Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je voudrais vous remercier pour vos reviews. Elles m'ont fait très plaisir et m'ont beaucoup touché.
Je vous présente le dernier chapitre de cette fiction ! Vous allez y retrouver les réponses à la plupart de vos questions. Pour le reste ... Laissez votre imagination parler !
Je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis à la prochaine !
Gros bizoux
Crystal of Shadow
Massacre mené de main de maître
Huit janvier. Date du procès.
Harry avait accompagné Draco par l'entrée de service pour éviter tous les journalistes. Ron, de service, lui avait révélé en grinçant des dents que sa sœur et sa mère répondaient avec plaisir à leurs questions, étant certaines que la décision irait en leur faveur. Harry fronça des sourcils. Il trouvait qu'elles s'avançaient quand même pas mal. De toute façon, il savait ce qu'il allait faire s'il perdait et les deux rousses n'allaient pas du tout pouvoir en profiter. Il avait quand même à ses côtés le plus Sang Pur des Sang Pur !
Draco et Harry se présentèrent devant la salle d'audience mais malheureusement, il y avait autant de journalistes qu'à l'entrée du ministère. En tendant l'oreille, Draco avait entendu quelques-uns s'insurger du fait qu'ils portent des costumes Moldus en lieu et place des habituelles robes Sorcières. Le blond ricana dans sa barbe. En s'exilant, il avait découvert que son pays d'origine passait pour ringarde avec sa mode largement dépassée et ses lois d'un autre temps entre autres. Concrètement parlant, l'Angleterre n'avait rien fait de bon pour Harry et lui donc il était hors de question de se plier à leurs désidératas.
-Allons-y, décida Draco en prenant le bras d'Harry pour qu'ils entrent dans la salle.
Heureusement pour eux, cette dernière était quasiment vide. Ils prirent place de leur côté et le blond sortit ses dossiers pour y mettre de l'ordre. Le brun sortit de sa poche un livre et se mit à lire. Oui, tous les deux étaient détendus.
-Malfoy ?!
Draco leva la tête pour voir Hermione Granger face à lui.
-Granger, salua Draco.
-Qu'est-ce que tu fais à côté d'Harry ? s'exclama Hermione
-Je suis son avocat, renseigna aimablement Draco.
-Harry, comment tu as pu laisser ce type … pesta Hermione.
-Hermione, coupa Harry. Je fais ce que je veux, peu importe ce que tu penses. Je suis d'ailleurs étonné que tu ne sois pas au courant que Draco me représente.
-Et en plus, tu l'appelles par son prénom ? piailla Hermione
-C'est ce que font les amis, non ? rappela Harry. Ah, j'oubliais, tu te moques de tes amis.
Hermione devint rouge.
-Ce serpent ne devrait pas être là ! cracha Hermione
-Il est là à ma demande, souligna Harry. Ton avis ne compte pas !
-Quand Ginny va apprendre ça … menaça Hermione.
-Et qu'est-ce que ça peut lui faire ? leva un sourcil Harry. Aux dernières nouvelles, elle ne représente rien pour moi.
-Elle va devenir ta femme ! rappela Hermione
-Ma femme, peut-être, concéda Harry. La mère de mon premier enfant, si le tribunal va en ce sens. Mais rien de plus. Et encore moins lady Potter-Black.
Hermione se recula, comme frappée.
-Tu ne peux pas faire ça, hoqueta Hermione.
-Alors je créerai un précédent, sourit machiavéliquement Harry. Ginny pourra peut-être s'imposer à moi mais selon mes règles. Que ça lui plaise ou non, je m'en contrefiche.
Ulcérée, Hermione tourna des talons et regagna sa place.
-Joli, sourit Draco. Et merci.
-Pas de quoi, haussa des épaules Harry. Elle commençait à me casser les pieds.
-Tu comptes vraiment ne pas lui donner les titres ? questionna Draco
Ils n'avaient pas réellement parlé de ce qu'Harry ferait s'il perdait. Mais visiblement, ce dernier y avait beaucoup réfléchi.
