Bonsoir à toutes et à tous :)

Voici donc le chapitre 14 de ma fiction, c'est le chapitre le plus loin que j'ai jamais écris (8'000 mots!) c'est pour cela qu'il arrive un peu tard, néanmoins, il est là. :)

J'aimerais beaucoup avoir votre avis, vos critiques, remarques ou même un petit mot gentil dans les review si le chapitre vous plait! 3

D'ailleurs, je contais réécrire les premiers chapitres - et les donner à une bêta - pendant une vacance. Lorsque je vois mon style d'écriture qui a évolué et que je relis mes premiers chapitres, je suis vraiment déçu de mon travail... et puis même pour vous, lecteur, ce ne doit pas être très agréable.

Après tout nous vivons ensemble cette histoire. ;)

Bonne lecture ! :*

ChocolateSnape


Chapitre 14 : Confrontation

Vendredi 8 Septembre :

Les pleurs incessant d'Hermione résonnaient continuellement dans l'esprit de Severus. Celui-ci avait passé de longues et éreintantes journées, sans parler des nuits sans sommeil qu'il subissait.

Cette nuit là, sa première nuit de tranquillité et de repos tant mérité, s'était pourtant annoncée pleines de promesses, longue et revigorante. Malheureusement, depuis qu'il partageait son appartement avec une de ses élèves, il n'était plus maître de ses nuits.

Néanmoins, Severus ne comprenait pas pourquoi la jeune femme dramatisait autant la situation. Pourquoi autant pleurer alors qu'il avait simplement pas bu de thé avec elle ? La réaction d'Hermione était vraiment agaçante, non seulement car il n'arrivait pas à la comprendre, mais aussi parce qu'il avait l'impression qu'il était le méchant et qu'elle jouait la victime et que demain, elle n'hésiterait pas à se jeter dans les bras du rouquin et du binoclard pour leur faire part de son insupportable caractère. Le Vert et Argent n'était pas du genre à aimer les gens qui se plaignaient ou geignaient constamment.

Et puis, Hermione était une Gryffondor. Il n'aimait pas tellement leur esprit chevaleresque, leur soit disant courage – s'attaquer à une seule personne qui n'a rien demandé alors que l'on est quatre en face d'elle, c'est du courage ? - et surtout leur infatigable manie à toujours vouloir se faire remarquer et être les meilleurs. Elle et lui n'avait pas la même mentalité et il détestait par dessus tout la sienne – ce qui était réciproque vu son journal intime – alors, était ce possible que leur cohabitation marche ?

Peu à peu, les bruits sourds de pleurs s'estompèrent puis disparurent définitivement, laissant place à un silence pesant. Severus se redressa doucement dans son lit, ne trouvant définitivement pas le sommeil. Il regarda l'horloge qui était suspendue au plafond de sa chambre et constata qu'il était minuit et des broutilles.

Il était sensé se réveiller dans six heures et pourtant, son esprit ne semblait pas près à dormir, son cerveau réfléchissait à toute allure et ses yeux étaient plus vifs que jamais, observant chaque recoin de sa chambre, se posant des questions aussi inutiles que fastidieuses.

Quant à son corps, il avait l'impression que chaque partie de sa personne était engourdie, moue et endormie. Son corps ne désirait qu'une seule chose, s'effondrait lourdement sur son lit, s'enfonçait dans son doux matelas de plume, s'enroulait dans sa chaude couette et dormir jusqu'à n'en plus pouvoir.

Severus se connaissait trop bien pour savoir que cette nuit, il ne dormirait pas comme il le souhaitait. Pourtant, il essaya, dans de vaines tentations, de se rendormir, recouvrant son visage de sa couette, espérant que le sommeil viendrait. Au bout de quelques minutes d'agacement car rien ne venait, il se leva définitivement et s'habilla rapidement, enfilant simplement sa chemise blanche et un pantalon noir. L'air était chaud, c'en était presque insoutenable, et dès qu'il enfila sa chemise et que celle-ci le colla à cause du mince filet de sueur présent sur son torse, il ne put se résoudre à mettre sa cape.

Et puis, à cette heure-ci, aucun élève ne circulait dans les couloirs, néanmoins, il espéra que quelques Gryffondor traîneraient dans le coin. Il avait tellement envie de se décharger sur quelqu'un. Beaucoup de mots et de reproches restaient suspendus à ses lèvres. Severus ne pouvait décemment pas aller réveiller Hermione pour s'en prendre à elle, surtout qu'elle venait enfin de se taire.

Que pouvait bien faire Severus à cette heure précise ? Il réfléchit quelques minutes, puis, se souvint qu'il pouvait toujours prendre une potion de sommeil, lui permettant d'atteindre magiquement et rapidement les bras de Morphée.

Le Vert et Argent prit alors sa baguette qui se trouvait négligemment sur son bureau et esquissa machinalement le geste pour la mettre dans sa cape lorsqu'il se souvint qu'il ne la portait pas, la chaleur le collant lui chauffant tellement la peau qu'il ne savait même plus s'il portait quoi que ce soit sur lui. Il garda alors sa baguette dans sa main droite puis sortit de sa chambre.

Il traversa doucement, lentement et à pas feutrés son appartement, prenant bien soin de ne pas réveiller la Rouge et Or. Severus arriva presque vers la porte d'entrée lorsque quelque chose s'accrocha à sa jambe et le mordit brutalement, enfonçant ses dents dans son mollet tandis que ses griffes rentraient sans ménagement dans la chair de Severus.

Le Vert et Argent émit un grognement de colère et, avec l'aide de sa baguette, éjecta le chat à plusieurs mètres de lui.

- Stupide chat.

Severus avait craché ces mots avec animosité, regardant avec mépris l'animal. En retour, Pattenrond feula méchamment, hérissa ses poils et sa queue et regarda avec agressivité le maître des potions.

Ce stupide chat avait dû penser que Severus était une menace, après tout, il avait une allure sinistre et devait certainement dégager un aura exécrable. Et puis, il semblait suspect à marcher de telle sorte dans l'appartement.

Celui ci réprima difficilement un rire mauvais qui le taraudait face à la réaction du chat, mais Severus c'était contenu, se souvenant que la maîtresse dudit animal se réveillerait sûrement si elle entendait un rire rauque et effrayant s'élevait du salon. Il lui lança simplement son regard le plus menaçant, ce qui n'échappa à Pattenrond qui sembla se calmer, et sortit rapidement avant de rencontrer d'autres aléas dans son propre appartement.

