Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings

Pairing : HP/DM

merci pour votre enthousiasme ! Bonne lecture !


Chapitre II : Reprise de contact

Samedi 2 Septembre 2017

Draco reçut un véritable choc à la lecture du courrier de son fils ce matin. Il lui annonçait bien évidemment qu'il avait été réparti à Serpentard, ce dont son père ne doutait absolument pas. La surprise venait du fait qu'il lui racontait qu'il s'était fait un ami dans le train et que ce dernier, également placé dans la Maison du Grand Salazar, partageait sa chambre. Draco recracha sa gorgée de café quand il apprit l'identité de l'enfant. Albus Severus Potter ! Comment le fils du plus Gryffondor des Gryffondor avait-il pu atterrir dans la maison des Vert et Argent ?

OoOoOoOoOoO

Lundi 4 Septembre 2017

Malefoy tourna le coin d'un couloir du Ministère lorsqu'il percuta quelqu'un. Si lui était resté debout, son vis-à-vis s'affala au sol, poussant un cri de douleur mêlé de surprise. Prêt à engueuler le malotru qui ne regardait pas où il allait, les mots s'étranglèrent dans sa gorge lorsqu'il identifia l'individu. Nul autre que Harry Potter.

Il se remit rapidement sur pied, l'évalua d'un regard scrutateur et après le traditionnel hochement de tête, il voulut reprendre son chemin. Draco eut un mouvement totalement inattendu à cet instant. Il lui saisit le bras.

Harry se retourna vivement, observant l'intruse comme s'il s'agissait de l'une des bestioles étranges que Hagrid leur présentait en cours avant de remonter lentement son bras pour finir par croiser le regard gris, une question évidente dans le sien.

Draco était tétanisé par la chaleur qu'il ressentait sous le tissu, et comme d'habitude lorsqu'il était déstabilisé, il se réfugia dans l'attaque.

- Alors Potter, il paraît que ton fils a été envoyé à Serpentard ? Quel scandale pour le gamin du plus Gryffondor des Gryffondor !

- Eh bien, musa-t-il tout en me scrutant avec attention, je préfère croire qu'il a été plus sage que son père et qu'il a su faire un choix avisé quand celui-ci lui a été proposé.

D'un geste, il se libéra, se retourna et reprit son chemin, laissant Draco interdit dans le couloir. Avait-il bien compris ? Potter avait eu le choix de se retrouver à Serpentard ? Et pourquoi n'y était-il pas allé ? Est-ce que leur désastreuse rencontre dans le train l'avait influencé ou alors étaient-ce les discours de Weasley et Hagrid ? Ou un mélange des deux ?

Il fut ramené à la réalité par le regard confus que lui lança un stagiaire. Après l'avoir foudroyé du regard, il se réfugia dans son bureau pour y réfléchir plus à son aise. Harry lui avait coupé la mandragore sous le pied. Alors qu'il s'imaginait déjà pouvoir le persécuter – gentiment – avec l'information que lui avait fournie Scorpius, il acceptait trop bien la situation.

Quelques heures plus tard, il remontait le couloir d'accueil quand il surprit une conversation entre Harry et Weasley qui venaient en sens inverse.

- Mais enfin Harry ! Tu ne vas quand même pas accepter ça. Il faut que tu ailles voir Mc Go. Je suis sûr que si tu lui demandes, elle acceptera que Al repasse sous le Choixpeau et il sera envoyé à Gryffondor, la seule maison où il devrait être. Il n'a pas sa place chez ces foutus serp...

- Ron ! cingla Potter. Ça suffit. Je n'irai pas à Poudlard et Albus restera chez les Vert et Argent. Ils sont loin d'être des monstres comme tu continues à le clamer !

- Alors Ginny ira...

- Ginny n'ira rien du tout ! Albus a pris sa décision et je l'approuve. Crois-tu que je mentais en disant que j'aurai pu aller moi-même à Serpentard ! Et cela m'aurait sûrement été bénéfique au vu de tout ce que j'ai vécu durant ma scolarité !

- Mais... Mais...

