Marik regardait par la vitre du 4x4 gris clair du père de Ryou. Et comme la narratrice réalisa qu'il était abominable d'appeler cet homme ainsi, Marik demanda :
- Quel est votre nom ?
- Stuart. Répondit l'intéressé tout sourire.
Donc, le père de Ryou s'appelait Stuart Bakura … Marik se retenait de pouffer de rire. Stuart ? Quel nom de merde !
Marik réalisa alors qu'il était monté dans la voiture d'un gars qu'il connaissait à peine sans dire à personne où il allait. C'était très immature et surtout, très dangereux … Bakura lui aurait sans doute tapé sur les doigts … Oh Bakura … Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui manquer … Marik tuerait pour pouvoir être avec lui maintenant … Il ne pensait même plus au pari qu'il avait fait - qui était une fellation, pour les lectrices distraites ou inattentives. Marik voulait juste que son Fluffy le prenne dans ses bras, le cajole et le réconforte … Mais si le plan de Marik se déroulait bien, alors il serait avec son 'Kura dans quelques heures … Il lui suffisait de réussir à prendre l'avion avec Stuart … Hey ! Avion … Stuart … Stewart … Vous savez les hôtesses de l'air garçons ! Ça s'appelle un Stewart ! … Pas marrant ? En même temps il est tard pour l'auteure …
Lorsque Marik sera en Angleterre, il ira voir 'Kura chez Ryou et après … Marik ne connaissait pas encore la suite du plan … Sans doute impliquerait-il un voyage au Japon pour piquer le Puzzle du Millenium de Yugi … Marik devait encore y réfléchir un peu …
La voiture devrait arriver à Louxor en fin de matinée. Stuart demanda :
- Je te déposerai où Marik ?
- Oh, euh … Je ne vis pas loin de l'aéroport … Mentit-il.
- J'y vais justement.
- C'est cool !
La route ne fut pas longue, mais Marik pût observer les magnifiques paysages se dessinant le long de la voie principale menant à Louxor. Il avouait avoir oublié à quel point son pays natal était splendide … Il avait peut-être de très mauvais souvenir de cet endroit, mais ce ciel sans nuage au soleil flamboyant et ce sable à perte de vue lui avaient manqués. Les dunes dessinaient de longues vagues dans se paysage idyllique.
Il y avait très peu de voiture sur les routes, et une fois dans la ville en elle-même, la Jeep ne mit pas longtemps avant de pouvoir se frayer un chemin jusqu'à l'aéroport, et pourtant, Louxor était immense.
Une fois sur les lieux, Marik sortit de la voiture avec pour seul bagage, sa Baguette du Millenium. Stuart s'approcha de lui pour lui serré la main et lui souhaiter bonne chance, mais l'égyptien joua encore un peu les frottes manches et demanda :
- Je peux rester avec vous le temps que votre avion arrive ?
Stuart sembla réfléchir un moment, puis finit par accepter.
- Par contre, tu me promets de retourner chez toi après. Dit-il en fronçant les sourcils.
- Bien sûr ! répondit Marik le plus sérieusement du monde.
Ils entrèrent dans le bâtiment. Il était immense et tout était écrit en anglais et en arabe. En cherchant un peu, Marik finit par trouver du japonais et un peu de français. Louxor était une ville très visitée, puisqu'elle ne se trouvait pas si loin de la Vallée des Rois, le lieu de naissance de Marik.
- Viens mon petit, je te paie un chocolat chaud.
- Avec plaisir ! s'exclama le petit la bouche s'étirant en un sourire ravi.
La mixture était délicieuse, bien qu'instantanée. Les deux nouveaux amis s'assirent sur un banc. Marik profita de ce moment de tranquillité pour demander :
- Vous pouvez me parlez de vos enfants ? Comment sont-ils ?
Stuart sourit, comme nostalgique, puis dit :
- Je ne suis malheureusement pas la meilleure personne pour te parler d'eux …
- Quoi ? Mais vous êtes leur père non ?