Le Vert et Argent se mit alors en route des laboratoires, qui se trouvaient un peu plus loin dans les cachots, prêtant l'oreille au moindre bruit. Cependant, tout était silencieux et au fond, ce ne fut pas pour lui déplaire.

Severus préférait clairement lorsque le château était vide, sans vie, silencieux, où seul le bruit léger de ses pas qui résonnaient sur les dalles en marbre étaient distinct.

Il n'y avait aucun gamin braillard, pas d'esprit frappeur, personne pour hurlait, chanter, discutait ou médisait sur lui à chaque fois qu'il passait près d'un groupe d'élèves, auxquels il n'oubliait jamais d'enlever des points, se délectant avec plaisir de leur face déconfites – qui est ce qui est le plus fort maintenant ? - non, c'était seulement lui, le silence et la faible clarté de la lune qui lui permettait de savoir où il allait.

Alors qu'il n'était qu'à quelques mètres du laboratoire, il entendit quelque chose siffler dans son dos. Il s'arrêta brusquement, ne se retournant pas tout de suite, essayant de percevoir le moindre bruit. Le sifflement s'intensifia de plus en plus et Severus comprit que quelque s'approchait de lui.

Severus pensa distinctement à l'Hominum revelio et sa baguette n'eut aucune réaction. Personne n'était là.

Soudain, quelque chose lui effleura la nuque avant de, selon le bruit qu'il fit, tomber sur le sol. Severus se retourna vivement et chercha des yeux l'objet de ses pensées. Il le trouva, comme il l'avait deviné, sur le sol et se baissa pour ramasser ce qui semblait être un papier.

Le Vert et Argent pensa à Lumos et l'extrémité de sa baguette s'illumina, il déplia curieusement, mais non sans méfiance, le morceau de papier et pointa sa baguette dessus, de manière à pouvoir lire correctement ce qui était écrit. Il reconnut instantanément cette écriture. Il la reconnaîtrait entre mille.

« Severus, je crois deviner la source de tes tourments. Viens me voir, je te partagerais également les miens. P.S. : J'aime les Réglisses. »

Severus frémit et ne se posa même pas la question de comment le directeur avait il pu deviner qu'il était sortit de son appartement. Albus avait ses secrets et se gardait bien de les révéler.

Il n'était vraiment jamais tranquille.

Il serra si fort le papier dans sa main que celui-ci se froissa, puis brûla doucement. Severus le laissa nonchalamment tomber sur le sol et se décomposer en cendres.

Le Vert et Argent hésita à aller voir tout de suite le directeur, puis, jugeant qu'il pouvait toujours faire un petit détour, il avança plus rapidement vers le laboratoire.

Il ouvra dans un grand geste théâtrale la porte du laboratoire et se dirigea vers son placard personnel qu'il ouvrit doucement et en extirpa une fiole de potion de sommeil qu'il glissa dans sa poche arrière.

Severus émit un grognement d'agacement. Alors qu'il aurait pu rentrer tranquillement chez lui et se mettre sous ses draps et enfin dormir, il devait aller voir Albus.

Le Vert et Argent sortit promptement du laboratoire et remonta les couloirs de Poudlard à la même allure, arrivant assez rapidement devant la statue qui gardait le bureau de Dumbledore.

- Réglisse.

La statue pivota doucement, révélant un escalier en marbre qu'il enjamba en trois pas. Lorsqu'il arriva devant la porte du bureau, il ne prit pas la peine de frapper et rentra.

Dumbledore faisait les cent pas, tout autour de son bureau, il ne sembla pas avoir remarqué la présence de Severus, visiblement plongé dans les profondeurs de ses pensées. Celui-ci se racla la gorge pour révéler sa présence.

Albus sortit lentement de sa torpeur, ses yeux pétillants se posant immédiatement sur Severus puis, le salua d'un geste distrait de la main. Toujours silencieusement, il lui désigna un fauteuil qui se trouvait près de lui et s'assit promptement sur le sien. Severus se dirigea alors vers le directeur et s'installa à son tour, ses yeux noirs fixant étrangement Albus.

- Severus.

- Albus.

La voix de Dumbledore était fatigué mais ses yeux pétillants semblaient indiquer le contraire. Quant à Severus, il n'était pas disposé à faire les conversations, si Dumbledore voulait parler avec lui, il se débrouillerait.

- Pourquoi ne dormais tu pas ?

Severus eut un rictus. Ainsi, ce vieux fou ne savait pas tout. C'était rassurant.

- Je n'y arrivais pas.

Albus le regarda alors droit dans les yeux comme s'il y cherchait la réponse. Severus comprit instantanément où celui-ci voulait en venir et lui ouvrit docilement son esprit.

Il le sentit s'infiltrer en lui et se mouvoir dans chaque parcelle de son esprit, lisant vicieusement en lui, voyant ses peurs, ses craintes et Hermione. Severus n'aimait pas cette sensation, il avait toujours l'horrible impression d'être nu.

Au bout de quelques minutes, Albus se retira et poussa un long soupir. Il frotta machinalement et pensivement le bout de sa longue barbe et n'accorda pas un regard à Severus. Durant quelques minutes, il y eut un lourd silence pesant que Severus n'osa pas troubler. Le Vert et Argent attendit que le directeur sorte de sa torpeur légendaire et daigne lui parler. Severus sentait que la fatigue commençait à prendre le dessus sur lui et n'en pouvait plus d'être ici, coincé dans le bureau de Dumbledore, dans l'attente d'une réaction, alors qu'il aurait pu dormir.

Pourquoi, par Merlin, avait il eu l'absurde idée de sortir de son lit ?

- Severus...

En guise de réponse, l'intéressé lança à Dumbledore un regard tout aussi interrogateur que suppliant.

Mon lit, par Merlin !

- Qu'en penses tu ?

Qu'est ce que j'en pense ? Qu'est ce que j'en pense ?

Severus soupira bruyamment, ne cachant pas son exaspération qui était dès à présent explicite. Il devait être, à présent, aux alentours d'une heure du matin, et il était là, jouant aux devinettes.

