Disclaimer: Twilight est la propriété de Stephenie Meyer. Cette histoire appartient à LyricalKris (lien sur mon profil), seule la traduction m'appartient.
Bonjour tout le monde! Me voilà avec un nouveau chapitre =)
Merci à toutes pour vos reviews et les nouvelles mises en alerte/favori. so06: Oui Alice est réticente à l'idée qu'Edward travaille avec Bella car elle sait à quel point c'est dur pour lui d'être près d'elle sans pouvoir être plus qu'amis. Jasper ne sait pas qu'il est malade, bien au contraire, ça va être un choc pour lui. J'espère que ce chapitre te plaira ;) xoxo
Merci également à ma bêta, Missleez.
CHAPITRE 21 : Tu seras en paix quand se sera terminé
« Tu as beaucoup d'amis. »
Edward fut momentanément distrait, s'allongeant alors qu'il était au sol. Il regardait le plafond plein de nuages gris. Il soupira, pensant que s'il se réveillait en sorcier, il ne s'habituerait probablement jamais à ce genre de choses.
Finalement, il roula pour trouver Alice sur le sol avec lui, assise les jambes croisées dans un costume complet de sorcière avec des lunettes. « Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-il, sachant qu'elle avait parlé mais qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle avait dit.
« J'ai dit, tu as beaucoup d'amis, » répéta Alice en parlant lentement comme s'il était très bête. « Tu as eu une grosse fête. »
Edward sourit légèrement. « Je ne pense pas que j'ai beaucoup d'amis. C'est Forks. Il n'y a pas beaucoup de choses à faire et j'ai une grande maison. »
« C'est une bonne chose d'avoir des amis, » déclara Alice, approbatrice. « Tu n'avez pas beaucoup d'amis avant. »
Elle avait raison là-dessus. Même s'ils n'étaient pas le genre d'amis qu'étaient Bella et Jasper, au moins il avait une connaissance positive de la majorité de sa promotion. « Ouais, je suppose que je pourrais effectivement le refaire pour la réunion, hm ? » dit-il facilement.
« Ré... ré... quoi ? »
« Rien, » dit-il en souriant avec indulgence.
Elle le regarda. « Il y en a seulement un peu qui partent, tu sais. »
Edward regarda à nouveau le plafond enchanté. « C'est vrai ? »
Alice se leva, marcha jusqu'à lui et déposa un baiser sur sa joue. « Je suis désolée, » dit-elle en enroulant ses bras autour de lui.
Edward ne dit rien. Il sentait qu'il savait pourquoi elle s'excusait et ce n'était pas quelque chose à laquelle il était prêt à faire face. Fermant les yeux, il serra la petite fille contre lui, sachant qu'il n'y avait pas moyen d'éviter l'avenir.
~ 5 septembre 1999 ~
Pas pressé de se réveiller, Edward garda ses yeux fermés même après qu'il eut repris conscience.
Même sans regarder le réveil, il savait que beaucoup de temps avait passé. Ses souvenirs revinrent sur des moments qui avaient en fait été un très bon été. Il avait travaillé avec Bella et était sorti principalement avec elle et Jasper tout l'été, à la fois virtuellement et dans la vie réelle.
Edward laissa ses pensées s'attarder un moment sur Bella, se livrant à la douceur amère des jours qu'ils avaient partagé. Elle n'avait plus l'air confuse, mais il semblait aller mieux au fait d'être juste des amis. Il parvenait mieux à ne pas la regarder de cette façon nostalgique, mais il ressentait encore le resserrement de l'émotion. Sa confusion avait été remplacée par un sourire mélancolique qu'elle n'arrivait pas à cacher.
En toute honnêteté, ça atténuait un peu la douleur de devoir rester loin d'elle. Aussi difficile que ça l'était, il était heureux de la voir sortir avec d'autres personnes dans ses souvenirs. Elle était sortie avec Mike, Jessica et Angela. Elle avait développé une bonne amitié avec un garçon de la réserve nommé Jacob.
