Bonjour à tous !
Je m'excuse de mon gros manque d'activité. Je ne souhaite aucunement abandonner cette fiction, j'y tiens beaucoup et je refuse de commencer quelque chose sans le terminer. ;) J'ai décidé de me reprendre en main, je posterai donc un chapitre par semaine, j'aime tout autant que vous cette fiction et j'ai réellement envie de m'investir et d'améliorer mon style d'écriture. :) Et puis, j'aime tellement écrire et j'aime tellement ce pairing que je me dois de la faire ! Je vous jure que j'y met tout mon cœur !
Merci à tous et à toutes pour vos reviews qui me vont droit au cœur, vous me motivez énormément.
N'hésitez pas à m'en laisser, je réponds toujours. ^^
J'ai cru comprendre que mes chapitres étaient trop court... celui ci est certainement le plus long et le plus construit que j'ai fais, j'espère qu'il vous plaira.
Laissez moi votre avis dans les reviews. ;)
Pour ce qui est du rapprochement entre Hermione et Severus, ne vous inquiétait pas, comme vous pourrez le lire, on y arrive doucement mais surement. ;)
J'aimerais vraiment exploiter le coté psychologique des personnages et de leurs sentiments, ne me trouvais pas exaspérante, mais je veux vraiment que cette fiction reste réaliste au niveau des personnages, de leurs envies, de leurs histoires et de leurs souffrances.
Pour ce qui est des fautes d'orthographes, je suis vraiment désolée, je comprends que cela puisse vous déranger. :/ J'attends simplement que ma bêta ai un peu plus de temps pour lui donner mes textes, c'est une très bonne amie à moi et je n'ai vraiment pas envie de la surcharger de boulot - et oui, bac de français pour nous cette année...
Je vous souhaite une bonne lecture. :)
ChocolateSnape
Chapitre 13 : Souffrance
Jeudi 7 Septembre
Cela faisait maintenant deux jours deux jours que la marque maudite qui se trouvait sur le bras gauche de Severus lui brûlait la peau, deux jours que le Seigneur des Ténèbres cherchait à atteindre Potter d'une quelconque manière, deux jours qu'il jouait à la perfection son rôle d'espion.
Lorsque sa marque le brûla pour la première fois, cette semaine, ce fut le lundi après midi alors qu'il corrigeait des copies dans sa chambre, confortablement installé à son bureau. A ce moment là, il était encore seul dans l'appartement.
Il eut un grognement nerveux et se leva brusquement, manquant de faire renverser son pot d'encre, il attrapa les copies – en n'en froissant quelques unes au passage - et les rangea sans ménagement dans le tiroir de son bureau.
Avant qu'il ne sorte précipitamment de sa chambre, il se rendit compte qu'il était simplement vêtu d'une chemise blanche légèrement déboutonné et de son pantalon noir. N'importe qui pourrait ainsi donc voir sa marque.
Il enfila alors sa cape, espérant qu'elle n'effleurerait pas la source de sa douleur.
A cet endroit précis, sa peau était devenu si fine, si sensible, si vive, qu'un simple coup de vent le tourmenterait encore plus.
Son corps était déjà mince, veineux, et sensible suite aux châtiments du Seigneur des Ténèbres, il avait presque l'impression que quelqu'un s'amusait à taillader son bras, alternant entre des coups brefs mais profond ou des coups lents mais vif.
Après s'être correctement vêtu, Severus sortit le plus rapidement possible de son appartement tout en essayant de paraître normal, revêtant alors son masque froid et impassible qui lui servait de visage.
Il devait faire vite.
Lorsqu'il arriva à l'étage où se trouvait le bureau de Dumbledore, il croisa quelques Poufsouffle qui traînaient par là et qui se raidirent immédiatement, cessant tout amusement, lorsqu'ils l'aperçurent.
Ce fut uniquement la douleur qui l'empêchait de les accabler de remarques acerbes, il se contenta seulement de leur lancer un regard mauvais qui avait le don de leur faire comprendre qu'il devait dégager et vite de son chemin s'ils ne voulaient pas recevoir les foudres de leur cher professeur.
