Devant le silence de Dimitri, Maud laissa retomber son ton enjoué, et ses yeux levés vers lui prirent la couleur de l'inquiétude.

Est-ce vraiment une si bonne idée ? Après tout… Hershel m'a dit que… De toute façon, je n'ai pas d'excuse.

Tout entier à ses pensées, il avait tiré une mèche de sa queue de cheval et l'enroulait autour de son doigt avec l'obsessionnelle minutie d'un aliéné. Etirée, malmenée, la touffe de cheveux couleur cendre se rétractait de temps à autre en une boucle mal formée, sur laquelle il repassait aussitôt son angoisse.

Au moment où la jeune femme tenta de lire dans l'unique oeil bleu qui pointait sous ses cheveux imposants, il le couvrit d'une paupière grise, que la fatigue avait ornée de fines veines violacées. Elle nota que les petits vaisseaux couleur chardon s'agitaient dangereusement, gonflant et palpitant de temps à autre, trahissant son agitation intérieure, sa nervosité et ses hésitations. Maud ne le quittait pas des yeux, tentant de le ramener à la surface, de lui rappeler la politesse qu'il respectait d'ordinaire avec un tel naturel. Il semblait déterminé à arriver au bout de ses réflexions, avant de s'autoriser à revenir dans cette pièce.

A refuser, je ne ferais qu'attirer l'attention de la police.

Un long soupir mit fin au malaise de la jeune femme. Dimitri était arrivé à sa conclusion. Oui, il irait.

L'homme de sciences s'extirpa difficilement de sa rêverie et se redressa, laissant apparaître derrière son rideau capillaire un autre oeil bleu : « Tu ne crois pas si bien dire ! J'ai reçu...ceci pas plus tard qu'hier soir. »

Il lança péniblement un bras vers la commode, trop abattu pour se lever. Il fourragea quelques instants dans un paquet de papiers, avant de reconnaître le papier épais et lisse de l'invitation. Le carton royal était assorti aux tentures rouges de la Scène, et gravé d'un motif de siège où apparaissaient les initiales du Premier Ministre.
Le nom de Dimitri y était indiqué dans l'écriture tordue de Célie Warrione, et faisait partie de la fournée des cartes personnalisées qu'elle avait commandées à l'imprimeur, en précisant qu'une ligne devait être laissée vide, afin que les invités de marque aient le privilège d'une carte nominative, quand les invités moins prestigieux devaient se contenter d'un message impersonnel.

Maud fit tourner le bout de papier entre ses doigts, guettant patiemment les prochaines paroles de son allié.

« Mais avant d'y aller, j'ai besoin de réfléchir, et je crois que tu vas pouvoir m'aider. Prendrais-tu un thé ? »

A quelques pas de là flânait un duo, un homme et une jeune femme souriants, mais calmes, et aux gestes dessinés avec une perfection et une grâce qui faisaient d'eux deux personnages de la meilleure tenue. Toutefois, leur manière de plisser les yeux pour sourire, et l'étonnante façon qu'ils avaient de marcher au même pas trahissait un air de famille.

Le duo arpentait les bords de la rivière, profitant des lumières de la ville qui commençaient tout juste à s'allumer et à se refléter dans l'eau des quais avec un émerveillement de touriste, mais une retenue d'aristocrate.

C'était l'heure à laquelle le grondement de la Tamise se faisait berceuse, et les eaux agitées qui, dans la journée, voyaient passer les embarcations et les marchandises, résonnaient des cris des marchands, se transformait en un long ruban noir qui s'étirait paresseusement d'un bout à l'autre de la ville.

"Une chance que l'on nous ait réservé une place, et si promptement...j'en regrette de ne rien avoir à offrir à notre Cicéron* » se dit l'homme, en prenant appui sur le bras de sa compagne. La jeune femme, s'alignant sur le pas hésitant de son aïeul, paraissait profondément impressionnée de tout ce qui l'entourait et venait chatouiller ses sens. Elle avait oublié à quoi la ville pouvait ressembler, et la retrouvait avec bonheur.
Le silence des contrées reculées était apaisant, mais la ville avait une beauté inégalable.

