Bonjour tout le monde! J'espère que vous allez bien?
Merci à toutes pour vos reviews, vos mises en alerte/favori :)
nana10: Merci beaucoup pour ta review :). J'espère que la suite te plaira. A bientôt ;)
Et comme toujours, merci à ma bêta, Missleez
Disclaimer: Cette histoire appartient à LyricalKris (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.
CHAPITRE 2 : Le premier jour
Edward se réveilla lentement, confus et désorienté. C'était ce sentiment embrouillé et gênant qu'il ressentait quand il était tiré d'un rêve et jeté, non préparé, dans la réalité. Le problème était, qu'il n'arrivait pas à se rappeler du rêve, et pendant un long moment son esprit se débattit, essayant de saisir ce qui se passait.
Il fallut un certain temps à Edward pour se rendre compte que sa vision n'était pas aussi claire que d'habitude comme elle l'était au matin, après qu'il se soit frotté les yeux. Il cligna des yeux de façon sporadique, un bord froid de peur commençant à faire se contracter sa gorge et à accélérer les battements de son cœur. Alors que ses pensées devenaient plus concrètes, il essaya de se rappeler ce qu'il avait fait la nuit dernière.
Oh, putain. Il se souvint de la bouteille de Grey Goose, laissée là par la serveuse, Amber, qu'il avait mis dans son lit deux nuits avant. Il lui avait dit de la prendre avec elle.
Mais elle ne l'avait pas fait, et après la journée qu'il avait passée, la tentation avait été trop grande. Tant d'années de sobriété réduites à néant à l'instant où l'alcool avait touché ses lèvres. Tout son combat et son travail acharné emportés par une seule gorgée. Bien sûr, le truc génial avec l'alcool c'était qu'après quelques verres, rien de tout ça n'importait. Son sang avait bourdonné. Ses difficultés avaient fondu. Il avait été pris de vertige.
Il se souvint de la terreur qui l'avait frappé alors que le monde s'était incliné sur son axe. Ses escaliers étaient larges et raides. Il avait eu assez de temps pour craindre la mort avant que le monde soit devenu noir.
La panique fit accélérer la respiration d'Edward. Il était en vie, ou c'était ce qu'il croyait, mais il était aveugle ! Non. Pas aveugle. Il pouvait voir les formes, la lumière et les couleurs. Mais tout était flou, et il y avait quelque chose à propos de son environnement.
Mieux réveillé, Edward regarda prudemment autour de lui. Comment il était arrivé au lit ? Et... quel lit ? Et bordel de merde, où est-ce qu'il se trouvait ?
Un coup sur la porte le fit sursauter, attirant son attention. « Chéri ? »
Edward ne pouvait plus respirer. Cette voix... il l'aurait reconnue entre mille, mais il ne l'avait pas entendue depuis de nombreuses années. Presque une décennie. C'était une voix tendre et douce de laquelle il rêvait souvent, se réveillant dans un monde où il ne pourrait plus jamais l'entendre, et tout était de sa faute. Mais il constata qu'il ne rêvait pas.
Peut-être qu'il était mort, parce qu'il savait foutrement bien qu'elle l'était.
« Edward ? Tu es réveillé ? »
La porte s'ouvrit est une tâche qui ressemblait à sa mère, flou mais définitivement elle, entra dans la chambre. « Maman ? » demanda-t-il, et fut à nouveau surpris du son. C'était sa voix, mais ça ne l'était pas. Quelque chose dans le ton était juste un degré ou deux plus aigu.
Putain de bordel de merde, qu'est-ce qui se passait ?
« Tu sembles un peu pâle, mon grand, » dit Esmée, et elle s'approcha, venant sur le côté de son lit. Edward ne répondit pas, il ne pouvait pas. Alors qu'elle se rapprochait, les traits de sa mère devinrent plus clairs, et il la but, dans son cœur serré parce qu'elle lui avait tant manqué, tellement. Il sursauta un peu en arrière lorsque sa main se tendit vers lui, mais elle la posa seulement sur son front. « Tu te sens malade ? Tu n'as pas l'air d'avoir de la fièvre. »
Confus, mais ravi qu'elle le touche, Edward se redressa pour s'asseoir. Il enroula ses bras autour d'elle, enfouissant son nez dans ses cheveux couleur caramel et serrant probablement trop fort.
