Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings
Pairing : HP/DM
Merci à tous pour vos reviews, followers et favoris.
Et voici la suite ! Bonne lecture
Chapitre IV : Changements
Mercredi 8 Novembre 2017 – 12h
En arrivant à l'appartement sur Belgravia, Draco ouvrit le chemin vers une chambre de l'étage. Il écarta vivement les draps afin de permettre à Harry d'y déposer son précieux fardeau.
Aussitôt, James s'installa auprès de son frère, ne souhaitant visiblement pas le laisser seul.
- Tu ne serais pas mieux sous les draps, mon grand ? demanda Harry à son fils. Tu pourrais te reposer un petit peu.
L'aîné des Potter se débarrassa rapidement de ses chaussures et se glissa dans le lit. Son père le borda tendrement et déposa à un baiser sur son front avant de se relever pour quitter la pièce. Il croisa alors deux yeux gris attendris qui le firent légèrement rougir.
- Papa ? murmura la voix de James, tremblante.
- Oui ?
- Et pour ... pour Lily ? Est-ce que ... elle va venir aussi ?
- Bien sûr. Je vais aller la chercher dès que possible.
- Et pourquoi n'irais-tu pas maintenant ? intervint Draco.
- Eh bien, je ne ...
- Je vais rester avec eux le temps que tu ailles chercher ta fille. Et puis, tu pourras appeler l'un de tes elfes de maison pour qu'il t'amène des affaires pour le reste de la semaine.
Harry resta un instant interdit devant les prises de décision du blond. Il ne put qu'acquiescer à cette organisation.
- Papa ? appela encore James. Pourquoi elle a fait ça ? Et pourquoi oncle R... pourquoi Ronald a voulu nous faire du mal ?
- Ton oncle Ron ?
- Non... Je ne veux plus l'appeler comme ça ! Il ... Pourquoi ?
- Je ... je ne sais pas, mon grand. Je ne crois pas qu'ils aient voulu vous blesser. Je ...
- C'était pour te faire mal à toi ?
- ... eh bien, je ...
- C'est Ro... Ronald hein ? Il est jaloux de toi !
- Mmpff ! pouffa Draco. Voilà qui ne m'étonnerait pas de la part de la Belette !
Harry lui lança un regard légèrement exaspéré. Le blond se contenta de hausser les épaules avec fatalisme, tout en ricanant.
- La Belette ? interrogea James en se retenant visiblement de rire.
- Oh ça date de notre première année à Poudlard. Weasley, Weasel. Ça a pris deux minutes, expliqua avec une fierté manifeste l'ancien Serpentard.
- Dois-je vraiment te rappeler ton propre surnom, Draco ?
- C'était quoi ? C'était quoi ? s'esclaffa James.
- Oh, euh ...
- La Fouine, répondit obligeamment Harry en voyant Malefoy mal à l'aise.
- Hahahaha ... la Foui... fouine, rit le gamin, les larmes coulant sur ses joues. Mais pour...pourquoi ?
- Mmm eh bien, reprit Harry, un de nos professeurs a décidé de donner une leçon à Draco et pour ce faire, il l'a métamorphosé en mignonne petite fouine blanche et bondissante.
A ces mots, James s'écroula, pris dans un fou-rire. De temps en temps, les deux adultes pouvaient percevoir les mots Belette, Fouine et bondissante. Draco qui reprochait un peu à Harry de l'avoir trahi oublia rapidement son ressentiment en voyant la joie du jeune garçon.
James reprit contenance après quelques minutes, mais il fut clair pour les deux adultes que cela lui avait fait le plus grand bien. Harry décida alors de relever sa remarque concernant la jalousie de son beau-frère.
- Pourquoi dis-tu que Ron est jaloux ?
- Je... eh bien... cet été ... je ... on était au Terrier et on voulait faire un match de Quidditch. Je suis rentré pour récupérer mon balai et j'ai entendu onc... Ronald discuter avec Percy. Et il... il disait qu'il en avait marre, qu'il n'y en avait jamais que pour toi. Que personne ne voyait ce que lui accomplissait parce que tu tirais toujours la couverture à toi. Et puis Percy a dit qu'au moins, à l'époque de Fudde, il y avait quelqu'un qui voyait clair dans ton jeu. C'est qui Fudde ?
- C'était le Premier Ministre il y a quelques années, et on dit Fudge, répondit Draco en voyant Harry rester sans voix. Il a voulu faire croire à tout le monde que ton père était fou.
- Mais pourquoi ... Ronald t'en veut tellement ?
- Comme tu l'as dit, mon grand, Ron est jaloux. Il a toujours cru que ma vie était parfaite. Il estimait que je ne profitais pas pleinement de ma célébrité ou de l'argent que m'avaient laissé mes parents.
- Dis plutôt qu'il estimait que tu ne LUI en faisais pas suffisamment profiter ! cingla Draco qui n'était pas dupe.
- Draco, souffla Harry.
- Ben Papa, il a raison, intervint James. Ronald a dit que tu n'étais qu'un sale égoïste qui ne le faisait pas profiter des avantages dont il bénéficiait. Et il a même ajouté que ...
- Quoi donc ? demanda doucement son père en voyant l'air plus qu'embarrassé de l'enfant.
- Que mam... ma mère au moins avait pu profiter de ton nom et de tes gallions, termina-t-il en murmurant, détournant les yeux.
Harry se contenta de prendre son fils dans ses bras pour tenter de le réconforter. Apparemment, cette conversation avait dû le ronger et les évènements de la matinée n'avaient rien arrangé. Il dût serrer les dents pour ne pas rétorquer de manière trop acerbe. L'adolescent avait été déjà suffisamment éprouvé.
Au bout de quelques instants, James s'éloigna des bras de son père et se rallongea. Ses paupières se faisaient lourdes et avant de sombrer dans le sommeil, il lui rappela qu'il devait récupérer la petite Lily.
OoOoOoOoOoO
Mercredi 8 Novembre 2017 – 14h30
Harry patientait devant les grilles de l'école primaire de Godric's Farm. Le petit village totalement moldu était situé à quelques kilomètres à peine de Godric's Hollow. Quand il en avait pris connaissance, il avait été ravi de la possibilité de pouvoir y inscrire ses éventuels futurs enfants. Il avait dû batailler ferme contre Ginny qui souhaitait pouvoir élever ses enfants à la maison, tout comme elle l'avait été, mais il conservait de bons souvenirs de cette période de son enfance, malgré le comportement odieux qu'avait eu son cousin. Même s'il avait été isolé et persécuté par ce dernier, il avait appris beaucoup de choses, son univers s'élargissant au fur et à mesure des connaissances qu'il emmagasinait.
- Papa ! s'écria la petite fille en entrant dans la pièce, se jetant aussitôt dans ses bras pour un câlin.
- Bonjour ma chérie ! Alors comment s'est passé ta journée ?
- Bien, mais pourquoi t'es là ? D'habitude c'est... Oh, mais t'as été blessé, s'interrompit-elle en passant une main douce sur la fine ligne rose qui ornait encore la joue de Harry.