« Katia… »

La jeune fille comprit le signal. Elle ralentit le pas, et guida avec douceur son aïeul vers un des bancs qui parsemaient à distance régulière les bords de la rivière.
Son grand-père avait sa fierté, et rechignait généralement à se plaindre aussi ouvertement de la fatigue. Aussi, quand il osait formuler ce genre de demandes, elle prétendait ne pas entendre le petit bruit de soulagement qu'il lâchait en apaisant son dos courbé, et, restée debout à côté de lui, prenait cette halte comme une invitation à profiter du paysage.

Une fois qu'elle sentit la main tremblotante chercher son avant-bras, elle l'y plaça confortablement, et ils reprirent leur marche, pas à pas.

Leur hôtel apparut à temps, au moment où la lumière naturelle s'apprêtait à s'évanouir, et aurait gâché la splendide vision qui s'offrait à eux. Le groom attribué à l'imposante porte d'entrée fit un pas, et déchargea Katia de son grand-père pour l'aider à gravir les volées de marche.
Elle le laissa faire, mais revint vers Vladimir dès qu'elle en eut l'occasion.

Une fois à la réception, ils donnèrent le nom de « Van Herzen », et furent conduits par un jeune homme en livrée à leur chambre, où deux grands lits et une bouteille de champagne fraîche les attendaient.

Comme convenu, ils trouvèrent sur l'une des commodes une carte leur indiquant les consignes à fournir pour être conduits de bonne heure le lendemain à la Scène. Une voiture, précisait l'Inspectrice Célie Warrione, les attendrait devant la porte gauche de l'hôtel, ce qui permettrait à Monsieur le Comte de s'y déplacer sans trop de difficultés.
Une invitation rouge carmin y était jointe. Elle indiquait les horaires des diverses conférences privées auxquelles ils étaient tous deux conviés.

La jeune fille arrangea rapidement ses cheveux violets à l'aide d'un peigne de coquillage, puis aida son grand-père, assis sur un lit, à défaire les boutons de sa chemise. Une envie la prit de se lancer dans une conversation avec lui, mais, devant ses yeux rapetissés par la fatigue, elle jugea plus sage de la garder pour le lendemain, et de consommer son excitation en solitaire.

Elle l'aida à se coucher, borda ses draps avec amour, puis se résigna à rejoindre son propre lit, qu'elle avait demandé à être déplacé dans la même salle.

Entretemps, elle sortit d'un sac une petite cloche, et la posa sur la table de nuit de son grand-père. Ils s'étaient mis d'accord pour qu'il en use comme d'une alerte, au cas où il se sentirait indisposé pendant la nuit. Ce rituel avait permis à Katia de dormir plus paisiblement : jusque là, elle peinait à trouver le sommeil à l'idée qu'un drame puisse subvenir sans qu'elle ne s'en rende compte, et, avant qu'il n'accepte de dormir dans la même salle que sa petite fille, elle ne pouvait s'empêcher de faire les cent pas autour de sa porte, glacée dans sa chemise de nuit, à l'affût du mondre bruit.

Elle s'assit sur le côté du matelas avec un sourire timide, avant d'éteindre définitivement la lumière.

Flora astiquait fermement la vitre de la cuisine.

Ses trop nombreuses heures de solitude à attendre le Professeur chez lui la poussaient régulièrement à toutes sortes de réflexions. La jeune Miss était loin d'être une personne torturée, aussi s'occupait-elle régulièrement à imaginer de guillerettes choses, son futur prétendant, sa future vie de famille. Parfois, des souvenirs de feu son père lui revenaient en mémoire, et la nostalgie de Saint-Mystère et de ses excentriques habitants lui serrait quelque peu le cœur.

Mais pas cette fois-ci. Elle était tellement nerveuse que ses gestes en devenaient tremblants et répétitifs - tout à l'heure, elle avait failli se couper en épluchant des carottes - ce qui l'avait convaincue de se rabattre sur l'activité moins dangereuse qu'est le ménage.

Cette pauvre fenêtre se voyait frotter fermement depuis maintenant une vingtaine de minutes, victime des songeries de Flora.

« Père s'est donné tellement de mal pour moi… Il m'a fait construire un village et des amis dans le seul but de me tenir compagnie, et s'est bien assuré de mettre en place tout un fabuleux système pour trouver une personne digne de s'occuper de moi… Il me l'avait dit… De lui faire confiance… Que c'était une bonne personne... »

Elle s'arrêta de nettoyer, ramenant le chiffon vers elle, la tête légèrement baissée.