- Je vais te dire ce que moi j'en pense... Je pense que tu devrais lui dire.

- Pardon ? Mais c'est vous qui me disiez, il n'y a même pas trois jours, que je ne devais rien lui dire ?

Le Vert et Argent n'arrivait plus à suivre, soit il était trop fatigué, soit Dumbledore s'emmêlait les pinceaux dans ses idées, s'empêtrant un peu plus à chaque fois dans l'absurdité.

- J'en ai conscience, Severus. Néanmoins, tu as bien vue sa réaction ?

- Et alors ? Je ne dois plus la protéger ? Si je commence à lui parler de...

- Severus, Hermione est une personne intelligente. Et, sans vouloir en faire trop, elle est également la sorcière la plus intelligente de sa génération – Quelle génération, pensa avec ironie Severus – et a toujours accompagné Harry dans les épreuves qu'il a traversé...

- Il me semble que c'est justement à cause d'une de leur escapade qu'on se retrouve tous à devoir nous occuper d'eux.

- Severus – Albus ignora complètement la remarque de son interlocuteur – je voulais dire par là qu'elle comprendrait la situation mieux que quiconque.

- Il n'empêche que s'il la voit dans...

Albus coupa Severus en pleine phrase.

- Tu es l'une des personnes qui maîtrisent le mieux l'occlumancie, Severus.

- Oui et le Seigneur des Ténèbres maîtrise parfaitement la legilimancie. - Severus fit une courte pause – Albus, je ne suis pas un surhomme, je ne pourrais lui cacher plusieurs informations en même... je prendrais le risque de tout lâcher d'un coup... Pendant des années, nous avons – que dis je – j'ai réussi à le tromper sur la nature de mes actes, néanmoins, si je dois cacher mon allégeance au Seigneur des Ténèbres, puis ma relation avec Hermione, puis...

- Tu y arriveras, Severus. Je n'en doute pas.

Severus passa fébrilement sa main sur son visage puis glissa doucement ses doigts entre ses longs et fins cheveux noirs, essayant de se calmer face à l'attitude nonchalante d'Albus.

- Vous agissez comme si cela n'était qu'un jeu... comme si ma vie n'était pas en danger, comme si tout était facile...

Albus ne répondit pas, l'observant simplement, ce qui exaspéra le Serpentard au plus haut point. Celui-ci, au bout de quelques minutes de réflexion, repris enfin la parole.

- Quand bien même, Albus, que je lui en parle, à quoi cela m'avancerait ? Je ne fais que partager mon appartement avec elle.

- Elle pourra toujours t'être d'une grande aide.

- Une... aide ?

Le Serpentard sembla s'étouffer. Albus se mettait maintenant à l'insulter ?

- Je n'ai jamais eu besoin d'aide ! Ce n'est pas maintenant que je vais en avoir besoin.

- On a toujours besoin d'aide. Une aide sera toujours apporté à Poudlard à celui qui en aura besoin.

- Oh, pas de ça avec moi, je vous en pris Albus, ne vous moquez pas plus de moi !

- Je ne me moque pas de toi, Severus. Tu sais, comme tu l'as dis, Hermione partage ton appartement avec toi. C'est donc aussi son appartement. Tu vois bien dans quelles conditions elle vit, elle a passé sa nuit à pleurer et si cela ne te touchait pas autant, je ne pense pas que tu serais là – et ne me dis pas que c'est parce que tu n'es fatigué. Je te connais.

Severus ne sut pas ce qui l'énerva le plus dans ce qu'il venait de dire, le fait qu'il dise que c'était aussi l'appartement d'Hermione, le fait qu'il le connaissait ou le fait qu'il avait certainement raison.

- Résumons, je vais simplement mettre ma vie en danger pour qu'elle soit en connaissances de causes ?

- Tu as compris, c'est bien.

- Je n'aime pas votre sarcasme.

- Severus... Il n'y a que toi qui a un problème avec l'élève que tu surveilles. Aucun autre professeur ne se plaint ou a des problèmes.

- Pardonnez moi, j'avais oublié que le professeur Chourave était un agent double. Elle cache vraiment bien son jeu.

Cette conversation commençait vraiment à le chauffer. La petite pression, qui commençait à devenir gênante, de la fiole qui se trouvait dans la poche arrière de son pantalon contre ses fesses, le poussa à conclure au plus vite leur discussion.

- Vous ne savez vraiment pas ce que vous voulez, Albus.

- Je veux qu'elle vive dans les meilleures conditions, c'est pour ça qu'elle est avec toi. Je sais que tu n'es pas la personne la plus gentille au monde, ni la plus agréable, ni la plus tolérante, ni – Severus se racla la gorge – néanmoins, lorsque je vois qu'elle en va jusqu'à pleurer car tu ne bois pas une tasse de thé avec elle et la connaissant, je pense qu'Hermione essaye vraiment d'arranger votre cohabitation. Tu es un sorcier assez fort et intelligent pour cacher à un autre sorcier fort et intelligent qu'elle vit chez toi.

Soudain, l'image du sorcier né moldu que Voldemort avait torturé, puis lui, lui revint à l'esprit, assombrissant son regard.

- Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit.

Il avait parlé lentement, appuyant chacune de ses syllabes et n'osa pas regarder Albus, persuadé que celui-ci arborait un sourire.

- Severus, il ne lui arrivera rien, elle est avec un des plus grands sorciers que je connaisse. J'ai confiance en tes capacités, sinon, je ne t'aurais jamais dis de le lui dire et je ne t'aurais jamais confié sa vie. La vie d'Hermione est entre tes mains, Severus. Apprends à parler avec elle, ouvre le contact, explique lui la situation, elle n'est pas bête, elle te comprendra.

Severus ne répondit pas et se contenta de hocher positivement la tête, ses cheveux noirs se baladant en désordre sur son visage.

Il s'inclina doucement puis salua d'un geste fébrile le directeur avant de sortir de sa démarche féline du bureau du directeur, s'éloignant rapidement pour regagner son appartement.

Lorsqu'il arriva devant la porte de son appartement, il l'ouvrit doucement et avança posément jusqu'à sa chambre, faisant le moins de bruit possible.

Tandis qu'il passait devant la chambre d'Hermione, le Serpentard se pencha doucement vers la porte et colla son oreille contre celle-ci, il entendit un faible, doux et paisible ronflement. Severus ne sut pas pourquoi, mais il fut rassuré.

