Note de la traductrice: avec un léger retard, je poste le chapitre 3. J'espère que l'histoire vous plait. J'aimerais bien le savoir, histoire de voir si je continue la traduction de cette fic ou non.

Bonne lecture!

A/N: Et voici le chapitre 3! Merci à tous pour vos fantastiques reviews. :3

Alors, elle est de plus en plus proche de retrouver la mémoire...vous remarquerez qu'elle a déjà un peu plus de caractère ici. Je pense. XD

10/19/12: J'ai revu les parties de ce chapitre, awwyeah. Plus particulièrement les passages avec Genis et Kratos. Si vous lisez ce chapitre pour la première fois, félicitations! Vous lirez un chapitre de bien meilleure qualité. A l'heure où je vous parle, je n'ai pas encore corrigé le chapitre 4. Si vous lisez des incohérences entre ce chapitre-ci et le suivant, je suis désolée.

Vous aurez une note comme celle-là dans le chapitre suivant, lorsque je l'aurais corrigé et édité.


La ville se révéla être plus intéressante qu'il n'y paraissait et Lloyd ne nous déçut pas. Nous avions à peine atteint l'auberge du « Bon Air » qu'il soupirait déjà :

« La ville est sympa, mais ces ruines sont vraiment ennuyeuses… »

Raine le gifla pour la deuxième fois de la journée.

« Lloyd ! Comment peux-tu dire une chose pareille ! Durant la période qui signa la fin du règne de l'ancienne Dynastie de Balacruf, ces ruines étaient… commença-t-elle, et je cessais de l'écouter. »

Je fronçai les sourcils et me penchai vers Genis pour lui souffler :

« Son expression est effrayante…

-Ne fais pas attention, elle aura fini dans quelques minutes…marmonna le jeune garçon, l'air mortifié.

-Genis ! Brittany ! Vous écoutez ? C'est une leçon très importante ! Nous houspilla le Professeur. »

Elle continua de parler alors même que nous déposions nos affaires dans nos chambres. Heureusement, elle s'arrêta lorsque nous sortîmes de l'auberge.

« Ho bon sang, je suis content qu'elle ait enfin terminé…me confia Lloyd, soulagé. »

Hélas, Raine l'entendit et le frappa une nouvelle fois.

« Aïe !

-J'ai l'impression que cette bosse va rester un moment, dis-je en riant et en lui indiquant l'arrière de son crâne. »


Peu de temps après, nous atteignîmes un imposant escalier qui menait jusqu'aux fameuses Ruines d'Asgard. Tout le monde supposait qu'il s'agissait du sceau, mais j'avais entendu Kratos évoquer un peu plus tôt un endroit appelé le Mausolée de Balacruf. D'après ce que Colette m'avait raconté, j'avais le sentiment que l'intuition de Kratos à ce sujet pouvait s'avérer correcte. En effet, tous les sceaux que le groupe avait libérés jusqu'à maintenant étaient cachés dans de larges structures remplies de pièges et de monstres. J'avais du mal à croire que ce genre d'endroit se trouvât aussi près d'une ville.

Les Ruines d'Asgard étaient en réalité une immense dalle de pierre et Raine passa de nouveau en mode ruine. Elle était tellement absorbée par ses explications que nous ne tardâmes pas à chuchoter dans notre coin au bout de quelques minutes. Colette était la seule qui écoutait sérieusement.

Kratos se contentait d'attendre, les bras croisés. Sans même savoir comment, je me retrouvai à ses côtés. Bien que refroidie par son comportement austère et taciturne, j'étais bien décidée à lui tirer quelques paroles.

« Elle est vraiment passionnée par les ruines, hein ? lui fis-je remarquer à voix basse.

« Hmm. On peut se demander d'où lui vient cette fascination, me répondit-il en regardant le Professeur. »

Je fronçai les sourcils et suivit son regard. D'où lui venait cette fascination ? Insinuait-il qu'un événement dans la vie de Raine l'avait rendue folle des ruines ? Huh…c'était une idée intéressante. Par contre, je n'avais aucune idée de ce qui aurait pu causer ce genre d'obsession.

Puis mon regard dériva, accrochant la silhouette d'un jeune homme en rouge qui s'éloignait progressivement. La concentration de Lloyd était encore pire que la mienne. Sérieusement, il partait ? Il allait se faire pincer, ça c'était sûr.

Je laissai échapper un soupir d'exaspération, bien qu'amusée malgré moi.

« On devrait tenir ce garçon en laisse. »

Ne recevant aucun commentaire de la part de Kratos, je l'abandonnai pour suivre l'adolescent. Peut-être que la compagnie de Lloyd serait plus divertissante. Je le rejoignis alors qu'il inspectait les alentours. Il sursauta en s'apercevant de ma présence.

« Ne refait jamais ça ! me souffla-t-il. J'ai cru que c'était le Professeur. »

Je ricanais doucement.

« Tu n'aurais rien à te reprocher si tu n'étais pas en train de chahuter. »

Il roula des yeux.