Il était plus facile de voir ce dont Alice parlait. En regardant en arrière, Edward reconnut que quand Bella et lui étaient ensemble, il était trop facile de disparaître dans une bulle privée rien que tous les deux. Elle devrait avoir plus de connaissances que juste lui. C'était vrai.
Une autre chose positive à laquelle Edward s'accrochait c'était sa relation avec son frère. Une fois séparés à un moment douloureux, ils étaient maintenant plus proches qu'ils ne l'avaient été quand ils étaient enfants. Au cours de l'été, Emmett avait arrêté de le taquiner, en profitant pour sortir le plus souvent avec Edward, au point même de traîner son petit frère hors de la maison pour une virée à la pêche.
Emmett était un garçon sur le point de devenir un homme et une partie de lui était terrifiée. Il le cachait bien, mais Edward pouvait le voir à la façon dont il s'était cramponné à ses parents cet été. Il se souvenait bien de ce sentiment, tout comme il se rappelait que ses parents n'avaient pas été là quand il avait finalement grandi.
Se rappelant tout ce qui avait changé pour le mieux, il put enfin se résoudre à ouvrir les yeux et à affronter la journée.
Alors qu'il se douchait et se préparait pour l'école, Edward essaya de se convaincre qu'aujourd'hui n'était pas le jour qu'il pensait, peu importe combien la chronologie concordait. Il avait certes eu un peu plus de temps.
Quand il arriva à l'école, il fut surpris et effrayé de voir Jasper assis dehors sur l'une des tables de pique-nique humides, la tête posée sur la table et une expression sombre sur le visage. Edward accéléra jusqu'à ce qu'il court pratiquement.
« Jasper ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu vas bien ? » laissa-t-il échapper, paniqué qu'il soit soudainement à court de temps.
Son ami se redressa, les yeux plissés de confusion. « Mec. C'est quoi ce bordel. Calme toi. Je vais bien. » Son visage s'assombrit et cette fois il tapa son front sur la table devant lui.
« D'accord... » dit doucement Edward. « Quelque chose ne va pas. »
« Ouais, peut-être, » admit Jasper d'une petite voix bizarre. Il leva la tête, son expression songeuse. « Maria a dit... eh bien, elle pourrait avoir... tu sais... du retard. »
« Oh. Oh ! » Edward cligna des yeux parce que c'était la dernière chose à laquelle il s'attendait. Il s'assit en face de son ami, cherchant quelque chose à dire.
La relation de Maria et Jasper n'avait pas passé l'été, un fait qui avait rendu Edward à la fois triste et en colère. Mais il avait dû se rappeler que généralement les relations entre adolescents ne duraient pas. Elles devenaient chaudes et lumineuses avant de disparaître comme si elles n'avaient jamais existé.
Il se demanda brièvement si sa relation avec Bella aurait passé par là avant de se tourner vers son ami.
« Jasper... tu sais mieux que quiconque que Maria est, euh... dramatique, » déclara prudemment Edward. « Je veux dire, il vaut peut-être mieux ne pas paniquer jusqu'à ce que tu sois sûr. »
« Je sais, » dit Jasper, donnant l'impression que cette pensée le faisait se sentir un peu mieux. Il frissonna. « Mais c'est foutrement effrayant. Pas seulement tout le truc... » Il regarda autour de lui et baissa le ton. « Le truc du bébé, mais la pensée d'être lié à Maria pour toujours ? »
Edward grimaça. Maria s'était avéré être très persuasive et manipulatrice, pas quelqu'un de qui il aurait voulu être l'ami à long terme.
Bien sûr, il savait que Jasper n'avait pas beaucoup de temps.