« Mais Père, Père, si tu savais comme le monde est fou en dehors de Saint-Mystère ! Tu avais raison, Monsieur Layton est une très bonne personne, j'ai toujours eu confiance en lui… Comme j'ai toujours eu confiance en toi… »

L'étau dans lequel elle tenait le chiffon se resserra.

« Mais que dois-je faire, alors, s'il ne prend pas la bonne décision ? Est-ce vraiment digne d'une lady de laisser le poids de la responsabilité à son protecteur ? Ne puis-je pas un peu l'aider, comme je l'ai fait à Saint-Mystère ? N'ai-je pas mon mot à dire ?! »

Flora tomba à genoux dans la cuisine. Les larmes lui montèrent aux yeux.

« Si tu l'avais vu, Père… Ce Clive. Lui aussi, il a perdu ses parents, d'une bien pire façon que moi. Je devrais le plaindre… Je devrais chercher à le couvrir, aussi… Mais si tu avais la moindre idée de ce qu'il a fait ! Et de ce qu'il projette de faire ! »

Les larmes lui sortaient à présent des yeux, entre deux spasmes de sanglots à peine étouffés. La tête levée vers la fenêtre, elle se mit à parler d'une voix déformée par les larmes.

« J'ai tellement honte de moi, Père, tellement ! Je suis tellement confuse de trahir ta promesse ! Pardonne-moi, pardonne-moi, mais… Si je laisse faire… L'Angleterre entière est menacée ! »

Elle se replia sur elle-même, la tête sur les genoux.

« Il a voulu éradiquer Londres par conviction… » murmura-t-elle, « Il est effrayant Père, effrayant. J'ai tellement peur qu'il arrive à tuer Bill Hawks… Et en même temps… En même temps… »

Flora renifla.

« ...j'ai aussi terriblement peur que le Professeur soit arrêté ! »

Son visage entier se tordit dans une expression de douleur intense. Ses mots n'étaient plus que l'écho de ses sanglots. Les bras enroulés autour de son ventre, elle laissa ruisseler les larmes jusque sur le carrelage, articulant difficilement les mots « tellement peur » et « pardon » pendant de longues minutes.

Quand elle eût réussit à se calmer un tant soit peu, elle renifla d'un coup sec, et essuya ses larmes du revers de sa manche.

« Mais tu sais, Papa », reprit-elle, « cette inspectrice n'est pas mauvaise… Elle aurait pu réussir l'énigme de Saint-Mystère aussi, et devenir ma mère adoptive… Donc elle est un peu digne de confiance, non ? »

Le silence de l'appartement vide lui répondit.

Troisième jour d'exposition de la Scène.

« Psss ! Hey, Luke ! Luuuke ! »

L'assistant se retourna en quête de la source de cette voix.

« CORVUS ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

- Shhh ! Parle moins fort, abruti ! » le réprima le concerné. « On est là pour affaires…

- Par 'on', tu entends… ?

- La bande du clan du Corbeau Noir, voyons ! » lui sourit malicieusement Corvus. « Mon cousin, le chef du groupe des Chats Perchés de Londres, m'a passé le tuyau pour que je recrute de nouveaux clients pour le marché noir de Mistallery ! En contrepartie… »

Il s'approcha de l'oreille de Luke.

« On lui file un p'tit coup de main pour s'occuper des…effets personnels des visiteurs. » sourit-il.

« Corvus ! » le réprimanda Luke. « Je ne pensais pas te voir t'abaisser autant pour amener la clientèle !

- Eh eh eh ! Du calme Luke, du calme. Moi, je suis là pour faire ma publicité. Et entre nous… »

Il posa sa main sur l'épaule de Luke.

« La police est assez tenace, pour une fois. Surtout l'inspecteur Musclor, là-bas, et… oh, je te laisse ! A plus ! »

Le garçon n'eut pas le temps de réagir qu'il vit arriver l'Inspectrice Célie dans sa direction, le dépassant sans égard pour se planter devant le Professeur.

« Professeur, la séance d'ouverture est sur le point de se terminer. Veuillez vous diriger vers la sortie, je vous prie. »

En effet, une marée humaine commençait à se mouvoir vers l'extérieur, poussant Luke à rejoindre son mentor. Célie laissa passer deux ou trois groupes bourgeois avant d'attraper le bras de l'inspecteur Chelmey et de le tirer à elle.

« Et vous, vous venez avec moi ! » sourit-elle.

