Bonjour, ou plutôt bonsoir à tous. Je voulais finir la traduction de ce chapitre avant d'entamer une nouvelle semaine et j'espère que cela vous plaira.
Je rappelle que l'histoire ne m'appartient pas, je ne fais que la traduire. Elle appartient à Polley9 et se nomme « To Know You ».
Chapitre 5
L'honnêteté avant tout.
Tony était assis au bord du lit. Il réfléchissait à ses chances de s'enfuir. Aujourd'hui était le jour maudit où il devait aller chez ce satané docteur. Il grimaça à cette pensée. Il était plus que certain que Gibbs l'écorcherait vif si il tentait quoi que ce soit alors il n'avait pas le choix, et devait subir ce rendez-vous. Il détestait les docteurs, toutes les sortes de docteur, à part Ducky, Ducky était cool. C'était un gentil homme et ne lui envoyait pas de mauvaises vibrations alors il se disait qu'il pouvait avoir confiance en lui. Il arrêta le fil de ses pensées une seconde et se demanda pourquoi ? Il y réfléchit pendant quelques minutes quand il lui vint à l'esprit que c'était simplement parce que Gibbs avait confiance en Ducky ! Et il avait confiance en Gibbs. Alors sa confiance était comme branchée en un point central qui était Gibbs et s'étendait ensuite jusqu'à Ducky. L'agent lui avait aussi annoncé qu'il allait rencontrer l'équipe le week-end qui venait. Le garçon n'avait pas été trop partant quand on lui avait annoncé, mais comme il faisait entièrement confiance à Gibbs et pratiquement pareil concernant le légiste, alors il s'était dit que cela ne serait pas si terrible. Il avait rencontré Abby et un gars appelé McGee et avait tout de suite accroché avec Abby et s'était détendu après avoir passé quelques heures avec McGee. Le jeune garçon sourit à ce souvenir…
~~~Flashback~~~
Tony était assis, regardant à travers la fenêtre depuis son siège. Ils ne le laissaient pas dans son fauteuil roulant sauf pour faire un aller-retour du lit à la salle de bain. Il s'ennuyait de nouveau, Gibbs lui avait annoncé qu'il avait une surprise pour lui mais que cela prendrait plusieurs jours avant qu'il ne puisse l'avoir. C'était exactement il y a trois jours. Au début il avait était réticent d'accepter un cadeau, l'idée que quelqu'un fasse volontairement quelque chose pour lui ''juste comme ça'' était toujours un concept qu'il avait du mal à accepter. Mais cela était arrivé. C'était un autre jour classique, il était enfermé dans sa chambre et s'ennuyait, n'ayant rien à faire. Il avait alors commencé à compter les voitures passant dans la rue en dessous, pour passer le temps. Un corbillard noir entrant dans l'allée attira son attention. Il aperçut alors une femme et un homme sortir du véhicule. La femme était vêtue d'une mini-jupe et un tee-shirt noir avec un crâne posé sur deux os en croix était dessinés, elle portait aussi un collier de chien à clous et un épais bracelet en cuir. Ses cheveux étaient tirés en deux nattes et elle avait du rouge à lèvre noir. L'homme portait un simple jean et un sweatshirt du MIT. Tony sourit en entendant leur conversation.
- Pour l'amour de dieu Abby ! Tu avais vraiment besoin de frapper si fort ?
Le sourire de Tony s'agrandit à ces mots.
- Pardon Timmy, je suis juste trop excitée !
Tony haussa les sourcils à l'entente du nom de l'homme, il secoua la tête et continua d'écouter la conversation.
- Oui et bien, essaie d'endiguer ton enthousiasme.
- Oh aller Timmy, je sais que toi aussi tu es excité.
- Hum, je ne sais pas trop Abby.
- Peu importe ! Je sais que tu l'es. Tu le cache juste.
Tony rigola à la déclaration mais sa gaité disparu rapidement quand il réalisa qu'ils se dirigeaient vers la maison, tous deux portaient de grosses boîtes entre leurs bras. Son cœur se mit à battre dans ses oreilles quand il les entendit être accueillit par Gibbs en bas dans le salon.
- Hey Gibbs.
- Salut Abby. Est-ce que tu as tout ?
