Disclaimer: Cette histoire appartient à LyricalKris (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.
Bonjour tout le monde! Comment ça va?
Merci à toutes pour vos reviews et les nouvelles mises en alerte/favori :)
Isnoname: Merci pour ta review :). En effet, Edward a encore du boulot devant lui^^. xoxo
Olivia-L: Merci pour ta review^^. Je suis désolée si ça n'avance pas assez vite pour toi, mais ces chapitres sont nécessaires pour mettre les lecteurs dans l'histoire et pour montrer également que Edward est complètement déboussolé devant ce qui lui arrive. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira en tout cas ;). A bientôt! xoxo
Merci à ma bêta, Missleez^^
CHAPITRE 7 : Juste un autre lundi banal
« Je ne peux pas le croire ! »
Tout l'air quitta le corps d'Edward alors que quelqu'un atterrissait sur son ventre. Il ouvrit les yeux vers une Alice joyeuse qui était assise, ou plutôt qui rebondissait, sur lui. Il était allongé sur le dos dans la maison étrange dans laquelle la fille de l'autre monde habitait.
Pendant un moment, on aurait dit que le toit avait disparu vu qu'Edward pouvait voir les nuages sombres et la pluie battante. Mais la pluie cessa, laissant un contour en forme de toit planer dans le ciel. Le plafond de cette pièce est enchanté, réalisa-t-il.
D'accord, pourquoi pas ? Ce n'était pas plus bizarre que toutes les autres choses qu'il avait connues ces derniers temps.
Posant ses mains sur les hanches d'Alice pour l'empêcher de rebondir, Edward prit quelques inspirations pour atténuer la douleur. « Qu'est-ce que tu ne peux pas croire ? »
« C'était. Génial ! » s'exclama Alice en riant. « Tu l'as fait en une seule fois ! Woaw ! »
Edward s'assit prudemment, en gardant son bras autour de la jeune fille afin qu'elle ne tombe pas. Il s'appuya contre le canapé qui occupait le milieu de la pièce et regarda dans les yeux inhabituels d'Alice. « Qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Tu as arrangé la journée, » expliqua-t-elle, sa voix était patiente mais l'expression sur son visage était remarquablement condescendante.
« Quoi ? » répéta Edward bêtement. « Alice, je ne sais pas de quoi tu parles. Rien n'est arrivé aujourd'hui. Je suis allé à l'école. Je suis rentré. Pour une fois, mes parents étaient heureux que je sois à l'ordinateur au lieu de m'attirer encore plus de problèmes... »
Elle se leva, se retourna et se rassit sur ses genoux, son dos contre son torse. Elle prit sa baguette magique et l'agita dans de grands gestes. « Accio Quibb'er. »
Edward était confus jusqu'à ce que quelque chose sous forme de magazine vienne bourdonner dans la pièce. Alice l'attrapa avant qu'il atterrisse sur son visage. Elle pointa l'image du devant. « Tu vois ? »
Ce n'était pas un magazine ordinaire. Alors qu'Alice feuilletait le magazine, les titres allaient dans tous les sens, chacun dans différentes polices et différentes tailles. Edward remarqua que beaucoup de mots étaient mal orthographiés. Un titre en rouge disait, Chers Parents, les petits pois c'est DEGOUTTENT.
Mais le plus remarquable de tous, les images du journal... bougeaient.
Il regarda la photo qu'Alice pointait, et il eut un petit sursaut quand il réalisa que c'était lui. Pour être plus précis, on aurait dit que c'était le moment où il était entré en collision avec Bella devant la classe de biologie. Alors qu'il observait, ils se rapprochaient l'un de l'autre, aucun d'eux ne leva les yeux avant qu'ils atterrissent dans un enchevêtrement de membres, de livres et de papier volant partout.
« Je ne comprends pas, » murmura Edward. « Tu es en train de me dire que j'ai changé quelque chose qui s'est mal passé la première fois... en me cognant contre elle ? »
Alice leva les yeux vers lui et leva la main pour toucher le dessous de son menton. « Hey, t'es tout irrité aujourd'hui, » dit-elle distraitement.