Le Vert et Argent continua alors sa trajectoire. Et, alors qu'il marchait, il remarqua Pattenrond qui dormait paisiblement sur le canapé. Trop paisiblement.

Severus émit un feulement parfaitement imité mais qui se voulait mauvais, se qui réveilla instantanément Pattenrond qui regarda furtivement autour de lui, cherchant l'ennemi.

Le Vert et Argent se pencha alors au dessus de lui et le regarda de toute sa hauteur, le dominant physiquement, et lui lança un regard mauvais suivi d'un sourire carnassier signifiant qu'il avait eu le dernier mot et qu'il avait donc gagné.

Le chat lui lança un regard hautain et se roula alors en boule sur le canapé, l'ignorant complètement.

Je l'aime bien ce chat.

Le Serpentard repris alors sa route et entre dans sa chambre en moins de deux. Il ne prit pas la peine de se déshabiller et avala d'une traite la potion, puis, il s'écroula dans son lit, telle une feuille en automne qui tombe d'un arbre pour se poser sur le sol.

Il était deux heures du matin.


Hermione ouvra péniblement ses yeux. Elle avait tellement pleuré la nuit dernière qu'ils semblaient lourds, ses paupières la priant de les laisser se rejoindre. La jeune fille se frotta vivement les yeux pour les réveiller et, lorsque ses paupières abdiquèrent et acceptèrent de rester grandes ouvertes, elle s'étira longuement dans son lit, étendant ses bras et ses jambes le plus loin.

Lorsqu'elle se sentit un peu plus réveillée, elle s'assit dans son lit, repoussant le plus loin possible sa couette d'elle. Cette nuit, il avait fait une chaleur insoutenable et son corps était si chaud qu'elle pouvait très bien poser ses œufs sur son ventre et attendre qu'ils se cuisent.

Sa tête lui faisait atrocement mal et elle avait l'horrible impression d'avoir des cailloux dans le crâne. Hermione mit sa tête dans ses mains et ferma les yeux, essayant de supporter la douleur.

Au bout de quelques secondes, elle trouva en elle la force de se lever entièrement de son lit et s'exécuta. La Rouge et Or se dirigea lentement vers son placard, l'ouvrit puis sortit des vêtements confortables. Elle prit ensuite sa baguette, qui était sur son bureau, et se dirigea dans la salle de bain où elle s'enferma.

Lorsqu'elle se plaça devant le miroir, elle faillit avoir un choc. Elle avait une mine affreuse. Ses yeux étaient rouges, cernés et gonflés, elle avait l'impression d'avoir pris quelques années de plus en une nuit et ses cheveux... ses cheveux semblaient indémêlables tant le volume et les nœuds semblaient, à vue d'œil, abondant.

Hermione se déshabilla péniblement, manquant plusieurs de fois de tomber tant son corps était engourdis, puis se glissa gauchement sous la douche.

Elle tourna promptement les robinets et un flot d'eau chaude la submergea. La Rouge et Or profita du contact revigorant de l'eau sur sa peau tandis qu'elle se frottait minutieusement avec du savon tout le corps.

Au bout de quelques minutes, elle sortit de la douche et se sécha par magie. La jeune femme enfila rapidement un jean noir et un sweat rouge avant de s'attaquer courageusement à ses cheveux.

Quelques minutes plus tard, Hermione était comme à son habitude, ses longs cheveux bouclés retombaient doucement sur ses épaules et le creux de son dos.

Alors qu'elle prenait ses affaires pour sortir de la salle de bain, elle entendit un bruit sourd dans la chambre de Rogue. La jeune fille resta pensive quelques minutes et hésita à lui demander si tout allait bien.

Cependant, lorsqu'elle entendit le professeur Rogue commençait à râler à travers la porte, elle comprit qu'elle devait sortir au plus vite de la salle de bain. Le ton de sa voix laissait indiquer qu'il avait passé une mauvaise nuit et qu'il était très certainement plus exécrable que d'habitude.

Lorsqu'Hermione fut dans sa chambre, elle soupira de désespoir. Qu'avait elle fait pour se retrouver avec Rogue ? Il était tout sauf enclin à la conversation et il était si désagréable...

La Rouge et Argent repensa à la réaction qu'il avait eu hier lorsqu'elle lui avait préparé un thé... et surtout, elle repensa au fait qu'elle avait sentit cette odeur dans la salle de potion, tandis qu'elle parlait de l'Amortentia.

C'était étrange, vraiment étrange. L'Amortentia était le filtre d'amour le plus puissant au monde, elle avait donc exhalé trois parfums différents... Hermione n'arrivait pas à comprendre, ou plutôt ne voulait pas comprendre, pourquoi le troisième parfum était relié à Rogue.

Hermione ne l'avait jamais imaginé comme un potentiel amoureux et puis... et puis, il était si froid, si distant... c'était...La jeune fille se secoua vivement la tête, chassant toutes les idées absurdes et saugrenues qui lui venaient à l'esprit.

C'était impensable, inimaginable, impossible.

Il n'empêche que c'était l'odeur du thé qu'elle lui préparait chaque soir en espérant qu'il viendrait lui parler et que ça les rapprochera qu'elle avait sentit et ça, elle ne pouvait pas le nier.

C'est juste que tu veux que tout aille pour le mieux entre vous, rien d'amoureux là dedans, n'est ce pas ?

Non. Non.

Le souvenir du train lui revint également à l'esprit. Et également celui du parc. Ses joues rosirent instantanément. C'était le jour où elle avait embrassé Ron en pensant embrasser son professeur... mais qu'est ce qui lui était passé par la tête ce jour là, par la barbe de Merlin ?!

Pourtant, ça lui avait plu...

Non. NON !

La jeune Gryffondor resta pensive quelques minutes sur la question puis se ressaisit. D'un coup de baguette, elle rangea sa chambre puis, elle décida de sortir pour aller prendre son petit déjeuner.

Aujourd'hui, elle pouvait bien faire comme elle le désirait, c'était samedi et elle avait déjà fait tout ses devoirs pour la semaine.

Hermione guetta le moindre bruit dans l'appartement. Il n'y en avait aucun. Alors, elle ouvrit la porte de sa chambre, jeta quelques coups d'œils furtifs de droites à gauches et traversa à grandes enjambés le salon puis quitta l'appartement.

