Disclaimer: Cette histoire appartient à LyricalKris (lien sur mon profil), je ne fais que traduire.
Bonjour tout le monde! Comment ça va?
Tout d'abord je tenais à vous souhaiter une très bonne année 2013! Que cette nouvelle année vous apporte tout ce que vous souhaitez et surtout, du bonheur, de la joie, de l'amour, une très bonne santé, de l'argent et plein de bonnes choses :)
Merci à toutes pour vos reviews et les nouvelles mises en alerte/favori, et plus particulièrement à Habswifes; Isnoname; Cassy-chou; veronika crepuscule; Elayna Black; Elodie pixie B; lost-soulandheart; anayata et Maryfanfictions =)
Et merci à ma bêta, Missleez.
CHAPITRE 8 : Qu'est-ce ferait Edward l'adolescent ?
Edward avait peur d'ouvrir les yeux.
Selon son estimation, il avait revécu le 25 janvier environ dix-neuf fois. Peut-être plus. La chronologie commençait à se brouiller.
Peu importe à quel point il essayait, il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il manquait. Rien d'important n'avait eu lieu le 25 janvier. Alors qu'il errait dans les couloirs de l'école, il avait empêché un première année nommé DJ Garrett de se faire mettre en pièce par un groupe de terminal. Il était également tombé sur Mike Newton en train de se faire avec Lauren Mallory dans la forêt derrière l'école. Empêcher ces deux événements par sa seule présence n'avait pas changé sa situation.
Il avait discuté avec ses parents, il n'avait pas discuté avec eux, il leur avait tout dit sur l'affaire qu'il allait commencer et fructifier dans le futur. Il avait vu la fierté sur leur visage, et bien que ça avait été des plus encourageants, il se réveillait à nouveau le jour du 25 janvier.
Autour de la quatrième ou la cinquième fois qu'il revivait cette journée, Edward commença à parler à Alice la nuit. Il supposait que ça s'apparentait à une prière, même si ça faisait bizarre d'associer ce mot à la petite fille. Pourtant, il lui demanda, non il la supplia pour avoir des réponses. Mais nuit après nuit, quand il s'endormait, il se réveillait sans avoir tellement rêvé de l'enfant démon.
Avec un soupir, Edward ouvrit finalement les yeux.
Il n'était pas dans sa chambre. Il était dans la chambre de quelqu'un, dans le lit de quelqu'un, mais ce n'était pas le sien.
Edward s'assit prudemment, observant ce qui l'entourait. Automatiquement il chercha ses lunettes, mais tout ce qu'il trouva fut une table de nuit remplie d'accessoires pour les cheveux. Il y avait une brosse, des bandeaux, ce qui ressemblait à un iPad ou quelque chose de similaire et un téléphone portable.
Un téléphone portable !
Edward attrapa la chose. Comment avait-il oublié les portables. Quelques fois il avait dit à Jasper de lui envoyer un texto de son prochain cours seulement pour voir son ami le regarder comme s'il était fou. Retourner dans un monde où très peu de gens avait un portable était l'une des choses qu'Edward détestait le plus à propos de tout ce projet de refaire les choses.
Donc s'il était dans une chambre avec un portable, est-ce que ça voulait dire que quelque chose avait changé ?
Il se rappela qu'il ne portait toujours pas de lunettes, et pourtant il pouvait tout voir clairement.
Maintenant excité, Edward chercha frénétiquement dans la pièce jusqu'à ce qu'il repère l'objet qu'il voulait désespérément. Il se précipita vers le miroir au-dessus de la commode qui se trouvait dans la chambre.
Son visage ! Son visage ! Une barbe de trois jours, toute la rondeur de la jeunesse avait laissé place à des traits ciselés, plus adulte, son visage n'était pas celui d'un garçon de dix-sept ans.
Une porte s'ouvrit quelque part dans la pièce et Edward sursauta. Ses yeux se posèrent sur une silhouette émergeant de ce qui devait être la salle de bain, à en juger par toute la vapeur qui sortait par la porte et au fait que la jeune femme qui en était sortie, était seulement vêtue d'une serviette.
La très jeune femme.
