Chapitre 5 : Une conversation gênante

Vendredi 1 Septembre

Lorsqu'ils furent rentré dans le train, ils s'imprégnèrent des odeurs habituelles de charbon, de vieux bois et de sucrerie. Ce train était un cocon, un havre de paix douillet où l'on retrouvait ces amies après deux mois de vacances, comme si on ne les avait jamais quitté. Tout le monde aimait le Poudlard Express.

Les quatre amis durent se séparer, Hermione et Ron étaient préfets, c'est pourquoi, ils devaient aller dans le compartiment réservé aux élèves de ce rang. Mais, ils avaient promis à Harry de revenir avec lui, une fois leur travail fini.

Hermione croisa quelques une de ces camarades de chambre, Seamus et quelques élèves de première année qu'elle recadra car il courait en agitant leurs baguettes dans les wagons.

Ron et Hermione entrèrent dans le compartiment. Ron commença à parler avec le préfet de Serdaigle. Quant à Hermione, elle n'avait pas très envie de rester dans le compartiment, à attendre, sans rien faire. Et puis, personne ne semblait apte à parler avec elle. Ils étaient tous en pleine discussion.

Elle s'amusa à compter les personnes présentes, puis, elle remarqua qu'il manquait un préfet dans le compartiment. Hermione fronça les sourcils lorsqu'elle s'aperçut qu'il s'agissait de Draco Malefoy.

Quel idiot.

Mais, au fond d'elle, elle n'était pas particulièrement étonnée. Elle préférait même qu'il ne soit pas là. C'était un mauvais préfet, de toute évidence. Il passait son temps à user de son pouvoir sur les plus jeunes élèves.

Hermione commença sérieusement à s'ennuyer, puis, jugeant que personne ne remarquerait son absence, même pas Ron qui parlait vivement de Quidditch, elle sortit du compartiment, laissant ses affaires.

Elle avait envie de se promener dans le couloir, d'observer les autres élèves, de se sentir comme une petite souris.

Elle s'arrêta devant un compartiment où se trouvait des filles qui venaient de Serpentard. Elles étaient bruyantes et riaient fort. On n'entendaient qu'elles dans le wagon.

Et toi, Maryssia, tu trouves que c'est qui le plus beau des professeurs?

- Et bien je pense que si Firenze avait été un humain, il y aurait bien longtemps que j'aurais mis un filtre d'amour dans son jus de citrouille.

Les filles éclatèrent de rire, apparemment, elles étaient toutes d'accord. La jeune femme trouvait ce genre de conversation tellement puérile et sans intérê reporta son attention sur une baguette qui traînait par terre, un des premières années qu'elle avait réprimandé avait certainement dû la se baissa pour la ramasser mais elle la fit tomber. Hermione grogna.

- Par Merlin.

Les filles arrêtèrent de rire.

- Vous avez entendue?

L'une d'elles sortie sa tête du compartiment.

Hermione? Hermione Granger? Eh les filles! C'était Hermione qui nous écoutait.
- Quoi? Quoi?

Elles pointèrent toutes leurs têtes hors du compartiment, comme des rats qui sentent l'odeur du fromage. Et pas n'importe quel fromage!

-Écoutez les filles, c'est une erreur, je vous jure que je ne vous écoutais pas.

Elle ramassa la baguette qui était à ses pieds et leur désigna son insigne, comme pour leur rappeler qu'elle avait des devoirs de préfète.

- Oh arrête un peu! Viens avec nous!

- Qui? Moi?

- Oui, toi!

Hermione n'y croyait pas. Ces filles voulaient qu'elle vienne avec elles ? Hermione fit une moue, elle n'en avait pas tellement envie. Elle commença à reculer doucement, comme pour se détacher de la conversation.

- Désolé, les filles. Je...

- Mais, allez viens ! Il y a assez de préfets pour s'occuper des autres élèves !

- Ce n'est pas ça. Je n'ai pas très envie de venir, c'est tout.

Les filles se regardèrent en se souriant machiavéliquement.

- Oh, tu es timide ! Je vous avez bien dit qu'elle nous écoutait, sinon, pourquoi n'aurait elle pas eu envie de venir parler avec nous ?

- Je n'ai pas le temps pour ça, désolé...

Elle leur tourna le dos et commença à marcher dans la direction opposée. Quelqu'un lui toucha le bras.

- Allez, Hermione viens !

Elles lui sourirent gentiment, l'invitant à revoir son jugement. Hermione ne savait pas quoi faire, elle ne connaissait pas spécialement ces filles et leur conversation semblait stupide, mais, celle-ci n'avait strictement rien à faire. Après tout, que risquait elle ? Ces filles voulaient simplement parler avec elle... A quoi bon se résigner, si c'était pour continuer à flâner inutilement dans les wagons ?

Hermione entra donc dans le compartiment et s'assit près d'une fille replète.

Les filles étaient 6 en tout, elles avaient toutes la même coiffure, le même vernis et le même rire. L'une d'elle, Lubica, lui donna du chocolat puis elle lui tendit des vernis

- Tu préfères lequel?

Lubica lui mettait sous le nez un vernis Bordeaux et un vernis vert Serpentard. Elles portaient toutes du vert. Hermione n'aimait pas du tout le vernis, elle trouvait cela ridicule, d'habitude. Elle déclina l'offre, mais Lubica insista, lui mettant presque le vernis sous le nez. Elle lui fit une gentille moue, et, à contre cœur, celle-ci accepta qu'on lui mette le vernis Bordeaux.

- Pourquoi tu... Pourquoi vous voulez me mettre du vernis?

