Disclaimer: Cette histoire appartient à LyricalKris (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.

Bonsoir tout le monde! Comment ça va?

Je continue sur ma lancée de mises à jour :D.

Merci à Bulles; anayata; lost-soulandheart; Cassy-chou; Elodie pixie B; Isnoname; Sophie; LyraParleOr; Habswifes; lyllou42; logi16; veronika crepuscule; Aliice.S et Maryfanfictions, merci pour vos reviews et les mises en alerte/favori. Beaucoup d'entre vous ont deviné qu'Edward ne retournerait pas directement dans le présent, il a d'autres choses à arranger avant. On se retrouve donc le lundi après la fête chez Royce ;)

Merci à ma bêta, Missleez^^


CHAPITRE 6 : Lundi

~ 11 janvier 1999 ~

Alors qu'il quittait son lit, Edward eut du mal à se sortir de la confusion toujours présente. Il continua à essayer de trouver une raison dans une situation tout à fait illogique.

Une odeur imprégna ses sens, et il bava presque. Du café. La douce manne des cieux. Il termina rapidement de se brosser les dents et descendis les escaliers, trébuchant presque sur ses pieds maladroits, avant de déraper dans la cuisine. Debout devant la cafetière, Edward inspira profondément, laissant l'odeur merveilleuse des grains noirs revitaliser son cerveau groggy.

Edward venait de commencer à se servir une tasse quand une voix le fit sursauter. « Depuis quand tu aimes le café ? »

« Rah ! » La tasse de café glissa des mains d'Edward, le son du verre qui se brisait fit accourir Esmée et Emmett de la pièce à côté.

« Bien joué, idiot » gloussa Emmett utilement.

Carlisle donnait l'impression qu'il avait du mal à ne pas sourire. « Désolé, » s'excusa-t-il en récupérant un torchon pour ramasser les pots cassés. « Je ne voulais pas te faire peur. »

« Je t'avais pas vu, » dit Edward, penaud, il ramassa quelques uns des plus gros morceaux de verre en regardant tristement le liquide déversé sur le sol.

« Je pense qu'il va sans dire que je ne vais pas t'encourager à développer une addiction au café, » dit fermement Carlisle en versant une autre tasse. « Mais, je peux comprendre que tu aies besoin de me provoquer pour commencer la semaine d'école après le week-end que tu as passé. » Il offrit la tasse à son fils avec un petit sourire.

« Merci, » murmura Edward en prenant la tasse et en la sirotant avec gratitude. Il cligna des yeux sporadiquement alors que des bribes de souvenirs lui revenaient. D'une certaine manière, il se rappela à quel point il s'était senti mal samedi. Dans la soirée, le Chef Swan était revenu lui poser des questions sur James, Royce et Rosalie.

Emmett grogna. « C'est grave, mec. T'as même pas mis de sucre dedans. » Il secoua la tête. « Peu importe. J'ai presque oublié de te donner tes clés, » dit-il en prenant les clés de la Volvo dans sa poche.

« Tu veux pas conduire aujourd'hui ? » demanda Edward. C'était un commutateur défini. Une des choses qui n'avaient jamais changé, peu importait combien de fois il avait vécu le vendredi précédent, c'était que Emmett essayait toujours de conduire. Habituellement, il réussissait.

« La Jeep a été réparée hier, » répondit Emmett, joyeusement, fouillant dans le réfrigérateur pour trouver quelque chose qui ressemblait à un déjeuner.

« Oh ? »

« Ouais, » dit Emmett en fermant la porte du frigo si fort qu'Esmée tressaillit et leva les yeux au ciel. « Imagine un peu à quel point c'est sexy mec. J'ai dit à Rose que j'avais des problèmes avec et elle a sauté sur le capot tu sais. Elle a su ce qui n'allait pas ! »

« C'est plutôt sexy, » se permit Edward, aimablement.

