Et bien, on s'achemine doucement vers la fin.
Le chapitre de la semaine prochaine sera le dernier. Enfin, c'est plus un épilogue.
Merci à tous et toutes d'avoir suivi cette histoire et d'avoir laissé des commentaires qui m'ont incité à continuer, même pendant mes périodes de doute.
Bonne lecture.
Ofélia et Kili récupérèrent doucement. Comme ils étaient tous les deux cloîtrés dans la maison de guérison, ils passaient beaucoup de temps ensemble.
Il se morfondait de ne pas pouvoir sortir de la montagne, et à force d'insister, il finit par lui avouer que depuis l'arrivée des elfes, dés qu'il en avait l'occasion, il rejoignait Tauriel au dehors. Il soupira en disant qu'il aurait voulu qu'elle soit là, qu'elle lui manquait.
Ofélia sourit et lui demanda si Thorin était au courant. Il baissa la tête en rougissant avant de marmonner qu'il avait préféré ne pas en parler.
Le jour où elle fut autorisée à quitter la maison de soins alors que Kili devait encore y rester, la première chose qu'elle fit fut d'aller trouver Thorin dans son bureau.
Elle frappa et entra avant qu'il ne réponde. Quand il entendit la porte s'ouvrir sans son consentement, il commença à rugir avant de se tourner vers l'intrus, bien décidé à lui apprendre la politesse.
Sa colère s'évapora quand il vit Ofélia. Elle était si maigre que sa robe tombait autour d'elle comme sur un cintre.
Il se précipita vers elle pour la guider vers une chaise et la faire asseoir.
-« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il « tu devrais te reposer ! »
-« J'ai dormi dix jours... »
-« Ce n'est pas ce que je veux dire ! »
Elle sourit faiblement en disant :
-« Je sais. »
Ils restèrent un instant silencieux, s'observant l'un l'autre. Thorin remarqua que ses joues étaient creuses et pâles et que les ombres sous ses yeux étaient presque noires. Il se demanda si Oïn savait ce qu'il faisait en l'autorisant à sortir de la maison de soins.
-« Tu veux aider la convalescence de Kili ? » dit-elle brusquement.
Thorin fronça les sourcils. Évidemment qu'il voulait aider son plus jeune neveu à aller mieux, mais il savait que la proposition de la jeune femme n'allait pas lui plaire.
-« Autorise Tauriel à aller le voir. »
Il resta un instant dubitatif, il ne comprenait pas en quoi la présence de l'elfe pourrait l'aider à aller mieux.
-« En quoi pourrait-elle l'aider ? Si tu veux, je peux négocier avec Thranduil pour qu'un de ses meilleurs guérisseurs vienne le voir... »
-« Ce n'est pas d'un guérisseur qu'il a besoin... C'est d'une raison de s'accrocher. Et l'amour est une excellente raison... »
Elle dut se mordre les joues, creusant encore plus son visage, pour s'empêcher de rire quand le visage de Thorin prit une teinte cramoisie et qu'il commença à hurler que jamais au grand jamais il n'accepterait une telle relation, que jamais le sang des Durin ne serait souillé par celui de ces oreilles pointues.
Elle resta silencieuse, le laissant exprimer toute sa haine des elfes. Quand il s'interrompit pour reprendre son souffle, elle en profita :
-« Ça y est ? Tu as fini ? »
Il tourna vers elle des yeux couleurs de tempête, mais il y avait bien longtemps qu'elle ne craignait plus les colères du Roi nain et il le savait.
-« Tu sais que tu n'y peux rien. » dit-elle « Kili est amoureux et tu sais très bien que tu ne peux rien y changer. Si tu tiens vraiment à lui, tu seras obligé de l'accepter, sinon, tu le perdras. »
Thorin fulmina encore un moment, maudissant l'humour de Mahal avant de donner, du bout des lèvres, son accord pour que Tauriel puisse visiter Kili.
Ofélia se leva de sa chaise et s'approcha de Thorin qui faisait les cent pas. Il s'immobilisa immédiatement, n'osant plus bouger de peur que le déplacement d'air suffise à la déséquilibrer. Elle était si frêle ! Où était donc la solide jeune femme qui avait voyagé avec eux ! Où était son amante au corps opulent ?
Elle posa une main sur son épaule et se pencha pour déposer un baiser sur sa joue barbue.
