Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings

Pairing : HP/DM

Un tout grand merci à vous tous.

Et voici un nouveau chapitre pour vous !


Chapitre III : Découvertes et Rapprochement

Mercredi 8 Novembre 2017 – 10h

Ronald Bilius Weasely n'était pas un homme heureux. Il fulminait, assis à son bureau, submergé par des piles de parchemins qui menaçaient de l'engloutir à tout moment. D'un coup de plume rageur, il signa un énième document qu'il lança sur une pile sur le côté.

Quand il était arrivé ce matin, il avait été apostrophé par Harry. Il avait des dizaines de rapport en retard et il était impératif que ceux-ci soient rendus pour la fin de l'année qui approchait à grand pas. En tant que chef du département, Harry l'avait donc retiré du terrain jusqu'à ce que tout soit en ordre. A lui de régler le problème au plus vite s'il voulait reprendre les missions.

Il ressassait l'entrevue, se rappelant les sourires goguenards de certains de ses collègues. Il avait bien tenté de négocier, mais Harry avait été intraitable. Et depuis, il ne décolérait pas. De plus, son estomac grondait, réclamant à manger. Et un Ron affamé était bien plus dangereux qu'un hippogriffe insulté.

Il jeta sa plume dans un mouvement de colère, se rejetant dans son siège, et plongea dans ses pensées.

Ron était né dans une famille aux moyens plus que limités, sixième fils d'une fratrie exclusivement masculine. Rien de bien inattendu. Pire, alors qu'il n'était déjà que le « fils de » ou le « frère de », une fille naquit, la première depuis plusieurs générations dans la famille Weasley, le privant du peu d'attention qu'il réussissait à obtenir. Du moins, c'était ainsi qu'il le ressentait.

En entrant à Poudlard, il avait cru toucher le jackpot en rencontrant Harry Potter dans le train et en devenant son ami. Il avait espéré pouvoir briller grâce à son aura de Survivant. Cela fonctionna, mais en partie seulement. Au lieu de devenir enfin Ron Weasley, il fut connu sous le qualificatif de « Meilleur ami » ou même simplement comme l'un des membres du Trio d'Or.

Pire encore, ses parents et ses frères et sœur adoptèrent immédiatement Harry. Il devint le « septième fils », le « sixième frère », privant ainsi Ron de sa place légitime.

Les six années s'écoulèrent ainsi, pointillées de hauts et de bas, ces derniers étant surtout dus à sa jalousie maladive, même s'il ne le reconnaitrait jamais.

La septième année fut consacrée à la chasse aux Horcruxes. En stratège accompli, il ne pouvait comprendre l'attitude quasi-nonchalante de Harry qui n'avait même pas pris la peine d'établir un plan d'action. Leurs déambulations lui tapaient sur le système et il n'appréciait pas du tout l'empressement de Hermione à l'égard de Potter. Il n'avait jamais eu le courage de se déclarer auprès de la jeune fille, mais à ses yeux, elle lui appartenait. Il les avait d'ailleurs abandonnés sur un coup de tête, ne pensant pas qu'il lui serait extrêmement difficile de les retrouver par la suite.

La victoire de Harry et la mort de Vous-savez-qui ne lui avaient pas apporté la gloire qu'il attendait. Le fait que Hermione et Potter avaient tous deux refusés obstinément de parler des Horcruxes – prétendant qu'il valait mieux que cette forme de magie retombe dans l'oubli – l'avait empêché d'insister sur son intervention sans laquelle la victoire aurait été impossible. Il avait tout de même détruit deux de ces horreurs ! Il était donc resté un simple allié de Celui-qui-a-vaincu, au lieu d'être reconnu à sa juste valeur. Bien sûr, il avait obtenu l'Ordre de Merlin, mais il n'était pas le seul. Tout l'Ordre du Phénix en avait été décoré, y compris Severus Rogue à titre posthume.

Malgré son ressentiment, il avait suivi Harry à l'école des Aurors et une fois de plus il avait dû rester dans son ombre. Ses professeurs estimaient qu'il ne faisait pas suffisamment d'efforts, mais lui il savait que ceux-ci ne le jugeaient pas correctement. Ils étaient tous comme Rogue qui avait toujours favorisé les Serpentard. Les enseignants de l'Académie ne cessaient de faire l'éloge de Potter, dénigrant le travail de leurs autres étudiants. Ils espéraient sans doute pouvoir profiter un jour de sa notoriété. Il avait cependant obtenu son diplôme - de justesse à cause de l'injustice de ses instructeurs - et suivi Harry au Ministère.

Son propre mariage avec Hermione avait été éclipsé par celui de sa sœur avec Harry. Alors que sa cérémonie s'était déroulée dans l'intimité, passant presqu'inaperçue, celui du Vainqueur de Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-nom avait fait la Une des journaux plusieurs jours de suite. Il avait même fallu déployer des mesures de sécurité pour éloigner les curieux.

Les naissances des héritiers Potter déchaînèrent à la fois la presse et les foules. Le Cottage de Godric's Hollow croula par trois fois sous les hiboux porteurs de félicitations et cadeaux divers. Ses propres enfants ne bénéficièrent pas de ce traitement.