Elle cria au moment où il poussa un cri de surprise.
« Merde, merde, je suis désolé, » dit-il automatiquement en levant les mains dans un mouvement apaisant. Il détourna les yeux, regardant partout sauf vers elle. « Je jure que je ne sais pas ce que je... »
« Edward. »
« fais ici. Je n'essaie pas d'être un pervers ou... »
« Edward. »
« Écoute, je vais m'en aller... »
« Edward ! »
Edward ferma la bouche, restant immobile comme une statue. Il respirait fort, se sentant outrageusement coupable d'avoir été pris dans la chambre d'une jeune fille. Elle ne devait pas avoir plus de seize ans. Ses yeux se posèrent sur les posters qui bordaient les murs de sa chambre. Il ne reconnut pas les garçons sur les affiches, mais l'idole adolescente sexy ne semblait pas avoir changé peu importe en quelle année c'était.
« Regarde-moi » demanda la jeune fille.
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, » dit catégoriquement Edward.
« Oh, bordel de merde, » murmura-t-elle. Son soupir dramatique était étrangement familier. « Très bien. Reste-là une seconde. Ne bouge pas. »
Il entendit de doux bruits de pas sur le sol puis une autre porte s'ouvrir derrière lui. Edward pensa à s'enfuir, mais maintenant que sa panique commençait à se calmer il était franchement curieux. La jeune fille savait définitivement qui il était. Il devrait probablement rester là pour savoir à quelle époque il avait atterri.
Par ailleurs, il ne voulait pas se faire prendre par un père en colère en sortant de la chambre d'une jeune fille mineure.
Il y eut un bruit de froissement pendant une minute ou deux avant qu'elle dise. « D'accord. Tu peux te retourner maintenant. Je suis habillée, je te le promets. »
Il se retourna lentement, prudemment, au cas où la jeune fille essaierait de lui jouer un tour. Il poussa un long soupir de soulagement en voyant qu'elle avait mis un jean et un tee-shirt. Elle rit alors qu'elle s'affalait sur le lit en frottant ses longs cheveux noirs comme le jet avec une serviette. « Désolée pour ça. Je ne t'attendais pas tout de suite. Je n'étais pas prête. »
Edward ne répondit pas tout de suite. Sa familiarité avec lui le rendait perplexe, mais plus il la regardait, plus il se rendait compte qu'il la connaissait. Ses yeux sortirent presque de sa tête quand il regarda bien les siens.
Un œil noir, un œil ambre.
« Alice ? »
Elle lui sourit en secouant tristement la tête. « Tu en a mis du temps. »
« Mais... tu as grandi. »
Elle pinça les lèvres. « Plus ou moins. »
Critique comme jamais. « Je ne comprends pas, » admit-il. Il se retourna lentement, se regardant dans le miroir pour s'assurer qu'il n'avait pas imaginé le visage qu'il avait. « Si j'ai à nouveau vingt-neuf ans, tu... tu as quel âge ? »
« Moi ? Je suis hors du temps. Mais ce corps a seize ans si c'est ce que tu demandes, » dit Alice avec un clin d'œil. « Tu as toujours vingt-neuf ans ici. »
Repérant une chaise derrière lui, Edward s'assit lourdement en se pinçant l'arête du nez alors qu'il tentait de donner du sens à un monde absurde. Il poussa un petit grognement de frustration.
« Tu vois, c'est ça ton problème, » dit joyeusement Alice. Il leva les yeux à temps pour la voir rebondir légèrement sur son lit, s'allongeant de sorte que sa tête soit inclinée au bord du lit, ses cheveux pendant jusqu'au sol. « Voilà comment tu es, tu répètes plusieurs fois tes journées au lycée et tu cherches une sorte de logique à tout ça. » Elle roula et soutint son menton avec ses mains alors qu'elle le regardait. « Tu es un peu crétin, mec. »
Les lèvres d'Edward s'incurvèrent. « Tu es encore plus bavarde que je me souviens. »
« Toi plus que tout devrais savoir que certaines choses viennent avec le corps dans lequel tu es. J'ai seize ans ! Je suis impertinente et je pense que je sais tout, » dit-elle avec un sourire.
