Huitième chapitre en ligne ! Cette fois-ci, on se concentre sur un personnage assez peu aimé (voire pas du tout), Métatron. J'ai trouvé que son développement lors de la saison 11 avait été plutôt intéressant, en particulier ce passage dans le bar~

Encore une fois, merci à vous de me lire et de me laisser des reviews, ça me touche énormément !

barjy02 : merci beaucoup, ta review m'a fait extrêmement plaisir ! J'avoue que j'ai pas mal de rancune envers le personnage de Dieu, notamment sa manière de traiter les autres, Cas en particulier (et nom de diou je pardonnerai jamais le fait qu'il ne parle jamais à Cas).

yakusokuyumi : merci pour ta review ! En effet, cette figure de Dieu est intéressante dans son côté si humain !

Sur ce, je vous souhaite bonne lecture et à la prochaine !


Chapitre 8
Humanité

Il était là, les mains plaquées sur cette table en bois qui vibrait presque sous l'intensité du moment, sa voix brisée et nouée résonnant dans le silence du bar sous le regard acéré de Dieu lui-même. Il pouvait presque sentir Sa colère envahir ses veines et chasser cette putain de lassitude qui le bouffait de l'intérieur.

Dire qu'il était déçu était un euphémisme. Il savait qu'il n'était qu'un connard, qu'il n'était rien de plus qu'une erreur, qu'une abjection qui aurait dû mourir depuis longtemps ou du moins pourrir au creux des murs de la prison céleste. Mais ça lui importait tellement peu en cet instant. Oui, ça lui importait tellement peu. Parce que cette indignation, cette colère et ce désespoir qui envahissait la moindre fibre de son corps mortel étaient bien trop poignant pour le laisser se taire.

Il adorait son père, comme tous les anges, il lui était reconnaissant de son rôle dans la marche du monde. Et c'était justement pour cela qu'il refusait de le voir ainsi. De le voir pétri d'indifférence et de dédain pour la création qu'il avait façonnée, de le voir abandonner face à une menace qu'il avait fuie comme un lâche.

Ses mots sortirent comme du papier de verre, écorchant sa gorge, crispant sa chair. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que les louanges des Hommes traversaient ses lèvres ? Pourquoi ses yeux s'humidifiaient ? Et pourquoi, pourquoi est-ce que son cœur battait trop fort au creux de ses côtes ?

Des larmes glissèrent sur ses joues ridées. Les mots de son Père avaient plantés des coups de poignard dans sa poitrine mais ce n'était rien, non rien face à la passivité de ce dernier, face à cette attitude qui n'était pas la sienne, qui n'était pas celle d'un père. Cet abandon assumé attisait sa colère et creusait sa peine. Parce qu'il voulait revoir leur Père. Leur Père. Pas un être égoïste qui s'était lâchement réfugié dans l'espace le plus sûr qui soit.

Il se tut, ses mains toujours posées sur le bois de la table, ses yeux toujours plantés dans ceux de Chuck. Le silence se posa lourdement. Il avait cessé de taper sur le clavier. Lui avait cessé de parler. L'ambiance se fit étouffante, poisseuse, laissant les relents des ressentis empuantir les effluves d'alcool. Il aurait dû regretter ses mots, son attitude, mais il n'en était rien. Et s'il devait mourir suite à cet éclat de voix, ainsi soit-il.

Rien ne vint cependant. L'ambiance resta, les mots aussi. Mais son Père ne lui fit rien, se contentant de se remettre au travail. Lourdement, Métatron se dirigea vers le bar, amer et dépité, s'asseyant au comptoir afin de se servir en bière. Il ne pouvait de toute manière rien faire d'autre pas vrai ? Alors, plutôt que de penser à son impuissance et à l'attitude de son géniteur, il préférait se laisser noyer dans les effluves ambrées qui tournoyaient dans son verre.