Chapitre 4

S'installer.

Tony était assit dans ce qu'il considérait maintenant comme sa nouvelle prison, cela faisait maintenant deux semaines depuis l'incident avec son père à l'hôpital, et une semaine depuis qu'il avait eu l'autorisation d'en sortir et qu'il était venu vivre avec Gibbs. Il n'était toujours pas certain de comment il se sentait pas rapport à ça. Il n'avait pas l'habitude que quelqu'un s'intéresse tellement à lui pour vérifier qu'il fasse exactement ce qu'il devait faire en suivant toutes les instructions données par l'hôpital. Cela avait été une première semaine très intéressante, particulièrement le premier jour, quand Gibbs et Ducky étaient venus le chercher à l'hôpital, amenant avec eux un fauteuil roulant. Tony avait été incrédule, jamais, durant tous ses séjours à l'hôpital et dieu sait qu'il y en avait eu beaucoup il n'avait eu à utiliser une chaise roulante et il n'était pas prêt de commencer. Du moins, c'est ce qu'il pensait…

~~~Flash Back~~~

- Si !

- Non !

- Si !

- Pourquoi ? Je peux marcher. Je ne suis pas invalide Gibbs.

- Tu es trop faible pour marcher jusqu'à la voiture. En plus, c'est la règle de l'hôpital que tous les patients utilisent une chaise roulante pour sortir.

- Non !

- Bon c'est fini !

Gibbs passa rapidement devant le fauteuil et, dans un mouvement très fluide et sans effort, souleva Tony dans ses bras et le plaça doucement sur le fauteuil pour éviter d'aggraver les blessures de son dos. Tony se remit vite de son étonnement et tenta de se lever mais Gibbs mit ses mains sur ses épaules gentiment et le fixa dans les yeux.

- Reste. Assis.

C'était un ordre et Tony le savait et la façon dont il avait été prononcé fit comprendre à Tony que, pour son meilleur intérêt, il ferait mieux de faire ce qu'on lui disait. Alors, il fit ce qu'il faisait de mieux quand il était gêné, il fit de l'humour. Il lança à l'agent un sourire sarcastique et imita l'aboiement d'un chien. L'agent tenta mais ne réussit pas à cacher le sourire qui se répandit instantanément sur son visage. Il frappa gentiment le garçon à l'arrière de la tête en disant :

- Petit malin.

Tony haussa simplement les épaules et continua à sourire.

~~~Fin du Flash Back~~~

Cela n'avait été que le début de leurs petites prises de tête que Gibbs gagnait à chaque fois mais non sans que Tony ne lutte de son côté. Après qu'ils soient arrivés chez Gibbs, les premiers jours furent assez silencieux principalement dû au fait que Tony se remettait et donc ne faisait que dormir et manger quand Gibbs lui imposait. Le simple fait de se rappeler de Gibbs assit en face de lui avec un regard de mécontentement en attendant qu'il mange son assiette le faisait grimacer, il ne se souvenait pas avoir mangé autant en une fois avant dans sa vie. Apparemment, cela inquiétait les médecins ainsi que Ducky, car ses côtes et sa colonne vertébrale étaient proéminentes. Du coup Gibbs venait le voir toutes les quatre heures et lui faisait manger un bol de céréales chauffées qui lui apportait jusqu'à 1000 calories par bol et un genre de milk-shake de protéines pour ses muscles. Il était certain que s'il voyait encore un de ces trucs protéiné, il allait vomir. Il ne savait toujours pas trop pourquoi il ne pouvait pas manger un repas normal il aurait donné son bras droit pour une bonne grosse part de pizza peppéroni avec supplément fromage. Il se rappelait vaguement Ducky dire qu'il devait manger que des choses assez facile à mâcher pendant une semaine car il avait passé trop de temps sans manger et par conséquent son estomac ne pourrait pas digérer de la nourriture habituelle.

Il soupira en observant la pièce et il se rappela le troisième jour où il avait été ici, c'était comme si un interrupteur l'avait fait passer de l'état où il dormait durant presque toute la journée à un état alerte, infatigable et poussant Gibbs à bout, la plupart du temps inconsciemment et parfois consciemment, comme quand il avait décidé de se lever et explorer la maison, il se sentait beaucoup mieux donc cela ne lui était pas venu à l'esprit que son corps était encore trop faible pour tolérer une activité physique comme marcher, il s'était donc retrouvé coincé au milieu de la pièce sur une jambe car il s'était tout de même rappelé qu'il ne devait pas s'appuyer sur sa jambe cassée. Il s'était ainsi retrouvé trop loin d'un meuble pour s'aider à garder son équilibre, il avait donc dû s'asseoir par terre d'une façon assez disgracieuse à cause de ses côtes et de son épaule blessé, et était tombé sur le dos.