- Oui … Mais je ne suis pas souvent avec eux, vois-tu ? dit il en buvant une gorgée de son chocolat chaud.
- Vous n'avez vraiment rien à me dire ?
- Et bien … Ma fille, Amane est une fille d'une intelligence incroyable, elle est surdouée. Cependant, elle le cache et ne se doute pas que je le sais …
- Pourquoi le cache-t-elle ? Questionna l'égyptien en inclinant la tête.
- Elle se soucie pour son frère … Elle est convaincu que sans elle, il n'apprendra jamais à être un homme. Ryou est un garçon tellement gentil et naïf … Il a besoin de sa sœur, car elle le guide et l'aide à faire les bons choix.
- Je ne vois toujours pas pourquoi elle cache qu'elle est surdouée …
- Si cela venait à se savoir, elle serait forcée de changer d'école et d'en intégrer une à son niveau … Et Ryou serait livré à lui-même.
- Mais non … Protesta Marik, cela ne changerait rien, elle n'est pas obligée de changer d'école, elle à le droit de choisir où elle veut faire sa scolarité !
- Il y a une loi qui force les élèves surdoués à intégrer une école spécialisée.
- Quoi ? Mais ce n'est même pas vrai !
- Bon, alors je vais te dire que Laura, ma femme, obligerait Amane à aller dans cette école pour son bien-être. Ryou serait alors tout seul.
- Je continue de protester, dit Marik en croisant les bras, cela me parait fort peu probable qu'une mère sacrifie son fils au profit de sa fille.
- Alors je vais te répondre que … euh …
- Laissez tomber, nous avons exploité toutes les idées de l'auteure sur la question, je crois que même elle ne sait pas pourquoi Amane cache son intelligence. Souffla Marik.
Bien que Marik eût tort - l'auteure favorisait la première solution, Stuart ne fit aucun commentaire.
- Comment avez-vous su que votre fille est surdouée ?
- À cause de la cave …
- La cave ?
- Dans la cave de notre maison à Londres, il y a une pièce secrète. En fouillant dans notre grenier, j'avais retrouvé les plans de la maison, et j'ai été étonné de voir qu'il y avait une pièce cachée dans la cave. Alors, j'ai décidé d'aller y faire une tour.
Stuart jouait avec son gobelet vide, il le lança et il atterri directement dans la poubelle à côté. Ensuite, il continua son récit.
- J'ai trouvé la mini-porte cachée qui menait à la pièce secrète. J'y suis entré, m'attendant à trouvé des tas de vielle babiole de l'époque de Shakespeare, mais à la place, il y avait une immense bibliothèque d'une autre époque. En prenant un livre, je vis que le nom d'Amane était écrit à l'intérieur, pareil pour tous les autres. On y voyait également une date de lecture et une note d'appréciation de l'ouvrage. Sauf que selon la date, Amane n'avait que 5 ou 6 ans …
- Quoi ? Et elle les a lus ? De quoi parlaient les livres ? demanda Marik intrigué.
- De tout, de sciences, de religion, de mathématique, de langues et même de magie blanche ! Tu te rends compte ! De la magie ! Et je vais te dire, Marik … Si j'ai fais ce voyage jusqu'en Égypte, en dehors du travail, c'était à cause d'un compte rendu posé sur le bureau au milieu de la pièce. Il s'agit d'un texte écrit à la main par Amane et qui explique comment, grâce à la magie égyptienne, une âme d'un défunt pouvait être transférée dans un animal, un chat selon l'exemple qu'elle donnait. J'avais déjà entendu de telles histoires par ici, et je me suis dit qu'il fallait que je revienne vérifier tout ça …
- Vous en avez conclus quoi ?
- Qu'Amane avait raison … Dans l'Ancienne Egypte, les Pharaons avaient découvert le moyen pour faire entrer l'âme d'une personne dans une tablette de pierre. En as-tu déjà entendu parler, petit ?