-« Merci, mon ami » dit-elle avant de quitter la pièce.
Elle regagna la chambre qu'elle s'était choisie quand elle avait décidé de quitter celle de Thorin. Pendant sa convalescence, le nain l'avait fait aménager. Un lit et une coiffeuse y avaient été installés, ainsi que des tapis sur le sol.
Elle se coucha immédiatement. Elle se fatiguait très vite. Faire quelques pas dans les couloirs de la maison de guérison suffisaient à avoir raison d'elle, alors son excursion jusqu'au bureau de Thorin avait été un véritable exploit qui l'avait laissée sur les genoux.
Son corps épuisé par le voyage et les diverses blessures qu'elle y avait récoltées avait été très affaiblit par ses dix jours d'inconscience. Bien sûr, les guérisseurs s'étaient astreints à lui faire avaler un peu d'eau et de bouillon pour la maintenir, mais elle s'en était réveillé décharnée et extrêmement affaiblie. Elle avait été profondément choquée par sa maigreur la première fois qu'elle avait pu s'habiller seule.
Ce soir-là, Thorin se glissa dans sa chambre. Elle somnolait dans son lit. Il se glissa sous les couvertures avec elle. Elle ouvrit un œil surprit et il lui sourit. Lorsqu'il la prit dans ses bras, il fut choqué de sentir tous les os qui affleuraient sous la peau. Bien sûr, il avait vu qu'elle avait beaucoup maigrit, mais il se rendit compte que s'était au-delà de ça. Il se demanda comment elle arrivait à tenir debout.
-« Rendors toi » lui dit-il doucement.
Il n'était pas venu pour la bagatelle, pas ce soir. Tout ce qu'il voulait c'était être près d'elle.
Il reprit l'habitude de se glisser dans sa chambre, mais il faisait de plus en plus rarement l'amour. Ils se blottissaient dans les bras l'un de l'autre et discutait.
Sans qu'ils s'en rendent vraiment compte, le désir et l'amour passionnel qu'ils avaient ressentis l'un pour l'autre s'émoussait, laissant la place à quelque chose de plus doux. Une profonde amitié teintée d'une complicité que seule une grande intimité peut créer.
Il aimait lui demander son avis sur les affaires d'Erebor, et partager un peu avec elle le fardeau de ses nouvelles responsabilités et son inquiétude sur la relation que Kili entretenait maintenant de façon quasi officielle avec Tauriel.
Il avait été bien obligé de reconnaître qu'elle avait eut raison. Dés que Tauriel avait été autorisée à rendre visite à Kili, l'état de santé de ce dernier s'était amélioré de façon proportionnelle au bonheur qu'il ressentait.
Une de ces nuits, Ofélia lui avait fait part de son intention de reprendre les entraînements avec Dwalin, il fut tenté de le lui interdire, mais il savait que ça n'aurait servit à rien. C'était toujours la même tête de mule. Il avait tenté de l'en dissuader, mais elle avait tenu bon. Alors il avait ordonné à Dwalin de la ménager et de lui interdire d'aller au-delà de ses forces.
Finalement, Thorin fut bien obligé de reconnaître le bien fondé de l'idée de la jeune femme. De jour en jour, les progrès furent spectaculaires, le fait de mobiliser ses muscles et les quantités de nourriture qu'elle ingurgitait accéléraient sa convalescence.
Erebor aussi renouait avec la vie. De nouveaux arrivant s'y présentait tous les jours. Des familles entières, qui contribuait à son essor.
La sœur de Thorin, Dis, avait été parmi les premiers arrivants. Ofélia avait été stupéfaite par la ressemblance qu'elle partageait avec Thorin, tant au niveau du physique que du caractère. Leur première rencontre avait été un peu tendue. Dis n'approuvait pas la relation que son frère entretenait avec cette humaine.
Les alliés étaient repartis vers leurs foyers. Bard s'était installé à Dale et travaillait d'arrache pied à sa reconstruction.
Bilbon avait regagné la Comté, il était parti en compagnie de Gandalf. Elle ne se rappelait pas avoir vu le magicien arriver à Erebor et elle n'avait pas eut l'occasion de le revoir avant son départ.
