Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je suis heureuse de voir que cette fic rassemble toujours autant de fans ! Merci beaucoup pour toutes les reviews !
Certains se sont étonnés que Ginny ait une dette de vie envers Harry. Ce n'est pas clairement dit dans la saga, mais c'est évident ! Si Harry n'avait pas combattu le Basilic et détruit l'Horcruxe du journal, elle ne serait plus de ce monde. Mais c'est vrai que la façon dont elle s'en sert est parfaitement discutable ...
Bonne lecture !
Gros bizoux
Crystal of Shadow

Plan de bataille

Tous les amis d'Harry et de Draco s'étaient réunis dans la maison de ce dernier. Dix jours étaient passés depuis que le brun avait confié au blond l'affaire. Le lendemain, il était clair qu'il n'était pas calmé mais il avait pu donner les grandes lignes sur lesquelles les trois femmes s'appuyaient pour demander une décision de justice pour le règlement de cette dette de vie. Ensuite, Harry avait disparu. Draco avait été inquiet mais Ron, après s'être lui-même calmé pendant trois jours, lui avait dit que ce n'était pas la peine d'aller le chercher parce que l'affaire était simplement la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

Là, l'heure était grave.

-Bon, si je vous ai tous réuni, c'est parce que j'ai besoin de votre aide, fit Draco.

Daphnée, Astoria, Théo, Blaise et Ron étaient attentifs.

-Pour ceux qui ne le savent pas, Weasley mère et fille, appuyées par Granger, ont demandé une décision de justice pour les modalités d'un règlement d'une dette de vie, annonça Draco.

-Nous parlons bien d'un acte magique, fronça des sourcils Astoria. Alors, par Merlin, pourquoi faire intervenir le ministère ?

-Parce que la solution proposée est qu'Harry accepte d'épouser Ginny qui sera la mère de l'héritier Potter, grogna Ron.

-Rien que ça ? siffla Blaise. Elle ne se refuse rien.

-Malheureusement, c'est un règlement tout à fait correct, soupira Draco. Je suis sur le dossier depuis dix jours et si on ne trouve pas une autre solution, c'est ça qui sera accepté.

-Harry t'a engagé ? demanda confirmation Théo

-Oui, tout de suite après l'avoir appris, répondit Draco.

-Qui est en face ? demanda Théo

-Granger, avoua Draco.

-Elle n'était qu'assistante juridique aux dernières nouvelles, fronça des sourcils Ron.

-Elle l'est toujours, confirma Draco. Mais on n'a pas besoin d'être avocat dans ce type d'affaire. Reste juste à savoir si ses patrons savent ce qu'elle est en train de faire. C'est quitte ou double. Si elle gagne, elle gravit les échelons mais si elle perd, elle sera définitivement coulée.

-Que dit Harry ? demanda Ron

-Il veut qu'on fasse tout pour qu'il n'y ait pas de mariage avec cette garce, soupira Draco. Ce qui n'est pas gagné.

-Je croyais que seul celui à qui on devait une dette choisissait comment il voulait être remboursé, s'étonna Astoria.

-Sauf décision de justice, corrigea Draco. J'avais un doute mais c'est possible, j'ai vérifié. J'ai contacté le juge en charge de l'affaire, le mariage semble être un bon remboursement.

-Alors que c'est elle qui s'est mise dans cette situation ? ricana Ron. Je trouve ça ironique !

-Tu sais dans quelles circonstances a eu lieu cette dette de vie ? s'exclama Draco

-Bien sûr, j'étais là, fit Ron.

-Harry n'a pas voulu m'expliquer, avoua Draco.

Ron se leva et regarda pensivement par la fenêtre.

-Ça remonte à dix ans quand même … souffla Ron. Faudra juste dire à Harry que je vous l'ai dit, si je n'ai pas eu le temps de le faire, d'accord ?

Tous hochèrent de la tête.

-Vous vous souvenez de l'histoire de l'Héritier de Slytherin, pendant notre deuxième année ? dit Ron

-Ce n'est pas l'année où on a découvert qu'Harry parlait la langue des serpents ? se rappela Blaise

-C'est ça, confirma Ron. A la fin de l'année, il y a eu un dernier message, disant que le corps de quelqu'un reposerait dans la Chambre des Secrets pour l'éternité. C'était Ginny.

