Une fois l'effrayante inspectrice hors de sa vue, la jeune Miss sembla se détendre, tout son être se relâchant de façon imperceptible : sa chemise masculine frémit, et elle cessa aussitôt de se tordre les doigts, comme elle le faisait depuis son arrivée dans le bureau.
Elle décocha un regard revigoré au professeur Layton, et s'avança dans la pièce avec discrétion, maintenant son interrogation sa frayeur valait bien une explication.
Le digne apprenti du Professeur n'attendit pas plus de consignes pour se saisir d'un balai, entreposé à sa place habituelle dans la modeste cuisine du lieu, et baissa la tête avec soumission avant de commencer à balayer les plumes avec un certain dégoût. Il s'activa et se rua dans la pièce en pinçant les lèvres.
On voulait lui cacher quelque chose, et il n'avait pas été capable de découvrir quoi par lui-même. Il avait échoué, et trahi son mentor. Son retour parmi le Professeur Layton et ses amis n'avait fait que semer la pagaille, et il avait maintenant un cas sur la conscience, qu'il ne pourrait que ruminer une fois rentré auprès de son père.
Mais c'est Flora qui exprimait la plus forte impatience.
Rouge de colère, elle abandonna les ustensiles ménagers à Luke sans un mot aimable et croisa les bras dans une position de refus buté et total. Avait-elle vraiment compris l'allusion à la discussion que Maud et Hershel devaient impérativement avoir ensemble ? Etait-elle jalouse, ou blessée de se rendre compte qu'elle était encore une fois la dernière mise au courant ? Toujours est-il qu'elle fixait avec insistance le Professeur, et ne bougerait pas. Maud le comprit elle aussi bien vite.
D'un air tout à fait innocent, dont Flora ne douta pas une seconde alors qu'elle était quelques instants plus tôt disposée à n'écouter pour rien au monde cette nouvelle venue, Maud lança :
« Professeur...Dimitri vous demande, il se trouve juste au coin de la rue. 'Affaire personnelle et urgente', a-t-il dit. » finit Maud d'un regard significatif à la Pomme d'or en furie. « Mais nous ferions mieux d'y aller ensemble, la nuit commence à tomber et les derniers événements ne nous aurons qu'incités à la vigilance..., ajouta Maud.
- Luke, te sens-tu capable de veiller sur Flora ? », renchérit d'un visage impassible Hershel après un passage de mouchoir sur son front encore brûlant. L'esprit ailleurs, il commençait à planifier l'entrevue qui allait suivre, et priait pour que Dimitri n'ait pas réellement de message funeste à lui faire passer.
Sans attendre de réponse, le Professeur Layton saisit sa longue veste sur le portemanteau de bois de l'entrée et prolongea le geste jusqu'à tendre un manteau à Maud qui, le menton incliné vers le sol, n'avait plus soufflé mot depuis le mensonge à Flora. A la vue de ses joues un peu pâlottes, il lui proposa une écharpe- qu'elle déclina d'un non gêné de la tête.
« Oui... Professeur. », souffla une voix étranglée pendant qu'il claquait la porte.
Hershel pressa le pas, franchissant encore une fois la rue à grandes enjambées presque bondissantes, tout en laissant traîner en arrière un regard inquiet sur la demoiselle. Mais Maud lui avait sans effort emboîté le pas, et elle arriva à son niveau avec une relative facilité. Layton lui adressa un pudique regard d'interrogation.
« Ah ! Les politiques ! Ces visages directeurs de notre monde...je ne m'attendais pas à mieux de la part de l'ambitieux criminel qui fait parler la presse. » ironisa l'homme masqué d'un léger instants s'écoulèrent, pendant lesquels le dénommé Descole s'amusa, d'un air détaché, à faire pivoter la poignée de la fenêtre.
« Mais vous ne me semblez pas assez bien installé, mon ami ! J'ai toujours dit que ces vieux canapés étaient... »
Surprise ou mise en scène ? L'intrigant ne finit pas sa phrase que deux bibliothèques se séparèrent pour donner naissance à un long couloir secret, qui semblait à Clive, de son poste, totalement plongé dans l'ombre. Les pierres du sol, seules, luisaient étrangement.
Mais les bibliothèques richement garnies, en pivotant, avaient laissé tomber un ouvrage sur le sol, relié de vert et doré à la feuille d'or.
« On dirait bien que vos petits techniciens, que dis-je, vos talentueux majordomes personnels ont fait une petite erreur de montage...cela pourrait passer pour un œil non averti comme un effet grossier », ricana sarcastiquement l'évadé.