- Pour te montrer que tu es notre nouvelle copine! Bienvenue dans notre club.

- C'est un club de quoi?

- Nous sommes toutes meilleures amis. Ça suffit à un faire un club, non?

Hermione qui était en infériorité numérique, préféra se taire et sourit faiblement. Mais pourquoi était elle entrée ? Elle regarda la porte du compartiment. Ça allait être dur de sortir, à présent.

Bien fait, ça t'apprendra à vouloir copiner avec des filles qui n'ont rien à voir avec toi.

- Alors, de quoi on parlez déjà?

Elles se regardèrent en rigolant, les yeux brillants, et la fille replète près d'Hermione cria d'un coup :

- De nos plus beaux professeurs!

Hermione eut un mouvement de recul. Elle se déplaça doucement vers sa droite, essayant de mettre le plus de distance entre elle et la fille replète. Alors, elles allaient continuer à parler de leurs plus beaux professeurs ? Et puis quoi, encore ? Un professeur !

- Et pourquoi pas des plus beaux élèves?

Elle essaya de changer de sujet, ne voulant pas imaginer l'un de ces professeurs dans une quelconque situation. C'est une blonde, Silva, qui répondit enthousiasment à Hermione.

- C'est souvent ce qu'on fait - Draco Malefoy gagne souvent - mais... on avait envie de changer.

Hermione savait qu'elle n'aurait jamais dû rentrer.

Tu n'as qu'à avoir plus de caractère.

Oh, ça va toi.

Ces ongles étaient parfaitement jolie, à présent. Il fallait bien qu'elle le reconnaisse. Mais ces filles et leur club bizarre commençait à lui faire peur.

Et toi Hermione, tu penses que c'est qui?

Celle ci parut interloquée.

- Quoi? Pardon? Je... je ne sais pas je..

Maintenant, débrouille toi.

Hermione s'énerva contre elle même. Comment allez – t – elle se sortir de cette situation gênante ?

La fille un peu replète la regardait intensivement, le sourire aux lèvres, attendant avidement sa réponse.

- On est pourtant sûre que tu as une petite idée au fond de toi...

- Sinon, tu ne nous aurais pas écouté!

Les filles rigolèrent, en lui faisant des clins d'oeil éloquant.

Hermione avait l'impression d'étouffer dans ce minuscule compartiment, remplis à craquer de 7 filles hystérique, qui puaient le vernis à ongle. Elle se leva soudainement, mais la fille replète lui agrippa subitement le bras. Elle avait tellement de force, et Hermione, ce fragile moineaux, fut contrainte de s'asseoir.

Laisse moi le temps de trouver ma baguette, ma chère.

Tu ne peux pas utiliser la magie en dehors de l'école.

Mais on ne me dira rien dans le Poudlard Express?

La jeune fille replète lui tirait le bras. Tout les yeux étaient braqués sur elle.

Ok. Relax.

- Lâche moi, s'il te plait.

Hermione parla d'un ton hautain et impérieux. La fille baissa le bras mais garda la main près d'Hermione. Celle-ci soupira.

- On te demande juste de répondre à la question... ce n'est rien comme question, ça ne te tuera pas...

- Mais, ce sont nos professeurs !

- Oh, Hermione. Arrête un peu d'être si... conventionnel...

- Ce n'est pas correct Silva...

- On ne fait de proposition à personne et on ne drague personne. On commente juste leur physique, si on le trouve plaisant.

Hermione ne trouva rien à dire à cela et elle se résigna.

Tu veux un beau professeur ? Je vais t'en donner un.

Après, je pars. Qu'elles soient contentes ou pas.

Bon, calme toi Hermione. C'est vrai après tout, entre Firenze - c'est un centaure -, Hagrid - c'est quand même un demi géant -, Flitwick - trop petit, pas assez viril -, Binns - un fantôme, non merci -... je... Aucun n'est beau ou potentiel beau... ah! Le professeur Rogue... il est... il est plutôt beau si l'on oublie son horrible caractère et si l'on regarde de plus près... il est grand, mince et musclé, il a de longs cheveux noirs qui lui donnent un air incroyablement... sexy...

Le cœur d'Hermione commença à s'emballer, elle avait de plus en plus chaud et son cœur lui martelé la poitrine. Le professeur Rogue ne pouvait pas lui faire cet effet là, c'était surtout son professeur. Elle essaya de se calmait intérieurement, essayant de contrôler les battements de son cœur pour que personne ne les entende, puis elle répondit en souriant aux filles.

- Bien qu'il ne soit pas mon professeur, je trouve Firenze très beau.

Les filles rigolèrent en cœur. Il fallait mieux être de leur avis.

- On est toute d'accord alors !

C'est bon, Hermione, maintenant.

- Les filles, je vais devoir y aller.

- Oh, mais pourquoi ?

Leurs voix de crécelles l'énervaient au plus haut point. Elle toucha la baguette de l'élève de première année qu'elle avait dans sa main et la sortie.

- Le jeune élève qui a perdu ça doit être inquiet. Je ne peux plus perdre mon temps inutilement.

Aucune des filles ne répondit. Hermione ouvra la porte du compartiment et sortit. Avant qu'elle ne la referme, la fille replète cria de son horrible voix.

- Et après, tu vas aller voir ton ami, le fameux Harry Potter?

- Euh... Oui, Oui, c'est ça.

Les filles explosèrent de rire. Elles crièrent toutes en cœur la même phrase.

- Dis lui qu'on l'embrasse!

Hermione ne répondit pas, elle claqua la porte du compartiment et partit en direction de celui des préfets.