- Oui, mais ne t'inquiète pas, ce n'est rien de grave. C'est déjà bien cicatrisé. Ça te dirait d'aller boire un chocolat chaud avec moi ?
- Oh oui ! Juste toi et moi !
Harry sourit à l'enthousiasme de sa fille et l'entraîna vers un petit café familial. Une fois installés, il interrogea Lily sur ses activités, ne sachant pas comment amener le problème de sa séparation d'avec sa mère. Au bout d'un moment, la fillette lui tendit la perche.
- On rentre à la maison maintenant ? demanda-t-elle en essuyant sa moustache de chocolat.
- Eh bien ... heu ... non, pas tout de suite. On va aller chez un de mes amis pour quelques jours.
- Oh ! Pourquoi ?
- Eh bien vois-tu, avec ta maman, on ... on a décidé de se ... séparer quelques temps et ...
- Vous allez divorcer ?
- ...
- Ben oui, tu sais, comme le papa et la maman de Jordan. Elle m'a dit que son papa, il couchait avec une autre femme, alors sa maman elle est partie. Et maintenant, Jordan, elle a deux maisons ! Et toi, t'as vu maman embrasser des autres messieurs ? C'est pour ça que tu veux partir ? Parce que moi, je l'ai vue, c'est Jordan qui me l'a montrée. Et tu sais, Caitlin, elle veut plus que Michael soit son petit ami parce qu'il a embrassé Laura, et sur la bouche en plus ! C'est pour ça que tu veux partir ? Et ça veut dire quoi « coucher » ?
Harry fut abasourdi par les paroles de Lily et mit un petit temps avant de démêler les différentes informations. Ainsi donc, Ginny manquait à tel point de discrétion que sa fille l'avait surprise dans une position compromettante, et apparemment à plusieurs reprises.
- Euh... disons que nous ne nous entendons plus très bien et qu'il vaut parfois mieux s'éloigner pour tenter de régler les choses ensuite, dit-il en se fustigeant de mentir ainsi à sa fille. Quant au reste, on va attendre un peu avant d'en reparler.
- Mais c'est pas bien hein, d'embrasser une autre que sa copine ou son copain ?
- Non ma chérie, effectivement, ce n'est pas bien.
Ils continuèrent à discuter sur le chemin, mais heureusement Lily se laissa facilement distraire.
Quand ils arrivèrent chez Draco, Harry la conduisit à l'étage. Aussitôt, la petite fille se glissa entre ses deux aînés et ouvrit un livre de contes, un doux sourire aux lèvres.
En redescendant, il se posta devant l'immense porte-fenêtre, observant le soleil plongeant sur les toits de Londres. Il ressassait les évènements de la journée, culpabilisant sur le fait que ses trois enfants en avaient été victimes. Il avait bien entendu les rumeurs qui encombraient les couloirs de Poudlard rapportant que Ginny était une coureuse, pour ne pas dire autre chose. Il n'avait pas voulu croire les racontars.
Lui qui n'avait pas jamais connu le bonheur d'une famille aimante, il avait été euphorique à l'idée de se marier avec celle qu'il considérait presque comme son âme-sœur à l'époque. En épousant Ginny, il devenait légalement un membre de la famille Weasley.
Les rumeurs n'avaient jamais cessé de courir, accusant sa fiancée de se conduire comme une diva au sein de son équipe de Quidditch ou de profiter de ses déplacements pour le tromper allègrement.
Il aurait dû s'éloigner à l'époque, refuser de se laisser enchaîner en sachant que rien ne changerait après le mariage, mais il avait surtout eu peur de perdre ceux qu'il considérait comme sa famille d'adoption. C'est à la naissance de James qu'il avait été obligé d'en prendre son parti lorsque de bonnes âmes s'étaient fait un plaisir de lui apporter sur un plateau les preuves des infidélités de Ginny.
Et aujourd'hui, ses enfants en payaient le prix.
Alors qu'une larme glissait sur sa joue, Harry sentit une main se poser sur son épaule et l'inciter à se retourner. Il plongea dans les orbes d'argent en fusion. Doucement, Draco fit glisser son pouce pour effacer la goutte d'eau. L'Auror ne put s'empêcher de pencher la tête pour obtenir une caresse un peu plus appuyée. Lentement, Draco se rapprocha, fixant intensément les prunelles émeraude, ne cachant rien du désir qui flamboyait dans ses propres yeux. Surpris, Harry prit une inspiration tremblante. Le souffle du blond effleura ses lèvres, entraînant un frisson le long de sa colonne vertébrale.
Il entrouvrit la bouche tout en fermant les yeux, se penchant légèrement. Ne pouvant retenir un sourire, Draco déposa ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. Il se contenta d'abord de ce léger toucher, caressant, cajolant avant de doucement mordiller la lèvre inférieure.
Avec un gémissement, Harry s'appuya un peu plus, ouvrant la bouche pour inciter le blond à approfondir le baiser. Répondant à l'invitation, une langue fureteuse pénétra dans la chaude cavité, explorant d'abord l'intérieur des lèvres et la barrière des dents. Elle évita sa jumelle qui s'avança à sa rencontre, préférant aller titiller le palais.
Harry grogna de frustration avant de mettre ses mains sur les hanches de Draco pour l'attirer encore plus près. Les deux hommes gémirent en chœur lorsque leurs virilités entrèrent en contact. Leurs hanches bougèrent pour intensifier les sensations tandis que leurs langues entamèrent un duel sensuel. Les mains de Draco s'égarèrent dans les cheveux noirs tandis que celle de Harry s'étaient glissées sous la chemise du blond, faisant sauter les boutons.
Draco repoussait doucement Harry vers le sofa lorsqu'un bruit les fit violemment sursauter. Apparemment, les trois enfants Potter s'étaient réveillés et n'allaient pas tarder à paraître en haut de l'escalier. Au loin, un clocher sonnait la demie de dix-huit heures.
OoOoOoOoOoO
Mercredi 8 Novembre 2017 – 21h
Harry était plongé dans ses pensées. Ils avaient juste eu le temps de se séparer et de remettre de l'ordre dans leurs habits avant que les enfants ne fassent leur apparition en haut des marches.
Il repensait aux sensations qui l'avaient submergé tandis que Draco l'embrassait. Jamais il ne s'était senti aussi bien, comme si les bras du blond lui étaient destinés de toute éternité. Tout lui avait semblé si juste, si naturel. Certains médisants pourraient arguer qu'il rendait la noise de son gallion à Ginny, mais pas une seconde, le souvenir de celle qui était sa femme ne l'avait effleuré.
Les lèvres de Draco lui avaient paru d'une douceur incommensurable. Il aurait voulu ne jamais plus quitter le confort de ses bras tel un cocon de douceur. Le sentiment le plus étonnant avait été de trouver cette poitrine masculine bien plus agréable que les rondeurs féminines qu'il avait connues. A l'exception de sa très brève relation avec Cho Chang, il n'avait jamais touché d'autres femmes que Ginny.