Alors qu'elle marchait maintenant en direction de la Grande Salle, elle ne put s'empêcher de pousser un long soupir d'exaspération. Elle était obligée de se cacher dans un appartement qui était maintenant le sien !

Inconsciemment, l'idée de partir de l'appartement lui revint à l'esprit. C'était peut être la troisième fois cette semaine et pourtant, ce n'était que la première semaine de cours. On était à peine le 9 Septembre.

Tiens, c'est mon anniversaire dans dix jours...

Hermione ne put s'empêcher de rire en imaginant sa fête d'anniversaire dans son appartement : le professeur Rogue qui lançait des confettis sur elle, Ginny qui lui avait fait un gâteau au chocolat, Harry et Ron qui lui donnait des cadeaux et l'appartement qui était jovialement décoré.

La Rouge et Or chassa rapidement cette idée, c'était impossible. Tandis qu'elle marchait, elle était plongée dans sa torpeur.

- Hermione ! Hermione !

La jeune femme se retourna vivement et chercha du regard Ginny.

- Hermione...

La rouquine posa sa main sur l'épaule de la Gryffondor et celle-ci se retourna pour faire face à une Ginny essoufflée, mais néanmoins souriante.

- Salut... est ce que ça va ?

- Oui... oui... et toi ?

- Ça va, merci.

- On va manger ? J'ai une faim de loup !

Hermione lui fit un grand sourire en guise de réponse, puis elles entrèrent dans la Grande Salle, toutes guillerettes.

Alors qu'elles marchaient en quête d'une place, la jeune femme regarda inconsciemment vers la table des professeurs. L'objet de ses pensées était en train de boire un café, la mine maussade. Il ne la regarda pas et celle-ci fut frappé par une sorte de révélation lorsqu'elle le vit.

Les Gryffondor sont courageux, les Gryffondor n'abandonne jamais.

Oui, elle continuerait à vivre avec lui et non elle ne partirait pas et n'abandonnerait pas. Ce n'était pas à elle de changer, c'était à lui.

Ce soir. Ce soir j'irai le voir, ce soir je lui parlerai.

Ginny la prit brutalement par le bras, l'empêchant de l'observer plus longtemps, et les deux amies s'assirent cote à cote.

Deux bols vides, du lait, des tartines, des croissants, des yaourts, des œufs, des céréales, du jus et pleins d'autres bonnes choses arrivèrent instantanément devant elles. Elle se servirent sans plus attendre et commencèrent à parler tranquillement.

- Ah d'ailleurs, Hermione...

- Hum ?

- Ça te dirait de venir boire le thé chez moi ?

Ginny avait dit chez moi. Elle avait réellement dit chez moi.

- Hermione ?

- Hein ? Euh... oui, oui, bien sur. Avec plaisir. Mais... ça ne dérangera pas Madame Bibine ?

- Non, ne t'inquiète pas ! C'est même elle qui me l'a proposé !

- Ah... Tant mieux alors.

Est ce qu'un jour Rogue serait d'accord pour qu'elle invite quelqu'un ? Probablement pas. Il semblait déjà avoir du mal avec elle, alors si on lui rajoutait une deuxième Gryffondor avec un fort caractère, qui n'a pas la langue dans sa poche et qui est de surcroît, l'amoureuse d'Harry, ce serait abominable.

D'ailleurs, Harry et Ron les rejoignirent.

- Salut les filles !

- Salut Ginny...

- Salut Harry...

Les garçons c'étaient assis en face des filles, Ron en face d'Hermione et Harry en face de Ginny et tandis que Ron commençait à remplir son bol de céréales tout en engloutissant une saucisse, Harry et Ginny se regardaient furtivement, se lançant des petits regards amoureux et lorsque leurs yeux se croisaient timidement, ils rougissaient à l'unisson. Hermione, qui suivait toute la scène, fut très attendri.

- Vous êtes beau tout les deux...

La Gryffondor avait lâché cette phrase sans réfléchir, les regardant mélancoliquement, espérant qu'un jour quelqu'un la regarda comme cela. Harry détourna le regard, gêné, et Ginny lui lança un regard haineux avant de lui mettre un léger coup de pied sous la table, ce qui fait rire Hermione.

- Queche que vous faich auchourd'hui ?

- Hum... Et bien, je vais d'abord traduire ta phrase puis avec Hermione on va aller boire le thé dans mon appartement.. Vous voulez venir ?

La question s'adressait évidement plus à Harry qu'à Ron. Celui-ci ne s'en offusqua pas agita la tête pour dire qu'il était d'accord puis engloutit une seconde saucisse avec appétit sous le regard rieur d'Hermione.

Ça faisait du bien de ne plus pleurer, d'être enfin heureuse et sans...

Un léger bruissement de cape se fit entendre dans son dos. Hermione se raidit et son cœur se mit étrangement à battre la chamade comme si elle venait d'être prise sur le fait de quelque chose. Elle se tourna de profil et aperçut le professeur Rogue qui sortait de la Grande Salle, sa longue cape noire volant gracieusement dans son sillage.

Par Merlin...

- Hermione ?

La jeune femme posa sa main sur sa poitrine, comme pour l'intimer de se calmer, tout en arborant un sourire complètement béa qui n'échappa pas à ses amis.

- Pourquoi tu souris comme ça ?

- Ça va ?

- Oui, oui, ne vous inquiétez pas.

A vrai dire, elle ne savait même pas pourquoi elle souriait comme cela.

Quelques minutes plus tard, alors qu'elle finissait son toast à la confiture et que son cœur avait repris un rythme normal et régulier elle se demanda longuement si elle n'était pas en train de perdre la raison et si cette histoire de signes ou de visions stupides lui montaient la tête.

Oui, c'était ça, forcément ça.

Hermione engloutis son toast puis se leva brusquement, faisant se renverser son bol de jus d'orange sur la table en bois, menaçant de couler jusqu'à la robe de Ron.

- Pardon...

Elle sortit sa baguette et en un coup vif et clair, elle avait nettoyé le jus. Hermione s'excusa du regard auprès de ses amis qui lui firent un sourire compatissant en retour, puis, ils se levèrent également et suivirent Ginny jusqu'à ses appartements.