Chaque succès de Harry était décortiqué, ses résolutions d'enquête saluées à grand cris, mais jamais le nom de Ronald Weasley n'était cité. Les journalistes se contentaient de mentionner "Potter et son équipier". Les années s'écoulèrent selon ce schéma et Ron fut bien obligé de s'en accommoder tandis qu'il nourrissait secrètement le rêve de voir enfin Harry tomber de son piédestal.

Un brouhaha provenant du couloir le tira de ses sombres pensées. Il entendait plusieurs personnes en train de s'interpeller, semblant très énervées. Il sortit sur le seuil de son bureau et se fit apostropher par une jeune recrue.

- Vous vous rendez compte, Auror Weasley ? C'est incroyable !

- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est le Chef !

- Oui, et alors ?

- Il a été blessé. Une intervention de routine qui a mal tourné.

- Hein ? Quelle mission ? C'est grave ? Où est-il ?

- Je ne sais pas. Il a été amené à Saint-Mangouste.

- Thoran ! On t'attend, cria une voix au bout du couloir.

La recrue salua rapidement avant de rejoindre les autres jeunes engagés, laissant Ron stupéfait devant son bureau. Une seconde plus tard, un étrange sourire étira ses lèvres. Enfin une opportunité se présentait.

OoOoOoOoOoOoO

Mercredi 8 Novembre 2017 – 10h30

Minerva McGonagall étudiait un dossier dans son bureau à Poudlard quand la cheminée émit une sonnerie, signalant un appel. Une seconde après, un visage se dessina dans les flammes.

- Bonjour, Professeur McGonagall !

- Monsieur Weasley ? Que se passe-t-il ? Un problème ?

- Eh bien oui, pour tout dire. Harry a été blessé en mission.

- Oh par Merlin ! Ce n'est pas trop grave, j'espère ?

- Rien n'est encore sûr, mais il a demandé à ce que je vienne chercher les enfants.

- Mais ce n'est pas leur mère qui devrait venir ?

- Elle est prévenue. Nous passerons la chercher au Cottage avant d'aller à Sainte-Mangouste.

- Oh d'accord. Dans ce cas, je vais demander à un elfe de les avertir pendant que vous traversez.

Minerva s'écarta pour donner ses ordres tandis que les flammes flamboyaient pour laisser apparaître Ron qui épousseta sa robe de service en prenant pied.

Les enfants entrèrent avec circonspection dans le bureau de la Directrice. Ils avaient été appelés en plein cours et s'étaient retrouvés devant le couloir, chacun s'interrogeant sur les raisons de cette convocation. Ils furent encore plus surpris en remarquant la présence de Ron.

- Oncle Ron ? interpella James. Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème à la maison ?

- C'est Papa ? Il a été blessé ? demanda Albus Severus.

- Euh... Oui, votre père a été blessé lors d'une mission. Il est à Sainte-Mangouste.

- Je veux aller le voir ! s'exclama le plus jeune, aussitôt imité par son frère.

- C'est pour ça que je suis venu, répliqua Weasley. Et avec l'autorisation du Professeur McGonagall, nous allons prendre la poudre de cheminette pour Godric's Hollow afin de récupérer votre mère au passage.

- Bien sûr, allez-y et surtout, tenez moi au courant de la situation.

OoOoOoOoOoOoO

Mercredi 8 Novembre 2017 – 10h45

James attrapa la main de son frère et pénétra dans l'âtre verdoyant, exprimant leur destination. Ron les suivit un instant plus tard, ayant salué la Directrice de Poudlard.

L'aîné des Potter rattrapa son cadet alors qu'ils reprenaient pied dans le salon de Godric's Hollow. Comme son père, Albus trébuchait toujours au moment de reprendre pied après un voyage en cheminette ou par portoloin. Ils allaient s'élancer à la recherche de leur mère lorsque des cris provenant de la cuisine les alarmèrent.

- Non, non, n'ar... Hmmmmm !

Ils s'engouffrèrent dans le couloir menant à la cuisine, sans attendre leur oncle qui sortait à son tour de l'âtre. Ils n'allèrent cependant pas plus loin que le seuil de la pièce qui accueillait leurs repas familiaux.

Étendue sur la table, nue et haletante, le visage rougi et en sueur, Ginny criait de plaisir sous les coups de boutoir d'un homme blond qui allait et venait furieusement entre ses cuisses, ahanant comme un bœuf.

- Par Merlin Zach ! T'arrête pas ? gémit Ginny. T'es tellement mieux monté que mon empoté de mari. Continue bon sang, j'y suis pr..., insista-t-elle avant de voir elle aussi ses deux enfants tétanisés, et son propre frère observant la scène avec un air suffisant.

- Au même instant, Zacharias Smith éjacula en grognant bruyamment, tandis que la rousse se paralysait, perdant ainsi toute chance d'atteindre l'orgasme tant recherché.

- Putain Ron, hurla-t-elle en repoussant Smith pour se redresser. Pourquoi t'as amené les gosses ici !

- Maman, balbutia Albus Severus, l'incompréhension et la trahison se lisant dans ses yeux.