-J'ai lu ce qu'elles voulaient me demander exactement, fit Harry. Uniquement que Ginny porte l'héritier Potter. Rien d'autre. Je me suis renseigné mais mis à part le fait que je doive l'épouser pour valider le fait que l'enfant sera mon héritier, je n'ai pas d'obligation. Donc ne pas lui donner les titres, restreindre ses accès à mon patrimoine et autres petites choses hautement déplaisantes sont totalement dans mes cordes. Et n'ont pas à passer dans les clauses de cette décision de justice.
-Tu en deviendrais presque machiavélique, sourit Draco.
-Elles ont voulu jouer, fit Harry. Je n'ai jamais dit que quelle manière elles perdraient.
La conversation s'arrêta là et chacun retourna à ses occupations. La salle se remplit petit à petit et à la surprise de tous, Bill, Fleur, Charlie et Georges prirent place du côté d'Harry sous le regard furieux de Molly. Draco cacha sa surprise. Il savait qu'Harry avait le soutien de Ron mais pas du reste de la fratrie Weasley, ce qui montrait une profonde scission au sein même de cette famille.
-Harry ? chuchota Draco
-Hum ? fit Harry, toujours dans son livre
-Où se trouve Arthur Weasley ? demanda Draco. Toute la famille est là !
-Arthur est chez sa tante Muriel, répondit à voix basse Harry sans se tourner vers lui. Il se trouve que Molly a omis de prévenir son époux et sa chef de famille de ce qu'elle allait faire. Et encore moins que Ginny s'était désignée comme étant une Prewett. En ce moment, ils sont en train de décider ce qu'ils vont faire de Molly et Ginny, peu importe qu'elles gagnent le procès.
-Tu n'avais pas l'intention de me le dire ? sourit Draco
-Si, après, assura Harry.
-Tu n'es plus le gentil Gryffindor je connaissais, constata Draco.
-Il est mort en même temps que Voldemort, répondit Harry. Tu as devant toi le véritable Harry Potter.
-Crois-moi, c'est lui qui me plait, sourit Draco.
Harry plongea plus profondément dans son livre pour masquer sa rougeur.
Quelques minutes plus tard, le procès commença. Galanterie oblige, Harry et Draco cédèrent bien volontiers la possibilité de se défendre en premier à Hermione, Ginny et Molly. La brune s'avança alors et déclama son plaidoyer avec aisance mais surtout, avec suffisance. Draco reconnut qu'elle avait les arguments mais ne savait clairement pas les mettre en valeur. Il comprenait maintenant pourquoi le service juridique du ministère refusait de lui donner la possibilité de vraiment plaidoyer. Elle n'était pas faite pour être avocate, malgré tout ce qu'elle pensait.
Quand elle se fut rassise, satisfaite et hautaine, Draco se leva avec grâce et prit la parole.
-Mesdames, Messieurs, fit Draco. Tout comme vous, j'ai entendu les arguments de mademoiselle Weasley pour payer sa dette envers lord Potter en portant le futur héritier Potter. Moi-même, j'avoue que cette solution n'est pas sans intérêt mais plusieurs points ne me semblent pas être des avantages.
Tout le monde était suspendu à ses lèvres.
-Mademoiselle Guenièvre Weasley. Septième enfant et unique fille d'Arthur Weasley, héritier de la famille du même nom, fit Draco. Bien que Sang Pur, les Weasley sont tout en bas de l'échelle, considérés comme pauvres. Arthur Weasley est certes directeur du Bureau de Détournement de l'Artisanat Moldu, il est surtout quelqu'un qui n'a pas l'ambition de grimper les échelons du Ministère, à la plus grande contrariété de sa femme Molly. C'est un fait connu de toute la communauté Sorcière.
Toute la salle rigola.
-Tout cela pour dire qu'Arthur ne cherche pas forcément le mariage le plus riche pour sa fille, continua Draco. Parce qu'il sait qu'il serait incapable d'y prétendre. Ni les Weasley et ni la famille Prewett ne peuvent fournir une dot à la hauteur des grandes familles Sang Pur. Et encore moins vivre à leur niveau de vie. La seule raison pour laquelle mademoiselle Weasley a pu côtoyer des enfants Sang Pur importants est qu'ils vont tous dans la même école, que nous allons tous dans la même école.
