Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings

Pairing : HP/DM

Bonne lecture !


Chapitre 5 : Vandalisme

Jeudi 9 Novembre 2017

Harry émergeait lentement des brumes du sommeil, entouré d'un cocon de satisfaction intense. Il se lova plus confortablement sous la couette et se laissa emporter par le souvenir de sensations un peu inattendues. Le frôlement de lèvres fantômes sur sa bouche. Le souffle léger caressant sa nuque. La douceur de mains fines parcourant sa peau. Le sentiment d'être entier pour la première fois de sa vie.

Les images se marièrent aux perceptions, un frémissement sillonnant ses muscles. Poussant un gémissement de contentement, il enfouit son visage dans l'oreiller emplissant ses poumons de la fragrance du bois de santal et des fougères.

Santal ? Fougères ? Dr... Mal... Draco !

Tout son corps se raidit subitement sous la prise de conscience. Il avait couché avec Draco ! Par Merlin, il avait commis un adultère ! Il était l'autre « femme », la briseuse de ménage.

Il remonta le drap sur sa tête, repensant à tous les évènements qui avaient émaillés la journée de la veille, annulé son mariage et conduit dans les bras de Draco.

Même s'il ne regrettait pas d'avoir fait l'amour avec celui qui était devenu son ami – et même plus désormais – il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser.

- Arrête ça tout de suite, Potter ! claqua une voix bien reconnaissable.

Presqu'à contrecœur, Harry repoussa le drap pour voir Draco appuyé contre le chambranle de la porte, le toisant d'un air goguenard.

- Que ... Quoi ...

- Arrête tout de suite de culpabiliser Potter !

- Mais comment ...

- Je te connais, Foutu Gryffondor Borné, comme si je t'avais fait !

- Mais ... ah oui ? hésita Harry avant de défier Draco.

- Parfaitement ! Quand tu t'es réveillé, tu nageais en pleine félicité et tu aurais bien voulu prolonger cet état, te souvenant du bien-être, que dis-je, la béatitude que je t'ai procurée. Puis, tu t'es souvenu de qui était ton amant et tu as paniqué.

- ...

- Donc, je persiste, arrête de culpabiliser. Tu n'es pas un briseur de ménage, tu n'es pas l'autre « femme ». Pour ta seule information, Astoria a quitté le Manoir début septembre. Selon nos conventions, nous devions nous séparer sitôt que mon hériter intégrerait Poudlard. Si nous continuons à nous fréquenter lors des événements mondains, ce n'est que pour les apparences. Pour moi, nous sommes purement et simplement séparés. Et je te rappelle que tu n'es plus marié, donc tu n'es pas adultère.

- Mais quand même, toi tu es marié et ...

- Non Harry. Je peux comprendre ta vision de la fidélité, et je crois que j'aimerais même y croire, mais j'ai été élevé dans le Monde Sorcier. Je savais parfaitement à quoi m'attendre quand j'ai épousé Astoria, sans même dire qu'elle ne correspondait absolument pas à mon type de partenaire idéal. Pour les Sangs Purs, c'est plutôt l'infidélité qui est la norme.

- Oh ... se contenta d'exprimer Harry.

- Et ne me comprends pas de travers, Gryffondor Stupide. Je te l'ai déjà dit et tu sais que j'ai horreur de me répéter. Donc pour la première et dernière fois, je ne te vois pas comme un coup d'un soir, tiré à la sauvette ! J'ai le projet de t'étudier sous toutes les coutures pour découvrir toutes tes zones érogènes. Et puis n'oublie pas tous les petits scénarii dont je t'ai abreuvé ces derniers mois. J'ai bien l'intention de les mettre en pratique ! Compris ?

Harry se contenta de hocher la tête avec conviction. Draco pouvait être vraiment impressionnant quand il le surplombait de la sorte, les mains sur les hanches et le regard inflexible. D'autre part, les images dont l'avait bombardé le blond à chacune de leurs rencontres lui revenaient en mémoire, mettant à mal le peu de sang-froid qu'il avait réussi à rassembler.

- Bon, ce n'est pas que je n'adorerais pas mettre mes déclarations en œuvre, mais tes gamins t'attendent dans la cuisine. Ils ont réclamé des crêpes pour le petit-déjeuner.

Le brun fut un peu choqué, à la fois par la mention de ses enfants et le changement brutal de sujet. Sans lâcher les yeux gris, il se glissa sensuellement hors du lit, laissant le drap tomber, dévoilant sa peau dorée. Avec une audace totalement inédite, il se dressa devant son amant, le contourna en le frôlant avant de pénétrer dans la salle de bain dont il referma doucement la porte derrière lui.

Avec un soupir tremblant, il s'appuya contre l'évier de marbre et fixa son reflet dans le miroir. Il avait les yeux écarquillés et les joues rougies, le souffle un peu précipité. Et puis, son anatomie était, elle aussi, parfaitement éveillée. Il ne pouvait pas croire qu'il avait allumé Draco de cette façon. Avec un sourire, il revit l'expression interdite qu'avait arborée le blond en le voyant faire.

Il pénétra dans la cabine de douche et ouvrit l'eau chaude qui se déversa comme une cascade bienfaisante sur son dos. Merlin bénisse les sorts de réchauffement.