- Ron ! s'exclama une nouvelle fois la mère indigne. Non mais t'es malade ! Oubliette-les tout de suite !

- Quoi ? Mais ...

- Par Merlin ! T'es vraiment un crétin ! Qu'est-ce qui t'a pris de les amener ici ? Fais leur oublier !

- Cours Al, cria James en repoussant vivement son oncle qui sortait sa baguette. Il faut partir.

Elle se remit vivement sur ses pieds, agrippa sa baguette posée non loin sur le plan de travail et se lança à la suite de son frère qui tentait d'arrêter les deux enfants.

James poussa son jeune frère devant lui, évitant les bras de son oncle et de sa mère toujours nue, qui tentaient de le retenir. Il jeta la poudre de Cheminette et allait y entrer avec Albus quand un faisceau lumineux le frappa dans le dos, le laissant les yeux dans le vague.

Terrifié, Albus murmura quelques mots inaudibles pour les deux adultes qui se profilaient derrière son frère et disparut dans les flammes.

OoOoOoOoOoOoO

Mercredi 8 Novembre 2017 – 11h

Draco arpentait tranquillement les couloirs du Ministère en direction de Département des Aurors. Il avait honoré plusieurs rendez-vous avec les assistants du ministre. Il était presque midi et avait bien envie de prendre un bon repas dans son restaurant favori. Mais il n'avait pas trop envie d'y aller seul. C'est pour cette raison qu'il espérait pouvoir glisser cette information à l'oreille de Harry. Dans le fond, il souhaitait que leurs relations évoluent encore un peu plus. Bien sûr, ils se retrouvaient régulièrement au pub, deux à trois fois par semaine, mais ça ne lui suffisait plus. Si au début ils n'échangeaient pas un mot, peu à peu ils en étaient venus à discuter de choses et d'autres, des souvenirs de Poudlard aux affaires de famille.

En approchant du Service, il fut interpellé par le brouhaha qui se faisait entendre. Pas que Harry soit un chef tyrannique, mais il savait qu'il n'aurait jamais accepté une telle indiscipline. Il interpella une recrue.

- Auror stagiaire, que se passe-t-il ?

- Le chef Potter a été blessé en mission, il a été emmené à Sainte-Mangouste.

- C'est grave ? demanda Draco en conservant un masque d'impassibilité alors que son cœur se serrait.

- Je ne sais pas, Monsieur, mais non d'après ce que les autres disent. Ce ne serait qu'une grosse égratignure, mais la procédure veut que les blessés, même légers, voient un médicomage.

- Et quelle est la raison de cette effervescence dans ce cas ?

- Oh... Euh.. Je crois que c'est parce que c'est le chef, Monsieur.

- Hmm ! À votre place, je reprendrais le travail. Potter n'appréciera sûrement pas de retrouver son service survolté, cingla Draco avant de partir.

Il repartit, en apparence tranquille et hautain, mais bouillonnant intérieurement. Qu'avait donc encore fabriqué son stupide Gryffondor ? Il n'y avait vraiment que lui pour être blessé en mission alors qu'il n'avait même plus besoin de partir sur le terrain. Sûrement encore à la recherche du frisson !

Alors qu'il fustigeait Harry en pensée, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Il se rendit dans le Hall du Ministère, bien décidé à faire un petit tour à Sainte-Mangouste. N'était-il pas l'un des plus gros donateurs de l'institution hospitalière ? Une petite visite de courtoisie ne pouvait faire de mal.

Au moment où il allait se placer dans l'âtre d'une Cheminée, les flammes de celle-ci verdirent et crachèrent une silhouette vacillante. Dans un élan inattendu, Draco réceptionna le jeune garçon qui menaçait de tomber. Il se pétrifia en tombant dans des orbes émeraudes terrifiées et se raidit encore plus lorsque les pensées tempétueuses de l'enfant envahirent son esprit.

- Papa, il est ... Et Maman criait ... Oncle... Sort... Un monsieur ... Toute nue ... Et je

- Chut, doucement Albus. Calme-toi.

Draco essaya de tranquilliser un peu le plus jeune fils de Harry mais il se rendait bien compte que ce dernier était en état de choc et vu ce qu'il avait pu voir des souvenirs de l'enfant, il ne pouvait que comprendre. Lui-même se sentait nauséeux. A ce moment précis, il regrettait ce don de pouvoir si facilement lire les pensées de ses vis-à-vis.

- Albus ! Je vais te conduire à ton Papa. Viens, dit-il en prenant le corps mince dans ses bras.

Étonnamment, le garçon se laissa emporter, se blottissant même un peu plus contre lui. Draco entra dans la cheminée et annonça sa destination. Un instant plus tard, ils émergèrent devant la réception de l'hôpital où il se fit indiquer la chambre de Harry.

OoOoOoOoOoOoO

Mercredi 8 Novembre 2017 – 11h20

Harry ronchonnait, assis sur le lit, attendant qu'un médicomage veuille bien lui confirmer que tout allait bien et qu'il pouvait partir. Il avait accompagné deux de ses Aurors pour une intervention de routine et cela avait mal tourné.

