Chapitre 9 : Dernier jour de repos avant la rentrée

Dimanche 3 septembre

Hermione était réveillée depuis un petit moment. Elle relisait chacun de ses manuels de cours, survolant également les notes qu'elle avait prise.

La jeune femme était stressée : demain, c'était la rentrée. Hermione ne cessait pas de se poser des questions : serait elle à la hauteur cette année ? Avait elle eu de bonnes notes à ses B.U.S.E. ? Pourrait elle continuer les matières qu'elle avait choisi ?

Hermione commença à se ronger machinalement les ongles tout en lisant son manuel d'Histoire de la Magie. Cette année, les professeurs seraient intransigeants.

Elle entendit soudainement un bruit sourd de l'autre coté de sa porte. Le professeur Rogue était certainement parti. C'était lui, le plus intransigeant de tous.

Depuis des années, il surchargeait les élèves de travail et de devoirs, il passait son temps à les sermonner, les engueuler, les vexer. Rogue était profondément mauvais.

Cependant, hier soir, Hermione voulu se faire pardonner et elle lui proposa un thé. Thé qu'il accepta. Il ne lui dit rien, le but en silence, la remercia puis partit.

Hermione souriait. J'ai bu un thé avec Rogue.

La jeune femme était à présent persuadée que leur cohabitation se passerait bien si l'un des deux faisait des pas vers l'autre. Elle savait pertinemment qu'il n'en ferait pas, alors, elle le ferait à sa place. Hermione détestait les conflits, et malgré le fait qu'elle se disputait souvent avec Ron, c'était vrai.

Hermione ne vivait pas avec Ron, elle vivait avec Rogue. Alors, il ne devait pas y avoir de conflits entre eux. Peut être serait-il supportable, voir sympathique, si la jeune femme en faisait de même ?

Elle n'attendait pas grand chose de leur cohabitation, elle savait qu'il était un être froid et aigri. Elle ne se voyait pas devenir son ami comme Harry et Dumbledore – quoique Dumbledore était plus un protecteur qu'un ami – et de toute manière, c'était impossible.

Hermione referma brusquement son manuel d'Histoire de la Magie et sortit sa baguette. Elle voulait s'entraîner sur certains sorts qu'elle avait appris pendant les vacances.

- Avis.

Des oiseaux jaillirent aussitôt de sa baguette et se posèrent sur son lit, piaillant gaiement. Hermione les regarda en souriant, fière du résultat.

- Vous êtes adorable.

Elle se dirigea vers son armoire et en sortit un t-shirt blanc qu'elle jeta sur le sol. Tout en murmurant « Duro », elle le pointa de sa baguette.

Le t-shirt devint subitement dur comme la pierre et Hermione le prit dans ses mains.

- Waouh !

Hermione, toute fière, le reposa sur le sol.

- Gemino.

Un deuxième t-shirt en pierre apparut, identique au premier. Hermione sourit fièrement, chacun des sorts marchaient à merveille.

Les oiseaux piaillaient toujours, l'un d'eux voletait dans la pièce.

- Oppugno.

Les oiseaux arrêtèrent de bouger et se mirent dans la même position. Ils en piaillaient plus. Ils se mirent en ligne et foncèrent droit sur Hermione qui se baissa pour les éviter. Ils s'écrasèrent simplement sur le mur, derrière elle.

Hermione se releva en souriant. Ces oiseaux attaquent en équipe une même cible. Si elle devait s'en servir, elle devrait alors définir la cible pour éviter qu'ils ne se retournent contre elle.

Les autres sorts qu'elle avait appris ne lui servirait à rien, elle avait besoin d'un cobaye. Hermione jeta un rapide coup d'œil à sa montre d'origine moldu. Il était 9h.

- Finite.

L'un des deux t-shirt disparu et l'autre redevint blanc. Hermione le prit et le rangea dans son armoire. Elle rangea également ses manuels et ses notes sur son bureau, puis elle sortit de sa chambre.

Hermione sortit de l'appartement, puis, elle se dirigea vers la Grande Salle. Elle avait terriblement faim, à présent.

La jeune femme entra dans la pièce et se dirigea vers la table des Gryffondor. Aucun de ses amies n'étaient encore arrivés. Elle commença à remplir son assiette de lard lorsqu'elle sentit une main dans son dos. Elle se retourna et croisa le regard de Neville.

- Neville !

- Salut Hermione.