Ils montèrent les étages de Poudlard à grandes enjambés et arrivèrent assez rapidement au dernier étage. C'était ici que vivait madame Bibine, en bon professeur de vol. Ginny se dirigea vers une porte en bois où un petit balais y était incrusté et la poussa sans frapper.

C'était le bureau de madame Bibine. Jamais Hermione n'avait vue de bureau aussi mal rangé et celle-ci fut toute confuse. Des tonnes de papiers traînaient par ci, par là, des balais étaient empilés dans un coin de la pièce. On eut dit qu'une tornade était passé par là.

- Madame Bibine n'utilise jamais le « Récurvite » ?

- Oh non... - Ginny eut un sourire amusé – elle m'a expliqué qu'elle s'y retrouvait mieux comme ça. Cela fait partie de ses petites habitudes. - Les yeux de Ginny regardèrent dans le vide – C'est une femme incroyable.

- Oh... oui, je n'en doute pas.

Hermione fut piqué au vif. Ainsi, Madame Bibine parlait de ses petites habitudes comme le ménage à Ginny ? Et celle-ci pouvait dire d'elle qu'elle était une femme incroyable ? Rogue ne disait rien à Hermione, évidement.

- Et... vous parlez souvent ?

- Tout les jours ! Elle m'apprends pleins de choses sur le quidditch, me donne des conseils pour les cours et puis elle adore les gâteaux tout comme moi, du coup, le soir on discute avant d'aller se coucher et on grignote... c'est une femme cultivée, j'en suis sure que tu l'adorerais.

- Oui, certainement.

Ainsi, elles avaient des points communs... et elles grignotaient ensembles, parlaient souvent. Bien. Bien.

- Et vous, les garçons ? Je suppose que les professeurs Dumbledore et McGonagall ne sont pas très bavard...

- Oh, si, tu n'as même pas idée ! Minerva, car elle m'a demandé de l'appeler comme ça le premier jour, elle est très gentille avec moi. Au début, elle me paraissait un peu froide, mais maintenant, on parle plutôt bien... je sais même qu'elle n'a jamais eu d'enfants, du coup, je me sens un peu couvé...

- Oh. Harry ?

- Dumbledore est... gentil. Mais, enfin, on parle beaucoup, mais pas toujours de nous, mais on parle surtout de... Voldemort. Du coup, je me couche souvent tard et lui, juste après, il va toujours dans son bureau pour faire je ne sais quoi... Enfin, je ne dois pas en parler. Pas pour le moment.

- Hum.

Avec Ron, tout se passe merveilleusement bien, avec Harry c'est si parfait qu'ils ont des petits secrets. Bien. Bien.

- Luna ? Neville ?

- Ben quoi ?

- Comment ça se passe pour eux ?

- Oh... Pour Luna, Trelawey et elle ne sont pas sorties hors du château depuis le début des cours, apparemment, Luna a ressentit de mauvaises ondes et cela a été confirmé par Trelawey... Enfin, elles ont l'air aussi taré l'une que l'autre... - Ron sembla réfléchir - … et pour Neville, Chourave lui donne des cours supplémentaires. Avec Harry, on se promenait dans le parc hier et on l'a surprit en train de ramasser des plantes dans le lac. Il nous a avoué qu'il n'avait jamais été aussi heureux et ne s'était jamais sentit aussi intelligent.

- Cool.

- Hermione, ça va ?

- Oui. Pourquoi ça n'irai pas ?

Apparemment, le ton froid, sec et cassant qu'elle employait n'avait échappé à personne. Ron se mit à rire ce qui l'irrita encore plus.

- On dirait que Rogue a déteint sur toi...

- Pourquoi tu dis ça ?

- Tu n'entends pas la façon que tu as de parler...

- Non, ça c'est juste parce que tu m'énerves.

- Quoi ? Mais qu'est ce que j'ai fais ?

- Hé ho, calmez vous tout les deux, ne recommencez pas !

Hermione lui lança un dernier regard haineux puis l'ignora totalement, Ron, complètement incrédule, la regarda éberlué, espérant qu'elle rigolait. Apparemment, non.

- Je ne vous ai pas emmené ici pour vous voir vous disputer. Alors, s'il vous plaît, on va aller prendre le thé avec le sourire, d'accord ?

- D'accord... Hermione ? Je suis désolé.

- Hum... bon, on rentre ?

- Hermione, ça va ?

Harry venait de poser doucement sa main sur l'épaule de sa meilleure amie, lui lançant un regard compatissant et triste.

- Tu sais que tu peux tout nous dire... Comment ça se passe avec Rogue ?

- Bien, bien, ne vous inquiétez pas.

Sa langue avait suivie son mensonge mais pas ses yeux. Elle éclata en sanglot.

- Hermione...

Ils se rapprochèrent tous d'elle et la prirent dans leurs bras tandis que ses larmes coulaient toujours silencieusement. Ils relâchèrent leur étreinte collective au bout de quelques minutes et la regardèrent droit dans les yeux, attendant une réponse. Hermione soupira doucement puis les regarda, heureuse d'avoir des amis comme eux.

- Je vais bien, ne vous inquiétez pas. Je suis juste... un peu fatiguée.

Aucun d'eux ne sembla avaler son bobard, la regardant toujours suspicieusement, essayant de deviner le fond de ses pensées.

- Ginny... on va chez toi ?

La rouquine ne lui répondit pas et la regardant simplement avec une sorte d'admiration au fond des yeux. Elle s'approcha doucement d'elle et déposa un baiser sur son front puis, lui serra doucement la main.

- Tu es forte.

Hermione ne répondit pas et sentit simplement les larmes qui étaient montés à ses yeux et qui la menaçaient de couler sur ses joues. Ginny lui fit un sourire réconfortant, puis, elle se dirigea vers un poster des Holyhead Harpies qui se changea en une porte en bois massif lorsqu'elle posa sa main et le bout de sa baguette dessus en murmurant quelques sorts.

Elle se retourna vers eux, le sourire aux lèvres, puis, elle ouvrit en grand la porte. Ginny et Ron s'y engouffrèrent rapidement et lorsqu'Hermione voulut rentrer, Harry la retint par le bras, une once de haine dans ses yeux.

- Hermione, s'il te fait du mal je te jure que...