- Ça suffit ! On a une mission, alors en route !

Il reprit sa route, ne regardant même pas si son beau-frère le suivait. Draco se porta délibérément à sa rencontre et lui souffla doucement "Borné !". Un simple frémissement de ses lèvres lui fit comprendre qu'il avait parfaitement perçu le sens de sa remarque.

Malefoy les observa jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans l'une des cheminées. A priori, Weasley n'appréciait vraiment pas de savoir que son neveu était devenu un représentant de la maison de Serpentard.

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Vendredi 8 Septembre 2017

Quelques jours plus tard, il eut une forte impression de déjà-vu, bien que les protagonistes soient légèrement différents, ainsi que le lieu. Ils étaient en plein milieu du Chemin de Traverse et attiraient l'attention de plusieurs passants qui s'amusaient de la querelle opposant le Héros du monde Sorcier et son épouse. Cette dernière tenait les mêmes propos que son frère, sur un ton nettement plus hystérique et Harry lui répondait avec calme.

- Aucun de nous n'ira à Poudlard, Ginny. Albus semble très heureux et nous n'allons pas interférer.

- Mais Harry, ton fils ne peut pas être à Serpentard. Penses un peu à ce que les gens diront !

- Comme je te l'ai déjà dit, les Serpentard ne sont ni meilleurs ni pires que les autres Maisons. Il faut arrêter de stigmatiser tout le monde. Les préjugés n'apportent jamais rien de bon. Si mon fils est heureux, c'est tout ce qui m'importe. Et peu importe ce que les gens diront.

- Alors beau-frère, comme ça mon adorable petit neveu est devenu un Serpent, claironna George en arrivant derrière le couple. Quoi de mieux pour faire comprendre à tous les emmanchés du balai que cette stupide guerre est bien derrière nous. Faut vraiment être limité du bulbe pour se rattacher encore à ces stupides querelles d'école. Tout ça, ce ne sont que des préjugés ridicules.

- Content de voir que tu comprends mon point de vue, George.

- Mais enfin, tu es fou... s'écria Ginny.

- Stop sœurette. Il n'y a que toi et Ron qui vous montriez aussi obtus. Il est plus que temps d'avancer. De plus, si tu t'obstines, c'est ton fils que tu vas finir par blesser en insultant sa Maison de la sorte. Il va penser que tu le rejettes. C'est ce que tu veux ?

- Mais il ne peut pas...

- Arrête Ginny ! Ça suffit maintenant, tu commences à me faire penser à la mère de Sirius, décréta Harry.

Malefoy ne put entendre la suite de la conversation puisqu'ils entrèrent dans la boutique de Weasley, mais il eut le temps de voir le teint cramoisi de la rousse et le sourire narquois de son frère.

Depuis ces événements, il s'efforçait de se placer sur son chemin le plus souvent possible. Alors qu'il l'évitait sciemment auparavant, il cherchait aujourd'hui à croiser son regard, plongeant dans les lacs d'émeraude. Il accentuait ses hochements de tête pour le saluer. Et finalement il lui adressa la parole.

La première fois, il cracha presque son patronyme, comme au temps de Poudlard. Harry avait écarquillé les yeux mais n'avait pas répondu. Son salut se fit plus poli, plus cordial au fil du temps. Il passa de « Bonjour Potter » à « Salut Potter ». Ses réponses ont suivi de la même manière.

Et puis ce matin, c'est devenu "Bonjour Harry !"

Et Potter répondit "Bonjour M... Draco", les joues rougissantes et les yeux troublés.

"Pourquoi ?" vous demanderez-vous ? Probablement à cause de ce qui s'était passé ce matin justement.

OoOoOoOoOoOoO

POV de Draco

Depuis le moment où je lui avais agrippé le bras, ce lundi-là, après avoir appris que son fils était un Serpentard, mes nuits étaient ... mouvemeontées. J'avais dû faire une croix sur mes amants de passage, mon corps me faisant bien comprendre qu'il ne voulait plus de substituts. J'étais donc dans un état de frustration certain.