Ils déguerpirent assez rapidement, non sans quelques chuchotements désobligeant auxquelles il était habitué, et se dirigea vers la porte qui menait au bureau du directeur.
- Suçacides .
La porte s'ouvrit et laissa apparaître un grand escalier. Severus le gravit, non sans exaspération. Il ne prit pas la peine de frapper à la porte et entra dans la volée dans le bureau de Dumbledore.
- Professeur, je...
- Severus ?
Quel idiot.
J'aime quand tu es réaliste.
Severus se pinça les lèvres, puis respira calmement.
Les professeurs McGonagall, Dumbledore et Bibine, le regardaient curieusement. Il s'approcha nonchalamment d'eux, gardant un visage impassible qui ne trahissait pas la douleur qu'il ressentait, et adressa un signe de tête poli à ses collègues féminines.
Albus le regarda en souriant malicieusement, ces yeux bleus brillants le fixant.
- J'espère que tu n'es pas là pour te plaindre du comportement d'Harry, je t'ai déjà dit ce que je pensais de ce qu'il avait fait et lui rajouter des heures de colle supplémentaires ne...
Severus coupa Dumbledore en émettant un grognement sonore d'exaspération ce qui attira immédiatement l'attention du directeur.
Le Vert et Argent se tenait toujours le bras gauche, serrant les dents pour ne laisser rien paraître et regarda droit dans les yeux Dumbledore, utilisant ses pouvoirs de legilimens pour lui faire comprendre l'enjeu de la situation. Le directeur lui fit un clin d'œil sérieux, compréhensif et complice et mit fin à leur contact visuel en se tournant vers McGonagall.
- Minerva, Renée, pourriez vous nous laisser un moment, s'il vous plaît ?
Les deux femmes se regardèrent, surprises, puis saluèrent les deux hommes avant de sortir docilement.
- Severus, assis toi.
Ce n'était ni une supplication, ni une demande poli, c'était un ordre.
Severus émit un grognement agacé puis chercha du regard une chaise où il pouvait s'asseoir.
Un fauteuil rouge apparut près du fauteuil de Dumbledore où celui ci était déjà installé. Severus s'y installa sans plus tarder.
Severus retira rapidement sa cape qu'il jeta sur le dossier de son fauteuil puis remonta précipitamment sa manche jusqu'à son coude, faisant en sorte que ne pas toucher ou effleurer l'objet de sa douleur.
Sa marque ressortait parfaitement sur sa peau blanche pale. Le petit serpent ondula doucement sur son avant bras et Severus eut l'impression qu'on lui piquait le bras avec mille aiguilles à la fois.
Il serra les dents et ferma les yeux, s'octroyant une entracte.
Bien fait pour toi, Servilus.
Severus serra les dents encore plus fort, il avait peur de ne plus pouvoir se contrôler face à la stupide et trop joyeuse voix qui chantonnait dans sa tête, se réjouissant de son malheur.
Mais qui ne se réjouirait pas de ton malheur ?
Personne ne t'aime.
Severus soupira.
On récolte ce que l'on sème, Servilus.
- Assez.
Le Vert et Argent ouvrit les yeux. Il tourna doucement la tête et rencontra les yeux bleus et brillants d'Albus qui étincelaient derrière ses lunettes en demi-lune.
Le vieux directeur soupira tout en se levant.
- Tu sais ce que tu as à faire, Severus.
- Albus...
- Non, non. Il t'appelle, je veux que tu y ailles maintenant.
Ses pensées se dirigèrent vers sa colocataire.
- Et Granger ?
Albus réfléchit pendant un instant, puis il posa ses yeux bleus sur Severus.
- Mon ami...
Le Serpentard n'aimait pas la tournure que prenait cette phrase. « Mon ami ». Il eut un rictus et fixa le directeur droit dans les yeux.
La douleur était passée mais cela ne signifiait qu'une chose...
...le châtiment l'attendait.
