Chapitre 2 : Le journal intime d'Hermione

Jeudi 31 Août

Severus atterrit dans une salle de bain. Les murs étaient recouvert de carrelages bleu, il y avait une grande baignoire, beaucoup de flacons et un grand miroir. C'était impeccablement propre.

Il avait pensé très fort « Lieu où vit Hermione Granger » et était, il l'espérait, arrivé chez elle.

Il évita de toucher quoi ce soit et sortit précautionneusement sa baguette de sa robe.

- Homenum Revelio.

Apparemment, il n'y avait qu'une personne ici : le père d'Hermione. En effet, Severus ne détecta pas la présence de la mère d'Hermione, ni celle de la jeune fille.

Tant mieux pour lui, ce serait plus facile d'éviter le père. Il pourrait l'endormir, lui bander les yeux, lui faire oublier qu'il l'avait vu...

Il ouvrit lentement la porte de la salle de bain et mit un pied dehors. Il sortit à pas feutrés de la pièce.

Il était, à présent, dans un couloir. La maison d'Hermione avait deux étages. Il tendit l'oreille et perçu plusieurs voix qui venaient d'en bas.

Impossible. La magie ne se trompe jamais.

Certaines voix riaient, d'autres parlaient. Il y avait aussi de la musique. Bon sang, mais que se passe-t-il ?

Il s'avança de sa démarche lente et gracieuse vers les escaliers, les voix se faisaient de plus en plus forte. Il leva sa baguette en l'air, près à attaquer.

Attaquer quoi, des moldus ?

Severus savait qu'il serait mal accueilli. C'était prévisible. Il était un étranger plutôt suspicieux, habillé en noir, un « bâton » en main (ce ne sont que des moldus), dans une maison qui n'est pas la sienne.

Le père d'Hermione comprendra. Peut être sera-t-il clément ? Peut être que si Severus lui expliquait la situation, il comprendrait ?

Ah quoi bon ?

Severus n'était pas d'humeur à jouer les gentils garçons et boire un thé avec Mr Granger. A vrai dire, il n'était même pas sur de vouloir voir Hermione.

Bien sûr, il préférait vivre avec elle qu'avec un des autres élèves. Il trouvait que Luna n'était pas assez raisonnable, elle n'avait pas les pieds sur Terre, Neville, ce bon à rien aurait détruit son tendre et cher appartement, Ginny était une jeune fille insupportable, Ron, son frère, ne l'était pas moins, et Harry... Ce petit crâneur qui lui rappelait tant James...

Même son amour pour Lily ne lui aurait pas donné la force de vivre avec lui. Quant à Hermione, elle était intelligente et semblait propre, ça lui suffisait. Et puis, comme il l'avait pensé dans le bureau du directeur, peut être pourraient ils avoir des conversations intéressantes et constructives.

Cependant, il était quand même venu ici pour récolter quelques informations sur Hermione. Il s'approcha lentement des escaliers et baissa la tête pour apercevoir les moldus qui se trouvaient dans le salon.

Il n'y avait personne, et pourtant, les voix étaient de plus en plus fortes. Je deviens fou ?

Il descendit quelques marches et se baissa une seconde fois. Il n'y avait qu'une seule personne. Cette personne était assise sur un fauteuil et elle lui tournait le dos.

C'est probablement le père d'Hermione. Mais d'où viennent les voix ?

Le père d'Hermione était en face d'une espèce de grande boîte dans laquelle il y avait des moldus qui étaient au restaurant et bavardaient.

Qu'est ce que c'est que ça?

Severus observa longuement la boite. Après quelques minutes, le père d'Hermione se leva brusquement et se dirigea vers la cuisine, enfin, c'est que déduisit Severus en entendant Mr Granger ouvrir un placard et agitait un paquet, dont le contenu rappelait le bruit des céréales qui s'entrechoquent.

Le professeur des potions remonta précautionneusement les escaliers. A présent qu'il savait que le père d'Hermione ne le dérangerait pas, à condition qu'il fasse le moins de bruit possible, il se mit en quête de trouver la chambre d'Hermione. Il longea les murs et arriva devant une porte où le prénom d'Hermione était gravé. Charmant.

Il utilisa « Alohomora » en sort informulé pour ne faire de bruit en ouvrant la porte. Il glissa dans l'entrebâillement.

La chambre d'Hermione était parfaitement rangée. Comme il s'y attendait, il y avait des livres un peu partout, il y avait également un fauteuil bleu, un grand lit, un bureau, des photos d'elle, Potter et Weasley et des tableaux représentants des fleurs.

Severus eu un rictus. C'était si... niais.

Il prononça « Accio Journal Intime » en sort informulé. Un joli petit carnet bleu sortit de sous le matelas d'Hermione et vint se nicher dans la main de Severus.

Il l'ouvrit puis le feuilleta.

Cher Journal,

En ce moment, Ron et moi n'arrêtons pas de nous disputer... Cette situation me fatigue au plus haut point. J'aimerais que nos rapports changent...

Severus continua sa lecture. Ce n'était pas très long, Hermione écrivait simplement des bribes de mots à chaque page. Des fois, il y avait des poèmes d'écrivains moldus ou des citations.

Hermione parlait beaucoup de Weasley dans son journal. Elle avait certainement un petit faible pour lui. Elle parlait également d'une association, la S.A.L.E, comme elle disait. Apparemment, elle était gourmande mais c'était facile de lui couper l'appétit. Sa couleur préféré est le rouge, elle aime les bonbons, déteste la saleté et adore se promener. Elle n'aime pas spécialement la musique, mais elle aime bien le violon et sait jouer du piano. Elle a aussi un chat, Pattenrond.

Severus n'aimait pas particulièrement les animaux mais ça ne le dérangerait pas.

Son cours préféré est le cours de potion « malgré le professeur Rogue » ? Sympathique.

Il se sentit soudainement mal à l'aise. Comment pourraient ils vivre ensemble si elle ne le supportait pas ?

Tu aurais dû y réfléchir avant de la choisir.

C'était soit elle, soit Weasley.

Mais, après tout, qui le supportait vraiment ? Il ne faisait rien non plus pour changer son image d'horrible professeur, et, après tout, cette image lui plaisait.

A quoi cela sert il d'être aimé de tout le monde, si la seule personne que vous aimez vraiment ne vous aime pas ?

Lily...

Le souvenir de Lily le submergea et il dû s'asseoir sur le lit pour essayer de se calmer.

Avait elle un journal intime ? Parlait elle de lui, dedans ?

Évidement que non, Servilus.

Personne ne t'aimait, personne ne t'aime et personne ne t'aimera jamais.

Severus souffla longuement et se passa la main dans les cheveux. Il se leva et glissa le journal sous le matelas. Il utilisa un « Récurvite » pour ranger impeccablement la chambre, il voulait effacer toutes les traces de sa venue.

Il entendit une porte s'ouvrir et entendit des voix féminines.

- Salut, Papa !

Granger était là. Il ne se posa pas plus de question et transplana.

Il avait trouvé ce qu'il cherchait. Il devait, à présent, préparer son appartement pour la jeune Gryffondore.

Exaltant.