- Oui, le jeu des ombres, ils enfermaient leur âme, qui prenait la forme d'un monstre se rapprochant le plus possible de la nature de l'âme de la personne, dans une pierre et combattait avec. Un peu comme pour Duel de Monstres …
- Tu m'as l'air bien au courant … dit Stuart en plissant les yeux.
- Euh … C'est une histoire que l'on raconte aux enfants … Une sorte de conte de fées … Essaya de se reprendre l'enfant.
L'avion numéro 27995 à destination de Londres décollera dans une heure et demi, il est conseillé aux passagers de se rendre à la douane dès maintenant. Nous vous rappelons que l'auteure décline toute responsabilité en cas de vol.
- C'est votre avion je suppose …
- Exact ! Je reviens, je vais nous acheter un beignet.
- Avec plaisir ! s'exclama Marik.
L'avantage de son corps, c'est qu'il avait le droit de sautiller comme un enfant, sans que personne ne le lui reproche d'être immature … Par « sans que personne », il sous entendait Bakura. Oh oui … Bakura … Il fallait encore que Marik réussisse à prendre l'avion pour pouvoir le rejoindre …
Alors qu'au comptoir il demandait sa pâtisserie, Stuart regardait Marik du coin de l'œil. Ce garçon l'intriguait … Il n'avait vraiment pas l'air méchant, mais il en savait beaucoup sur les anciennes coutumes. Il fit face au serveur et paya sa commande. Mais quand il allait faire demi-tour pour rejoindre Marik, il vit une étrange affiche au mur. Il s'agissait d'un mur couvert d'avis de recherche … Il y en avait de toutes les sortes, l'une d'entre elle présentait une fille d'à peine quinze ans nommée Anam et qui avait disparu après avoir d'abord mit le feu à son petit frère et à sa mère, avant d'avoir tenté de jeter les cadavres dans le Nil. La jeunesse de nos jour … Mais il y avait surtout l'affiche de Marik. Le visage de Stuart changea d'expression à une vitesse qui rendrait jaloux un bipolaire. Son sourire étincelant laissait désormais place à une bouche grande ouverte. Marik ? Un voleur ? Il avait l'air si mignon ! Mais peut-être que la seule raison pour laquelle il restait avec Stuart était pour pouvoir lui prendre l'Anneau du Millenium … Le garçon avait eu l'air de beaucoup s'y intéresser …
Que devait faire Stuart ? Dénoncer le petit ? Le visage soucieux, il retourna près de Marik. Il lui tendit le beignet aux pommes. Marik le remercia, et mordit dans la gourmandise. Devant ce visage d'ange, Stuart doutait encore plus du fait que Marik puisse être un voleur/menteur/manipulateur. Il dit alors :
- Marik, je ne vais pas tarder à m'en aller pour …
Stuart fut interrompu par le garçon qui poussa un cri de surprise. Marik ressentit une espèce de vibration sur le banc. Une lumière dorée s'échappa de l'arrière de son pantalon, ou plus précisément, de sa Baguette du Millenium. Au pied de Stuart, l'Anneau du Millenium se mit également à scintiller. L'adulte le sortit du sac. Les cinq pics s'agitaient dans tous les sens tout en brillant d'un éclat couleur or.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Stuart.
- Soit c'est la gay-pride … commença Marik, ou alors, un danger approche …
Marik prit l'Anneau du Millenium entre ses mains et le secoua comme si ça allait résoudre le problème. Puis dans un coin de l'aéroport un cri retentit :
- Il est là ! Je l'ai trouvé !
Deux policiers encerclèrent Marik. Les Objets dans ses mains avaient fini de scintiller, mais Marik sentait qu'ils lui envoyaient des messages de danger imminent. Le petit garçon les serra contre son cœur et prit ses jambes à son cou. Il eu à peine le temps de faire trois pas, que deux autres policiers, cette fois-ci devant lui, l'interrompirent en pleine course, l'un d'eux le saisit par les cheveux et le traina dehors.