« Je crois que vous ne comprenez pas », répondit Descole le plus sereinement du monde. « Venez donc... »
D'un geste du bras, il invita Clive à emprunter le corridor. Leurs deux pas retentirent sur les pierres, légèrement assourdis par le bruit d'une cape sur les dalles.
« Eh bien, qu'en est-il, Maud ? » demanda le Professeur qui après dix minutes de marche n'apercevait toujours pas de cheveux gris ondulés.
« Suite aux événements de ce matin, Dimitri voulait vous voir, faire le point. Il m'a envoyé vous chercher. C'était… Plus sûr. »
Les deux piétons entrèrent dans le bureau de Dimitri. C'était un bureau situé au dernier étage d'un immeuble près de Chinatown.
« Quelle ironie... Je n'en suis pas loin d'être offensé », pensa Layton.
Ce bureau était le bureau de recherches de Dimitri, lorsque ce dernier travaillait sur la machine... Une machine à détruire les destins. Oui, pour Claire, pour Dimitri, pour Layton, pour Clive, pour Maud et presque pour Bill Hawks, cette machine avait été celle qui avait aspiré leurs vœux de bonheur et leurs plus beaux projets. Cette machine à bloquer dans le présent...et, parfois, dans le passé.
Seule une bibliothèque confirmait l'appétit de lecture de Dimitri, mais les livres ouverts ou empilés dans la pièce en auraient aisément rempli une deuxième.
Cependant, tout intellectuel qu'il soit, Dimitri avait des besoins pour le moins humains. Ainsi retrouvait-on dans un angle un lit, un poêle, une commode contenant quelques vêtements et des effets de toilette. De simples meubles formaient pour finir un semblant de logis.
Sur le bureau, des montres à gousset, ouvertes, fermées, des ouvrages, des notes, des marque-pages par dizaines : Dimitri avait eu du mal à se convaincre d'arrêter ses recherches. Ce dernier était à son bureau, dos aux deux alliés. Il se retourna et les encouragea à s'asseoir. Layton ne bougea qu'en voyant Maud se rapprocher des livres et s'asseoir dessus.
« Hershel. Je suis pressé, faisons vite, veux-tu ?
- Comme tu voudras, Dimitri. Je t'en prie, commence. »
Dimitri tripota l'une de ses mèches avant de se jeter à l'eau : « Si je résume, Clive n'a plus donné de signe de vie depuis le coup de l'anniversaire. Etrange, pour une apparition aussi tape-à-l'œil, non ? La police m'a demandé de passer dans ses locaux pour témoigner. Bien entendu, j'ai été assez vague. Cependant, j'avoue qu'il m'a pris de court, cette fois-ci… »
Le professeur sourit légèrement : Clive prenait bien souvent Dimitri de court. Il se retourna vers Maud :
« Et vous, chère amie, n'avez pas d'idée au sujet de la raison de son apparition ? »
Maud enfonça ses ongles dans la chair de sa main, visiblement très contrariée.
« Eh bien... Non.
Ou du moins aucune raison valable. Je pense qu'il a simplement voulu s'amuser et... Montrer que cette fois-ci, on ne peut pas l'arrêter... »
Elle s'arrêta un moment, choquée par ses propres paroles puis se murmura à elle-même : « mais ça n'a aucun sens… Pourquoi provoquer la police avec un plan en tête… »
. Elle leva la tête, regardant tour à tour les deux hommes. « Si seulement on avait une idée de son plan ! »
Un temps. Plus Layton méditait à ce sujet, plus il ne pouvait imaginer une situation contraire. Pour la simple et bonne raison qu'il n'avait pas quitté Londres par exemple.
« Il faut l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard... »
« Dimitri, » lança Layton, « j'ai reçu la visite de l'inspectrice Célie, chargée de l'affaire Dove. J'ai accepté de pactiser avec Scotland Yard et j'ai présenté Maud comme une sœur en quête de revanche sur Clive. Peut-être vaudrait-il mieux qu'on ne se réunisse plus tous les trois ensemble. »
Dimitri réfléchit. Tout était bien compliqué.
« Oui... Oui, continue à pactiser avec la police, Hershel. Aide-les. Tu pourrais obtenir de précieuses informations sur Clive. Maud, toi, tu serviras de messager entre Hershel et moi. Quant à moi, je continue mes fouilles. Vous devriez rentrer, maintenant. Il se fait tard. »
Chambre 234, Hôpital de Londres. Sara consultait tranquillement un ouvrage intitulé « Questions philosophiques d'un dieu avide de sacrifices » quand la fenêtre s'ouvrit. Un homme s'avança vers son lit, un doigt sur la bouche, invitant Sara au silence.