Il s'interrogeait sur l'attirance qu'il avait développée à l'égard du blond. Jamais il ne s'était senti intéressé par les formes masculines. Du temps de Poudlard et ensuite de l'Académie, il avait partagé les douches avec ses camarades de cours et jamais il n'avait laissé son regard s'attarder leur physique. Pourtant, il avait eu l'impression qu'il avait enfin trouvé ce qui lui manquait.
Il fut ramené à des considérations plus matérielles en entendant Albus l'interpeller.
- Dis-lui, Papa !
- Dire quoi ?
- Dis à Monsieur Draco qu'il doit rester dîner avec nous, intervint Lily de sa voix fluette.
Elle était soutenue par les hochements de tête impétueux d'Albus Severus et la silencieuse acceptation de James dont les yeux plein de question passaient d'un adulte à l'autre, comme s'il les évaluait.
- Peut-être que Draco doit rentrer chez lui, dans son Manoir ? répliqua Harry tout en lançant un regard interrogateur au blond.
- Il a dit qu'il était tout seul et qu'il s'ennuyait de Scorpius depuis qu'il était à Poudlard. Dis-lui qu'il doit rester, insista Albus en s'agrippant à la main de Draco qui le regarda faire un peu étonné.
- Mais je ne peux pas l'obliger à rester, se défendit Harry, mais tout dans son attitude prouvait qu'il ne demandait pas mieux, même s'il se sentait un peu gêné.
- Allez Mr Draco, restez, supplia Lily en lui faisant de grands yeux implorants.
Le Blond n'eut pas le cœur de refuser. D'ailleurs, ce n'était pas comme si quelqu'un l'attendait au manoir. Comme il l'avait dit, le départ de Scorpius n'avait laissé que le silence dans le grand bâtiment. De plus, il savait pertinemment qu'Astoria ne serait pas présente.
Le repas se passa dans une ambiance très détendue, les enfants s'interpellant de part et d'autre de la table et faisant participer les adultes à leur conversation. Le diner fut suivi d'un jeu très populaire parmi les sorciers : le Quizzard. Il s'agissait d'un jeu de question-réponses auquel toute une famille pouvait participer, le divertissement s'adaptant automatiquement à l'âge du joueur. Draco fit preuve d'une mauvaise foi hilarante lorsqu'il ne put répondre à certaines questions. Il jura sur Merlin que le jeu devait être détraqué pour poser des énigmes si difficiles et promit de le ramener au vendeur dès le lendemain matin.
Harry mit fin aux réjouissances en voyant la petite Lily dodeliner de la tête et Albus lutter pour garder les yeux ouverts. James dissimulait tant bien que mal ses bâillements mais il était évident que tous les trois étaient fatigués.
Il les reconduisit à l'étage et les mit au lit dans la même chambre. Les enfants semblaient avoir besoin d'une certaine proximité pour se sentir en sécurité après les événements de la journée.
Lily s'endormit à peine la tête posée sur l'oreiller tandis qu'Albus se blottissait dans les bras de son père. Par mesure de précaution, Harry lui fit prendre quelques gouttes de potion de Sommeil sans rêves. Le jeune garçon plongea rapidement dans les bras de Morphée et Harry put le border dans son lit.
- Et toi, James, veux-tu aussi de la potion ?
- Non, je crois que ça va aller. Dis papa, qu'est-ce que tu vas faire pour ma mère ?
- Je ne suis pas encore sûr, mon grand, souffla Harry en entendant la façon dont son fils désignait sa mère. Mais je crois que je ne peux plus lui faire confiance. Je ne peux pas accepter qu'elle ait voulu vous faire du mal.
- Mais et toi ? Elle t'a aussi fait mal et...
- Vois-tu, quand on prend une décision, il faut toujours en assumer les conséquences. Aujourd'hui, je dois y faire face. Mais toi, tu ne dois pas te préoccuper de ça. La seule chose importante que je vois, c'est que tu es digne du courage légendaire de Gryffondor. Je suis très fier de ce que tu as fait pour protéger ton frère.
James ne répondit pas mais rougit un petit peu en se glissant sous les draps. Harry se pencha et déposa un baiser sur son front avant de s'éloigner.
- Dis papa, interpella l'aîné des Potter. Tu le connais depuis longtemps Mr Draco ?
- Depuis notre rentrée à Poudlard. Pourquoi ?
- Oh comme ça, dit-il avec un drôle de sourire entendu. bonne nuit papa !
- Bonne nuit mon grand !
Harry ne savait pas trop quoi faire en redescendant. Il ne voulait pas que Draco s'en aille, mais il n'avait pas de bonnes raisons pour le retenir. Enfin si, il en avait une, et même une excellente, mais il ignorait si Draco envisageait les choses comme lui.
Il n'avait jamais planifié de voir le blond autrement que comme un ami, mais leur étreinte avait été tellement naturelle qu'il ne pouvait s'empêcher d'en vouloir plus. Lors de leurs rendez-vous, Malefoy ne lui avait jamais caché qu'il était beaucoup plus attiré par les hommes que par les femmes. Il lui avait d'ailleurs dévoilé à mots couverts le calvaire qu'avait représenté la conception de Scorpius.
De son côté, Harry n'avait pas dissimulé non plus que Ginny avait été sa seule et unique expérience charnelle. Par contre, il n'avait jamais envisagé qu'il puisse ressentir autant d'émotions dans les bras d'un homme.
Il eut un pincement au cœur en ne trouvant personne dans la salle à manger, mais un tintement résonna en provenance du salon.
Draco était installé dans le divan, en face d'un bon feu de cheminée. D'un simple haussement de sourcil, il l'invita à prendre place à ses côtés avant de lui tendre un verre.
Ils s'installèrent dans un silence confortable, contemplant les joyeuses flammes. Sous prétexte de trouver une position plus confortable, les deux hommes se rapprochèrent lentement. Leurs épaules entrèrent en contact. Puis, les mains négligemment posées sur les coussins se cherchèrent, s'entrelacèrent. Les doigts de Draco partirent à la découverte de la paume légèrement rugueuse de l'auror, caressant et massant. Soudain, une pression plus appuyée à la base du pouce provoqua un frisson. Ils tournèrent la tête au même moment, les yeux d'orage plongeant dans les émeraudes scintillantes. Draco lâcha la main de Harry avant de saisir son verre et se releva pour déposer son fardeau sur la table basse puis il se retourna.
Lentement, le blond se pencha, venant déposer délicatement ses lèvres sur celles de Harry. Au début, elles se contentèrent de frôler, de glisser avant d'embrasser la commissure et de revenir suçoter la partie plus charnue. Profitant d'un soupir tremblant, une langue opportuniste se glissa rapidement à la recherche de sa jumelle l'entraînant dans un tendre ballet sensuel.
