Bonjour tout le monde! Comment ça va?

Merci à toutes pour vos reviews, vos mises en alerte/favori :)

Merci à ma bêta, Missleez

Disclaimer: Cette histoire appartient à LyricalKris (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.


CHAPITRE 3 : L'effet papillon

Edward n'alla jamais en biologie

Alors qu'il longeait les couloirs, ses yeux rivés sur la jeune fille aux longs cheveux bruns, Edward fut surpris lorsqu'une main sortie de nulle part, saisit son bras et le tira dans un couloir latéral. Edward trébucha. Ce n'était pas la première fois ce jour-là, qu'il remarquait que son corps d'adolescent n'était pas aussi stable que celui auquel il était habitué.

« Calme-toi, putain d'attardé. » Celui qui tenait son bras se mit à rire bruyamment et le lâcha.

Edward se stabilisa et leva les yeux, se trouvant face à face avec James et Royce. Ils avaient tous les deux un sourire avec lequel il était familier. Des sourires arrogants qui montraient leur suffisance et annonçaient généralement qu'ils prévoyaient un mauvais coup. Il se racla la gorge, un peu gêné de ne savoir quoi faire. Sa mémoire les avait dépeints comme plus âgés, beaucoup plus trou du cul. Les garçons avant lui étaient juste ça, des garçons. Ils étaient des adolescents qui prétendaient être des hommes. Ils auraient pu être mieux bâtis qu'il l'était dans le présent, mais ils étaient encore des gamins inexpérimentés.

Alors Edward repoussa le sentiment irrationnel qu'il devrait peut-être se méfier un peu d'eux. Il se redressa, remonta ses lunettes sur son nez et parla. « Je peux vous aider pour quelque chose Messieurs ? »

Se lançant un coup d'œil, les deux autres garçons ricanèrent. « Messieurs, » imita James, avec un ton sarcastique. « Détends-toi, geek. »

Royce mit son bras autour des épaules d'Edward. Edward résista à l'envie de reculer. « Viens. On a quelque chose à te montrer » dit le plus grand des garçons.

Un souvenir flottait à la surface de sa conscience comme un morceau d'algue flottante d'un champ de laminaires emmêlées. Bien. Il se souvenait de ça. C'était ainsi qu'il avait officiellement rencontré James et Royce. Ils n'avaient pas fait attention à lui auparavant. Ils avaient un an de plus et ne lui avaient pas vraiment parlé du tout depuis qu'ils étaient dans la même cour de récré à l'école primaire. Puis, au hasard dans la mesure où Edward pourrait le dire, ils l'avaient tiré sur le côté comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde.

« Je vais être en retard en cours, » protesta-t-il, faisant légèrement glisser ses pieds. C'était une réaction automatique. L'Edward adulte dans sa tête n'en avait rien à foutre s'il était en retard à un de ses cours du lycée dans son monde peut-être de rêve ou de coma.

Les autres garçons ricanèrent à nouveau. « Personne te l'a jamais dit ? Sécher des cours de temps en temps c'est bon pour la santé, » rigola presque James alors qu'il parlait.

« Ouais et on est probablement les enculés les plus sains » acquiesça Royce.

Au milieu de tous ces rires enfantins, Edward réussit à sortir de l'emprise des bras de Royce. « Eh bien. Qu'est-ce qu'on va faire ? » son corps semblait réagir complètement en contradiction avec son esprit. Il y avait un frisson de joie de vivre et une grosse partie de lui voulait sécher parce que ohmondieu les gamins populaires faisaient attention à lui. Alors, malgré le fait qu'il voulait aller dans l'autre sens et retourner en cours et vers la fille brune, ses pieds ne firent rien à part trébucher pour aller avec Royce et James.

« Reste calme, Cullen. Tu es impatient et tu vas nous faire prendre, tu vas te prendre un coup de pied au cul à la royale, » le menaça Royce. Edward roula des yeux. A la royale. Royce King. Il se croyait malin.

Edward céda et se concentra pour maintenir les rebonds de ses pas. Il redressa le dos et releva la tête, se rappelant que dans le monde réel il était à la tête d'une entreprise prospère et qu'il avait le respect des gens mille fois plus dignes que les deux gars devant lui.

Quand ils furent suffisamment loin de l'école, protégés par les rangées d'arbres qui les entouraient, James et Royce s'arrêtèrent, chacun s'appuyant contre un arbre. Edward croisa les bras et resta où il était.