« Alice, » grogna-t-il. « Qu'est-ce qui a changé ? »
« Oh, » dit la petite fille, comme si elle se souvenait tout à coup de sa question. Elle tapota l'image avec sa baguette. « Regarde. »
Cette fois, l'image reprit au moment où elle avait commencé. Bella et lui tombaient au sol, Bella au-dessus de lui, et il jura.
« Putain ! Dégage, » gronda sa silhouette en la poussant brusquement. Edward grimaça et fronça les sourcils, désapprouvant son comportement.
Bella sembla frappé pendant un moment avant de le fixer. « Genre je voulais tomber sur toi ! Dégage toi-même. »
« Eh bien, tu peux au moins essayer de regarder où tu vas ? C'est pas ma faute si t'es si distraite, » grogna-t-il.
« Ouais, Swan, » intervint une autre voix alors que James et Royce apparaissaient sur l'image. James donna cruellement un coup de pied dans un livre juste au moment où elle allait le prendre. Le Edward dans l'image fronça les sourcils, semblant vouloir dire quelque chose, mais quand Royce passa un bras autour de ses épaules, il resta silencieux. « Ne sois pas si foutrement maladroite la prochaine fois, » railla James.
Bella leva les yeux vers les trois garçons, sa bouche formant une ligne serrée. Elle ne dit rien d'autre, à la place, elle se releva et ramassa les livres qu'elle pouvait avant d'aller se mettre à l'abri dans la salle de classe.
L'image changea, et on aurait dit que Royce et James prenaient un plaisir particulier à taquiner Bella chaque fois qu'ils le pouvaient. James fit un croche-pied à Bella, évidemment distraite, l'envoyant valdinguer au milieu du couloir. Royce lui cria des railleries au lieu de l'aider quand il la vit glisser sur une plaque de verglas. Ils ne changèrent pas leur manière de la tourmenter, mais le lycée de Forks était une petite école, et ils ne lui rendirent pas la vie facile par aucun effort d'imagination.
L'effet fut prévisible. James et Royce étaient très populaires alors beaucoup d'adolescents suivirent leur exemple. Plus elle en était devenue consciente, plus Bella semblait être maladroite. Elle n'avait pas perdu cette étincelle de fureur dans ses yeux, mais Edward imagina qu'elle ne pouvait pas se défendre chaque fois que quelqu'un se moquait d'elle.
Finalement, il y eut une petite scène de Bella dans ce qui devait être sa chambre. Elle feuilletait un album photo, regardant avec envie des photos d'elle et ses amies dans un endroit chaud et ensoleillé. Ça devait être l'endroit d'où elle venait, réalisa Edward. Elle prit son téléphone en soupirant. « Hey, Maman... Si Phil obtient ce poste d'entraîneur vous allez rester à Phœnix pas vrai ?... Eh bien, je peux revenir à la maison... si t'es d'accord ? »
« Pourquoi j'ai fait ça ? » demanda Edward, sa voix lourde de honte et de culpabilité. « Pourquoi je lui ai dit ces choses ? Et pourquoi je ne me souvenais pas du tout d'elle avant ? »
« Tu étais... euh... » Elle souffla, cherchant le bon mot. « Comme quand je raconte une histoire à Papa et il dit 'hm hm, hm hm, hm hm' et ensuite je lui pose une question sur l'histoire et il dit 'quoi' ? »
Edward cligna des yeux, essayant de suivre la logique de la petite fille. « Distrait ? »
« Oui ! Ça et grincheux. »
Edward reconsidéra ça dans le contexte du vrai week-end qu'il avait vécu. Il s'était réveillé à côté d'une jeune fille avec qui il se souvenait à peine d'avoir couché. Il avait été étourdi et confus, maintenant il savait qu'il avait été drogué. Il avait passé le week-end à se sentir un peu détraqué. Ses parents étaient méfiants. Son frère était furieux. Rosalie ne voulait plus lui parler et soudain, James et Royce étaient ses meilleurs amis. Se sentir confus et de mauvaise humeur l'avait rendu distrait et très grincheux, alors il pouvait imaginer que quand Bella lui était rentré dedans, il avait réagit de manière excessive. D'après les images qu'Alice lui avait montrées, on aurait pas dit qu'il continuerait à l'embêter. Elle l'avait sans doute ignorer le plus souvent possible tout comme Rosalie jusqu'à ce qu'elle quitte l'école.