- Aarg ! Lâchez-moi ! Je n'ai rien fait !
- La ferme ! fit le policier en lui assenant une claque à lui faire se décrocher la mâchoire.
Ils tentèrent de le mettre dans un fourgon de police égyptien, mais Marik se débattait de trop, ils abandonnèrent alors cette idée, et un des policiers l'immobilisa. Le garçon aperçut Stuart qui parlait avec un des agents. Était-ce Stuart qui l'avait dénoncé ? Marik serra encore plus fort les Objets du Millenium qu'il avait encore. C'était une question de temps avant qu'ils ne les lui reprennent … Il entendit Stuart crier :
- Cet inadmissible ! Cet un être humain que vous voyez ici !
- Non, il a tué son propre frère en lui lacérant le dos avec un couteau chauffé à blanc.
Quoi ? pensa Marik.
- Voici les photos, dit il en montrant des fiches à l'homme à lunette.
Marik marcha sur le pied du policier qui le tenait fermement, et parvint à s'échapper de sa prise. Il courut jusqu'au policier qui tenait les images. Il regarda d'un œil horrifié les clichés du cadavre de celui qui avait été comme un frère pour lui.
- ODION ! NON ! hurla-t-il.
La photo montrait Odion allongé sur le ventre, les yeux grands ouverts. Il baignait dans son propre sang et Marik s'avouait ne pas savoir qu'il y en avait autant dans le corps humain. Chaque blessure, infligée au couteau de chasse, était profonde d'au moins deux centimètres. On voyait même les omoplates, os complètement à découverts et même entaillés à certains endroits.
Marik éclata en sanglots. Le policier sembla s'en ficher royalement et continua :
- Le père s'est fait couper la main droite par ce petit effronté, et selon lui, il a subit ceci alors qu'il essayait de sauver sa fille de ce psychopathe. Marik est parti de la maison en emmenant sa sœur en otage. Mais M. Ishtar affirme qu'elle était déjà gravement blessée et qu'elle a très peu de chance de s'en être tirée …
- Ce sont des mensonges ! s'exclama Marik en pleurs, c'est mon père l'assassin !
Ishizu … Odion … Ce monstre allait le lui payer très cher …
- J'ai du mal à vous croire … s'exclama Stuart.
- Il s'est enfuit alors que son père était inconscient. Dans le village de Tod, ce vieil homme nous as prévenu avoir retrouvé l'enfant …
Le policier désignait Solomon, qui regardait la scène d'un œil mauvais. C'était cet enfoiré qui l'avait dénoncé ? Marik sentait sa rage bouillonner en lui. Comme ce vieux débris avait-il pu lui faire ça ? Marik savait qu'il n'avait aucune chance de s'en sortir. La police égyptienne n'était pas comme la police japonaise … Il lui était impossible de parier sa liberté autour d'une partie de jeu de cartes pour gosse …
- En plus … continua l'agent, ce petit monstre avait ceci sur lui …
Et il sortit un couteau du petit sac de Marik.
- Il ne nous reste plus qu'a regarder s'il reste des traces de sang dessus. Ensuite, nous le questionnerons pour savoir ce que ce petit salopard a fait de sa sœur …
- Marik … souffla Stuart.
- Non ! cria Marik. Il ne faut pas l'écouter ! Je n'ai rien fait ! C'est mon père qui …
Il se prit un coup de pied dans l'estomac, un coup si fort qu'il tomba à genoux. L'Anneau du Millenium contre son cœur lui envoya une vague de chaleur réconfortante, mais ça ne suffit pas à lui faire oublier la peine qu'il éprouvait … Le saisissant une nouvelle fois par les cheveux, le policier le lança dans le fourgon. Avant que la porte ne claque, Marik eut le temps de crier en japonais :
- Dites à Bakura-kun que j'ai besoin de lui, que je suis en danger !