Quand je dis que mes nuits étaient agitées, cela ne signifie pas des rêves débridés et sulfureux. Non, ils étaient étonnement sages, bien qu'intensément érotiques.

Ils commençaient toujours de la même manière. Ma main sur son bras. Ses doigts qui enlacent les miens et m'attirent. Une chambre sobre mais luxueuse et chaleureuse. Un lit à baldaquin accueillant. Ma main qui déboutonne sa chemise, dévoilant une peau douce et hâlée. Sa main caressant ma joue. Nos lèvres se rencontrant, s'apprivoisant. Nos langues entamant un duel. Un gémissement sourd et nos mains partent à la découverte de ce nouveau territoire plus que convoité. Nos soupirs retentissent, plaintes mêlant l'impatience causée par notre volonté réciproque de lenteur. Nos pantalons et sous-vêtements ont disparus, comme par magie, et nos hanches se mettent en mouvement, amenant à un dur contact nos virilités dressées. Impatiemment, je le retourne vivement et admire un dos finement musclé, une chute de reins mémorable et un fessier à damner un saint. Je le pousse sur le lit, l'enjoignant à relever sa croupe et commence à masser voluptueusement ses fesses, retardant difficilement le moment de m'y enfouir avec vigueur. Enfin, après un temps qui me semble infini, poussé par ses soupirs et ses cris, je me positionne et ...

Je me réveillais haletant et dans la plupart des cas, poisseux comme ces adolescents à la libido bouillonnante. En général, je me levais pour me précipiter sous la douche, pestant contre ce manque intolérable de contrôle, surtout à mon âge.

Contrairement à mon habitude, je suis resté couché, cherchant à reprendre mon souffle et mes esprits. Sans y penser vraiment, j'ai posé la main sur mon torse. Lentement, je l'ai fait glisser sur ma peau, jusqu'à ces petits bouts de chair si sensibles chez moi. Ils étaient déjà érigés, comme s'ils avaient réellement été malmenés quelques minutes auparavant. Je descendis le long de mon estomac plat, atteignant mon nombril. Mon index y plongea, mimant le mouvement d'une langue fantôme, amenant sur mes lèvres un gémissement de bien-être. Ma verge qui était encore semi-érigée jusque-là, se redressa en un instant, semblant réclamer mon attention. J'enroulai lentement mes doigts autour, glissant facilement grâce au sperme émis un peu plus tôt. J'écartai les cuisses pour pouvoir enrober mes testicules de mon autre main. Je les pressai doucement, les palpant tandis que je massai langoureusement mon pénis.

Je sursautai soudain sous l'effet d'une sensation totalement inattendue. Mon petit doigt s'était ... égaré à un endroit que personne n'avait jamais eu l'audace de toucher, pas même moi, ou tout du moins dans ces circonstances précises. Je suis un pur dominant et je n'ai jamais été tenté par l'expérience. Pourtant, il semblait qu'aujourd'hui, mon inconscient avait pris le contrôle.

Hésitant, je fis glisser mon auriculaire sur mon gland, récupérant un peu de liquide séminal et l'approchai ensuite de mon anus. Lentement, je forçai l'anneau de muscles tout en continuant mon mouvement de va-et-vient sur mon sexe. Je m'étais immiscé d'à peine deux centimètres dans cet endroit inviolé quand je perdis tout contrôle, sous la force des sensations. Je décuplai la rapidité des mouvements de ma main sur mon sexe, le malmenant sans égard, tandis que mon doigt se perdait dans cet antre chaud. Ne pouvant me retenir, avide de plus, je le retirai vivement pour le remplacer par mon index. Des contractions musculaires, réaction instinctive de rejet, resserrèrent le passage. La nouveauté de la sensation, ces vibrations rythmées signèrent ma perte. Mon dos se cambra à l'extrême et j'éjaculai à grands traits brûlants sur mon estomac tout en hurlant le nom de Harry, mon champ visuel totalement rempli par la vision de prunelles émeraude. Ce fut bref mais terriblement dévastateur.