« Hey, » dit Emmett, son ton dur. « Tu fais gaffe à ce que tu dis sur cette fille. Elle en a vécu assez sans que tu sois tout le temps après elle. »

Edward fusilla son frère du regard par dessus sa tasse. « Comme si j'aimerais avoir quelque chose à faire avec Rosalie Hale de toute façon. Je sais pas si tu l'as remarqué, mais j'ai dû être drogué pour être à coté d'elle. »

Les sourcils froncés, Emmett fit un pas vers son petit frère avant qu'Esmée intervienne. « Ça suffit, » dit-elle fermement, une main sur le torse d'Emmett pour le retenir alors qu'elle regardait ses deux garçons. « Arrête d'embêter ton frère, » dit-elle à Emmett. Se tournant vers Edward, elle le fixa avec un regard tout aussi grave. « Et tu vaux mieux que dénigrer une fille qui n'est pas là pour te dénigrer en retour. »

« Désolé Maman » dirent-ils en chœur, d'un air contrit.

Edward termina rapidement son café puis sut que le temps était compté. Il sourit quand il vit le regard inquiet de son père. Ses parents ne se rendaient pas compte de la connerie qu'ils avaient évité. Carlisle était inquiet qu'Edward boive trop de café alors que dans cette première incarnation de cette vie, il avait combattu une boisson beaucoup plus dangereuse. Sa mère le réprimandait au sujet d'un commentaire grossier envers Rosalie alors qu'il aurait pu être un accessoire, mais à son insu, de son viol.

Il embrassa sa mère et enlaça son père avant de partir. Peu importe à quel point il était frustré par cette boucle bizarre de voyage dans le temps dans laquelle il était pris, sa confusion en valait la peine si une petite grossièreté et une potentielle dépendance à la caféine étaient les pires soucis d'Esmée et Carlisle.

~ 0 ~

Il y avait une rime et une raison à la réalité qu'il vivait, et ça, Edward en était sûr. Il était maintenant certain qu'il n'était pas mort, en enfer ou autre, et il était presque sûr qu'il n'était pas fou. Ou s'il était une de ces choses, il avait accepté qu'il n'y avait rien qu'il puisse faire, à part jouer les règles de ce nouveau monde.

Le problème était que Edward devait trouver son chemin dans ce monde d'aveugle. Ça devait être la façon dont l'homme préhistorique s'était senti, entouré d'une planète pleine de ressources, mais n'ayant aucune idée de comment les utiliser. Bien sûr, l'homme préhistorique n'avait pas su qu'il avait le potentiel du pouvoir du feu, le gouvernement et internet devant lui. Edward savait qu'il avait le pouvoir de changer l'avenir, ce qu'il ne savait pas c'était comment changer l'avenir correctement.

Plusieurs indicateurs lui montraient qu'il allait devoir apprendre de ses erreurs pour arriver à résoudre le problème, autant qu'il détestait cette méthode fortement inefficace.

D'une part, même si Edward sentait, il avait toujours senti, qu'il avait des mauvaises réponses, que l'erreur qu'il avait corrigé le 8 janvier n'était pas quelque chose qu'il aurait pu prévoir même s'il aurait compris ce qui se passait depuis le début. Ses parents lui avaient enseigné l'auto-responsabilité et plus tard cette leçon lui avait été apprise à plusieurs reprises de façon renforcée chez les alcooliques anonymes, il n'aurait jamais deviné qu'emmener Emmett pour qu'il le surveille était la bonne réponse.

Rétrospectivement, ça avait du sens. Emmett s'assemblait parfaitement au puzzle. Dans la chronologie originale, Edward avait tout simplement été trop naïf pour éviter les manigances de James et Royce. Dans sa réalité actuelle, il avait été trop peu disposé à laisser aller les liens d'amitié qu'il avait eu avec ces garçons. Ça ne voulait pas dire qu'Emmett était plus mondain, c'était juste qu'il avait une responsabilité en tant que grand frère et l'obsession d'un adolescent avec un béguin. Il aurait surveillé Edward et Rosalie s'il l'avait voulu ou non.