Un léger frémissement d'air l'avertit de l'intrusion de Draco derrière lui.

- Draco ? Qu'est-ce que tu ...

Draco s'empara des lèvres de Harry avant que celui-ci ne le repousse vivement.

- Non, on ne peut pas ... les enfants ...

- T'inquiète ! J'ai fermé la porte et mis un sort de silence. Ils ne rentreront pas ici. D'ailleurs, ils dégustent leurs crêpes.

Sans plus se poser de question, dans un mouvement purement instinctif, il l'attrapa par la main et le poussa rudement contre le mur. Le contraste entre la fraîcheur du carrelage et sa peau déjà rendue brûlante par le désir arracha un halètement à Malefoy. Harry en profita pour s'emparer de ses lèvres avec voracité. Les mains du blond voulurent se lancer à sa conquête, mais Potter se détacha et plongea ses yeux dans le regard de métal en fusion de celui qu'il voulait être sa prochaine proie.

Malefoy comprit la volonté de Harry et laissa retomber ses mains le long de son corps. Il en fut remercié par un baiser qui lui fit crisper les orteils avant que les lèvres douces du brun ne migrent le long de sa mâchoire pour descendre la colonne d'albâtre de son cou, mordillant la peau au passage. Elles s'attardèrent un long moment sur les mamelons dressés tandis que les mains brunes débutaient de lents effleurages, glissant sur les épaules avant de poursuivre leur chemin sur les côtes et les flancs pour s'ancrer sur les hanches.

La bouche aventureuse taquina le nombril puis suivit les contours des légères tablettes de chocolat, prouvant que Draco prenait grand soin de son physique. Le blond poussa un gémissement lorsque le menton de Harry râpa son gland rougi.

Avec un sourire coquin, ce dernier accrocha le regard gris et lentement, glissa les lèvres sur le membre tendu et l'engloutit. Il entama un lent mouvement de va-et-vient, assouplissant sa gorge pour pouvoir le prendre le plus loin possible, testant des possibilités jusque-là inconnues.

Ses mains se déplacèrent sur les rondeurs galbées et entamèrent un massage au rythme de ses allées et venues. Ses doigts glissèrent entre les fesses et frôlèrent l'entrée plissée pour la taquiner.

Draco eut un violent mouvement de recul à cet attouchement. Il se cogna la tête contre le mur et poussa un gémissement sourd.

Craignant d'avoir outrepassé une limite dans leur relation, Harry lâcha le sexe frémissant pour relever la tête vers le blond. Il connaissait la propension de son amant pour la domination. Draco devait toujours avoir le contrôle, et ce dans tous les aspects de sa vie. Ce dernier se mordait la lèvre inférieur, tentant de faire barrage aux sons qu'il émettait, ses joues étaient écarlates, non pas à cause de la chaleur de l'eau, mais bien en raison de l'excitation qu'il ressentait. Il ouvrit d'ailleurs brutalement les yeux en se rendant compte que les tortures sensuelles avaient cessé.

- Par Merlin ... cont ... continue, haleta-t-il, la supplication presque visible dans ses prunelles brillantes.

Harry accéda à sa prière et reprit ses succions sur son membre. Avec hésitation, il glissa son index entre les globes de chair, à la recherche de la petite ouverture inexplorée, guettant le moindre signe de refus – de peur – dans l'expression de son amant.

Les mouvements de Draco devinrent erratiques. Il tentait de lancer ses hanches en avant pour accentuer la pression sur son sexe, mais dans le même temps, il semblait vouloir pousser sur le doigt qui le caressait subtilement. Il mordit sa lèvre un peu plus fort et ferma les yeux pour tenter d'endiguer le flot de sensations qui le submergeait.

Avec un petit rire satisfait qui vibra le long du sexe du blond, Harry se concentra sur sa tâche, tout en faisant lentement pénétrer son doigt dans l'antre chaud et étroit. Il se laissa guider par son instinct et les souvenirs de ce que Draco lui avait fait la veille. Il fit doucement tournoyer son index, le sortant et le glissant à nouveau à l'intérieur pendant quelques instants. Puis, il ajouta son majeur et débuta de délicats mouvements de ciseaux. Explorant la paroi avec précaution, il sentit une petite protubérance et appuya légèrement dessus.

L'effet fut immédiat. Draco se tétanisa un instant avant de gémir son nom dans un souffle. Galvanisé par cette réaction, Harry s'appliqua à titiller la petite boule de nerfs tout en accentuant ses mouvements sur le pénis palpitant. Il parvint à bout de la résistance du blond lorsqu'il malaxa les bourses pleines. La reddition fut bruyante, Draco ne pouvant s'empêcher de crier sa délivrance tandis que Potter avalait goulûment le produit de son plaisir. Et alors qu'il sentait ses doigts enserrés par les muscles internes, signe évident d'un orgasme dévastateur, il perdit lui-même tout contrôle et se répandit sur le sol.

Il reposa la tête contre la cuisse de Draco, cherchant à reprendre son souffle après cette expérience extraordinaire. Soudain, il sentit son amant se pencher pour le forcer à remonter. A peine fut-il debout que sa bouche fut dévastée par un baiser brûlant mais irradiant de tendresse et surtout plein de promesse. Ils se séparèrent doucement, un sourire repus ornant leur visage et sans un mot, se lavèrent mutuellement. Après un séchage rapide, ils descendirent retrouver les enfants à la cuisine.