En retour, il avait reçu un regard très mécontent de Gibbs et un très long discours de morale de Ducky. Mais il avait absolument refusé de prendre les antidouleurs que le médecin lui avait prescrits ? C'était toujours un problème il n'aimait pas ça et faisait des pieds et des mains pour ne pas en prendre mais Gibbs et Ducky avait été très clairs sur le fait que cela ne les dérangeaient pas de devoir le gaver comme une oie en le forçant à les avaler ou en lui faisant une injection. Ducky l'avait informé qu'il y avait de multiples antidouleurs différents et sous différentes formes. Alors, s'il ne voulait pas expérimenter un moyen différent et plutôt regrettable de lui administrer, il devait arrêter de négocier.

Tony soupira cela c'était passé il y a deux jours et maintenant il était encore plus grincheux et s'ennuyait plus qu'avant. Il détestait être coincé au lit comme un… une personne faible. C'était juste intolérable. Il avait besoin d'être actif, de bouger, pour garder son esprit occupé. Il ne pouvait même pas regarder la télévision ! Il n'y avait rien d'intéressant sur celle-ci durant la journée, à moins qu'il ne regarde des feuilletons mélodramatiques et il se dit qu'il préférait s'arracher les yeux plutôt que regarder ces bêtises. De plus, il n'avait aucune de ses affaires alors il ne pouvait pas regarder ses films ni lire ses livres préférés. Contrairement à ce que tout le monde pensait, il était un très grand lecteur au point d'être un rat de bibliothèque, il adorait la façon dont il pouvait se plonger dans une bonne histoire. Cela l'avait aidé quand ses parents se disputaient avant que sa mère ne meurt, après, alors son père ne pensait qu'à sa petite personne, il prenait plusieurs livres et allait se cacher dans une des chambres d'invités, jusqu'à ce qu'il soit, ou trouvé ou oublié. Alors, sans livre et sans films, il était assis là à s'ennuyer et tout seul car Gibbs était en bas quelque part, probablement en train de se préparer à monter et à le forcer à boire sa boisson de protéines dégueu.

Il réalisa alors qu'il devait aller aux toilettes. Il regarda avidement autour de lui en se demandant où il avait mis son talkie-walkie qu'on lui avait donné pour communiquer. En le voyant à l'autre extrémité de la table de chevet, il tendit la main vers lui et réussit uniquement à le faire tomber. Il soupira encore une fois et songea à appeler Gibbs mais cette pensée fut rapidement mise de côté quand la voix de son père résonna dans sa tête le traitant de faible, d'inutile et d'une perte de temps. Il décida rapidement de qu'il allait leur prouver à tous qu'il pouvait prendre soin de lui. Il se déplaça au bord du lit et souffla en regardant sa jambe. Un stupide plâtre l'entourait de la moitié de la cuisse jusqu'aux orteils. Il secoua la tête, il ne pouvait pas se permettre d'avoir des pensées négatives à cet instant. Il se leva alors doucement pour s'asseoir dans la chaise roulante en un mouvement fluide. Il se posa un peu plus violemment qu'il l'aurait espéré et laissa échapper un léger grognement alors que son dos entrait en contact avec le dossier de la chaise. Sentant monter en lui la fierté d'avoir réussi TOUT SEUL à sortir du lit. Il roula rapidement jusqu'à la salle de bain. Il fût soudain très heureux que Gibbs ait agrandit la porte pour lui. En fait Gibbs avait fait beaucoup de changement pour lui rendre la vie plus facile. Tony ne savait pas comment prendre la gentillesse de l'agent et de Ducky, cela le perturbait qu'ils le soient sans raison apparente. Il arrêta le fil de ses pensées, fit sa petite affaire et sortit de la salle de bain. Il se retrouva alors face à Gibbs et Ducky, qui avaient l'air mécontent. Gibbs secoua la tête et prit la parole avec un petit sourire aux lèvres.

- Tu vois Duck, je t'avais dit qu'il fallait le surveiller sans cesse.

Il poussa le fauteuil jusqu'à ce qu'il soit face au lit. Tony se vexa et cria :

- Quoi ?! C'est pas vrai ! J'ai essayé de t'appeler mais le talkie-walkie est tombé alors j'ai essayé et REUSSI. Je ne sais pas pourquoi vous êtes en colère, c'est pas comme si je m'était blessé.