«Non bien sûr, et tu m'as l'air très attentive aussi. »

Je levai les yeux au ciel en guise de réponse.

« Tu fais quoi d'ailleurs ? Tu cherches un passage secret ou un truc du genre ? »

Lloyd pouffa, continuant son inspection.

« J'sais pas. Je me disais, la plupart des ruines renferment des secrets intéressants, non ? Il doit y avoir autre chose que ce…gros caillou.

-Dalle ? le taquinai-je.

-Oui, c'est ça, rit-il.

-Tu sais, le Professeur serait certainement enchantée parce que tu viens de dire. Tu as l'esprit d'un archéologue, Lloyd !

-Lâche moi… »

Je m'interrompis, au taquet. Nous avions marché le long de la dalle durant notre inspection, si bien que nous étions maintenant à l'opposé de Raine et des autres. Lloyd s'arrêta aussi.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

-Ecoute.

-…des voix ? Allons voir. »

Nous continuâmes notre progression avant de nous arrêter, dissimulés derrière la corniche. Il y avait là deux garçons de l'âge de Lloyd qui se disputaient à voix basse. Une étrange machine se tenait entre eux.

« Parfait. Mon Casseur devrait suffire à faire voler cette dalle aux éclats, affirma le premier garçon, un rouquin. »

Son acolyte semblait hésiter.

« Attends Harley, tu ne peux pas la détruire ! C'est un artefact très important et un objet d'étude…

-Qu'est-ce que ça peut faire ?! Si les choses continuent à ce rythme, Aisha va mourir ! »

Lloyd choisit ce moment pour intervenir.

« Qu'est-ce que vous faites ? fit-il en sortant de sa cachette, et je le suivis. »

Les deux garçons sursautèrent, surpris.

« R-rien du tout ! s'écria le plus malin des deux. Je veux dire, nous ne cherchons pas du tout à faire exploser la dalle ou quoique ce soit ! »

Je résistai à la soudaine envie de presser ma main contre mon visage. Wow, mec, t'es vachement crédible.

« Qu'est-ce qui ce passe ici ? Tempêta une voix juste au-dessus de nous.

Raine nous fixait, debout depuis le haut de la plateforme de pierre.

« Ces gars disent vouloir faire exploser la dalle, répondit Lloyd sans aucune gêne.

-Quoi ?! »

Furieuse, Raine sauta de la plateforme.

« Et vous vous dites humains ?! vociféra-t-elle en frappant les deux jeunes malfaiteurs.

« H-hé ! s'exclama le rouquin, Harley, en la regardant d'un air incrédule avant de se reprendre. Je suis un Demi-elfe !

-Et alors? Répliqua Raine. Vous devez savoir que cette ruine (elle désigna la dalle, enclenchant au passage le mécanisme de la bombe) a une histoire qui remonte bien avant la fin de la Dynastie de Balacruf… »

Nous quatre sursautâmes, alarmés, en entendant le minuteur se mettre en route. C'était mauvais.

«Professeur…commença Lloyd, les yeux écarquillés. »

Elle ne sembla pas remarquer son expression et le rabroua pour l'avoir interrompue, avant de poursuivre.

« Professeur Sage, vous avez activé la bombe, lui dis-je, tentant de me faire entendre par-dessus sa voix. »

Raine s'interrompit à mi sentence cette fois, les sourcils froncés. Elle baissa les yeux vers la bombe et eut un hoquet. Elle se tourna vers Harley.

« Désactive la, vite !

-Ca va pas ? Il est impossible d'arrêter l'indestructible Casseur ! répondit-il, avant de se refaire frapper. »

Lloyd soupira :

« Je suppose que je vais devoir le faire. »

Il s'avança vers la bombe et commença à la manipuler. Après une ou deux longues minutes, il réussit à stopper le minuteur. Je haussai les sourcils : c'était une nouvelle facette de Lloyd que je n'avais encore jamais vue. Ce n'était pas du travail d'amateur. De toute évidence, il savait déjà comment s'occuper de ce genre de chose.

« Wow, Lloyd ! T'es génial ! le félicitai-je, impressionnée.

-Ah, ce n'est pas grand-chose…dit-il en se frottant la tête. »

Harley, lui, paraissait un poil décomposé.

« J'arrive pas à croire que tu aies stoppé le Casseur…

-Ne fabrique pas des choses que tu ne peux contrôler ! le rouspéta Raine, à deux doigts de le frapper encore. »

Soudain, nous entendîmes de nouvelles voix provenant de l'autre côté de la dalle:

« Qu'est-ce que vous faites là ? Les visites sont interdites dans cette zone ! »

Lloyd afficha une mine inquiète.

« Ca sent pas bon. Partons d'ici ! »

Nous le suivîmes, quittant la dalle avant que les nouveaux venus ne nous y découvrent avec la bombe désamorcée.


Tout le monde se réunit en face de l'auberge du « Bon Air ». Lloyd et moi racontâmes aux autres comment nous avions découvert la bombe.

« J'arrive pas à croire qu'ils essayaient de faire sauter la dalle…je me demande pourquoi ? s'interrogea Lloyd, l'air pensif.

