Seiryuu : Merci pour ton review. Heureuse (voire soulagée !) que la résolution te plaise, c'est souvent là que j'attends les jeux Layton au tournant (et que je les admire aussi). Au plaisir de te lire toi aussi ! -Ode [insert MissMplease's answer here]
Partie III - La Scène
Des ongles brunis par la crasse des bas quartiers s'enfonçaient sournoisement dans tous les vestons. Les coupables, des enfants aux yeux fuyants, allaient et venaient par troupeaux, le pantalon débordant de replètes montres à gousset, déchargeant leur butin à un bout de la salle au nez et à la barbe de tous.
Les portes de la Scène s'étaient ouvertes quelques jours auparavant, et ces imposantes portes en bois masifs engloutissaient les Londoniens avec un soupir repu.
A l'intérieur, des stands : posées aux quatre coins de la salle d'exposition, de larges tables affichaient les couleurs de tous les arts et les sciences imaginables. Les travaux respectifs de l'élite de ces discplines avaient envahi chaque pouce de l'espace standard qui leur était dédié dans un souci d'équité mais, comme souvent chez ces classes favorisées, l'ensemble donnait l'impression d'un espace étiré à l'infini.
Là, chacun vaquait à son occupation, et feignait d'ignorer les bruits qui agitaient l'ensemble. Les scientifiques faisaient fonctionner sans fléchir leurs maquettes, actionnant et relâchant leurs poulies avec intérêt, les peintres apportaient consciencieusement la dernière touche aux oeuvres nées entre ces quatre murs, et les auteurs levaient une main jalouse des tirages inédits de leurs dernières oeuvres, tout cela sous les yeux d'un public ébahi.
Au fond de la salle, juché sur un fauteuil aux pieds travaillés, se tenait Bill Hawks, roi et maître, placé plus haut encore que n'importe quelle science. Ses yeux allaient et venaient avec une solennité et une fierté de circonstance, mais, si un visiteur avait songé à lever l'oeil dans sa direction, il aurait noté sur son visage d'enfant gâté un vague air de suffisance.
Chelmey, l'inspecteur désigné chef de la garde rapprochée, s'avança avec une moue de circonstance. Il attendit l'approbation de son équipe, qui lui emboîtait le pas sans oser le dépasser, et approcha brusquement les lèvres du micro pour déclarer : « Ici l'Inspecteur Chelmey.» Il grommela sans conviction un « pour vous servir ».
«Au nom de la police de Scotland Yard, je vous souhaite à tous la, hum, bienvenue. Comme vous pourrez le remarquer, la police a choisi de couvrir cet événement. Pendant toute la durée de cette manifestation, elle aura pour devise : sécurité, réactivité et e-ffi-ca-ci-té.
Pour cette raison, nous nous voyons obligés d'exiger votre coopération. Toute présence suspecte devra être signalée à l'un de nos représentants. » Il ajouta sur un ton réprobateur : « N'oublions pas que le fugitif est toujours en liberté ! C'est pourquoi, par pure précaution, nous allons à présent vous communiquer le signalement de l'individu Clive Dove : vous le reconnaîtrez... »
Le son mourut sans un grésillement. L'Inspecteur Chelmey leva les mains en l'air en fulminant, et pesta contre les microphones mais il était déjà trop tard, la foule n'écoutait plus le ronchon qui l'empêchait de profiter de ses vedettes. Les yeux de Chelmey remontèrent le long du fil électrique qui alimentait l'engin, et il grogna en le découvrant purement et simplement sectionné. Il se retira contre un mur, ses épaules pointues adossées à la tapisserie, et croisa les bras.
Puis se plongea distraitement dans l'observation des allées et venues. En réalité, il rêvait, aujourd'hui comme à chaque fois qu'il croisait la route d'un de ces blagueurs de pacotille, de retrouver le coupable, par devoir aussi bien que par pure fierté personnelle.
La marée des visiteurs de la Scène était si dense et si agitée qu'il ne parvenait pas à suivre qui que ce soit des yeux pendant plus de quelques secondes, et encore moins à identifier rien qu'une personne. Les sons étaient tout aussi déstabilisants : la rumeur de fond l'empêchait tout bêtement de comprendre, de rapporter, d'identifier bruits ou voix.