« Je suis sûr que ça va aller, mec, » dit-il en posant une main sur l'épaule du garçon blond. La cloche sonna, les distrayant tous les deux. « On va en cours ? »
Jasper grogna en se levant. « Ouais, je suppose. »
Ils allèrent dans des directions différentes pour leur premier cours, Edward au cours d'anglais de Monsieur Berty avec Bella et Jasper en histoire. Ils se retrouvèrent au cours de sport.
Dans sa première vie, Edward n'avait eu aucun cours avec Jasper pendant sa dernière année. Au début, il n'arriva pas à comprendre pourquoi ça avait changé jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'il avait dû rattraper deux de ses cours après les avoir séchés vers la fin de son année de première. Son emploi du temps était détraqué.
« Très bien les enfants. C'est encore ce moment de l'année, » déclara le coach Clapp d'une voix forte. « Il est temps de courir le kilomètre. » Il rit alors que les élèves gémissaient. « Regardez ça. C'est une belle journée aujourd'hui, alors vous allez pouvoir courir sur le terrain plutôt que monter et descendre les escaliers ici, » dit-il en montrant le gymnase.
Consciencieusement, les adolescents se dirigèrent tous vers l'extérieur et se mirent à courir.
Jasper surprit Edward en piquant un sprint, devançant les autres élèves presque automatiquement. Clignant des yeux, Edward courut après lui.
« Hé, peut-être que tu devrais garder ton énergie, » suggéra-t-il doucement, les mots sortant entre ses halètements.
« Je m'en tape, » haleta Jasper. « Je veux en finir avec ça. »
« Il y a quatre tours à faire Jasper. Tu ne pourrais pas continuer longtemps... »
Jasper secoua la tête gardant obstinément son rythme. Qu'est-ce qu'Edward pourrait faire pour le garder avec lui ?
L'inquiétude l'envahit, comme elle le faisait toujours quand il devait assister à quelque chose d'ardue que Jasper faisait. Au moment où ils entamèrent le quatrième tour, Edward se mordait durement l'intérieur de la joue, ayant du mal à contenir sa nervosité. Il se maudissait d'avoir cru Alice, qu'il ne pouvait rien dire parce qu'il était censé ne pas être au courant de l'état de son ami. Il aurait pu convaincre Jasper...
Mais l'instant d'après, il était trop tard.
Edward regarda avec horreur du coin de l'œil alors que Jasper tirait sans relâche sur son t-shirt. Les pas du garçon blond faiblirent avant qu'il ne s'arrête, sa main serrant sa poitrine.
« Jasper ? » demanda Edward en s'arrêtant à côté de lui.
Le temps d'une respiration, les yeux de Jasper rencontrèrent les siens écarquillés, terrifiés et confus, avant de rouler dans leurs orbites et il s'effondra sur l'herbe humide.
~ 0 ~
Le temps passa dans un flou et pourtant Edward était mort de peur que chaque instant de cette journée horrible soit gravé dans sa mémoire pour toujours. Le visage de Jasper, lâche et complètement pâle, lisse à cause de la sueur qui coulait sur sa peau. Sa poitrine montait et descendait à un rythme trop rapide pour quiconque. Le coach Clapp cria à quelqu'un de courir jusqu'à l'école pour appeler les urgences, et la façon dont les mains de l'homme plus âgé touchaient au hasard la poitrine de Jasper comme s'il ne savait pas quoi faire.
La salle d'attente étaient remplie par la moitié des élèves, mais Edward ne fit attention à aucun d'eux. Ses yeux étaient fixés au sol, essayant de ne pas penser à la façon dont il aurait pu éviter ça. Il aurait dû faire quelque chose pour arrêter ça.
A un moment donné, Bella le rejoignit poussant Mike sur le côté pour qu'elle puisse s'asseoir à côté d'Edward. Elle lui prit la main et ne la lâcha pas. Le poids de son corps contre son flanc était son seul réconfort.
