses jambes étaient étrangement courtes dans son bas de pyjama trop grand, il n'avait aucune musculature digne de ce nom, il avait un joli visage enfantin, mignon avec les joues roses et surtout, ses cheveux blancs comme une colombe étaient coupé en un carré mal égalisé, il avait toujours ses « oreilles de chat » comme les appelaient Marik. Il vit à côté du miroir une espèce de girafe à mesurer … Le cœur battant à vive allure, il s'en approcha. Il mesurait un … un mètre trente … Un mètre trente ? UN METRE TRENTE !

- AARG ! hurla-t-il à s'en vider ses petits poumons.

Derrière lui, la porte s'ouvrit. Une petite voix demanda :

- Ryou ? Est-ce que ça va ?

Ryou ? L'avait-elle appelé Ryou ? Bakura se retourna vivement pour faire face à une petite fille. Elle avait de grands yeux couleur noisette et la peau aussi pâle que lui, mais là n'était pas leurs seuls points communs … Elle avait une longue chevelure blanche et bouclée qui lui tombait jusqu'au rein. Elle portait une robe de nuit bleue ciel et avait des chaussons en tête de tigre du Bengale. Elle tenait entre ses mains une peluche : un Kuriboh - de couleur blanche évidemment. Elle était encore plus petite que Bakura …

- Ryou ? demanda-t-elle en inclinant la tête.

- Euh oui ?

Brrr … Cette voix qu'il avait, elle était si … faible ! Une voix encore enfantine et dénuée de « sexytude ». Génial … Voilà qu'il parlait comme Marik ! Attend une seconde … Pas encore mué, ça veut dire pas encore de puberté … Pas de puberté, ça veut dire qu'au niveau des hormones de son pantalon … Nothing, Rien, Nada … De mieux en mieux décidément …

- Tu vas bien grand frère ?

Grand frère … À noter …

- Bien sûr !

Le visage de la petite s'illumina d'un large sourire. Elle se mit à courir et se jeta dans les bras de son « frère ».

- Happy Birthday, Big Brother ! S'exclama-t-elle. Je voulais être la première à te le dire !

Elle sortit de son Kuriboh un papier plié en quatre. Apparemment, cette boule de poils faisait aussi sac à main … Elle tendit la feuille à Bakura qui la saisit en plissant les yeux. Il vit que la fille en face de lui avait cessé de sourire, et le fixait maintenant intensément, comme s'il avait fait une bêtise. La feuille maintenant en main, il constata qu'elle le fixait toujours.

- Quoi ? demanda-t-il sèchement.

Ce fut apparemment une erreur, puisque la fillette avait écarquillé les yeux et ouvert sa bouche en un grand O.

- Ryou, commença-t-elle, tu as oublié de dire merci !

- Hein ? Pas besoin de chier une pendule pour ça !

Si la vie avait été un film, la fillette aurait probablement porté le dos de sa main à son front et se serait évanouit, cependant, elle se contenta de tomber les fesses sur le sol. Bakura n'y prêta guère attention et ouvrit la feuille. C'était un cadeau après tout, et si ça ne lui plaisait pas, il lui balancerait la feuille à la tronche, avec un chausson en prime, pour que ça soit marrant.

Ecrit en lettres imprimées et maladroites, « My Familly » était le titre du dessin. On y voyait un dessin de Ryou, assez bien réalisé d'ailleurs, avec un T-shirt bleu - pourquoi toujours du bleu ? Au dessus de sa tête, il était inscrit « Ryou - 10». Il tenait la main à une petite fille habillée en rose, cette même petite fille se tenait ici-même, sur les fesses, avec Bakura. Son nom était inscrit en rose bonbon « Amane - 7 ». Ces deux personnes prenaient toute la place sur le dessin, on voyait à peine les deux personnages en haut à droite « Mummy and Daddy », ils n'étaient même pas coloriés.

Si Bakura comprenait bien, et dieux qu'il comprenait, il était dans le passé et dans le corps de Ryou à ses 10 ans. Cela rappelait au garçon sa première rencontre avec son hôte …

Ryou était assis sur le canapé avec ses genoux pour seule étreinte. Une personne très chère venait de perdre la vie devant ses yeux, lorsque son père entra avec un paquet pour lui. Dedans se trouvait une carte de Duel de Monstres (mais ça tout le monde s'en branle) ainsi qu'un étrange pendentif doré Ryou accepta sans broncher le cadeau qu'il ne savait empoisonné.