Ça expliquerait pourquoi il n'avait aucun souvenir de la pauvre fille. Contrairement à la grande majorité de ses autres camarades de classe, il n'avait pas grandi avec elle. S'ils n'avaient jamais interagi après ce jour-là, elle avait dû disparaître de ses pensées.
Mais ça n'expliquait toujours pas une chose.
« Alice, qu'est-ce que j'ai fait pour qu'elle me déteste vendredi ? »
« Elle ne t'a jamais détesté, idiot, » le gronda Alice. « Tu lui as fait de la peine. »
C'était tout ce qu'il avait compris. Edward se rappela d'avoir de la patience avec la petite fille. « Tu peux me montrer ce que j'ai fait ? Comment je l'ai blessée ? »
« C'est quoi le mot magique ? » exigea-t-elle.
Edward sourit. « S'il te plaît. »
Hochant la tête de satisfaction, Alice tapota à nouveau la photo. Cette fois, il se vit assis à sa table, ayant l'air de s'ennuyer alors qu'il esquissait son prénom dans une police qui ressemblait étrangement à celle de Star Wars. Sa page était couverte de ce qu'Edward se rappelait vaguement être l'Aurebesh, l'alphabet de l'univers de Star Wars.
Dans son périphérique, la brunette, Bella, entra dans la salle de classe aux côtés d'un Mike Newton bavard. Elle avait un papier dans la main qu'elle donna à Monsieur Banner alors que Mike s'asseyait. Banner signa son papier, lui tendit un livre et pointa du doigt la chaise à côté de lui. Pendant ce temps, Edward n'avait pas encore levé les yeux, beaucoup plus intéressé à essayer de perfectionner le W de son prénom.
Elle s'assit à côté de lui et Edward l'observa avec une horreur perplexe alors qu'il levait les yeux et ses yeux se dilatèrent de façon perceptible. Edward se rappela l'effet étrange qu'elle semblait avoir sur lui, comment son cœur s'accélérait et comment sa langue était épaisse et inutile dans sa bouche. Elle le troublait. Apparemment elle l'avait toujours troublé.
Bella le regarda, son expression réservée et timide, mais ses yeux brillèrent quand elle vit son carnet de notes. Automatiquement, elle tendit la main, tirant le calepin vers elle.
Avant qu'elle puisse parler, Edward réagit, tirant si fort le cahier que le fil au dessus toucha sa peau, la faisant haleter de douleur. « Ne touche pas à ça ! » cracha-t-il sèchement, son visage virant dans une nuance de rouge impressionnante.
Elle le regarda, un mélange de gêne et de fureur entachant ses traits. Peut-être qu'elle allait dire quelque chose, mais Banner choisit ce moment pour commencer le cours. Il ne semblait pas que l'un d'eux prêtait attention au cours. Bella bouillait silencieusement pendant qu'il semblait... la plupart du temps constipé.
Edward savait exactement pourquoi il avait réagi comme ça. Coincé à répéter les même cours encore et encore, il avait exploré le contenu de son sac et de son casier de manière assez détaillée. Ça l'avait amusé à n'en plus finir de trouver les dernières pages de son casier remplit de dessins de personnages nus. La Princesse Leia apparaissait plus d'une fois. Les autres ressemblaient à des personnages de jeux vidéos, des corsages incroyablement minuscules, des seins énormes et des tenues qui étaient plus appropriées pour le strip-tease que pour l'aventure.
On pouvait dire que sa libido adolescente était bel et bien vivante.