C'était une autre chose. S'il n'avait pas été forcé de revivre cette journée-là, il n'aurait jamais su qu'il avait été utilisé comme un accessoire pour le viol de Rosalie. La confusion était tout comme elle s'en souvenait. Rosalie n'était pas la personne qu'il aurait choisie, mais il savait que les accidents arrivaient quand on avait trop bu. Rosalie ne voulait pas lui parler, mais elle ne l'avait jamais accusé de quoi que ce soit. Et bien qu'il aurait préféré être conscient pendant l'expérience, perdre sa virginité n'avait pas été... si mal. En fait, ça l'avait ramené dans le groupe d'amis qu'il pensait avoir perdu, James et Royce étaient également amis avec le reste des idiots comme Mike Newton et Tyler Crowley.

Alors il allait de soi que toutes les raisons pour lesquelles il avait été renvoyé pour corriger cette journée étaient que, encore une fois, quelque chose qu'il n'avait même pas réalisé qu'il avait fait en premier lieu.

Quand il arriva à l'école, sa réflexion fut écourtée par le picotement des cheveux de sa nuque. Quelqu'un l'observait. Edward leva les yeux, sa démarche chancela presque quand il réalisa que ce n'était pas juste quelqu'un.

C'était tout le monde.

L'adulte en lui n'en aurait eu rien à foutre que tous les étudiants sur le parking du lycée de Forks le regardaient. Mais, comme il l'avait appris à plusieurs reprises, son corps était cent pour cent adolescent. Ses oreilles et son visage brûlaient, prendre une profonde inspiration était difficile.

Les murmures autour de lui étaient incroyables... et plutôt grossiers, pensa-t-il. Certains des gamins avaient l'air inquiet, d'autres curieux, d'autres encore avaient un sourire narquois. Edward entendit des petits morceaux de conversations. Les rumeurs allaient du ridicule au presque correctes.

D'une certaine manière, Edward fit le calcul sans frapper quelqu'un au visage, même s'il le voulut à quelques reprises. Heureusement, son tempérament était sous le contrôle de son incarnation adulte qui aurait fait face à une peine de prison s'il n'arrivait pas à se contrôler et à contrôler sa dépendance.

Par ailleurs, Edward pensait qu'il était en sécurité dans la salle de classe, c'était différent de s'il avait gagné des combats ce jour-là. Ses muscles étaient encore ceux d'un ado de dix-sept ans dont la forme de l'exercice se composait principalement de déplacer sa souris. Il se fit une note mentale de demander à ses parents de l'inscrire dans une sorte de cours pour se mettre en forme. Peut-être le karaté ou un truc du genre. Esmée serait ravie qu'il veuille faire quelque chose loin de son ordinateur.

Quelqu'un qui se raclait la gorge attira l'attention d'Edward loin du livre de maths qu'il faisait semblant d'étudier. Levant les yeux par dessous ses cils, Edward ne vit pas immédiatement quelqu'un. Puis il remarqua que Rosalie le regardait du coin de l'œil.

Automatiquement, la culpabilité fit se tordre son estomac et il détourna les yeux. « Hey, » dit-il maladroitement, se rappelant que dans la mesure où Rosalie était concernée, il n'avait rien fait de mal. Pas dans cette vie en tout cas.

« Hey, » répondit-elle, sa voix était un mélange bizarre de timidité et d'ennui. « Je hm... je suis vraiment désolée pour ce que Roy... » Elle s'interrompit, déglutissant de façon audible. « Ce qu'ils t'ont fait. Il était en colère après moi. Il n'aurait pas du essayé de t'impliquer là-dedans. »

« C'est pas ta faute non plus, » répondit-il calmement. Il soupira en regardant les gamins qui les observaient et il chuchota. « Tu ne mérites pas cette merde. »

Du coin de l'œil, il la vit remettre ses cheveux en place. « Je survivrai, » dit-elle avec une nonchalance forcée, et Edward fut obligé de sourire. Il se souvenait assez de Rosalie pour savoir qu'elle était vive. Les visions qu'il avait vu d'elle en train de perdre confiance en elle n'allaient pas se produire. Elle était affectée par tous ces ragots, dont beaucoup étaient évidents, mais elle n'allaient pas les laisser la rabaisser.