- Bien sûr que oui ! Tu aurais dû voir leur têtes quand on à interrompu l'inspection du FBI. Je dois te dire Gibbs, que le petit à des trucs vraiment trop cool !
- Abby, combien de Caff-Pow as-tu pris aujourd'hui ?
- Juste deux je le jure ! Est-ce que je peux le voir maintenant ? S'te plaît, s'te plaît Gibbs ! Je te promets que je ne lui ferais pas peur.
Tony rata le reste de la conversation car sa vision commençait à se troubler, et le battement dans ses oreilles était de plus en plus fort. Il détestait rencontrer de nouvelles personnes ! Il avait été conditionné pour se cacher des gens. Son père lui avait très clairement fait comprendre cela.
Il ne réalisa pas qu'il était en train d'hyperventiler jusqu'à ce qu'il sente la main de Gibbs sur son épaule et entendit sa voix lui parler gentiment. Il commença alors doucement à se calmer et, après quelques secondes, prit une inspiration assez tremblante et chuchota :
- Merci. Désolé pour tout ça.
- Pas de problème. J'ai des amis du travail qui ont quelques trucs pour toi, est-ce que tu es d'accord pour que je les laisse entrer ?
- Des trucs ? Pour moi ?
Gibbs réalisa que l'enfant n'avait probablement jamais rien reçu de toute sa vie qui n'avait pas de corde attachée au bout. Il soupira intérieurement et répliqua doucement :
- Oui pour toi. Je peux les faire entrer ?
Tony regarda nerveusement les gens attendant dans l'encadrement de la porte puis retourna le regard sur l'agent.
- Tu vas rester ?
Gibbs tressaillit, il détestait voir le garçon si angoissé à propos de quelque chose d'aussi simple que rencontrer de nouvelles personnes. Cela ne servait qu'à augmenter son désir de justice. Il se força à arrêter de penser à cela et regarda de nouveau Tony en lui lançant un sourire en demi-coin.
- Et combien que je reste.
Tony soupira de soulagement et donna un petit sourire.
- Ok.
Gibbs acquiesça et reprit.
- Ok, Abby vous pouvez venir maintenant.
Avant que Tony n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, une ombre noir et rouge se dirigea vers lui et pendant un instant terrifiant, il crût qu'elle allait lui rentrer dedans. Mais elle s'arrêta à environ trente centimètre de sa chaise. Elle resta debout, les mains derrière le dos et le regarda. Après un moment, elle ne put s'empêcher de commencer à radoter :
- Hey, je m'appelle Abby, je travaille avec Gibbs. C'est trop génial de te rencontrer enfin.
- Bonjour, je m'appelle…
- Oh je sais comment tu t'appelles, donc tu n'as pas à me le dire sauf si tu veux bien sûr et dans ce cas vas-y hein. Gibbs m'a dit que tu n'aimais pas trop qu'on te touche mais j'ai eu envie de te faire un câlin dès que je t'ai vu.
Tony la regarda comme si elle allait exploser devant lui. Il devait avoir attendu longtemps pour lui répondre car elle fit un pas vers lui et disant :
- Et bien ?
Le garçon secoua la tête et demanda :
- Et bien quoi ?
- Est-ce que je peux te faire un câlin ? Tu vois en fait j'adore faire des câlins.
Tony lança un regard incertain à Gibbs, qui lui sourit simplement en haussant brièvement les épaules. Le jeune homme retourna alors son regard sur Abby, qui attendait impatiemment et dit :
- Um… Je pense que oui…
Avant même que la phrase fut complètement prononcée, il se retrouva englouti dans une étreinte étouffante. Ils restèrent comme cela un moment avant que Gibbs ne s'éclaircisse la gorge et n'intervienne.
- Ok Abby, c'est bon.
Abby relâcha Tony de son étreinte et se retourna vers Gibbs en signant dans le langage des signes :
- J'essaie juste qu'il se détende un petit peu Gibbs.
Gibbs soupira et continua en signant également
- Tu vas devoir aller plus lentement Abby. Il n'a pas l'habitude.
- Je sais Gibbs, c'est pour ça que je l'ai fait, en plus, c'est toujours bien d'en avoir un super long.
- Calme-toi Abby, ça va prendre du temps ok ?