Ce souvenir fit sourire Bakura, quelle jouissance avait-il ressentit en voyant qu'il avait trouvé un hôte digne de ce nom, et qui plus portait un nom suffisamment joli pour qu'il se l'approprie !

La personne ayant perdu la vie et ayant poussé le père de Ryou à offrir l'Anneau du Millenium était Amane … Donc elle n'allait pas tarder à mourir et Bakura allait pouvoir récupérer son Anneau !

Il devait donc agir comme l'aurait fait Ryou … Avec une voix mal assurée il commença :

- Oh Amane ! Merci du fond du cœur !

Il s'approcha d'elle pour l'aider à se relever. Il la mit sur ses jambes mais elle restait impassible.

- Qu'y a-t-il, Amane ?

Il devait s'habituer à ce nom …

- Tu devrais te laver la langue avec du savon pour avoir prononcé de telles animosités !

D'accord … Alors là, cela effrayait Bakura, cette petite avait un meilleur vocabulaire que lui alors qu'elle avait quel âge déjà ? Ah oui, 7 ans … Quelle gamine intelligente ! Mais Bakura avait du répondant :

- Tu devrais te raser le crâne, l'ouvrir et y jeter du sel afin de purger ton esprit de ce vocabulaire odieux ! Comment peux-tu connaître le sens de l'expression « chier une pendule » ?

Bakura avait usé de son meilleur parlé.

- Sache, très cher, que j'ai étudié le dictionnaire, il apparait donc que je connais ce vocabulaire ! Je ne m'autorise simplement pas à l'exploiter dans une conversation !

Cette petite avait du répondant elle aussi ! Elle devait surement mener Ryou à la baguette, et ce malgré son jeune âge … Ses yeux lançaient des éclairs et elle serait son Kuriboh de toutes ses forces. Bakura avait envie de la provoquer plus loin, mais il avait l'étrange impression qu'elle avait encore un tas d'arguments proprement et finement élaborés …

- Je suis désolé, sœurette, je ne sais pas quelle mouche m'a piquée … Répondit Bakura en se frottant l'arrière du crâne. C'est peut-être la crise d'ado …

- Impossible, répondit d'Amane, la crise d'adolescence n'apparait pas si tôt et surtout pas chez toi.

- Rappelle-moi ton âge déjà ?

- 7 ans et 11 mois. J'atteindrais mes huit ans le 16 mars.

- C'était de l'ironie Amane, je connais ton âge.

Mais Bakura nota l'information. Il avait exactement deux ans et un mois d'écart avec sa nouvelle sœur. Bizarre … Le seize mars … Cette date lui rappelait quelque chose … Un autre anniversaire peut-être …

- Je ne savais pas que tu pouvais être sarcastique … D'ailleurs, tu ne l'as jamais été … Ryou qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Coucou, je ne suis pas Ryou mais un esprit de l'ancienne Egypte Bakura le Roi des Voleurs et je viens du futur !

- Je crois que j'ai mal dormis …

Une voix les appela depuis l'étage inférieur.

- Children ! It's time for brunch !

- We're coming ! hurla Amane de sa petite voix. Viens Ryou, il ne faut pas la faire attendre … Hey, où est ta seconde pantoufle ?

Bakura alla la chercher dans son bac à jouet remplis de Lego, puis il suivit sa sœur en l'enfilant. Il avait posé le dessin de la fillette sur sa table de nuit blanche.

Dans le couloir, l'enfant Bakura constata qu'il y avait de la moquette sur le sol, la même que dans sa chambre qui était située tout au bout du couloir. Chaque porte blanche était ouverte, ainsi Bakura passa devant la chambre bleue et blanche de sa sœur, devant la salle de bain bleue et blanche et devant la chambre … tiens ? Bleue et blanche de ses parents … Dans le couloir, il y avait de la tapisserie blanc cassé avec des petites fleurs bleues. Et bien sûr, de la moquette partout, même dans la salle de bain ! S'il n'était pas en Angleterre, alors Bakura voulait bien se teindre les cheveux en vert et se faire appeler Kaiba !