Esmée haleta, et ses mains lui tapotèrent le dos, frottant doucement. « Qu'est-ce qui ne va pas ? Edward ? »
« Je... » Edward ne savait même pas par où commencer. Un peu gêné, il lâcha sa mère, se frottant très fort les yeux parce qu'il voulait la voir en détail. « Je ne vois pas. »
Elle eut un petit rire incrédule et se pencha devant lui, pour atteindre quelque chose sur la table de chevet. Suivant ses mouvements, Edward fronça les sourcils au contenu de sa table de nuit. Encore une fois c'était ce sentiment frustrant de déjà-vu. Mais il fut rapidement distrait par sa mère qui agitait quelque chose devant son visage. « Tu n'as pas mis tes lunettes, chéri, » rit-elle.
« Mes lunettes... » Edward encore engourdi leva la main vers les choses, les regardant avant de les mettre.
Le monde devint plus clair et Edward resta bouche-bée alors qu'il regardait autour de lui, réalisant soudain où il était. C'était sa chambre, pas celle de sa maison à Seattle. Non, c'était sa chambre dans la maison dans laquelle il avait grandi à Forks.
Mais c'était impossible. Emmett et Victoria avait transformé cette pièce en aire de jeux. Comme elle était au troisième étage, parfois ils y envoyaient les enfants afin d'avoir un peu de paix et de calme.
« Maman ? » demanda-t-il, sa voix tremblait même à ses propres oreilles. « Je suis mort ? »
Esmée fronça les sourcils, semblant perplexe et amusée. « Non, » répondit-elle lentement. « Mais tu le seras si tu es en retard pour l'école... et si tu restes au lit plus longtemps, c'est une vraie possibilité. Edward, qu'est-ce qui t'arrive aujourd'hui ? Tu es tellement bizarre. Est-ce que tu as veillé tard pour jouer à ton foutu jeu à nouveau ? Tu nous avais promis que tu ne resterais pas éveillé jusqu'à pas d'heure... »
Le discours emphatique de sa mère lui suscita un souvenir. L'école ? Ce jeu ? L'argument était celui qu'il avait entendu tant de fois étant adolescent. Everquest, c'était le nom du jeu. Il avait gardé ses fesses collées à sa chaise de bureau pendant une grande partie de sa vie, qu'il ne voulait pas s'en souvenir.
« Maman ! » il interrompit son discours. « Non, j'ai juste fait un rêve bizarre, c'est tout. » Qu'il soit mort ou non, Edward ne voulait pas que sa mère soit en colère. Confus comme il l'était, Edward n'était pas un idiot. Apparemment ce fantôme d'Esmée pensait que c'était un jour d'école, et qu'il jouait encore à Everquest dans son ancienne chambre, ils devaient être dans un scénario où il avait à nouveau l'âge d'aller au lycée.
Peut-être que c'est l'enfer...
Ça expliquerait beaucoup de choses, pourquoi il ne pouvait pas voir sans ses lunettes pour commencer. Avec une ironie désabusée, Edward estima que ce n'était pas moins que ce qu'il méritait. Mais l'idée de sa mère étant en enfer avec lui était complètement ridicule.
« Eh bien, lève-toi, » dit-elle, son ton ne laissait place à aucune discussion. « Le petit-déjeuner est sur la table, mais tu vas devoir l'emporter avec toi à ce rythme-là. »
Sur ces paroles, Esmée se leva et sortit de la chambre. Edward était désespéré de la rappeler, pas prêt à perdre sa mère à nouveau, mais d'abord il devait comprendre la situation.
Dès que la porte fut fermée, Edward se leva rapidement. Il courra jusqu'à sa salle de bain, trébuchant presque sur une pile de CD au sol. Se penchant au-dessus du lavabo, il regarda le reflet dans le miroir.
« Putain de merde, » murmura-t-il, fixant le jeune adolescent à lunettes dans le miroir. Les yeux écarquillés sur son visage auraient pu être comique dans d'autres circonstances. Levant une main vers son visage, il se toucha, observant de façon incrédule alors que le gosse dans le miroir copiait ses mouvements.
Ce visage ne lui avait pas appartenu depuis plus d'une décennie.
Retournant en courant dans sa chambre, maudissant à nouveau son lui adolescent pour son incapacité apparente pour garder sa chambre propre alors qu'il avait presque glissé sur un magazine qui traînait, Edward regarda frénétiquement autour de lui, pour trouver une sorte d'indication de la date. Il n'avait pas un calendrier ?