OoOoOoOoO

Les deux hommes entrèrent dans la cuisine, les joues rosies et les lèvres gonflées, pour y trouver les trois enfants se régaler d'une pile de crêpes. Seul James envoya un regard entendu à son père qui, embarrassé, rougit un peu plus. Il était à peine étonné que l'adolescent soit conscient de la situation.

Ils étaient en train de planifier les activités de la journée lorsque deux hiboux vinrent tapoter la vitre. Albus se précipita pour ouvrir et les deux volatiles déposèrent la Gazette du Sorcier sur la table. James s'empara d'un exemplaire. Il aimait se tenir au courant de ce qu'il se passait et avait d'ailleurs demandé à avoir un abonnement lorsqu'il était à Poudlard.

Quelques instants plus tard, son attitude finit par attirer l'attention de Harry. Les yeux de son fils ne cessaient de passer du journal à ses mains, une expression perplexe se peignant sur ses traits. Une pression discrète de Draco sur sa cuisse le détourna de son interrogation. Le blond tentait de lui montrer l'article qui captivait son fils.

« INIMAGINABLE ! LA MAGIE DISSOUT LE MARIAGE POTTER-WEASLEY !

Alors que votre servante se promenait dans les couloirs du Ministère, un véritable cataclysme a eu lieu au Département des Affaires Familiales. A précisément 22h49, ce mercredi 8 novembre 2017, l'ensemble des documents faisant référence à l'Union Sorcière du Garçon-qui-a-Vaincu ont été soit détruits, soit modifiés. La lignée des Potter ne comporte désormais plus une trace du nom de Ginevra Molly Weasley.

Il faut vous rappeler, chers Lecteurs, que le mariage sorcier est considéré comme perpétuel. Les rares cas connus, pour lesquels la dissolution a été enregistrée, concerne des sorciers ou sorcières engagés qui rencontraient leur âme-sœur en la personne d'une créature magique. Comme vous le savez tous, la Loi Primordiale privilégie ce type d'union à l'exclusion de toutes les autres.

Cependant, dans le cas qui nous occupe, il n'y a nulle mention d'un nouveau lien marital, ce qui nous laisse avec un mystère à résoudre. Qu'a-t-il bien pu se passer pour que la Magie estime judicieux d'annihiler une alliance sans que celle-ci ne soit remplacée ?

Nous vous tiendrons au courant dès que nous disposerons de plus amples informations.

Votre dévouée Rita Skeeter

Page 3-4 : histoire d'un mariage de conte de fée ?

Page 5 : L'Union Sorcière et ses exceptions »

L'article tapageur, comme toujours, était agrémenté d'une photo de son mariage. Un graphiste quelconque s'était arrangé pour qu'elle se déchire en formant un éclair rappelant sa célèbre cicatrice.

- Vous êtes ... divorcés, demanda Albus qui avait fini par remarquer le manège de son frère et s'était penché sur son épaule pour lire.

- Eh bien ... hésita Harry, en quelque sorte. Mais ça ne change rien pour vous. Ginny est et restera vot...

- On va avoir deux maisons ? Comme Mary ? C'est chouette ! s'exclama Lily, coupant son père avec la candeur propre aux enfants.

Albus s'apprêtait à répondre, un air vindicatif inscrit sur le visage, lorsque l'exclamation de sa sœur l'avait interrompu. Des trois enfants d'Harry, il était peut-être le plus attentif à ce qui l'entourait, et surtout le plus sensible. Il remarqua aussi le regard de son père qui semblait lui demander de ne pas envenimer la situation, mais lui promettait d'avoir une discussion sérieuse plus tard. Il acquiesça avec un mouvement sec du menton, retournant à son assiette de crêpes. James avait remarqué la communication silencieuse et avait bien l'intention d'être présent également.

OoOoOoOoOoOoO

Avant de sortir, Harry téléphona à la Directrice de l'école de Lily pour l'avertir de son absence pour raisons familiales. Il préférait que sa fille reste avec ses frères jusqu'à ce qu'ils retournent à Poudlard. Ensuite, il contacta Minerva Mc Gonagall par cheminette. Nul doute que la Une de la Gazette avait dû provoquer un séisme à Poudlard, sans compter que Ronald avait laissé entendre la veille qu'il avait été grièvement blessé.

- Bonjour Professeur !

- Harry ! Je vous ai déjà dit de m'appeler Minerva. Que se passe-t-il ? Et vos blessures ? Et c'est quoi cette histoire de Skeeter ?

- Je ... je vais bien, Minerva. Je n'ai eu qu'une éraflure sans gravité. Je ... Ron...

- Harry ?

- Ronald vous a menti pour emmener les enfants hier. Il n'en avait pas le droit, officiellement. Il ...

- Il a usé de son statut d'Auror et de beau-frère, n'est-ce-pas ?

- Je ... Vous ... vous ne semblez pas étonnée.

- Je crains que Ronald Weasley ne vous ai toujours jalousé Harry. Mais pourquoi a-t-il menti ?

- Il ... savait certaines choses et a voulu en profiter.

- Et j'imagine que cela explique en partie la dissolution de votre mariage.