Il obtenu une claque à l'arrière du crâne, le garçon se tourna lentement et fit face à Gibbs avec un regard de mépris et ce dernier fit de même. Il n'en n'était pas sûr mais il se disait qu'il devrait avoir une réaction à ces claques mais en toute honnêteté il les appréciait plutôt, jamais il ne l'avouerait à Gibbs bien sûr. Il trouvait que c'était une gentille façon de le recadrer, en plus il ne considérait pas ça comme un coup, comparée à ceux qu'il avait reçu de son père. Il était sur le point de faire un commentaire sarcastique mais Ducky le coupa.

- Oui, et bien jeune Anthony, ce n'est pas parce que tu ne t'es pas blessé cette fois que tu ne le feras pas la prochaine fois. Alors il faut être raisonnable et essayer d'éviter de futures blessures qui pourraient te mener droit à l'hôpital et y rester pour plus longtemps que la dernière fois. Cela est donc une bonne raison pour laisser quelqu'un t'aider. Il leva la main pour empêcher le jeune de prendre la parole et reprit d'un ton plus calme. Ce n'est pas parce que nous pensons que tu n'es pas capable de le faire toi-même. C'est uniquement que nous ne voulons pas que tu te blesse encore une fois, et c'est juste du bon sens en voyant que la moitié de ton corps n'est pas opérable pour le moment.

Tony soupira dramatiquement.

- D'accord, mais je m'ennuie trop, est ce que je pourrais au moins descendre en bas ? C'est nul de devoir rester ici, j'ai rien à faire, pas de films à regarder, pas de livres à lire, je n'ai même pas un ordinateur, même pas de musique. Rien. Absolument rien à faire ici et je ne peux plus dormir.

- Et bien, nous avons juste à t'amener quelques affaires ici. Quels livres aimerais-tu lire ? Répondit Ducky avec un sourire.

En plus, Ducky étant un grand parleur, il réussit à distraire Tony en l'engageant dans une discussion sur le genre de livres qu'il aimait lire, tout en faisant un check up de ses blessures, du moins il réussit jusqu'à ce qu'il veuille soulever le tee-shirt de l'enfant. Ce dernier réagit par pur instinct. Dès qu'il sentit la main sur son tee-shirt il eut un flashback où une autre personne avait mis sa main sous son haut et la suite avait été très déplaisante. Il poussa alors le médecin aussi fort qu'il le pu, s'envoyant lui-même et son fauteuil dans le mur alors que Ducky entra en contact avec la table de nuit. Gibbs couru rapidement vers Ducky et l'aida à se remettre debout. Ils tournèrent alors leur attention sur le petit qui était maintenant roulé en boule en bougeant d'avant en arrière, sa main valide agrippant ses cheveux alors qu'il murmurait des propos incohérents. Sans ôter ses yeux de son jeune protégé, Gibbs souffla à Ducky :

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant Ducky ?

- Il faut essayer de le calmer dans un premier temps s'il n'y arrive pas par lui-même. Puis, si cela ne marche pas, il faudra le sédater.

- Je me demandais quand nous allions voir apparaître ces attaques de panique, continua Gibbs en soupirant.

- Je me disais aussi qu'il semblait aller un peu trop bien pour ce qu'il lui était arrivé. Je suis vraiment étonné que cela n'arrive que maintenant.

Alors qu'il terminait de parler, il trouva que Gibbs semblait se sentir coupable. Il haussa alors un sourcil à son attention et s'apprêtait à l'interroger quand Tony semblait sortir de sa crise. L'agent accouru aussitôt à ses côtés et se mit à lui parler comme il l'avait fait de nombreuses fois auparavant.

Ducky resta debout et les regarda interagir, il remarqua que Gibbs le réconfortait d'une façon dont il ne l'avait jamais vu faire, il était comme un père s'occupant de son enfant affolé. Le médecin connaissait le passé de l'agent ainsi que ce qu'il avait perdu, et cela lui fit du bien de voir son ami pouvoir avoir une nouvelle expérience. Il remarqua également comment le jeune garçon réagissait à l'attention de l'agent, il était toujours tendu du fait d'être touché par Gibbs, mais il accueillait la main de ce dernier sur sa nuque comme si cela lui permettait de rester dans le présent, lui permettant de savoir qu'il était dans la réalité. Il s'aperçu que la présence de Gibbs calmait Tony et qu'il répondait à sa voix. Le petit releva doucement la tête et lâcha un soupir plein de fatigue en se détendit un peu. Sans un mot d'aucun d'entre eux, l'agent aida le jeune homme à retourner sur le lit et l'installa confortablement. Il posa une main sur le sommet de sa tête et dit :

- Repose-toi, on reviendra après.