« Cigarette ? » proposa James en tendant un paquet.

Edward grimaça. Il n'avait jamais aimé les cigarettes. Elles avaient un goût dégoûtant. Et une partie des raisons pour lesquelles sa consommation d'alcool était devenue un problème c'était parce qu'il pouvait le cacher à ses parents. Carlisle et Esmée faisaient confiance à leur fils, il ne leur avait jamais donné une raison de ne pas le faire, mais l'odeur de la fumée de cigarettes était une excuse difficile à donner. « Ça va. »

Les garçons sourirent et se lancèrent un regard connaisseur. « Qu'est-ce qu'il y a Cullen ? Tu sais pas comment faire ? »

Edward leva les yeux au ciel. « C'est pas difficile de fumer une cigarette. »

« Alors. » James tendit le paquet à nouveau.

La pression des autres à son paroxysme. Et une partie d'Edward voulait céder. Il savait qu'il pourrait se la jouer cool. Ce ne serait pas sa première entaille.

Au lieu de ça, il prit une profonde inspiration, forçant ses nerfs ridicules et irritants à se calmer. Il était sous contrôle. Il les regarda dans les yeux et leur fit un petit sourire narquois qui leur ferait honte. Malgré ce que ses employés pensaient, leurs potins avaient été loin d'être discrets. Il savait ce qu'ils disaient sur lui. Les mots arrogant et connard revenaient plus souvent qu'il aimait l'admettre. Mais aujourd'hui, il allait prendre ces titres. « De quoi vous avez peur ? » demanda-t-il, sa voix ayant un léger ton railleur. « Je vais le dire à personne. A la royale, vous vous souvenez ? »

Les garçons se regardèrent, et Edward put voir la brève incertitude qui passa dans leurs yeux. Dans le royaume du lycée de Forks, James et Royce étaient les dirigeants incontestés. Peu de gens n'étaient pas intimidés par ces garçons. La réalité allait les frapper durement en plein visage après le lycée.

Mais Edward savait pertinemment que c'était le cas.

Les garçons se mirent à rire et James rangea ses cigarettes dans sa poche. « C'est assez juste, c'est assez juste. »

« Voilà le truc, Edward, » commença Royce. « Quelqu'un a glissé des petits mots d'amour dans le casier de Rosalie. Je veux dire, on parle de vrais trucs de cul. »

« Hey, Cullen. Il n'y a pas eu quelque chose entre Rosalie et toi pendant un petit moment ? » demanda James.

Edward nia, mais il pencha la tête sur le côté, essayant de se rappeler.

Bien sûr, Rosalie Hale était superbe. Personne ne pourrait contredire ça. Mais elle était aussi, entre autre chose, la reine des chiennes, bien assortie avec Royce, et aussi peu profonde que le bain d'un enfant. Oui, ils avaient eu des rapports sexuels, mais Edward était à peu près sûr qu'il était plus ouvert à la suggestion sous l'influence de l'alcool.

Et d'ailleurs, comme il l'avait conclu, ça n'était pas encore arrivé.

« Si par 'quelque chose' tu veux dire qu'elle est venue chez moi plusieurs fois pour étudier les Maths, » dit Edward, amusé.

« Ils sont signés d'un 'E' » dit Royce.

« Et tu es bon en littérature, » ajouta James comme si c'était un facteur de qualification pour rédiger des lettres d'amour.

Edward se moqua. « Ouais, je ne suis pas la seule personne dont le nom commence par un 'E'. D'ailleurs, vous avez vu... » Il s'interrompit, une sonnette d'alarme se déclencha au fond de sa tête. En théorie, Edward n'avait pas peur de ces garçons. Dans la pratique, son corps de dix-sept n'était pas exactement taillé, mais le leur l'était. Il était probablement mieux de ne pas insulter la petite-amie de Royce. Reconsidérant ses mots, il essaya à nouveau, laissant un petit bégaiement nerveux transparaître de nouveau dans son ton. « Même si c'était moi, et ce n'est pas le cas, Rosalie m'aurait envoyé balader » raisonna-t-il.