-Elle s'est fait kidnappée par l'Héritier ? s'horrifia Astoria

-C'est plus compliqué que ça, grimaça Ron. En fait, l'Héritier de Slytherin était un artefact qui avait besoin de prendre possession de quelqu'un et de lui voler sa force vitale pour reprendre définitivement forme humaine. C'est Ginny qui a servi de réceptacle … et qui a attaqué les élèves.

-Coupable et victime à la fois, comprit Théo.

-On peut dire ça, souffla Ron. Ella avait trouvé un journal qui lui répondait quand elle écrivait dedans et malgré tous les avertissements de notre père, elle n'a jamais pensé à donner ce fichu bouquin à un adulte responsable pour vérifier qu'il n'était pas dangereux ! Comme c'était la première année qu'elle n'était pas à la maison, elle a beaucoup écrit dans ce journal. Et au fur et à mesure, le journal lui prenait de l'énergie. Elle avait également des absences, qui correspondaient aux attaques et à d'autres petites choses. Elle a essayé de s'en débarrasser mais comme elle était possédée, l'artefact lui a ordonné de récupérer le journal, ce qu'elle a fait. Et quand il a eu suffisamment d'énergie, l'Héritier a estimé qu'il serait temps de se débarrasser d'elle. Harry et moi sommes allés la sauver. D'où la dette de vie. Harry serait arrivé peut-être une demi-heure plus tard, elle serait morte.

Tous prirent le temps de bien digérer l'histoire.

-Effectivement, c'est une dette de vie, soupira Théo. Et la plus implacable de toutes. L'héritier Potter est un bon compromis.

-Une vie pour une vie, fit Draco.

-Une minute, intervint Ron. Que l'héritier ? Pas le mariage ?

-L'un ne va pas sans l'autre, grimaça Daphnée. On ne peut avoir d'héritier sans mariage.

-Heureusement qu'Harry ne demanderait jamais ça à mon père, grimaça Ron.

-Ron, fit Draco. Combien de dettes a en tout Harry ?

-Il a sauvé la vie de Ginny quand nous étions en deuxième année, énuméra Ron. Mon père en cinquième année. Il en avait eu envers toi quand tu nous as permis de survivre à notre passage chez toi mais elle s'est annulée dans la Salle sur Demande. Les deux de Voldemort qui se sont effacées à sa mort. Et celle du monde Sorcier. Je pense que c'est tout.

Les Slytherin étaient époustouflés. Harry Potter était véritablement un héros ! Peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir autant de monde redevable !

-Comment vous savez tout ça ? demanda Théo

-Après la mort de Voldemort, Harry a voulu savoir s'il pouvait encore refaire son come-back, ricana Ron. Il a contacté des spécialistes qui lui ont listé entre autres ses dettes de vie.

-Deux de … Vol … balbutia Blaise.

-Oui, confirma Ron. Voldemort s'est servi d'Harry pour ne pas mourir deux fois de suite. La première inconsciemment, la seconde volontairement. C'est en partie pour cela qu'il a fini par être vaincu.

-J'aurais pensé qu'avec le nombre d'aventures que vous avez vécus, le Trio d'Or aurait des dettes de vie également, sourit Daphnée.

Le visage de Ron devint plus sombre.

-Nous n'avons pas de dettes de vie, déclara sombrement Ron. Mais un Lien de Vie et de Mort.

Tous déglutirent difficilement. C'était un lien assez rare car la condition pour qu'il se crée était que la relation devait avoir commencé dans une situation de vie ou de mort. Et ça n'était pas censé exister dans une école !

-Quand ? demanda Astoria avec une voix blanche

-Le troll à Samain, révéla Ron. Harry et moi étions allés prévenir Hermione de sa présence … et nous avons dû lutter pour nos vies. A onze ans ! C'est là que nous sommes vraiment devenus le Trio d'Or.

Tout le monde garda le silence. Les informations qu'ils venaient d'apprendre étaient difficiles à avaler.

Et Draco sursauta. Il sortit précipitamment sa baguette.

-Je promets de ne rien dire, déclara Draco.