La cuisine, toujours en moquette grise, était, elle, d'un vert doux et lumineux et la tapisserie était couverte de gros coquelicots rouges. Bakura vit la mère de Ryou - ou plutôt sa mère - pour la première fois. Elle était moche. Rien à dire d'autre, juste moche. Des cheveux blonds et lisses à longueur d'épaule des yeux marron et une petite bouche rose garnies d'un grain de beauté au dessus à droite de la lèvre supérieur. Ses joues étaient couleur pêche et son fin nez en trompette également. Elle portait un tablier sur lequel on pouvait lire « The most wonderful children in the world have made this to me » suivis d'un smiley qui souriait à s'en décrocher la mâchoire. Son corps était très féminin, des hanches bien dessinées une poitrine ferme et un ventre plat. Juste moche

- Many happy returns of the day, Honey ! How wonderful, you turn ten, already …

Okay … Traducteur activé …

- Mon fils qui grandit si vite ! J'en ai les larmes aux yeux ! Si tu te revoyais à 3 ans quand tu faisais des pâtés de sables au parc ! Oh mon Ry-Ry !

Bakura aurait, peut-être préféré ne pas faire comprendre les lecteur … Ry-Ry ? Sérieusement ? What the Fuck ?

- Ton père te souhaite un joyeux anniversaire également. Il dit aussi que l'Egypte est magnifique ! Mais il ne sera pas là avant demain …

L'Egypte, eh ? Bakura souriait en pensant à son Anneau qu'il n'allait pas tarder à récupérer.

- On mange quoi Maman ? demanda Amane.

- C'est sur la table~ ! Chanta Maman.

Et en plus c'est une grognasse … pensa Bakura. Se rendant dans la salle à manger, il observa la tapisserie remplie encore une fois de petites fleurs bleues. Sur la table nappée – est-il utile de préciser qu'elle était bleue et blanche ? – se dressait tout ce dont un bon anglais avait besoin pour un brunch : des toasts coupés en triangle, de la marmelade, des œufs, du bacon, des pétales de maïs sans sucre, des flocons d'avoine … et au milieu de la table, une pièce montée de deux étages à la crème blanche et bleue, sur lequel trônaient dix bougies bleues allumées. Woah … Soit cette famille aimait le bleu, soit elle avait un peu trop lu Percy Jackson - Quoi que, ça n'existe pas encore, et tout le monde ne connait pas - soit elle était fan des Schtroumpfs … Cette hypothèse se confirma lorsque Bakura entendit Amane gémir en fronçant le nez :

- Moi j'aime pas les œufs !

- Hey Schtroumf Grognon, il est passé où ton vocabulaire ?

- Mais enfin Ryou, le réprimanda Maman, elle n'a que sept ans !

Amane le fixait comme pour lui faire comprendre qu'il avait fait une bourde. Quelle bourde ? Attend une minute … Et si la fillette faisait semblant d'être une illettrée devant sa mère ? Elle s'assit à table, comme son frère le fit, puis elle tendit la main vers le gâteau, ou plutôt vers une des bougies. Elle passa rapidement son doigt sur la flamme, de manière à ne rien ressentir mais à ne laisser qu'une trace noire. Bakura connaissait cette technique complètement idiote …

- Ouch ! Maman, me suis faite bobo ! fit Amane avec de fausses larmes.

Sa mère se précipita sur elle.

- Oh ma Chérie … Le feu, ça brûle. Il faut faire attention !

Amane hocha la tête pour montrer qu'elle avait comprit.

- Il faut passer ton doigt dix minutes sous l'eau maintenant.