Hermione était tellement heureuse de voir Neville, ou de voir quelqu'un. Elle se sentait si seule. Neville se posa près d'Hermione et se servit trois œufs et une saucisse.

- Comment tu vas ?

- Je vais bien, merci. Et toi ? J'ai appris que tu étais avec... Rogue, c'est ça ?

Neville déglutit bruyamment. Hermione savait qu'il avait peur de Rogue depuis longtemps. Il était même son épouvantard. Mais, après tout, qui ne le détestait pas dans cette école ?

Hermione semblait être la seule qui voulait que tout aille pour le mieux, pour tout le monde. Surtout avec la guerre qui approchait, les tensions et les doutes seraient de retour.

Utopique, ma chère. Vouloir que Rogue soit heureux. Ha ha.

La ferme.

- Oui, c'est ça.

Hermione hésita à continuer sa phrase, repensant aux événements et la gêne d'hier.

- Mais tout se passe pour le mieux.

Neville lui lança un regard interrogateur, plutôt surpris.

- Tu es sur ?

- Oui, ne t'inquiète pas.

Hermione lui sourit gentiment. Neville lui rendit son sourire. Elle sentit que quelqu'un l'observait et elle ne pu s'empêcher de sourire intérieurement, sachant déjà qui c'était.

L'avait il entendu ? C'était fort probable. Il maîtrisait la magie comme personne, et selon ce que lui avait dit Harry, il maîtrisait la légilimancie et l'occlumancie comme personne.

Hermione eut alors une idée qu'elle qualifia de brillante. S'il écoutait Hermione, pourquoi n'en profiterait elle pas pour dire du bien de lui, histoire de mettre un peu d'eau dans son vin ?

Peut être qu'il penserait qu'elle l'appréciait et qu'elle ne voulait pas se disputer, après tout. Mais que dire de plus à Neville ?

- Tu sais, lorsque je suis arrivée, je ne m'attendais pas à ce qu'il vive dans un appartement comme celui-ci, mais, je dois dire que j'ai été surprise. C'est très beau chez lui.

- Ah, oui ?

- Oui. Il y avait des fleurs de partout, c'était coloré, agréable, simple. Comme j'aime.

- Il y avait des fleurs chez Rogue ?

- Oui. Mais je suppose qu'elles étaient là pour moi.

Neville rigola.

- Ça m'étonnerait grandement ! Depuis quand... depuis quand il est sympathique avec quelqu'un ? Je te rappelle que...

- Ça va, ça va. Je sais.

Hermione coupa sèchement Neville. Elle savait très bien où il voulait en venir. Il allait reparlait de la fois où il l'avait traité de Miss-Je-Sais-Tout.

La jeune femme sentait toujours toujours le regard de Rogue dans son dos.

Bon, ça va à la fin.

Elle termina son assiette sans une parole pour Neville, puis, elle sortit dignement de la Grande Salle sans un regard pour son professeur.


Severus savait très bien que la jeune femme savait qu'il l'avait regardé. Alors, pourquoi c'était elle sentit obligée de dire ces gentillesses ?

Tu lui fais pitié, Servilus.

Non, pas encore. Laisse moi.

Non, je ne te laisserais pas . Je suis là. Je serais toujours là.

La voix de James rigola.

Severus se passa la main dans les cheveux, tout en fixant Hermione. Ainsi, il lui faisait pitié ?

C'était sûrement pour ça qu'elle lui avait offert un thé. Elle était la meilleure amie de Saint Potter, elle voulait certainement se prouver à elle même qu'elle était une bonne âme et qu'elle pouvait aider un homme qui semblait triste, en lui accordant un peu de son temps.

Hermione était intelligente, elle avait dû sentir son regard brûlant sur elle. Il avait entendu. Il avait tout entendu.

Severus savait déjà que Neville avait peur de lui, il savait aussi que la plupart de ses élèves avaient peur de lui. Mais pourquoi diable avait elle pitié de lui et non pas peur ?

Cela l'aurait tellement arrangé qu'elle est peur de lui, et, au contraire, elle avait pitié. C'était pire. Maintenant, elle le collerait jusqu'à se qu'elle est l'impression qu'il soit heureux.

Elle viendrait lui parler, l'obligerait à passer du temps avec elle. Severus frissonna.

Non, merci.

Pourquoi, Servilus ? De quoi as tu peur ?

Severus ignora ostensiblement la voix de James et haussa un sourcil en voyant Hermione sortir de la Grande Salle. Mais, si elle avait senti son regard sur lui, elle l'aurait regardé, non ?