L'inspecteur Chelmey essaya de repousser l'injonction d'un grognement, mais la prise de l'inspectrice était trop forte. Ils descendirent les escaliers d'un pas lourd et pressé, esquivant habilement les convives jusqu'à se retrouver à l'air libre. Ne comprenant pas vraiment la raison de toute cette agitation, il se tourna vers sa collègue, qui lui avait lâché la manche.

« Dites, c'est pas bientôt fini, votre manège, là ? » commença-t-il, énervé. « On est censés monter la garde là-haut, je vous signale !

- Suivez-moi » répliqua-t-elle sèchement.

Pris de court, Chelmey se résolut à la suivre pour avoir le fin mot de cette histoire. Ils marchèrent quelques minutes, avant de rentrer dans un parc et de s'installer sur un banc. De l'endroit où ils étaient, ils avaient une bonne vue sur la place du musée, et sur les entrées et sorties, à condition de se tourner un minimum, les policiers tournant le dos à la vue qui leur était proposée. De plus, un épais mur de buissons les dissimulaient aux yeux des passants. Pour réussir à apercevoir la totalité de la place à travers les trous aléatoires du feuillage, il fallait être bien placé.

Célie était déjà en position de chien de garde, l'œil fixé sur une des ouvertures de la végétation, ignorant complètement la présence de son collègue.

Ce qui n'était pas au goût de ce dernier. Il ne supportait pas qu'on le mène à la baguette.

« Vous allez vous expliquer, pour l'amour du ciel ?! Qu'est-ce qu'on fait ici ?

- Oh, au diable vous et votre coffre vocal ! Taisez-vous un peu, voulez-vous ?

- Pardon ?! Mais pour qui vous prenez-vous ?! » cria l'inspecteur estomaqué, fou de rage face à ce manque de respect.

« Ordre de votre supérieur : bouclez-la. »

Chelmey, stoppé dans un élan de répartie, se figea de stupeur devant un tel affront et n'eut d'autre choix que de se résigner, croisant les bras, dos aux buissons. Ah, Scotland Yard n'était plus ce qu'elle était ! De son temps, les inspecteurs étaient censés et compétents, toujours à donner les bonnes directives. Maintenant, il était entouré d'un hyper-actif sortant tout droit d'un film d'action et d'une excentrique qui adoptait l'uniforme quand ça lui chantait.

Marre, marre, marre, de cette bande d'incompétents ! Même Barton pouvait se montrer plus efficace !

Il regarda les aiguilles de sa montre bouger. Longtemps. Au bout d'un moment, la limite de sa légendaire patience, il allait faire éclater sa frustration à la figure de l'inspectrice quand celle-ci le tira violemment par le col, le forçant à regarder par le trou.

« Et voilà ! Regardez, Inspecteur ! Là-bas ! » dit une Célie enjouée.

L'inspecteur eut beau plisser les yeux, il ne trouvait pas le moindre intérêt aux rares passants de cette place.

« Quoi, 'là-bas' ? » maugréa-t-il, trop irrité de tout ce temps perdu.

« Là, près de l'entrée du musée, en toile marron, avec une canne ! »

Chelmey réinspecta la scène. En effet, un homme s'approchait du musée, dans une tenue on ne peut plus conforme à celle d'un gentleman. Chapeau, long manteau, canne, lunettes… Rien de bien suspect.

« Oui, et bien quoi ? » s'énerva-t-il de plus belle.

Célie, piquée par la réponse, écarquilla les yeux en direction de son collègue, l'air effaré.

« Vous ne le reconnaissez pas ? »

Pour la troisième fois, il refouilla la place du regard, en s'appliquant à se concentrer sur l'homme. Une moustache, dont la couleur différait quelque peu de la couleur des cheveux, un long manteau dont les manches semblaient être légèrement trop longues, une canne, mais une démarche juvénile… Et surtout cet éternel air narquois peignant son visage.

« Mais… Mais… Je le reconnais ! INSPECTEUR CHELMEY ! CHARGE DE L'ENQU… »

A peine il avait eu le temps de s'élancer que l'inspectrice Warrione le saisit par la taille, le forçant à se rasseoir et à se taire.