- Hey ! C'est mal poli de parler d'une personne alors qu'elle est là et ne peut pas vous comprendre. En plus, vous apprécieriez si je me mettais à parler dans un langage que je connais et pas vous ? S'exclama Tony, qui n'était pas confortable avec leur discussion silencieuse à propos de lui et de ses problèmes, alors il détourna la conversation vers un sujet qu'il pouvait contrôler plus aisément.
Abby fit volte-face pour se retrouver face à lui, ses nattes volant dans le geste elle plaça ses mains sur les hanches et questionna :
- Et quels langages connais-tu ?
Tony lui lança un sourire sournois et dit :
- Et bien ça dépend de quelle image j'essaie de donner de moi.
Le sourire d'Abby s'agrandit et elle remua ses sourcils.
- Ooooh ! Un homme à femmes.
~~~Fin du flash-back~~~
Tony sourit à ce souvenir. Ce jour avait été un des meilleurs qu'il n'avait jamais passé. Ce jour-là, ils lui avaient apporté toutes ses affaires de son ancienne maison.
Ils étaient parvenus à prendre tous ses vêtements, même les choses très chères, ils lui avaient aussi amené tous ses livres, sa Xbox, et les jeux allant avec, toute sa collection de DVD, sa chaîne hi-fi et ses CD, ainsi que son ordinateur portable qui était neuf. Et, en plus de ça, Gibbs lui avait construit des étagères et les avait mises au mur.
Tony n'avait jamais été tant gâté et n'avait su quoi dire. Il était persuadé qu'il ne reverrait jamais ses affaires et quand il en avait parlé à Gibbs, celui-ci avait juste répondu :
- J'ai demandé une faveur.
Il avait passé le reste de la journée à parler avec Abby et à regarder McGee et Gibbs mettre en place toutes ses affaires personnelles. Il n'avait jamais été aussi heureux. Il souhaitait pouvoir rester heureux, mais maintenant, il avait juste peur et se sentait impuissant, il regardait à l'extérieur de la fenêtre et pensait à combien il ne voulait pas y aller aujourd'hui. Ce n'était pas comme si on allait lui enlever ce stupide plâtre ou les points de suture, non, ils allaient mesurer ses signes vitaux et lui poser des questions débiles. Toute cette situation lui faisait mal au ventre.
Il détestait avoir ces sentiments, cela le faisait se sentir faible et impuissant car quand il se sentait comme ça, il avait du mal à se contenir, et ne pas se contrôler état quelque chose qu'il ne pouvait pas laisser arriver.
Il avait sûrement du froncer les sourcils car il fut tiré de ses pensées par une petite tape à l'arrière du crâne. Il se tourna avec indignation vers Gibbs.
- C'était pour quoi ?
Gibbs secoua juste la tête et répondit :
- Ca ne va pas être si terrible.
Tony grogna et reprit :
- C'est facile pour toi de dire ça Gibbs, c'est pas toi qui va devoir subir tout ça.
- Chochotte… souffla l'agent.
- Je…Ne…Suis…PAS…Une…Chochotte ! Répliqua Tony d'air vexé.
Gibbs remua simplement la tête et pointa du menton le fauteuil roulant. Le jeune garçon lui lança un regard noir et se transféra à l'intérieur. Ils arrivèrent devant les escaliers quand Ducky entra dans la maison. Il les vit en haut des escaliers et s'exclama :
- Juste un moment Jethro, j'arrive.
Tony ne put s'empêcher et rit quand il entendit le prénom de Gibbs. Il fut alors récompensé par un claque derrière la tête. Il lui lança un nouveau regard noir que Gibbs lui retourna.
Les deux hommes réussirent à descendre Tony et à le mettre dans la voiture, où il s'étala sur les sièges arrière. Gibbs remarqua que plus ils se rapprochaient du cabinet du médecin, plus le petit devenait calme et renfermé sur lui-même. Cela inquiétait Gibbs qu'en chaque situation de stress, Tony réagissait de cette façon. Il savait qu'il allait devoir lui en parler à un moment donné.
Quand ils arrivèrent au cabinet, il gara la voiture et laissa Ducky sortir le premier pour qu'il puisse aller les enregistrer auprès du secrétariat. Une fois Tony dans sa chaise, il se baissa devant lui.