« A quel point c'est différent de quand tu avais cinq ans ? » demanda-t-il.
Elle rit. « Harry Potter en moins » souligna-t-elle.
« Harry Potter... Oh ! » Edward lui ébouriffa les cheveux. « C'est vrai... Les nargles, les pensives et les baguettes. »
« Oh mon dieu ! » rit Alice.
Edward sourit puis soupira à nouveau, frottant ses yeux avec ses mains avec lassitude. « Eh bien, peut-être que je suis crétin, mais je n'arrive pas à comprendre ce que je suis censé faire de cette journée. » Il laissa ses yeux papillonner vers les siens. « A moins que ça ait quelque chose à voir avec Jasper, » tenta-t-il. C'était la seule chose à laquelle il pouvait penser. Tout ce qui avait terriblement mal tourné dans sa première vie avait changé ou allait changer s'il avait quelque chose à dire à ce sujet. Jasper devait être la dernière pièce du puzzle. Pas vrai ?
Le sourire d'Alice s'effaça, son expression devint sérieuse et inhabituellement douce. « Tu ne peux pas le sauver. »
« Mais... je pensais, peut-être que s'il savait, il pourrait avoir une greffe, ou... »
« Je suis désolée. Il n'y a rien que tu puisses faire. Jasper est destiné à mourir. »
Edward souffla en détournant les yeux de la jeune fille. Il serra les poings, luttant contre l'amertume qu'il ressentait. Ça semblait tellement injuste. Pendant tout ce temps, il s'était forcé à ne pas y penser, mais l'espoir qu'il pourrait en quelque sorte changer le destin de son ami avait toujours été présent dans le fond de son esprit. Ce dernier 'non' était comme une pierre dans son estomac, ce qui fit monter la bile dans sa gorge.
« C'est pareil pour mes parents ? » se força Edward à demander, se demandant s'il devrait éventuellement faire face à cette perte en plus de perdre son meilleur ami.
« Non, » dit doucement Alice. « Leur mort était complètement inévitable la première fois. Ils seront encore sur ton dos pendant très longtemps, » le taquina-t-elle.
Ses paroles lui apportèrent un certain réconfort. Edward ferma les yeux, se forçant à prendre une profonde inspiration, rangeant son angoisse sur le sort de Jasper pour le moment. « Alors quoi ? Je ne comprends pas ce que je rate ? »
« Ton problème c'est que tu penses trop, » dit Alice. Elle leva les yeux au ciel. « Tes cheveux vont devenir gris prématurément, tu sais ? Tu ne devrais pas mettre autant de stress dans ce corps. C'est seulement un adolescent après tout. »
« Qu'est-ce que tu dis ? »
« Je dis que tu traites toute cette situation comme un travail. Tu veux des délais et des actions à entreprendre. Pourquoi ? Ugh. Tu sais combien d'adultes tueraient pour redevenir ado ? » dit Alice, assise les jambes croisés, levant les mains. « Et c'est important pour toi Edward. Tu es un adolescent. Tu n'auras pas une autre ado... lescence. »
Puis elle le regarda sérieusement. « Tu deviens très facilement frustré avec ton corps et les choses que tu dis que tu ne peux pas contrôler parce que tes deux côtés sont en guerre l'un avec l'autre, » expliqua-t-elle. « Laisse l'adolescent gagner. Sois un gamin. Parle à tes parents sans ressentir cette culpabilité. Sois un peu dingue. Aies un stupide béguin pour une stupide fille. Je te promets que ça ne fera pas de toi un pervers. Va au centre commercial. »
« Il n'y a pas de centre commercial à Forks, » murmura Edward.
Alice lui lança un regard assassin.
« Sois un gamin... » répéta Edward avec scepticisme.
Alice leva les yeux au ciel. « Si tu dois donner un sens à tout ça, penses-y de cette façon. C'est ta vie. Tout ce que le destin cherche aurait pu arriver la première fois. C'est l'une des raisons pour lesquelles tu ne peux pas aider Jasper. Tu n'aurais pas su qu'il était malade, alors tu n'aurais pas pu le prévenir la première fois. Tu vois ? »
« En quelque sorte, » dit Edward à contrecœur.