Et si elle pouvait être un pilier de force après avoir été victime de son propre petit-ami, il pouvait se tenir droit lui aussi. « Hey, Rosalie, » l'appela-t-il en tournant légèrement la tête pour pouvoir la regarder.

Ses yeux rencontrèrent les siens brièvement.

« Bon travail sur la Jeep d'Emmett. Dowling n'aurait pas pu la réparer, c'est sûr, » dit-il en lui souriant.

Rosalie ne répondit pas, mais ses joues rougirent d'une jolie teinte rose et ses lèvres s'incurvèrent dans un sourire satisfait.

~ 0 ~

Alors que la journée avançait, Edward n'avait toujours aucune idée de ce qu'il était censé faire. Il espérait qu'il n'était pas censé passer son test d'histoire parce qu'il était sacrément sûr que ça n'arriverait pas.

« Ce questionnaire était brutal, » chuchota Jasper en sympathie quand ils se virent en anglais. Il avait eu histoire en première heure. Puis il haussa les épaules. « Oh, eh bien. Les questionnaires ne comptent pas tant que ça dans notre moyenne. »

Alors que le cours commençait, Edward n'était pas concentré, il repensait encore à son problème. Était-il supposé vivre normalement ? Au moment où il arriva à son dernier cours, sa moyenne était catastrophique. Cette tendance à baisser avait commencé aujourd'hui, pas vrai ? Peut-être qu'il était censé faire attention.

Mais ensuite, ses notes n'avaient pas vraiment commencé à chuter avant l'année prochaine, quand Jasper était tombé malade et ils étaient trop éloignés pour qu'Edward ressente le besoin d'aller vers lui.

Jasper...

Edward se demanda, en espérant très fort, s'il y avait quelque chose qu'il pouvait faire, ou qu'il devrait faire, pour son ami. D'après ce qu'il avait compris, la maladie dont Jasper mourrait était incurable. Mais peut-être que s'il trouvait un moyen de le dire maintenant à Jasper, son ami pourrait se faire prendre en charge plus rapidement et peut-être vivre plus longtemps.

Edward perdit rapidement l'espoir qui commençait à se développer en lui. Bien sûr, il pourrait convaincre Jasper de se rendre chez un médecin, mais il était peu probable qu'ils trouvent la maladie à moins qu'ils sachent ce qu'ils cherchaient. Comment il pourrait dire à Jasper ce qu'il fallait chercher sans paraître dingue ? Et à quoi ça servirait ? Ouais, peut-être qu'il aurait un peu plus de temps mais sa vie serait détruite.

A l'heure actuelle, Jasper était un ado normal de dix-sept ans. Il avait l'air heureux. Tout ce qu'Edward pouvait faire, c'était l'aider à vivre plus longtemps avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

D'ailleurs, s'il avait bien compris son petit guide spirituel, il était en train d'arranger ce qui avait mal tourné dans sa vie précédente. L'implication était qu'il aurait pu faire les choses biens la première fois et éviter tout ce gâchis. Selon cette logique, il n'y avait rien qu'il pouvait faire pour Jasper. Il n'avait pas plus idée que quiconque que le cœur de son ami était une bombe à retardement.

Non, il ne pouvait pas mettre ce genre de poids sur les épaules de son ami en bonne conscience. Il devait juste continuer à faire ce qu'il faisait, garder le silence et profiter du temps qu'il passait avec Jasper.

~ 0 ~

Avant qu'il entre dans la cafétéria plus tard ce jour-là, Edward s'arrêta quand quelqu'un cria son nom. Il se retourna, surpris de voir Mike Newton marcher vers lui, ses mains enfoncées profondément dans ses poches et ses épaules consciemment affaissées.