-C'est vrai ! intervint le Professeur, toujours aussi furieuse. Nous devons les arrêter avant qu'ils ne reproduisent des actes aussi irresponsables !

-Le professeur a raison, dit Colette. Je veux dire, nous devrions au moins leur demander pourquoi ils ont tenté de faire une chose pareille.

-Oui, allons les trouver, approuva Lloyd. »

Nous nous divisâmes, fouillant Asgard chacun de notre côté. Raine fut dans un premier temps très déterminée, mais les ruines de la cité eurent tôt fait de la distraire. Colette, Genis et Kratos cherchèrent dans les différentes auberges. Lloyd alla voir dans le magasin d'armes pendant que je me rendais à l'épicerie juste à côté. J'interrogeai les clients dans le magasin mais aucun ne sembla savoir de qui je parlais. J'étais sur le point de partir lorsque je me souvins à la dernière minute du nom du rouquin poseur de bombe.

« Excusez-moi, savez-vous où vit Harley ? demandai-je au vendeur. »

Ses sourcils se haussèrent et je me demandai ce que j'avais dit de mal.

« Ce garçon ? C'est un demi-elfe.

-Et alors ? » rétorquai-je.

A présent il m'observait d'un air suspicieux.

« Et alors je ne sais pas où il vit, mademoiselle. Demandez à cet idiot de Linar, son ami. Il vit dans la zone résidentielle, dans la partie est de la ville.

-…okay, je vais faire ça. Merci, le saluai-je sèchement avant de me détourner pour partir. »

C'était quoi son problème ? Harley était peut-être un demi-elfe mais il n'était pas si différent d'un humain normal. Puis pour qui se prenait ce type à me juger pour la simple raison parce que je ne partageais pas son opinion ?

Puis cela me revint : les Désians. C'était vrai…les Désians étaient des demi-elfes. Si je remplaçais le terme « demi-elfe » par « désians », alors notre court échange prenait du sens. Mais bien sûr, tous les demi-elfes n'étaient pas des Désians, n'est-ce pas ?

Bref, peu importe. Cela n'avait pas d'importance. J'avais tout de même réussi à glaner quelques informations utiles. Je suspectai d'ailleurs ce Linar d'être l'autre garçon que nous avions vu.

Lloyd m'attendait dehors.

« Du nouveau ? »

J'acquiesçai :

« On devrait aller jeter un œil du côté est de la ville. Apparemment, un gars du nom de Linar vivrait là-bas et serait l'ami de Harley.

-Tu penses que c'est l'autre type ?

-Ouais. Puis même, nous trouverons certainement quelques indices là-bas. »

Lloyd hocha la tête.

« D'accord, allons le dire aux autres. »

Nous commençâmes à nous diriger vers le « Bon Air », notre point de rendez-vous. Kratos avait fini de fouiller l'auberge et de là où nous étions, nous pûmes l'apercevoir qui attendait devant l'entrée.

« Hey, Lloyd…fis-je pendant que nous marchions. Où as-tu appris à désamorcer des bombes ? Je ne savais pas que tu pouvais faire ça. »

Il rit.

« J'ai été élevé par un nain. Papa fabrique pas mal de chose et il sait aussi comment les réparer. J'imagine que j'ai hérité ça de lui. »

J'éclatai de rire à ses paroles et il fronça les sourcils.

« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ?

-Je viens juste de comprendre pourquoi le Professeur est toujours sur ton dos. Si tu écoutais plus, tes notes seraient bien meilleures. Tu es bien plus intelligent que ce que les gens pensent, Lloyd.

-H-ha bon ? dit-il en clignant des yeux, surpris.

-Ouais. Je veux dire, une personne capable de désamorcer une bombe est forcément très intelligente, affirmai-je en souriant.

-Aw, tu vas me faire rougir, me sourit-il aussi en retour.

-Vous avez terminé ? nous interrompit Kratos. »

Nous étions arrivés à l'auberge. Il n'attendit pas notre réponse, l'ayant déjà devinée à l'expression de nos visages.

« …bien. Nous n'avons plus qu'à attendre les autres dans ce cas. »

Colette, Genis et Raine arrivèrent quelques minutes après. Aucun d'eux, ni Kratos, n'avait trouvé quoique ce soit alors je leur révélai ce que j'avais appris. Après une courte discussion, nous nous mîmes d'accord pour nous rendre dans la partie est de la ville.

Notre recherche ne prit pas longtemps. Arrivés à la deuxième maison, le garçon nommé Linar nous ouvrit. C'était effectivement l'un des adolescents que nous avions rencontrés plus tôt, aux ruines. Harley était là aussi. Seulement, à la seconde où il nous vit, il nous ordonna de partir.

« Vous auriez dû nous laisser détruire la dalle ! A cause de vous, Aisha va mourir ! »

Aisha était la jeune femme qui se tenait entre eux deux. Je devinai qu'il s'agissait de la sœur de Linar.