Les deux garçons regardèrent Edward pendant une seconde tendue. Puis Royce ricana et frappa l'épaule d'Edward. « Cette fille est foutrement frigide, alors tu ne manques pas grand chose. »

~ 0 ~

Quand James et Royce eurent finalement terminé de se parler, Edward se précipita à l'école, désireux de s'éloigner d'eux afin qu'il puisse penser clairement, ou essayer. Il réussit à se rappeler où avait lieu son cours d'Espagnol et se laissa tomber sur sa chaise devant Emmett juste au moment de la dernière sonnerie. Son frère eut l'air amusé. Edward haussa les épaules et se retourna.

La rencontre déjà bizarre avec les garçons plus âgés s'était terminée par Royce l'invitant à une fête ce soir-là.

Edward savait qu'il y avait une nette différence entre la personne qu'il était avant que James et Royce lui portent de l'intérêt et à la personne qu'il était devenu. Si ses soupçons étaient bons, cette journée qu'il était en train de revivre était le moment où tout avait changé.

C'était la nuit où il avait été invité à la fête de Royce. C'était la nuit où il avait couché avec Rosalie. Il ne pouvait pas se rappeler ce qui s'était passé cette nuit-là, seulement qu'il s'était réveillé avec une horreur égale à celle de la fille complètement nue à côté de lui. Et pour des raisons qu'il ne pouvait pas commencer à expliquer, maintenant qu'il était assis et qu'il y pensait vraiment, Royce ne lui avait pas botté les fesses. Non, ça avait été le début de leur amitié.

Toutes ces années plus tard, Edward ne pouvait pas se rappeler comment tout ça avait mal tourné, mais les effets sur sa vie étaient indéniables.

Peut-être qu'il était dans le coma après tout. Ça avait du sens. Aujourd'hui était le jour où tout avait changé. S'il n'avait pas suivi James et Royce dans les bois, il n'aurait pas assisté à leur fête. S'il n'avait pas assisté à la fête, il n'aurait pas couché avec Rosalie, se forgeant une amitié étrange avec les deux garçons plus âgés. Et s'il n'y avait pas eu cette nouvelle amitié, Jasper et lui ne se seraient pas disputés et progressivement éloignés. Alors Edward aurait été là quand...

Dans un peu plus d'un an et demi, Jasper serait diagnostiqué avec une maladie cardiaque rare et mortelle. Une fois diagnostiquée, ce n'était qu'une question de semaines avant sa mort. Au lieu d'être présent à ses côtés, il avait dû avoir peur, Edward avait été avec James et Royce... en train de boire et de s'attirer des ennuis.

Et si la culpabilité de ne pas avoir été là pour son meilleur ami ne l'avait pas rongé, peut-être qu'Edward n'aurait pas commencé à boire plus qu'il n'aurait dû. Les deux garçons plus âgés étaient plus qu'heureux de contribuer à ses mauvaises habitudes. Tout s'était passé trop vite pour que quelqu'un s'en rende compte, et soudain, il se tenait debout devant un juge qui lui offrait la chance d'aller en cure de désintoxication au lieu de purger une sévère peine de prison.

Il avait été en colère. Tellement en colère. Mais quelque part au fond de lui, il savait que la colère était une couverture pour sa honte. Il avait caché toute sa responsabilité derrière le masque de jalousie, boudant parce que son frère aîné ne pouvait pas faire de mauvaise chose. Emmett, vingt-et-un ans à l'époque, avait été diplômé très tôt et avec les honneurs d'une minuscule université dans le Tennessee pendant qu'Edward, vingt ans, avait à peine terminé le lycée et n'avait rien fait du tout de sa vie depuis.

Lorsqu'il était en cure de désintoxication, ses parents l'avaient appelé tous les jours. Ils lui avaient rendu visite aussi souvent qu'ils le pouvaient, même si le trajet durait plusieurs heures aller-retour. Sauf, qu'un jour de visite, Carlisle avait appelé pour dire qu'Esmée et lui récupéraient tous les deux d'un rhume et pensaient manquer la visite.

Cachant son désespoir de voir ses parents derrière un voile de colère pétulante, Edward avait râlé qu'ils n'avaient pas été trop malade pour assister à la remise de diplômes de leur fils préféré quelques jours auparavant. Il avait raccroché au nez de son père.

Et s'il n'avait pas fait tout ça, ses parents seraient encore en vie.

Bon sang, s'il voulait être complet, il pourrait même envisager que Emmett n'aurait jamais rencontré Victoria si Edward n'avait pas plongé dans les cercles vicieux dans lesquels il avait été. Victoria était l'amie d'un ami, une vieille amie de James en fait.