Son équipe avait identifié deux individus qui cambriolaient des pharmaciens moldus - équivalent des apothicaires sorciers. Ils utilisaient ensuite les médicaments obtenus pour créer des potions extrêmement dangereuses. Tout se passait bien quand, sans raison apparente, une explosion se produisit. Harry avait été touché par des débris qui lui avaient profondément entaillé la joue. Rien de très grave, mais il se devait de respecter les procédures. Il s'était donc présenter à l'hôpital, le médicomage l'avait ausculté et lui avait prescrit une potion de régénération des tissus et s'était absenté pour compléter les parchemins afin de pouvoir le libérer. Et Harry attendait maintenant depuis plus d'une heure.

La porte s'ouvrit et il releva la tête, s'apprêtant à accueillir le docteur Pace, mais il eut la surprise de voir Draco Malefoy portant son propre fils en larmes.

- Dra... Mais, Albus ? Que s'est-il passé ? Que fais-tu ici ?

En entendant la voix de son père, le petit garçon se tortilla dans les bras du blond. Comprenant la manœuvre, Draco se rapprocha de Harry et lui glissa habilement l'enfant en pleurs dans l'étreinte paternelle.

- Papa, gémit Albus, ... blessé ... oncle Ron ... Poudlard ... Et maman... criait toute nue ... et un monsieur ... cuisine ... tout nu aussi ... Et ... Et ... elle a crié de jeter un sort et ... James m'a poussé dans ... dans ... cheminée... hoqueta-t-il au milieu de ses sanglots.

Harry tentait de le réconforter mais il était totalement impuissant devant la détresse de son fils. Il avait peur de comprendre ce qu'il tentait de lui raconter. Il se tournait vers Draco quand la porte s'ouvrit.

- Désolé pour ce contretemps, Monsieur Potter, mais... énonça le médicomage Pace en poussant la porte et en s'arrêtant net en voyant la scène devant lui. Oh... Il y a un problème ?

- Oui, il s'agit de mon fils. Monsieur Malefoy vient de me l'amener.

- Hmm, il semble en état de choc. Je vous envoie un pėdiatricomage tout de suite. Je vous laisse votre dossier. Désolé d'avoir mis si longtemps.

Et sans un mot de plus, le médicomage Pace sortit de la pièce après avoir déposé des parchemins sur une petite table. Harry était désemparé. Il aurait voulu interroger Draco mais il ne pouvait le faire pour le moment. La porte se rouvrit à nouveau pour laisser passer Justin Finch-Fletchley. Ce dernier se figea en croisant le regard plein de mépris de Malefoy et ne put s'empêcher de blêmir. Quand il vit Harry, il devint plus rouge qu'une tomate tandis qu'une goutte de sueur glissait sur sa tempe. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre contenance et enfin se tourner vers son patient.

- Bonjour Harry. Il s'agit de ton fils ?

- Oui.

- Peux-tu me dire ce qui s'est produit ?

- Non. Draco vient juste de me l'amener. Je n'arrive pas à le calmer.

- Euh ... D'accord, pose le sur la table d'examen s'il te plaît. Je vais lui donner un Philtre de Paix et l'ausculter.

Harry s'exécuta et s'éloigna légèrement de son fils une fois qu'il fut apaisé. Justin tira le rideau de séparation, bien trop mal à l'aise en présence des deux hommes.

- Je dois te remercier de t'être occuper d'Albus.

- C'est normal, Harry. Tu aurais fait la même chose pour Scorpius. J'avoue que j'ai été pris au dépourvu quand il m'est tombé dans les bras.

- Mais que s'est-il donc passé ? Et où est James ?

- Je crois que ... Euh ... Je suis passé dans ton département. Je voulais ... te faire comprendre que je sortais pour le déjeuner. Tes Aurors courraient dans tous les sens et j'ai appris que tu avais été blessé lors d'une mission. J'allais prendre une Cheminette quand ton fils a trébuché dehors, totalement paniqué. Il ne cessait de dire ton nom. J'ai donc décidé de l'emmener à Sainte-Mangouste en espérant t'y retrouver.

- Par Merlin, heureusement que tu étais là. J'ai appris à mes enfants à se rendre au Ministère s'il y avait un problème, que ce soit à la maison ou à l'école et qu'ils n'étaient sûrs de savoir à qui faire confiance.

- Harry... dit-il en hésitant. Je ... quand il est sorti de l'âtre ... Les pensées de ton fils volaient en tous sens et ...

- Tu es un legilimens. Tu as vu ce qui s'est produit, c'est ça ?

- Oui.

- Tu peux me montrer ?

- Je ... Tu es sûr ? Ce n'est vraiment pas ...

- Il faut que je sache, Draco, il le faut, pour mes enfants.

Malefoy plongea son regard dans les yeux de Harry et lui transmit les souvenirs de son fils. Lorsque ce fut terminé, il dut le stabiliser en posant les mains sur ses épaules. Il put voir le combat intérieur qui déchirait Potter. Peu à peu, il reprit pied, une colère froide faisant brûler les prunelles émeraude.

La porte s'ouvrit avec fracas, dévoilant sur le seuil les deux Weasley.