- Parle-moi petit. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
'Punaise' pensa Tony, 'je déteste vraiment qu'il puisse lire en moi si facilement'. Il soupira et lui répondit :
- Je… Je sais pas ce qu'il va se passer.
Gibbs soupira intérieurement à cela. C'était difficile pour lui de voir le garçon autant perturbé pour ça. Il n'était lui non plus pas confortable autour des médecins, mais cette réaction, c'est proche d'une phobie. Voulant dire la bonne chose, mais n'étant pas sûr s'il le pouvait, Gibbs prit une grande inspiration et prit la parole :
- Tony, tu me fais confiance n'est-ce pas ?
- Ouai. Répondit l'enfant avec un léger hochement de tête.
- Et bien alors crois-moi quand je te dis que rien ne t'arrivera en ma présence.
- C'est pas ça Gibbs, soupira-t-il, je sais que tu seras là et je sais que le docteur Grant est un bon médecin et qu'il ne me fera pas de mal. Je sais tout ça. Je… Je sais juste pas…comment je vais réagir, quand je suis stressé et avec tous les médicaments contre la douleur que je prends, je ne peux pas…toujours…contrôler mes réactions. Et si… et si je réagis comme je l'ai fait avec Ducky ?
Gibbs était assez estomaqué de tout ce que Tony venait de lui dire. Il prit doucement le menton du jeune homme entre ses doigts et le regarda directement dans les yeux.
- Je veux que tu écoutes bien ce que je vais te dire. Tu m'écoute ?
Tony hocha la tête avec hésitation.
- Bien. Maintenant écoute bien. Je te couvre Tony. Je ne quitterais pas tes côtés pendant tout le rendez-vous. Tu comprends ?
Encore une fois, il hocha la tête, tout en se sentant beaucoup mieux, mais il serrait toujours la main de Gibbs, la tenant comme si c'était une bouée de sauvetage, et il s'évanouit presque quand ils furent appelés dans la salle d'examen.
Une fois à l'intérieur, une infirmière avec un dossier entre les mains les suivit en disant :
- Ok, je vais aller dire au docteur Grant que vous êtes là, pendant ce temps, monsieur DiNozzo va devoir se dévêtir et mettre cette robe d'hôpital. Et j'aurais besoin d'un échantillon d'urine. Ensuite, je reviendrais et on fera la procédure classique.
Tony la fixa un instant, confus. Elle avait expliqué tout ça à une vitesse record et son cerveau était toujours coincé sur le fait qu'il devait se déshabiller. Finalement, il demanda :
- Je dois me déshabiller ?
- C'est un problème mon grand ? Demande l'infirmière comme si sa question était insensée.
Tony voulu répondre que oui cela en était un, mais une main se posa sur son épaule, lui rappelant qu'il n'avait pas vraiment le choix. Alors, avec une grimace il répondit :
- Je pense que non…
L'infirmière sourit.
- Ok, et bien je reviens dans quelques minutes.
Il fallut que Gibbs lui dise de bouger pour qu'il commence à se dévêtir. Ils avaient réalisé assez rapidement que Tony était assez indépendant, et faisait autant qu'il pouvait les choses par lui-même au point d'en faire trop. Mais lui et Gibbs avait élaboré une routine qui permettait à Tony de faire ce qu'il pouvait et que Gibbs intervenait pour empêcher Tony de se faire mal à certains moments. Depuis, ils faisaient cette routine sans même s'en rendre compte.
Après quelques minutes, Tony se retrouva en sous-vêtements et Gibbs put voir qu'il commençait à paniquer. Sa respiration commençait à s'accélérer, et ses yeux regardaient tout autour de lui alors qu'il cherchait la sortie la plus proche. Gibbs s'enragea contre les personnes responsables de cette réaction.
Tony était gêné mais il enleva son caleçon et mit rapidement la robe d'hôpital. Il détestait avoir des personnes le regarder. Il détestait qu'ils puissent voir son corps. Il savait qu'il avait un problème avec son corps mais pas d'une façon normale, il ne voulait pas que les gens puissent le voir comme ça car il savait qu'il avait d'horrible cicatrices et que, quand les personnes les voyaient, ils étaient souvent dégoûtés ou alors il avait pitié de lui, et Tony ne voulait pas ces réactions, alors il avait appris très jeune à se cacher.