Severus déglutit. Il devait faire vite.
- ...tu continueras à jeter un œil sur elle malgré la mission que t'assignera Voldemort.
Severus se leva brusquement du fauteuil et regarda avec étonnement Dumbledore.
- Par...pardon ?
- Tu m'as très bien compris, Severus.
Le Serpentard le regarda avec colère.
- Vous croyez que c'est une partie de plaisir de passer du temps avec le Seigneur des Ténèbres ? Je ne vais pas boire du thé, Albus ! Je n'aurais pas le temps de...
- Severus.
Le ton ferme de Dumbledore était sans appel. Le directeur le dévisageait presque.
- A vrai dire, je suis déçu.
Severus se passa nerveusement la main dans ses cheveux et se mordit l'intérieur de la lèvre pour ne pas lui dire le fond de ses pensées.
- Tu t'es engagé à protéger cette jeune fille, tu t'es engagé à l'accepter dans tes appartements, tu t'es engagé à la tenir éloigné de Voldemort et tu vas la laisser tomber alors que c'est un moment important ? On ne sait pas ce qu'il prépare. On ne sait pas s'il a des espions à Poudlard et je n'en doute malheureusement pas. On ne sait pas s'il a en vue Hermione, qui est, ceci dit, une cible privilégiée pour s'en prendre à Harry. Ce ne sont que des suppositions, peut être que je me trompe, peut être que j'ai raison. Néanmoins, je veux savoir que quoiqu'elle fasse, elle est en sécurité, que quoiqu'elle mange, elle ne sera pas empoisonnée. Où qu'elle aille, elle doit être en sécurité. Et c'est ta mission, Severus.
Albus marqua une pause.
- Néanmoins, je voudrais que tu tiennes tes distances avec elle, si par je ne sais quel moyen, quelqu'un arrive à lire dans tes pensées, je ne veux pas qu'on y voit Hermione.
Le Serpentard soupira d'agacement et cilla du regard Dumbledore. Il n'avait pas le choix. Et puis, il n'avait pas totalement tort...
- Bien.
Dumbledore leva le doigt comme s'il avait quelque chose à rajouter et regarda Severus droit dans les yeux avec un air malicieux.
- Il me semble d'ailleurs que tu es allé chez elle, dernièrement, à la recherche de je ne sais quoi... Ne sais tu pas que c'est mal de lire le journal d'une jeune fille, Severus ?
- Co...Comment...
Severus se pinça les lèvres et serra les points, se sentant stupide. Ainsi, il ne serait jamais tranquille, Albus connaissait le moindre de ses gestes.
Dumbledore lui sourit gentiment et lui fit un clin d'œil complice.
- Je te connais, Severus. Je sais que derrière ces deux yeux froid se cache quelqu'un de bien... - Severus se raidit et lança un regard assassin à Dumbledore qui l'ignora superbement -... Tu n'aurais pas pris le risque d'aller chez elle si tu ne voulais pas le bien de cette jeune fille.
Severus ne répondit pas, il toisa le directeur et sortit précipitamment du bureau.
Il n'avait plus le temps de bavarder, le Seigneur des Ténèbres devaient être furieux que celui-ci ne se voit pas immédiatement venu.
Severus soupira, réfléchissant à toute vitesse.
Il détestait qu'Albus lui dise qu'il était quelqu'un de bien ou qu'il était capable de compassion et d'amour. Il n'était pas un héros, il ne voulait pas en être un, et, ce qu'il détestait par dessus tout, c'était le regard compatissant qu'Albus arborait souvent comme si Severus était pitoyable.
Néanmoins, Albus avait raison, Severus voulait qu'Hermione se sente bien et en sécurité. Mais il ne voulait pas que ses actes se traduisent comme étant « gentil ».
Si tu étais gentil, ça se saurait.
Severus avait beau être parfaitement d'accord avec cela, l'entendre de la voix de James l'irrita encore plus.
Le Serpentard n'était pas non plus un monstre.