« Hey, euh, » commença Mike en passant nerveusement. sa main dans ses cheveux blonds sable. « Écoute, mec. Je voulais juste que tu saches que Royce et James... ce qu'ils t'ont fait c'était pas cool. C'était pas bien. Le reste de l'équipe... si on avait su, on aurait pu les arrêter. »

Edward inclina la tête, regardant le garçon qui avait été son ami. Il hocha lentement la tête. « Plus de peur que de mal, pas vrai ? » dit-il en tendant instinctivement la main comme s'il concluait une affaire avec Mike. Ça semblait approprié, une réponse adulte en acceptant la réaction adulte de Mike en prenant la responsabilité de son amitié avec les autres garçons.

Mike sembla sceptique au début, comme s'il n'était pas sûr si Edward avait un buzzer ou quelque chose comme ça, mais il serra fermement sa main avec un petit sourire sur le visage. « Tu sais, je t'aurais bien invité à t'asseoir avec nous, mais j'ai vu que Bella t'assassinait du regard, » dit Mike, son ton amical. « C'est une fille assez froide, et tu l'as énervée le premier jour. Qu'est-ce que t'as fait ? Tu l'as plantée dans la jambe avec un stylo ? »

« Je voudrais bien le savoir, » murmura-t-il en secouant la tête puis il se détourna de Mike pour se diriger vers la cafétéria.

Le mystère l'avait distrait pendant qu'il faisait la queue. Il s'assit à côté de Jasper, écoutant à moitié ce que l'autre garçon babillait sur le dernier épisode de X-Files qu'ils avaient regardé ensemble la veille. Une partie de lui était vaguement surprise qu'il se souvienne que Jasper était venu même s'il n'avait pas vécu consciemment ce jour-là.

« Tu sais, tout ce racolage de nouveaux fans me rend foutrement malade. Genre, putain, si t'étais pas fan avant le film, t'es pas un vrai fan. C'est tout ce qu'i faire. Tous ces épisodes marrants... » Il secoua tristement la tête. « X-Files n'est pas une comédie, c'est un drame. Et c'est censé être effrayant. Tu te souviens quand ça passait le vendredi soir ? »

« Je me souviens avoir pensé que Flukeman était dégoûtant, » offrit Edward en faisant la grimace. Il fut surpris, et un peu effrayé, quand des morceaux aléatoires d'épisodes lui vinrent à l'esprit, incluant le titre de l'épisode Flukeman (The Host) et le titre de l'épisode qu'ils avaient regardé ce week-end (The Rain King).

Bordel de merde. Il avait mémorisé le titre des épisodes ?

Repoussant cette pensée, Edward continua. « Peu importe, t'as dit que t'avais lu quelques spoilers ? »

Jasper hocha la tête, son regard s'illumina un peu. « Ouais. Apparemment les rumeurs sur l'épisode Groundhog Day sont vraies. »

Les oreilles d'Edward se ragaillardirent. « Oh, vraiment ? »

« Ouais. Il va y avoir cette nana qui va revivre le jour où son petit-ami fait sauter une banque. Elle va être la seule à se rendre compte qu'elle le revit, même Mulder et Scully ne le savent pas. »

Edward était impressionné. « Ça craint d'être elle, » murmura-t-il sombrement. Puis il fronça les sourcils. « Comment l'affaire va être résolue si Mulder ne réalise pas ce qui se passe ? » demanda-t-il, surpris par le sentiment d'excitation et d'anticipation qui grandissait en lui. Honnêtement, il était curieux. Ça... comptait pour lui.