« Mourir ? Mais de quoi tu parles ? s'exclama Lloyd, surpris. »

Linar baissa un visage coupable.

« Il n'y a pas longtemps, j'ai effectué des recherches sur les Ruines d'Asgard… »

Harley lança un regard noir à son ami.

« Et de ce fait, cet idiot a accidentellement réveillé l'Esprit Originel qui sommeillait sous la dalle. A partir de ce moment, il a commencé à exiger des sacrifices. »

Aisha secoua la tête.

« Harley, ça ne justifie pas ton comportement. Les gens de la ville auraient été les premiers à souffrir si la dalle avait été détruite.

-Et ta souffrance ne compte pas ? grogna Harley, avant de se tourner vers nous. Grâce à vous, Aisha sera sacrifiée à l'Esprit Originel ce soir. Allez-vous-en ! »

Sur ces dernières paroles, il nous claqua tout bonnement la porte au nez.

« Des sacrifices humains ? murmurai-je en fixant le sol tout en luttant pour ne pas y penser. »

Cet endroit était vraiment dangereux…

« Nous devons faire quelque chose ! s'écria Colette d'un ton pressé.

-Allons parler au maire. Peut-être que nous pourrions en apprendre plus sur tout ceci, suggéra Raine. »

Nous approuvâmes.


Le visage du maire d'Asgard s'assombrit en nous reconnaissant. Il se tenait debout devant les escaliers menant vers les ruines. Ils étaient probablement en train d'organiser les préparatifs pour le rituel.

« Je vous ai dit que les ruines étaient interdites aux visiteurs.

-Je suis chercheuse. Me permettez-vous d'étudier cette dalle, s'il vous plait ? Je vous promets de ne rien déranger, déclara calmement Raine.

-Nous avons déjà un idiot comme vous dans cette cité, répliqua le maire en lui jetant un regard noir. Grâce à lui, l'industrie du tourisme est en chute libre. Je refuse.

-Nous avons entendu parler des sacrifices, intervint Colette. S'il vous plait, y a-t-il quelque chose que nous puissions faire ? »

Le visage du vieillard s'adoucit légèrement et il secoua la tête.

« Comprenez bien, nous ne pouvons risquer de laisser les gens s'approcher de la dalle et provoquer la colère de l'Esprit Originel du Vent. La seule qui puisse frôler cette pierre est la danseuse sacrée.

-Dans ce cas, je serai cette danseuse, imposa Raine. Ainsi, il n'y aura pas de problème à ce que je monte sur la dalle, si ?

-Professeur ! protesta Lloyd en s'avançant. »

Elle tourna la tête vers lui.

« D'après ce que dit le Livre de la Régénération, il pourrait s'agir du prochain sceau. Il est possible que le sacrifice qu'exige l'Esprit Originel soit en réalité celui de l'Elue du Mana. Nous ne pourrons pas le savoir avant de l'avoir vérifié. »

Le visage de l'adolescent se décomposa et il hocha la tête à contrecoeur. Le Professeur se retourna vers le maire.

« S'il vous plait, insista-t-elle.

-Faites ce que vous voulez, soupira-t-il. Je ne serai en aucun cas responsable si vous y perdez la vie. »


« Je…je ne suis pas sûre que ce soit très juste de vous laisser prendre ma place, mais…merci, souffla Aisha en baissant les yeux, se sentant indubitablement coupable. »

Harley nous avait laissé entrer après avoir entendu la nouvelle. Raine avait besoin de la tenue traditionnelle de la danseuse pour effectuer le rituel. Une fois qu'elle fut changée et qu'Aisha lui eut montré les bases de la danse, nous nous rendîmes à la dalle de pierre. J'avais une certaine appréhension qui me retournait l'estomac, car en dépit de l'assurance du Professeur, je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter. Et si l'Esprit Originel était trop fort pour elle ?

Le soleil était en train de décliner lorsque nous nous réunîmes autour de la large plateforme de pierre. Harley, Linar et Aisha se tenaient aux côtés du maire. Le reste des spectateurs étaient des villageois que je ne connaissais pas. Y avait-il autant de monde pour assister au rituel d'habitude, ou était-ce seulement parce qu'il s'agissait d'une étrangère ? L'angoisse qui émanait de la foule était si forte qu'elle en était presque palpable.

Raine monta sur la dalle et leva son sceptre. Les rayons du soleil l'éclairèrent, la nimbant brièvement d'un éclat doré. Elle était étonnamment belle dans ses vêtements sacrificiels. J'avais du mal à croire qu'il s'agissait toujours du professeur. Puis, avec une grâce que je ne lui connaissais pas, elle commença la danse du rituel.

Son sceptre frappa certains points de la dalle avec une précision parfaite. A la seconde où les marques furent touchées, elles s'éclairèrent d'une énergie que je devinais être du mana. A la fin, Raine avait créé un cercle autour d'elle. Mon corps se raidit sous l'effet de l'anticipation. Le cercle s'illumina et elle s'agenouilla au sol, son bâton posé devant elle, sans défense. Tout le monde attendait avec crainte de voir l'Esprit Originel apparaître.