- Harry, Harry, tout va bien, d'accord ? Le professeur Rogue s'occupe très bien de moi, je suis bien traitée. Je suis juste... un peu fatiguée, d'accord ?

- Oui. Je vais te croire. Mais si j'apprends...Oh, d'ailleurs, j'y pense ! J'ai ma retenue avec lui, ce soir !

- Ah.. oui.

Hermione se souvint des conditions dans lesquelles Harry avait eut sa retenue. Il ne l'avait pas volé.

- Tu ne pourrais pas lui demander de l'enlever ?

La jeune femme fut pris d'un fou rire incontrôlable. Au bout de quelques minutes, lorsqu'elle se rendit compte qu'Harry semblait vexé, elle se calma et le regarda, le sourire aux lèvres.

- Harry, c'est impossible, tu le sais. On parle de Rogue !

- Oui, pas faux...

- Bon, on rentre ?

Son meilleur ami lui fit un beau sourire avant de rentrer à sa suite dans l'appartement de Ginny.

Le groupe d'amis resta toute la journée dans l'appartement de Madame Bibine, discutant de tout et de rien, mangeant des gâteaux, sautant le repas du midi puis burent le thé. Vers la fin de la journée, Harry dut partir pour aller faire sa retenue mais les trois autres restèrent quand même ensemble.

Vers dix neuf heures, ils sortirent de l'appartement, croisant Madame Bibine dans son bureau qui était en train de nettoyer son balai. Elle leur parla gentiment durant quelques minutes puis les laissa partir dans la Grande Salle pour manger.

Hermione aimait ce genre de samedi. Elle ne redoutait même pas le soir qui arrivait à grand pas. Non, elle allait définitivement lui dire le fond de ses pensées.

Ils entrèrent bras dessus bras dessous dans la Grande Salle, le sourire aux lèvres, les contraintes de coté, rigolant fort et se trouvèrent une place à la table des Gryffondor.

Ginny vint s'asseoir près d'Harry qui était déjà présent. Il avait une mine exécrable et semblait au bord de l'explosion. Il avait le regard perdu dans le vide. Ginny posa sa main sur la sienne et celui-ci sembla se réveiller instantanément, la regardant simplement. Ginny n'enleva pas sa main et continua à le regarder. Leur contact visuel fut détruit par Ron, assit près d'Hermione, qui se racla la gorge. Ils furent vite rejoint par tout leurs amis et commencèrent à discuter.

Hermione mangea doucement, ignorant la boule qui logeait dans son ventre et le regard qu'elle sentait posée sur elle.

Il la regardait.

La jeune femme termina son assiette en deux temps trois mouvements, salua ses amis par de longues embrassades et sortit d'un pas décidé la Grande Salle.

A nous deux, professeur Rogue.


Severus était plongé dans ses pensées, le regard perdu dans le vide, lorsqu'une bande de braillard entrèrent dans la Grande Salle et le fit sortir de sa torpeur. Ginny Weasley, Hermione et ce stupide rouquin venaient de faire une entrée remarquable.

Il suivit du regard Hermione et l'observa longuement. Évidemment, elle c'était assis face à ce stupide binoclard.

Sa mâchoire se crispa lorsqu'il pensa à Harry. Ce gamin allait lui sortir par les yeux.

Lorsque la nourriture arriva face à leurs assiettes, il se servit maigrement de quelques victuailles qu'il mangea à peine, puis il repoussa brutalement son assiette avant de se servir un verre de vin.

Il n'avait pas faim, Potter lui avait définitivement coupé l'appétit. Le Vert et Argent avait soif, juste soif. Son instant lui soufflait à l'oreille qu'il passerait une soirée difficile.

Évidement, ce n'était pas dans le caractère d'un Gryffondor de pleurer toute la nuit pour ne pas se venger le lendemain. Elle allait certainement, l'insulter, puis partir théâtralement de l'appartement.

Malheureusement, si elle partait, il savait qu'Albus lui en voudrait, le sermonnerait et la perspective de tout cela irrita Severus qui avala une longue gorgée de son verre.

Et puis, en plus de devoir subir ses plaintes, ses caprices et ses reproches, il allait devoir lui avouer pourquoi il s'était comporté de la sorte. Severus se raidit totalement sur son siège et termina son verre d'une traite. Il s'en servit un deuxième.

- Holà, Severus ! Vous avez tant de problèmes pour boire à ce point ?

Horace Slughorn, qui était assis à sa droite, lui lança un regard amusé. Apparemment, il avait envie de parler avec quelqu'un. Tant pis pour lui, ce ne serait pas avec Severus qu'il parlerait.

Celui-ci lui lança un regard mauvais et qui coupait court à toute conversation, puis, bu son deuxième verre d'un trait. Severus hésita à en prendre un troisième, puis, il se dit que ce n'était pas raisonnable.

Le Serpentard tourna simplement la tête vers Hermione et la regarda longuement. Quelques minutes plus tard, elle termina son assiette et, après avoir embrassé tout ses amis, elle sortit de la Grande Salle.

Le moment était venu. Le moment de la confrontation.

Severus se leva doucement, ne salua personne et sortit par la porte de derrière pour se diriger promptement vers son appartement.

Lorsqu'il arriva dans son bureau et qu'il souleva la tapisserie, il hésita longuement avant d'ouvrir la porte. Devait il la laisser vider son sac ou devait il commencer par vider le sien ? Il réfléchit durant quelques minutes, puis se convainquit qu'il ne lui laisserait pas le choix.

Severus posa doucement sa main sur la poignée et la tourna délicatement. Un léger clic se fit entendre. Il ouvrit théâtralement la porte et rentra dans la pièce, l'air presque sereint.

Hermione était assise sur le canapé, l'air renfrogné, visiblement déterminé, les bras croisaient, le regard perçant. Elle ne lui dit pas bonsoir. Ils savaient tout les deux qu'elle était l'issue de cette soirée. C'était inévitable.

Le Vert et Argent referma d'un coup sec la porte puis s'avança doucement vers Hermione, la surplombant de toute sa stature et la regardant de haut. Il ne s'assit pas sur le canapé, près d'elle, ni dans son fauteuil qui était juste en face. Il se contenta de la regarder.

- Professeur.

- Écoutez Granger...

- Non, c'est vous qui allait m'écouter.