Tony acquiesça silencieusement puis ferma les yeux et s'endormit. Gibbs tourna le regard vers Ducky et lui fit signe de le suivre dans le couloir tout en lançant un dernier regard sur son protégé. Il laissa la porte entre-ouverte pour entendre si Tony avait besoin de lui.

Il s'adossa au mur du côté opposé à Ducky et mit sa tête contre le mur. Le légiste savait que cela était un signe qu'il était exténué. Mais il savait qu'il valait mieux ne pas lui faire remarquer alors il attendit et fut récompenser quand Gibbs prit la parole.

- Il fait des cauchemars depuis que toute cette histoire à commencer. Les somnifères l'empêchent de s'en rappeler le matin en se levant. C'est mauvais Duck je veux dire, j'ai vu des cauchemars d'hommes revenant du front mais…mais ceux-là sont plus comme des terreurs nocturnes. Il tourne et retourne dans le lit, il crie, et il est violent. Puis, le matin, c'est comme s'il ne se souvenait de rien, ou alors qu'il est trop gêné et qu'il prétend ne pas s'en rappeler bien sûr, je ne lui en ai jamais demandé. Putain Duck, je ne sais pas quoi faire.

Ducky hocha la tête et après une minute demanda :

- Comment se calme-t-il après ces terreurs ?

Encore une fois, Gibbs sembla plein de culpabilité et dit :

- Je rentre dans la chambre et je fais à peu près même chose que je viens de faire, je lui parle, passe ma main sur sa nuque, je reste jusqu'à ce que je sois sûr qu'il se soit rendormit. Ensuite, je vais m'asseoir dans la chaise à bascule à côté du lit, en gardant une forme de contact avec lui pendant la nuit. Cela semble l'aider à être moins agité dans son sommeil.

- Et bien Jethro, je pense que nous savons tous les deux que le jeune Anthony va avoir besoin de suivre une thérapie, mais je pense aussi qu'il faudrait qu'il la commence le plus vite possible.

- Ouai je sais Duck, mais je pense que Tony à la même aversion aux thérapeutes que moi. Ils m'ont mentionné quand il était encore à l'hôpital qu'il devrait en suivre une et il nous a entendus. Ensuite ça a été comme si on avait allumé un feu sous son lit. Il a fait son maximum pour essayer de s'enfuir encore, il jurait, et devenait violent.

- Jethro, pourquoi ne pas me l'avoir dit ? En tant que son médecin je dois savoir ce genre de choses.

- Je sais Duck. C'était juste que ça c'est terminé aussi vite que ça a commencé, je suis allé le voir et lui ai dit qu'il n'allait rien lui arrivé, que je ne laisserais rien le blessé encore une fois. Gibbs se passa les mains sur le visage. Je pense que… Il a besoin d'aide… Je ne sais pas comment lui trouver… Je veux dire, j'évite les thérapeutes comme la peste alors je n'ai aucune idée de qui est et qui n'est pas un bon choix.

- Tu sais Jethro, je crois que la sœur de Caitlin, le docteur Cranston serait un très bon choix dans cette situation. J'ai lu beaucoup de ses rapports et l'un d'eux était une étude spéciale sur le comportement des enfants maltraités et abandonnés.

- Tu crois qu'elle accepterait de venir ici ? A la maison je veux dire, je pense que Tony serait plus à même d'accepter si ça se passe dans un lieu familier plutôt que dans un bureau étranger.

- Je ne vois pas pourquoi elle n'accepterait pas, on a affaire à un cas très spécial ici. Et si c'est dans le meilleur intérêt de l'enfant, je suis sûr qu'elle fera ce qui est nécessaire.

Gibbs acquiesça et reprit après un moment de silence :

- Appelle là maintenant Duck, faisons le avant que je change d'avis.

Les hommes descendirent au rez-de-chaussée, sortant tous deux leur téléphone au même moment puis ils se séparèrent arrivés en bas des escaliers. Le médecin se dirigea dans le salon pendant que Gibbs allait au sous-sol. En quelques secondes, la voix qu'il voulait entendre à l'autre bout répondit :

- Allô ?

Gibbs prit une grande inspiration et se lança :

- Je demande une faveur.