L'image changea sur la fin du cours. La cloche sonna et il se leva de sa chaise. Il se leva si vite qu'il fit tomber les livres de Bella, ses jambes non coordonnées le faisant se cogner dans plus d'une table. Elle le regarda, sa bouche ouverte devant son impolitesse alors que Mike se penchait pour ramasser les objets qui étaient tombés.
Il devait l'admettre, de son point de vue on aurait dit qu'il l'avait fait exprès.
Il se demanda ce qu'était la vague douleur dans son cœur. C'était, dans le grand schéma des choses, juste un petit accident. Pourtant, il se retrouva à détester d'avoir blessé ses sentiments. Apparemment, ça ne pouvait pas être effacé.
Edward soupira, passant sa main sur ses yeux alors qu'Alice se levait, allant tranquillement vers une étagère pleine de jouets. « Alors, je ne suis pas sûr de comprendre. A l'origine ce jour-là, qu'est-ce qui s'est passé qui a changé la vie de Bella ? Est-ce que ça veut dire qu'elle était censée rester à Forks ? »
Alice leva brièvement les yeux d'où elle était assise les jambes en tailleur, jouant avec quelques figurines qu'elle avait pris sur l'étagère. Elle haussa les épaules avant de retourner à ses occupations.
Usant le silence pour mettre la main sur ses pensées embrouillées, une autre notion curieuse lui vint à l'esprit. « Hey, Alice ? Pourquoi j'ai dû revivre cette journée ? La vie de Bella n'aurait pas changé simplement parce que James et Royce n'étaient pas là ? »
Avec un soupir dramatique, Alice posa ses jouets et avança à nouveau vers lui. « T'aurais pu tout gâcher. Tu vois, Mike Lizardton est dans ta classe. Il t'a vu tomber avec Bella. Il aurait pu se moquer d'elle parce que les garçons peuvent être bêtes et méchants. 'T'as dit désolé alors il a rien dit'. »
« Parce qu'il se sentait coupable d'être ami avec Royce et James, » conclut Edward.
Alice haussa les épaules à nouveau. Les motivations des autres enfants signifient très peu pour les gamins, réfléchit Edward. « Mais dis-moi... »
« Non ! » Alice frappa du pied, d'un air mécontent. Elle poussa un petit grognement. « Tu poses trop de questions ! J'ai dit. Certaines choses font parti du destin. Les gens peuvent faire ce qu'ils veulent en tout cas, mais quand tu dois refaire, tu dois faire ce que le destin veut. »
« Et tu ne peux pas me dire ce que le destin veut, » dit Edward.
Elle hocha la tête, semblant heureuse. Puis elle fit gaiement un signe de la main. « Bye ! »
~ 25 janvier 1999 ~
Edward garda les yeux fermés quand il reprit conscience. Chaque fois qu'il voyait Alice, il lui fallait quelques minutes pour se convaincre qu'il n'était pas en enfer.
Mais ensuite, bien sûr, il ne lui fallait que la voix de sa mère pour lui rappeler tout ce qui lui avait été donné. C'était juste qu'il devait travailler pour ça. Autant il détestait sa frustration et il détestait absolument le sentiment qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait, le prix en valait la peine.
Après tout, sa vie d'auparavant avait été assez monotone et ennuyeuse. Au moins cette mise en place lui offrait un défi... un casse-tête pour qu'il trouve une base quotidienne.
« Edward, » l'avertit sa mère. « Deuxième avertissement. Sors du lit. »
Plutôt que de répondre ou d'obéir, Edward marmonna de façon incohérente dans son oreiller.
« Edward Anthony Cullen. Si tu ne sors pas du lit tout de suite, je vais mettre un verrou sur ton ordinateur. Madame Yorkie m'en a parlé alors ne pense pas que je ne peux pas le faire, » menaça Esmée. « Je vais m'assurer que ton ordinateur s'éteigne à partir de vingt-et-une heures. »
« Bon sang, » murmura-t-il en roulant hors du lit et en tombant sur le sol dans un enchevêtrement de couvertures. « Ne sois pas si dramatique. Je suis levé. »
Esmée roula des yeux et lui ébouriffa les cheveux affectueusement.