- Que ... Quoi ? s'écria Harry estomaqué par la « clairvoyance » de Minerva.

- Oh Harry ! Je n'aime pas me mêler de ce qui ne me concerne pas, mais j'ai toujours vu que Ginny ne partageait pas vos idées sur le mariage, ou même celles de ses parents. Elle a très vite adopté le point de vue des Sangs Purs, et ce déjà à l'époque où vous fréquentiez Poudlard tous les deux.

- Vous devez vous dire que je suis le plus grand naïf que la Terre ait jamais porté, répondit Harry avec accablement.

- Absolument pas Harry. Je crois que vous avez rapidement compris que votre rêve d'une famille unie n'était qu'une illusion et que vous avez accepté de ne pas envenimer les choses pour le bonheur de vos enfants.

- Pour ce que ça m'a apporté, murmura Harry.

- Et les enfants ? Comment prennent-ils tout cela ?

- Lily ne semble pas trop perturbée. Elle trouve ça bien d'avoir deux maisons comme son amie d'école dont les parents sont divorcés. Les garçons eux sont choqués. Ronald leur a fait surprendre leur mère dans une position des plus explicites. En plus, ils ont essayé de les soumettre à un Oubliette.

- Par Merlin ! Je comprends maintenant pourquoi votre mariage est dissous. La Magie a dû estimer que son comportement était déshonorant.

- Je ... En tout cas, c'est comme ça que Molly l'a expliqué hier, répondit un Harry très étonné de la prise de position de son ancien professeur de Métamorphoses.

- Bien. Et pour Ronald ? J'imagine que vous avez dû prendre des mesures en tant que Chef des Aurors ?

- Il sera déféré devant le Conseil de Discipline.

- Je crains que Ronald Weasley ne soit plus très longtemps un Auror dans ce cas.

- ...

- Voyons Harry, vous croyez vraiment que je n'ai jamais remarqué comme Hermione Granger et vous-même avez toujours protégé votre ami ? Je suis certaine que vous avez continué à pallier ses manquements dans son travail.

- Et je me rends compte que nous n'aurions jamais dû le faire. Il n'a jamais appris à faire face aux conséquences de ses actes.

- Mmm. Bien. J'imagine que vous ramènerez les enfants dimanche ?

- Euh ... oui, à moins que cela ne pose un problème ?

- Pas du tout. Ils ont bien besoin d'un peu de calme pour se remettre.

- Merci Pro... Minerva.

- De rien Harry. A dimanche.

- A dimanche.

Harry se redressa un peu déboussolé. Il ne s'était pas attendu à ce que la Directrice de Poudlard soit si consciente de la situation. Il secoua la tête avec dépit avant qu'une main ne le fasse sursauter en se posant sur son épaule. Se retournant, il croisa le regard concerné de Draco.

- Tout va bien ?

- Mmm oui, en quelque sorte. Mc Gonagall m'a un peu ... surpris.

- Ça ne m'étonne pas vraiment.

- Oui, je sais, je suis d'une crédulité crasse ! rétorqua Harry dans un mouvement d'humeur.

- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Je pensais juste que Mc Go a toujours été la plus impartiale de nos profs. Je crois qu'elle en a vu beaucoup plus qu'on ne l'a jamais cru ... sauf peut-être l'histoire des Plumes de Sang d'Ombrage. Même s'il est vrai que tu as toujours fait mine d'avoir une confiance aveugle dans tes Belettes, ironisa Draco.

Harry ouvrait la bouche pour protester quand le blond le tira vivement vers lui pour s'emparer de ses lèvres dans une tentative évidente pour le faire taire. Et il se perdit avec délice dans le baiser, hésitant entre indignation devant la diversion et ravissement de retrouver ces sensations sulfureuses. Il s'écarta avec regret en entendant les enfants descendre les escaliers, habillés pour une excursion dans le monde moldu.

OoOoOoOoOoOoO

Ils avaient passé une journée parfaite. Harry avait proposé d'aller visiter le Musée des Sciences Naturelles et les enfants avaient été fascinés par les squelettes de dinosaures, de même que les adultes, même s'ils s'en défendaient. Bien qu'il y ait des dragons dans le monde sorcier, apprendre qu'il avait existé des monstres de plusieurs mètres de long et pesant plusieurs tonnes était quand même surprenant. Les Potter avaient d'ailleurs bien cru qu'ils allaient mourir de rire lorsque Draco avait été violemment surpris par les mouvements d'un Tyranosaure. Il avait tenté de sortir sa baguette pour se protéger du monstre avant que Harry ne puisse lui expliquer qu'il ne s'agissait que d'un animatronic, une réplique capable de mouvements.

Ils avaient ensuite fait une halte dans un fast-food pour se restaurer, à la plus grande horreur de Malefoy qui ne concevait pas de manger ailleurs que dans un restaurant étoilé. A son corps défendant, il avait bien dû admettre qu'il avait énormément apprécié le sandwich jambon à la moutarde ancienne que Harry lui avait choisi. Evidemment, avait-il déclaré avec suffisance, la charcuterie provenant du Wiltshire, elle ne pouvait être que délicieuse.