Le Vert et Argent essaya de se souvenir de l'emploi du temps de la jeune fille, puis, se rappela soudainement qu'elle avait cours de potion en ce moment même.
Hermione était avec un professeur, elle n'avait donc rien à craindre.
Mais...
Un doute s'insinua en lui. Était elle réellement en cours ?
Après quelques minutes de réflexion, il se dit que si elle n'y était pas, Potter et Weasley seraient déjà venus faire des jérémiades dans le bureau du directeur.
Le Vert et Argent pris alors la direction de la Grande Porte et sortit. Il traversa à grandes enjambées le parc, si bien, qu'il se trouva devant les grilles de Poudlard en ni une ni deux.
Il les traversa, jeta un dernier coup d'œil en direction de Poudlard et transplana.
Aujourd'hui, nous étions vendredi et cela faisait donc trois jours qu'il partait en fin d'après midi, juste après les cours, et revenait le soir.
Il passait d'horribles nuits et était constamment réveillé par la brûlure de sa marque. Heureusement pour lui, il avait prévenu le Seigneur des Ténèbres qu'il n'était disponible qu'en fin d'après midi, ce qui n'empêchait pas Voldemort de lui administrer avec plaisir quelques douleurs supplémentaires.
Le premier soir, il avait docilement subit son châtiment « tant mérité » selon les propres mots du Seigneur des Ténèbres et qui lui avait coûté une grosse quantité de potion régénératrice ; les paroles haineuses des autres mangemorts ; la vue de la torture sur d'autres de ses congénères ou même l'insupportable présence de Bellatrix Lestrange, qui l'exaspérait au plus haut point.
Cette idiote n'allait elle donc jamais le lâcher ? Si elle voulait tant être la favorite du Seigneur des Ténèbres, il lui laisserait volontiers sa place, malheureusement, sa vie, et celle d'innocents, dépendait uniquement de lui et de sa capacité à amadouer le Seigneur des Ténèbres, lui même amadouer par Albus Dumbledore.
Il n'était qu'un pion. Un pion parmi tant d'autres. Néanmoins, il espérait secrètement être un pion qui arriverait à l'autre extrémité du plateau et qui aurait la possibilité de devenir une Reine.
Oui, à la fin de la guerre, s'il avait réussi à échapper aux mailles du filet, il cesserait d'être un pion.
Mais, même lorsqu'un pion devient une Reine, il reste physiquement un pion. C'est le joueur qui se dit qu'il manipule une Reine.
Ainsi, il n'y aurait que lui qui verrait qu'il était délivré.
Si les autres devaient voir une Reine, il faudrait qu'il accepte qu'on le traite en héros. Mais il n'était pas un héros et il refusait d'en être un.
Non, Severus Rogue n'était pas un de ces hommes en cape rouge et en slip super moulant, il était lui. Lui et ses convictions. Lui et ses démons. Lui, le pion.
Bien sur, il n'était pas non plus dupe. Il savait que si un jour, par on ne sait quelles conditions, tout le monde crierait à sa rédemption, jamais plus il ne trouverait l'amour.
Une femme voudrait t-elle d'un homme tel que lui ? Une femme accepterait elle de s'enticher de lui ? De l'accepter tel qu'il est ? Lui et ses nombreuses colères, son injustice, sa froideur, son sarcasme, son cynisme, son amertume ?
Et puis, il avait 37 ans. Il n'était plus tout jeune.
Il avait également une apparence négligée, il était mince, avec les cheveux noirs et gras qui tombaient en rideaux sur son visage. Il avait aussi un nez crochu et le teint cireux et ses dents étaient jaunes et inégales.
Severus n'était pas physiquement attirant. Il ne cherchait pas non plus à l'être, il préférait de loin les qualités qu'il voyait en lui, comme son intelligence ou sa loyauté, les trouvant plus attirante.
Néanmoins, quelque chose se dégageait de Severus. Son charisme, sa présence et particulièrement sa voix lui donnait un air sexy et tout à fait sensuel.
Non, il n'était vraiment pas dupe. Il pouvait faire une croix sur l'amour.