Puis, le coffre se referma sur Marik terrorisé serrant contre son petit corps les Objets du Millenium. À peine deux minutes plus tard, la camionnette démarra. Marik s'allongea sur le sol en acier froid et se mit à sangloter de plus belle.
À l'aéroport …Stuart fixait avec incompréhension le vieil homme lui faisant face.
- Je suis bien content qu'ils l'aient arrêté … Je vais bientôt toucher la prime … fit Solomon
- Vous avez vendu cet enfant au Diable … murmura Stuart pour lui-même.
- Je me présente, dit-il dans un arabe avec une once d'accent japonais, Solomon Mutou, archéologue et propriétaire d'un magasin de jouet.
- Je suis Stuart Bakura, archéologue et collectionneur d'artéfact.
- Marik ne vous a rien volé ?
- Non, a vrai dire, je ne le crois pas capable de telles atrocités …
- C'est pourtant bien le cas … fit Salomon en fixant le sol.
- Ce matin, j'ai trouvé cette affiche qui trainait sur le sol, fraichement imprimée … Il s'agit de l'avis de recherche.
Solomon lui tendit un morceau de papier plié en quatre. En l'ouvrant, Stuart y vit ce qu'il avait lu dans la boulangerie de l'aéroport. Il la regarda une dernière fois, puis lança au vieil homme un regard signifiant « Je peux la garder ? », Solomon hocha la tête.
- Il n'est pas mis qu'il est un assassin dessus … constata Stuart.
- Effectivement … Mais c'est bel et bien un menteur … Il m'a dit que son père le maltraitait …
- Il m'a dit qu'il avait fugué de Louxor car ses parents le privaient de liberté …
L'avion numéro 27995 à destination de Londres décollera dans une heure, il est conseillé aux passagers qui ne sont pas encore passé à la douane de le faire dès maintenant. L'auteure décline toute responsabilité en cas de kidnapping de petit égyptien trop mignon qui pourrait devenir star de Yaoi pour le plus grand plaisir des fangirls du monde entier.
- Je ferais mieux d'y aller … fit Stuart.
Il plaça l'avis de recherche dans sac à ses pieds.
- Fort bien. Je retourne à Tod, j'y ai laissé mes affaires et mon équipe d'archéologues.
Les hommes se saluèrent, et Stuart pénétra dans la partie anglaise de l'aéroport.
Une fois dans l'avion, Stuart repensa à la dernière phrase qu'avait prononcée Marik « Dites à Bakura-kun que j'ai besoin de lui ! » … Marik avait l'air de connaître le japonais et l'histoire de l'Anneau … Une minute, l'Anneau ? La police était partie avec !
Sur la route …- Où m'emmenez vous ? demanda Marik, agacé d'être secoué dans tout les sens. La camionnette avançait dans ce qui semblait être pour le garçon une direction totalement aléatoire, avec souvent des virages prononcés et des bosses. Ce fourgon n'était pas tout neuf … Il n'y avait à l'arrière, ni fenêtre, ni siège, ni air conditionnée … Il devait faire au moins quarante degrés Celsius et Marik commençait à étouffer. Il ne savait pas depuis combien de temps il était assit là, par terre … Il mourrait de faim … La camionnette s'était déjà arrêtée au moins cinq fois, mais Marik n'avait pas pu descendre. L'enfant avait déjà dormi quelques heures … Peut-être roulaient-ils depuis plusieurs jour …
- Ça ne te regarde pas …
- Je veux dire, à quel poste de police ? Insista Marik.
- La ferme avorton !
Marik grogna mais se tut. Encore une fois, il laissa échapper des larmes. Cette histoire de voyager dans le temps était la pire chose qui puisse lui être arrivée … Et cela avait été une idée de Bakura en plus ! Mais Marik n'avait pas envie d'accuser son ami … Il se trouvait suffisamment responsable … C'était lui qui avait trouvé comment faire après tout …
- Bakura … Tu me manques …
L'Anneau réagit à ces paroles. Oh c'est vrai … T'es toujours là dedans … pensa Marik. Alors Ryou ? Comment va la vie ?