Faute d'informations supplémentaires, et après une heure d'observation de ce défilé qui ne lui avait rien appris, l'Inspecteur cligna des yeux et repris possession de son corps. Plus tôt, quelques minutes plus tôt, à tout casser, il avait cru apercevoir la pointe d'un haut chapeau mais son état d'énervement, associé aux hallucinations qui apparaissaient régulièrement ou quand il remplaçait le thé matinal par du café, ou une fois qu'il avait atteint un seuil de colère de non-retour, lui conseilla de ne pas s'y fier.
Pourtant, le même chapeau émergea plusieurs fois, et finit par sortir d'un petit groupe, à quelques mètres de distance à peine, près d'un guéridon où l'on servait généreusement boissons et cupcakes sophistiqués aux visiteurs.
La brume se dissipa : c'était Layton et la Reinhold, aucune trace de Luke. Sous les yeux de Chelmey, le Professeur Layton entama une discussion avec Don Paolo, et une jeune femme dont la vue ravivait un souvenir enfoui chez Chelmey.
La compagnie s'était réunie autour du buffet après des promenades séparées, et la discussion semblait prendre un tour des plus virulents.
Au moment où le policier s'apprêtait à déranger leur réunion de famille, ils se séparèrent en deux groupes, le professeur avec Paolo et la jeune femme avec Miss Reinhold, désormais absorbés dans des bavardages parallèles. Ce qu'ignorait toutefois l'Inspecteur, c'est que le Professeur Layton profita de cette confusion pour cacher à sa vue une paire de ciseaux dans la chaleur de sa poche.
La remarque de Chelmey se perdit dans la foule au moment où il vit l'Inspectrice Warrione onduler dans la direction du groupe, et se joindre à eux le plus naturellement du monde.
Un deuxième bataillon de pickpockets en herbe passa entre les jambes du policier interrogateur.
Restait à savoir si le prochain voleur à frôler son pantalon en tweed serait plutôt un adepte du vol de montres…ou avait une préférence pour les colliers.
Maud était assise au bureau de Dimitri, lieu qu'elle avait envahi de sa présence il y a maintenant un mois.
L'article sur l'ouverture de la Scène l'avait grandement perturbée. Elle n'était pas née de la dernière pluie, et connaissait assez bien son frère pour savoir qu'il ne raterait pas l'occasion d'y faire une petite visite.
Elle relut l'article pour la centième fois, même si, à force, elle en connaissait les lignes, et jusqu'aux sauts de pages par cœur.
Une preuve, cet article était une preuve, la seule chose qui la raccrochait à Clive. Cela faisait si longtemps qu'il avait disparu de sa propre vie qu'il était devenu difficile d'imaginer qu'il puisse exister dans celle des autres, dans son quotidien, voire tout simplement, réapparaître. Il lui était même arrivé de se demander si Clive avait réellement existé, si elle n'avait pas rêvé tout cela.
Etrange raisonnement. Maud soupira. Peut-être n'était-elle tout simplement pas prête à le revoir. Elle souhaitait lui donner la correction qu'il devait recevoir, le remettre sur les rails, bien sûr, mais tout lui semblait distant, inaccessible, à présent. Comme si elle ne le reverrait jamais.
Ce qui n'était pas du tout l'avis de Célie.
Faisant des tours de gardes de son bureau, les mains dans le dos, elle regardait le plafond à travers ses cils bariolés. Et ricana doucement.
« Gnéhéhéhé. Layton, j'espère que tu n'es pas dupe au point de croire que l'inspectrice obstinée que je suis pourrait détourner son attention rien que quelques secondes d'un si joli minois... »
Elle marqua une pause devant son fauteuil, faisant face à des documents éparpillés, parmi lesquels se trouvait une photo de Clive beaucoup plus subjective, provenant sûrement d'un journal à ragots. Son regard était profond et pénétrant, mais avant tout, joueur. Le joueur qui flirtait avec la mort dans le simple but de savourer quelques secondes d'un bonheur risqué et en réalité inaccessible.