Dans le placard, Edward trouva que sa garde-robe avait fait une grande cure de jouvence. Ses t-shirts de geek étaient dans le fond. A leur place, il y avait des vêtements qui semblaient un peu plus intelligents. Il s'habillait toujours comme un adolescent... mais un adolescent juste mieux habillé que dans le passé.
Alors qu'Edward passait en revue ses vêtements, il se souvint d'avoir été au magasin avec son père et son frère la semaine dernière. Même s'il avait dix-huit ans, et qu'Emmett ne grandissait pas, il était de plus en plus large au niveau des épaules, alors il avait fréquemment besoin de nouveaux vêtements. Edward, d'autre part, y avait simplement été pour remplacer ses vêtements.
Dans ses souvenirs, Carlisle avait rit quand Edward avait pris une cravate en la regardant curieusement. « Ne sois pas trop pressé de grandir, Edward. »
C'était étrange. Le dernier jour qu'il avait réellement vécu, dans sa conscience, c'était il y avait deux semaines sur le calendrier. Mais le souvenir du shopping avec sa famille, un jour qu'il n'avait pas vécu consciemment, était frais dans ses pensées. Ce n'était pas de vieux souvenirs, comme quand il essayait de se souvenir de ses années lycée quand il avait encore vingt-neuf ans.
Quand il repensait à hier, deux souvenirs lui vinrent simultanément. L'un était le lundi banal qu'il avait passé pratiquement en vivant sa vie. Le second était de s'être réveillé le dimanche bien après midi, trébuchant jusqu'à la cuisine pour se nourrir puis trébuchant en remontant les escaliers jusqu'à sa chambre. Il avait joué, riant avec Jasper et d'autres de sa guilde. Ce soir-là, Jasper et lui avaient regardé le dernier épisode de X-Files avec leurs casques.
Le sentiment bizarre des souvenirs dérivant dans sa tête continuèrent quand il arriva à l'école. Au lieu de l'ignorer comme elle l'avait toujours fait, Rosalie leva les yeux quand il s'assit. Elle lui fit un petit sourire avant de reporter son attention sur son devoir de maths. Edward se souvint qu'elle avait peaufiné sa Volvo la semaine dernière, mais il soupçonnait que c'était plus une excuse pour voir son frère que pour l'aider.
Au déjeuner, la curiosité gagna Edward en observant la table d'Emmett. Effectivement, Rosalie et lui jouaient à se faire du pied. Ce n'était pas la version lascive du jeu dont Edward avait si souvent fait l'objet pendant les longues réunions du conseil ou des dîners chics. Non, ce jeu était plus innocent. Emmett poussait ses pieds de façon ludique, faisant rougir et rire Rosalie.
Il détourna les yeux quand son frère le vit en train de les observer. Jasper faisait ses devoirs de dernière minute et donc il n'était pas vraiment bon pour faire la conversation. Faute de mieux à faire, Edward continua à essayer de travailler sur le puzzle du destin.
Ses yeux dérivèrent vers l'endroit où Bella était assise avec ses amis. C'était toujours ahurissant pour lui. Il se souvenait de Rosalie malgré les années depuis qu'il l'avait vue. Bella, il ne s'en souvenait pas du tout. Pourtant, le simple fait de se cogner contre elle avait eu un énorme effet sur sa vie.
Mais pourquoi était-ce important ? Une adolescente assez timide n'était pas si rare. Alors elle avait fui à Phœnix, l'endroit où il supposait qu'elle venait. Est-ce que c'était un gros problème ? Il comprenait pourquoi le destin de Rosalie avait dû être changé. Sa vie entière avait été gâchée cette nuit-là. Bella qui retournait vivre avec sa mère semblait plus terre à terre... même naturel.