Il me fallut un temps infini pour me reprendre, bien plus qu'après mes rêves ou n'importe quelle séance de baise, aussi intenses aient-elles pu être. Ce fut aussi à ce moment-là que je me dis que j'avais perdu pas mal de temps. De par mon éducation, je ne m'étais jamais accordé le droit de me masturber, préférant croire que seuls les désespérés pouvaient avoir recours à des méthodes aussi vulgaires. Aujourd'hui, je me dis que cela m'aurait peut-être évité quelques cuisantes déceptions. Mieux vaut parfois être seul que mal accompagné, dit la sentence, et j'ajouterai que c'est d'autant plus vrai en ce qui concerne le sexe.

Fin de POV

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Mardi 19 Septembre 2017

L'esprit de Draco était encore noyé par ces sensations quand il salua Harry ce jour-là. Ce dernier lui répondit comme d'habitude, mais se raidit subitement. Il fixa un long moment Malefoy, ouvrant la bouche comme s'il était sur le point de poser des questions, mais la refermant en secouant la tête. Et en percevant la réaction de son vis-à-vis, Draco fut persuadé de l'avoir submergé d'images plus lascives les unes que les autres.

Il mit sa théorie à l'essai et continua à jouer avec lui les jours suivants. Il le traqua dans les couloirs du ministère, chercha à croiser son regard à chaque occasion. Et quand il y parvenait, il lui montrait ce qu'il se faisait le soir dans l'intimité de son lit, les fantasmes qu'il imaginait, les mettant tous deux en scène, tour à tour dominant ou soumis.

Il n'avait pas voulu croire son parrain, Severus Roque, quand ce dernier lui avait dit qu'il donnait des cours d'occlumancie à Harry et que celui-ci se révélait totalement inapte dans la magie de l'esprit. Aujourd'hui, il bénissait cette incapacité à protéger son esprit. Ses barrières mentales étaient une véritable passoire. En tant que legilimens naturel, Draco pouvait donc facilement transmettre toutes les images qu'il souhaitait.

Potter ne réagissait pas à son manège, du moins pas ouvertement. Draco pouvait juste voir ses yeux s'écarquiller, ses joues se colorer d'un délicat voile rose ... adorable. Lorsqu'il était suffisamment près de lui, il pouvait voir ses pupilles se dilater, sous la surprise ... ou le désir.

Il se contenta un long moment de cette interaction étrange. Cependant, il ne pouvait pas se cacher longtemps un détail des plus importants : leur situation maritale réciproque.

Le divorce n'existe pas dans le monde Sorcier. Il ne faut pas y voir là une situation rétrograde quelconque. Les Unions Sorcières sont contraignantes. Ce n'est pas une phrase anodine qui clôture les cérémonies : « Ce que la Magie a uni, nul sorcier ne peut le désunir ! ». Il est vrai que les Moldus l'ont adaptée à leur propre religion, mais ils n'en ont pas compris le sens premier. Si l'existence de leurs dieux est sujette à caution, ce n'est pas le cas de la Magie, même s'ils estiment qu'il s'agit d'une pure fantasmagorie. Les vœux de mariage magique s'apparentent en quelque sorte aux serments inviolables ou toute autre promesse faite sur la Magie elle-même. Heureusement, briser les vœux n'est pas mortel, sinon on compterait un nombre hallucinant de veufs, veuves et orphelins. La Magie unit le mari et la femme à leur niveau le plus intime, leurs essences magiques.

En fait, les alliances ne sont pas de simples anneaux dont on passe commande auprès de joailliers. Ils sont la représentation physique des vœux que sont prononcés, entérinés par la Magie. Un bon observateur pourrait remarquer que les alliances sont intimement liées aux personnalités. Celle de Draco, par exemple, représente un serpent d'argent, sans aucune fioriture. Classique, discrète et élégante.

Il existe des cas où le mariage s'annule de lui-même, mais ils sont rares. Généralement, cela arrive lorsque l'un des conjoints rencontre son âme-sœur. Mais les veelas, loups-garous et vampires sont eux-mêmes peu nombreux en ces temps, en raison de la politique raciste du Ministère. Cependant un tel lien prime sur tous les autres et entraîne alors la dissolution totale et immédiate de toutes unions antérieures.