« Mais LACHEZ-MOI BON SANG ! A QUOI JOUEZ-VOUS ? » hurla-t-il à sa collègue. « Il est juste LA, à notre portée, C'EST L'OCCASION OU JAMAIS ! »

« Je n'en suis pas si sûre. Rasseyez-vous. »

Il resta quelques instants encore debout, effaré devant tant d'incohérences. C'est la pression d'une main gantée qui le força à obéir. Il se jura intérieurement de se venger de cette inspectrice de malheur.

« Dites-moi, Inspecteur, est-ce que vous savez pourquoi Clive s'est enfui ?

- Erreur dans la ronde des gardes, il me semble… » ronchonna-t-il.

« Pas tout à fait, en réalité… »

Il se retourna, fixant des yeux glacés sur son interlocutrice.

« En réalité, c'est plus compliqué que ça… Clive s'est cru plus puissant que nous, et cette confiance lui a permis d'oser. Oser remettre en cause sa sentence, oser dessiner un plan, oser tenter de s'enfuir, oser continuer sa vie…

- Je ne vous suis pas.

- C'est subtil, en effet. Si vous arrêtez Clive maintenant, vous ne l'aurez pas brisé, ni détruit, ni même affecté. Il retournera dans sa cellule gentiment pour mieux s'échapper. Tout simplement. Non, Inspecteur », anticipa-t-elle, voyant ses lèvres s'entrouvrir, « la meilleure des surveillances ne lui suffira pas. Ce qu'il faut, c'est le détruire de l'intérieur, l'anéantir.

- Et quand est-ce que vous comptez…l'anéantir ? » l'interrogea-t-il, ne saisissant pas toute la portée psychologique des propos de sa collègue.

« Bientôt, Inspecteur, bientôt. Si vous le voulez bien… »

Elle fit volte-face, plantant son étrange regard dans celui de Chelmey.

« Arrêtez d'attirer l'attention de la foule, et de vos hommes sur Clive. Juste… Continuez, mais un minimum, que personne ne se doute de quelque chose - pas plus. »

L'inspecteur Chelmey se sentait dépassé. La logique de Célie lui apparut comme tordue et inadaptée aux méthodes traditionnelles de la brigade londonienne, tout comme sa collègue, mais il n'empêche qu'en moins d'une heure, elle avait réussi à mettre la main sur Clive Dove, alors que ses unités cherchaient sans succès sa trace depuis quelques semaines déjà.

« On verra. » marmonna-t-il avant de se lever, laissant l'inspectrice en plan.


* Cicéron : Ce nom d'un empereur romain est passé dans le langage commun. C'est un terme élégant pour parler de protecteur, voire de mécène, ici, de la personne qui a eu la bonté de s'occuper d'organiser le voyage de Vladimir et Katia.


Derrière l'écran...

Ode : Hey hey hey les zamis ! J'ai enfin fini de réécrire mes textes manquants !

MissM : Bonjour à tous ! Ca fait plaisir de voir une publication régulière, pas vrai ?

Ode : Stop blabla, je passe direct' aux anecdotes. Voyez-vous, à la base, ma partie ne devait contenir que la scène Célie-Chelmey. Mais !

MissM : Ce que vous ne savez pas, c'est que cette fanfic s'est vue attribuer un défi par une membre ultra-anonyme de la famille d'une des deux auteurs : celui de redorer le blason de Flora, son personnage préféré !

Ode : Effectivement. Si vous reprenez le premier jeu, Flora est un perso très intéressant : pas le plus profond, mais elle reste un bon sujet d'écriture. Sauf que la série elle-même l'a tournée en dérision, enchaînant les apparitions plus inutiles les unes que les autres. Et ça, c'est dommage.

MissM : Flora reste quand même un personnage simple avec des activités légères, on se devait de respecter ça. Mais il n'empêche que Flora est un peu plus futée que ce que la série veut laisser croire, et nous on voulait le développer. Elle nous plaisait bien, pauvre petite !

Ode : Par ailleurs, je suis consciente que Célie prend de plus en plus de place. Je m'en excuse mais je ne me vois pas faire autrement. J'aurais commencé la fanfic après avoir joué au Masque des Miracles que je l'aurais remplacée par Blum, mais là...

MissM : ...l'intrigue était bouclée. Par ailleurs, la scène de Corvus n'y était pas à l'origine, elle aussi est née de la révision récente du texte par Ode.

Ode: Parce que tout le monde aime Corvus voyons :3

MissM : Et Katia et Vladimir sont aussi de retour... C'est tout pour aujourd'hui !

Ode : A la prochaine, mes cocos !