Après quelques minutes, un nouveau gémissement plus appuyé fit s'écarter Draco, déclenchant les protestations inarticulées de Harry. Avec un sourire coquin, le blond prit en coupe le visage de Potter et revint dévorer ses lèvres. De tendre et suave, le baiser devint plus profond, plus conquérant. Les mains glissèrent le long du cou pour s'arrêter sur les épaules avant de descendre lentement sur les pectoraux.
D'abord immobiles, les mains de Harry prirent rapidement vie et partirent à la découverte du dos finement musclé, montant et descendant en caresses sensuelles le long de la colonne vertébrale. Ce n'est que lorsque des doigts vinrent taquiner ses mamelons qu'il se rendit compte que Draco l'avait incité à s'allonger tout en déboutonnant sa chemise, le tout sans jamais avoir lâché ses lèvres.
En guise de représailles, il tira vivement la chemise de son assaillant de la ceinture de son pantalon et glissa ses paumes sur la peau lisse, dessinant le contour des côtes avant de redescendre dans le creux des reins pour ensuite partir à la découverte de la rondeur tentatrice des fesses de Malefoy.
Sous le toucher explorateur, Draco gémit à son tour, brisant involontairement le baiser en se redressant sous les sensations. Avec un sourire lascif, il replongea dans la bouche du brun, attisant son désir tandis que celui-ci ne voulant pas rester sur la touche appuyait ses caresses avec suffisamment de force pour inciter le blond à se laisser aller contre lui.
Leurs bassins s'emboitèrent à la perfection tandis que leurs virilités emprisonnées sous le tissu de leur pantalon entraient en contact, leur arrachant à tous deux un frémissement.
- Oh par Merlin... C'est ... hoqueta Harry, quelques instant plus tard, alors que leurs mains continuaient à explorer toute parcelle de peau à leur portée.
- Encore mieux … souffla Draco en entamant un lent mouvement de va-et-vient des plus satisfaisants.
Les deux hommes semblaient sur le point de perdre le contrôle, totalement perdus dans leurs sensations.
- Par Mordred, je ... je me comporte ... comme un ... adolescent ... en chaleur, gémit Draco en s'immobilisant résolument, ne voulant pas en terminer si rapidement. Je ne veux pas ... d'un coup à la ... sauvette. Pas avec toi.
Touché par les paroles, Harry se redressa pour happer les lèvres de Draco, provoquant par ce mouvement une friction qui enflamma les deux hommes. Les quatre mains glissèrent avec impatience vers les ceintures, bataillant pour se débarrasser des vêtements superflus quand un claquement insistant fini par les sortir de leur occupation.
Ils se redressèrent avec un profond soupir de frustration pour observer les alentours mais ne virent rien. Ils se fixèrent d'un regard intense et allèrent reprendre leur activité quand le même son se fit à nouveau entendre.
Avec un grommellement, Draco se résigna à se lever pour trouver la source du bruit. Une minute plus tard, il aperçut un hibou taper de manière hystérique contre la fenêtre donnant sur le balcon. Dans son bec, il portait une lettre à la couleur des plus reconnaissables.
Irrité, Malefoy ouvrit la fenêtre et le volatile vola frénétiquement vers Harry pour lâcher la lettre qui fumait déjà dans ses mains. Il repartit ensuite à tire d'ailes. Manifestement, il était bien habitué à la dangerosité de ce type de colis et souhaitait protéger ses plumes.
Le blond referma le battant, raidi en l'attente de l'explosion familière, mais rien ne vint. Surpris, il se tourna vers Harry pour le trouver immobile devant la Beuglante qui semblait figée en plein vol. Il serrait un parchemin blanc dans sa main. Il se rapprocha lentement pour se rendre compte que le brun semblait en état de choc. Doucement, il le poussa à s'asseoir avant de prendre place à ses côtés. Il desserra les doigts crispés sur le document.
- Harry ?
- ...
- Harry, ça va ? insista-t-il en caressant sa joue pour obtenir son attention.
- Euh oui ... Je ... je crois que ... je ne ... je ne pensais pas que Ginny oserait ... se plaindre chez sa mère.
- Par Merlin, Potter ! Qu'est-ce que tu peux encore être naïf ! Il était évident qu'ils allaient tous les deux courir dans les jupes de leur mère. C'est ce qu'ils ont toujours fait.
- Oui, mais ... elle aurait pu considérer la situation pour les enfants.
- Potter, s'irrita Draco. Désolé de te le dire, mais les enfants ne sont clairement pas sa priorité. Tout ce qui l'intéresse, ce sont tes galllions et la liberté de pouvoir coucher avec tout et n'importe quoi en se pavanant grâce à ton nom.
Potter dévisagea le blond, les yeux écarquillés. Pendant un instant, il était retourné dans les couloirs de Poudlard où il avait toujours été en butte avec le venin du Serpentard. Ce dernier aussi semblait surpris par ses propos, et pourtant, il ne faisait que dire une vérité qui ne pouvait que blesser Harry.
- Tu as raison, même si je préfèrerais que tu aies tort. Qu'elle n'ait aucune considération pour moi, je peux le gérer, mais vis-à-vis des enfants, c'est ...
- C'est ce qu'elle est ! Une égoïste arriviste ! Tout comme son frère ! Et aucun des deux n'a acquis la maturité nécessaire, malgré toutes les épreuves que nous avons tous dû traverser ces dernière années. La preuve : ils sont allés chouiner chez leur mère.
- Je ne voulais pas impliquer mes beaux-parents dans cette histoire. C'est déjà tellement pathétique.
- Ils ne te laissent pas le choix, répondit Draco en attrapant le parchemin et en l'agitant sous le nez de Harry.
Ce faisant, son regard accrocha quelques mots :
« Harry James Potter,
C'est une honte ! Comment oses-tu lancer de telles accusations envers ma fille ? Je ne pensais pas que tu pouvais être aussi mesquin pour accuser une innocente de tes dépravations. Tes parents doivent se retourner dans leurs tombes en voyant combien leur fils est tombé bas ! Tu couches à droite à gauche, te vautres dans la luxure et prétend que ta merveilleuse épouse est une dépravée.
Et comment oses-tu prétendre vouloir l'empêcher de voir ses enfants, la prunelle de ses yeux, ses plus grands trésors ! Tu es un monstre, pire encore que Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-Nom !
Qu'est-ce que c'est cette histoire de suspension pour mon petit Ronald ? Le pouvoir t'est monté à la tête ! Tu te conduis comme un despote et un tyran ! Le travail et la conduite de mon petit garçon sont irréprochables ! Tu n'as pas à cacher tes manquements et lacunes en les reportant sur les autres.
Tu es un homme méprisable ! Je regrette le jour où je t'ai accepté dans ma famille ! »
Chaque terme s'inscrivait devant ses yeux en lettres de feu, faisant bouillir son sang. Il dut respirer profondément pour tenir sa fureur sous son contrôle. Il était à deux doigts de transplaner pour aller régler leur cas aux deux belettes.
- Dis, comment t'as fait pour empêcher la Beuglante d'exploser ? demanda-t-il pour détourner l'attention du brun.