À côté de ces situations avérées, d'autres mariages ont été dissous sans explication empirique. La violence, l'adultère, la maladie, aucun de ces arguments ne certifie qu'un mariage sera annulé. Il est arrivé que les alliances se dissipent dans l'air, libérant les époux, les laissant reprendre chacun leur chemin.

La Magie a ses raisons que le Sorcier ignore. Encore une sentence que les Moldus ont détourné sans connaissance de son sens profond.

L'adultère étant une composante plus que courante dans les mariages sorciers et avait des conséquences logiques sur la descendance des époux. Cependant, une règle restait incontournable. Les relations extra-conjugales n'étaient tolérées qu'après la naissance d'un héritier. Celui-ci devait impérativement être le fruit des deux époux. S'il s'avérait que les enfants suivants étaient des « bâtards », une adoption de sang réglait le problème.

C'est là que résidait la plus grande hypocrisie des Sang-Purs. Alors qu'ils clamaient la nécessité de protéger la pureté des lignées, très peu de ces mariages échappaient à ce que les moldus appelleraient des bâtards.

En attendant, ils étaient tous les deux mariés et il connaissait suffisamment Harry pour le savoir fidèle, même si ce n'était pas le cas de la Belette femelle. Draco se demandait d'ailleurs s'il était vraiment ignorant des incartades de sa ... femme.

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Mercredi 11 octobre 2017

Draco était de mauvaise humeur ce matin. Ce soir-là se tiendrait le dix-neuvième Bal de la Nouvelle Ere organisé par le Ministère. En 1999, ces imbéciles n'avaient pas trouvé de meilleure idée que de commémorer les défaites de Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-Nom. Oh oui, vous avez bien entendu : Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-Nom et SES défaites. Shacklebolt avait plié face à la pression de ses conseillers et avait instauré ces fichues commémorations, l'une à Halloween pour fêter la première victoire du Survivant, l'autre à la fin du mois de mai pour la Bataille de Poudlard. Si la seconde se justifiait pleinement, la première était, selon moi, une vaste mascarade.

Quant au nom utilisé pour parler de Voldemort, même après toutes ces années, les Sorciers avaient encore peur de prononcer son nom. Voldemort. Cela amusait toujours Draco de voir frémir les gens quand ils l'entendaient. A priori, Harry également prenait un malin plaisir à le placer chaque fois qu'il le pouvait. Même les Belettes continuaient à sursauter à chaque mention de ce nom.

Cette année-là, Harry était entré dans une rage mémorable en apprenant les raisons de ces festivités. Il avait été traîné là-bas par Ginny, alors sa petite-amie, et Ron Weasley. Au moment des discours des officiels, il avait été propulsé sur l'estrade pour recevoir des félicitations sirupeuses. Il n'avait pu s'empêcher de rappeler à tous les convives que la nuit d'Halloween devait être dédié à la commémoration des défunts, et notamment au décès de ses propres parents, et ne pas être l'occasion de festivités dispendieuses.

L'année suivante, le Bal de Commémoration avait été programmé plus tôt, sans aucun lien direct avec une date de victoire ou de fête officielle.

Harry mettait un point d'honneur à être présent lors de ces célébrations, mais il le faisait uniquement en hommage aux victimes de la Guerre. Il n'en tirait absolument aucune gloire. Au contraire, à chaque fois, il avait l'air un peu plus consterné face à cette déraison.

Quant à Draco, il détestait viscéralement ces manifestations insipides et hypocrites, mais en homme d'affaires accompli, il était de son devoir de s'y rendre. Il n'y avait pas de meilleur endroit pour prendre des contacts et conclure des contrats. Il s'y présenta donc accompagné d'Astoria. Et il pourrait une fois de plus observer Harry.

