Voilà, c'est déjà la fin de l'histoire. J'espère qu'elle vous a plu…bonne lecture…et à bientôt peut-être !
Elle a l'impression d'être face à un petit garçon qui vient de se faire prendre en train de faire une grosse bêtise. Elle se penche un peu en avant pour essayer de voir son visage mais elle n'y parvient pas.
« Daryl ? »
Il ne veut pas la regarder. Il vient pour la première fois d'exposer presque à haute voix ses sentiments, chose qu'il n'avait jamais fait.
« Daryl, regarde-moi. »
Il secoue la tête de gauche à droite.
« J'aurai jamais dû t'dire ça. Rentre et oublie tout. »
Elle croise les bras et se met à rire.
« Tu plaisantes j'espère. Je ne vais pas te laisser t'en tirer comme ça. Pas cette fois. »
Sa voix doit être suffisamment convaincante car il relève la tête et la regarde.
Elle profite de ce petit moment de faiblesse et lui fait un petit sourire.
La bouche de Daryl reste fermée mais ses yeux ne renferment plus cette colère qui couvait tout à l'heure. Au lieu de cela, elle y voit plutôt de la timidité, et une douceur qu'elle a déjà vu il n'y a encore pas si longtemps.
Elle décroise ses bras et prend une grande inspiration. Elle le connait assez pour savoir qu'il n'engagera pas le dialogue.
Alors elle se lance.
« C'est par respect pour toi si je ne suis pas venue vers toi après la mort de Sophia. »
Il reste immobile et la regarde toujours, attendant qu'elle continue.
« Tu avais fondé tant d'espoirs dans tes recherches que je savais à quel point tu devais être triste. »
Elle s'arrête et pose ses mains sur ses bras, comme si elle avait froid. Ses yeux se mettent à briller, les larmes pas très loin.
« Je savais que je devais te laisser le temps de digérer tout ça. »
Elle sait qu'il est nerveux, parce qu'il mord l'intérieur de sa lèvre inférieure, un geste significatif pour elle.
« Je t'ai laissé de l'espace, de quoi respirer. »
Elle s'arrête de nouveau, ses lèvres tremblantes et sa voix de plus en plus instable.
« Quand tu m'ignorais, je me disais que me voir te rappelait forcément Sophia. »
Elle met une main sur sa bouche, les larmes commençant à couler. Puis elle se reprend et continue.
« Même si ça me faisait du mal, je me disais que c'était nécessaire, que tu avais besoin de temps. »
Elle le regarde alors, et la tendresse qu'elle voit dans ses yeux l'anéantit complètement.
« Je voulais me persuader que tu allais me revenir encore plus fort qu'avant. »
S'il l'avait étonné un peu plus tôt, c'est à tour d'être pris au dépourvu. Cette femme a perdu sa fille et il l'a punit alors qu'elle voulait le protéger. C'est à son tour de s'expliquer. Il lui doit bien ça.
Il tousse pour éclaircir sa voix, incertain qu'elle soit assez forte vu sa nervosité.
« Quand t'as commencé à plus m'regarder, je m'suis dit que tout ce temps tu t'étais servie d'moi pour retrouver ta fille. »
Son regard est fuyant, il n'arrive pas à la regarder dans les yeux. Il a honte.
« Ca m'a foutu en rogne. »
Elle est paralysée. Ce qu'elle est en train de vivre est irréel. Daryl Dixon lui ouvre son cœur.
« Mais c'qui m'a l'plus mis les boules, c'est qu'tu m'parles plus. Qu'tu m'souris plus. »
C'est la première fois qu'il se confie comme ça. Et bizarrement ça n'est pas si difficile que ça, même si ses yeux naviguent toujours entre le sol, Carol et les alentours.
« J'voulais être celui pour te consoler. »
Les bras lui en tombent. Elle ne sait même pas quelle force la tient debout après ce qu'elle vient d'entendre. Elle a la bouche ouverte mais aucun son ne sort.
Daryl, quant à lui, se dit qu'il a certainement trop parlé. Il doit partir d'ici au plus vite avant de se mettre un peu plus dans l'embarras.
« Ecoute, oublie ça. Je m'suis trompé. J'suis désolé. J't'ai fait souffrir mais c'était pas volontaire. »
Il s'arrête et la regarde. Il ne sait plus quoi dire. Il hausse les épaules.
« J'dois y aller. »
Il passe rapidement à côté d'elle et part en direction de la maison, même s'il n'a aucune intention d'y aller.
Mais Carol ne compte pas en rester là. Elle reprend ses esprits et part à sa poursuite.
« Daryl attends ! »
Arrivée à sa hauteur, elle attrape son bras pour qu'il se retourne.
« Où est-ce que tu crois aller comme ça ? »
Comme il ne s'est pas retourné, elle se poste devant lui et attrape ses deux bras fermement.