- Mmm ? Oh, c'est un truc que j'ai appris en faisant mes études d'Auror. Il suffit de lancer un Stupefix sur la lettre, puis un sort de Gemino. Le texte est alors retranscrit sur un parchemin totalement inoffensif.
- Pas mal ! J'imagine que tu dois souvent y avoir recours ?
- Tu n'imagines même pas. Le truc, c'est d'agir juste au bon moment. Quand l'enveloppe s'ouvre, mais que le Sonorus n'est pas encore activé.
- Faudra que j'essaye ça la prochaine fois.
- Draco ?
- Oui.
- Qu'est-ce que je dois faire ?
- Tu n'as pas le choix. Tu dois aller parler aux Weasley, mettre les choses au point. Et tu dois le faire ce soir !
- Mais ...
- Harry, tu dois limiter les dégâts le plus vite possible, surtout au niveau de la famille. Cela ne m'étonnerait qu'à moitié que Skeeter ait déjà été mise au courant.
- Skeeter ? murmura Harry horrifié.
- Oh oui ! Je suis persuadé qu'ils ne manqueraient pas une telle occasion de pouvoir te noircir en place publique. Et je ne dois pas t'expliquer combien la population est versatile. Ils mentiront sans vergogne.
- Mais...
- Par Merlin, Harry ! Tu es un Gryffondor ! Alors tu arrêtes de tergiverser, tu prends ton courage à bras le corps et tu y vas. Et ne t'inquiètes pas pour les enfants, je veillerai sur eux !
Et pour bien appuyer ses paroles, il déposa un bref baiser sur les lèvres de Potter avant de le pousser résolument vers la sortie.
OoOoOoOoOoO
Il eut à peine eu le temps de reprendre ses esprits que Harry se retrouvait sur le seuil du Terrier. Il avait à peine passé la porte que Molly fondit sur lui en vociférations furieuses. Avant qu'il n'ait pu dire un seul mot, il reçut une gifle magistrale de l'impressionnante femme rousse.
A ce moment, son instinct prit le dessus et en un seul geste, il l'immobilisa et la réduisit au silence en la bloquant sur le divan par un Incarcerem. Après une seconde de stupéfaction, ses deux cadets se jetèrent sur Harry en hurlant des insultes. Ils rejoignirent leur mère aussitôt. Harry baissa le bras, toujours aux aguets en se tournant vers les autres occupants de la pièce.
George échangea un long regard avec son beau-frère, évaluant ses intentions. Après une brève réflexion, il fit un pas de côté, indiquant clairement qu'il attendrait d'avoir plus d'informations avant de prendre une décision.
Arthur était bouche bée et totalement perdu. Lorsqu'il était rentré ce soir-là, il avait été pris à partie par sa femme et ses deux cadets. Il avait eu beaucoup de difficultés à croire que son gendre ait pu se comporter de cette manière envers sa famille. Les accusations de dépravation avancées par Ginny et celles d'abus d'autorité défendues par Ron le laissaient perplexe. Même s'il était aujourd'hui le Chef des Aurors, Harry remettait souvent en doute son jugement. Il n'était pas aussi sûr de lui qu'il voulait le faire paraître. Il ne savait pas que penser de ce que Ron et Ginny avaient raconté, et même s'il ne voulait pas croire qu'ils puissent mentir ouvertement, il doutait. Ses plus jeunes enfants avaient toujours eu cette tendance à se prévaloir de ce que la fréquentation de Harry pouvaient leur apporter, et ce depuis leur première rencontre.
- Que se passe-t-il Harry ? Je ne comprends rien à toute cette histoire, dit Arthur en jetant un œil égaré sur sa femme et ses enfants entravés.
Ce fut Hermione qui intervint de façon virulente, s'approchant à grands pas de son ami pour l'apostropher, sans lui laisser le temps de répondre au patriarche estomaqué par son attitude.
- T'as un vrai problème, Harry ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Pourquoi veux-tu envoyer Ron devant le Conseil de Discipline ? Déjà que tu as toujours bloqué son avancement et que tu profites allègrement de ses réussites pour te mettre en avant ! Depuis quand ta célébrité t'est-elle monté au cerveau ? Et pourquoi est-ce que tu te sépares de Ginny ? As-tu seulement pensé à tes enfants ? Comment peux-tu seulement prétendre que Ron les a attaqués ? Ils sont à Poudlard ! Tu es devenu un véritable monstre ! Un arriv...
- Stop ! Tu te tais, Hermione ! claqua Harry. Avant de porter un quelconque jugement, il faudrait au moins que tu aies tous les éléments en main.
- Eh bien alors, vas-y, explique-moi ce qu'il se passe ? Essaie donc de te justifier !
- Je ne voulais pas en arriver là, mais vous ne me laissez pas le choix. J'aurai préféré que cette lamentable histoire se règle en douceur, du moins en ce qui concerne Ginny.
Harry demanda à Arthur s'ils pouvaient tous s'asseoir avant de reprendre la parole.
- Je vais commencer par répondre à tes accusations, Hermione, ou plutôt corriger les mensonges que ton mari t'a rapportés, même si je lui ai expliqué ce matin même mes raisons. Si je l'envoie devant le CD, c'est que je n'ai plus le choix. Depuis des années, je le protège, je cache ses manquements auprès de nos supérieurs.
- Ron n'a pas ...
- Non ! Ron n'est pas un bon Auror. Il bâcle la plupart de ses missions, rejette ses erreurs sur les autres, fait preuve d'insubordination et ne daigne pas compléter les dossiers. Il est encore pire que lorsque nous étions à Poudlard et que TU veillais à ce qu'il fasse ses devoirs et autres. C'est la raison pour laquelle il n'a jamais eu les avancements qu'il prétend mériter.
- Mais ... tenta Hermione.
- Si tu veux des réponses, arrête de m'interrompre. Aujourd'hui, il a dépassé les bornes. Il a quitté le bureau en bafouant les ordres reçus, abandonnant son poste. Il a abusé de sa position d'Auror auprès de Mc Gonagall pour retirer James et Albus de l'école, sans autorisation parentale, ce qui peut être assimilé à un kidnapping, et cela même s'il est de la famille.
- Mais ... tenta Hermione.
- Non Hermione ! Tu peux vérifier auprès de la directrice, bien qu'elle ne soit pas encore au courant de tous les tenants et aboutissants de cette affaire.
Harry souffla un bon coup avant de reprendre, tandis que Hermione restait coite.
- Dis-moi, en tant que brillante avocate, que se passe-t-il quand un enfant est admis à Sainte-Mangouste en présentant des signes de blessures magiques ?
- Euh ... le Service de Protection de l'Enfance est immédiatement averti. S'il s'agit de magie accidentelle, il est classé aussitôt. S'il s'agit d'une agression, une enquête est ouverte et l'enfant peut être retiré temporairement de la garde de ses parents.
- Et si la personne qui a performé le sortilège est un Auror ?
- L'hôpital dispose d'une banque de données recensant les signatures magiques de tous les employés du Ministère, en ce compris les ...