Ils avaient ensuite arpenté les rues commerçantes de Piccaddilly et Regent Street. A un moment, ils avaient presque perdu Draco. Il leva soudain le nez, les narines frémissantes, indifférent à ce qui l'entourait sauf à la fragrance qui le titillait. Avec un sourire narquois, Harry le regarda vaguer, cherchant l'origine d'une odeur qu'il qualifiait de divine en marmonnant. Quelques mètres plus loin, il s'engouffra dans une boutique dont la devanture s'ornait de grandes bouteilles en verre portant des noms exotiques. Draco avait découvert la parfumerie Penhaligon's, fondée à la fin du dix-neuvième siècle. Ce ne fut qu'une heure plus tard qu'il daigna quitter le commerce, les mains encombrées de paquets. Il fut d'ailleurs dithyrambique face au savoir-faire de ces moldus capables de brasser de telles potions. De son côté, Harry bénit les cartes de crédit de Gringott's, qui fonctionnait tant du côté sorcier que moldu. Il avait d'ailleurs été étonné que Draco soit en possession de l'une d'elles.

Ils firent également un arrêt dans un magasin de jouets très connu, Hamley's. Quand ils en ressortirent, Lily serrait dans ses bras une grosse peluche noire aux yeux verts. Elle avait dû le remplir de bourre elle-même, ce qui l'avait beaucoup amusé. Le vendeur leur avait dit cette effigie d'un personnage appelé Crocmou avait beaucoup de succès. La gamine avait simplement répondu qu'elle l'adorait parce qu'il avait les yeux de son papa !

Les deux garçons avaient jeté leur dévolu sur un kit de construction en bois animé par un petit moteur fonctionnant avec des piles. Harry leur avait promis de jeter un sortilège qui leur permettrait de fonctionner dans un environnement magique. James avait choisi un joueur de flûte et Albus un pianiste. Ce dernier avait en outre insisté pour prendre un jouer de batterie afin de pouvoir l'offrir à Scorpius. Draco avait été très touché de l'attention.

Le soir même, alors que Lily avait déjà rejoint les bras de Morphée, Harry s'assit avec ses deux fils pour discuter des derniers évènements qui avaient conduit à l'éclatement de la famille.

- Bien les garçons, comme vous avez pu le lire ce matin, mon mariage a effectivement été annulé par la Magie elle-même. La dissipation de mon alliance en est la trace la plus visible, même s'il semble que tous les documents officiels s'y rapportant ont été impactés. Mais cela ne change rien pour vous. Ginny est et restera votre ...

- Non ! claqua sèchement Albus. Ce n'est plus ma mère ! Je ne veux plus jamais la voir !

- Al ... commença James.

- Non ! Elle a voulu nous faire du mal ! Et elle ment depuis des années ! Ce n'est plus ma mère ! Je ne veux pas !

- Chut mon bonhomme ! Calme-toi, chuchota Harry en prenant son cadet dans ses bras, frottant son dos pour l'apaiser alors qu'il éclatait en sanglots.

Finalement, le jeune garçon craquait et laissait écouler des larmes de peur et de trahison, s'accrochant de toutes ses forces à son père. Ce dernier savait qu'il faudrait longtemps au jeune garçon pour pardonner à sa mère. Il s'était déjà demandé s'il avait été témoin de quelques incartades quand Lily lui avait raconté qu'elle avait vu Ginny embrasser d'autres hommes et ses dernières paroles ne faisaient que confirmer ses doutes.

Harry jeta un regard à James mais celui-ci restait stoïque. Relevant l'interrogation dans les yeux de son père, il déclara :

- Tu sais Papa, ça fait longtemps que je me suis rendu compte que nous n'étions pas la priorité de Mam... Mère. Quand j'étais plus petit, elle s'empressait de nous envoyer chez Papy et Mamy. Et puis ...

- Oui ? demanda doucement Harry qui s'en voulait de n'avoir pas remarqué que ses enfants s'étaient senti négligé par leur mère.

- On l'a tous les deux vue avec d'autres hommes avant. Plusieurs fois, souffla James avec embarras.

- Mais ... Pourquoi n'as-tu rien dit mon grand ?

- Je ... je voulais pas te faire mal. Elle ... elle les embrassait devant l'école quand elle venait nous chercher. Elle croyait qu'elle était bien cachée derrière un arbre mais on l'a vue plusieurs fois.

Le père sentit son cœur se briser à cette déclaration. Il attira James vers lui et écrasa ses deux fils dans une étreinte réconfortante. Dire que certains avaient le culot de prétendre que les enfants ne se rendaient pas compte des problèmes que pouvaient rencontrer leurs parents.

- Je suis désolé, mes enfants. Vous n'auriez jamais dû avoir à subir tout cela. J'aurais dû me rendre compte que vous ...

- Arrête papa ! Ce n'est pas toi qui ... Tu es toujours là pour nous. Je ... hoqueta James.

- Moi, je veux plus jamais la voir ! C'est tout ! chuchota Albus d'une voie endormie, le visage enfoui dans la chemise de son père.

- Papa ?

- Oui James.

- Je ne crois pas que j'ai envie de la voir non plus. En tout cas, pas tout de suite.

- Je peux comprendre, et je ne vous y obligerai pas, ni toi, ni ton frère.

- Albus ne voudra plus jamais la voir, tu sais. Il est persuadé que maman ne l'aime pas.

- ...