« Daryl Dixon ça suffit ! J'en ai assez de te courir après ! Tu m'as dit des choses. Je pense que c'est à mon tour. »
Elle lâche ses bras et recule d'un pas.
« Ce que je vais te dire va sûrement te faire peur. Tu vas peut-être même avoir envie de partir en courant. Mais je pense que maintenant il est temps. »
Il n'ose pas la regarder. Elle va sans doute lui dire qu'elle ne ressent rien d'autre pour lui que de l'amitié. Il ne veut pas l'entendre. Il a été rejeté trop de fois dans sa vie.
Il lève ses deux mains, paumes en direction de Carol.
« J'veux pas entendre c'que tu as à dire. J'avais des choses à dire. C'est fait. On en reste là. »
Il la contourne pour s'échapper mais elle fait un pas de côté et lui bloque le passage.
« Tu n'iras nulle part avant d'avoir entendu ce que j'ai à te dire. »
Son ton est autoritaire. Il sait qu'elle le poursuivra jusqu'à ce qu'il cède et l'écoute. La Carol d'avant n'existe plus. Celle-ci est forte et déterminée. Il soupire et attend la sentence, regardant le sol.
« J'ai été mariée pendant treize ans à un homme méchant et sans cœur. Il n'a jamais pris soin ni de ma fille, ni de moi. Après toutes ces années je ne me faisais plus aucune illusion. J'allais finir ma vie avec cet homme violent, à n'être plus personne, à ne plus rien attendre. »
Elle pose de nouveau ses mains sur ses bras, un frisson la traversant au simple souvenir d'Ed.
« Le seul rayon de soleil dans ma vie était Sophia. Je me consolais en me disant que sans lui elle n'existerait pas, et son sourire non plus. »
Elle fait une pause. Elle ne verra plus jamais le sourire de sa fille. Et cette plaie ne se refermera jamais.
Daryl relève un peu la tête, se demandant pourquoi elle s'est arrêtée. Ses yeux brillent. Elle est perdue dans ses pensées.
Elle sent son regard sur elle et instantanément elle redescend sur terre.
Ils se regardent sans dire un mot, le temps suspendu pendant quelques instants.
Et puis elle parle.
« Et puis Sophia a disparu. Mon monde s'écroulait. J'avais l'impression de me débattre dans l'eau alors que tout le monde autour de moi nageait paisiblement, sans me voir. »
Elle s'arrête et sourit.
« Tout le monde sauf toi. Le reste du groupe savait qu'elle ne reviendrait pas. Mais toi, tu n'as jamais baissé les bras. »
Une larme coule le long de sa joue. Elle l'essuie rapidement et lui fait un sourire radieux.
« Pendant tout ce temps tu as été mon oasis au milieu du désert. »
Là où une autre personne répondrait avec le même sourire, Daryl lui se contente de soulever un coin de sa bouche. Mais pour Carol c'est suffisant, elle sait qu'il a compris.
« Je ne serais plus là aujourd'hui si tu n'existais pas Daryl Dixon. »
Cette fois-ci son sourire est complet et ses yeux pétillent.
« Alors je suis heureux d'exister. »
Elle rit et c'est le son le plus agréable qui soit à ses oreilles.
« Au milieu de ce désastre et toutes ces catastrophes, mon cœur a recommencé à battre. Je ne pensais pas qu'un jour j'aurais la joie d'aimer de nouveau. »
Il est si nerveux qu'il entend son cœur battre dans ses oreilles. Finalement elle partage ses sentiments. Elle l'aime.
« Va falloir que tu m'aides parce que j'suis pas très doué pour les trucs romantiques. »
Il hausse les épaules.
« J'sais pas trop comment faire si tu vois c'que j'veux dire. »
Elle doit faire ce dernier effort pour eux, pour qu'ils aient une chance. Elle s'approche au plus près de lui et pose délicatement sa main sur sa joue. Elle avance lentement son visage vers le sien jusqu'à ce que leurs bouches se touchent.
Ils se contentent de rester comme ça, sans bouger, savourant ce moment qu'ils attendaient tant l'un et autre.
Mais Daryl, aussi timide soit-il, veut un peu plus que ce simple contact. Il enroule un de ses bras autour de sa taille, faisant leurs corps se toucher dans toute leur longueur.
Cette proximité éveille leurs sens et presque simultanément ils approfondissent ce baiser si maladroit au début.
Quand leurs bouches se séparent, leurs yeux s'ouvrent et ils se regardent, le désir évident.
« Finalement j'crois qu'devrais y arriver. Ca m'a pas l'air si compliqué que ça. »
Carol se met à rire, les tensions et la gêne totalement oubliées.
Un autre baiser se prépare, pleins de promesses de lendemain, un peu de bonheur dans tout ce chaos.