Mais ce qui se matérialisa n'était rien d'autre qu'un monstre. La foule se raidit, incapable de détourner le regard, mais je ne pus m'empêcher de gémir. C'était donc à ça qu'un Esprit Originel était supposé ressembler ? La chose regarda le Professeur d'un air affamé tandis que j'esquissai un pas en arrière.

« Je viens pour la fille, gronda l'Esprit.

-N-non ! S'écria Colette. Professeur, ce n'est pas un Esprit Originel, c'est une créature démoniaque ! »

La réaction fut immédiate : Raine se releva précipitamment et recula, son sceptre en main. Lloyd, Genis, Colette et Kratos dégainèrent leurs armes et sautèrent sur la plateforme sans aucune hésitation. Des hurlements s'élevèrent de la foule tandis que la scène virait au chaos.

Je me retrouvai entraînée par la foule. A travers les cris, je pouvais entendre des bruits de bataille et je priai pour que Colette aille bien et que nous n'ayons pas à subir la colère de l'Esprit maléfique. Tout ce que je pouvais faire était de les regarder se battre, les bras ballants. Comment pouvaient-ils être aussi courageux ? Plonger tête la première dans une bataille, comme ça…n'avaient-ils pas peur de mourir ? Cela semblait tellement dangereux. Nous avions déjà été approchés par des monstres sur le chemin d'Asgard mais ils étaient beaucoup plus petits comparés à celui-là. A plusieurs reprises, le cœur au bord des lèvres, je vis Lloyd esquiver un puissant coup de griffes de la part de la créature. Je ne pourrais jamais être aussi forte. Cette confiance qui les habitait…pouvait-on seulement la leur ôter ?

Une petite voix acide au fond de moi me soufflait que j'étais faible, et je la crus. Je pouvais le sentir…je n'avais jamais été forte. Je ne pouvais même pas me comparer à eux. Même avec mes souvenirs, je…

Le hurlement du monstre me tira brusquement de mes pensées. Kratos venait de l'achever, son épée fermement enfoncée dans l'abdomen de la créature. Il retira sa lame d'un coup sec avant de la rengainer. Les autres firent de même tandis que Raine s'avançait pour ramasser un objet que le monstre avait laissé tomber. A en juger par ses yeux brillant d'excitation, cela devait avoir un rapport avec les ruines.

La foule laissa échapper un soupir de soulagement collectif. J'entendis quelqu'un éclater en sanglot, quelque part. Je ne pouvais même pas imaginer tout ce qu'ils avaient pu vivre jusqu'à maintenant. Je vis Harley enlacer Aisha qui elle-même avait les yeux plein de larmes.

« Raine, c'était fantastique ! s'exclama Linar avec enthousiasme au moment où le Professeur descendait de la dalle. »

Il passa un moment à bafouiller quelques mots dans une tentative maladroite de remercier le groupe. Toutefois, lui et Raine s'absorbèrent vite dans une profonde discussion lorsqu'elle lui montra ce qu'elle avait ramassé. Il s'avéra qu'il s'agissait d'une tablette de pierre, ou quelque chose du genre.

La discussion était partie pour durer un moment, si bien que nous dûmes les attendre toute la nuit. Raine la passa chez Linar. Les mots sur la tablette étaient inscrits dans l'ancien langage de Balacruf, nous apprirent-ils, et ils avaient besoin de temps pour le déchiffrer. Un seul côté de la tablette comportait des écritures, l'autre représentait une carte qui indiquait le siège de l'ancien Empire de Balacruf. Tout le monde était désormais convaincu que Kratos avait raison : le sceau devait effectivement se trouver au Mausolée de Balacruf.


Alors que le soir tombait, Genis et moi partîmes faire quelques courses à l'épicerie du coin. C'était un très bon cuisinier et alors que nous marchions, je lui demandai ce qu'il comptait préparer. Raine n'avait toutefois rien à voir avec son frère en matière de cuisine. Même en suivant les instructions de Genis, ses plats ne finissaient jamais bien. Quand elles ne les brûlaient pas, elle s'arrangeait toujours pour les ruiner en y apportant sa touche personnelle. Une fois, elle avait tenté de nous expliquer son point de vue, à Lloyd et moi. Selon elle, puisque tous les gâteaux étaient normalement sucrés, alors un cake épicé serait une révolution. Inutile de vous dire que je comprenais à présent pourquoi sa nourriture était réputée dangereuse.

Nous entrâmes dans le magasin et Genis s'empara de plusieurs ingrédients d'un air connaisseur. Je me contentai de le regarder tout en essayant de deviner son menu à partir de ce qu'il prenait. Le vendeur ne cessa de me dévisager pendant que Genis lui présentait les produits. Je songeai à le fixer aussi en retour avant d'abandonner l'idée. Il pourrait refuser de nous servir si je faisais ça. Je suivis l'elfe au dehors, bien contente de ne plus avoir à supporter le grossier personnage derrière nous.