La voix d'Hermione faiblit jusqu'à disparaître quand elle prit conscience de ce que son explication impliquait.
- Eh oui Hermione. La signature magique étant identifiée, c'est le Département de la Justice Magique qui est saisi de l'affaire et le Chef du Bureau des Aurors est alors contraint de réunir le Conseil de Discipline pour lancer une enquête interne. Maintenant, dis-moi ce que je pouvais faire ?
Plus Harry s'expliquait, plus Hermione devenait livide alors que Ron arborait une teinte rouge écarlate. Les explications de son ami sonnaient beaucoup plus juste que celles de son mari. Mais s'il avait menti à ce sujet, sur quoi d'autre aurait-il pu lui mentir ? Elle se mettait à douter. Qu'est-ce que Ginny avait bien pu faire pour que Harry réagisse de façon aussi violente ? L'histoire qu'ils avaient racontée semblait maintenant bancale.
Tandis que George arborait un visage fermé, fusillant par moment son jeune frère du regard, Arthur semblait anéanti par ce que Harry venait de leur apprendre. Il appréhendait aussi la suite des révélations qui, cette fois, concernerait Ginny. Cette dernière fixait d'ailleurs son mari avec défi, une lueur malsaine dans le regard.
Haussant les épaules avec fatalisme, Harry reprit la parole.
- Hermione ? Pourrais-tu me donner la définition de l'adultère ?
- Mais Harry, il n'est pas reconnu dans le droit sorcier.
- Je sais, mais au vu des accusations d'infidélité écrites par M... Molly dans sa lettre, je crois qu'il est utile de la rappeler. Nous avons toi et moi été élevés dans le monde moldu, et bien que je n'ai jamais accepté cette ... tolérance envers les vœux de mariage, j'ai bien été obligé de la supporter, termina-t-il avec fatalisme.
- « L'adultère est le fait pour un époux de violer son serment de fidélité, de partage, et d'avoir des relations sexuelles avec une personne autre que son conjoint envers qui il a affirmé ce serment. »
- Je déduis de la Beuglante que j'ai reçue ce soir que Ginny m'a fait endosser son propre comportement. Les rumeurs qui couraient dans les couloirs de Poudlard au sujet de son comportement « libertin », de fille facile n'ont fait que se confirmer au fil du temps. Elle ne s'est pas gênée pour courir à droite à gauche depuis que nous sommes mariés. Imaginez-vous combien de personnes se congratulent d'avoir pu se taper la femme du Survivant ? Pensez-vous vraiment que cette information aurait pu rester secrète ? Mais j'ai bien dû l'accepter vu que pour la société sorcière, il est normal d'avoir amants ou maitresses. Et l'on peut dire que Ginny ne s'est sûrement pas rationnée. Par contre, quand cette situation affecte mes enfants, là je dis stop.
- Mais tu ne peux pas ...
- Arrête Hermione ! Tu cherches toujours à tout comprendre et justifier, mais tu n'as pas toutes les informations en main. Peux-tu imaginer ce qu'ont pu ressentir mes enfants quand ils ont trouvé leur mère, nue sur la table de la cuisine, Zacharias Smith s'activant entre ses cuisses ? Alors qu'ils avaient déjà été inquiétés par Ronald qui leur avait dit que j'étais blessé ? Qu'ont-ils pensé quand ils ont entendu leur mère demander à ce quel leur oncle leur jette un Oubliette ? Je dispose d'un dossier médical complet établi par un pédiatricomage de Sainte-Mangouste, qui est, pour information, l'un des amants réguliers de Ginny. Albus était en état de choc profond, tandis que James souffrait des séquelles du sortilège de mémoire mal lancé et d'un Stupefix.
- Comment vont-ils maintenant ? demanda Arthur, effondré.
- Je les ai tous les trois laissé sous la garde d'une personne en qui j'ai totalement confiance. Ils dormaient quand je suis parti, même si Albus a pris une petite dose de Sommeil Sans Rêve.
- Et Lily ? Est-ce qu'elle sait ..., interrogea le grand-père.
- J'ai été la chercher à l'école cette après-midi. Quand j'ai essayé de lui expliquer la situation, elle m'a dit qu'elle et ses amis avaient été témoin à plusieurs reprises de baisers échangés entre Ginny et des hommes. Elle trouve ça méchant et m'a déclaré que je devais faire comme son amie et ne plus parler à Ginny.
- Oh par Merlin ! souffla Hermione. C'est ... horrible.
- Vous comprenez pourquoi je souhaite écarter mes enfants de ces horreurs ? Comment pourrais-je avoir l'esprit tranquille en sachant que Ginny amène ses amants dans notre maison, au mépris du bien-être de James, Albus et Lily ? Pour l'instant, ils ne veulent pas la voir.
Hermione, George et Arthur acquiesçaient aux paroles de Harry, secouant la tête de dépit, tandis que Ron et Ginny se tortillaient en tous sens, essayant de se défaire des liens magiques qui les immobilisaient. Molly quant à elle restait immobile, livide. Soudain, la Belette femelle réussit à se libérer et se jeta sur Harry.
- Je vais te faire payer ! cria Ginny. Skeeter va se faire un plaisir de détruire ta jolie petite réputation avec sa plume à papote. Tu n'es qu'un raté, un minable au lit et en dehors ! Tu es incapable de me satisfaire ! Je ne t'ai épousé que pour profiter de tes gallions et de ta renommée, pour ce que ça m'a vraiment rapporté. Je regretterai toute ma vie d'avoir abîmé mon corps pour porter tes abominables reje... Arrgghh !
Les hurlements de Ginny finirent dans un gémissement de douleur tandis qu'elle tombait à genoux, se tenant la main. Au même instant, Harry ressentit un picotement désagréable sur son annulaire et le porta devant ses yeux. Lentement, son alliance, témoin de ses vœux de mariage devant la Magie, se désagrégea dans les airs. Au sol, son ex-femme pleurnichait, une brûlure s'étendant sur sa main.
Un silence abasourdi s'abattit sur la pièce.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi Ginny est-elle brûlée ? demanda Hermione en se précipitant vers sa belle-sœur pour la soigner.
- Un phénomène rarissime. La Magie vient de décider de mettre fin au mariage de Ginny et Harry, répondit Arthur d'une voix atone.
- Mais comment ?
- C'est une décision magique, Hermione, personne ne peut l'expliquer. Il n'y a eu que quelques rares occurrences, rapportées dans les Lois Anciennes. Si une personne est déjà liée par les liens du mariage et rencontre celui ou celle qui lui est destinée, son âme-sœur, alors la Magie décide de dissoudre le mariage. Mais ... Je ne savais pas que cela occasionnait des blessures.
Tout en parlant, Hermione lançait des sortilèges de soin sur la brûlure sans voir d'amélioration. Au contraire, elle semblait s'aggraver.
- Arrête, Hermione, cela ne sert à rien, intervint Molly à la surprise de tous.