La foule acquiesça.
-Mademoiselle Guenièvre Weasley a gravité très tôt dans le cercle de lord Harry Potter grâce à son frère Ronald qui était son meilleur ami, fit Draco. Seulement, et toute l'école en est témoin, elle a très rapidement montré son intérêt pour le Survivant. Et pas pour Harry Potter. J'ai fait une petite enquête sur la façon dont elle était perçue et j'ai été très surpris. Vous savez pourquoi ? Parce que mademoiselle Weasley n'avait aucun ami. Personne d'assez proche pour dire ce qu'elle aimait, ce qu'elle détestait. Personne. Tous ses camarades m'ont clairement dit que depuis sa deuxième année, elle s'érigeait comme la prochaine lady Potter. Cette assurance était assortie d'un comportement hautain et condescendant tellement irritant qu'elle a éloigné toutes les personnes qui voulaient devenir ami avec elle. Pour moi, elle ne veut pas payer une dette de vie, elle veut simplement assouvir une obsession.
La salle éclata en murmures alors que Ginny rougissait à la fois de gêne et de rage. Oui, elle était une fan girl mais qu'est-ce que ça avait à voir avec le procès ?
-Cette obsession a dû se renforcer quand lord Potter a vaincu celui qui se proclamait comme étant lord Voldemort … poursuivit Draco.
-Veuillez ne pas dire ce nom ! se crispa le juge
-Il ne s'agit que d'un nom, déclara tranquillement Harry. Le nom d'un Sorcier qui m'a poursuivi toute ma vie et que j'ai dû finalement tuer à dix-sept ans pour sauver vos vies. Voldemort est mort. Son nom n'a plus aucun pouvoir. Alors il serait temps que vous preniez votre courage à deux mains et oubliez votre peur. Voldemort.
Le juge comme le reste de l'assistance se crispa encore plus.
-Maître Black, veuillez poursuivre, grinça le juge. Et dites à votre client de ne pas intervenir.
-Lord Potter n'a pas tort, sourit Draco. Mais désormais, il gardera sa langue dans sa poche. N'est-ce pas, Harry ?
-Tout à fait, Draco, sourit Harry.
Tous les deux se délectaient de voir Ginny ivre de rage face à leur complicité.
-Bien, fit Draco. Mademoiselle Weasley veut faire partie de cette élite et ne s'en est jamais cachée. Pour autant, elle n'a jamais rien fait pour mériter en faire partie. Je m'explique. L'école offre la possibilité de suivre des cours optionnels à compter de la 4e année. Ces cours, tels que l'économie, la géopolitique ou encore la danse sont ouvert à tous et compris dans le cursus. Beaucoup d'entre eux sont très bien vus par les Sang Pur. Mais mademoiselle Weasley n'en a suivi aucun. Pire, j'ai été témoin d'une conversation à l'époque où elle disait clairement qu'elle n'aurait pas besoin de ces cours pour être lady Potter. Des propos qu'elle a répétés au fil des années mais pas avec les mêmes interlocuteurs.
Dans la salle, ceux qui avaient connu Ginny pendant leur scolarité ne pouvaient que confirmer. Très vite, il avait été clair que la jeune fille voulait devenir lady Potter uniquement en claquant des doigts.
-Mademoiselle Weasley n'en est pas à sa première tentative de s'imposer dans la vie de lord Potter, reprit Draco. Tout au long de sa dernière année, elle a envoyé un nombre impressionnant de lettres à lord Potter, qui avait préféré terminer sa scolarité à l'étranger, pour le convaincre de reprendre une relation avec elle. Ces lettres, au nombre de deux cent treize en sept mois, se sont transformées en Beuglantes quand lord Potter lui a clairement signifié qu'il ne comptait pas répondre à ses attentes. Les Beuglantes ont été détruites mais voici le témoignage d'un témoin qui a assisté à l'explosion des quarante-huit Beuglantes.