« Hé ben, c'était quoi le problème avec ce type ? me demanda Genis en fronçant les sourcils. Il n'a pas arrêté de te fixer durant tout le temps où on était là. »

Je me renfrognai, tentant de calmer mon irritation à l'évocation du vendeur.

« C'est le type à qui j'ai parlé quand nous étions à la recherche de Harley. Il n'a pas été ravi que je l'interroge sur lui. »

Genis parut perplexe quelques secondes, avant de comprendre.

« Oh. Parce que Harley est un demi-elfe.

-J'arrive pas à comprendre, soupirai-je, frustrée. Demi-elfe, humain, elfe…quelle différence ça fait ? »

L'elfe me jeta un regard incrédule.

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Ton amnésie est profonde à ce point ? (il n'insista pas en me voyant grincer des dents) Désolé. Ce que je voulais plutôt dire…

-Ca va, l'interrompis-je. Je veux dire, oui, c'est à ce point. »

Le garçon parut mal à l'aise.

« C'est juste que…les gens d'ici détestent les demi-elfes. Ca a toujours été et ce sera probablement toujours comme ça.

-Pourquoi ? A cause des Désians ?

-Je crois, dit-il en faisant basculer son sac de courses d'un bras à l'autre. Je ne sais pas vraiment quand est-ce que ça a commencé. Mais de nos jours, c'est probablement à cause de ça. »

Mon front se plissa. Une part de moi se sentait indignée par ce genre de mentalité. Personne ne réalisait à quel point c'était injuste ? Des gens s'en rendaient forcément compte, non ? Chez moi, ce n'était…

Chez moi ? Que voulais-je dire à propos de chez moi ? Non…je ne pus terminer ma réflexion. Elle avait disparu.

« Mais quand même, continuai-je. Pour moi, Harley n'a rien d'un Désian. Il n'avait pas l'air si méchant, il avait juste peur pour Aisha. Je ne vois pas pourquoi on devrait préjuger des choses sur lui juste parce que d'autres le font.

-Dirais-tu la même chose si les Désians avaient décimé toute ta famille ? souffla Genis, l'air sombre. »

Ce n'était pas une pensée agréable.

« Je…je ne peux pas le dire. Pour ce que je sais, ils auraient très bien pu le faire. Mais je ne suis toujours pas d'accord avec la façon de penser du vendeur. »

Genis demeura silencieux après ça. Je fis une pause avant de réaliser une chose. Je le regardai :

« Hé, est-ce que tu détestes les demi-elfes ?

-Pas…pas vraiment, me répondit-il sans me regarder. Mais je suis un elfe. Les désians n'en ont pas après mon espèce. Penses-tu vraiment ce que tu dis au sujet des demi-elfes ?

-Ben…oui, fis-je à court de mots. »

Ma façon de penser paraissait-elle donc si bizarre ? Et Genis avait raison, bien qu'il ait tout de même des amis humains. N'avait-il pas envie de les défendre ? D'un autre côté, son excuse me paraissait faible. Pourquoi se montrait-il si réticent à approuver mes dires ?

Il me lança un regard incertain. Puis il détourna les yeux pour les fixer sur le chemin devant nous. Finalement, il eut un petit sourire :

« Tu n'es pas si mauvaise pour un humain. Essaie juste de ne pas changer d'avis lorsque tu auras récupéré la mémoire, d'accord ?

-Ca ne risque pas, lui souris-je en retour. »

Mais au fond de moi, j'avais des doutes…


Cette nuit-là, je fus incapable de trouver le sommeil. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Trop de pensées parasitaient mon esprit et je n'arrivais pas à m'en défaire. C'était agaçant : quelque chose me disait que j'avais autrefois eu la solution, seulement j'étais incapable de m'en souvenir. Après être restée ce qui me sembla des heures à ruminer, j'abandonnai. Me redressant, je décidai d'aller prendre l'air. Les chambres de l'auberge étaient pourvues, aux étages, d'un petit balcon. Je me rendis sur le mien et m'accoudai à la balustrade. Je soupirai. Les étoiles scintillaient au-dessus d'Asgard, mais pourtant…elles me paraissaient froides et étrangères. J'avais pourtant le sentiment de connaître le monde de Sylvarant...mais pas d'y appartenir.

Où se trouvait ma maison, alors ? En avais-je seulement une ? J'étais loin de me rapprocher de mes souvenirs, pas plus qu'il y a une semaine. A chaque fois que j'avais l'impression de me souvenir de quelque chose, ma tête m'élançait et les images se brouillaient avant de disparaître. Je n'arrêtais pas de me dire que forcer ne me ferait pas progresser, mais ça ne changeait pas la sensation d'égarement qui m'habitait. Pire encore, je ralentissais le groupe…j'avais beau les apprécier, j'étais un fardeau. Je m'en étais rendue compte en les voyant combattre, plus tôt. Finalement, je commençais à comprendre ce que Kratos avait voulu dire et pourquoi il ne désirait pas me laisser continuer plus loin.

On frappa à ma porte et je me retournai. Elle s'ouvrit doucement et Lloyd passa la tête dans l'entrebâillement.