Puis ses yeux tombèrent sur le réveil sur la table de chevet. Il se souvenait bien, de ce truc de geek. Mais au moins, il jouait bien son rôle, affichant la date et l'heure de plusieurs façons différentes.
07:01, 8 janvier 1999
« Putain de nom de dieu ! »
« Tu dois perdre ta virginité avant de faire appel à l'église pour ce genre de truc. »
Edward se retourna, un peu fatigué d'être tout le temps si surpris. « Emmett ! » Le soulagement qu'il éprouva en voyant quelqu'un de familier et en vie. Mais après une inspection plus poussée, Edward réalisa que Emmett aussi, avait beaucoup changé. Les rides qui ornaient le coin de ses yeux avaient disparu. En fait, le Emmett qui se tenait devant lui avait un pas plus léger et un sourire plus éclatant. Edward avait oublié à quel point il avait l'air, si complètement insouciant. Bien sûr, s'ils étaient en 1999, Emmett avait dix-huit ans, à peine un an de plus que Edward. C'était avant l'époque de la perte de ses parents et que sa foutue femme menace de lui voler sa bonne humeur.
Emmett ricana, ses sourcils s'arquant d'amusement au cri surpris d'Edward. « A qui tu t'attendais ? Viens Freakazoid. Je conduis aujourd'hui. »
« Mais c'est ma Volvo ! » Les mots sortirent de la bouche d'Edward avant qu'il réfléchisse. Emmett jacassa, attrapa un jeu de clés sur la commode et il passa la porte.
« Emmett ! » appela Edward, d'une voix nasillarde et protestante. Se reprenant, Edward traîna, essayant de foutrement comprendre ce qui se passait avec lui.
Repoussant l'irritation surprenante qu'il avait ressentie envers son frère, Edward retourna dans sa chambre. D'une façon ou d'une autre, une douche rapide semblait être une bonne idée.
Une fois qu'il fut isolé sous le jet d'eau, Edward se força à effacer les pensées déconcertantes de sa tête et de revenir à la situation aussi rationnellement que possible.
Esmée et Emmett semblaient complètement ignorer le décalage d'époque, venant comme si c'était normal de se réveiller en 1999 alors qu'ils étaient vraiment en 2011. Ou, dans le cas d'Esmée, de soudainement se réveiller en vie alors qu'elle était morte depuis de nombreuses années.
Ça pourrait très bien être une sorte d'espace vide, ou sa propre version de l'enfer. Ça serait bien fait pour lui, de pouvoir enlacer sa mère à nouveau pour qu'elle lui soit enlevée dans le prochain battement.
Que dirais-tu de penser à des alternatives qui n'incluraient pas d'être mort, Cullen ?
Edward ne se sentait certainement pas mort. Bien au contraire, en fait. En plus de traiter avec son désarroi et sa frustration, Edward était bien conscient des émotions pas entièrement logiques luttant pour l'attention à l'intérieur de lui. Par exemple, la coulée chaude de fureur qu'il ressentait à l'égard de son frère aîné. Une partie d'Edward comprenait qu'il y avait des problèmes plus urgents que le fait qu'Emmett ait pris ses clés de voiture, en fait, son frère lui rendait probablement service vu qu'Edward se sentait un peu trop dispersé pour être en sécurité derrière le volant, ça semblait juste... désespérément important.
S'il n'était pas mort, Edward se demanda s'il était grièvement blessé à la place. L'esprit était vraiment un endroit très étrange et beau. Il avait entendu une théorie que chaque instant de chaque jour, toutes les pensées qui traversaient l'esprit d'une personne, étaient stockées quelque part dans son cerveau. Si c'était vrai, et si la chute avait emmenée sa conscience dans cette partie de ses souvenirs ?
Mais alors, peu importait que c'était le 8 janvier 1999, Edward était sûr qu'il n'avait pas fait et dit des choses qu'il avait faites et dites aujourd'hui. Tout, du discours de sa mère à la plaisanterie obscène d'Emmett, était différent du scénario original. Son cerveau avait peut-être stocké les souvenirs originaux mais est-ce qu'ils auraient pu projeter les réactions de sa mère et de son frère à son comportement spasmodique ?
Edward se cogna légèrement la tête contre la porte de la douche, frustré.
Peu importait à quel point il était tiraillé, il semblait être coincé ici. Il n'était pas réveillé.