Des heures ou des minutes passèrent avant que Carlisle apparaisse. Il posa sa main sur l'épaule d'Edward, signifiant à Bella et lui de le suivre. Quand ils furent derrière les portes closes, Carlisle commença à parler sur ce ton doux et compatissant qui donna immédiatement envie à Edward de courir dans la direction opposée. Il avait entendu dire par beaucoup que les manières de son père étaient un grand soutien, mais Edward n'y trouva aucun réconfort aujourd'hui.
Il n'entendit qu'un mot ou deux. Le cœur de Jasper était endommagé. Jasper était mourant. Ils ne pouvaient pas empêcher ça. Il pourrait s'agir d'heures, de jours tout au plus.
Tout en lui était au plus bas, ses réactions étaient intérieures. Quand il entendit Bella commencer à pleurer, il enroula son bras autour de ses épaules, la tenant près de lui alors qu'il continuait à regarder dans le vide droit devant lui. Il demanda, « On peut le voir ? » d'une voix mécanique parce qu'il avait l'impression que c'était la bonne chose à faire.
En fait, Edward était effrayé de voir son ami pour ce qui pourrait être la dernière fois. Dans sa première vie, quand il avait appris que Jasper était gravement malade, il avait pris la bouteille de Jameson que James lui avait tendue et il l'avait bu d'une traite jusqu'à ce qu'il ne puisse plus penser.
Mais il comprenait qu'une partie de remettre les choses en place était de faire la bonne chose, même si c'était difficile.
Carlisle posa une main sur son épaule et la serra fermement. « Sa mère est avec son médecin en ce moment, alors vous avez quelques minutes. »
Il les guida à travers les couloirs de l'hôpital jusqu'à une petite chambre aux soins intensifs.
Bella s'arrêta, retenant son souffle juste avant d'entrer dans la pièce. Elle leva des yeux larmoyants vers Edward. « Vas-y, » murmura-t-elle. « Ça devrait être toi. »
Il se balança sur ses pieds, se demandant s'il était assez fort pour ça. Edward souffla, furieux contre lui-même d'être si égoïste. Jasper était celui qui vivait le cauchemar. Bella avait raison.
Prenant une profonde inspiration, il hocha la tête vers elle et son père, regardant alors que Carlisle montrait une petite salle d'attente plus privée pour les amis et la famille. Luttant contre une vague de vertiges, Edward entra dans la pièce.
Il put voir que Jasper était réveillé, les yeux fixés sur le plafond. Son teint était pâle, un peu moins que quand il s'était écroulé, mais il semblait toujours malade. Il avait un tuyau dans le nez, une perfusion au bras et le bip régulier du moniteur cardiaque, inquiétant étant donné la situation. Il ne regarda pas alors qu'Edward s'asseyait.
« Jasper... » commença Edward, mais il ne savait pas comment continuer.
« Tu n'es pas obligé de dire quoi que ce soit, » dit Jasper, sa voix douce et voilée... faible. « Je ne sais foutrement pas quoi dire, alors pourquoi tu devrais dire quelque chose ? »
Edward étudia son ami pendant un moment, essayant de jauger où il en était. Jasper semblait calme, mais Edward le connaissait assez bien pour voir le tremblement de sa main alors qu'il faisait rebondir nerveusement ses doigts sur les couvertures. « Tu n'as pas à... tu peux me parler tu sais. De tout. »
Au début, Jasper ricana, ayant l'air d'être sur le point de le rembarrer. Puis sa lèvre inférieure commença à trembler et il la mordit fort, prenant une inspiration sifflante. « Ma mère... elle est... je ne veux pas qu'elle sache, » commença-t-il, sa voix chancelante. Ses yeux bleus calmes étaient remplis de larmes, qui se mirent à rouler une à une sur ses joues. « C'est nul. Et je suis foutrement... »
Il tourna finalement la tête sur le côté, ses yeux trouvant ceux d'Edward. Il n'avait pas besoin de le dire. Il pouvait clairement voir la peur écrite sur son visage. Il ne voulait pas que sa mère sache à quel point il était terrifié.