S'il faisait sa « rédemption », qu'est ce qui pouvait bien être positif si ce n'était l'amour ?
Le Vert et Argent y réfléchissait souvent et la conclusion à laquelle il arrivait toujours était que sa vie serait encore plus un enfer.
Il aurait droit aux chocolats qu'on lui enverrait ou aux cartes mielleuses et débordantes de mièvreries, ou même Potter qui le collerait pour avoir le fin mot de cette histoire.
Cependant, Severus savait que cela n'arriverait jamais, non, pas après qu'il tuerait Albus Dumebledore. Personne ne le croirait.
Des fois, il espérait secrètement mourir à la fin de la guerre, ainsi, il serait libéré de toutes contraintes et il aurait fait ce qu'il avait à faire. Le Seigneur des Ténèbres serait tombé, Potter aurait triomphé et on aurait évité une quantité astronomique de morts.
Son boulot serait fini. Rien ni personne ne le retiendrait et la seule personne qu'il voulait revoir se trouver de l'autre coté. Lily.
Pourquoi continuer à vivre inutilement si la seule chose que l'on désirait était la délivrance de notre âme tourmentée ?
C'était sur ce genre de réflexion qu'il s'endormait chaque soir.
Vendredi soir, alors qu'il s'était enfermé dans sa chambre, réfléchissant à la journée qu'il avait eu, juste après avoir été voir Dumbledore pour lui faire son rapport, une douce odeur de thé épicée vint lui chatouiller les narines.
En effet, il n'avait pas mangé de la journée et un thé le réconforterait chaudement.
Il frissonna presque.
Il ouvrit alors doucement la porte et aperçut Hermione, assise sur le canapé, qui lisait en souriant, une tasse de thé fumante à la main. Il remarqua également qu'il y avait une tasse pour lui.
S'il y a une tasse pour toi, c'est qu'elle veut que vous buviez ensemble.
Et si je prends juste la tasse et que je vais dans ma chambre ?
C'est grossier, Severus.
Le Serpentard se souvint alors de ce que lui avait dit Albus : il devait éviter Hermione pour assurer sa sécurité.
Il fit mine d'être exaspéré, s'assurant qu'elle puisse le voir, puis il referma la porte et se glissa sur son lit, enfouissant son nez dans les coussins pour ne pas sentir la douce odeur du thé qui le taquinait.
Peut être le laisserait elle tranquille si elle voyait qu'elle l'exaspérait ?
C'était mal connaître la jeune Gryffondor.
Chaque soir, elle continua résolument à lui préparer un thé.
Malgré la situation, Severus fut touché et exaspéré par ce geste.
Le Vert et Argent était exaspéré de cet esprit Gryffondorien de vouloir à tout prix s'accrocher à une cause perdue. Était ce si dure de comprendre qu'il ne voulait, ou plutôt ne pouvait, pas boire son thé ? Était elle toujours aussi têtue, aussi acharnée à obtenir ce qu'elle voulait ?
Néanmoins, il était touché. C'était la première fois que quelqu'un s'acharnait à faire quelque chose pour lui.
Cependant, il ne comprenait pas cet acharnement et il n'était pas convaincu que son esprit Gryffondorien y soit pour quelque chose, ou alors pas totalement.
Alors que son ventre gargouillait pour la énième fois, il décida d'aller manger. Il se releva péniblement de son lit, enfila sa cape et s'arrêta quelques secondes, essayant de capter le moindre bruit provenant de la salle d'à coté.
Aucun. L'appartement était vide.
Il ouvrit brutalement la porte de sa chambre et sortit de son appartement à pas feutrés.
Severus arriva assez rapidement à la Grande Salle, mais, ce qu'il vit lorsqu'il entra, était contre toute attente.
Hermione était visiblement en pleine dispute avec Potter, il n'y avait aucun bruit dans la salle et toute l'attention des élèves étaient reportés sur eux.