« …ça ne te dérange pas si j'entre?

-Non. Non, pas du tout, répondis-je, surprise par cette visite inattendue. »

Il entra et referma doucement la porte derrière lui.

« Excuse-moi si je te dérange. J'étais dehors et je t'ai vu debout sur le balcon. »

Je clignai des yeux.

« Qu'est-ce que tu faisais dehors ?

-Colette…n'est toujours pas couchée. Ca m'inquiète quand elle est comme ça.

-Oui, moi aussi, avouai-je.

-En parlant de ça, qu'est-ce que tu fais toujours debout ?

-Ma chambre commençait à devenir un peu étouffante, alors je suis sortie prendre l'air, lui expliquai-je, décidant qu'il serait mieux de ne pas utiliser l'habituelle excuse de Colette. »

Son regard dériva loin au-dessus de la ville.

« Tu avais l'air…triste quand je t'ai vue au balcon. C'était pareil après que nous ayons vaincu le monstre, tout à l'heure.

-…ha bon ? fis-je en le regardant avec étonnement. »

Ainsi donc il s'en était aperçu ? Je n'avais pas réalisé que mes émotions se lisaient sur mon visage.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? insista Lloyd, l'air concerné. »

Il s'inquiétait donc pour moi aussi? Je soupirai :

« C'est juste…que je ne me souviens toujours de rien, voilà.

-Mais ça fait à peine plus d'une semaine ! Tu as tout le temps du monde pour récupérer tes souvenirs. Tu te souviens de ce que Kratos a dit ? Nous pourrions même demander l'aide de Colette une fois qu'elle sera devenue un Ange.

-O-oui…

-Mais ce n'est pas la seule chose qui te dérange, devina l'adolescent. »

Ses mots me surprirent une nouvelle fois. Lloyd était plus perspicace qu'il n'en avait l'air. Je regardai ailleurs, restant silencieuse le temps de ressasser ce que j'allais dire. Je décidai de me confier à lui :

« Vous allez bientôt partir. »

Le visage de Lloyd se défit.

« …ah oui. Ca… »

Je secouai la tête, soupirant.

« Je…je comprends bien pourquoi, cependant. Je ne suis qu'un fardeau pour toi et les autres. C'est juste…que…ça me fait peur, c'est tout. Je n'ai…personne. Même si vous revenez pour m'aider après la Régénération du monde, ça me parait si loin…

-Bon sang, maugréa-t-il. Tu n'es pas un fardeau, okay ? Et je n'ai pas l'intention de te laisser derrière non plus. On ne peut quand même pas te laisser là quand on voit que tu n'es même plus capable de te souvenir du nom du monde ! Nous pourrons certainement faire quelque chose… »

Je laissai échapper un soupir de frustration.

« Je n'ai pas d'argent et je ne sais même pas comment les choses fonctionnent ici. Je serai dépendante de quelqu'un, peu importe quoi…je ne sais même pas comment me battre. »

Soudain, son regard s'illumina.

« …je pourrais t'apprendre.

-Hein ? Fis-je en levant vers lui un regard confus.

-Mais oui, c'est ça ! s'exclama-t-il en riant, tout excité. Je me débrouille très bien avec des épées. Je vais juste t'apprendre, comme ça tu pourras nous aider ! Tu pourras nous suivre sans t'inquiéter de te retrouver en danger.

-U-um…fis-je, décontenancée. »

Il voulait donc vraiment m'aider ? Ce n'était pas que je ne voulais pas apprendre, mais je m'étais attendue à plus de résistance…

« Ce n'est pas un jeu, Lloyd. »

Ho. Je me disais aussi. Kratos nous rejoignit sur le balcon, l'air mécontent.

« Kratos ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'enquit Lloyd en se renfrognant.

-Au cas où tu l'aurais oublié, ma chambre est à l'étage en dessous.

-O-oh. Euh, désolé, s'excusa Lloyd en se passant une main dans les cheveux. »

Kratos se contenta de hausser un sourcil face à ses pitreries. Puis il se tourna vers moi :

« Apprendre à manier une épée n'est pas une chose que tu peux faire en une nuit. Ce n'est pas simple.

-Je-je le sais, bafouillais-je en fronçant les sourcils. »

Il n'avait pas besoin de me parler comme à une enfant.

« Vraiment ? Alors tu dois savoir que même si tu commences à apprendre, tu ne seras pas d'une grande aide. Un combattant inexpérimenté peut s'avérer plus handicapant qu'une personne qui ne sait pas se battre du tout, poursuit Kratos les bras croisés.

-Kratos ! Protesta Lloyd, outré.

-Ca va, Lloyd, l'arrêtai-je, lasse. »

Puis je tentais de rassembler toute ma détermination et prit sur moi pour affronter le regard du mercenaire.

« Mais tu ne nies pas le fait que Sylvarant est dangereuse, n'est-ce pas ? »

Ses yeux étaient implacables.

« C'est précisément la raison pour laquelle tu devrais rester ici. La menace immédiate n'est plus, tu seras plus en sécurité ici qu'avec nous.