Prenant une inspiration tremblante, calmant son envie de tout casser, de hurler et pleurer, Edward choisit soigneusement ses mots. « C'est clair que c'est nul, » convint-il d'abord. « Qu'est-ce qui te fait le plus peur ? »
« Le plus ? » souffla Jasper. « Tout, » admit-il. « Je n'y ai jamais pensé... Ce qui vient après. » Il secoua la tête doucement. « Ma mère dit toujours que les adolescents pensent qu'ils sont immortels... et je pensais que moi non, mais si. »
Edward hésita un moment avant de parler à nouveau. « Il y a un après. Et je pense que c'est... plutôt cool. »
Jasper sembla douteux. « Putain comment tu pourrais le savoir ? » demanda-t-il d'un ton amer.
« Regarde-moi, » dit sincèrement Edward. « Je te mens ? »
Jasper regarda, cherchant les yeux de son ami. « Non, » se rendit-il compte.
« Mourir... » C'était très difficile de dire ce mot, mais Edward savait que Jasper avait besoin de quelqu'un pour faire face à la réalité de la situation. « Ça ne fait pas mal. » Il savait. Il était mort une fois. « Et ensuite, tout aura du sens. Il y a une raison pour tout, toutes les conneries injustes qui se passent ici-bas. Tout va prendre du sens... On ne saura pas, mais toi oui. »
Jasper ne dit rien, se remettant à regarder le plafond. Pendant une minute, il n'y eut que le bruit de sa respiration, un peu laborieuse. « Comment tu le sais ? » demanda-t-il, sa voix faible.
Edward souffla, essuyant une larme qui avait soudainement coulé. « Je le sais. Je le sais c'est tout. Je te le promets. »
Tournant à nouveau la tête sur le côté, Jasper fit un demi sourire. « Je te crois, » dit-il. Il se mordit à nouveau la lèvre, ses yeux encore larmoyants. « C'est tellement dégueulasse. J'ai envie de jeter des trucs... ou frapper dans un putain d'oreiller... mais j'ai trop peur de bouger, » admit-il.
« Je suis désolé, » dit Edward, sa voix se brisant parce qu'il ferait n'importe quoi pour apaiser son ami. S'il avait pu, il aurait échangé sa place avec la sienne en un instant.
Jasper secoua la tête, essuya le reste de ses larmes et souffla pour retrouver le calme qu'il avait auparavant. « Ma mère va bientôt revenir. Je ne veux pas qu'elle voit ça, » murmura-t-il.
Edward se leva sans un mot, alla au petit lavabo dans la pièce et fit couler un peu d'eau froide sur une serviette en papier. Il la tendit à Jasper, observant alors que son ami s'essuyait les yeux, reprenant son sang-froid. Il lui semblait que Jasper serait le seul à mourir la tête haute.
En entendant la voix de sa mère dans le couloir, Jasper se tendit soudainement et saisit le poignet d'Edward. Pendant une seconde, ses yeux furent effrayés à nouveau, presque enfantins. « Tu ne vas pas... Je veux dire, tu... »
« Jasper, » l'interrompit Edward en retournant sa main afin de pouvoir serrer celle de son ami. « Je sais. »
Son ami hocha à nouveau la tête, semblant le croire. « Ne m'oublie pas, d'accord ? »
« Jamais, » promit Edward.
~ 0 ~
Bella resta avec Edward à l'hôpital, lui tenant la main, aussi longtemps qu'ils purent. Tout au long de la longue après-midi et soirée, sachant que Jasper s'affaiblissait rapidement et qu'il était avec sa famille.
Quand Carlisle vint, pour les inciter à rentrer chez eux, ils obéirent, sauf Bella qui alla chez Edward. Elle lui prit la main et le conduisit à l'étage dans sa chambre. Trop fatigué pour remettre en question ce qui se passait, Edward suivit simplement, s'allongeant sur son lit avec elle.