Draco déposa tranquillement devant le juge le témoignage de Fleur Delacour Weasley, qui à l'époque était encore mère au foyer et qui avait assisté à la réception de toutes les lettres et de toutes les Beuglantes par Harry. Leur nombre aurait été plus grand si à bout de nerfs, Fleur et Harry n'avaient pas demandé à ce que Bill jette un sort à la Chaumière aux Coquillages pour renvoyer tout courrier de Ginny et de Molly.
-Son diplôme en poche, continua Draco, mademoiselle Weasley s'est immédiatement installée sans l'autorisation de qui que ce soit au manoir Black à Londres, dernière adresse connue de lord Potter. Elle s'est ensuite présentée à Gringotts et a « convaincu » le seul employé Sorcier qu'elle était la fiancée de lord Potter et que de ce fait, elle devait avoir accès à ces comptes. Cela lui a été accordé au mépris de toute procédure. Les Gobelins se sont heureusement occupés de cet employé indélicat et nous ont fait savoir que c'était la première et la dernière fois qu'ils laissaient la chance aux Sorciers de travailler avec eux. Eux sont bien moins sensibles aux charmes d'une Sorcière …
L'insinuation était claire. Le blond sous-entendait ni plus ni moins que Ginny pouvait avoir usé de son corps pour avoir ce qu'elle n'aurait jamais eu droit.
-Avec à disposition cet argent qui n'était pas le sien, fit Draco, elle a entrepris de décorer le manoir du sol au plafond. Veuillez noter qu'entre temps, elle n'a toujours pas rencontré lord Potter ni ne lui a demandé la permission de faire quoi que ce soit. Ce n'est qu'un mois plus tard qu'il a découvert ce qu'elle avait fait. Il a refusé de poser un seul pied dedans et a demandé aux membres de sa famille de la récupérer. Il ne tenait pas à ce que la justice mette le nez dans cette histoire. Toutefois, il l'a signalé et ça a été le début d'une longue série d'actes à l'encontre de lord Potter.
Le juge était visiblement intrigué. Les trois femmes ne tenaient plus en place mais ne pouvaient rien faire car c'était encore le temps de parole de Draco.
-Mademoiselle Weasley a continué d'harceler lord Potter, déclara Draco. Elle s'est montrée tour à tour mielleuse, insistante, séductrice, violente, alors qu'il n'a jamais rien fait pour l'encourager. Elle est même allée jusqu'à déclencher des disputes sanguinaires l'opposant à son frère Ronald qui refusait qu'elle continue son petit jeu. Elle est même allée jusqu'à s'introduire à son nouveau domicile pour l'inciter à avoir des relations sexuelles avec elle.
L'assistance était ouvertement dégoûtée du portrait dressé de Ginny Weasley.
-Le paiement de sa dette de vie n'est qu'une tentative de plus de s'approprier lord Potter, fit Draco. Or, j'ai toujours appris que c'était au débiteur de décider quand et comment il voulait se faire rembourser sa dette. Pas le contraire. Jamais le contraire. Elle est prête à aller à l'encontre du bon sens et des lois magiques pour obtenir ce qu'elle veut. Et elle y a impliqué le ministère.
Le juge fronça des sourcils. Soit, il n'était pas aveugle, la majorité des affaires qu'il traitait n'était que l'assouvissement de désirs personnels mais la manœuvre de Ginny Weasley était bien trop grossière – et surtout, avait été mise en lumière par Draco Malfoy. Impossible donc à soutenir.
De son côté, Draco souriait. Bien que l'ensemble de la population veuille avoir son mot à dire dans la vie d'Harry, il venait de prouver que Ginny n'était vraiment pas le meilleur choix pour lui. Et il voyait clairement dans le regard du juge qu'il n'allait pas satisfaire cette garce qu'était Ginny Weasley s'il ne voulait pas avoir tous les Sorciers du pays sur le dos.
-Il me semble avoir tout dit … fit Draco. Oh, mais non. J'ai oublié de vous dire que cette demande est complètement caduque.