La salle de Bal était envahie, il y avait du monde absolument partout. Draco avait fait un rapide tour d'horizon pour se rendre compte que la soirée ne serait pas profitable cette fois-ci. Sa femme s'était éloignée de lui aussitôt arrivés, pour rejoindre ses amies et discuter d'œuvres sociales et autres futilités féminines.

Comme prévu, Harry était bien là, même s'il était difficile de le remarquer, noyé comme il l'était dans une marée de roux. C'est vrai qu'il n'était pas bien grand, mais avec la famille Belette, il se retrouvait toujours dissimulé derrière leurs silhouettes dégingandées. Même la p... sa femme le surplombait, sa taille encore rehaussée par des talons hauts qui lui donnaient une démarche vacillante.

Lorsque le Ministre entama son discours, Draco vit Potter se faire propulser vers la scène, exposé à la vue de tout un chacun alors qu'il était clair qu'il aurait préféré rester en retrait. Sa femme lui tenait fermement le bras pour le retenir, et son beau-frère se collait littéralement à lui pour l'empêcher de reculer. Dans ses yeux, il pouvait discerner une tristesse insondable, même de là où il se tenait, c'est-à-dire à plusieurs mètres. Il le surveilla discrètement, ne manquant pas de remarquer qu'il vidait régulièrement son verre. Peu avant minuit, il réussit à échapper à l'emprise tentaculaire de la Ginny Weasley Potter. Il s'éloigna lentement, titubant un peu, vers la terrasse. Malefoy le suivit.

Une bouffée d'air frais l'accueillit lorsqu'il franchit les portes, contrastant agréablement avec l'ambiance surchauffée de la salle. Il fronça les sourcils en ne le voyant pas à cause de la pénombre. Soudain, sa voix murmura doucement.

- Comment fais-tu pour supporter ce mensonge ? demanda-t-il.

- Quel mensonge ? questionna-t-il en le repérant près de la rambarde, contre le mur du fond, à demi caché par la végétation.

- Tout ça. Les apparences, les faux-semblants, tout ce cirque ?

- J'ai été élevé pour ça. C'est ma vie.

- Je n'en peux plus, chuchota-t-il. J'en ai assez.

Il s'approcha lentement, inquiet de la lassitude audible dans sa voix.

- Tu sais, ce n'est pas ce que je voulais, j'ai toujours fait ce que l'on attendait de moi. J'ai cru que quand j'aurais tué Voldemort, je pourrais faire ce que je voulais et pourtant, j'ai encore laissé les autres décider pour moi. Et là, je ne sais plus. Je veux que ça s'arrête.

Sur ces mots, il se tourna vers lui et Draco vit ses yeux brillants de larmes contenues. Il vacilla dangereusement et le blond eut le réflexe de le rattraper juste à temps. Harry cala aussitôt son visage dans son cou, resserrant les bras autour de sa taille. Il pouvait le sentir trembler.

Malefoy hésita sur la conduite à tenir mais ne put se résoudre à le laisser tomber. Il ne voulait pas devoir retraverser toute la salle de Bal avec un Harry visiblement ivre. Les invités se scandaliseraient de son état et les journalistes en feraient des gorges chaudes sur toutes les Unes des quotidiens. Sans compter les probables réactions hystériques de ses deux boulets attitrés.

Une autre question lui traversa l'esprit également. Pourquoi se confiait-il à lui ? Même si leurs relations s'étaient largement améliorées, ils étaient loin d'être des amis, à peine des connaissances en fait. Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées, mais la seule chose qui lui importait était qu'il était dans ses bras. Il devait faire appel à tout mon sang-froid pour rester impassible.

Il appela un elfe de maison pour qu'il les amène directement à l'Atrium. Heureusement que ces petits serviteurs pouvaient se déplacer discrètement dans le Ministère. La petite créature transplana à l'instant exact où Belette femelle passait le seuil de la terrasse, tirant derrière elle un Terry Boot qui avait déjà enfoui ses mains sous sa jupe. La dernière chose qu'il vit fut la garce se retourner vivement pour embrasser l'ancien Serdaigle tout en manœuvrant pour déboucler la ceinture de son pantalon.