Il allait simplement devoir encaisser.
Décidé, Edward éteignis la douche, enroula une serviette autour de sa taille pendant qu'il déambulait dans sa chambre. Il fut un peu exaspéré du contenu de son armoire, se souvenant tardivement que son incarnation de dix-sept ans avait une obsession pour les jeans et les t-shirts ringards de geek.
Comment j'ai pu mettre ça ?
Il en trouva finalement un noir simple, avec des boutons dans le dos au fond de son armoire et un pantalon noir pour suivre avec. Roulant des yeux à sa réflexion, Edward se dirigea vers les escaliers.
Il s'arrêta à mi-chemin de la dernière volée de marches et se retrouva face à face avec son père. Carlisle lui offrit un sourire, et le cœur d'Edward lui fit mal. Il se sentait dangereusement proche de pleurer en voyant son père. Toutes ces années, Edward avait nourri un tel regret pour la dernière conversation qu'ils avaient eue. Encore maintenant, alors qu'il était juste devant lui, Edward avait la langue liée.
« Passe une bonne journée à l'école, fiston, » dit Carlisle aimablement, hochant la tête et se tournant pour se diriger vers la porte.
« Papa ! Attend ! » cria Edward, jaugeant vers le bas les marches restantes et il enroula ses bras autour du cou de son père.
Carlisle fut tellement surpris qu'il laissa tomber la valise qu'il portait. « Edward... » dit-il, sa voix inquiète alors qu'il l'étreignait en retour. « Est-ce que j'ai envie de savoir ce que tu as fait ? »
Edward rit ironiquement, le son un peu désespéré. Qu'est-ce que son père dirait s'il savait ? Trois ans et quelques mois après le 8 janvier 1999, Carlisle et Esmée allaient mourir quand un cerf heurterait leur voiture de plein fouet. Ils auraient été loin de cette route, sains et saufs, sauf que Edward avait été égoïste et puéril.
Est-ce que des parents voudraient savoir que leur enfant était responsable de leur mort ?
« C'est rien, » murmura Edward, lâchant son père à contrecœur.
Carlisle le regarda attentivement, comme s'il tentait d'évaluer si Edward disait la vérité ou non. Edward se força à sourire parce que si, dans son rêve ou son enfer ou peu importe ce que c'était, ses parents ne savaient pas ce qu'il avait fait, il était foutrement sûr de continuer dans cette voie. Finalement, son père lui sourit en retour et lui tapota l'épaule. « Tu devrais dormir plus, Edward. »
En dépit de lui-même, Edward se raidit. « Hey, j'ai des bonnes notes. »
« C'est vrai, » convint Carlisle. « Tu ferais mieux d'y aller. »
Edward hocha la tête, regardant avec une douleur silencieuse alors que Carlisle passait la porte.
Lorsque son père eut disparu, Edward se tourna vers la cuisine. Là, il trouva sa mère, habillée pour le travail et qui mettait les assiettes sales dans l'évier jusqu'à ce qu'elles puissent être lavées ce soir, et son frère debout devant la table.
« Aller. On doit y aller. »
« Mais j'ai faim, » protesta Edward, apparemment toujours grincheux envers son frère.
« Emporte quelque chose avec toi ! »
« Ce sont des pancakes. Tu peux pas emporter des pancakes, » argumenta Edward.
Emmett le regarda avec un petit sourire condescendant distinct. « Bien sûr que tu peux. Regarde. » Il posa un pancake sur la paume de sa main. « Un pancake. Deux... trois tranches de bacon. Un peu de sirop... » raconta-t-il alors qu'il assemblait le tout. Puis il utilisa son autre main pour rouler le pancake en une sorte de burrito. Il sourit triomphalement. « Voilà un petit-déjeuner à emporter. »
« Tu es vraiment un sauvage, Emmett, » cracha Edward.
« Ça suffit, » réprimanda Esmée.
« Les sauvages peuvent se nourrir. Bouge-le ou perd-le, gamin, » dit Emmett avant de remplir sa bouche avec son pancake burrito. Il commença rapidement à en faire un autre.
Autant que l'idée était désagréable, Edward se retrouva incroyablement affamé. Il salivait presque en regardant Emmett manger. Grognant contre lui-même, Edward copia rapidement la recette de son frère, renonçant au sirop afin de ne pas devoir se lécher les doigts comme Emmett le faisait. Son frère aîné ricana et se dirigea vers la porte.