-Qu'est-ce que tu racontes ?! rugit Ginny, ne pouvant plus se retenir
-Mademoiselle Weasley, un peu de tenue, gronda le juge.
-Malfoy, siffla Hermione. Elle a raison. J'ai vérifié tous les points et cette demande ne peut pas être caduque ! Tu ne veux pas que Ginny épouse Harry !
-Effectivement, je suis payé pour que cette hérésie ne puisse jamais se produire, s'inclina Draco. Mais je ne mens pas. En l'état, cette proposition est caduque.
-Impossible ! grinça Hermione
-Tu paries ? sourit Draco. Si j'ai raison, toi et ta bande de garces ne tenteraient plus de vous immiscer dans la vie d'Harry Potter. Si j'ai tort … Je quitterai le pays. Définitivement.
Les yeux de Ginny brillèrent. Ne plus croiser du tout Draco Malfoy n'avait pas de prix.
-J'accepte, fit Ginny.
-Ginny, non ! s'exclamèrent Hermione et Molly
Mais trop tard. Un filet de magie lia les deux adversaires avant de disparaître. A sa vue, le rictus de Draco devint encore plus malfaisant.
-Votre Honneur, vous êtes témoin ? demanda confirmation Draco
-J'ai pris acte, confirma le juge. Mais je suis surtout curieux. Pourriez-vous éclairer notre lanterne ?
-La proposition de la partie adverse était que mademoiselle Guenièvre Weasley porte l'héritier Potter en paiement de sa dette de vie, n'est-ce pas ? fit Draco
-Exact, fit le juge.
-Vous pourriez me dire comment c'est possible quand l'héritier Potter existe déjà ? sourit Draco
Toute la salle fut sous le choc.
-On l'aurait su si Harry avait un enfant ! siffla Hermione
-Harry veut tellement une famille qu'il l'aurait crié sur tous les toits s'il avait un enfant, fit remarquer Molly d'un ton dédaigneux.
Devant les imprécations qui fusaient de toute part, le juge menaça de sa baguette de faire évacuer tout le monde immédiatement et le silence revint peu à peu. Draco allait défendre Harry mais ce dernier posa une main sur son bras pour l'enjoindre de le laisser faire.
-Je n'ai jamais caché le fait que je voulais une famille en réponse au fait qu'on m'a enlevé la mienne au moment où j'en avais le plus besoin, déclara Harry dans un silence de mort. Toutefois, je n'ai jamais dit que je le ferai à n'importe quel prix. Pour avoir un enfant à moi, je n'ai pas besoin spécifiquement de Ginny. Toutes les femmes du monde entier peuvent convenir. Mais est-ce que c'est une raison pour dédaigner ce vœu pieux, Molly ? Pendant toute mon adolescence, vous avez voulu que je vous considère comme une mère. Mais parce que je ne veux pas céder au caprice de votre fille, vous m'avez tourné le dos. Pire, vous avez voulu manipuler vos propres enfants qui, comme moi, n'avaient pas l'intention d'obéir à la petite garce qu'était devenue Ginny sous votre houlette. Oui, je suis au courant que vous avez menacé de kidnapper la fille de Bill, pour qu'il vous donne l'adresse où je vivais pendant mon exil volontaire. Je suis également au courant que vous avez mis la pression sur Georges en assurant que vous alliez porter plainte contre lui pour vous avoir volé toutes vos économies pour ouvrir son magasin pour qu'il me convainque avec Ron que Ginny était la fille parfaite pour moi. Je connais votre dernière action envers Ron. Vous l'avez menacé ni plus ni moins de le renier s'il faisait mine de m'apporter son soutien. Je veux une famille, certes, mais je refuse de faire partie de la vôtre, ce que vous refusez de comprendre.
Harry se rassit, excédé. Draco lança une œillade meurtrière à la matrone rousse. Elle avait si peu de respect pour les siens ? Elle aurait parfaitement eu sa place aux côtés des fanatiques de Voldemort qui n'auraient pas hésité à sacrifier leur propre famille pour lui faire plaisir ! Le juge, lui, était secoué. En son âme et conscience, il ne pouvait pas accepter de lier celui qui les avait tous sauvé à une Sorcière aussi détestable que Ginny et avec une belle-mère aussi impitoyable que Molly.