« Bon écoutez-moi mademoiselle. Parler, c'est pas trop mon truc.
Donc je vais être rapide. Je me présente à vous sous mon vrai visage. C'est assez pour considérer que je vous fais confiance nan ? »
Sara cligna des yeux, espérant chasser une quelconque hallucination, puis commença à détailler son visage. Non, pas de subterfuge, il ne mentait même pas.
« J'ai observé Layton et ses camarades dans le parc, hier, et j'ai cru comprendre qu'ils voulaient sauver l'autre taré de Dove. » continua la voix. « Moi, je suis différent : je veux l'aider à accomplir son plan. Pourquoi ? Bah je suis d'accord avec lui, 'faut pas faire compliqué dans la vie. »
Elle l'interrogeait directement du regard à présent.
« Son plan, dites-vous ?
- Parfaitement. Et son plan, c'est tuer Bill Hawks. Pas mal hein ? »
Sara tressaillit. Oui, en effet, c'était plus gros, surprenant et ambitieux. Pourquoi voulait-on la mêler à ça ?
« Et quelle source vous en a informé ? » demanda-t-elle calmement.
Don Paulo s'énerva sur son briquet et se posa plus confortablement pour fumer son cigare sur le rebord de la fenêtre.
« Des réseaux, ici et là… Vous savez ce qu'est un réseau Miss ?
- Ce que je sais, c'est qu'on ne fume pas dans un hôpital. »
Surpris par la réponse, il jeta un regard en biais à sa main et ricana. Il se retourna, faisant maintenant dos au professeur, et fuma, accoudé à la fenêtre, soufflant la fumée au loin.
« Breeeeef. J'ai entendu parler de votre brillante intelligence et je me suis dit que vous serez partante pour m'aider.
Alors voilà, je viens vous demander de vous allier avec moi. Vous connaissez Hawks, pas vrai ? »
« Contrôôôle! » Au seul son de ce léger haussement de ton, les employés bondissent de leur chaise et se plaquent religieusement contre le mur. Le silence est pesant.
Les allers-retours du patron font craquer ses chaussures en cuir dans un bruit sinistre. L'ensemble des fonctionnaires se dévisage. Les costume-cravate sont fort troublés. Comment ? Le Ministre ? Maintenant ? Sans prévenir ? Les regards se tournent vers Howard Flatchby. Lui, aussi fier de gérer l'agenda, si acide d'autorité, n'aura pas mentionné la visite d'honneur ? Gentiment caché derrière ses lunettes en écaille, le binoclard peut pourtant sentir les regards de haine de ses confrères. Car, comme prévu, quand le chef est là...
« Inspection », précise le ministre d'une voix froide, comme si personne n'avait encore deviné l'objet de sa venue.
Il s'avance dans la pièce, levant son menton grassouillet à la manière d'un fier chef militaire...et dévoile ainsi la présence d'un second visiteur dans les bureaux. Trottinant avec prudence derrière le chef de l'État, une femme maigrichonne peine à trouver l'équilibre. Elle s'accroche juste à temps au bras de son mari, regarde avec un effarement non contenu la salle.Ses yeux se posent, effrayés, sur des horreurs invisibles aux employés, sur les tables, dans les coins, sur les murs. Ainsi donc, Madame Hawks daigne s'aventurer à l'extérieur... Howard, le directeur du service, s'incline aussitôt bien bas et la salue, sûrement par mauvaise conscience.
Mais, en entendant ses mots de bienvenue, la femme attrape fiévreusement son collier de perles, comme si elle avait fait face à un indigène incompréhensible et sans scrupules.
Le Premier Ministre fait mollement diversion, passant en revue ses esclaves: « Howard, trésorier...notre notaire attitré, Mr Jill...Sara, la dactylo que j'ai recrutée...James- tu sais, je t'en avais parlé au diner des Lang... » James, un comptable brillant et bavard, rougit et baisse les yeux. Être à l'honneur du ministre, ce n'est pas toujours une bonne chose.
L'énervement de Hawks déteint sur ses politesses, et son poing, fermé avec force, dont les veines saillent dangereusement, ne fait pas illusion.