Harry ne sut que répondre. Il aimait inconditionnellement ses enfants, mais il lui avait semblé remarquer quelques fois que Ginny montrait une préférence pour James et Lily. Au vu de ses commentaires la veille, le sentiment d'Albus pouvait être avéré.

Notant que le plus jeune s'était endormi dans ses bras et que l'aîné suivait le même chemin, il les conduisit dans leur chambre et les borda. Après un dernier baiser, il descendit retrouver Draco dans le salon. En le voyant arborer une expression défaite à son entrée dans la pièce, ce dernier se leva vivement pour l'attirer dans ses bras.

OoOoOoOoOoOoO

Les jours suivants se déclinèrent entre promenades, jeux et discussions et dimanche arriva très vite. Comme convenu Harry reconduisit ses fils à Poudlard après le déjeuner. Ils avaient pris la Cheminette jusqu'aux Trois Balais, puis étaient remonté tranquillement vers le Château, parlant de tout et de rien.

Harry regarda un long moment les deux garçons traverser le parc avant de prendre Lily dans ses bras pour transplaner avec elle à Godric's Hollow. Comme chaque fois qu'il voyait le petit Cottage tout pimpant, il ressentait un pincement au cœur en imaginant quelle vie il aurait pu avoir si ses parents avaient survécus, s'il n'y avait pas eu de guerre. C'est cependant avec un sourire qu'il suivit la fillette qui sautillait dans l'allée menant à l'entrée. Il déverrouilla la porte d'un mouvement de baguette mais se figea sur le seuil.

Le hall était jonché de débris de bois, de porcelaine et de tissus déchirés. Dans un réflexe, il poussa Lily derrière lui et lança un Hominium Revelio qui ne détecta rien. Avec prudence, il s'avança vers le salon pour y trouver le même carnage.

- Papa ? fit la voix tremblante de Lily.

Harry s'apprêtait à lui répondre, lorsqu'un crac sonore se fit entendre en provenance de l'extérieur. Les nerfs à vif, l'Auror tira la petite fille à l'abri dans une alcôve et se plaça devant elle, la baguette levée.

Il poussa un soupir de soulagement en reconnaissant la chevelure étincelante de Draco.

- Harry, je suis venu voir si ... Que se passe-t-il ici ? Il y a un problème ? Où est Lily ?

- Je suis là, Monsieur Draco, répondit la petite voix fluette avant que la gamine ne s'extraie de sa cachette.

- Harry ? insista le blond.

- La ... la maison a été mise à sac ... Je ...

- Comment ?

Sans attendre la réponse de son amant, il entra d'autorité et poussa un sifflement devant les dégâts.

- C'est la Be... ? commença-t-il avant de s'interrompre brusquement en prenant conscience de la portée de ses paroles sur Lily.

- Je ne sais pas.

- Vous ne pouvez pas rester ici. Reviens à l'appartement.

- Je ... Merci Draco, mais il faudra bien que nous rentrions un jour. Je ... je vais ranger un peu et ...

- Tu ne peux pas tout faire tout seul, Harry, je vais t'aider et puis Lily ne va pas rester au milieu de tout ce bo... bazar.

- Mmm ... Je vais appeler George pour lui demander de la garder un petit peu, le temps de faire l'inventaire.

Joignant le geste à la parole, il se dirigea rapidement vers la cheminée du salon, démarra un feu par un Incendio et y lança une poignée de poudre verte.

- George ?

- Salut Harry ? Un problème ?

- Eh bien ... j'aurais besoin que tu gardes Lily un petit moment.

- Bien sûr mon pote ! Je peux faire autre chose pour toi ?

- Non, rien. Je dois ...

- Il doit juste arranger le carnage provoqué par un mustélidé en chaleur ! s'exclama Draco.

- Serait-ce la douce voix de notre adorable petit dragon poudlardien que j'entends derrière toi ? Et c'est quoi cette histoire de carnage ?

- Ce n'est rien, je m'en occupe. Peux-tu juste ...

- Un instant, petit frère ! Tu as ton air de celui qui ne veut dénoncer personne et assumer tout seul. Pousse-toi, j'arrive !

George Weasley émergea de l'âtre, déséquilibrant Harry qui en tomba sur les fesses, sous l'air goguenard de Draco, manifestement ravi que son intervention ait bien été perçue.

- Par Merlin, qu'est-ce qui s'est passé ici ? siffla-t-il.

- Je l'ai dit, rétorqua la voix traînante de Malefoy. Une saleté de bestiole a passé ses nerfs ! On sent sa magie partout.

- Draco ! lui reprocha doucement Harry.

- Euh ... cligna George. Et les autres pièces ?

- Je ne sais pas, je n'y suis pas encore allé. Tu peux prendre Lily ?

- Et te laisser tout vérifier seul ?

- Eh ! Je suis là, protesta le blond.

- Ah ? s'étonna Weasley, manifestement sceptique quant à l'aide qu'il pourrait apporter. Je vais appeler maman.

Il s'agenouilla devant l'âtre.

- Le Terrier ! Salut P'pa !

- ...

- Non, tout va bien, mais il faudrait garder Lily. Godric's a été complètement dévasté et je vais donner un coup de main à Harry.

- ...

- Ok !

George s'écarta et aussitôt les flammes virèrent au vert. Un instant plus tard, Arthur entrait, suivi de Molly, Bill et Charlie.