- Il fait noir ici … fit une voix en anglais.
Le cœur de Marik accéléra soudainement. Avec son esprit, il demanda :
- Attends … Tu m'entends ?
- Qui … Qui est là ? fit la voix.
- C'est Marik enfin, Malik. Répondit l'égyptien mentalement.
Il eut un moment de silence dans l'esprit de Marik puis vint la réponse.
- Je m'appelle Ryou.
Marik failli répondre « Je sais » mais à la place, place, il demanda :
- Comment t'es-tu retrouvé la dedans, Ryou ?
- Là dedans ? Où suis-je ?
- Tu veux dire que tu ne sais pas où tu es ?
- Non, j'ai été au lit hier soir puis je me suis retrouvé ici en me réveillant.
- Tu es dans l'Anneau du Millenium.
- Dans quoi ?
- Dans ton Anneau du Millenium ! fit Marik exaspéré.
- Je ne sais pas ce que c'est …
Marik réfléchit un instant puis écarquilla les yeux, il demanda :
- Quel âge as-tu ?
- Dix ans.
Marik frappa le sol de son poing. Il pensait qu'il s'agissait du vrai Ryou dans l'Anneau, pas de la version enfant ! Plus de larmes coulèrent sur ses joues. Il se sentait si seul … Une lueur d'espoir vient s'immiscer dans les pensées de l'égyptien. Sa théorie selon laquelle 'Kura était dans le corps de son hôte se confirmait entièrement ! Mais maintenant, il filait en direction opposée …
- Malik ?
- Non, c'est Marik …
- Tu vas m'aidé à sortir d'ici ?
- Oui … dit Marik en soupirant.
Le fourgon s'immobilisa. La porte s'ouvrit et Marik accueillit avec plaisir cet élan d'air frais. Il faisait nuit dehors et les policiers étaient tous armés de torches. Pas de lampes-torches … De torches … Comme à l'ancienne.
- Eh beh … T'as une mine affreuse … Je pari que t'as faim, p'tit con … C'est normal, après deux jours …
- D … Deux jours !
- Bon écoute, on te libère à une condition …
Woah woah woah … Me libérer ? Pensa Marik, pourquoi me libérer s'ils me croient assassin ?
- Tu vas gentiment nous passer les Objets du Millenium, sans faire d'histoires …
- Les …
Quoi ? Pourquoi des policiers voudraient-ils des anciens artéfacts égyptiens contenant de mystérieux pouvoirs maléfiques ?
- Pourquoi la police … commença Marik.
- La police ? Ricana un des hommes, tu nous prends vraiment pour la police ?
- Je …
- On est des contrebandiers, des voleurs et des assassins … Nos costumes nous servent juste d'approche … Et le vieux Mutou est tombé dans le piège … Il nous a accosté en disant que tu avais volé un Objet du Millenium … Et Mushir qui est là connait la légende entourant ces objets … Taha faisait même partie d'une famille de Gardien, les Gardiens de la Tablette je crois, mais il les a trahis pour nous rejoindre … Il peut utiliser les objets …
Un grand égyptien, que Marik cru comprendre être Taha hocha la tête en ricanant.
- Et ma famille ? Commença Marik, ils sont …
- Morts, par ta faute p'tit salaud …
- Non ! Ce n'est pas moi ! Il faut me croire !
- Qu'est-ce que je m'en fous ! s'exclama l'homme, on veut juste les objets …
- Où est-ce qu'on est ? demanda Marik.
- On est à l'Oasis d'El Bawiti, mais ça suffit les questions …
El Bawiti ? C'était à huit cents kilomètres de Louxor si Marik se souvenait bien … Marik serra les Objets contre sa poitrine, c'était presque devenu un geste de protection.
- Donc tu nous files les objets …
- Non !
Le coup de poing partit sans que Marik puisse réagir. Il le prit en plein dans le nez et il s'effondra au sol. Il était bien trop faible … Le sang coula.