Edward remarqua trop tard que Jessica Stanley, toujours assise à côté de Bella, le regardait observer Bella. Il s'en rendit compte seulement quand elle se pencha, chuchotant dans l'oreille de Bella. Elle dut le balancer parce que Bella les yeux et le regarda. Edward sentit son visage rougir alors qu'il baissait les yeux, mais quand il arriva à regarder par-dessous ses cils, il put voir que son visage était rouge aussi et que ses lèvres formaient un léger sourire.
Instantanément, Edward se sentit coupable. Peut-être qu'il avait été programmé pour avoir un petit béguin d'adolescent pour elle, apparemment c'était ce que c'était, mais ça semblait mal en soi d'avoir ces sentiments si pétillants et chaleureux pour une fille de dix-sept ans.
Plutôt amusé par la situation, Edward débattit intérieurement. D'une part, il se sentait comme un adulte de vingt-neuf ans. Certes, une partie de son esprit avait l'expérience de ces années. S'il voulait, il était sûr qu'il pouvait utiliser son charme considérable pour entrer dans la culotte de n'importe quelle fille de l'école. Certes, ce n'était pas un secret.
L'esprit d'Edward erra, remarquant la façon dont les filles avaient réagi envers lui ces deux dernières semaines. Les gamins avaient arrêté de le regarder la plupart du temps. Mais, les filles, semblaient agir différemment en se présence. Peut-être que c'était la carte de la sympathie combiné au fait que sa nouvelle garde-robe était très flatteuse, mais les filles devenaient beaucoup plus contente à ses côtés. Certaines des plus audacieuses, comme Lauren Mallory, avait même flirté un peu. Dans ses souvenirs, son lui adolescent semblait désorienté mais pas vraiment mécontent de la tournure des événements.
Mais il y avait une autre énigme. S'il ré-écrivait sa propre histoire, ça ne semblait pas juste pour lui qu'il s'empêche de grandir simplement parce qu'il se sentait coupable. Il n'allait pas profiter de quelqu'un, et d'abord les copines et la ressemblance faisaient toutes parties de la croissance, pas vrai ?
Edward roula des yeux intérieurement. Si quelque chose était supposé arrivé, il était sûr qu'il allait finir par répéter cette journée jusqu'à ce que ce soit le cas.
La cloche sonna, ramenant Edward dans le présent. Jasper grogna et ramassa son travail. « Il est temps de faire face à la musique, » murmura-t-il.
Edward frappa son ami sur l'épaule. « Bonne chance. »
Alors qu'il allait en biologie, les pensées de Bella errèrent à nouveau dans sa tête. Ces dernières semaines, ils avaient été moins que des amis mais plus que des ennemis. Des connaissances peut-être. Ou des camarades de classe. Il se demandait comment c'était d'être puni, Charlie n'était pas très bon pour faire respecter ses règles, surtout quand Bella était encore nouvelle en ville et qu'il savait qu'il devait l'encourager à se faire des amis.
Ça ne lui échappa pas qu'il accélérait le pas quand il pensait à discuter avec Bella. Il souriait sans aucune raison.
Définitivement un béguin de lycéen.
Eh bien, n'était-ce pas mignon ?
Mais quand il arriva finalement en cours, Bella était affalée sur sa chaise. Ses bras étaient fermement croisés, et ses cheveux cachaient son visage. Tout en elle criait qu'elle voulait rester seule.
Bien sûr, la bouche d'Edward commença à s'ouvrir avant que son cerveau puisse l'en empêcher. Il semblait que sa bouche n'était pas bonne pour repérer les problèmes visuels. « Bella. Tu vas bien ? »
Bella souffla un bon coup, pour essayer de se détendre. « Je vais bien. »
Elle mentait. Il en était sûr. Cette pensée tournait en boucle.
Comme un homme d'affaires, quand les gens avaient passé une mauvaise journée, la chose la plus polie à faire était de donner à la personne un peu d'espace pour se ressaisir afin que chacun puisse passer à autre chose. Personne ne voulait que leur patron ou que leur collègue se mettent en avant quand l'émotion devenait incontrôlable.