Elles s'éloignèrent toutes les deux dans la cuisine, laissant Bakura dans ses pensées. Donc la sœur de Ryou était une enfant prodige de sept ans et qui le cachait à ses parents … Ce ne serait pas étonnant que Ryou soit au courant … Ça ne devait pas être simple à cacher un truc pareil … Et Bakura qui pensait que planquer un cadavre pouvait être compliqué quand il n'y avait aucun cours d'eau aux alentours …

Il entama son brunch sans broncher, mais une pensée vint lui effleurer l'esprit. Puisqu'il était dans le passé, ses actes devaient se répercuter dans le futur … Il avait déjà entendu parler de l'effet papillon, en fait, il en avait vu les conséquences dans la série Heroes qu'il avait regardé avec Marik … et Marik, où était-il ? Bakura réfléchit un moment … Si il était revenu aux dix ans de Ryou, ça voulait dire qu'il était revenu 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 … huit ans en arrière … Il avait certainement dû rejoindre le corps qu'il avait à ses dix ans également … Si Bakura avait bien comprit, ses dix ans avait été le pire moment de toute sa vie … Son timbré de père l'avait torturé et changé à jamais … Bakura espérait que Marik allait s'en sortir sans lui … Il n'était pas sûr de savoir si l'égyptien pourrait supporter une deuxième séance de torture …

Amane revint, accompagnée de Maman et d'un pansement bleu autour de l'index, interrompant Bakura dans sa réflexion mentale..

- Hey ! T'as manzé du gâteau sans moi !

Génial, elle zozote maintenant … La mère quitta la pièce en embrassant le doigt de sa fille. On l'entendit monter les escaliers

- Tu aurais pu m'attendre tout de même ! Rouspéta la jeune fille.

- Tiens …

Il lança à Amane un morceau de gâteau, mais elle se pencha pour l'éviter et le morceau atterrit sur la moquette.

- Oups … murmura Amane.

- En même temps, en foutant des tapis partout … Tout le monde sait que c'est impossible à ravoir ! C'est pour ça que dans mon appart il n'y a aucun tapis !

- Ton appart ?

- Euh je veux dire … Il n'y aura aucun tapis … dit Bakura en secouant les mains.

La fillette plissa les yeux, pour lui faire comprendre qu'il devait nettoyer. Bakura aurait eut autant d'émotion que maintenant si la fille portait un panneau où l'on pourrait lire Les aliens sont parmi nous ! Marik appelait cette expression faciale « Poker-Face », il le chantait même …

- Tu as tout intérêt à nettoyer si tu ne désires pas resté enfermé dans ta chambre pour le reste de ton anniversaire !

- Serait-ce une menace ?

- Oh oui … et si je parlais à Maman de la grossièreté que tu as vociférée ce matin ?

- Quoi ? Tu veux me faire punir pour ça ?

Bakura se leva pour faire face à sa sœur de toute sa hauteur – ou du moins de ses dix centimètre en plus qu'elle. Il croisa les bras et sourit en coin en levant un sourcil. Qu'est-ce qui pourrait empêcher Bakura d'insulter des gens ?

- Tu n'as que dix ans, mon petit gars, jurer t'est interdit …

Oh oui … Ça … Mais Bakura aussi connaissait le chantage, il l'avait presque inventé …

- Si tu causes, dans ce cas moi aussi je le ferai …

- De quoi parles-tu ?

- Je dis à Maman que tu es surdouée si tu pètes ne fut-ce qu'un mot !

- Tu briserais ta promesse ?

- Ouaip.

Bakura n'avait aucune idée de ce qu'était cette promesse, mais ça devait être une sorte de pacte du silence.

- Ryou … Tu es vraiment trop bizarre en ce moment …

- C'est parce que je …

Je ne suis pas Ryou ! Avait-il failli dire en riant … Mieux ne valait pas dire ça maintenant. Amane avait l'air un peu trop maligne et curieuse … Surtout avec le regard qu'il lui lançait en ce moment.

- Parce que je deviens un homme … Bon, j'ai fini de manger, je monte me laver.

- Hey attend ! Tu dois …

Bakura était déjà partit.

- Nettoyer le sol … termina-t-elle pour elle-même.

Elle souffla et ramassa le morceau avec ses doigts. Elle le mit dans la poubelle de table. Elle humidifia le sol avec de l'eau pétillante et tapota avec une serviette en tissu. C'était comme cela que l'on enlevait une tache de crème sur de la moquette.

- Grand Frère … Ryou … Que t'arrive-t-il ? dit-elle dans un souffle.