-Me Black, fit le juge en reprenant ses esprits. Est-ce que vous avez sous-entendu qu'il y aurait déjà un héritier Potter ?
-Je ne le sous-entends pas, répondit Draco. Je l'affirme.
-Et qui est cet enfant mystère ? railla d'un air mauvais Hermione. Un bâtard ?
-Sache que Nymphadora Tonks et Remus Lupin étaient mariés quand ils ont eu Teddy, sourit machiavéliquement Draco.
L'horreur se peignit sur le visage des trois Sorcières.
-Teddy vit avec sa grand-mère ! affirma Hermione d'une voix moins sûre
-Parce que lord Potter ne voulait pas séparer Andromeda Tonks de la personne qui lui rappellerait le plus son époux, sa fille unique et son gendre, tous les trois décédés pendant la guerre, renseigna Draco. Mais il a toujours été le père adoptif du jeune Théodore Remus Lupin, depuis le jour où il a ouvert le testament des parents de ce jeune orphelin qui lui demandaient d'être plus que son parrain s'ils venaient à disparaître. Il a simplement désigné Andromeda Tonks comme second tuteur.
-Mais un loup-garou ne peut pas hériter de nobles familles ! protesta Molly
-Depuis quand ? demanda Draco. Rien dans les lois Sorcières ne l'interdit. Et pour être Sang Pur, je peux vous assurer que ce n'est pas le cas chez nous. Etrange que vous ne le sachiez pas. Pourtant, Prewett est une famille Sang Pur, non ?
-Aucun chef de famille n'est une créature ! affirma Hermione
-Si parce que les Sorciers sont des créatures magiques au même titre que les loups garous ou les Vampires, attesta Draco. Ce n'est pas parce qu'ils ne le criaient pas sur tous les toits qu'ils étaient forcément des Sorciers.
-Mais Tu Sais Qui ne supportaient pas les autres créatures magiques ! cria Hermione
Draco pinça son nez en signe d'exaspération.
-La politique de Voldemort n'a pas sa place dans ce procès, rappela sèchement Draco. Si tu tiens à savoir ce qu'elle était réellement, et pas les beaux mensonges d'Albus Dumbledore, je te conseille de te renseigner très sérieusement. Mais ça, c'est si on accepte de te parler. Tu es tellement bornée, tellement sûre d'avoir raison, que tu ne te rends même pas compte que toutes tes croyances sont fausses. Tu sais pourquoi on ne te supportait même pas chez les Slytherin ? C'est parce que tu étais persuadée que ce qu'il y avait écrit dans les livres de l'école était vrais. Or, même les plus naïfs des Hufflepuff apprennent dès la deuxième année qu'il y a tout un monde entre la bibliothèque de l'école et celles des salles communes.
-Il n'y a pas de bibliothèque dans les salles communes ! siffla Ginny
-Vraiment ? sourit Draco. Dommage que vous ne puissiez pas le vérifier.
Le blond se tourna vers le juge.
-J'en ai terminé, votre Honneur, s'inclina Draco.
-Bien, fit le juge qui avait eu le temps de se reprendre complètement. Nous allons donc délibérer.
Le juge se leva et passa dans la salle adjacente, suivi par deux autres juges qui étaient restés dans l'ombre. Draco en profita pour les isoler Harry et lui et empêcher qu'Hermione, Ginny et Molly ne s'en prennent à eux. Ils reprirent leurs activités avant le début du procès, c'est-à-dire la lecture pour Harry et la consultation de dossiers pour Draco.
-Je ne te savais pas si bon orateur, félicita Harry.
-C'est un peu la base du métier d'avocat, répondit Draco, touché par le compliment. Toi aussi tu as quelques talents à l'oral.
-J'étais inspiré, souffla Harry. Et particulièrement énervé contre elles, j'avoue.