- Je ne te laisse pas le choix …
L'homme l'empoigna par le col de son petit haut à capuche.
- Un gamin qui s'habille comme une pute n'a rien à protéger …
- T'as raison, fit une voix derrière l'homme, il s'habille vraiment comme une pute …
- Peut-être, suggéra un autre homme, qu'on devrait lui montrer ce que l'on fait aux putes …
Marik tremblait comme une feuille … Non ! Il ne devait pas lâchez les Objets, mais il ne voulait pas que …
- Je vais te dire un truc mon p'tit … fit l'homme qui le tenait par le col, capitule … On est quatre, tu es seul et tu n'es qu'un gosse …
- Jamais ! Cracha Marik de tout son courage.
- Comme tu voudras … Taha, Limeth, venez lui prendre les objets …
Les deux concernés approchèrent. Marik les sentit prendre ses bras et lui, il serra ses poings pour ne pas qu'on lui arrache ses objets.
- Hey boss, fit l'un d'entre eux … Pas moyen, serre trop les poings …
- Vraiment ? Alors ma petite pute … Tu veux que je t'aide à te détendre ?
- Lâchez-moi !
- Avec plaisir …
Marik retomba lourdement sur le sol. L'homme ordonna à Taha et Limeth de le laissé faire, et il s'approcha de Marik au sol. Il l'attrapa par les cheveux, Marik poussa un cri de plainte.
- Ça commence par quoi une pute déjà ? Ah ouais … Une pipe … Justement, ça faisait longtemps …
De sa main libre il déboutonna son pantalon, qui tomba sur le sable. Toujours en tenant Marik par les cheveux, il le porta au niveau de son entre-jambe. L'odeur aigre du pénis non-lavé depuis quelques jours donna la nausée à Marik.
- Maintenant, tu mets en bouche, pute !
Marik détourna le regard et se mit à sangloter. 'Kura … J'ai besoin de toi …
- Arrête de chialer !
De sa main libre, il prit l'arrière de la tête de Marik et le força à approcher sa bouche de son pénis. Marik frémit de terreur et de dégoût au moment où ses lèvres entrèrent en contact avec l'organe. Il essaya de reculer sa tête, mais l'homme le tenait bien trop fermement. Marik ne savait pas bien respirer à cause de son nez ensanglanté, mais il parvint à garder les lèvres closes.
- Bien, ma cochonne … Maintenant tu ouvres la bouche et tu suces …
Marik ne bougea pas, il se contenta de fermer les yeux et de continuer à pleurer.
- Cesse de geindre !
L'homme lui mit un coup de genou dans la mâchoire, surprit, Marik ouvrit la bouche … Grossière erreur puisqu'à la seconde suivante, un pénis chaud et salé s'enfonça dans la bouche, l'empêchant de respirer correctement. Par reflexe, Marik mordit dedans, mais l'homme se contenta de dire :
- C'est ça tigresse, mord-moi où ça dérange …
Il prit les cheveux de Marik et le força à entamer un mouvement rapide de vas-et-viens. Si Marik n'avait pas l'estomac vide, il aurait vomi quand l'organe venait lui racler le fond de la gorge.
La minute qui passa sembla durer une éternité pour Marik. L'homme le relâcha enfin, le lançant sur le sol. L'enfant retomba à quatre pattes, un filet de salive pendant à sa bouche. Il cracha et toussa quelques fois avant de sentir des mains le retourner. L'homme lui arracha ses vêtements à l'aide d'un couteau. Ils tombèrent en lambeau sur le sol. Marik allongé sur le dos complètement nu, était à bout de force. Comment pouvait-il se battre contre cet homme dont il ne connaissait même pas le nom ? Les yeux mi-clos, Marik respirait bruyamment. Il avait les bras en croix, ses mains serrant toujours l'Anneau et la Baguette. Si seulement il pouvait dévoiler la lame se trouvant dans sa Baguette … Mais il n'en avait pas la force. Il devait canaliser son énergie pour pouvoir serrer ses poings malgré les plus lourdes menaces. Ces salopards ne devaient pas s'emparer des Objets …
- Allez la pute, on se retourne …
Marik obéit aveuglément. Le garçon sentit deux mains lui caresser les fesses. Il savait ce qui l'attendait ensuite. Marik mangea du sable, il pleurait abondamment. L'homme le pénétra comme une pluie de morceaux de verres. Il sentit son anus se faire déchirer, mais rapidement, l'homme se retira de Marik.