« Alors détends-toi. Tu as presque trouvé la bonne réponse l'autre jour. Laisse le destin et l'instinct te guider, » dit-elle. Elle haussa les épaules. « Il n'y a rien d'autre à faire, juste profiter d'être un adolescent. »
Elle se leva et se dirigea vers une étagère qu'Edward n'avait pas remarquée auparavant. Sur le plateau se trouvaient une foule de vieux livres et quelques articles. La série Harry Potter, réalisa-t-il. Il l'observa avec un sourire amusé alors qu'Alice prenait sa fidèle baguette.
« En souvenir du bon vieux temps, » dit-elle avec un clin d'œil. Puis elle agita la baguette vers lui. « Evanesco ! »
~ 25 janvier 1999 ~
Edward se réveilla, clignant des yeux pour repousser le sommeil alors qu'il tentait de se concentrer sur les affiches floues désormais trop familières accrochées au plafond. Il inspira profondément et souffla lentement.
Plongé dans ses pensées, il attrapa ses lunettes en évitant de regarder l'horloge, même s'il savait ce que ça dirait. Bien sûr. Non seulement, c'était le 25 janvier, mais il n'aurait dû se réveiller que dans une heure et demi.
Les adolescents n'étaient pas censés faire grâce matinée, pas vrai ?
Mais il était définitivement réveillé.
Qu'est-ce que ferait Edward l'adolescent ?
Sa libido avait quelques suggestions. L'exploration de sa chambre et de son ordinateur avait dévoilé plus d'un titre pornographique. Edward était plus que positif que sa main droite était sa meilleure amie dans sa vie originale, mais il ne pouvait pas vraiment utiliser ce facteur maintenant.
Esmée entrait toujours sans frapper après tout.
Mais là encore... il y avait toujours la douche.
Edward laissa retomber sa tête sur son oreiller, irrité. Au diable la règle 'toute les huit secondes' d'être si précise.
Avec un soupir, Edward se leva et se précipita sous la douche, allumant l'eau froide. Quand il fut habillé et prêt, il restait encore beaucoup trop de temps avant l'heure d'aller au lycée.
Edward regarda son ordinateur. Le désir était toujours là, un empressement à assouvir. Il y avait quelque chose avec le cliquetis des touches noires sous ses doigts qui était tellement apaisant. Souvent il ressentait plus un rôle dans son monde en ligne qu'il le faisait dans la vraie vie.
Eh bien, s'expliqua-t-il, s'il pouvait terminer sa quête ce matin, il aurait le temps de discuter avec ses parents pour qu'ils l'inscrivent dans un cours d'arts martiaux. Ça les rendrait heureux. Un peu d'équilibre. Et il pourrait travailler sur ces muscles dont il manquait.
Cette justification fut tout ce qu'il lui fallait. Edward secoua la souris, réveillant son ordinateur de son état de veille, et cliqua sur l'icône EQ.
« Edward, lève... »
« Arg ! » sursauta Edward alors que sa mère entrait dans la pièce.
« Toi, » termina Esmée, l'air perplexe. Puis elle soupira. « Jeune homme, tu as déjà dormi ? »
« Quoi ? Oui Maman, » dit Edward, distrait par la façon dont le temps était passé. Il aurait pu jurer que ça ne faisait que dix minutes qu'il s'était assis, mais l'horloge disait qu'il restait une demi-heure avant qu'il doive partir pour l'école. « Je te le jure. Je me suis levé tôt et je n'arrivais pas à me rendormir. »
Esmée sembla sceptique. « Je ne comprends pas pourquoi tu dois être sur cette chose matin, midi et soir. »
« Je veux faire du jujitsu ou quelque chose du genre, » murmura Edward, plus préoccupé par le monstre qu'il était sur le point de tuer.
« Quoi ? »
« Rien ! Regarde, je suis habillé. Je suis déjà prêt, » dit Edward avec dédain. « Pu... rée ! » s'exclama-t-il, se reprenant juste à temps alors que le monstre lui donnait un coup critique.