Jason Jenks, son assistant toujours vigilant, avait un nom pour le chaos qui avait suivi quand une action minuscule apparemment insignifiante avait fait tourner en catastrophe l'un des projets d'Edward. Il appelait ça l'effet papillon : l'idée que la présence ou l'absence d'un papillon battant des ailes pourrait conduire à la création ou l'absence d'un ouragan.

A l'époque, Edward l'avait taquiné sur le fait qu'il regardait trop de films avec Ashton Kutcher.

Edward fut ramené à la réalité quand Emmett frappa dans sa chaise. Sa tête se releva, et il vit que Senora Goff le regardait avec une expression ennuyée. Instantanément, il fit son sourire le plus charmant et contrit, et demanda, en espagnol, si elle pouvait répéter la question. Puis il répondit, essayant de garder son foutu sourire satisfait devant les expressions bouche bée de Senora Goff et plusieurs de ses camarades. Son espagnol était sans faille. Pour tout vous dire, il parlait aussi le français couramment et n'était pas mauvais non plus en japonais.

Connaître plusieurs langues était un atout utile lorsqu'on dirigeait une entreprise aussi immense que la sienne. Quoi qu'il en soit, il avait dû combler son temps libre avec quelque chose.

« Frimeur, » dit Emmett, se penchant en avant pour murmurer dans son oreille. Edward sourit juste gentiment.

~ 0 ~

Après la fin des cours, Edward se retrouva dans sa chambre, assis à son bureau. Il regarda autour de lui, ses yeux scannant la pièce.

Il connaissait à peine la personne qui vivait dans cette chambre. Ses étagères étaient pleine de romans de science-fiction et de guides de Donjons et Dragons. Des figurines miniatures en étain de Warhammer étaient fièrement affichées, et Edward se souvenait du nombres d'heures qu'il avait passé à peindre chacune de ses figurines avec des coups de pinceau minuscules et précis. Sa collection de dessin animé était impressionnante... et en cassettes. Edward ramassa les trucs maladroits, perplexe de voir combien ils avaient changé dans un si court laps de temps.

Vu les posters sur son mur, tout ce que Edward savait, il l'avait appris dans Star Wars. Il avait lu chacune des citations, se demandant ce que Star Wars aurait dit sur le fait de revivre le jour qui avait changé sa vie.

Qu'est-ce que Yoda aurait fait ?

Soupirant, Edward se balança dans son fauteuil, se penchant sur son ordinateur. C'était bizarre d'avoir une tour à nouveau. Les ordinateurs portables étaient les ordinateurs de choix d'Edward. L'espace était beaucoup plus efficace.

Lorsque son contexte vacilla, Edward se rappela soudain de son obsession pour Gillian Anderson, l'Agent Scully dans X-Files. Il y avait un collage, et ça ne lui échappa pas qu'il l'avait fait lui même.

Secouant la tête tristement, Edward explora les icônes sur son bureau. Il cliqua sur ses dossiers. Pornos. Musique téléchargée illégalement. Plus de pornos. Napster. Tribus.

EverQuest.

Curieux, Edward double-cliqua sur le bouclier bleu, sentant le sentiment de nostalgie alors que le CLUF (Contrat de Licence Utilisateur Final) arrivait et la musique si familière retentit.

« Salut, Arcanion, » murmura-t-il, touchant l'écran avec un sourire alors que ses personnages apparaissaient. Bien sûr, il en avait beaucoup, mais son précieux, son principal, était un elfe des bois barde nommé Arcanion Di'Vir. Malgré le fait que ses pensées sur son histoire dans les jeux étaient dérisoires, Edward ne put empêcher la vague de bonheur inné qu'il éprouva en se connectant. Tellement de bons souvenirs.

Il se permit de se souvenir des heures qu'il avait passé à jouer à ce jeu, essayant de se rappeler de la disposition des zones. Il se souvint des fous rires avec Jasper quand il rassemblait les énormes trains de monstres puis les jetait sur les débutants dans Qeynos. Combien de fois avait-il dû se sortir des ennuis ?

Un message apparut en bas de l'écran, bleu profond à la place de blanc.

Meawene chuchote : Arc ! Tu étais où ? Tu es en retard.

Les messages privés étaient en bleu, les conversations de la guilde en vert, les conversations de groupe en jaune. Tout lui revenait. Et Meawene Vi'Dir...