L'elfe les déposa tout au fond de l'Atrium, loin des quelques Sorciers et Sorcières qui prenaient les cheminées pour rentrer chez eux. Il expliqua que de cette façon, leur départ serait bien plus discret. Draco le remercia sobrement, chose rarissime de sa part envers ces serviteurs, et lui demanda de porter un message à Madame Potter pour l'informer que Monsieur Potter avait décidé de rentrer parce qu'il ne se sentait pas bien. Il resserra sa prise sur l'Auror et entra dans les flammes vertes en énonçant l'adresse de son appartement sur Belgravia.

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Jeudi 12 octobre 2017

POV de Harry

Ooooh ma tête. J'ai l'impression qu'un troupeau de sombrals fait la java avec des hippogriffes en chaleur sous mon crâne. Je me retourne avec précaution et enfouis mon visage dans les doux draps de coton. Une agréable fragrance de fougères mêlée au bois de santal m'entoure. Je me sens comme dans un cocon, à l'abri.

Minute ! Santal ? Fougères ? Je me redresse vivement et ... sens ma tête résonner comme un chaudron fêlé. Je me laisse retomber sur l'oreiller en gémissant.

Après quelques instants, alors que les pulsations s'amenuisent, j'ouvre prudemment un œil, puis l'autre. La pièce m'est totalement inconnue. Les murs sont tendus de papier crème avec des liserés vert profond, les meubles en bois d'une teinte chaude s'inscrivent harmonieusement dans le décor. En tournant la tête, je capte un scintillement. Une petite fiole se trouve sur la table de chevet, posée sur un parchemin. Je me saisis de ce dernier et le déroule.

Bonjour Harry,

Avant toute chose, bois cette potion anti-gueule de bois, ta tête te remerciera.

Je détaille le flacon et le porte à mon nez. L'odeur nauséabonde me retourne presque l'estomac mais j'identifie la potion en question. J'obtempère. Mon nez se fronce de dégoût face au breuvage et une grimace crispe mes traits quand je l'avale à cause de son goût atroce. J'entends susurrer la voix de Rogue qui me serine sans cesse qu'une potion n'est pas un rafraîchissement, elle sert à guérir.

Merlin que certains souvenirs ont la vie dure !

Je reprends ma lecture, un sourire aux lèvres.

Maintenant que tu as retrouvé tes esprits, je préfère te dire que ta vertu est sauve, je me suis contenté de te retirer ta robe, tes chaussures et tes chaussettes, ainsi que ta ceinture pour que tu puisses dormir de manière confortable.

Pour ce qui est de ta réputation, elle est toujours intacte également. Enfin, autant que faire se peut. Je veux dire par là que j'ai pu te faire sortir du Ministère sans attirer l'attention de quiconque. J'ai également transmis un message à la Belette pour lui signaler que tu rentrais te reposer.

Tu te trouves dans mon appartement de Belgravia. Un petit-déjeuner t'attend dans la cuisine. Prends ton temps. Profite de la salle de bain. Tu peux même m'emprunter une chemise si nécessaire (heureusement qu'il existe des sortilèges applicables aux vêtements).

À bientôt,

D. Malefoy

Dire que je suis étonné à cette lecture serait un euphémisme. Bien sûr, nos relations ont changé depuis la rentrée des enfants à Poudlard, mais de là à faire ce qu'il a fait, il y a un monde. Ce serait plutôt quelque chose que j'attendrais de la part de Ron... Quoique.

Je délasse mes muscles engourdis sous une douche brûlante avant de m'enrouler dans une serviette moelleuse. Le parfum de fougères et de santal m'entoure à nouveau, m'apportant une étrange sensation de réconfort.

Après m'être rhabillé, je profite du petit-déjeuner qu'il m'a préparé et gardé au chaud. Je dois résister à la curiosité pour ne pas fureter dans toutes les pièces. Je quitte finalement l'appartement pour rentrer chez moi, ne sachant pas si Ginny est rentrée la veille ou si elle a découché une fois de plus.