Esmée soupira, apparemment décidée de ne pas insister sur la question. Elle pointa son fils du doigt. « Je dois aller travailler tôt alors je ne peux pas m'assurer que tu ailles à l'école à l'heure. »
« Je ne suis pas un gamin, » marmonna Edward. « J'ai ma voiture. Je n'ai pas besoin que tu surveilles si je vais à l'école. » Céder à son côté adolescent était toujours plus facile avec ses parents. Il se demandait pourquoi.
« Souviens t'en, je t'ai prévenu. »
~ 0 ~
« Putain, putain, putain, putain. »
Edward était vraiment en retard à l'école, la sonnerie signalant la fin du premier cours avait déjà sonné au moment où il se gara sur le parking. Comme il avait dû se garer tout au bout, il dut courir pour entrer à temps dans le bâtiment.
Et bien sûr, alors qu'il arrivait dans le couloir, il tomba nez à nez avec le principal Greene.
Au moment du cours d'anglais avec Jasper, Edward n'était pas de bonne humeur.
« Je ne peux pas attendre pour déjeuner, » annonça Jasper, l'air fatigué.
« Moi si » grommela Edward. Il agita une feuille de retenue devant le visage de son meilleur ami.
Jasper siffla avec sympathie pendant qu'il lisait le papier. « Retenue au déjeuner. C'est... nul. »
« Je peux gérer la retenue. Ma mère va péter un câble, » grogna Edward en s'effondrant sur sa chaise. Il repensa à la déclaration d'Alice, que tout le monde voudrait redevenir un gamin. Bien... parce que la retenue et le fait qu'il savait qu'il allait se faire réprimander quand Esmée devrait signer le mot du principal c'était vivre la grande vie.
Alors que la journée se poursuivait, Edward se força plus d'une fois à se détendre. Au lieu de regarder autour de lui, constamment en alerte que quelque chose se passe mal, il garda les yeux sur son calepin. Au lieu de le rejeter comme immature, il laissa son stylo dicter ses griffonnages... même s'il choisit de dessiner des seins. Et quand vint l'heure du déjeuner, Edward prit son temps.
Au moins c'était nouveau...
Edward se dirigea vers la classe, les épaules affaissées, anormalement perturbé par ce que sa mère ferait dès qu'il rentrerait chez lui. Si elle lui prenait son ordinateur pour la semaine, c'était comme s'il mourrait sans lui.
Non pour la première fois, Edward roula des yeux devant ses débats intérieurs. Ça aurait été tellement plus facile de suivre le mouvement si les adolescents n'étaient pas les rois du drame.
Son dialogue interne coupa court alors qu'il entrait dans la salle de biologie, ses yeux atterrirent sur la fille qui avait posé sa tête sur ses bras à leur table. Son cœur fit ce petit saut bizarre, et soudain, son désespoir à la perte de son ordinateur lui sembla sans importance.
Peu importe combien de fois il avait revécu la journée, Bella était restée déprimée pendant tout le cours. Il avait dû se rappeler à maintes reprises que ce n'était pas ses affaires.
Mais c'étaient des règles adultes. Les adolescents étaient curieux... et manquaient de tact. Au moins, c'était son excuse.
« Hey Bella, » la salua-t-il doucement alors qu'il s'asseyait à côté d'elle.
Bella ne lâcha qu'un hm en réponse.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il franchement.
Là où la plupart des filles sauteraient sur l'occasion pour soupirer, faire la moue, et se débarrasser de leur problème, Bella secoua la tête.
Ça envoya Edward dans une spirale. Il se racla la gorge, ne voulant pas laisser tomber maintenant qu'il avait décidé de poursuivre le questionnement. Il chercha quelque chose d'autre. « Alors... tu as regardé l'épisode d'hier soir ? »
« Bien sûr » dit Bella catégoriquement, ne le regardant toujours pas. « C'est la deuxième fois que Scully se fait tirer dessus dans cette saison. »
« Mais c'était la première fois que c'était réel, » souligna Edward.
Bella haussa les épaules.
Edward fronça les sourcils, se trouvant en extase devant l'énigme qu'elle représentait. Il voulait qu'elle lui parle, mais comment il pouvait faire ?