Mais avec Bella, Edward devait s'empêcher de la toucher. Il voulait repousser ses cheveux de ses yeux et prendre sa joue en coupe pour lui montrer son inquiétude. Ou peut-être qu'elle sourirait s'il la chatouillait. Un millier de pensées lui vinrent à l'esprit, et il dut se rappeler ses manières. Ils n'étaient pas vraiment amis. Il n'avait définitivement pas le droit de la toucher... de la réconforter.
Certes, elle n'apprécierait pas son toucher. D'ailleurs, quand il s'agissait de Bella, Edward se retrouver à tomber dans la catégorie du geek maladroit plus que tout. Il ne se faisait pas confiance pour ne pas la blesser à nouveau.
Pourtant, il fut surpris de voir à quel point ça faisait mal. Ils faisaient une expérience de labo aujourd'hui, et le découragement dans sa voix était particulièrement évident alors qu'ils discutaient de la prophase et de l'anaphase. Elle ne faisait pas attention, semblant sortir fréquemment de l'espace. Edward savait de ses souvenirs qu'elle était assez bonne en biologie.
Toute l'épreuve le fit déprimer. Au moment où il arriva chez lui, l'angoisse semblait être une entité presque physique dans son sang. Edward ne savait pas trop quoi faire. Il eut l'étrange envie de chercher bagarre à quelqu'un. Heureusement, personne n'était à la maison.
Au lieu de ça, il se retrouva à arpenter sans relâche toutes les pièces. L'effet domino dans son cerveau semblait inéluctable. Se souvenir des yeux triste de Bella lui donnait envie de frapper quelque chose. Puis il se sentit ridicule d'être si affecté par l'humeur d'une fille au hasard. De là, il se sentit amer de devoir revivre sa vie, en particulier cette partie. Tout était si ridiculement important. Bella était probablement énervée par quelque chose de mineure, l'adulte qu'elle allait devenir roulerait des yeux.
Edward était, non pas pour la première fois, frustré par sa tâche. C'était un jour banal. En regardant en arrière, il n'y avait rien d'important qu'il pensait pouvoir arranger.
Est-ce que ça tuerait le destin de lui donner un putain d'indice ?
Edward erra vers le hall, ses yeux inquiets tombèrent sur le piano qui se trouvait juste à côté de l'entrée. Il pencha la tête, sentant ses doigts se contracter.
Son piano. Ce piano était l'une des seules choses qu'il avait encore. C'était l'une des rares choses qui lui procurait un pur plaisir. Avec ces doigts se déplaçant de manière transparente sur les touches, il pouvait exprimer sa frustration et la solitude de sa vie.
Impatient, Edward s'assit. Ses mains se positionnèrent sur les touches et il commença à jouer un morceau qui reflétait son humeur. C'était sombre et impatient, restant la plupart du temps sur les touches de droite, la pédale qu'il contrôlait avec son pied faisaient gronder les sons.
Cette maison avait une meilleure acoustique que la sienne. La pensée lui plut, sentant l'agitation. La musique qu'il jouait dévia, semblant un peu plus perdue. C'était ce qu'il ressentait pour sa tâche. Mais alors, c'était la vie, pas vrai ? Quand il exécutait une sorte de plan, en allant à l'école, en créant sa propre entreprise, etc, il était toujours sûr de lui. Mais les fois où il réfléchissait sur le sens de sa vie, il se sentait perdu comme ça.
Alors qu'il pensait à sa vie et aux gens qui s'y trouvaient, les gens qu'il avait blessés et les gens qu'il savait ce que c'était de perdre, la musique changea à nouveau. Il avait joué les maîtres : Beethoven, Chopin, Debussy. Maintenant, il commençait à jouer ses propres compositions. Tout au long des années de solitude, il avait transféré tous les gens qu'il aimait dans ses chansons.