Elle s'était battue bec et ongles pour obtenir la charge de cette enquête, de peur de se retrouver avec des affaires de la sale petite vermine faucheuse de porte-monnaies. Ce n'était pas tous les jours qu'on se retrouvait à traquer un criminel si ambitieux, si rusé, si…
« Charismatique ! Mon dieu, un vrai petit bijou des abysses de Londres ! Ça faisait longtemps qu'on n'en avait pas produit de pareil ! », s'exclama-t-elle d'un seul coup avant de reprendre sa marche.
L'inspectrice avait besoin de faire le point. Elle avait vu et déduit trop de choses, sans avoir vraiment pris le temps de les associer.
Car s'il fallait savoir une chose sur Célie, outre le fait qu'elle avait des obsessions supérieures à la moyenne, ou qu'elle se vernissait toujours les ongles d'une couleur strictement identique à celle de ses cheveux, c'est qu'elle était aussi la maîtresse des fils rouges. Le moindre lien entre deux entités, aussi infime qu'il puisse être, elle le remarquait. Mais ce talent avait ses limites.
Depuis toute petite, elle savait déduire les relations. Quand sa maîtresse lisait à haute voix des contes, elle était toujours impressionnée par la spontanéité dont Célie faisait preuve pour repérer les liens, même abstraits, entre les différents personnages. Très vite, elle pouvait dire qui était amoureux de qui ou qui était le traître, alors que les protagonistes n'avaient prononcé que quelques mots.
Cependant, lorsque son institutrice lui demandait ce qui allait se passer, l'enfant haussait les épaules et répondait par un « je sais pas ».
Elle ignorait que deux amoureux allaient se marier.
Célie était incapable d'envisager les conséquences d'une relation.
Avec le temps, elle avait réussi à se mettre assez à la place de l'autre pour connaître le but recherché par la relation, ou, à force, par anticiper les conséquences d'un lien, mais cela lui restait assez inaccessible.
Ainsi, elle avait parfaitement saisi la relation qui la reliait au Professeur. Une pourriture d'agent double, qui la prenait sûrement pour un de ces inspecteurs limités de Scotland Yard – bien qu'un certain Léon Blum avait réussi à sortir du lot, étrange personnage avec qui elle avait eu la chance d'échanger quelques mots.
Ah, Blumy chéri, tu me manques : avoir un cerveau de plus dans cette affaire n'aurait pas été de trop.
L'inspectrice sortit son carnet en fausse peau de zèbre, afin de relire ses notes.
Layton s'était trahi, et plusieurs fois. Ces faux pas lui avaient permis de savoir quel lien exactement ils entretenaient tous les deux, il fallait maintenant mettre la main sur ce qu'il avait derrière la tête.
La première erreur remontait à leur premier rendez-vous, dans ce pittoresque « bureau à balais ». Comment un si distingué gentleman avait-il pu nier cet arrangement et affirmer qu'il n'attendait personne, et surtout pas un membre de la brigade de Londres ?
Peut-être l'âge lui jouait-il des tours.
Ou peut-être ne souhaitait-il pas que des témoins un peu trop bavards relèvent une incohérence dans les fréquentations de leur mentor : Une discussion avec une inspectrice pouvait contredire celle une autre avec… Un allié de Clive par exemple. Une certaine Maud Dove, si sa mémoire ne se trompait pas.
Elle aussi avait mal joué. Elle avait fait du mieux qu'elle pouvait, certes, mais Layton lui avait mis trop de bâtons dans les roues à son goût.
Car pourquoi refuser de rejoindre les rangs de la police, avec un désir de vengeance aussi profond ? Oui, « les yeux sont le miroir de l'âme », et c'était bien la colère et la résignation qu'elle avait pu y voir.
La petite Dove n'était pas débile pour autant, Célie avait fait quelques recherches. Bonne élève dans les sélectives voies de la médecine, étudiante dans un prestigieux college. Elle ne devait donc pas être sans savoir que seule, elle n'arriverait pas à retrouver Clive, alors… Pourquoi ne pas s'avantager d'une aide aussi précieuse et puissante que celle de la police ? Un problème d'ego ? Décision personnelle ? L'inspectrice n'y croyait pas. Une alliance avec un personnage de poids ? Cela devenait tout de suite plus plausible.