La plupart du temps, Edward fut silencieux sur le trajet jusqu'à l'école, ce que Emmett prit comme une pleurnicherie de gamin pour ne pas avoir eu le droit de conduire. En réalité, Edward espérait juste contre tout espoir qu'il se réveillerait avant de devoir revivre le lycée.
Là encore, le lycée fut assez facile la première fois. Peut-être qu'il devrait examiner cette pause comme bienvenue.
Pour une fois, Edward jugea utile que son cerveau semblait avoir un espace sans fin pour stocker une grande variété d'informations inutiles. Il se souvenait encore de ses horaires de cours et la combinaison de son casier en seconde. Le lycée était un jeu d'enfant.
Mais il ne se souvenait pas de tout. Il se perdit en allant à son premier cours de maths. Ça aurait pu le gêner plus sauf qu'il avait été distrait, à essayer de voir s'il se rappelait des noms de tous les étudiants qui s'étaient précipités vers lui. Dans le passé quand il avait vraiment dix-sept ans, il aurait pu nommer tous les élèves du lycée, ayant grandi avec la grande majorité d'entre eux. Mais il avait fait du chemin et ça semblait être à un millier de vies de l'enfant qu'il avait été.
Edward mit son manque de rappel total dans la catégorie contre celle étant une partie de sa mémoire. Ça semblait étrange que, même si chaque souvenir était parfaitement stocké, chaque étudiant devant lequel il passait était une personne complètement tridimensionnelle. Ses yeux relevèrent tous les petits détails qu'il ne pensait pas qu'il aurait remarqué la première fois, des dessins oisifs sur le sac d'un gamin qu'il pensait qui s'appelait D.J, à la surabondance des colliers moches que Katie Marshall portait.
Perdu dans cette pensée étrange, Edward ne se rendit pas compte que ses pieds l'avaient directement mené à sa classe de maths.
Mémoire automatique, réalisa-t-il. S'il pouvait assez se distraire, son corps et son subconscient semblaient se souvenir de ce que c'était d'avoir dix-sept ans.
La journée se déroula normalement, ou aussi normalement en considérant que c'était la deuxième fois qu'il vivait cette journée particulière. La plupart du temps Edward resta réservé, interagissant avec les autres enfants seulement quand il le devait. Quand ça arriva, comme quand Eric Yorkie fit tomber son stylo et eut besoin de lui pour l'aider à le récupérer, Edward se retrouva à retenir son souffle, attendant qu'ils voient que quelque chose était anormale. Personne ne le fit jamais.
Il était en anglais, sa troisième heure de cours quand il rencontra un autre fantôme. « Jasper ! »
Jasper Whitlock avait été le meilleur ami d'Edward depuis qu'il avait déménagé du Texas plusieurs années auparavant. Jasper ne semblait pas du tout concerné par les conneries d'adolescent qui avaient creusé un fossé entre Edward et ses anciens amis. En plus de ça, en dépit du fait qu'il avait un sens de la mode qui n'incluait pas une adhésion au Club des Geeks et il avait une vision parfaite, Jasper était aussi ringard qu'Edward.
Et il était mort depuis plus longtemps que Carlisle et Esmée.
La culpabilité prit à nouveau sa place dans l'estomac d'Edward. C'était pour une raison totalement différente, Edward avait été complètement hors de cause pour la mort de Jasper, mais c'était toujours assez puissant pour resserrer sa gorge.
« Mec, » dit Jasper, assis à sa table à côté de celle d'Edward. « Tu étais où hier soir ? Tu as choisi un foutu moment pour manquer une nuit de raid. On a descendu trois paladins*, et tu es notre meilleur joueur ! »
Edward resta bouche-bée devant son ami, son esprit saisit, essayant de se rappeler comment parler geek.
Everquest. Paladins. D'accord. Il jouait un nain paladin. « Hm, » hésita Edward. « Les parents. Tu sais ce que c'est. »
Jasper passa une main sur ses yeux. « Ils ne comprennent pas que des vies dépendent de toi ? » Il secoua la tête.