Bella se recroquevilla contre lui, sa tête enfouie contre son épaule. Elle avait pleuré toute la journée. Sauf pour une larme ou deux, Edward n'avait pas pleuré du tout. Mais ça allait venir. Il pouvait le sentir dans ses os, une douleur si terrible que ça le briserait sans doute en deux.
Pendant des heures après qu'ils soient rentrés, Edward se cramponna à Bella comme si elle était la seule chose qui le maintenait en vie.
Quand son père frappa à la porte tard dans la nuit, il sut que son ami était parti. Il pouvait le sentir dans son cœur, et l'angoisse absolue qu'il avait repoussé ne pouvait plus être ignorée.
Il serra les poings et les appuya fortement sur ses yeux pour essayer de retenir ses larmes. Peut-être qu'il aurait pu s'attendre à sentir les mains de Bella dans ses cheveux, le mouvement si doux et tendre que son cœur se brisa. Il lui fallut une minute pour réaliser que ce n'était pas son corps qui tremblait mais le sien.
Le lit s'affaissa une fois, deux fois et il sentit plus de mains dans son dos et ses cheveux. Il savait que ses parents étaient là. Il était littéralement entouré de gens qui l'aimait.
« Laisse-toi aller Edward. » La voix douce de son père brisa son dernier soupçon de volonté et Edward se mit à sangloter.
A certains égards ça semblait ridicule. C'était une deuxième chance impossible que personne ne pourrait revenir en arrière et avoir un regret. Il avait passé plus de temps avec Jasper et avait eu l'opportunité d'apporter à son ami quelques expériences qu'il aurait pu par ailleurs avoir manquées. Edward estima qu'il n'avait pas le droit d'avoir le cœur brisé et d'être totalement en colère.
Gardant une main serrée dans les siennes, Edward se retourna et se redressa pour agripper la chemise de son père. « C'est pas juste ! » cria-t-il, les seuls mots qu'il pouvait dire. Son esprit était presque incohérent à cause du chagrin et la culpabilité. Il enfouit sa tête dans le cou de Carlisle comme s'il était un petit garçon, ayant besoin de son père parce que les pères étaient plus forts et pourraient tuer les démons.
Edward pleura sur l'épaule de son père pendant quelques minutes avant que ses mains cherchent sa mère. Il serra Esmée très fort parce que Jasper ne pourrait plus enlacer sa mère.
Finalement, épuisé par beaucoup trop de larmes et de poids sur ses épaules, Edward se rallongea, trouvant Bella qui était toujours là à attendre. Il la prit dans ses bras et ils pleurèrent ensemble jusqu'à ce qu'ils s'endorment.
~ 0 ~
« Tu n'aurais pas pu empêcher ça, tu sais. »
Edward ouvrit lentement les yeux, trouvant une Alice de seize ans allongée à côté de lui dans son lit, chez elle. Il leva les yeux, ne voyant rien. Il ne savait plus s'il voulait crier ou pleurer à nouveau. « J'aurais pu lui dire avant. J'aurais dû lui dire avant, » murmura-t-il, sa voix rauque.
« Tu n'aurais pas pu, » souligna Alice. « Rappelle-toi, on a eu cette conversation. Si tu avais essayé de lui dire, tu aurais été renvoyé en arrière jusqu'à ce que tu te taises. Où est le bon sens ? » Elle lui tapota doucement le bras. « Tout le monde a un temps, Edward. Tu peux mourir avant l'heure, parce que tu sais mieux que quiconque que le destin ne dicte pas tout, mais tu ne peux pas rallonger ton temps. »
« C'est des conneries ! » cria Edward en se redressant. Il trouva l'élément le plus proche, une brosse à cheveux, et la jeta à travers la pièce. « C'est des putain de conneries ! Il a dix-huit ans putain. C'est juste des foutus conneries ! »
« C'est la vie, Edward, » dit calmement Alice. « La mort fait partie de la vie, et des enfants beaucoup plus jeunes que Jasper meurent tout le temps. »
Edward se pencha en avant, se tirant les cheveux, essayant de se calmer. Pourquoi ça faisait plus mal que quand il l'avait su ? Dans le monde d'où il venait, Jasper était mort depuis plus d'une décennie.