« Sandy ? Sandy te conduira au chaud, chérie, je vois bien que ces courants d'air t'incommodent », crache-t-il finalement d'une voix mielleuse. La dénommée Sandy, un sourire parfait au visage, tente de soutenir la chétive Caroline jusqu'au boudoir voisin.
A peine la porte refermée sur elles, le Premier Ministre lance un regard assassin à son équipe.
« Expliquez-moi. Justifiez-moi VITE l'état innommable de ces bureaux. »
Plus personne n'ose regarder Howard, de peur d'agacer le patron au moindre geste.
« Je vous l'ai DÉJA DIT, BON SANG ! Mrs Hawks n'aurait dû voir que du feu à cet aménagement. Ne pensez-vous donc pas à ce que je suis obligé de lui cacher, moi ? Ne pouviez-vous pas, grand Dieu, ranger vos stylos et cacher toutes ces feuilles volantes ?! »
Il balaye d'un violent revers de main une instable pile de documents administratifs. Les précieux papiers volettent dans la salle.
Mais il était loin d'en avoir fini. Et si sa femme découvrait l'existence de sa maîtresse ?
« Vous êtes évidemment renvoyés sur le champ. Oubliez votre salaire et rendez-moi chaque objet sorti de cette salle.
Oh, vous inquiétez pas, votre réputation sera suffisamment détruite. Je doute qu'avec ce qui circulera sur vous d'ici quelques heures, qui que ce soit voudra vous employer. » Il finit sur un sourire, s'adressant à tous et à chacun : « John, il vaudrait mieux que tu oublies l'école privée de ton fils.
Vous allez regretter d'avoir laissé une chance à mon...épouse de comprendre. »
Sara s'avance doucement. « Alors, tu te sens prête à payer pour eux ? », beugla-t-il. « Bien. » Il souffle dans son cou une haleine écoeurante, où on retrouve l'odeur de son eau de Cologne mélangée à celle, fétide, de sa bouche qui fulmine.
Sara serra les dents avant de reprendre, tout sourire comme elle savait si bien le faire :
« Qu'est-ce qui pourrait bien vous pousser, Monsieur, à souhaiter ainsi la mort de qui que ce soit ?
Vous devez, selon toute logique, trouver dans cette affaire un intérêt de type purement personnel. Où me tromperais-je du tout au tout sur la nature de vos desseins... ? Pourquoi ce ministre ?» Paradoxalement à ce langage châtié qu'elle employait avec politesse et ironie, Sara se leva d'un bond sans se soucier de l'accident qui l'avait emmenée dans cet hôpital sinistre, et laissa ainsi apparaître une tenue des plus...singulières.
Ses cheveux, soigneusement peignés, organisés dans la plus pure tradition anglaise, auraient pu faire croire à une femme ordinaire, une femme à la coquetterie mesurée. Mais sa robe, si on pouvait appeler ainsi une chemise nouée jusque sous la gorge, mêlée à un bustier d'un gris sévère, ne laissait pas entrevoir un seul pan de sa peau. Si elle avait pu cacher son visage entier sous un chapeau, elle l'aurait même fait, se dit Don Paolo, un peu moqueur.
Sa manière entière de se tenir tenait plus de la Révérende Mère d'un orphelinat pour jeunes filles que de celle d'une enseignante laissée seule dans un hôpital pour un peu de repos à l'abri des regards.
Sara Kelly jaugea sans s'en cacher le visiteur mais regarda vite au loin. Elle n'aimait pas prendre le risque d'afficher malgré elle une vraie émotion avant d'avoir elle-même jugé son adversaire.
D'un pas sauvage, elle se posta à l'unique fenêtre de la chambre et fit donc mine de contempler le paysage du dehors, alors qu'il n'y avait en réalité absolument rien à voir, la chambre placée trop haut pour donner sur autre chose que de vagues formes de toits. Le mystérieux moustachu ne réagit pas.
À ce moment-là, croisant son propre reflet dans la vitre, Sara sentit poindre chez elle une violence inhabituelle. Elle pensait même que rien que le brillant de ses yeux devenus humides la trahiraient.
Une grimace de dégoût, de surprise, de soupçon, de colère déforma ses traits étranges le temps d'un spasme.
Elle ne pouvait plus parler, ou en tout cas pas comme d'habitude. Elle réussit à souffler un faible «Alors ? ».
Don Paolo décryptait, ou au moins essayait de comprendre pour la deuxième fois les questions qu'on lui avait posées. Les mots l'embarrassaient, cette préciosité alliée à cette sauvagerie sans cesse en mouvement l'épuisait. Il se maudit lâchement de s'être infligé la compagnie d'une intellectuelle folle, puis nuança ses pensées.