Ils s'étaient joints à la caravane des Elfes qui regagnaient la forêt noire. Tauriel était également repartie avec eux, elle avait des choses à régler avant de revenir s'installer dans la montagne. Kili avait été très malheureux de la voir partir, même s'il savait qu'elle lui reviendrait.
Leur relation avait été plutôt mal acceptée par leurs deux peuples et Ofélia savait qu'ils avaient envisagés de s'enfuir ensemble pour aller s'installer ailleurs, mais qu'ils y avaient renoncé. Où qu'ils aillent, leur couple ne manquerait pas de défrayer la chronique, alors, autant rester en territoire connu.
Thorin avait eu vent de ces projets et il avait finalement accepté l'idée que Tauriel vienne s'installer dans la montagne. Il ne voulait pas prendre le risque de voir Kili quitter la montagne. Il n'était pas envisageable qu'un héritier de Durin vive ailleurs qu'à Erebor maintenant qu'elle était reprise.
Dis avait eut beaucoup plus de mal à accepter l'idée que son plus jeune fils puisse lier son destin à celui d'une elfe. Quand Thorin lui avait fait part de son intention d'accepter leur union, les murs d'Erebor avaient tremblés sous les hurlements de colère de la princesse. Elle reprochait à son frère d'avoir entraîner son fils dans une aventure qui avait perverti son âme.
Pendant quelques temps Ofélia s'efforça d'éviter de la croiser de la princesse. Elle savait que Dis la rendait responsable de ce qui s'était passé entre Kili et Tauriel.
Au fur et à mesure que de nouveaux arrivants arrivaient, l'organisation du royaume se complexifiait. Et les relations entre Thorin et Ofélia se délitaient de plus en plus. Il ne venait plus la rejoindre dans sa chambre, même juste pour discuter, elle le voyait de moins en moins à mesure que la gestion du royaume l'accaparait.
Malgré tout il appréciait les rares instants qu'ils pouvaient passer tous les deux, loin du protocole qui se mettait en place et créer une nouvelle distance entre eux. Il regrettait parfois qu'elle ne fût pas celle que Mahal avait choisie pour lui.
C'était elle qui avait abordé le sujet, un jour où il fulminait contre ses conseillers qui le pressait déjà de prendre femme et commençait à lui soumettre des noms.
Elle avait rit en disant qu'il faudrait bien qu'il en passe par là. Il s'était tourné vers elle surprit de sa réaction avant de dire :
-« Je m'étais choisie une reine. Et si tu as changé d'avis, ma proposition tiens toujours. Tu ferais une reine avisée. »
Elle s'était approchée de lui, et avait posé sa tête contre sa poitrine avant de dire :
-« Thorin… ton peuple n'accepterai jamais une telle mésalliance… et je ne peux pas me marier sans amour. »
Il l'avait attrapée par les épaules et l'avait obligé à reculer pour capturer son regard.
-« Tu ne m'aimes plus ? »
-« Bien sur que si, je t'aime… mais je ne suis pas amoureuse de toi… et toi non plus. Mais je veux que tu saches que je ne regrette rien. Absolument rien. »
Il avait soupiré profondément, avec ce qui avait semblé à Ofélia un certain soulagement, avant de la prendre dans ses bras en disant :
-« Oui, tu as raison… Mais je maintiens que tu aurais fait une reine magnifique. »
Au printemps, la montagne bruissait d'une toute nouvelle vie et Ofélia commença à reprendre son indépendance. Régulièrement, elle prenait un cheval à l'écurie et sortait de la montagne pour explorer les environs. Elle aimait galoper dans la plaine et sentir le vent et le soleil sur son visage.
Peu à peu, ses excusions se firent de plus en plus longues, il lui arrivait même parfois de ne pas rentrer à la nuit tombée. Ces fois là, elle dormait à la belle étoile ou chez Bard.
Elle avait pris l'habitude d'aller à Dale pour le saluer. Il était toujours ravi de voir arriver la jeune femme. Parfois, elle acceptait de partager son repas et son hospitalité pour la nuit.
Elle aimait ces soirées passées en compagnie du batelier et des ses enfants.
