PAprès avoir laissé couler des discussions inutiles, Hawks se racla la gorge. Les policiers se turent aussitôt. Célie refusa de se tourner face au Premier Ministre, et ne lui offrit que son dos.

« Inspectrice Warrione. J'aimerais avoir une vision très claire de votre stratégie... Si vous en avez une, bien entendu... »

Malgré la dernière phrase du Premier ministre, Célie se permit de se retourner en lançant d'un ton jovial: « Je vous en prie, Monsieur le premier ministre ! Il y a bien longtemps que je me suis affranchie de ma famille ! Appelez-moi Inspectrice Célie ! »

Les policiers n'osaient respirer. Apparemment, Célie n'avait pas saisi la portée de sa remarque. Bill soupira, se frotta la tempe et reprit :

« Inspectrice Célie, votre stratégie je vous prie. »

Célie se résolut à s'exprimer, marchant à travers la salle et, pour une raison inconnue, en tournant sur elle-même tout en parlant : « Tout d'abord, je veux couper ses potentielles aides, comme le Professeur Layton ou sa sœur adoptive, cette... Maud, là... Ensuite, j'en fais mes nouveaux alliés, je les retourne contre lui et je l'attrape ! »

Hawks secoua négligemment la tête. Décidément, la police n'était bonne qu'à être utilisée pour intimider. Dès qu'il s'agissait d'une enquête, ses capacités étaient médiocres.

Célie sentit le regard désespéré du Premier ministre sur ses épaulettes en fourrure. Elle s'approcha de lui et lui murmura en se penchant en avant : « Que diable vous importe de savoir ma stratégie, si vous avez le résultat : un petit animal effarouché remis dans son terrier ? Au pire des cas, vous pourrez encore me virer. Alors, acceptez-vous de me faire confiance ? » finit-elle, agacée.

Clive regarda l'affiche du collier. Il était magnifique, infiniment détaillé et d'une élégance incomparable. Avec son héritage, il aurait eu les moyens de se procurer ce genre de merveille...

« Pour qui est ce collier ? » souffla Clive sans réfléchir, les pensées toujours tournées vers ses manigances passées.

Contre toute attente, un silence lourd s'installa.

« JE NE TE PERMETS PAS CLIVE ! » trancha Descole d'un ton emporté.

Clive fut surpris par ce sursaut d'émotion puis après avoir pris conscience de sa question, insista, d'un ton narquois : « Enfin, Descole, vous n'allez pas me dire que vous prenez tant de risques- je m'inclue dans le risque- pour offrir un bijou à votre majordome ? »

Descole serra les doigts autour d'un papier rempli de symboles, le transformant en boulette. Après avoir repris son calme, il se tourna face à Clive, qui le regardait, toujours sans comprendre la réaction de son hôte.

« Ce collier, comme tu le dis si bien, est pour moi.

- Pour vous ? » ironisa Clive.
« Oui, pour moi. « Vois-tu, Clive, » reprit Descole après avoir retrouvé son calme, « je ne suis pas comme le commun des mortels, qui vivent parce qu'on leur a offert la vie, non. Moi, j'ai besoin d'un but.
Il y a quelques années, j'ai connu la vie sans but. Ce fut une torture. Chaque seconde me paraissait infiniment courte et infiniment longue en même temps. Je ressentais un vide constant, perdu dans un autre monde... Un monde de néant... C'est comme cela que l'on devient fou, non ? »

Clive lança un regard noir à l'homme masqué.

« Et c'est ainsi que j'ai trouvé un but », continua Jean Descole. « m'approprier des œuvres d'art. Je crois fermement que chaque génie poursuit un but, mais qu'advient-il de ces mêmes génies quand ils l'ont atteint ? Que feras-tu, Clive, après avoir assassiné notre Premier ministre bien-aimé ? »

Descole avait renvoyé l'attaque. Clive commença machinalement à répondre. : « Rejoindre... »

...mais s'arrêta net. Rejoindre Maud ? Quelle réponse pathétique. Même si la punition de Maud envers lui serait sans doute pire que la geôle, il l'avait traitée de manière honteuse, et blâmable. Il n'avait même pas le droit de penser à elle, il ne serait jamais assez fort pour l'affronter.

Mais que ferait-t-il, après ça ? Ce... 'Descole' ne le garderait probablement pas au sein de son manoir, et il était connu pour être un dangereux criminel... Retourner en prison ?

« Rejoindre la France. C'est un pays que je ne connais pas et que j'aimerais découvrir. »

Descole leva le nez en l'air, perdu dans des rêveries tricolores. « C'est un beau projet effectivement… »
Puis se reprit brutalement.

« Et maintenant, voici mon plan. »

Descole sortit le Livre des Légendes, ainsi qu'un croquis du collier.

« Dans quelques jours, une représentation inédite de la légendaire « Princesse Oubliée » se tiendra à l'Opéra de Londres. Pour fêter l'événement, l'artiste Fred Frøster exposera quelques-unes de ses œuvres, dont le collier «la Lune Agonisante ». Tu voleras ce collier pendant la représentation, en suivant mes instructions. Ainsi, la police se concentrera plus la recherche du mystérieux voleur que sur Hawks. Il te suffira de passer à l'action. »

Descole et Clive échangèrent un regard de complicité. Quand deux grands manipulateurs sont sur la même longueur d'onde...