- Mamie ! s'exclama Lily en se jetant dans les bras de la matrone.

- Coucou ma chérie ! Ça te dit de venir jouer un peu au Terrier ?

- On pourra faire un gâteau au chocolat ?

- Si tu veux. On pourra préparer un bon goûter pour tous ces messieurs.

- Oh oui, avec du lait et des cookies !

- Mmmm, je crois qu'ils préféreraient du café ou du thé, mais c'est une bonne idée pour toi.

- Super !

- Dans ce cas, messieurs, nous vous laissons à votre ménage ! Sourit Molly d'un air moqueur avant de s'engouffrer dans l'âtre avec sa petite-fille.

Les six hommes restèrent figés, stupéfaits de la remarque de la femme.

- Je rêve ou elle a mis en doute notre capacité à tout ranger ? murmura Charlie.

- Pas du tout, c'est exactement ce que votre mère a fait !

- Eh bien, nous allons lui montrer que les Weasley savent y faire, grogna Bill. Papa, tu vas avec George t'occuper de la cuisine et du hall. Charlie et moi nous chargeons des chambres. Harry, nous te laissons le salon et le bureau avec Draco.

Aussitôt dit, les quatre roux s'égaillèrent dans la maison, laissant le blond et le brun un moment interdits. Harry s'avança vers la porte menant au salon quand il se rendit compte que Draco ne le suivait pas.

- Dray ?

- ...

- Oh, Draco ? Ça va ?

- Ou .. Oui. Je ... T'as remarqué que personne n'a rien dit ?

- Dit sur quoi ?

- Eh bien sur moi. Personne n'a fait de remarques sur ma présence.

- Et ?

- Ben, je trouve ça étrange. Je suis un Malefoy quand même.

- Et ?

- Mais enfin Harry. Draco Malefoy chez le Survivant et personne ne proteste.

- Et pourquoi devrait-on protester ? Moi, je te veux et il n'y a que ça d'important.

Harry clôtura les interrogations de son amant en posant un baiser aérien sur ses lèvres.

- Moi, ce qui m'ennuie le plus, c'est d'avoir rameuté tant de monde pour si peu.

- Si peu ? Tu veux rire ou quoi ? Tout est détruit. Il n'y a plus deux meubles debout, sans compter tout ce qui est fracassé, dévasté, brûlé...

- Mais un Recurvite et un Reparo suffiront.

- Peut-être, mais au moins, ça ira vite comme ça et ça ne nous épuisera pas non plus, répondit Draco.

Sur ces mots, ils entrèrent dans le séjour dévasté. Les coussins avaient été éventrés, les assises des fauteuils et canapés déversaient leur rembourrage sur le sol. Les boiseries étaient éclatées et certaines brûlées, tandis que tous les bibelots gisaient en mille éclats sur le sol.

Avec un soupir, l'auror sortit sa baguette et se mit en devoir de réparer le plus de dégâts possibles. Les Reparo et Evanesco fusèrent rapidement rejoints par les sorts de Draco qui arborait un sourire étrange. Un homme moins prudent que Harry lui aurait probablement demandé la raison d'une telle expression proche de la niaiserie.

Après une petite heure, ils se rendirent dans le bureau-bibliothèque. Étonnamment, les dégâts semblaient moins nombreux. Bien sûr, les fauteuils étaient détruits, de même que les quelques tables basses.

- Heureusement que les livres étaient protégés contre les dégradations dues à l'usage. Ça a empêché Gi...

Harry s'interrompit brusquement comme s'il voulait éviter de nommer la source de toute cette destruction inutile.

- ... ta garce d'ex-femme de tout massacrer, termina Draco bien trop franchement.

- Ne dis...

- Quoi ? Ne dis pas ça ? Et qu'est-ce que tu crois ? Que ce n'est pas elle ?

- C'est pas ça ... Je ...

- Harry, ouvre les yeux. Elle a fait tout ça juste pour te faire du mal. Les traces de sa magie sont présentes partout. Et puis, qui aurait pu rentrer dans la maison sans problème ? Oui, c'est une chance que les livres soient ensorcelés pour résister à l'usure mais regarde autour de toi. Elle a détruit tout ce qu'elle pouvait.

A ces mots, Harry perdit le peu de couleurs qui lui restait. Il se précipita vers le bureau le cœur battant la chamade, repoussant violemment le fauteuil lui aussi abîmé. Tous les objets qui étaient restés sur le plateau avaient été consumés, l'odeur âcre des plumes flottant encore dans l'air.

- Harry ? interrogea le blond en remarquant un très léger relâchement dans la crispation de ses épaules.

- Le bureau aussi était fermé. J'apporte parfois des dossiers à la maison et comme je ne veux pas que les enfants risquent de tomber dessus...

Tout en donnant cette explication, Harry se tourna vers son amant mais il se figea subitement. Ses yeux s'écarquillèrent avant de s'embuer. D'un pas chancelant, il s'approcha avec réticence de la cheminée. Il tomba à genoux devant l'âtre et laissa échapper un hoquet. Tremblant, il tendit la main pour écarter les cendres grises, dévoilant un morceau de carton rouge matelassé.

- Harry ? Harry, qu'est-ce qui se passe ? Harry ? insista Draco en posant la main sur l'épaule du brun qui releva la tête, exposant un visage mouillé par les larmes.