Elle essayait sûrement (il fallait espérer au moins...) de ne pas se dévoiler. C'était intelligent. Quelqu'un d'intelligent pourrait l'aider.
Pas besoin d'un ami, juste un allié.
Par contre, un vrai, pas de trahison...
« Vous, prouvez-moi que je peux vous faire confiance », dit-il, appuyant cette unique parole d'un sourire effrayant qu'elle aperçut sans qu'il s'en rende compte. La femme hocha lentement la tête et renonça à recevoir sa réponse. Peut-être ce défi allait-il lui changer les idées, après tout.
Les deux hommes cheminèrent un long moment dans le couloir, qui semblait interminable au visiteur. La lumière était rare, seuls quelques rayons narguaient les personnages. Clive leva imperceptiblement la tête.
Il perçut alors ce qu'il cherchait : la lumière provenait de trouées rondes au plafond, étonnamment haut. En effet, l'absence de toute ouverture, fenêtre sur les côtés lui avait semblé peu commune.
Mais il constata que Descole avait quelques pas d'avance sur lui. Il allongea nonchalamment son allure, les mains dans les poches avec cette élégance négligée qui le caractérisait. Il n'appréciait pas de se sentir en retard, et cet espèce de tunnel l'intriguait beaucoup- bien qu'il prît ses précautions afin d'avoir l'air suffisamment détaché.
Des peintures, de vraies fresques, couvrant des pans de murs incroyablement larges, firent leur apparition. Colorées et chargées, Clive n'eut pas le temps de les décrypter davantage, ils marchaient maintenant très rapidement.
Puis vinrent des tapisseries, riches, infiniment ajourée. Un escalier, aux marches très riches, toujours fournies de détails d'un goût exquis, firent leur apparition. On en descendit une volée.
Enfin, Descole s'arrêta. Il choisit la plus laide des portes, la plus insignifiante, une petite porte ridicule, surtout face à ses voisines tout en bois, vernies, cadenassées et décorées à n'en plus finir. Elle s'ouvrit avec un bruit grinçant.
« J'appellerais cette pièce mon...laboratoire.
Ou, plus exactement, le siège de mon nouveau passe-temps... »
Clive parcourut froidement la pièce des yeux. Contrairement à la plupart des hommes riches qui possédaient des couloirs entiers de cave qui auraient pu abriter un village, chacun des nombreux objets encombrant cette pièce semblait être utilisé et à sa place, tellement utilisé qu'aucune trace de poussière n'était visible pour un œil d'expert sur les objets même les plus anciens.
Car il y avait là des statues, beaucoup de statues d'un autre temps, mais aussi des gravures, livres, et même des armes rares parfaitement opérationnelles. Les plus grands auteurs, artistes et artisans s'étaient réunis chez Jean Descole.
« Qu'on peut se sentir bête, parfois, devant le génie, n'est-ce pas ?
Mais je persiste à croire qu'il y a une chance que vous, que dis-je, que tu en sois un, Clive, grand penseur et malfaiteur de notre temps. Alors je vais te dire un secret. »
Descole tira d'un coup sec un rideau.
Un dessin, le dessin d'un bijou précieux, apparut. À côté étaient accrochés de nombreux articles de journaux, parfaitement arrachés, comportant tous l'image de ce même joyau.
« Certains cherchent la richesse, d'autres le pouvoir certains la renommée ou au contraire l'anonymat. Tous voient grand : ils souhaitent l'argent, les armes, manipulent les dirigeants, construisent...des villes futuristes...-il cligna de l'œil.
A ton avis, que compte-je faire, moi ? Qui puisse mériter tout ceci, et une place dans l'Histoire des dupeurs de l'humanité ?
Moi, je ne vois pas grand. Je vois plus que ça.
Je ne force pas les gens à me croire.
Je les fais croire. »
Un recueil, « Superstitions, légendes anglaises et autres chants », sauta aux yeux de Clive. C'était celui qui était tombé de la bibliothèque plus tôt, que Descole avait porté jusque là avec lui, dans un pan de sa cape.
Bill Hawks s'assit lourdement sur la chaise du commissariat et leva un œil vers l'horloge en grognant. En s'agitant sur sa chaise, sa vieille alliance cogna la table d'interrogatoire.
Quand il entendit le bruit très particulier que le choc produisit, il regarda l'anneau sans intérêt avec ironie.
