William avait bien du mal à cacher sa joie depuis l'annonce de Julia. Il avait sans cesse le sourire au lèvres, était guilleret, acceptait tout sans rechigner... Non pas qu'au naturel il soit ronchon mais parfois il doutait, il émettait des réserves surtout quand Georges exposait une théorie loufoque ou lorsque l'Inspecteur donnait certains ordre. Mais il avait donner sa parole à Julia qu'il n'en dirait pas mot avant qu'elle ne l'y autorise. Fort heureusement l'autorisation vint un soir avec la visite de Julia. Il était temps car l'Inspecteur et les agents commençaient à se poser des questions à son sujet et à se montrer quelque peu inquiets. Julia vint rejoindre William dans son bureau comme elle le faisait souvent mais ce soir là était différent. A fond cela rappelait à William le soir où ils avaient annoncé leur mariage et malheureusement appris que l'Inspecteur avait été passé à tabac... Il espérait qu'aucunes mauvaises nouvelles ne viennent accompagner leur annonce. A cette heure il n'y avait plus personne en dehors des agents et c'était tant mieux. Le couple sortit enfin du bureau et demanda la parole. Cette fois William ne monta pas sur une chaise pour faire son annonce et resta aux côtés de Julia la tenant par la taille en un geste à la fois protecteur et amoureux.
« Hum Hum, Julia et moi avons une grande nouvelle à vous annoncer. » Son sourire faisait écho à la lueur dans le regard de Julia. « Nous avons l'immense bonheur et la joie d'attendre un enfant ! »
Les cris ne se firent pas attendre accompagnés de chaleureuses félicitations. Les plus enthousiastes étaient sans doute Georges et l'Inspecteur ! D'ailleurs ce dernier offrit une tournée générale le soir même. Nul doute qu'il s'empresserait d'annoncer la nouvelle à Margaret qui ne tarderait pas à venir voir le couple. Tous étaient heureux pour eux. Le couple ne rentra que tard ce soir là. Ils en profitèrent pour faire une longue promenade en amoureux. Ils abordèrent le sujet d'une maison. William était toujours bien décidé à construire leur maison et à ne pas en acheter une mais il lui semblait que le moment de commencer la construction était venu. Avec la venue du bébé, il faudrait changer leur organisation, et sans aucun doute sur le long terme leur lieu de vie. Le temps était donc venu de faire les plans et de chercher les fonds nécessaires à la construction. William se promis d'y travailler dès le lendemain.
Une fois de retour à l'hôtel, ils ne tardèrent pas à se mettre au lit. Toutes ses émotions les avaient fatigués. Et puis, il fallait bien avouer que depuis le début de la grossesse, Julia se sentait bien plus fatiguée qu'elle ne l'avait jamais été. Les semaines qui suivirent furent pour Julia éreintantes. Elle se rendit comme à son habitude à la morgue mais son travail la fatiguait rapidement, elle commençait à avoir des nausées à la vue de certains corps, en sentant certaines odeur.. Heureusement elle avait une assistante pour l'aider et faire le travail lorsqu'elle ne le pouvait pas. Cependant ces nouveaux états l'agaçaient, elle souhaitait garder son travail aussi longtemps que possible avant l'accouchement mais cela semblait à présent être compliqué. Inquiète par ces soudain changements, elle consulta un spécialiste. William l'accompagna. Depuis qu'il était au courant de la grossesse, il avait demandé à prendre plus de temps pour Julia et le futur bébé ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il était déjà très protecteur. Julia avait grandement peur de perdre l'enfant et malgré toute sa bonne volonté, William n'arrivait pas à la réconforter. Il en était décontenancé.
« Julia, rien n'indique que tu puisses perdre l'enfant, la fatigue est naturelle chez les futures mères, tu n'as pas à t'inquiéter. Je suis persuadé que tout ira bien. » lui répétait il souvent.
Mais l'avis du spécialiste fut tout autre il conseilla à Julia d'arrêter de travailler et de rester à l'hôtel pour économiser ses forces. Le choc fut tel pour elle qu'elle blêmit et ne pu prononcer un seul mot durant plusieurs minutes. Ce fut donc William qui tout en la calmant pris la parole.
« Vous pensez qu'il pourrait y avoir des risques pour l'enfant et la mère si elle poursuivait son travail ? N'y a -t-il pas de compromis possible ? » Il savait que se retrouver sans occupation serait difficile pour Julia.
« Non, je vous conseille vivement de rester chez vous Madame Ogden-Murdoch. Il en va de la santé de l'enfant et de la votre. Ce n'est sans doute pas facile pour vous mais c'est la meilleure solution... »
Julia se résigna, le retour chez eux se fit dans un silence assez lourd. Elle devait maintenant accepter l'inévitable. Elle demanda donc à William de passer à la morgue prévenir Miss James qu'elle devrait se passer d'elle pendant un temps indéterminé. Elle espérait que tout se passerait bien et que ses supérieurs ne lui causerait pas de problèmes en son absence.
Les journées semblaient interminables pour Julia, elle avait beau lire, faire des recherches sur la psychologie, sur certaines nouvelles maladies rien n'y faisait, son travail à la morgue et les enquêtes lui manquaient. Heureusement William rentrait chaque midi lui tenir compagnie et vérifier que tout allait bien pour elle et le bébé. Il en profitait pour lui parler de ses enquêtes, de ses journées car il voyait bien qu'elle avait besoin d'occupation. Et puis, il devait bien admettre que collaborer avec Julia était devenu essentiel pour lui. Miss James passait elle aussi de temps à autre prendre des nouvelles et en donner. Julia était rassurée de voir qu'elle s'en sortait très bien à la morgue. Ainsi bien que l'enfermement lui pesait, les semaines passèrent et son ventre devint bien rond. Plus personne ne pouvait ignorer son état. D'ailleurs, elle ne s'en cachait pas. William et elle rayonnaient de bonheur. La grossesse n'était pas facile, Julia souffrait, avait des nausées, parfois même des saignements mais elle prenait son mal en patiente et recevait la visite du spécialiste régulièrement ce qui la rassurait.
William était véritablement adorable, anxieux certes, mais personne n'aurait pu rêver mieux comme mari. Le soir par exemple, il aimait parler au bébé, pour ce faire, il posait sa main sur le ventre rebondi de Julia et approchait son visage. Parfois l'enfant bougeait et faisait naître deux grands sourires chez ses parents.
Un jour en rentrant déjeuner chez eux, William trouva Julia très fatiguée. Elle était allongée et avait déjà perdu les eaux ! Il s'affaira à la soulager au mieux mais ne pouvait la conduire à l'hôpital maintenant, il décida donc de faire venir les personnes qualifiées. Il espérait juste qu'elles arrivent à temps. Julia souffrait, elle avait des contractions de plus en plus rapprochées, il ne savait que faire. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, la sueur commençait à couler sur son front. Il avait soudain très peur de perdre la femme qu'il aimait et leur enfant.
« Ne t'inquiètes pas, tout va bien se passer, les médecins arrivent, respire Julia, respire... »
Il ne pouvait pas faire beaucoup plus que la soutenir moralement, lui passer un linge humide sur le visage et rester auprès d'elle. Il se sentait assez impuissant à cet instant précis.