Après, Gibbs et Ducky l'aidèrent à monter sur la table d'examen, et il s'allongea en lâchant un long soupir et en mettant un bras sur ses yeux. Ducky prit très discrètement une éprouvette en disant :
- Cela serait peut-être le bon moment pour faire l'échantillon d'urine.
Ils regardèrent le torse de Tony se lever et redescendre en un long soupir et il répondit doucement :
- Et si on ne le faisait pas et qu'on disait qu'on l'a fait ?
- Ah, je ne pense pas Anthony. Je crois que cela serait mieux de faire comme ils ont demandé.
Tony enleva le bras de son visage et regarda les deux adultes, et vit les airs identiques de détermination sur leur visage. Puis il roula les yeux.
- Ouai peu importe…
Il réalisa qu'il serait juste de ne pas débattre pour le moment. Il savait qu'il avait encore d'autres examens horrible à subir alors il se dit qu'il valait mieux le réserver pour quelque chose qui en valait vraiment la peine. Alors, sans autre plainte, il remplit le tube et juste au moment où il se réinstallait, l'infirmière revint.
- Alors, comment ça se passe ici ?
Tony haussa simplement les épaules. Il n'était pas vraiment d'humeur à parler même un tout petit peu. L'infirmière ne perdit pas de temps à faire son travail. Gibbs pouvait voir que Tony commençait à s'agacer. Il savait qu'il n'aimait pas être touché et, qu'en l'espace d'une heure, il avait reçu plus de contact physique que dans toute la semaine précédente.
L'infirmière prit sa température et sa tension, compta ses respiration, fit un examen général rapide, puis le mesura et le pesa. L'agent put voir que le jeune homme perdait patience. Il regarda l'infirmière prendre du recul et sortir de sa poche un kit de prise de sang.
Gibbs, sachant l'aversion de Tony pour les aiguilles et voulant éviter une situation de crise, se plaça rapidement derrière Tony et d'un bras, le tira contre son torse, tandis que de l'autre il tourna la tête de jeune garçon dans le sens opposé de ce qui était en train de se passer avec les aiguilles. Ducky, conscient de la phobie de Tony prit rapidement son bras et le maintint tendu.
Tony, qui avait maintenant réalisé ce qui allait se passer tenta de tout son être de se libérer de leur étreinte mais même Ducky qui était plus âgé était tout de même plus fort que lui et se débattre contre Gibbs faisait le même effet que contre de l'acier. Quand il réalisa qu'il n'allait pas pouvoir s'échapper, il fut hors de lui. Il hyper ventila de plus en plus et ses yeux s'emplirent de larmes qu'il tenta désespérément de retenir mais malgré toute sa volonté elles se mirent à couler. Heureusement, l'infirmière était douée et put prélever les échantillons du premier coup et termina en quelques minutes. Dès qu'elle eut finit, elle quitta la pièce.
Tony, étant tellement remué, roula sur le côté et commença à vomir dès que l'agent et le légiste le relâchèrent. Gibbs le prit alors aussitôt dans ses bras alors qu'il vomissait dans une corbeille que Ducky était parvenu à placer en dessous. Après quelques secondes, Tony reprenait le contrôle et dit d'une voix tremblante :
- Je déteste quand je suis comme ça. C'est… C'est juste trop… Trop stupide.
Gibbs agita négativement la tête.
- Tu as le droit d'être bouleversé Tony.
- NON ! Réplique-t-il avec véhémence. NON ! C'est pas normal du tout ! Je ne suis pas un bébé Gibbs et seuls les bébé réagissent comme ça.
Gibbs soupira encore.
- Qui t'as dit ça ? Demanda-t-il en comprenant enfin tout le chemin qu'il restait pour qu'il devienne un enfant heureux.
- Mon père, souffla Tony.
La colère en l'agent monta d'un coup. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il était prêt à aller voir DiNozzo Sénior et tous ceux qui avaient trouvé que faire mal à Tony était une bonne année. Ses pensées devaient s'être montrées sur son visage car une main se posa délicatement sur son bras. Il baissa les yeux et son regard et celui de Tony se mélangèrent, et il y vit de la compréhension et de l'acceptation. Gibbs repoussa alors toutes ces idées sombres et répondit :
- Et bien ton père est un idiot.