- Harry, cria Ginny, tirant derrière elle un James étrangement apathique, c'est horrible. Albus a fait une fugue. C'est de ta faute. Il déteste Poudlard et Serpentard. Il veut être reparti à nouveau et tu l'en empêche.

- Qu'est-ce que la Fouine fout ici ?éructa Ron pourpre de colère, tandis que sa sœur s'époumonait.

Harry s'écartant doucement de Draco qui se mit en retrait. Un gémissement étouffé provenant de la table d'auscultation alarma le chef des Aurors, mais fut rapidement interrompu. Du coin de l'œil, il put voir le blond replacer discrètement sa baguette dans sa manche. Il avait lancé un Silencio sur Albus pour le protéger.

- Stop, dit Harry d'une voix sévère. Qu'est-ce qui vous arrive ? Qu'est-ce que c'est cette histoire de fugue ? Et un seul à la fois, intima-y-il alors que les deux roux recommençaient à crier.

- Albus a laissé une lettre. Il a fui Poudlard parce qu'il déteste les Serpentard, ces fils de Mangemorts, cingla Ginny avec mépris. À cause de toi, les élèves le briment et disent qu'il est une honte pour le Survivant. James m'a raconté comment les autres le traitent.

- McGo a essayé de t'appeler à la maison quand les professeurs se sont rendu compte de son absence au petit-déjeuner mais tu n'étais pas là. Elle a appelé le bureau mais comme tu étais parti en mission, j'ai pris l'appel, continua Ron. Je me suis rendu à Poudlard où je les ai aidés à chercher, mais sans la Carte, c'était difficile.

- Mon fils est en danger à cause de toi, siffla la rousse. Tu aurais dû le laisser aller à Gryffondor.

- J'ai interrogé James qui m'a confirmé le problème et j'ai décidé de l'emmener avec moi à la recherche de son frère. Nous sommes allé à Godric's Hollow, espérant l'y trouver, sans résultat. Avec Ginny, nous avons passé en revue les endroits où il pourrait avoir trouvé refuge, mais à part le Terrier, on ne voit aucun autre endroit. Alors, on a décidé de venir te retrouver à Sainte-Mangouste.

- James, appela Harry. Tu vas bien mon bonhomme ? Viens, mon grand.

L'aîné des Potter fixa son père avec un regard trouble, ne sachant apparemment pas comment agir.

- Par ta faute, il n'a pas dit un mot depuis que Ron me l'a ramené. Tu fais du mal à mes enfants avec ta grandeur d'âme vis-à-vis de tous ces serpents, cracha la fille Weasley avec venin.

- James, insista Harry en tendant la main vers l'enfant qui se dégagea brusquement de la poigne de sa mère pour s'élancer vers les bras paternels.

Ginny voulut le rattraper, de même que Ron, mais Draco fit un pas en avant, se postant sans en avoir l'air entre les deux couples, toisant les deux rouquins qui arboraient une mine des plus inquiètes, tandis que Harry les fusillait du regard, leur faisant bien comprendre de ne pas bouger.

Il étreignit un long moment son fils avant de l'écarter pour le tenir à bout de bras. Il le fixa dans les yeux et lui dit très calmement.

- Tu te nommes James Sirius Remus Potter.

Il répéta deux fois la phrase, alors que Ginny s'énervait, déclarant que leur fils connaissait parfaitement son nom. Il vit enfin les yeux de son enfant s'éclaircir. Aussitôt, ce dernier se jeta dans ses bras en pleurant.

- Papa, Albus, il est ...

- Chut, chut, calme-toi mon grand. Ton frère va très bien, chuchota tout doucement Harry à l'oreille de James. Il est juste derrière le rideau. Je suis très fier de toi. Tu as protégé ton petit frère.

- Ça suffit maintenant ! Vas-tu enfin t'occuper de ton fils, cria Ginny sous l'assentiment de Ron. Et qu'est-ce que tu as lui chuchoté à l'oreille ? Je suis sa mère ! Dis-moi ce que tu lui as dit ! Et tu ne t'inquiètes même pas d'Albus !

- Très bien, reprenons tous les élém...

- Ce n'est pas une enquête, Shermock, ironisa Ron, écorchant le nom du célèbre détective. Sois un peu un père digne de ce nom ! Et puis, Malefoy n'a pas à être là. Si ça tombe, il est peut-être derrière la disparition d'Albus. Après tout, c'est un Mangemort !

- Je m'occuperai de mes enfants comme je l'entends, Ron. Et arrête de lancer des accusations fallacieuses. Donc, Albus a laissé une lettre expliquant sa fugue et les professeurs se sont rendu compte de son absence au petit-déjeuner.

- Oui, grinça le roux. Et McGo n'a pas pu te joindre.

- C'est étonnant puisque je n'ai quitté la maison qu'à 9h et que le petit-déjeuner de Poudlard se termine à 8h, au début des cours. De même que je suis parti en mission à 10h, elle aurait donc pu me joindre au bureau. Enfin soit, peux-tu me montrer la lettre ?

- Quelle lettre ? demanda Ron étourdiment avant de prendre une belle teinte pivoine. Oh euh... Je ne l'ai pas prise.