Rien que de te voir ou de savoir que tu la regardes, ça doit la faire gerber.

Severus claqua des dents et posa ses mains sur la table pour se calmer. Le professeur Chourave vit qu'il commençait à s'énerver et elle s'éloigna, préférant ne pas être dans les parages.

Severus savait que Chourave s'était décalée. Ainsi, c'était comme cela ? Il faisait fuir tout le monde ?

Mais pourquoi... pourquoi Lily s'était elle accrochée à lui alors que tout le monde le fuyait ?

C'était une erreur, Servilus. De la pitié. D'ailleurs, elle t'a fuit, elle aussi.

De la pitié ? Non, Lily n'avait pas de pitié pour moi...

Oh, si. Toi et tes cheveux gras, ton gros nez et ta sale tête, personne ne t'aimait. Elle voulait simplement être gentille. Mais tu l'as repoussé. Tu craches même sur les colombes, Servilus.

J'étais son ami ! Nous étions proche avant... avant que tu n'arrives.

Avant que je ne la sauves.

Severus ne dit rien. Son esprit faisait tout le reste.

Même ton propre père te battait.

Le Serpentard se leva brusquement et sortit à grandes enjambées de la pièce, voulant se trouver loin de tout. Loin de tout le monde.

Même Dumbledore n'avait pas remarqué le départ de Severus. Tant mieux.

Severus entreprit de se diriger vers son appartement, lorsqu'il vit Hermione au loin se diriger vers les cachots. Il changea subitement de direction et se retrouva dehors.

Que faire maintenant ?

Prends un bain dans le lac.

La voix de James, l'horrible voix de James, rigolait toujours.

Severus ferma les yeux et les frotta frénétiquement, espérant que James se taise. Lorsqu'il rouvrit les yeux, quelques minutes après, il aperçut au loin deux élèves de Serdaigle qui lui faisaient des gestes obscènes.

Lorsqu'ils virent qu'il les avait vu, ils partirent en courant. Severus eu un horrible rictus et les suivit.

Pour ne plus souffrir, il allait les faire souffrir.

Plus de pitié.


Hermione était allongée sur son lit. Qu'allait elle faire à présent ? Elle luttait contre elle même pour ne pas aller replonger son nez dans ses manuels.

Elle pensa alors à ses deux meilleurs amis qu'elle n'avait pas vu. Elle jeta un coup d'œil à sa montre, il était 10h.

Dormaient ils encore ?

Elle poussa un grognement, puis, elle se coucha confortablement sous la couette. Elle était fatiguée de tout et avait besoin de s'échapper. Trouver un coin à elle, pour elle où elle serait seule. Et surtout pas dans un livre. Elle ne devait pas devenir plus stressé qu'elle ne l'était déjà.

Elle s'endormit rapidement, le souffle calme.

...

Hermione se réveilla, les cheveux en bataille. Elle se frotta frénétiquement les yeux puis elle s'étira. Elle regarda sa montre : il était 19h.

Hermione se leva brusquement de son lit et se dirigea en courant vers la Grande Salle, le repas allait commencer dans quelques minutes.

Tout le monde était déjà attablé. Elle jeta un regard en biais à la table des professeurs et vit que Rogue n'était pas là.

- Où étiez vous ?

Hermione savait où il était, à présent. Il l'avait certainement cherché partout, après tout, il devait la protéger.

- J'étais dans l'appartement, professeur. Je dormais.

- Je vous ai cherché partout.

- Je suis désolé, professeur. Je prenais juste un peu de repos avant les cours de demain.

- Vous reposer pour demain ? Je pensais que vous étiez une infatigable peste.

Touché.

Severus eut un rictus, puis il se dirigea vers la table des professeurs.

Hermione resta abasourdit. Il venait encore de lui faire une de ces légendaires acerbes remarques.

Pourquoi ? Pourquoi tant de haine ?

Tu n'es qu'une Sang-De-Bourbe, une Miss-Je-Sais-Tout. Beaucoup de gens ne t'aiment pas.

Hermione chercha faiblement du regard ses amies. Elle les vit. Harry, Ron et Ginny étaient ensemble et semblaient rire d'une blague qu'avait fait Ron.

Personne ne la regardait. Personne ne la cherchait.

Hermione sortit de la Grande Salle, les larmes aux yeux, sans un regard en arrière.

Coulé.