« Tu ne t'es jamais laissé ressentir sa mort la première fois, » répondit doucement Alice à sa question muette. « Tu l'as digéré avec l'alcool et tout ce que James et Royce voulaient que tu fasses. Et tu n'as jamais vraiment arrêté de fuir. » Son sourire était petit, presque maternelle alors qu'elle continuait. « Tu aurais fait n'importe quoi plutôt que d'affronter ces événements dans ta vie. »
« C'est en grande partie la raison pour laquelle tu as dû revivre cette journée d'aujourd'hui. Tu n'as pas fui. » Son sourire était fier. « Je sais que tu le voulais, mais tu ne l'as pas fait. »
Elle s'assit ensuite à côté de lui, lui faisant une accolade. « C'est la façon dont s'était censé être. Ça va faire foutrement mal pendant un moment, mais ça passera. »
« C'est quoi l'autre partie ? » demanda Edward.
« Quoi ? »
« Tu as dit que c'était en grande partie la raison pour laquelle j'ai dû revivre aujourd'hui. C'est quoi l'autre partie ? »
« Oh. Jasper, bien sûr, » dit doucement Alice. « La première fois, il n'avait personne. Aucune partie de lui n'aurait laissé sa mère voir à quel point il était effrayé. Il avait besoin de quelqu'un pour lui dire que c'était normal d'avoir peur. Il... »
« Arrête, » la supplia Edward. La culpabilité qu'il ressentait d'avoir laissé son meilleur ami faire face seul à la mort la première fois était trop dur à gérer.
Alice posa une main sur son bras. « Edward, tu étais là. Tu as rendu ça tellement plus facile pour lui, » lui assura-t-elle. « La première fois, il nous a quitté terrifié. Grâce à toi, il a pu partir en paix. Et c'est grâce à toi qu'il y a tant de gens qui pensent à lui. Je sais que ça semble ridicule, mais ça aide. »
Pendant de longues minutes, Edward ne dit rien, au lieu de ça il essayait de respirer malgré la douleur transcendante au milieu de sa poitrine.
« Je ne suis pas ignorante, tu sais, » dit brusquement Alice.
« De quoi ? » demanda Edward en se frottant les yeux.
« Tout ce truc de retour en arrière ? Je te l'ai dit... c'est difficile. Ce n'est pas censé être facile. Tu as dû revivre certains des jours les plus difficiles de ta vie tout à la fois. »
C'est sympa de l'entendre le dire, songea-t-il. Personne ne pourrait comprendre ce qu'il traversait. Il était si délirant qu'il ne voyait pas les récompenses. Ses parents, pour commencer. La vie de son frère était mieux aussi. Et Edward lui-même, aussi en deuil qu'il l'était, pouvait déjà dire que sa vie semblait se diriger dans une meilleure direction.
« Alice ? »
« Oui ? »
« Tu as dit que tout a une raison, non ? »
« Oui. »
« C'est quoi la raison de ça ? »
Alice ne parla pas tout de suite, l'air pensive quand finalement Edward se redressa. « Tu sais, ce que tu lui as dit, que quand tu meures, tu peux comprendre la raison de tout ? Toutes les choses injustes qui se produisent ont tout à coup un sens ? »
« Oui ? » dit Edward en se penchant en avant avec espoir.
Alice sourit gentiment. « Chéri, tu n'es pas mort. Ce n'est pas pour que tu comprennes... déjà. Mais ce sera le cas. Un jour. »
Très dur ce chapitre. Même si Edward savait que c'était inévitable, on n'est jamais prêt à laisser partir quelqu'un qu'on aime.
A bientôt!
xoxo