- Où est-elle ?

- Euh... Je ... je ne sais pas... euh ... je ...

- Tu as fouillé l'école. As-tu pensé à la Salle sur Demande ? La Cabane Hurlante ? La Cabane de Hagrid ? Les abords de la Forêt Interdite ?

- Euh ... Je ... Oui... Euh enfin ...

- Tu as été rapide. Il est à peine midi. Ginny, demanda-t-il, laissant Ron patauger dans ses réponses, que t'a dit James sur Albus ?

- Je te l'ai dit, il n'a pas dit un mot depuis que Ron l'a amené à la maison.

- Mais tu as déclaré qu'il t'avait raconté toutes les brimades que lui faisaient subir les autres élèves.

- Euh ... oui ... il euh ... il me l'avait dit une autre fois.

- Pourtant nous n'avons pas vu les enfants depuis la rentrée. Et dans leurs lettres, ils disaient tous deux que tout allait bien. Albus écrivait même qu'il était ravi d'être à Serpentard avec son nouvel ami, Scorpius Malefoy, répondit Harry en insistant bien sur le nom.

- C'est ce fils de ... commença Ron.

- Ça suffit ! Pouvez-vous m'expliquer pourquoi James a été soumis à une Oubliette ?

- ... Quoi ? Mais comment ... Qu'est-ce que tu racontes ?

- Tu es fou ? Mon fils n'a pas ..., balbutia lamentablement Ginny, ne pouvant cacher sa culpabilité.

- Je viens de pratiquer un ancien rituel de la famille Black qui permet de protéger les esprits. J'ai placé cette protection sur nos trois enfants. Et l'attitude de James ne me laissait aucun doute quant à ce qui le perturbait, même si l'Oubliette a été mal exécutée. Mais comme nous sommes dans un hôpital, je peux toujours faire appel à un spécialiste si vous préférez ?

- Comment oses-tu nous accuser ? vociféra Ginny.

- Oh, ce n'était pas une accusation, quoique, vu ta réaction, je pourrais me poser des questions. Le proverbe moldu ne dit-il pas "Il n'y a que la vérité qui blesse" ?

- Tu ...

- Cette mascarade est terminée. J'ai laissé les choses aller beaucoup trop loin, mais je n'aurai jamais imaginé que tu serais capable de blesser les enfants.

- Je t'interdis de ...

- Tais-toi ! On ne discutera pas de tout ça devant James.

A ces mots, il se tourna vers son fils et le poussa doucement derrière le rideau. Lorsque Ginny voulut s'approcher, il lui jeta un regard froid par-dessus son épaule.

- Tu restes là. Je vais confier mon fils à un médicomage et nous discuterons ensuite.

Il écarta le rideau qui cachait jusque-là Albus et Finch-Fletchley, entrant dans la bulle de silence que Draco avait discrètement créée au moment de l'arrivée des Weasley. Justin prit rapidement l'enfant en charge et Harry revint au-devant de Ginny et de son frère.

Sans leur laisser le temps de poser la moindre question, il les prit à partie.

- Je suis parfaitement au courant de toutes tes incartades et de ton comportement inqualifiable, et ce depuis le début, Ginny ! Tu as utilisé mon nom pour obtenir ton poste dans l'équipe de Quidditch. Ton attitude a été tellement infâme qu'ils ont payé la Gazette pour qu'ils t'offrent un emploi de journaliste, là aussi en mettant ma renommée en avant. Et ne parlons pas de la couverture idéale que cela t'a fourni pour tes aventures dignes d'une nymphomane. Je remercie Merlin de bien être le père de mes enfants. Je te laisse l'après-midi pour réunir tes affaires et quitter le cottage. Je me fiche de savoir où tu vas, que ce soit chez tes parents ou chez l'un de tes multiples amants du moment.

- Mais ...

- Tu recevras une rente suffisante pour vivre correctement, mais bien loin de ton train de vie actuel. Et tu ne t'approcheras plus des enfants sans une surveillance stricte.

- Tu n'as pas le droit, je vais...

- N'essaye surtout pas de te faire passer pour une victime. Je dispose d'un dossier conséquent et je n'hésiterai pas à jouer de ma célébrité si cela s'avère nécessaire. Autant qu'elle me soit utile pour une fois. Et sois certaine que j'expliquerai toute la situation à Molly.

- Tu n'as rien à dire ! Tu ne peux pas ...

- Si l'adultère est toléré dans la société sorcière, je ne l'ai jamais cautionné. Je n'ai eu d'autre choix que de l'endurer. Mais ce que je ne pardonne pas, c'est d'avoir osé attaquer mes enfants ! Leur faire subir un Oubliette est monstrueux ! Tout ça pour cacher ta forfaiture ! Et si tu ne te tiens pas tranquille, je prendrai des mesures qui te plairont encore moins.