Ah, quelle valeur ont les promesses humaines !
Son rire libéré, sarcastique, parcourut sans pudeur les bureaux voisins occupés par l'unité de police en plein milieu d'une pause.
L'arrivée de Célie au commissariat était toujours très reconnaissable. La brigade s'agita d'un seul coup : l'inspectrice s'était mystérieusement évaporée une heure plus tôt, elle devait ramener un croustillant mystère. Un officier brisa enfin le silence:
« Alors... ? Un interrogatoire avec Hershel Layton...pas vrai ? Avec lui, ça doit valoir son p'tit pesant d'or ! Allez, je suis sûr que tu nous as trouvé la solution Clive Dove ! Si tu nous en disais un peu plus ? »
Célie roucoula : « C'est un lo-ve-ly gentleman, oh oui !
Mais... » Elle se fit un visage sombre et abattu par la déception.
« ...il ne m'a rien appris de nouveau. Rien à signaler, messieurs. Retournez à vos recherches, et que ça saute ! » Elle avait ainsi usé de son enthousiasme et vanté les pouvoirs de la police en un seul coup, tout en faisant croire à une enquête inintéressante.
Pourtant, un coup d'œil sur le groupe la fit soupirer. Sa présence rompait leur récréation et rallumait le débat Dove sans même nécessiter de nouveaux matériaux pour alimenter le feu de ce scandale.
En cercle, les officiers s'étaient tous lancés dans un débat, à partir d'indices fantaisistes, de témoignages fictifs et de théories plus qu'absurdes. Un regard fixe, presque insoutenable de mascara coloré, que Célie daigna leur adresser suffit à les calmer définitivement.
Assurée du calme de l'équipe dispersée, elle se leva avec rapidité et se dirigea du haut de ses bottes vers la pile de dossiers au centre de la salle. Une affaire qui s'annonçait passionnante...
Elle salua Hawks à l'autre bout de la salle d'un simple signe de tête. C'est elle qui avait fait déplacer les dossiers d'archive dans cette salle à son arrivée dans la police, sachant que cette salle était la seule à avoir une vue plongeante sur tout Londres.
Derrière l'écran...
Ode: HEY HEY HEY MES LOULOUS, c'est Ode qui reprend la publication en mains !
MissM: ... Effectivement, assumer un OC est une si lourde responsabilité...
Célie: De quoi parlez-vous ?
Ode: *jette un regard amusé à Célie* : oui, à l'exception d'elle. Célie s'assume toute seule : même si je mourrais, elle continuerait de vivre sa vie...
MissM: Faisons un Derrière l'écran sérieux, non (En tout cas, dès que c'est vous qui publiez, il y a des fautes d'orthographe partout dans le derrière l'écran ! Vous me tuerez, vous me tuerez !)
Ode: Oui, sérieux. Alors j'avais parlé d'anecdotes sur MissM...
MissM: Grands dieux, taisez-vous x)
Ode: Eh bien saviez-vous que l'histoire de Sara n'a été finalisée... Que quelques semaines avant ce post ? Alors que nous avons fini d'écrire la fic début septembre ?
MissM: En effet. À là demande d'Ode, j'ai considérablement réduit le self-service de Sara...tout comme Ode l'a fait avec Maud. J'ai retravaillé le perso de Sara, qui de toute façon ne me plaisait pas.
Ode: Et même comme ça, on n'assume toujours pas...
MissM: La fanfic était un "jeu" entre moi et Ode. On s'envoyait des sms complétant le précédent, façon rpg. Et donc, Ode découvrait l'histoire de Sara...
Ode: Petit bout par petit bout. Et qu'elle voulait pas me dire où elle voulait en venir. ET QUE CA M'A FAIT RAGER (MissM : plus d'une fois, je précise, au fait)
MissM: J'ai adoré nos petits suspenses mutuels :') Et lorsque j'ai écrit la fin, aucune indication réelle sur Sara, sa vie, son rapport avec...Hawks n'avait été fournie... Ce qui fit bouillir Ode de rage (genre, vraiment vraiment, les gens). En réalité, vers la fin de la fanfic, moi même ne savais pas le dénouement... Je l'ai trouvé lorsque qu'on a commencé à publier. (ça sent la phrase qu'Ode a tapée avec un plaisir sadique pour me dénoncer à tous mes lecteurs...en parlant à mon nom, nan ?)
Ode: Et moi, j'arrête de taper, le site lag trop. A+ :p