Severus observa curieusement la jeune femme, se demandant pourquoi elle se disputait avec lui, son meilleur ami, le merveilleux, l'élu. Il eut un rictus de satisfaction, se sentant presque fier de partager son appartement avec elle, il ressentit alors comme une vague amicale et sincère qui le submergea intérieurement.
Il se donna presque une claque mentale, se rendant compte qu'il parlait de Granger, et, remarquant qu'elle semblait sur le point d'exploser, bien qu'il voulait voir ce que cela donnerait, il se dirigea doucement vers elle.
Severus arriva près d'elle et, de sa voix la plus douce, l'interpella.
- Granger.
La jeune femme s'arrêta immédiatement et sembla mortifier. Elle jeta quelques coups d'œil autour d'elle, puis fixa son assiette et, au vue de la couleur de ces oreilles, Severus comprit qu'elle avait le teint cramoisie.
Potter, quant à lui, le dévisagea comme si tout était de sa faute. Severus lui répondit par un autre rictus de satisfaction, puis, sans un mot, il se détourna et se dirigea vers la table des professeurs.
Il prit place à la gauche de Dumbledore, observant toujours Granger, et se servit en patate et en viande. Il mangea goulûment sous le regard amusé d'Albus qui se retint de faire toute remarque, puis quitta la Grande Salle par la porte de derrière.
Lorsqu'il arriva à l'appartement, il mourrait d'envie de prendre un bain bien chaud mais se dit que ce n'était pas une bonne idée avec Hermione à coté. Il prit simplement une douche, se lavant minutieusement, laissant couler l'eau chaude le long de ses cheveux, de sa nuque, de son torse pâle où de récentes cicatrices avaient élus domicile, de ses jambes, pour s'écouler ensuite jusque dans le conduit.
Lorsqu'il se sentit un peu mieux, il sortit de la douche et se sécha à l'aide d'une serviette, frottant énergétiquement chaque partie de son corps.
Il enfila une chemise blanche qu'il ne boutonna pas, un boxer, et se rendit dans sa chambre.
Là, il s'allongea sur son lit et s'endormit, ses troubles, ses peurs et ses douleurs, s'écroulant sur lui, le forçant à fermer les yeux.
Le lendemain, lorsqu'il se réveilla, il se rendit compte qu'il était en retard.
Severus s'habilla le plus rapidement possible et sortit tranquillement de sa chambre, sachant que vue l'heure qu'il était, Hermione était certainement en train de prendre son petit déjeuner.
Il arriva assez rapidement dans la Grande Salle et la traversa à grandes enjambées, perdu dans ses pensées.
Le Vert et Argent s'installa à la gauche de Dumbledore qui mangeait goulûment une gaufre au sucre, et se servit une tasse de café chaud qu'il avala assez rapidement.
- Severus ?
- Hum ?
Dumbledore avait visiblement fini sa gaufre et le dévisageait.
- Le...- il chuchota – le Seigneur des Ténèbres t'a-t-il convoqué aujourd'hui ?
Severus reposa brusquement sa tasse de café. Effectivement, aujourd'hui, il ne s'était pas réveillé à cause de la douleur, il s'était réveillé car son corps était reposé.
- Non.
Il ne pouvait s'empêcher d'être soulagé. C'était fini, on n'aurait plus besoin de lui avant un petit moment.
Malheureusement pour lui, il avait parlé trop vite. Ce fut pendant un cours de défense contre les forces du mal, en pleine matinée, que sa marque le brûla.
Malgré la douleur, il ne pouvait s'empêcher de se dire que ce serait la dernière fois. Le Seigneur des Ténèbres l'appelait certainement pour lui faire part des derniers préparatifs ou d'une quelconque animation à laquelle il devait participer.
Durant son cours avec des Poufsouffle et des Serdaigle de deuxième année, il fut absolument exécrable et, après le dernier cours de la journée, il sortit du château et disparut derrière les grilles dans un dernier mouvement de cape.
Alors qu'il était assis près du Seigneur des Ténèbres, fixant un pauvre sorcier né moldu qui se faisait torturer sous les rires endiablés des mangemorts, ses pensées se dirigèrent vers Hermione.