- Harry, s'exclama la voix de Bill en entrant dans la pièce. J'ai pu identifier la signature magique de Ginny dans tous les sorts de destruction. Les chambres des enfants n'ont rien, par contre la tienne est ... Que se passe-t-il ?

- Draco ? questionna Charlie, sur les talons de son frère.

- Je ne sais pas ! Il est tombé à genoux et s'est mis à pleurer. Je ne comprends pas.

- Qui pleure ? demanda George en arrivant avec Arthur. Harry !

Le roux se précipita auprès de l'auror et passa un bras autour de ses épaules, ignorant le grognement de Draco qui n'appréciait pas d'être écarté si brutalement de son amant.

- Oh par Merlin ! Non, ce n'est pas possible, elle n'a pas fait ça ! se lamenta George.

- Fait quoi ? s'écrièrent plusieurs voix.

- C'est ... C'est ... hoqueta Harry. C'est mon album ... les photos ... de mes ... mes parents. Ginny l'a détruit !

Un silence de plomb tomba sur la pièce, le temps que chacun prenne conscience de la déclaration.

- Bordel ! Quelle salope !

- George ! s'exclama Arthur. C'est de ta sœur que tu ...

- Ma sœur ? Ma sœur ? hurla le rouquin prit de rage. Je refuse de considérer cette garce comme ma sœur plus longtemps. J'espère que sa main finira par tomber, que son bras continuera de brûler !

- George, souffla le père Weasley, ne sachant visiblement pas comment réagir.

- Quelqu'un peut-il m'expliquer ? demanda la voix doucereuse de Draco qui avait profité de l'éclat du vendeur de farces et attrapes pour attirer Harry dans ses bras.

- C'était mon album, murmura le brun, les seules photos que j'avais de mes parents. Hagrid me l'avait offert à la fin de ma première année. Je ...

- Par Mordred ! Quelle garce !

- Au moins, cela explique pourquoi les médicomages ne parviennent pas à la guérir, déclara Bill.

- Que veux-tu dire ? demanda Malefoy qui tenait toujours Harry, ses mains caressant son dos en un geste de réconfort, tandis que les autres tendaient l'oreille.

- La brûlure due à la disparition de son alliance aurait déjà dû s'estomper. Mais au contraire, elle s'étend un peu plus chaque jour. Je l'ai vue ce matin et elle atteint presque le coude.

- Bien fait pour sa gue...

- George, gémit Arthur, n'estimant décemment plus pouvoir défendre les actions de sa cadette.

- Sa main est presque totalement brûlée et ça continue à s'étendre, reprit le briseur de sort de Gringott's. Les soins ne donnent aucun résultat, tout comme les potions antidouleur restent sans effet.

- Désolé de dire ça, mais elle le mérite ... Et puis non, comme dirait George, bien fait pour sa gueule.

- Bien dit Draco ! s'exclama le George en question, en lui tapant sur l'épaule.

- Je ne comprends pas, s'éleva la petite voix de Harry.

- La Magie a décidé de punir Ginny, expliqua Bill. Déjà, elle a dissous votre union après ses actes horribles envers les enfants et toi. Mais en déliant vos liens, elle a fait connaître son "mécontentement" en laissant une trace visible de son jugement. Vous le savez tous, un événement pareil est rarissime et il est encore plus rare que la Magie ne blesse quelqu'un.

- Mais pourquoi la blessure ne guérit-elle pas ? demanda le père effondré.

- Je ne peux qu'émettre une théorie. La Magie attend de Ginny qu'elle se repente de ses actes et au vu de ce qu'elle a fait, je crains qu'elle n'ait pas encore compris la leçon.

- Donc en clair, Ginny doit prendre conscience des conséquences de ses actes et ... faire amende honorable ?

- Je ne sais pas, Papa. Je te l'ai dit, tout cela n'est que théorique.

- On ... On peut faire quelque chose pour ...

- Ne compte pas sur moi pour l'aider ! Je ne veux plus entendre parler d'elle, s'enflamma George.

- Nous ne pourrons rien faire de toute façon, interrompit Bill. Je suis désolé Papa, mais Ginny va devoir apprendre toute seule. Tu as bien vu ses réactions ces derniers jours. Tu auras beau lui marteler ses quatre vérités, elle refusera de comprendre.

- Je suis d'accord avec mes frères, déclara Charlie qui était resté silencieux jusque-là. Ce n'est pas à nous de régler les problèmes de Ginny. Elle est devenue égoïste, égocentrique et profiteuse. Depuis que cette histoire a éclaté, elle ne s'est même pas inquiétée du bien-être de ses enfants. Ce qu'elle a infligé à Harry en détruisant les seules photos de ses parents est impardonnable.

- Bon, je crois qu'il n'est pas nécessaire d'épiloguer plus longtemps sur ce sujet lamentable, dit Draco. Finissons de réparer ce qui peut l'être et passons à autre chose.

- Bien que les paroles de Malefoy puissent paraître insensibles, chacun comprit qu'il ne cherchait qu'à détourner l'attention de Harry de son chagrin. En quelques mouvements de baguettes, les meubles furent réparés et les déchets évacués. Ils prirent ensuite la Cheminée pour rallier le Terrier.

TBC...