« La vie est exactement leur problème. Ils veulent que j'en aie une et ils ne pensent pas que ça devrait consister à jouer à EQ tous les jours pendant toute la journée, » dit-il, croisant les bras pour indiquer que c'était une erreur. En réalité, son lui adulte rechignait à l'idée de combien de temps il avait passé avec ses fesses plantées sur sa chaise d'ordinateur. « Ils veulent pas que je devienne tout gras et paresseux. »
« Ah, qui est gros ? » renifla Jasper, levant la main et attrapant Edward par le poignet. Il étendit son bras, le secouant. « Tu pourrais bénéficier d'un régime alimentaire de joueur, putain de maigrichon. » Il lâcha le bras d'Edward. « D'ailleurs, tu as entendu parler du chef de guilde de Circle of Eternity ? » Si Edward se souvenait bien, Circle of Eternity était la guilde qui rivalisait avec la leur. « Il a eu un job basé sur le fait qu'il gère une guilde qui a du succès. Ça forme le personnage ! »
Puis ce fut au tour d'Edward de renifler. « C'est vrai. Mais on est juste des membres. On ne gère pas le truc. »
« Des détails... » Jasper fit un geste de la main.
Le professeur entra, et ils durent se taire. Occultant tout le reste, Edward sombra dans une profonde réflexion.
Il devait admettre que plus il en voyait, plus il pensait qu'il devait être dans le coma ou que quelque chose avait endommagé son cerveau. N'avait-il pas commencer à boire pour compenser sa mauvaise humeur due à sa misérable existence ? Tout ça soulignait un souhait d'échapper à sa réalité. Quelle meilleure évasion que de retourner à une époque avant que tout tourne mal dans sa vie ? Ses parents étaient encore en vie. Jasper était encore en vie. La maladie qu'il avait combattue pendant toute sa vingtaine, qui pourrait bien l'avoir tué, ne faisait pas partie de son identité à dix-sept ans.
C'était une révélation en soi. S'il était dit qu'une fois qu'on devenait alcoolique, aucune sobriété ne pouvait guérir ça. En vertu d'une condamnation à perpétuité, qui ne voudrait pas échapper à une époque bien avant que ses problèmes commencent ?
Mais, il devait considérer toutes les options.
Edward se frotta les yeux, frustré parce qu'il avait pensé que le monde serait logique. Rien de tout ça n'était logique. Est-ce qu'il y avait quelque chose qu'il était censé faire ? Voir ?
Si c'était un film, il aurait eu un guide spirituel ou une connerie comme ça. Il se sentait ridicule, à regarder autour de lui pour voir si quelqu'un allait lui sourire en connaissance de cause, mais il supposa qu'il n'y avait pas une pensée plus étrange que de se réveiller en ayant à nouveau dix-sept ans en premier lieu.
Jasper lui fit signe quand le cours se termina, disant quelque chose sur le fait de le voir au déjeuner. Edward se dirigea seul vers le gymnase.
Après avoir enduré quarante-cinq minutes ennuyeuses de volley-ball, Edward retrouva à nouveau Jasper pour le déjeuner. En ce moment, il était tellement distrait qu'il n'avait même pas faim. Il fit un signe de la main à Jasper, se laissant tomber sur sa chaise habituelle sans devoir s'arrêter et se remémorer laquelle c'était.
Les yeux d'Edward scannèrent la cafétéria, observant tous les étudiants et regardant si quelqu'un se détachait. Il jouait avec sa mémoire, essayant de trouver les noms qui correspondaient à ces visages de son passé.
Samantha Wells. Ben Cheney. Conner... quelque chose.
Quand ses yeux se posèrent sur un visage plus familier, son sang se glaça. Bien sûr. Comment il aurait pu oublier James Damon et Royce King ? A une époque, quand il était encore un adolescent illogique, Edward les avait considérés comme des amis.
Avec le recul, il ne savait pas comment se sentir vis à vis d'eux. Ils l'avaient emmené dans des chemins difficiles, mais il n'était pas assez bête pour les blâmer entièrement pour toutes les erreurs qu'il avait commises. A bien des égards, il avait eu un bien meilleur système de soutien par eux que par les autres garçons. Et ils avaient eu le sien en retour. Ce n'était pas ce qui se passait dans l'amitié entre adolescents ?
Alors qu'Edward observait, Royce essaya de passer son bras autour de la blonde à côté de lui. Elle se recula, ses yeux se plissèrent et sa bouche bougea d'une façon qui fit penser à Edward qu'elle râlait sérieusement sur lui. Les yeux d'Edward s'écarquillèrent quand il réalisa qui c'était.
Rosalie Hale.
Il avait perdu sa virginité avec Rosalie Hale... qui était à la hauteur de ce qu'il se souvenait de cette nuit-là.