La bouche de Ginny claqua sèchement quand elle se rendit compte que Harry ne plaisantait pas. Elle connaissait suffisamment son caractère entêté pour savoir qu'elle avait largement dépassé les bornes. Il fallait qu'elle fasse profil bas pendant un temps afin de pouvoir le faire revenir à de meilleurs sentiments. Nul doute d'ailleurs que sa mère serait sa meilleure alliée pour le faire plier. Sans compter sur l'aide de Hermione qui aurait tôt fait de réprimander son meilleur ami.

- Quant à toi, Ron... reprit Harry en se tournant vers son beau-frère.

- Je n'ai rien fait ! Ce n'est pas moi qui couche avec...

- Tu es suspendu jusqu'à ce que je réunisse le Conseil de Discipline.

- Et sous quel prétexte ? C'est un problème familial.

- Oh non, justement, c'est là que tu as tort. J'ai plusieurs griefs professionnels à ton encontre : abandon de poste, kidnapping d'enfant, abus de pouvoir et par-dessus tout usage illégal de sortilège. Et ce même si cela touche le cadre familial comme tu le dis.

- Mais t'es dingue ! Tu ne peux pas mentir ainsi !

- Mentir ? Faut-il vraiment que je te justifie ces accusations ? Tu as quitté le bureau sans autorisation alors que je t'avais assigné à du travail administratif. Tu as emmené mes fils sans autorisation parentale, et ce, j'en suis certain, en abusant de ta position à la fois d'Auror et de meilleur ami auprès de la directrice Mc Gonagall. Et en plus, tu as utilisé un sortilège d'Oubliette sur mon fils, qui est, dois-je te le rappeler, mineur ! Alors, peux-tu me dire où se trouve le mensonge ?

- C'est toi qui profite de ta position ! Tu n'es qu'un sale hypocrite !

- Si cela peut t'intéresser, Harry, intervint Draco d'une voix douce, en étudiant ses ongles d'un air désinvolte, je dispose moi-même d'un dossier très intéressant sur la moralité de ton beau-frère. Je l'avais intitulé "Ronalda Lavande Brown, 2001". Bien sûr, j'ai dû le renommer « Enfants Weasley-Brown ».

L'intervention de Draco glaça les différents protagonistes. Emportés dans leur querelle, ils en avaient oublié la présence de l'ancien Serpentard qui se rappelait à leurs bons souvenirs. Et la mention d'un dossier si particulier prouvait qu'il était encore aussi rusé, sinon plus, que lors de leurs passages à Poudlard.

Ron prit aussitôt une intéressante couleur vert nauséeux tandis que Ginny arborait une moue contrariée. Harry, pour sa part, analysait l'information. Il ne put s'empêcher de regarder Draco avec un air ahuri lorsqu'il comprit. Même si les adultères étaient considérés comme « un mal nécessaire », il y avait une chose que la société sorcière rejetait totalement : le concept de fille-mère. Un enfant né au sein d'un couple marié, même s'il était le fruit d'un géniteur étranger, était toujours considéré comme légitime. Par contre, un enfant né en dehors des liens du mariage était totalement dénié d'existence légale. Il ne serait jamais reconnu nulle part dans la société sorcière.

Ce que Draco venait de lui apprendre ferait l'effet d'un cataclysme non seulement au sein de la famille Weasley, mais aussi dans le monde sorcier. Lorsque les parents étaient tous deux célibataires, le mariage était ordonné par décision de justice. Mais dans le cas présent, Ron était lié à Hermione et père de ses deux enfants. Les enfants de Lavande Brown étaient donc des parias. La seule solution serait que Hermione accepte d'établir un lien de sang pour que ceux-ci soient reconnus comme des Weasley légitimes.

Harry doutait que son amie puisse un jour pardonner cette trahison à son mari. Comme lui, elle était issue du monde moldu et ses modèles différaient largement de ceux de Weasley. Même si elle avait tout fait pour parfaitement s'intégrer, allant jusqu'à tenter de faire oublier ses origines, jamais elle n'accepterait que Ron ait pu engendrer avec Lavande Brown, et cela avant même ou au tout début de leur mariage, s'il en croyait le premier intitulé du dossier de Draco.

L'information levait également le voile sur ce qu'était devenue Lavande. Bien que Harry n'avait jamais beaucoup apprécié la jeune femme durant leurs années à l'école, il s'était tout de même interrogé sur ce qu'il était advenu d'elle suite à la Bataille de Poudlard. Il savait qu'elle avait été mordue par Greyback et laissée pour morte mais n'avait rien entendu à son propos les années qui suivirent. Manifestement, elle avait dû s'exiler dans le Monde Moldu pour cacher ce que beaucoup considèreraient comme une déchéance.

Il revint à la réalité en entendant la porte claquer. Le frère et la sœur avaient déguerpi.

Draco se rapprocha et posa sa main sur l'épaule de Harry.

- Ça va aller ?

- Il faudra bien, répondit-il avec une voix défaite. Quel fiasco. Je n'aurais jamais dû...

Il ne put terminer sa phrase, Finch-Fletchley ouvrant le rideau.

- Hmm euh Har... Euh Pot... Monsieur Potter ?

- Oui Justin ? Comment vont Albus et James ?