- Tu n'es pas assez large, salope … Je vais devoir arranger ça …
Marik sentit le plat de la lame d'un couteau descendre le long de son dos. L'homme fit alors pénétrer le couteau dans l'anus de Marik, et en élargit le trou en remontant la lame dans la fente, comme s'il coupait du steak.
Marik hurla à la mort … Cette sensation de couteau découpant la chaire lui était familière et lui rappelait ces heures de tortures vécues avec son père. Satisfait, l'homme jeta le couteau dans le sable. L'homme pénétra en Marik, cette fois à son aise. Marik sentait son intérieur se déchirer, que ce soit au niveau physique ou au niveau de son cœur. Les allers-retours faisaient hurler Marik. Il n'en pouvait plus, c'était insupportable. L'homme utilisa Marik pendant dix longues minutes avant de le lâcher et de le laisser tomber à plat ventre dans le sable. Marik était brisé, il ne répondait plus.
Encore une fois, l'homme saisit l'enfant par les cheveux et avec un sourire macabre, il lui éjacula au visage.
Marik se mit à pleurer de plus belle alors qu'il sentait le sperme couler le long de sa joue gauche. Marik retomba sur le sol comme un paquet de linge sale. Son visage s'enfouit dans le sable. Il voulait mourir. L'homme essaya de lui prendre sa Baguette, mais Marik la tenait toujours fermement. Le soleil commençait à percer l'horizon.
- Et petit ! Lâche les Objets … Ça vaut mieux pour toi …
- J … Jamais …
- Bon … Souffla l'homme, un dernier choix s'offre à nous … Te couper les poignets …
- Non ! Laissez-moi !
Marik entendit alors un cri dans son esprit. Tout à l'heure, alors qu'il était tétanisé par la peur, il avait déjà entendu ce cri … Il avait eu l'impression qu'il venait de lui, mais maintenant, il réalisa que cela ne provenait de l'Anneau du Millenium.
- Marik ! Non !
À l'intérieur de l'Anneau du Millenium, Ryou se sentait impuissant. Il ne voyait rien, mais ressentait la peur et le dégoût que Marik éprouvait. Une violente décharge électrique parcourra ses sens.
Dans la main de Marik, l'Anneau du Millenium se mit à briller de manière menaçante. L'homme du porter une main à son visage pour se protéger de l'éblouissement. Furieux, il s'exclama :
- Qu'est-ce que …
L'éclat doré prit de l'ampleur, l'Anneau chauffait, il était aussi chaud que le désert égyptien, mais Marik ne le lâcha pas. À la place, il y glissa toute sa haine, ainsi que ses dernières forces. Le feu qui lui brûlait la paume explosa, créant un dôme de flamme d'au moins dix mètres de diamètre, faisant brûler les quatre hommes, ainsi que la fourgonnette. Tout explosa dans un fracas et une chaleur épouvantable. Les hommes hurlèrent leurs dernières prières.
Le calme revint. Marik se tenait debout, ses jambes le supportant à peine. Il était nu, il avait le visage en sang et le soleil se levait derrière lui, comme pour accompagner sa victoire sur ses bourreaux.
La première chose à laquelle pensa Marik, se fut à Bakura, qui serait certainement fier de lui. Ensuite, il pensa qu'il ne devait absolument pas s'évanouir dans le désert, car la chaleur et le manque d'eau le tueraient. Enfin, il s'évanouit en tombant à plat ventre.