-Mais il n'y a pas de docteur ici ! s'écria Lloyd, en colère. Kratos, tu sais très bien que le docteur a quitté la ville dès que les sacrifices ont commencé ! Il n'y a personne ici qui pourra l'aider à guérir de son amnésie ! »

Kratos releva les yeux vers lui, l'air sombre. Après un long moment, il soupira à contrecoeur :

« …et que suggères-tu dans ce cas ?

-Laissons la venir avec nous, insista l'adolescent. Au moins jusqu'à Luin. Elle n'aura même pas besoin de libérer les sceaux avec nous ! Si nous sommes sur le point de faire quelque chose de dangereux, nous n'aurons qu'à la laisser dans la ville la plus proche ! En plus, je suis sûr que Luin a au moins un médecin. »

Kratos sembla considérer ces paroles. Cependant, il ne semblait pas du tout enchanté par tout ceci.

«…nous en discuterons demain matin. »

Apparemment, c'était l'équivalent d'un oui car le visage de Lloyd s'éclaira. De mon côté, j'essayai de ne pas me faire trop d'illusions. Son idée paraissait bonne, mais Kratos restait clairement opposé à ce que je vienne. Qu'est-ce que je pouvais faire pour qu'il me prenne au sérieux ? Je n'étais pas totalement démunie, si ?

« Kratos, l'appelai-je alors qu'il se tournait pour partir. »

Il s'arrêta, tournant la tête pour me regarder. Ce fut difficile de ne pas faiblir face à son aura intimidante.

« Je ne veux pas vous retarder, dis-je. Et je veux être capable de prendre soin de moi le jour où nous devrons nous séparer. S'il te plait, apprends-moi à me servir d'une épée. »

Lloyd sauta immédiatement sur l'occasion.

« Allez, Kratos. On s'entraîne déjà tous les matins, non ? Pourquoi est-ce qu'elle ne pourrait pas se joindre à nous ? »

Le mercenaire le regarda.

« Ne crois pas qu'avec une personne supplémentaire, ton entraînement deviendra plus facile.

-Ce n'est pas du tout ce que je pense ! répliqua Lloyd, avant de s'interrompre soudainement. Attends…ça veut dire que tu es d'accord ? Tu es d'accord, hein ?! »

Kratos se détourna pour m'analyser du regard, l'air scrutateur.

« …très bien. Si tu veux vraiment apprendre, alors Lloyd et moi t'enseignerons. Garde à l'esprit que je suis un professeur exigeant et que je ne permets à personne de me faire perdre mon temps. Ne me fais pas regretter cette décision.

-O-oui monsieur, répondis-je timidement. »

Alors que je me faisais épingler par son regard, la perspective d'un entraînement avec cet homme me sembla totalement terrifiante. Mais si cela voulait dire pouvoir rester avec le groupe…alors je devais essayer. Au moins, Lloyd serait là.

Finalement, il s'éloigna.

« Nous nous retrouverons tous les matins à cinq heures. Précises. Ne soyez pas en retard.

« A-attends une minute ! Protesta Lloyd, l'air paniqué. C'est plus tôt que d'habitude ! Comment ça se fait ?

-Si je dois passer du temps avec chacun de vous deux, c'est tout à fait naturel que le temps requis pour une session d'entraînement soit doublé, répliqua Kratos sur le ton de l'évidence. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même Lloyd. Bonne nuit. »

L'adolescent jura, regardant avec impuissance Kratos partir après avoir refermé la porte derrière lui.

« Ho, purée…soupira-t-il en se frottant la tête. Je déteste quand il agit comme ça.

-Désolée…soufflai-je. »

C'était quand même un peu de ma faute. Lloyd leva les yeux au ciel.

« Ne t'excuse pas, idiote…j'ai toujours envie que tu viennes.

-Je n'arrive pas à croire qu'il ait vraiment accepté, avouai-je en posant mes coudes sur la rambarde et en laissant mon regard errer sur la ville. Je veux dire…je pensais qu'il allait directement refuser.

-Montre lui simplement que tu es vraiment motivée pour apprendre, me conseilla Lloyd. Il devrait accepter de poursuivre ton entraînement par la suite, t'es pas d'accord ? (il rit) C'est génial! Ca va être trop cool d'avoir une nouvelle personne avec qui se battre.

-Tu penses…? Lui demandai-je, un peu sceptique. »

J'espérais juste pouvoir devenir utile. Malgré mon envie d'apprendre, c'était difficile d'imaginer que je puisse être capable de quoique ce soit avec une épée. A moins d'en avoir déjà manié une par le passé…hum, bizarrement j'en doutais.

« Ho, en parlant de ça…(le sourire de Lloyd devint penaud)on ferait mieux d'aller au lit maintenant si nous voulons être levés pour cinq heures. »

Je le regardai, consternée.

« Tu as raison.

-Je sais pas comment je vais faire pour me lever…soupira-t-il. Enfin, bonne nuit. A demain matin.

-Bonne nuit, Lloyd. »