Pendant tout le cours, Edward fit la conversation le plus souvent à sens unique. Même pendant qu'ils faisaient le TP, les réponses de Bella étaient courtes et sommaires. Ils finirent le TP bien avant les autres, laissant à Edward beaucoup de temps pour s'attarder sur la façon dont briser le silence naturel de la jeune fille. Il savait par expérience qu'elle n'était pas une personne impolie, alors quelque chose devait lui peser pour que ses réponses soient si courtes.
Quelqu'un se raclant la gorge leur fit lever les yeux.
Monsieur Banner se tenait là, l'air un peu agacé. « Isabella, ne pensez-vous pas qu'Edward devrait avoir une chance d'avoir le microscope ? »
Bella fronça les sourcils, regardant Monsieur Banner avec une expression perplexe. « Monsieur ? »
« Je ne peux pas tolérer que vous fassiez le travail d'Edward à sa place. Ça ne lui fera pas de bien sur le long terme et... »
« Excusez-moi Monsieur Banner mais, je n'ai pas fait le TP seule, » dit Bella, sa voix plus qu'un peu agacée.
« J'en ai fait trois sur cinq en fait, » dit Edward, irrité.
Monsieur Banner avait l'air très suspicieux. « Mademoiselle Swan est une élève du niveau avancé qui est malheureusement coincée dans un cours de biologie du niveau normal, » informa-t-il à Edward. « Et à ce stade, vous n'avez montré que peu ou pas d'intérêt pour ce cours Monsieur Cullen. Vous voulez me faire croire que vous avez terminé rapidement ? »
Il fallut beaucoup d'efforts, mais Edward se mordit la langue avant de dire quelque chose de trop cinglant. Il avait été aux commandes pendant de nombreuses années. Il dut se rappeler qu'il n'était plus le grand patron. Il était un lycéen humble et, en règle générale, les enseignants du lycée ne respectaient pas vraiment les élèves.
Avant qu'il puisse formuler une réponse qui ne comprenait pas 'va te faire foutre', Bella prit la parole. « Monsieur Banner, Edward a fait sa partie du TP. Je suis sûre, vu qu'il a été capable d'identifier les diapositives la première fois, qu'il sera plus qu'heureux de les identifier à nouveau si vous apportez un autre kit. »
Edward redressa la tête et son cœur s'accéléra. Il n'était pas tout à fait certain de pouvoir identifier les diapositives pour ce qu'elles étaient. Il répétait cette journée depuis si longtemps qu'il avait mémorisé l'ordre. Mais il ne pouvait pas laisser Monsieur Banner voir ça, alors il retint son souffle et regarda fixement le vieil homme.
Finalement, Monsieur Banner souffla. « Ce ne sera pas nécessaire. »
« Bon sang, » souffla Edward quand le professeur s'éloigna.
« Ça te donne envie de continuer d'être fainéant, pas vrai ? » dit Bella en secouant la tête.
« Je ne suis pas fainéant » protesta Edward en fronçant les sourcils.
Bella fit un petit son d'incrédulité, un petit sourire visible alors qu'il regardait son profil.
Edward roula des yeux mais n'insista pas sur la question, estimant qu'il aimait le petit sourire amusé sur son visage. « Alors... tu était en biologie avancée d'où tu viens ? C'est plutôt impressionnant. »
Au lieu de répondre, Bella se contenta de hausser les épaules nonchalamment, mais il vit ses joues rougir et son sourire faiblir. Il fronça les sourcils, un peu confus. Être admise dans un cours de niveau avancé était quelque chose dont elle pouvait être fière, mais là encore, elle avait l'air gênée.
« Tu es timide, » réalisa-t-il, sa voix trahissant à quel point il était confus.
Bella le regarda furtivement, ses lèvres se retroussant un peu comme si elle ne savait pas si sa révélation devrait lui faire froncer les sourcils. « Non, je veux dire... un peu je suppose. »
« Mais... tu semblais si audacieuse quand tu as tenu tête à Monsieur Banner. Et quand tu as crié après moi, » dit Edward, amusé et un peu incrédule.