Venait elle de lui couper la parole alors qu'il était en train de parler ?

- Je ne sais pas si on vous a appris les bonnes manières, mais normalement, on ne coupe pas la parole d'un adulte qui parle. C'est mal élevé.

Hermione sembla piqué au vif. Apparemment, elle avait mit tout son courage dans sa phrase, persuadée que ça allait faire un grand effet. Elle ne le connaissait vraiment pas.

Maintenant, le problème était de savoir comment est ce qu'il allait tourné sa phrase. Un commencement de phrase lui vint en tête, il se racla alors la gorge et commença à parler.

- Sachez que j'ai mes raisons pour m'être comporté de la sorte avec vous et...

- Vous le reconnaissez alors ?

Par Merlin, quelle effronté ! elle n'allait tout de même pas le couper à chaque fois !

- Granger...

- J'ai tout fait pour que notre cohabitation se passe bien, j'ai essayé d'être gentille, d'être ouverte à vous et vous avez toujours agi envers moi comme si j'étais une étrangère, comme si je n'habitais pas dans le même appartement que vous ! Je partage vos toilettes, professeur !

Hermione était sur sa lancé. Severus savait qu'il était maintenant trop tard pour l'arrêtait. Mieux valait laisser la lionne rugir, ou du moins, jusqu'à ce que le serpent sorte de son trou pour attaquer.

- Tout à l'heure, lorsque je suis allée chez Ginny avec Harry et Ron, ils m'ont tous dit que pour eux, tout se passait à merveille ! Ils ont une relation très proche avec leur...

- Qu'attendez vous de moi ? Que je vous raconte tout mes petits secrets ? Que vous me coiffiez comme si j'étais votre copine ? Qu'on parle de votre amourette avec Weasley ?

Le serpent était sortit de son trou et ondulait dangereusement vers la lionne.

- Que... quoi ? Non mais n'importe quoi ! Ron est juste mon ami, je ne ressens rien pour lui !

- Voulez vous que je vous rappelle ce qui est écrit dans votre journal intime ?

Hermione fit une pause et le regarda, incrédule. A trop vouloir dominer la scène, Severus avait divulguer ce qu'il n'aurait jamais dû dire.

- Pardon ? Comment ça ce qui est écrit dans votre journal intime ?

Severus ne trouva rien à répondre et se sentit stupide d'avoir laissé échapper cela.

Le serpent était coincé entre les pattes de la lionne qui le menaçait de l'écraser.

Hermione semblait réfléchir à toute vitesse.

- Je n'ai pas emmené mon journal intime avec moi... je ne l'emmène jamais à Poudlard. Le seul endroit où vous auriez pu le lire c'est... chez moi. Vous n'êtes tout de même pas allé chez moi, j'espère ?

Severus se mit aussi à réfléchir à toute vitesse. Devait il lui dire la vérité ? De toute façon il n'avait plus vraiment le choix, à présent.

- Oui, je suis allé chez vous.

Hermione sembla se décomposer. Elle affichait toujours un air incrédule, atterrée et choquée. Quant à Severus, il s'assit simplement face à elle, dans son fauteuil, près à lui raconter le pourquoi du comment. Il devait le faire, il n'avait définitivement plus le choix, les mots étaient irrattrapables. Et puis, à quoi bon mentir ? Dumbledore avait raison.

- Mais...pourquoi ?

- Je suis allé chez vous avec pour objectif de récolter des informations sur vous. Je voulais que tout se passe bien pour vous lorsque vous viendrez ici. Croyez vous que mon appartement à toujours été comme ceci ? Bien évidement que non. J'ai entièrement redécoré votre chambre pour qu'elle soit à votre aise.

Hermione baissa les yeux, probablement honteuse, de toute évidence, elle fuyait son regard. Elle trouva néanmoins la force et le courage en elle pour continuer la conversation.

- Mais... si vous avez été si prévenant... pourquoi m'éviter maintenant que je suis là ?

- Hum...

Severus chercha les mots au plus profond de lui pour lui répondre. Il avait néanmoins besoin qu'elle lui promette qu'elle ne le dirait à personne.

- Si je vous le dis, vous ne le direz à personne ?

Hermione releva doucement les yeux vers lui et le regarda longuement, essayant certainement de déceler se qui se trouvait au plus profond de ses yeux.

- Oui.

- Le Seigneur des Ténèbres.

- Oh...

La Rouge et Or baissa les yeux et observa obstinément ses pieds.

- Granger, vous vous méprenez... Je... je ne suis pas de son coté.

Hermione ne bougea pas d'un centimètre, attendant certainement qu'il termine sa phrase.

- C'est sur les ordres de Dumbledore que je vous ai évité. Je... je suis un agent double. Mon allégeance est à Dumbledore. Il pensait que si je me rapprochais de vous, le Seigneur des Ténèbres s'en rendrait compte. Et... mon but étant de vous protéger... c'était inconcevable qu'il puisse tomber sur des images où il me verrait avec vous. Mais maintenant...

Severus arrêta brusquement de parler lorsqu'il entendit un sanglot. Hermione avait la tête dans ses mains et pleurait, ses épaules se soulevant au même rythme que ses soupirs. Le Vert et Argent l'observa silencieusement. Avait il dit quelque chose qu'il ne fallait pas pour qu'elle pleure ou était elle constamment dans un état presque lunatique ? Il réfléchit longuement aux mots qu'il venait de dire. C'est vrai qu'ils avaient une sonorité chevaleresque, presque romantique...

A ce mot, il se leva brusquement de son fauteuil. Hermione sembla se souvenir de sa présence et s'essuya bruyamment le nez et les yeux avant de les lever vers lui.

- Pardon, professeur. Je comprends.

Des... excuses? A lui?

Severus ne répondit pas, il la regarda simplement, surpris de voir que la lionne c'était si docilement couchée.

Hermione se leva doucement, épousseta son jean puis releva doucement la tête vers lui.

- Peut être pourrions nous nous donner une seconde chance ?

Parlait elle d'une seconde chance dans leur relation ?

Le Serpentard ne répondit pas, puis, il hocha positivement la tête en signe d'approbation.

Hermione lui fit un grand sourire, puis, après lui avoir souhaité une bonne nuit, rentra doucement dans sa chambre, laissant un Severus pensif dans le salon.