A l'instar de sa fille, elle s'était libérée de l'Incarcerem, mais n'avait pas bougé. Elle contemplait la scène, atterrée. Elle n'aurait jamais imaginé que ses enfants aient pu lui mentir, mais les faits étaient là. Ils l'avaient non seulement manipulée sans vergogne, mais en plus, ils avaient délibérément attaqués ses petits-enfants et avaient tenté de nuire à Harry. Elle regrettait maintenant d'avoir envoyé cette Beuglante injurieuse sans avoir pris le temps de réfléchir. Elle avait réagi comme une mère possessive et protectrice ne voulant pas voir que ses enfants pouvaient avoir des torts.
- La Magie a décidé de briser le mariage de Ginny et de la punir pour son comportement. C'est pour cela que tes soins n'agissent pas. Elle va devoir laisser faire le temps, comme les moldus. Elle l'a mérité pour tout le mal qu'elle a fait.
- Je ne comprends pas. Je croyais que la Magie ne tenait pas compte des adultères.
- Ce n'est pas pour cela qu'elle punit ma fille, répondit Molly avec tristesse. Il s'agit plutôt de son comportement envers les enfants et le regret qu'elle a manifesté de les avoir engendrés.
- Maman ! s'indigna Ginny au milieu de ses gémissements de douleur.
- Oh non ! Tu ne m'apitoieras pas sur ton sort. Toi et ton frère m'avez menti, manipulée. Nous ne vous avons pas élevés ainsi. Tu as eu un comportement déshonorant envers ton mari, ta famille et toi-même. Quant à toi, Ronald, dit-elle en se tournant vers son fils toujours ficelé, il est manifestement plus que temps que tu assumes tes responsabilités.
- Mais ...
- Non, Ginny ! Ta mère a parfaitement raison, coupa Arthur sèchement. Votre conduite est inqualifiable. Vous êtes égoïstes, profiteurs, menteurs et j'en passe. Je ne sais même pas comment Harry pourrait un jour vous pardonner. Par Merlin, j'ai même peur d'imaginer ce qu'il ne nous a pas dit. Quelles autres horreurs risquons-nous d'apprendre ?
A ces mots, Ron, déjà livide, devint verdâtre. Sa réaction n'échappa pas à Hermione qui fronça les sourcils. Elle se promit d'interroger Harry à ce sujet, craignant de nouvelles révélations. Cependant elle avait des questions concernant la dissolution du mariage par la Magie.
- Est-ce que la révocation des liens a d'autres conséquences ?
- Je ne sais pas vraiment, répondit Arthur. De tels évènements sont vraiment très rares et en général, cela se produit au bénéfice des deux parties.
- Je me rappelle que mon arrière-grand-mère racontait que sa propre grand-mère avait entendu parler d'une dissolution de ce type, murmura Molly. Le mari avait mis enceintes plusieurs de ses maîtresses et les avaient envoyées dans le Monde Moldu pour les cacher. Un jour, sa femme légitime l'a appris et l'a fait connaître à toutes ses connaissances. La Magie a dissous le mariage, punissant le mari en le castrant comme on castre les animaux. Elle a brisé tous les liens familiaux, réintégrant la femme et les enfants issus de leur union dans la famille maternelle. Le mari dût payer des dédommagements énormes et mourut sans héritier légitime et le peu d'argent qui lui restait passa à un obscur coussin.
- Mais les enfants ont été spoliés de leur héritage ! s'exclama Hermione.
- Non, leur famille maternelle était bien plus puissante, riche et ancienne. C'était une chance dans ce cas.
- Et pour mes enfants ? demanda Harry qui était resté silencieux depuis l'agression de son ex-femme.
- Il faudra vérifier ton arbre généalogique, mais j'imagine que les liens avec la famille Weasley ont purement et simplement disparus, de même que le nom de Ginny, expliqua Arthur. Pour la Magie, et donc pour les lois sorcières, elle n'a plus aucun droit sur James, Albus et Lily. Les enfants seront les seuls à pouvoir décider s'ils veulent garder des contacts avec elle.
Un lourd silence tomba sur la pièce tandis que chacun réfléchissait à ces nouvelles informations. Seuls les gémissements de Ginny troublaient le calme revenu.
Après quelques minutes, Harry prit rapidement congé. Il était sur le seuil quand Hermione le rappela.
- Harry ? Je ... je suis désolée ... je n'aurai pas dû t'agresser ... Je
- Tu as cru ton mari. C'est normal. Mais ... tu as été bien prompte à m'accuser. Je croyais que tu me connaissais quand même mieux que ça.
- S'il te plait, je ...
- Non ! Je suis désolé moi aussi, mais j'ai besoin d'un peu de temps. Pour l'instant, mes enfants sont ma seule préoccupation et là, je veux vraiment aller les retrouver.
Sans un mot de plus, Harry s'éloigna, parfaitement conscient que tous au Terrier avaient entendu ses paroles. Il avait vraiment besoin de faire le point et espérait qu'ils respecteraient son souhait. Il transplana.
OoOoOoOoOoO
Harry pénétra sans bruit dans l'appartement, étonné d'entendre un clocher voisin sonner les douze coups de minuit. Tout le monde devait sûrement dormir. Pour sa part, il se sentait bien trop agité pour trouver le repos. Il fut surpris de voir Draco se lever du divan au moment où il entra dans le salon.
Les deux hommes s'observèrent un moment sans mot dire. Silencieusement, le blond se rapprocha et l'enlaça fermement. Harry soupira et enfouit son visage dans son cou, respirant profondément l'odeur de fougères mêlée au bois de santal devenue si familière.
Draco s'écarta à regret.
- Comment vas-tu ? Que s'est-il passé ?
Prenant place sur le sofa, Harry rapporta la gifle reçue de Molly et son immobilisation, les tentatives de Ron et Ginny de l'agresser et l'attaque verbale de Hermione. En racontant la suite de l'entretien, il frottait machinalement son annulaire. Son geste finit par attirer l'attention de Draco qui le coupa juste au moment où il expliquait que la rousse s'était libérée de ses liens et lui avait craché son fiel à la figure.
- Harry ? Ton alliance ! Comment as-tu réussi à retirer ton alliance ?
- Je ... je ne l'ai pas retirée. Elle s'est désagrégée.
- Désag ... mais comment ? La seule raison pour qu'une bague de mariage se décompose serait ...
- ... que la Magie décide de dissoudre l'union qu'elle symbolise. Du moins, c'est ce que Arthur m'a expliqué.
Draco était pantois. En tant que Sang-pur, et encore plus en tant que Malefoy, il connaissait les Lois Anciennes, mais jamais il ne se serait attendu à être témoin d'un tel ... prodige ! Oh oui, pour lui, c'était un véritable miracle. Harry, son Harry, était désormais libéré de la sangsue rousse. Un jour, il pourrait être tout à lui. Son enthousiasme baissa cependant d'un cran quand il se rappela que lui était encore et toujours marié. Il repoussa cette pensée au loin pour contempler Harry qui s'était tu et se perdait dans les flammes de l'âtre.