Finalement, leur conversation s'estompa. A chaque pause dans la conversation, l'esprit d'Edward errait, donc il ne remarqua pas que Jasper devenait agité jusqu'à ce que l'autre garçon parle avec hésitation. « Je peux te poser une question ? » Quand Edward arqua un sourcil, il poursuivit. « Ça m'a perturbé. Tu penses pas que c'est bizarre que le même jour où tu as rêvé que... euh... tu couchais avec Rosalie, qu'elle et toi avez été drogués tous les deux ? »

La respiration d'Edward se bloqua dans sa gorge et il hoqueta. Bien sûr. La seule fois où il n'avait pas dû répéter la même journée était la seule fois où il avait paniqué devant Jasper. La colère éclata en lui, mais il devait reconnaître que Jasper avait le droit d'être méfiant.

« Une coïncidence, hm, » dit-il en se forçant à sourire. « Peut-être que je suis psychique. »

« Peut-être, » répondit Jasper, mais il n'avait pas l'air convaincu.

La cloche sonna et les garçons se séparèrent. Edward se retrouva irrité alors qu'il traversait le couloir se dirigeant vers son cours de biologie. Ses pulsions adolescentes empiétaient sur son cerveau plus adulte, faisant l'hypothèse qu'un effet domino aboutirait éventuellement à la fin de son amitié avec Jasper. Après tout, l'autre garçon pourrait avoir quelques soupçons vu qu'il avait été au courant de l'incident avec Rosalie à l'avance. Et si c'était le cas, pourquoi il ne l'avait pas arrêté. Il se demandait si Jasper pensait qu'il était un violeur, ou du moins vraiment effrayant. Puis il était en colère parce que pourquoi Jasper ne pouvait pas simplement lui faire confiance ? Est-ce qu'il avait déjà fait quelque chose qui ferait que Jasper pense de telles choses à son sujet ?

Mettant ses mains sur ses oreilles, Edward grogna. Il avait besoin de s'agripper à quelque chose. C'était comme si le monde touchait à sa fin et...

Avant qu'Edward puisse se reprendre, quelque chose de plus petit le percuta alors qu'il arrivait au coin du couloir. Il entendit un soupir pendant qu'ils tombaient puis tout son souffle quitta son corps quand le poids du corps de quelqu'un atterrit juste au-dessus du sien.

« Fils de pute, » siffla-t-il de douleur, repoussant instinctivement l'autre personne de lui afin qu'il puisse respirer.

« Aïe ! » protesta une voix. « Putain. Je suis désolée » lui grogna une Bella irritée alors qu'elle se redressait sur ses genoux. Elle était rouge d'embarras, mais elle était toujours renfrognée contre lui. « Pas besoin d'être un tel con. »

Environ un milliers de réponses vinrent à Edward. Il se sentit instantanément coupable à la possibilité de l'avoir blessée. Et puis il avait été si grossier. Il voulait lui dire qu'il était désolé, et de ne pas s'inquiéter pour ça, mais sa langue semblait se tordre dans sa bouche alors tout ce qui sortit fut un ou deux hfff.

Il grogna à nouveau, d'exaspération cette fois, et au lieu de parler, il se pencha pour l'aider à ramasser ses livres éparpillés au sol.

« C'est bon, » insista-t-elle en lui reprenant une copie abîmée des Hauts de Hurlevent.

« Laisse-moi... » tenta-t-il, mais elle l'interrompit.

« C'est bon. Ne t'embête pas avec moi, » insista-t-elle.

Ils se foudroyèrent du regard pendant quelques secondes avant que le visage d'Edward s'adoucisse. « Je suis désolé, » dit-il doucement, en mettant toute la sincérité qu'il ressentait dans ces trois mots.

Ses défenses tombèrent pendant un moment et elle sembla incertaine, comme si elle attendait qu'il dise quelque chose de méchant. Quand il continua seulement à l'aider elle se calma légèrement, regardant ses mains pendant qu'ils ramassaient. « Peu importe, » marmonna-t-elle.