En se battant contre une dépression persistante qu'il ne pouvait plus calmer avec de l'alcool, Edward avait transféré toute la beauté de sa vie dans la musique. Il se souvenait bien de la chanson qu'il jouait. Il pensait à ses parents, et à quel point ils étaient aimants et bons. Sa main gauche, stable et solide sur les notes les plus graves du piano, parlait du sérieux et de la compassion de son père. Sa main droite, sautant délicatement le long des notes aiguës, parlait de l'amour de sa mère pour la vie et pour sa famille. Quand elles se retrouvaient, leur beauté était douloureuse.
« Oh mon dieu, Edward. C'était merveilleux. »
Edward se tourna légèrement pour voir sa mère et son père en train de le regarder.
« Je ne t'ai jamais entendu jouer ça, » continua Esmée. « C'est de qui ? »
Il se racla la gorge, essayant de ravaler l'émotion qui jaillissait en lui. « Je l'ai écrite. C'est la vôtre. Je veux dire... »
Il se sentit ridiculement gêné par sa révélation.
« Depuis quand tu l'as composée ? » demanda Carlisle, sa voix légèrement impressionnée. « Ça fait longtemps que je ne t'ai pas entendu jouer. »
Repoussant une grimace, Edward se contenta de hausser les épaules.
~ 0 ~
Ce soir-là au dîner, Carlisle n'avait toujours pas lâché l'affaire. « C'est un merveilleux talent Edward. Je pense que tu pourrais obtenir une bourse avec un talent comme ça. Si j'avais su que tu étais toujours intéressé par ton piano, je l'aurais suggéré avant. »
Edward fronça les sourcils, poussant sa nourriture dans son assiette. « Bon sang, Papa, est-ce que ça te tuerait que ce soit juste quelque chose que j'aime ? » marmonna-t-il, ignorant qu'il se sentait de cette façon jusqu'à ce que les mots sortent de sa bouche.
Carlisle le regarda. « Tes recherches pour l'université semblent assez sèches, fiston. Jouer excessivement sur internet comme seul intérêt ne te mènera nulle part, » dit-il ostensiblement. « Tu pourrais faire ce que tu veux Edward. Tu serais bien dans les affaires... la loi. » Il haussa les épaules. « Tu ferais même un grand médecin si tu y pensais. »
« Comme toi, » murmura Edward dans son assiette, se demandant pourquoi il se sentait si irrité. Son père avait raison, après tout.
« Tu es capable de grandes choses Edward, » continua Carlisle. « Pour le moment, tu n'as pas grand chose à part une moyenne décente pour aller dans une bonne école. Emmett a ses activités extra-scolaire et un emploi... »
« Et je suis juste un geek fainéant. Peu importe, j'ai compris, » grogna Edward, affalé sur sa chaise.
Edward avait toujours été conscient de la déception de ses parents. Et ils avaient raison. Non seulement il échouait, mais ne pas se préoccuper de sa vie leur avait coûté la leur.
C'était la seule chose qui l'avait motivé pendant toutes ces années. Quand ses parents étaient morts, il avait gagné un but dans la vie. Il allait les rendre fiers à titre posthume. C'était ce qui lui avait d'abord fait mettre toute son énergie pour vaincre son addiction, puis à aller terminer l'école. Ses notes et le peu de temps qu'il avait passé à l'école avait rendu peu probable le fait qu'il devienne un médecin ou un avocat, alors il avait choisi les affaires. Il avait prospéré, tout comme Carlisle savait qu'il le ferait.
Peut-être que la décision qu'il avait prise aujourd'hui, de rejouer du piano, permettrait de changer l'avenir de la bonne façon. Cette fois ses parents pourraient le voir accomplir les choses qu'ils avaient rêvées pour lui.
Alors qu'Edward s'endormait, il se laissa sourire à la possibilité que cette fois, il pourrait arriver à voir le sourire fier de ses parents.
On sait maintenant pourquoi Bella était si hostile envers Edward.
Une nouvelle journée à revivre, reste à voir si Edward arrivera à arranger les choses rapidement :P
J'espère que ce chapitre vous a plu, j'attends vos avis avec impatience :)
Passez une bonne journée!
A bientôt!
xoxo