Alors une alliance Maud Dove – Hershel Layton était bien dans l'air. Et Dimitri Allen, comme lui avait pieusement rapporté Miss Reinhold.
« Ceux qui ont l'air le plus niais sont toujours les adversaires les plus redoutables », se dit Célie, toujours aussi excitée à l'idée de disposer de cette petite espionne à la couverture infaillible.
Elle avait le lien entre les protagonistes. Il lui manquait le but et la motivation de cette alliance.
Enfin bon, le but, elle l'avait aussi. Au cours de l'élucidation de l'affaire Lune Agonisante, elle avait volontairement testé le Professeur en détournant son attention de lui, histoire de ne pas le mettre sur ses gardes.
Cela avait réussi. Chelmey, comme à son habitude, avait posé une question directe et sans détour, à laquelle ne s'attendait pas le Professeur. Son air troublé, aussi léger qu'il soit, l'avait trahi.
Il connaissait la réponse.
Et ne voulait pas la donner, même rien qu'une piste.
Pourquoi ?
Parce que cela serait aller contre son intérêt. La motivation de son alliance.
Sauver Clive Dove.
Célie leva les yeux au ciel avec un soupir fatigué. Clive Dove était déjà assez rusé comme ça, inutile de lui compliquer la tâche.
Surtout quand il voulait, ne l'oublions pas, assassiner le Premier ministre. Oui, c'était sûrement dans ce but que l'alliance était apparue...pour l'empêcher de faire une grosse bêtise.
Ah, le raisonnement lui-même n'était pas stupide, mais il fallait bien remettre les fugitifs en prison !
Et enfin la preuve, la preuve finale.
La section du fil du microphone, dans le but d'interrompre le discours de l'Inspecteur Chelmey et d'éviter d'attirer l'attention du public sur Clive.
Donc l'alliance, elle aussi, cherchait à mettre la main sur ce royal voyou.
« Et d'ailleurs, Dimitri ! Pourquoi ne te proposerais-tu pas pour rejoindre l'élite de la Scène ? Tu en as les capacités, non ? » s'enquit Maud.
Derrière l'écran...
Ode : Naaaan, je peux écrire mes derrière l'écran directement sur le site sans que ça beugue ? :O IMPOSSIBRU
MissM : Cela fait une éternité que nous ne sommes pas venues par ici... Et ma partie préférée commence...
Ode : ... *prend la Katia pose* Mais vous n'avez toujours pas compris ? Après... Tout ce temps ?
MissM : (on dirait une phrase de film ou c'est moi ?)
Ode : *lève la tête* Vous avez mérité quelques explications.
MissM : Abrutie.
Ode: Je vais pas blâmer le manque de temps et les études blablabla... Le temps, j'en avais. Bon, certes pas autant qu'en vacances, mais j'en avais. Mais contrairement aux autres fois, là j'ai du REECRIRE le passage, que mon portable avait perdu. Un passage que je n'avais pas pris plaisir à écrire une première fois, et là, j'avais décidé d'y introduire des éléments significatifs (genre le raisonnement de Célie à partir de tous les indices que j'avais semés ici et là. Ewé en vrai chuis intelligente).
Et j'ai découvert Minecraft. Et Hearthstone. Pourquoi s'enquiquiner à écrire des textes qu'on n'aime pas alors qu'on peut aller voler les diamants des autres ?
MissM: Il faut aimer ses textes, chère Ode (mal placée pour dire ça oui d'accord). Ah, au fait. Cette fille tond vos moutons et casse vos enclos. Ne jouez jamais avec elle à Minecraft les enfants. Vous me remercierez.
Ode: So je m'y suis grave remise avant-hier et hier. Jusqu'à une heure du mat. OUI JE TRIME DUR MOI.
Clive: C'est surtout parce que tu étais au resto avant, teufeuse.
MissM: C'EST VRAI CA ? *bouche de Magicarpe*
Ode: Clive, va voir en taule si j'y suis. Donc BREF j'ai accéléré le rythme et pouf ! Un beau chapitre ! On dit Merci qui ? :D
MissM: Merci MissM pour avoir botté le derrière d'Ode qui voulait pas s'y remettre. Un review = une motivation supplémentaire pour faire bouger cette feignasse d'Ode. A la prochaine mes loulous !