Et un filet de magie s'envola. Les autres se réveillèrent en comprenant ce que leur ami venait de faire et firent de même. Connaître les dettes de vie de quelqu'un était un secret extrêmement personnel. S'en prendre aux personnes redevables pouvait avoir des conséquences catastrophiques.

-Nous ne pouvons pas nous en prendre aux circonstances de la dette de vie, réfléchit Daphnée. Mais nous pouvons remettre en cause le bien-fondé de cette union.

-C'est vrai qu'un Potter et une Prewett … commenta Draco.

-Ginny est une Weasley, rappela Ron.

-Elle ne s'est pas présentée comme une Weasley, fit Draco. Dans l'acte, elle est désignée comme étant Guenièvre Prewett Weasley. Ce qui est logique.

-Pourquoi ? s'étonna Ron

-Préservation des Lignées, rappela Daphnée.

Ron se renfrogna. Il n'avait pas pensé à la Préservation des Lignées puisque ça faisait belle lurette qu'on ne faisait plus appel à cette loi, faute de personne remplissant les conditions. Molly, étant la dernière héritière des Prewett, pouvait, avec l'accord du chef de famille Weasley, transmettre son nom à l'un de ses enfants. En invoquant la Préservation des Lignées, cet enfant, ici Ginny, pourrait prétendre à des unions matrimoniales puissantes au même titre que les autres héritiers Sang Pur.

-Le Ministère acceptera sans sourciller l'union entre Harry et la Weasley, comprit Blaise.

-Mais le seul moyen de contrer ça, il faudrait trouver une union plus avantageuse, fit Théo.

-Harry ne se mariera jamais pour le profit, rappela Ron.

-Alors nous garderons cette alternative de côté, fit Draco en prenant des notes.

-Est-ce qu'on ne pourrait pas utiliser sa dette du monde Sorcier pour annuler l'autre ? proposa Astoria

-Ce ne serait pas proportionnel, secoua la tête Théo. Et totalement futile.

-C'est vrai, concéda Astoria.

-Quelle solution pouvons-nous proposer à Harry ? se désola Ron

-Laissons tomber pour aujourd'hui, proposa Draco. Nous trouverons à tête reposée.

Sur ces mots, tous se séparèrent.

§§§§§

-Maître Harry ? couina une petite voix

Harry ne mit que quelques instants à comprendre qui osait le déranger alors qu'il se défoulait sur un sac de frappe.

-Oui, Rani, je t'écoute, soupira Harry en abandonnant sa posture d'attaque.

-Hermione Granger est à la porte du domaine, annonça Rani, l'Elfe de maison personnel d'Harry. Elle voudrait vous parler.

Une bouffée de rage envahit Harry avant de s'éteindre. Elle voulait lui parler, hein ? Il avait cessé de lui faire confiance quand elle avait osé l'inscrire au programme des Aurors dans son dos et rien ni personne ne pourrait le convaincre de renouer avec elle. Et elle osait se pointer ici ? Elle n'avait peur de rien !

-Dis-lui que si c'est à propos de ce procès insensé, qu'elle voit avec mon avocat chargé de l'affaire, ordonna Harry.

-Bien, maître Harry, s'inclina Rani avant de disparaître.

Mais quelques minutes plus tard, l'Elfe de maison revint.

-Hermione Granger tient absolument à vous parler, déclara Rani.

-Est-elle seule ? demanda Harry

-Oui, maître Harry, répondit Rani.

Le brun réfléchit. Il était hors de questions de rencontrer les femmes Weasley mais Hermione, c'était autre chose. Certes, elle était convaincue que Ginny était la femme parfaite mais … Très profondément, il espérait retrouver son amie. Mais il était lucide, ça n'arriverait pas. Autant accepter pour qu'elle lui fiche la paix. Pour une fois qu'il avait décidé de se détendre dans son cottage, elle avait trouvé le moyen de saboter ce moment !

-Installe-la dans le salon, j'arrive, capitula Harry.

-Bien, maître Harry, répondit Rani.

Harry enleva rageusement ses gants de boxe et s'éloigna du sac de frappe. En France, l'un de ses camarades lui avaient fait découvrir ce sport et malgré les apriori qu'ils avaient grâce à son cousin Dudley, il s'était mis à l'apprécier, surtout quand il avait envie de se changer les idées. Depuis qu'il avait appris pour le procès, il en faisait au moins trois heures par jour. Il monta dans la salle de bain et se prit une longue douche relaxante.