Edward soupira en lui tendant les livres qu'il avait ramassés pendant qu'ils se relevaient. « D'accord... pourquoi tu me détestes autant ? Je sais que j'ai dû faire quelque chose de stupide, mais honnêtement je n'ai pas la moindre idée de ce que c'est. »

Elle souffla en continuant à avancer vers leur bureau, sans le regarder.

« Sérieusement, Bella, » persista-t-il en se glissant sur sa chaise. Elle attendit obstinément avec impatience, les lèvres fermement pincées. Il soupira, se demandant pourquoi le pardon de cette fille signifiait tant pour lui. Dans quelques années, si une grande partie de l'histoire se répétait, il ne se souviendrait même pas d'elle.

Mais n'était-ce pas le même Edward qui pouvait manipuler les hommes d'affaires du monde entier ? Il était connu pour avoir charmé même les fils de putes les plus intransigeants, en les amenant à voir les avantages de tout ce qu'il disait. Ça n'avait pas d'importance que ses mains étaient moites ou que son estomac semblait être remplit de papillons, il ne pouvait pas désarmer une adolescente.

S'essuyant les mains sur son jean, Edward tendit la main vers elle. Bella sursauta en arrière, regardant comme s'il offrait des poissons morts et froids à la place de ses doigts. « Je suis désolé de ne pas m'être présenté avant, » dit-il en espérant qu'elle ne remarquerait pas la façon dont sa voix tremblait. « Je suis Edward Cullen. »

Il dut retenir le sourire béat alors qu'elle regardait ses mains quelques instants de plus. Elle ne pouvait pas le rembarrer sans paraître grossière, et en quelque sorte, Edward sentait que cette fille n'était pas de nature impolie. A contrecœur, elle mit sa main dans la sienne.

Un vertige fit chauffer sa poitrine et accélérer son cœur alors qu'il serrait fermement ses doigts. Pourquoi ce simple geste le rendait si indéniablement heureux, il n'en avait aucune idée. Il attribua ça au fait d'être un ridicule adolescent et il bougea avant que Bella se remette sur la défensive. « Alors, à quel point tu as des problèmes ? »

Bella soupira et pendant une seconde, il pensa qu'elle n'allait pas répondre. Elle sortit son bloc-notes, commençant à recopier les notes qui étaient au tableau. « Je suis punie à vie. Charlie a complètement flippé. Je ne savais même pas qu'il croyait aux punitions jusqu'à vendredi soir, » admit-elle finalement. « Tu sais, ton frère aurait pu me prévenir avant d'appeler mon père. » Sa voix le taquinait gentiment, sans irritation réelle.

Le cours commença ensuite et ils prêtèrent attention quand l'enseignant décrivit l'expérience qu'ils allaient faire aujourd'hui. Alors qu'Edward remarquait quelques petites choses, comme la façon dont ses ongles étaient rongés et son calepin était bordé de griffonnages absurdes, Bella brisa le silence entre eux. « Alors... il y a beaucoup de rumeurs sur ce qui s'est vraiment passé vendredi soir, » demanda-t-elle.

Edward soupira, sentant ses joues chauffer. « Je sais, » murmura-t-il. « A quelle version tu crois ? » demanda-t-il à voix haute.

Elle sourit légèrement. « Je n'ai pas tendance à croire aux rumeurs, » dit-elle facilement. « Vu que j'étais seule sur le périphérique, et égoïstement, très effrayée que mon père découvre que j'avais bu, je n'ai pas vu grand chose à part ton frère te porter toi et Rosalie dans la voiture. »

Encore une fois, les joues d'Edward chauffèrent d'embarras. Bien sûr, il savait que c'était arrivé mais ça semblait tellement pire que ce que Bella avait vu. « Je ne me souviens pas de grand chose » admit-il. « Emmett dit qu'il a vu James et Royce rire quand ils sont venus nous apporter nos verres à Rosalie et moi. Il était méfiant, mais il a supposé qu'ils avaient juste craché dedans ou quelque chose dans le genre. »

Le sang d'Edward ne fit qu'un tour, mais cette fois ce n'était pas de l'embarras. Au lieu de ça, il était en colère. Il se sentait toujours horriblement trahi et violé. « Mais il a remarqué que Rosalie et moi commencions à agir bizarrement. Finalement, je suis allé m'allonger dans la chambre des parents de Royce, et Emmett a suivi James qui suivait Rosalie dans le couloir. Tu vois, James savait que Rosalie avait un béguin euh... secret... et il lui a dit qu'il l'attendait dans la chambre. »

« C'est horrible » dit Bella, semblant consternée.