Un elfe des bois druide et son épouse dans le jeu, s'il se souvenait bien. Il l'avait emmenée dans des rendez-vous virtuels, dans un bateau jusqu'au milieu d'un lac chargé de monstres, et lui avait offert des fleurs avec des statistiques dessus. Il lui avait demandé de l'épouser au milieu d'un donjon, lui avait offert une bague qui lui avait pris une éternité à trouver à la maison des enchères, +6 à toutes les statistiques. Un mariage EverQuest incluait de pétitionner un guide, dans le service d'aide du jeu, pour changer un ou leur deux noms de famille.

Putain de merde, je suis un putain de geek !

« Edward ? » la voix de sa mère fit légèrement sursauter Edward sur sa chaise.

« Salut, Maman, » dit-il en souriant. Il aurait voulu la serrer dans ses bras à nouveau sauf qu'il l'aurait probablement serrée trop fort. Elle était déjà préoccupée par la façon dérangée qu'il avait été ce matin. Il ne voulait pas la rendre plus inquiète avec son comportement étrange.

Esmée vint s'asseoir sur son lit. Ses yeux dévièrent sur son écran d'ordinateur, et il put voir son sourire faiblir légèrement. Automatiquement, les cheveux dans sa nuque se hérissèrent, et il se sentit irrationnellement sur la défensive.

Complètement ignorante de la rage qui couvait sous la surface de la peau d'Edward, Esmée demanda innocemment, « Alors, tu as des projets pour ce week-end ? »

~ 0 ~

Edward était à mi-chemin dans la ville avant que la colère ne s'estompe complètement. Il gémit, sa tête entra en contact avec le volant avec un gros coup de klaxon alors qu'il redémarrait au feu tricolore.

Il s'était disputé avec sa mère, violemment, avec colère, criant dans une dispute qui n'avait absolument aucun sens même s'il venait de la vivre.

C'était une question tellement anodine : tu as des projets pour ce week-end ? Quelque chose que tous les parents demanderaient à leur enfant. Bon sang, de vagues connaissances pourraient poser cette question. Pourtant, Edward avait explosé avec toute une veine de non-sens. Quelle était la différence entre sortir avec des amis virtuels par opposition à des amis de chair et de sang ? Alors que faire s'il n'était pas intéressé par faire du sport dans des champs détrempés comme certains autres enfants ? Elle avait juste pensé qu'il devrait être plus comme Emmett c'était tout. Emmett avait un job mais seulement parce que Emmett voulait avoir une Jeep plutôt que la voiture que ses parents avaient choisie, Edward était parfaitement bien avec la Volvo. Son frère aîné avait une variété d'amis et n'arrêtait presque jamais...

« Bordel, Maman, je ne suis pas Emmett ! »

Elle n'avait même pas évoqué le nom d'Emmett.

Qu'est-ce qui n'allait foutrement pas chez lui ?

Mais maintenant il était coincé à la fête de Royce parce qu'il avait dit à sa mère qu'il irait. « Royce King m'a invité à sa fête. Ça te rend heureuse ? Très bien ! Je vais sortir avec les vrais enfants et prétendre que j'aime les stupides Backstreet Boys si tu arrêtes d'être sur mon dos ! »

Il descendit les escaliers d'un pas lourd et se précipita à la porte avant qu'elle ne puisse placer un mot.

C'est ainsi qu'Edward se retrouva à la maison de Royce. Il soupira. La maison des parents de Royce était facilement dans les cinq maisons les plus grandes et les plus ostentatoires de Forks. Il n'était pas difficile de se rappeler où elle se trouvait, il avait passé un peu de la fin de son adolescence ici puisque les parents de Royce étaient rarement chez eux.

La porte était ouverte, alors Edward entra.

Ça lui semblait amusant que Royce puisse s'en tirer avec ce genre de fêtes. Honnêtement il était surpris de pouvoir trouver autant de gens qui y assistaient, en premier lieu. La totalité du premier étage était bondé de gamins. Il y avait beaucoup de coups maladroit et de casses qui arrivaient.

Edward se promena dans la maison, hochant la tête vers les gens qui le saluaient et ignorant les regards de ceux qui semblaient surpris de le voir ici. Alors qu'il trouva le salon, la source de la musique inutilement forte, Edward s'arrêta à la vue qui l'accueillait.