- Il est qui il est. Répondit le garçon avec un haussement d'épaules.
Gibbs secoua la tête, il n'avait aucune idée de comment le petit pouvait être aussi acceptant envers tout ce qui lui était arrivé. Il décida que la capacité de Tony à pardonner était ce qui allait le sauver en fin de comptes.
Tony était exténué après toutes ces émotions et se rallongea alors en fermant fort les yeux, essayant de reprendre le contrôle de ses émotions, il était complètement fatigué, à la fois physiquement et mentalement. Il aurait aimé pouvoir simplement s'endormir et ne se réveiller qu'une fois tout ce cauchemar terminé. Mais malheureusement, il n'était aussi chanceux et, alors qu'il commençait à se détendre, il entendit le médecin entrer dans la pièce en parlant :
- Désolé d'avoir pris autant de temps, j'étais retenu par un autre patient.
Tony entendit les adultes échanger des courtoisies, mais garda résolument les yeux clos, espérant qu'ils allaient juste continuer de parler sans lui. Il ne fut pas si chanceux. Il ouvrit un œil quand Gibbs lui tapota l'épaule et le fixa en disant :
- Le docteur Grant t'a posé une question.
Un léger air paniqué traversa la figure de Tony quand il réalisa que Gibbs était effectivement en train de le faire interagir avec le médecin, et cela fit Gibbs se sentir mal pour ça, mais il savait qu'ils devaient commencer à travailler sur l'aversion du petit envers les nouvelles personnes, les nouveaux endroits, les nouvelles choses, à un certain point, alors il indiqua d'un mouvement de tête le médecin à Tony alors que ce dernier le fixait d'un air suppliant.
Le jeune souffla un peu en réalisant que l'agent n'allait pas être d'une grande aide, alors, sans regarder le médecin, Tony murmura :
- Désolé je… n'ai pas entendu la question.
Le docteur sourit gentiment :
- C'est pas grave. J'ai juste demandé comment allaient ton dos et ton épaule ?
- Oh… Bien…Ca va en fait. Je veux dire, le plâtre m'énerve et les sutures grattent beaucoup mais sinon ça va.
- Bien. Ça te dérange si je jette un coup d'œil à ton dos ?
Tony déglutit péniblement puis haussa les épaules et se mit sur le côté pour que le docteur puisse avoir accès à son dos. Après quelques minutes, le médecin releva la tête et dit :
- Tony, est-ce que ça te dirais d'enlever ces sutures aujourd'hui ?
Le garçon en question releva rapidement la tête et demanda incrédule :
- Vraiment ?
- Bien sûr, elles sont prêtes et cela ne prendra que dix minutes et ensuite ça sera finit. Ça te tente ?
Tony resta sans voix pendant un temps puis répondit :
- Um… Oui beaucoup.
- Bien. Maintenant allonge-toi pour que je t'enlève tout ça.
Vingt minutes plus tard, Gibbs et Ducky déposait un Tony épuisé sur le canapé pour qu'il y fasse une sieste pour un moment car, même d'après ses protestations de ne pas être fatigué, son corps avait un autre avis sur la question et allait envoyer son maître dans les bras de Morphée. Avant qu'il ne sombre dans le sommeil, Gibbs s'accroupit à ses côtés et lui demanda :
- Tu te rappelles que ce soir, mon équipe viens diner ?
- Oui, répondit-il difficilement.
- Je sais que tu ne seras pas très à l'aise mais ces personnes sont mes amis et je leur fais confiance avec ma vie et avec la tienne aussi. Ils sont aussi ceux qui ont travaillé très dur pour être sûrs que tu sois sauf et que tu le restes. Tu connais déjà Abby et McGee, il ne reste donc plus que Kate, Graceton et Gérald, l'assistant de Ducky. Tu penses que ça va aller ?
Tony acquiesça et répondit :
- Ça va aller je pense.
- Bien, lui sourit-il, je voulais juste te prévenir pour que tu ne sois pas pris au dépourvu.
Tony haussa les épaules et prononça les cinq mots qui firent chavirer le monde de Gibbs :
- Je te fais confiance Gibbs.