- Pour l'instant, Albus dort. Je lui ai donné une dose de Sommeil sans Rêve quand Gin... euh pour le calmer. Il était en état de choc. James va bien également, même s'il est choqué. Je lui ai administré un Philtre de Paix Physiquement tout va bien. Je te conseillerai cependant de les garder quelques jours au calme avant de les renvoyer à Poudlard.

- Bien, merci. Pourrais-tu également m'établir un dossier complet pour le cas où... hésita Harry.

- Bien sûr.

Harry serra James dans ses bras, tentant de le réconforter. Le garçon pleurait silencieusement. Le père aurait préféré que son fils n'ait pas été spectateur de ce qui venait de se produire, mais il avait été profondément impliqué dans les décisions de sa mère et de son oncle. De plus, il était suffisamment grand pour avoir parfaitement compris ce qu'il avait vu un peu plus tôt dans la matinée.

Harry se rapprocha ensuite du lit où dormait Albus. Des traces de larmes étaient encore visibles sur ses joues pâles. Il les fit disparaître d'une main douce.

- Où comptes-tu t'installer en attendant qu'elle quitte le cottage ? demanda doucement Draco.

- J'ai toujours la maison de Sirius.

- La Maison des Black à Londres ? Ma mère m'a toujours dit qu'elle était sinistre, et ça date de son enfance.

- Elle l'est toujours. J'ai eu beau m'être débarrassé des têtes d'elfes empaillées, du tableau de la mère de Sirius et de tous les objets de magie noire, rien n'a changé quant à son atmosphère.

- Tu ne peux pas emmener les enfants là-bas, pas après ce qu'ils ont subi aujourd'hui.

- L'hôtel ne serait pas une meilleure idée.

- Je te prête mon appart si tu veux.

- Pardon ?

- Mon appartement, celui dans lequel tu t'es réveillé le lendemain du Bal.

- Mais je ne peux pas...

- Bien sûr que si. Les enfants ont besoin de quelques jours au calme. C'est tout à fait indiqué. En plus, tu pourras facilement sortir au Parc ou les entraîner faire du shopping. Je sais que tu aimes bien qu'ils soient en contact avec le monde moldu. Cela les distraira.

- Mais, et toi ?

- L'appart me sert de pied-à-terre quand je n'ai pas envie de me coltiner les humeurs d'Astoria. Et je t'arrête tout de suite, il ne m'a jamais servi pour mes ... Ce n'est pas une garçonnière.

- Mais je ne peux pas te priver de ton refuge.

- Harry, soupira Draco. As-tu visité l'appartement ce jour-là ?

- Euh, un peu mais...

- Pas assez dans ce cas. Il s'agit d'un duplex, Harry. Il y a quatre chambres supplémentaires à l'étage, ainsi que deux salles de bains. Même si je t'héberge quelques jours, il y aura toujours assez de place si je veux venir.

- Bon, si tu es sûr que...

- Je suis sûr !

- Euh Harry ? interrompit Justin.

- Oui.

- James va bien. Il est choqué mais il n'a aucune séquelle de l'Oubliette. La protection que tu lui as donnée est très efficace, et comme tu l'as signalé, le sort était médiocre. Il y a également des traces de Stupefix.

- Tu as pu tout corroborer ?

- Oui, y compris l'identité de la personne ayant jeté le sort.

- Comment ?

- En tant qu'Auror, votre magie est cataloguée, tant pour servir d'identification que pour les besoins d'enquête afin d'éclaircir les évènements lors de situations difficiles.

- Oh oui, je ... j'avais oublié. Bien. Et pour les enfants ?

- Comme je te l'ai dit, rien qu'un peu de repos ne pourra arranger. Et il faudra peut-être envisager un rendez-vous avec un pédopsychiatricomage, à moins que tu ne puisses les aider toi-même en parlant avec eux. Ils auront besoin de comprendre.

- Mmm.

- Je te donnerai les coordonnées d'un confrère.

- D'accord. Ils peuvent partir ?

- Oui. Je vais juste leur prescrire quelques doses de Sommeil sans Rêves. Ils risquent de faire des cauchemars les prochaines nuits. Euh... Je me demandais si je pouvais te contacter pour ... euh ... un verre ou ...

Justin hoqueta au milieu de sa phrase en croisant le regard noir de Draco qui s'était approché. Harry lui lança un coup d'œil étonné devant sa réaction. Apparemment, le blond ne goûtait pas du tout l'intérêt que l'ancien Poufsouffle lui manifestait, même si celui-ci était du domaine professionnel. Pourtant, ils n'avaient jamais abordé la nature de leur nouvelle relation, et la jalousie n'était pas de mise. De plus, il aurait été totalement ridicule de croire qu'il aurait pu être intéressé par le médicomage. Harry savait pertinemment, et il ne doutait pas que Draco le sache également, que Justin était un pur hétéro et que celui-ci courrait aveuglément le jupon. La preuve en était qu'il était toujours l'un des amants occasionnels de sa femme, et cela depuis leur sortie de Poudlard.

Il salua le médicomage et prit son cadet endormi dans ses bras avant d'inciter James à le suivre en lui tendant la main. Draco leur ouvrit le chemin, les guidant jusqu'aux Cheminées pour les installer chez lui.

TBC...