A travers la pièce, la nouvelle fille était pressée dans le coin le plus éloigné. Elle serrait une bouteille de coca comme si c'était une arme qu'elle était sur le point de balancer à l'homme qui était collé à elle. James. Il avait une main sur chaque mur, formant une cage autour d'elle. Il semblait inconscient du fait que pour tout le monde la fille avait l'air de vouloir s'écraser contre le mur si ça voulait dire qu'elle pourrait s'éloigner de lui. Ses yeux étaient durs, son langage corporel fermé.

Les poings d'Edward se serrèrent, un sentiment de protection fort mais étrange le traversa. Il commença à avancer, bousculant les gens si vite que plusieurs d'entre eux s'écrièrent « Hey ! » alors qu'il heurtait leur bras, renversant leurs boissons. Qu'est-ce qu'il allait faire, il ne le savait pas. Il savait juste qu'il devait éloigner James de la fille.

« James, » dit Edward durement, sa main descendant fermement sur le bras du garçon.

James regarda par-dessus son épaule, son regard ennuyé se transforma en un sourire satisfait. « Edward ! Tu es venu. C'est super. » Ses mots étaient plutôt innocents mais le ton qu'il avait utilisé et la lueur dans ses yeux rendit automatiquement Edward méfiant. Un certain instinct lui disait que James préparait quelque chose, mais il ne pouvait pas dire quoi.

Mais ses pensées se perdirent quand les yeux gravement irrités mais un peu intimidés de la fille rencontrèrent les siens. Marron foncé. Chauds, même dans un regard grave. Il était captivé.

Elle était en colère. « Oh, un club de connards. C'est mignon, » murmura-t-elle en regardant directement vers lui. « Veuillez m'excuser. Je vais vous laisser avoir votre réunion en paix. »

Sur ce, elle se baissa pour passer sous le bras de James et avança rapidement dans la foule. Edward la regarda assez longtemps pour la voir aller jusqu'à un gamin qui devait avoir été invité.

Le rire sarcastique ramena l'attention d'Edward. « Bêcheuse petite chienne, » murmura-t-il. « T'as vu qu'elle a apporté sa propre boisson ? » s'ébroua-t-il.

« Ça vient du fait d'être la fille du chef de la police, je suppose, » commenta une autre voix. Royce. « Ne l'embête pas, mec. Elle va courir chez elle et raconter à son père pour tout l'alcool. En parlant de ça, » dit-il, passant un bras autour de James et un autre autour d'Edward, « venez. La bière va être chaude. »

Les pas d'Edward vacillèrent au mot 'bière'.

Eh bien, il aurait dû s'attendre à ce qu'il y aurait de grandes quantités d'alcool à cette fête. Il connaissait Royce et James. Et ce n'était pas comme si il n'avait pas été dans des situations où l'alcool était présent dans un contexte social. Il buvait souvent du vin et dînait avec des investisseurs potentiels et des partenaires commerciaux.

Puis encore, n'était-il pas simplement tombé du wagon la nuit dernière ?

Mais avant qu'il puisse penser à ses décisions, James lui mit un gobelet en plastique dans la main et le poussa sur le canapé à côté de...

« Salut, Rosalie, » salua-t-il, sa voix foutrement sur le point de grincer.

Elle ne lui répondit même pas, à la place elle foudroya du regard Royce qui tendait un verre. « C'est une bière, » dit Rosalie, regardant le verre dans sa main comme s'il lui offrait un crapaud au lieu d'une boisson.

Ses yeux se plissèrent, et pendant un moment il eut l'air tellement dangereux qu'Edward eut une envie inhabituelle de se mettre devant Rosalie. Mais ensuite il fit la grimace et sourit. « Autant pour moi. Je reviens tout de suite. »

James le suivit, laissant Edward seul avec Rosalie sur le canapé.

La blonde se racla la gorge, se plaquant un faux sourire sur le visage. « Alors... euh, Emmett est là ? »

Edward fronça les sourcils, confus par la question pendant un moment. Bon sang, comment était-il censé savoir ce que Emmett faisait ? Pour la millionième fois ce jour-là, il dut recadrer ses pensées pour correspondre à son entourage. Emmett vivait dans la même maison que lui. Il était raisonnable qu'il sache ce que son frère faisait.

Il se demanda brusquement si son frère savait ce qu'il faisait...