« Votre plan me semble très intelligent, mais... Comment comptez-vous voler la « Lune agonisante » ? Je ne suis pas un expérimenté du cambriolage, pour ne pas dire, un novice... »

Descole fit un brusque demi-tour, sa cape soulevant gracieusement la poussière, et se dirigea vers un recoin éclairé par un néon. Clive se pencha par-dessus son épaule, quelques plumes lui chatouillèrent le nez. Et écarquilla les yeux.
« Mais...mais qu'est-ce que... Ne me dites pas que...

- Si, parfaitement. Alors, mon cher Clive, acceptes-tu de te lancer dans le plus grand vol qui ait jamais été commis ? »

Face à cette femme dérangée, Don Paulo se demanda s'il ne valait pas mieux faire cavalier seul.

Cependant, quelque chose l'intriguait encore... Sara détestait, haïssait, reniait Bill Hawks au plus haut point. Si tous deux avaient le même but, comme il commençait à le penser, elle ne pourrait pas le trahir : comme lui, elle chercherait à tout prix à reprendre à Hawks ce cadeau qu'il ne méritait pas. La vie.

« Professeur, mes raisons sont simples : cet homme me dégoûte. »

Sara l'écoutait. La brièveté de cette phrase la frappa. Elle était simple et franche, criarde de vérité.

« J'aimerais m'en, enfin, que cet écervelé s'en débarrasse et j'ai besoin de vous. Donc je le répète. C'est oui ou c'est non ? »

Le Professeur était dans son bureau. La journée était prometteuse au vu des nombreux rayons de soleil matinaux qui rayaient le sol. Bien heureusement, la lumière n'atteignait pas son bureau, le laissant confortablement dans sa lecture du journal quotidien. Un généreux donateur qui avait légué sa collection au musée occupait les gros titres, sous-entendant que l'affaire Dove n'était pas au goût du jour. Luke entra, du courrier à la main.

« Bonjour, Luke. Le facteur est passé ? questionna-t-il avec un sourire destiné à son assistant.

- Bonjour Professeur ! Vous avez reçu une lettre. Je vous l'ouvre avec une tasse de thé ? » proposa aimablement Luke.

- Volontiers, je te remercie. »

Luke prit le coupe-papier de la table basse et déchira un des côtés de l'enveloppe. Il la tendit à Layton et se mit à faire bouillir de l'eau. Alors qu'il allait demander au professeur de choisir un parfum, ce dernier poussa une exclamation d'étonnement. « Ça, par exemple... »

« Qu'y a-t-il, Professeur ? » demanda Luke en s'approchant rapidement du bureau.

« Il se trouve que Katia et Vladimir voulaient se rendre à l'opéra, pour assister à la première de La Princesse Oubliée. Cependant, ils ont eu un contretemps, et ont pensé que nous serions intéressés par les places...

- La Princesse Oubliée ? Alors, vous n'aviez pas encore acheté vos billets, Professeur ? C'est pourtant LA pièce dont tout le monde parle à Londres !

- Je comptais y faire un tour en fin de représentation, Janice occupant le premier rôle, mais... puisque nous avons les billets... Accepterais-tu de m'accompagner, Luke ? » sourit Hershel en sortant les deux billets de l'enveloppe.

« J'accepte » pesta Bill Hawks.

« J'accepte » sourit Clive.

« J'accepte » murmura Sara.

« J'accepte » s'exclama Luke.


Derrière l'écran...

Ode : Et c'est le dernier chapitre de cette première partie (rappel : sur trois !) ! \ O /

MissM : Les parties vont crescendo, elles sont de mieux en mieux… Attendez-vous à du lourd mes cocos B)

Ode : Anecdote de la fanfic !

MissM : Vous êtes bien sérieuse dites-moi… C'est louche. U-U

Ode : Lecteurs, vous souvenez-vous que Descole veut voler un collier ?

MissM : Bien sûr qu'ils s'en souviennent, ils viennent de le lire...

Ode : Dans la version alpha (=dans ma tête), le collier devait être offert par Descole à un 4ème OC : une femme vendant ses sentiments, froide mais jouant l'amoureuse, quoi.

MissM : Qui ne laissait pas Descole indifférent pour autant…

Ode : Or, après ce que j'ai appris su Descole dans le dernier jeu (MissM n'y a pas joué, pas de spoil, please ! Un peu de pitié pour elle) et étant donné le nombre déjà trop important d'OCs de cette fanfic, il était décalé de la faire intervenir.

MissM : De plus, la fin était déjà assez chargée (voire complexe !) comme ça, inutile de rajouter des futilités de ce genre…

Ode : Donc vous n'entendrez jamais parler de ce 4ème OC.

MissM : Mais elle reste dans nos coeurs... x) Pour moi, en tout cas, elle fait belle et bien partie de la fic. Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! A très bientôt dans la... *jingle* partie II !