Edward hocha la tête. « Quoi qu'il en soit. C'est une longue histoire, mais pour faire court, Emmett a appelé les flics puis il s'est bagarré avec James et Royce. Il nous a tiré de là tous les deux avant que quelque chose de... grave puisse se produire. »

« Woaw, » dit Bella, le regard sympathique. « C'est une chose vraiment, vraiment dégueulasse. Qu'est-ce qui est arrivé à Royce et James ? »

« Je ne sais pas vraiment. Je sais qu'ils ont été gardés pour la nuit. Mais je pense que leurs parents les ont fait sortir, » dit Edward hermétiquement. Il avait aussi entendu des rumeurs sur eux. Plus d'une rumeur disait que les bruits de la raclée que James s'était pris par son père furieux avait pu être entendue à l'autre bout du quartier. De ce que Edward savait des parents de James, c'était que c'était probablement plus factuel que ce que prévoyait les ragots. Les parents de Royce avait probablement envoyé un serviteur pour être avec lui plutôt que de revenir de là où ils étaient.

Peu importe ce qu'ils avaient essayé de faire, Edward sentit un soupçon de sympathie à leur égard. « Quoi qu'il en soit... ils sont suspendus au moins jusqu'au procès. Espérons qu'ils soient jugés comme des ados mais... » Il haussa les épaules.

Il était peu probable qu'ils soient envoyés dans un centre pour mineur. Royce et James étaient dangereusement proches des dix-huit ans. Mais en tout cas, ils l'avaient cherché et ils devaient maintenant assumer. Pour les quelques vestiges de l'amitié qu'ils lui avaient montré, une fois dans l'autre vie, Edward espérait ardemment que tout ce qui leur arrivait les réveilleraient. Ils n'étaient pas obligés de gâcher leur vie, et peut-être, que loin de l'influence négative de leurs parents, ils pourraient remonter la pente.

« Je suis vraiment désolée que ça t'ait arrivé, » dit Bella.

Edward s'occupa en écrivant une réponse sur la feuille de travail entre eux. « Plus de peur que de mal, » il répéta les mots qu'il avait dit à Mike une heure ou deux avant. Il savait que ça aurait pu être bien pire.

Ils tombèrent dans un silence confortable, échangeant seulement assez de mots pour terminer le projet. L'atmosphère acrimonieuse qui existait entre eux s'était entièrement dissipée, et Edward se surprit à sourire chaleureusement à la fille plusieurs fois sans s'en rendre compte consciemment. D'une certaine manière, cette interaction semblait d'autant plus importante que les centaines d'autres points de contact qu'il avait eu avec les lycéens de Forks.

Edward n'avait aucune idée de ce qui se passait avec lui. Il se demanda si Bella se souvenait comment il avait agi quand il l'avait vue chanter avec les autres filles. Il espérait qu'elle avait oublié cette partie de la soirée. Elle n'en avait pas parlé.

Mais ensuite, alors que la cloche sonnait et qu'ils mirent leurs livres dans leur sac pour partir, elle l'appela. Ses yeux pétillaient de malice, et il se retrouva tellement captivé qu'il faillit manqué ses prochaines paroles. « J'aime X-Files aussi. »

Elle disparut avant qu'il puisse refermer la bouche.


Premier dialogue avec Bella, c'est un grand pas pour Edward :P

J'attends vos impressions sur ce chapitre^^

A très bientôt!

Bonne soirée et bonne semaine!

xoxo