« Il n'est pas là. » Ridiculement, sa voix tremblait. Ses paumes étaient moites. Les nerfs, reconnut-il. Il était bien conscient d'être assis à côté de l'une des filles les plus populaires de l'école. Les gamins regardaient.

Rosalie regarda ses mains et prit une autre lente gorgée de sa boisson. « Hmmm, » dit-elle, semblant indifférente. Elle repoussa ses cheveux et regarda dans la pièce. « Alors, qu'est-ce qui n'allait pas avec la Jeep ? »

Encore une fois, Edward dut chercher à comprendre de quoi elle parlait. C'est vrai, ils étaient arrivés à l'école dans la Volvo d'Edward mais Emmett avait une Jeep. Il avait pensé qu'Emmett était simplement un emmerdeur, mais il y avait sans doute plus que ça. « Euh, je suppose qu'elle est cassé ? »

Ses lèvres se tordant de mécontentement, Rosalie le regarda enfin. « Eh bien, pas de merde, Sherlock. Je veux dire, qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Comme si j'en avais quelque chose à foutre » répondit Edward, sèchement.

Rosalie souleva un sourcil impeccablement épilé. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais Royce revint. Il s'assit à nouveau à côté d'elle, forçant son corps à tomber sur celui d'Edward. Quand il leva la main pour la stabiliser, il termina avec la main sur son sein.

« Désolé ! » dit-il rapidement. Il porta le verre de bière à ses lèvres, ne pensant à rien d'autre qu'apprivoiser les gloussements nerveux contaminés de luxure qui menaçaient de déborder. Il ravala presque le truc, distrait par la rage d'hormones adolescentes, avant qu'il ne réalise ce qu'il avait fait.

Putain.

La bière n'avait jamais été sa boisson préféré. Ce n'était définitivement pas la boisson qui lui avait causé des ennuis. Mais il était un putain d'alcoolique. Clean et sobre était un concept noir et blanc.

Mais il n'était pas alcoolique quand il avait dix-sept ans. Son corps n'était pas accro.

« Bon sang, gamin, » ricana James, tapant dans le dos d'Edward. « Et moi qui pensais qu'on était en train de corrompre une âme innocente. T'as même pas bronché. »

« C'est pas ta première boisson, hm ? » rit Royce.

Edward grimaça. « Pas exactement. »

James mit un autre verre dans sa main. « Je vais trinquer à ça. »

~ 0 ~

Putain.

Edward gémit en s'étirant, un vertige lourd et qu'il ne connaissait que trop bien le désorienta alors qu'il essayait de comprendre où il se trouvait... et quel jour on était d'ailleurs.

Il faisait sombre, et le peu qu'il pouvait voir était flou. Il avait besoin de ses lunettes... Alors qu'il tapotait autour de lui pour les trouver, ses mains rencontrèrent des couvertures, des couvertures et... de la peau... des cheveux.

C'est. Quoi. Ce. Bordel.

De brefs flashs de souvenirs lui revinrent, pas les plus flous sur les bords, comme ses souvenirs de sa vraie vie, mais les scènes les plus récentes. La conversation qui était devenue torride pendant qu'il parlait avec les deux autres garçons et Rosalie. Les cheveux blonds sur son visage, et une odeur merveilleusement féminine. Quelqu'un grimpant sur ses genoux, faisant tendre sa queue contre son jean. Des mains maladroites sur de la chair douce et fraîche. Les images étaient plus nettes à certains égards, l'arrière-plan pas comme indistinct, encore décalé.

C'est parce qu'il était ivre quand ça s'était produit, réalisa Edward, creusant ses mains dans ses yeux. Il était encore ivre.

Ses pensées étaient épaisses. Il n'était pas vraiment réveillé, mais il l'était suffisamment pour ressentir la honte et la culpabilité déferler sur lui. Il lui fallut toute l'énergie qu'il lui restait pour se concentrer, plissant assez les yeux pour voir le visage de la personne, la femme, profondément endormie et nue à côté de lui dans le lit.

Rosalie Hale.

Putain.

Ce fut la dernière pensée qu'il eut avant que l'obscurité le submerge à nouveau.


Et voilà. On en apprend plus sur le passé d'Edward dans ce chapitre. Et surtout, comment s'est déroulée CETTE journée où tout a changé.

J'espère que ça vous a plus =)

Bonne soirée!

A bientôt!

xx