Il n'allait pas accourir comme un toutou non plus !

Il s'habilla tranquillement avant d'ordonner à Rani d'apporter du thé une fois qu'il sera installé. Ce qui arriva quelques minutes plus tard.

-Bonjour Harry, sourit faiblement Hermione.

-Hermione, fit simplement Harry.

Harry ne tendit pas la main et ne s'approcha encore moins. Il ne voulait aucun contact, physique compris. Couplé à son regard froid, elle le comprenait parfaitement.

-Je suis contente de voir que tu vas bien, sourit pauvrement Hermione.

-Pouvons-nous nous passer des salutations d'usage pour que tu puisses me dire ce que tu veux ? fit froidement Harry

-C'est à propos du procès, dit Hermione.

-Ça aurait pu être vu par mon avocat, rappela Harry.

-Je voulais savoir si la solution te convenait, continua Hermione.

-Cette démarche aurait été plus logique si elle avait été faite avant que vous ne portiez cette affaire devant le ministère, rétorqua Harry.

-Ginny est très ravie de porter l'héritier Potter … fit Hermione.

-Qui ne le serait pas ? railla Harry

-Elle veut t'aider comme toi tu l'as aidé, déclara Hermione d'une voix plaintive.

-Et il fallait que tout le ministère soit au courant ? cingla Harry

-Harry … fit Hermione. Tu refuses de la voir ! Et elle t'aime !

-Je ne crois pas, non, fit fraîchement Harry. Elle ne veut que l'argent et la gloire !

-Tu te trompes ! réagit Hermione. Elle est faite pour toi !

-Je suis le seul à pouvoir en juger, décréta Harry. Et je suis certain qu'elle ne me correspond pas !

-Ginny t'aime ! répéta Hermione

-Elle n'aime qu'elle, assura Harry. Que veux-tu exactement, Hermione ?

-Je veux te convaincre que c'est la meilleure solution, fit Hermione.

-Alors tu t'y es prise de la pire des manières, lui apprit Harry. Je ne suis pas une marionnette, je ne dis pas amen à ce que les gens me disent ! Je suis un être humain qui a des besoins et des désirs et surtout, qui n'a pas envie de s'écraser devant ceux des autres. Ginny veut devenir lady Potter ? Alors elle aurait dû faire comme une fille normale quand un mec lui plait : elle tente de le séduire ! Or, nous savons tous les deux que ce n'est pas ce qu'elle a fait. Elle a agi comme si elle était en terrain conquis alors que je lui avais déjà dit que je ne voulais pas être avec elle !

Hermione était gênée. Elle reconnaissait que Ginny pouvait abuser parfois. Mais elle était faite pour Harry !

-Elle est faite pour toi ! assura Hermione

-C'est touchant, cette fidélité, ricana Harry. Mais dis-moi, Hermione, es-tu sûre d'avoir choisi la bonne personne ? Parce qu'avant que tu ne te places aux côtés de Ginny, tu étais à côté de Ron et moi en tant qu'égale. En soutenant Ginny, tu as perdu toute chance de faire partie de la vie de Ron en étant plus qu'une amie …

Hermione sursauta.

-Tu crois que je ne suis pas au courant que tu craques littéralement pour Ron ? rit Harry. Mais ça s'est vu depuis notre sixième année au moins ! Et vu ta tête, ça n'a pas changé.

Harry se leva, signifiant ainsi la fin de l'entretien.

-Nous n'avons plus rien à nous dire, déclara Harry. Nous nous reverrons donc au procès. Désormais, tu passeras par mon avocat. La prochaine fois que toi ou Molly ou encore Ginny viendraient ici, je porterai plainte pour harcèlement et ça sera très mauvais pour vous au procès. Bonne journée, Hermione.

Il la reconduisit à la porte et la laissa sortir.

-Au fait, Hermione, fit Harry alors que la jeune femme avait déjà fait plusieurs pas.

-Oui ? fit Hermione en regardant Harry

-J'espère que tu as compris qu'en me trahissant moi, tu as également trahi Ron, souligna Harry. Tu as détruit le Trio d'Or de ton propre fait. Bienvenue dans le monde réel, Hermione.

Et il lui referma la porte au nez.