Comme si c'était rapidement devenu prévisible, les joues de Bella rougirent, mais les coins de ses lèvres s'incurvèrent légèrement. « Quand je suis frustrée, j'oublie d'être timide, » admit-elle.
Edward fronça les sourcils, le regret peignant ses traits. « Je t'ai frustrée ? »
Ses yeux incertains trouvèrent les siens et il put voir qu'il y avait une lutte à l'intérieur avant qu'elle ne lâche sa réponse. « Je ne t'avais jamais vu avant, ne t'avais jamais parlé, et tu m'as traitée comme si tu me détestais parce que j'existais. »
C'était surprenant, à quel point l'expression blessée sur son visage le fit se sentir plus bas que terre. Il tendit la main, le bout de ses doigts caressèrent les siens alors qu'il la regardait dans les yeux. « Je suis vraiment désolé pour ça. »
Sa respiration devint saccadée, ses yeux s'écarquillèrent un peu alors qu'elle se tournait vers lui. Ce ne fut que pendant l'espace d'un instant puis elle secoua la tête légèrement et haussa les épaules. « Merci, » dit-elle sincèrement. « Et pour être honnête, j'ai probablement réagi de façon excessive. Ça me frustre quand on traite quelqu'un injustement. »
« C'est un monde injuste, » songea Edward, pensant à combien ses actions involontaires avaient causé plus de mal qu'il ne l'avait compris auparavant.
« C'est juste difficile parfois parce que je ne comprends pas la cause de ce comportement. Je veux dire, je sais que la vie n'est pas juste, tu sais, certains d'entre nous sont nés avec une génétique qui nous donne de terribles maladies, certains ont des malformations et encore et encore, » dit-elle en faisant des gestes avec sa main. « Ce que je ne comprends pas c'est l'homme. On peut être si cruel les uns envers les autres... et pourquoi ? »
Elle secoua la tête. Puis elle sourit alors qu'elle prenait l'une des diapositives. « C'est pourquoi j'aime la science. C'est la survie du plus fort pour les fleurs, les animaux... même les planètes et les étoiles, mais au moins ça prend tout son sens. Si un animal en tue un autre, c'est pour se nourrir ou pour se défendre, et non pas parce qu'il n'aimait pas la couleur de la fourrure de l'animal, tu vois ? » Elle haussa les épaules. « Je ne sais pas. Il y a quelque chose de réconfortant de savoir que je peux toujours regarder une de ces diapositives et de savoir ce qui se passe. »
Quand elle leva les yeux, trouvant son regard sur elle, elle rougit jusqu'à son cou. Consciemment, Bella croisa les bras et s'affaissa un peu sur sa chaise. « Désolée, » murmura-t-elle. « Je ne sais pas pourquoi je t'ai dit tout ça. »
« Non, » dit rapidement Edward. « Je comprends. » Il sourit devant son expression incrédule. « Vraiment. C'est pourquoi j'aime les jeux. Je joue à des jeux en ligne, tu sais ? »
« Est-ce qu'on parle de genre... du poker en ligne ou de jeux de MMO ? »
Le sourire d'Edward s'élargit. Elle connaissait son jeu... « EQ, » essaya-t-il.
« Ah. Je connais, mais je n'ai jamais joué. »
« C'est un monde assez dynamique, parce qu'il y a tellement de joueurs que le niveau de difficulté est assez élevé pour être intéressant. Et pourtant, tu peux encore gagner à EQ, tu sais ? » Il haussa les épaules et leva les yeux au ciel. « Du moins, si le jeu ne bug pas. »
« Mais même, les bugs sont réparables, » dit Bella en hochant la tête.
« Exactement. »
Ils se turent, se souriant timidement. Edward eut la pensée soudaine qu'il pourrait vivre pour voir l'un de ses magnifiques petits sourires. Même s'il était toujours curieux de savoir ce qui l'avait mis dans cet état là en premier lieu, il était ravi à l'idée qu'il pourrait lui remonter le moral.
Ça avance tout doucement entre Edward et Bella... mais comme on dit, qui va doucement va loin :P
J'espère que ce chapitre vous a plu^^
Je vous souhaite un bon week-end!
A bientôt!
xoxo