Mais, peu à peu ses escapades ne lui suffirent plus. Elle se prit à rêver d'ailleurs. La vie à Erebor n'était pas désagréable, mais elle avait parfois l'impression d'étouffer dans ses profonds couloirs sans lumière naturelle, et puis, ses relations avec Thorin étaient de plus en plus froides et formelles. Ça lui brisait le cœur. Bien sur, elle était consciente que leur amour n'avait été qu'une manœuvre des Valars, qu'ils n'avaient été rien d'autre que des pions que les dieux avaient poussé l'un vers l'autre pour servir leur desseins et qu'il avait commencé à se délitait à l'instant même où la pierre avait été détruite, mais elle avait espéré qu'ils resteraient amis.
Et puis le protocole de la cour lui était de plus en plus pesant. Elle s'échappait de plus en plus souvent, et il arrivait de plus en plus fréquemment qu'elle ne rentre pas pendant plusieurs jours. Ces amis ne s'inquiétaient pas vraiment pour elle. Il savait que dans ces cas là elle était le plus souvent à Dale, ou qu'elle campait dans la campagne avoisinante et qu'elle était parfaitement capable de se défendre si besoin, mais ils sentaient qu'elle était comme un oiseau sur la branche. Elle n'attendait qu'une bonne occasion pour s'envoler.
Au début de l'été, la pression du protocole, l'attitude distante de Thorin et l'impression de confinement des couloirs lui devinrent insupportables.
Ce jour là, elle força littéralement la porte du bureau de Thorin. Dans le regard qu'il lui lança, elle devina de la surprise et une certaine résignation. Il renvoya les gardes qui voulaient se saisir d'elle.
-« Thorin… Je… Je vais partir… » Commença-t-elle
Thorin soupira profondément. Evidemment, il s'y était attendu. Même si ses fonctions l'avaient gardé éloigné d'elle, il s'était tenu informé. Il savait qu'elle passait le plus clair de son temps à l'extérieur de la montagne et qu'elle supportait de plus en plus mal la pression du protocole de la nouvelle cours. Il savait qu'il n'y avait rien qu'il puisse faire pour la retenir.
-« Je sais. » Dit Thorin « Qu'est-ce qu'il te faut ? »
-« Des vivres et des fournitures, un cheval et une fraction de ce que tu m'as octroyé sur le trésor d'Erebor. »
Thorin accéda à toutes ses demandes avant de la congédier d'un geste de la main.
Une fois seule dans le couloir, elle ne put retenir ses larmes. Pourtant, elle l'avait toujours su qu'il lui briserait le cœur.
La veille du départ, elle organisa une petite fête d'adieu, mais elle ne fut pas aussi joyeuse qu'elle l'avait escompté. Ses anciens compagnons de voyage étaient maussades, à part Kili qui vivait sur un petit nuage depuis que Thorin avait accepté ses fiançailles avec Tauriel.
Bofur la serra dans ses bras en lui reprochant de les abandonner. Mes ses reproches furent atténué par son sourire quand il lui souhaita bonne chance et l'exhorta à la prudence.
-« Finalement, vous aviez raison. » lui dit Balin « Il semblerait que les dieux soient facétieux… Même si je me prends à le regretter maintenant. »
Il marqua une pause pour ménager son effet avant d'ajouter :
-« Vous auriez été une très bonne reine pour notre peuple. »
Elle sourit et le remercia, consciente que c'était probablement le plus beau compliment qu'il pouvait lui faire.
Seul Dwalin resta sur son quant-à-soi et ne vint pas lui dire au revoir. Elle en fut un peu attristée, elle l'aimait bien, mais il n'avait jamais été très démonstratif.
Le lendemain, elle était en train de préparer ses chevaux, celui qu'elle monterait et celui qui lui servirait d'animal de bat lorsqu'elle vit Dwalin s'approcher d'elle. Encore un peu vexée de son attitude de la veille, elle voulut le taquiner :
-« Dwalin ? Vous avez un regret, vous êtes venu me dire au revoir ? »
Il lui sourit, comme quelqu'un qui prépare une bonne farce avant de répondre :
-« Non. Je ne vois pas pourquoi je vous dirais au revoir. »
-« Heu… parce que je m'en vais ? » répondit-elle
-« Je sais. Mais je n'ai pas à vous dire au revoir puisque je pars avec vous. »
Elle resta un instant stupéfait avant de dire.
-« Pourquoi ? »
Son sourire s'élargit encore quand il répondit :
-« Parce qu'avec vous, je suis sûr de ne jamais m'ennuyer. »
Et Ofélia éclata de rire.
