Septième OS sur Chuck/Dieu ! J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents !

Merci encore une fois de me lire et de me laisser des reviews, ça me fait tellement plaisir !

Adalas : merci beaucoup ! Je suis contente que l'idée t'ait plu ^^

barjy02 : merci beaucoup ! Je pense suivre la série pour le moment, même si j'ai furieusement envie de partir dans une autre direction !

yakusokuyumi : en effet ^^ j'aime beaucoup le personnage d'Amara, justement parce qu'au final, elle a des raisons d'être ce qu'elle et de faire ce qu'elle fait.

Courtney Ackles : je suis plutôt la série, mais je verrai au fur et à mesure si je bifurque ou non ^^

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, et rendez-vous au prochain chapitre~


Chapitre 7
Fuite

L'odeur du bois et de l'alcool emplissait l'atmosphère du bar, à peine perturbées par le son des touches du clavier que Chuck tapait rapidement, les yeux fixés sur l'écran. Le reflet du traitement de texte dans les verres de ses lunettes masquait ses yeux, laissant voir les lignes noires qui s'étalaient petit à petit sur la feuille blanche. En bas de l'écran, l'horloge indiquait minuit passé au fuseau horaire de la côte Est des Etats-Unis. Une gêne dans sa perception l'obligea à s'arrêter quelques secondes, l'amenant à tourner la tête vers les tables vides et la scène déserte.

Il était seul. Il ne s'en plaignait cela dit. Cette solitude, cette déconnexion, c'était lui qui l'avait choisie. Loin de ses fils, de ses créations. Et surtout, loin, très loin d'elle. Sa sœur. La seule, l'unique, celle qui avait partagé sa vie durant les premiers millénaires de son existence, avant qu'il ne l'enferme égoïstement dans une cage avec l'aide de ceux qu'il avait façonné.

Et elle était revenue, à cause – encore – des Winchester et de leur foutue incapacité à se satisfaire d'une situation dans laquelle le monde tournait rond malgré le malheur, la déchéance ou la mort de l'un ou de l'autre. Dans leur chute, ils avaient entraîné Castiel. Pas qu'il en voulait à son fils de s'être lié indéfectiblement à eux, bien au contraire, surtout au vu des sentiments qu'il avait développé envers Dean. Mais après tant de temps à ressusciter l'ancien ange, il commençait à en avoir plus qu'assez. La fatigue qu'il ressentait depuis la révolte de Lucifer se fit plus forte, plus lourde, amenant avec elle des regrets, des remords. Il entendait les cris et les hurlements de ses enfants, il sentait leur souffrance et leur détresse…

Et pourtant, il ne faisait rien pour les aider. Parce qu'il jugeait que ce n'était pas son job. Ses doigts se suspendirent, interrompant la mélodie du clavier dans cet endroit où il se sentait en sécurité. Des pensées se bousculaient malgré sa volonté de les faire dégager. Sa mâchoire se serra, sa colère l'envahit. D'un geste, il balança l'ordinateur à terre avant de se prendre la tête entre les mains, se concentrant sur sa respiration. Autour de lui, l'odeur de l'orage et de l'électricité menaçait d'envahir tout l'espace et d'ainsi le faire sortir de ses gonds.

C'était en partie pour cela qu'il refusait de se montrer et qu'il empêchait quiconque de le trouver. Que pourrait-il leur dire ? Comment aurait-il la force d'affronter leurs regards, leurs colères, leurs déceptions ?

Un ricanement noir sorti de sa gorge, l'obligeant à se redresser. Le mug sur la table était loin de lui rendre justice pas vrai ? Il n'était pas un père, il n'était qu'un lâche qui fuyait ses responsabilités et ses erreurs, qui refusait de donner des excuses ou même des explications. C'était pour ça qu'il avait fini par demander à Joshua de passer un message aux Winchester et à Castiel lors de la mise en place de l'Apocalypse.

Et maintenant, il se terrait comme un rat dans ce bar qu'il avait créé lui-même. À écrire une autobiographie que personne ne lirait, faute d'attention, faute de vie aussi. Parce qu'il ne voulait pas combattre Amara, pas plus qu'il ne voulait la voir. Il avait peur. Peur. Pour un être aussi absolu que lui, c'en était risible, mais après tout, elle était sa sœur. Ses Ténèbres. Alors oui, il se planquait. Parce qu'il n'avait, encore une fois, pas envie de se retrouver face aux dégâts qu'avait causé son égoïsme.

Dans un soupir fatigué, il claqua des doigts, ramenant l'ordinateur face à lui, là où il s'était arrêté. Il ne voulait pas y penser maintenant. Ses doigts retombèrent sur le clavier, les lettres se formèrent sur la page du traitement de texte. Derrière lui, la solitude s'étala lascivement dans le bar, jouant avec ses ressentis.

Les regards illusoires le firent se ployer un peu plus. Ses poings se serrèrent. Il allait avoir besoin de quelqu'un pour dissiper cette foutue boule qui terrassait ses entrailles…