A la place de ce pauvre homme, il imagina la jeune fille qui se tordait de douleur, qui hurlait, pleurait, les suppliant d'arrêter, son corps lévitant au dessus d'eux.
Hermione était une sorcière, une née moldu, et elle était l'élève la plus intelligente qu'il connaissait, elle avait beau être insupportable en classe et ne pouvait s'empêcher d'avoir un peu de modestie en étalant ses connaissances partout, il eut un pincement au cœur en imaginant le corps de cette pauvre enfant qui se faisait torturer.
Non, il ne le permettrait pas. Hermione était sous sa protection, jamais ils ne mettraient la main sur elle, jamais ils ne la toucheraient. Non. Non. Non.
- Tu n'apprécies pas, Severus ?
Le Seigneur des Ténèbres, ainsi que tout ces autres stupides mangemorts, le regardaient curieusement et dédaigneusement.
- Si, maître. Je me délecte.
- Pourtant... - Il regarda Bellatrix qui se trouvait à sa droite et Severus serra un peu plus sa baguette entre ses doigts, se retenant de la tuer – on me dit que tu es plongé dans tes pensées, à quoi penses tu ?
Severus détourna le regard et réfléchit à toute vitesse. Si le Seigneur des Ténèbres voyait Hermione dans son esprit, son petit corps d'oiseau serait ici demain et c'est lui même qui se chargerait de la torturer. Bien évidement, il savait qu'il ne pouvait pas éviter le contact visuel.
- Severus, regarde moi.
Le Vert et Argent tourna courageusement les yeux vers Voldemort et le laissa pénétrer dans son esprit. En parfait légilimens qu'il était, il lui fit voir des images de lui qui torturait le sorcier moldu qui se trouvait à la merci de Voldemort.
Celui-ci eut un sourire cruel.
- Ainsi, mon cher Severus, tu pensais prendre ma place pour torturer ça ? Bien, prends ma place, prends, j'aime quand mes mangemorts prennent du bon temps. Ça suffit Bellatrix !
Cette vieille folle de Bellatrix regardait Voldemort en joignant les mains pour l'implorer de la laisser torturer le moldu.
Severus, malgré la situation, eut plaisir à la voir essayait de lui piquer vainement sa place de préféré.
Le Vert et Argent soupira puis pointa sa baguette vers le moldu avant de lui lancer un endoloris.
Tant que ce n'est pas Granger...
Le soir, lorsqu'il rentra à Poudlard, il eut l'impression que son corps entier était engourdie. Le Seigneur des Ténèbres leur avait dit qu'il ne les appellerait plus avant un petit moment, Severus était donc tranquille avant un mois, tout au plus.
Il ne croisa aucun élève dans les couloirs et remercia vivement le couvre feu. Il ne se sentait plus la force de rien. Il ne rêvait que d'une bonne chose, son lit.
Severus entra doucement dans l'appartement. La suave odeur du thé épicée lui caressa les narines dès qu'il entra.
Hermione était encore là, dans le salon, sa tasse de thé à la main, le regardant gentiment et avec un sourire béa comme si elle attendait quelque chose de lui.
Severus la regarda simplement.
Le Serpentard eut presque un mouvement de faiblesse, il était près à le boire son fichu thé. Il la regarda quelque temps mais soudainement, l'image du pauvre sorcier moldu qui se faisait injustement et cruellement torturer lui revint à l'esprit et contrasta avec cette belle image d'une jolie jeune fille qui lui souriait, une tasse de thé chaud à la main.
Il savait que s'il restait avec elle, il la mettrait en danger.
Severus ne voulait pas qu'il arrive quoique ce soit à Hermione, alors, pour lui faire comprendre une bonne fois pour toute qu'il ne boira pas ce thé, il rentra dans sa chambre sans un mot.
Alors qu'il s'affalait dans son lit, persuadé d'avoir pris la meilleure décision pour elle, il l'entendit pleurer à chaude larme.
Ce fut certainement la pire nuit qu'il avait eu jusqu'ici.