Doucement, il se rapprocha et passa un bras sur son épaule, l'incitant à prendre appui contre lui. Le brun se pelotonna contre le torse accueillant, frottant sa joue contre le doux tissu de la chemise. Draco fit courir ses doigts dans les cheveux ébouriffés, déposant de temps en temps un petit baiser aérien sur la tempe.
Lentement, Harry releva le visage et déposa ses lèvres sur la mâchoire du blond. Ce dernier eut un étrange frisson avant de capturer la bouche mutine et de la taquiner d'une langue furtive. Avec un grognement de frustration, l'auror se redressa dans ses bras et immobilisa sa tête pour pouvoir amorcer enfin un baiser digne de ce nom. Il se lança à l'assaut de la chaude cavité, entamant un duel de domination.
Ne voulant pas se laisser faire, Draco agrippa ses hanches et le tira de façon à ce qu'il se place à cheval sur lui. Aussitôt, un gémissement sortit de leurs gorges, leurs membres gonflant lentement sous la pression montante.
Glissant les bras autour du cou de Draco, Harry se rapprocha de lui, entamant un doux mouvement de roulis tout en fouillant profondément sa bouche. Il se détacha brusquement pour venir picorer les joues avant de fondre sur le lobe de l'oreille droite, mordillant et suçant.
Le blond s'arqua brusquement sous la sensation. Il contre-attaqua en tirant sur la chemise et glissa les mains dessous, palpant les muscles du dos, griffant la ligne des côtes. En réponse, Harry accentua la pression de son bassin, butinant la colonne de son cou. Arrivé au creux de l'épaule, il fut gêné par le col de la chemise. Ses mains partirent à l'assaut des boutons tandis que ses lèvres se pressaient plus durement, aspirant la peau. Avec un sourire narquois, il se redressa et observa la marque rouge avec une grande satisfaction tandis que Draco lui lançait un regard torve.
Ils se débarrassèrent rapidement de leurs chemises, soupirant de plaisir au contact de la peau chaude de leur partenaire. Les mains de Draco se fixèrent sur les fesses de Harry, le poussant plus durement contre lui pendant que celui-ci torturait ses tétons durcis par l'excitation. Il alternait les pincements et tiraillements entre le pouce et l'index avec le mordillement de ses dents.
Après un coup de dent un peu plus affirmé, Draco se redressa violement en se retournant, couchant Harry sur le divan et s'allongeant sur lui. Il lui écarta les jambes pour pouvoir mieux emboiter son bassin entre ses cuisses.
Le brun ne peut s'empêcher de rire de la manœuvre avant d'attraper la tête de son agresseur et de l'attirer à lui pour reprendre ses baisers. Ils accentuèrent les frictions, se poussant l'un après l'autre jusqu'à la limite de leur endurance avant de se figer et d'attendre que la pression redescende. Puis ils recommençaient le même manège, les laissant chaque fois un peu plus tremblant de désir.
Au bout de la troisième, quatrième ou dixième fois, Draco plongea la main sur la ceinture du pantalon de Harry et tâtonna à la recherche de sa braguette. Il l'ouvrit rapidement pour se débarrasser du vêtement, entraînant dans le même mouvement le boxer mais se retrouva frustré par les chaussures qui gênaient la descente. En grommelant contre ces maudits accessoires, il se releva, arracha les importunes et tira ensuite le tissu encombrant.
Quand Harry se redressa à son tour pour lui faire subir le même sort, il le repoussa fortement et se chargea lui-même de se dévêtir. Avec une sensualité brûlante et érotique, il fit glisser son pantalon, caressant au passage sa longueur masquée par la soie de son boxer. Il vit Harry déglutir avec difficulté, le regard fixé sur l'objet de son désir, les yeux assombris par une attente un peu anxieuse.
Dans un mouvement d'une luxure affolante parce que clairement inhabituelle de se part, le brun remonta les genoux vers son torse, les jambes largement écartées, présentant sans aucune pudeur son intimité à celui qui deviendrait son amant dans quelques instants.
Hoquetant devant cette scène, Draco saisit rapidement sa baguette et lança un sort de lubrification sur l'entrée plissée de Harry. Se penchant, il frotta doucement son index sur l'anneau de muscles, cherchant à le détendre tandis que ses lèvres frôlaient le gland rougi et suintant. L'auror gémit sous la force des sensations et le blond profita du fait qu'il arquait le dos pour pousser son doigt dans l'antre chaud. Il entama un doux mouvement de va-et-vient, cherchant la petite boule de nerfs qui déclencherait des frissons de plaisir chez l'homme qui hantait ses pensées depuis si longtemps, pendant que sa langue partait à la découverte des veines longeant la verge tendue, le regard rivé sur les joues rougies et les yeux écarquillés.
Alors que les soupirs se transformaient en petits cris, il accentua la pression de ses lèvres sur le pénis érigée et tressautant tout en ajoutant un deuxième doigt. Il les écarta légèrement pour assouplir les muscles serrés, veillant à toucher de temps en temps la prostate pour détourner le brun de l'inconfort de l'intrusion. Puis, Harry lança ses hanches en avant, cherchant à envahir davantage la bouche de Draco.
Tremblant d'impatience, l'ancien Serpentard prit quand même quelques secondes pour glisser un troisième doigt, mais Harry tenta de s'écarter.
- Non, viens ... Je ... veux ... pas tes doigts ... toi !
Draco se dégagea pour s'agenouiller devant Harry. Il se pencha pour lui ravir les lèvres, tandis que sa main guidait son membre vers l'antre encore inexplorée. Il le pénétra lentement, attentif à la moindre grimace de douleur, s'arrêtant une fois pleinement entré pour le laisser s'habituer. Ils s'observèrent intensément, les pupilles totalement dilatées sous l'excitation et le plaisir.
Harry ne put tenir très longtemps et attira Draco plus profond en agrippant ses fesses. Le blond se retira délicatement, avant de revenir tout aussi lentement, cherchant à toucher la prostate de son amant. Il varia la profondeur et la vitesse de ses coups, l'angle de ses pénétrations. Leurs gémissements de félicité envahirent la pièce, tandis qu'ils se fixaient toujours.
Après un temps qui leur parut une éternité, Draco frappa une dernière fois la prostate de Harry qui jouit à longs traits entre leurs deux corps. Sous le coup de l'orgasme, l'anneau de muscles se resserra autour de la verge du blond qui ne put se retenir davantage. C'est en se raidissant qu'il emplit l'antre de sa semence, ses reins agités de spasmes presque convulsifs. Haletant, il se laissa retomber sur la poitrine de son amant dont le souffle était tout aussi précipité.
Il se détacha lentement, se laissant retomber sur le flanc avant d'attirer Harry à lui, collant le dos du brun contre son torse, serrant ses bras autour de son corps pour enfouir son visage dans ses cheveux en bataille.
Insensiblement, leurs respirations se firent plus profondes et ils sombrèrent tous deux dans les bras de Morphée.
TBC...