Fin de POV

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Malefoy croisa Harry dans les couloirs le lendemain du bal. L'Auror le salua d'un franc « Bonjour Draco ! » auquel il répondit un peu machinalement. Au moment où ils se croisèrent, il lui souffla un merci, soutenant son regard. Draco ne put s'empêcher de remarquer qu'il semblait bien plus reposé que les derniers jours et s'en réjouit. Dans ses yeux, il put voir une étincelle qui avait disparu depuis bien longtemps, une sorte d'espoir.

Leurs relations changèrent une fois de plus à partir de cette rencontre. Il ignorait pourquoi, mais il n'avait plus vraiment à cœur de jouer avec lui en lui envoyant des images de luxure. Le fait d'avoir vu sa femme se faire tripoter, et probablement plus, en plein bal avait apparemment réveillé une forme de pitié jusque-là profondément enfouie.

Deux jours plus tard, ne voulant pas rentrer dans son Manoir vide, il décida d'aller boire un verre. Compter sur la présence d'Astoria était illusoire et il ne voulait pas rester seul dans son bureau à siroter de l'alcool. Il se rendit donc à The Prancing Hippogriff, un pub d'un standing bien plus élevé que ce que pourrait laisser penser la stupidité du nom de l'établissement.

Il dégustait un Whisky Pur Feu, scrutant les silhouettes qui l'entouraient. Son regard était fixé sur le fessier d'un petit brun déluré tandis qu'il se perdait dans un scénario dont il avait le secret lorsqu'un courant d'air lui fit tourner la tête. Potter se tenait sur le seuil, semblant hésiter à franchir le pas de la porte. Ses yeux firent nerveusement le tour de la salle avant qu'il ne le repère, assis au bar. Il eut un sursaut avant de prendre sa décision.

Sans un mot, il s'installa près de Malefoy et commanda un Whisky. Ni l'un ni l'autre ne voulut briser le silence confortable qui régnait entre eux. Ils sirotèrent tranquillement leur boisson, appelant le serveur d'un signe pour qu'il les resserve.

Trois verres plus tard, il se leva, déposa des gallions sur le comptoir et après un salut cordial, sortit.

Cela devint leur nouvelle routine. Ils se retrouvaient tous les deux jours – il semblait que l'un comme l'autre surveillaient les mouvements de l'autre pour déterminer les soirs où ils seraient tous deux de sortie.

Le premier arrivé commandait pour l'autre, qui venait s'installer, toujours sans dire un mot. Le jeu débuta quand Draco changea leur commande habituelle. Au lieu du Whisky, il demanda un Hydromel aux épices. Il haussa un sourcil en contemplant le verre, mais le but sans regimber.

Peu à peu, ils essayèrent toutes les boissons de la carte, de l'écœurant Sirop de Cerise Soda avec boule de glace vanille, qui leur tira des grimaces de dégout, au vin de Sureau, en passant par la Vodka Pure Glace et le rhum Groseille. Ce fut Harry qui gagna leur concours implicite le jour où il accueillit Draco avec un grand verre de lait chocolaté glacé. Le blond ne put s'empêcher de l'apostropher quant à son choix, arguant qu'il n'était plus un enfant depuis longtemps.

Cet évènement marqua un nouveau tournant dans leur interaction. Ils commencèrent par échanger des informations sur les enfants, devenus si bons amis à Poudlard. Peu à peu, les sujets de conversations se diversifièrent et les soirées s'allongèrent. Ils discutèrent des enfants et de leur travail.

Harry n'abordait jamais le sujet de son mariage mais Draco ne s'était pas gêné pour déclarer que sa propre union n'en était une que de nom. Avec une certaine dérision, il avait reconnu avoir fait son devoir : la production d'un héritier. Pour le reste, son épouse ne le concernait en rien et il préférait s'en tenir éloigné.

Malefoy découvrit un tout autre Harry que celui qu'il avait imaginé côtoyer pendant les années à Poudlard ou même les années qui suivirent. Cela lui fit un peu plus regretter de ne pas avoir voulu le connaitre à cette époque.