Pendant quelques instants, il essaya de se rappeler si cet événement était déjà arrivé. Non... ça ne devait pas être le cas. Pas pendant qu'elle était encore avec Royce. Mais quand Rosalie leva les yeux, et qu'Edward détourna rapidement le regard, son cœur battit de façon irrationnelle. Et...
Eh bien, c'était embarrassant. Il avait pensé une demi-seconde à avoir une relation sexuelle avec une adolescente. Il n'arrivait pas du tout à se souvenir de la dernière fois que ça lui était arrivé, sans parler d'une pensée tout à fait inappropriée. Qu'est-ce qu'il était, un garçon de seize ans ?
Dix-sept ans. Il avait dix-sept ans.
Ayant besoin de se distraire de la question déroutante de savoir si c'était encore effrayant de convoiter une adolescente alors qu'il avait consciemment vingt-neuf ans mais qu'il avait l'air d'en avoir dix-sept, Edward se concentra à identifier les personnes de la table voisine. Tyler Crowley, Mallory Lauren, non ! Lauren Mallory. Mike Newton. Jessica Stanley et...
Et une fille brune dont le nom lui échappait complètement.
Edward pencha la tête, se retrouvant curieux, pour des raisons qu'il ne pouvait pas commencer à expliquer. Il y avait beaucoup d'élèves qu'il n'avait pas du tout reconnus, et pourtant, avec cette fille, ce fait l'ennuyait. Il était si fasciné, à observer ses mouvements et par la façon dont elle semblait faire partie distincte du groupe, qu'il ne détourna pas les yeux quand elle attrapa son regard. Au lieu de ça, sa respiration se bloqua quand leurs yeux se rencontrèrent, le plus étrange sentiment d'exaltation le traversa.
Ses yeux étaient plissés alors qu'elle regardait dans les siens, et il pouvait y voir l'étincelle du feu. Elle le foudroyait du regard.
Se sentant perplexe et mal à l'aise, Edward détourna les yeux. Juste à temps, Jasper revint avec un plateau.
« Peut-être que t'es sur quelque chose... en ne voulant pas manger. Comment cette école réussit à rater les pizzas ? » demanda Jasper, incrédule alors qu'il s'asseyait. Il jeta un coup d'œil vers le petit morceau de pizza qui semblait périmé dans son assiette, le souleva et en prit une bouchée. Puis il haussa les épaules en souriant. « Ça a très bon goût. »
L'estomac d'Edward grogna, et il se retrouva dégoûté et affamé en même temps. Jasper lui sourit. « Mec, je te l'ai dit. C'est ma nourriture. Prend la tienne. »
Edward leva les yeux au ciel. « Hey, Jasper ? » dit-il, changeant de sujet. « La brune à côté de Jessica... comment elle s'appelle ? »
Jasper arqua un sourcil, ne répondant pas tout de suite alors qu'il reposait le reste de sa pizza. « Euh... tu veux dire, ta partenaire de labo ? »
« Ma partenaire de labo ? » répéta Edward.
« Tu es sérieux là ? » demanda Jasper, l'humour s'estompant alors qu'il lisait la confusion réelle sur le visage d'Edward. « Je veux dire, je sais qu'on joue à ce jeu où tu fais semblant qu'elle n'existe pas, mais c'est un peu ridicule. »
« Pourquoi je ferais semblant qu'elle n'existe pas ? »
Jasper le regarda froidement. « Te fous pas de moi. Tu ne veux pas me le dire ! »
« C'est gênant, » marmonna Edward.
Ensuite la cloche sonna, et Jasper se leva, repoussant les restes de son repas décimé. « Eh bien, vu qu'apparemment tu es obsédé par ça, tu vas devoir lui demander. »
Ses yeux se reposèrent sur la brune. Il observa pendant un moment alors qu'elle ramassait ses affaires, trébuchant sur la marche derrière Mike. « Peut-être que je vais le faire. »
*Paladin: personnage du jeu vidéo Everquest (jeu en ligne très semblable à World of Warcraft)
Et voilà, premier jour d'Edward dans son lui de 17 ans XD
J'espère que ce chapitre vous a plu en tout cas, n'hésitez pas à me donner vos avis :)
Je vous souhaite une bonne soirée et je vous dit à vendredi sur 'My Facebook Reunion Traduction'^^
xoxo