-Quand allais-tu me parler des tentatives d'intimidation par le biais de la fratrie Weasley ? gronda Draco
-Je n'avais pas prévu d'en parler, s'excusa Harry. Mais elle m'avait tellement mis en rogne …
-Je peux le comprendre, sourit Draco.
Du mouvement dans la salle ramena l'attention du duo vers l'extérieur. Le blond désactiva ses protections puis rangea ses affaires en prenant soin de chaparder le livre de son client.
-Ça a été court, fit remarquer Harry à voix basse.
-J'ai prouvé que Weasley fille n'était pas une option, rappela Draco. Et j'ai assez martelé que tu étais Lord donc qu'ils n'avaient rien à t'imposer. Tu as souligné que tu avais combattu à leur place et ensemble, nous leur avons prouvé que tu faisais ta vie comme toi tu l'entendais et pas selon les envies des autres. Ils ne peuvent pas accepter cette proposition.
-J'espère pour toi, grommela Harry.
-Votre attention, je vous prie, fit le juge.
La salle redevint silencieuse.
-Après examen des pièces apportées par les deux partis ainsi que leurs plaidoyers, nous en sommes venus à une conclusion, déclara le juge.
Il fit une pause pour être bien certain qu'il avait l'attention de tout le monde.
-Il s'avère que bien que l'idée ne manque pas de mérite, il est apparu et a été confirmé que dans le règlement d'une dette de vie, c'est le débiteur qui décide où, quand et comment il veut se faire rembourser. Visiblement, mademoiselle Prewett Weasley a voulu forcer la main de lord Potter. En outre, les témoignages apportés par Me Black Malfoy ont montré que cette manœuvre n'était qu'une tentative de plus pour une jeune fille désargentée d'accéder à des choses qu'elle n'était pas en droit de réclamer et encore moins d'usurper. Par conséquent, je refuse la proposition de mademoiselle Prewett Weasley et laisse toute latitude à lord Potter pour réclamer sa dette de vie. Je vous remercie.
La salle explosa et Draco se dépêcha de rassembler ses affaires pour entraîner Harry dans le dédale du ministère. Ils firent très attention à ne pas se faire remarquer et sourirent quand les journalistes très loin d'eux tournèrent en rond pour savoir où ils étaient passés. Ils sortirent tranquillement et une fois dans le monde Moldu, ils s'installèrent dans un bar où Draco écrivit une lettre. Harry en profita pour leur commander des boissons chaudes.
-C'est fait, soupira Draco. Merci pour le café.
-Pas de quoi, répondit Harry. C'est pour qui ?
-Notre cher juge adoré, sourit Draco en savourant une gorgée. Je veux convenir d'un rendez-vous pour officialiser son jugement.
-Tu savais que ça se terminerait comme ça, accusa Harry.
-Je l'espérais fortement, taquina Draco. Disons que l'humiliation était un bonus.
-Je ne pensais pas que Teddy était la solution, soupira Harry.
-On n'y avait pas pensé, excusa Draco. Mais jusqu'à ce que tu dises le contraire, c'est lui l'héritier Potter-Black. Il y a beaucoup de personnes qui vont lui courir après, surtout que les journalistes vont s'empresser de l'écrire dans leurs torchons.
-J'aurais aimé ne pas le mêler à ça, fit Harry. Ainsi que sa maladie.
-C'est fait, haussa des épaules Draco. Nous n'y pouvons rien. A nous de le faire accepter. Mais avec toi comme père, ce sera un jeu d'enfant.
-C'est ça, rougit Harry.
Tous les deux savourèrent leurs boissons.
-J'aimerai t'inviter à dîner, osa Harry.
-Pour fêter la victoire ? sourit Draco
-Aussi, concéda Harry. J'ai cette idée en tête depuis un moment et je ne savais pas trop comment faire. Après, si tu n'as pas envie ou si tu as un empêchement …
-Du calme, tempéra Draco. Je serais honoré de pouvoir dîner avec toi.
Le regard qu'ils s'échangèrent voulait tout dire.
C'était le début d'une grande histoire.
FIN
