Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings
Pairing : HP/DM
Merci pour votre enthousiasme. Voici la suite ...
Bonne lecture à tous !
Chapitre 6 : Mensonges et conséquences
Après un long moment où ils étaient restés dans un état proche de la catatonie, Hermione et Harry s'étaient séparés sur la promesse de se retrouver en fin d'après-midi chez les Weasley. L'auror était allé rejoindre Draco dans son bureau pour lui rapporter le déroulement du Conseil.
Le blond avait fait son possible pour tenter de réconforter son amant, mais il savait que ce dernier aurait du mal à se remettre d'une telle trahison. Il n'avait d'ailleurs pas compris la volonté de celui-ci de se rendre au Terrier pour soutenir Granger. Cependant, malgré un désaccord évident, il ne l'en empêcha pas.
C'est donc en fin de journée que les deux anciens Gryffondor avaient informé Molly et Arthur que Ron avait été inculpé et emprisonné pour outrage. Les cris de protestations avaient fait trembler la maison déjà branlante.
Apprendre les graves manquements professionnels de Ronald et sa basse vengeance à l'encontre de Harry les avaient dévastés. Ils avaient déjà des doutes suite à la rencontre qui avait vu l'annulation du mariage de leur fille, mais en avoir la confirmation les avaient laissé effondrés.
Et la situation s'était encore aggravée quand Hermione, complètement défaite, leur avait rapporté les informations découvertes par l'enquêteur qui avait été chargé de la préparation de l'audience.
Les Weasley s'étaient senti déchirés entre la loyauté qu'ils ressentaient envers leur belle-fille et l'envie de connaître les autres enfants de leur fils cadet.
Après de longues discussions, des larmes et des cris, ils avaient tous convenu qu'il valait mieux garder le silence sur toute l'affaire afin de préserver leurs familles respectives.
OoOoOoOoOoO
Une véritable tempête médiatique secoua le monde sorcier dans les jours qui suivirent.
Comme ils l'avaient imaginé, Rita Skeeter avait fouiné dans les couloirs du Ministère et était parvenue à se procurer le document concernant le retrait de l'Ordre de Merlin de Ronald Weasley. Elle s'était alors mise à la recherche de toutes les informations possibles pour étayer une série d'articles. Elle était bien sûr freinée dans ses démarches par sa peur d'approcher Hermione, Harry ou la famille Weasley en général. Il fallait bien avouer qu'elle conservait un très mauvais souvenir de son séjour dans un bocal en verre et ne souhaitait pas réitérer l'expérience.
Cela ne l'arrêta cependant pas dans ses fabulations. Bizarrement, elle ne parla pas de l'annulation de la décoration et n'enquêta pas non plus sur la disparition de Ron.
Les premiers articles retracèrent simplement les raisons de l'obtention de l'Ordre de Merlin, étoffant de manière très romanesque les aventures que Ronald avait vécues pour mériter cet honneur. Nul doute que le roux avait de nombreuses fois raconté sa propre version des faits et que Rita en profitait désormais pour la publier.
Cependant, elle fut loin d'obtenir le succès escompté, nombre de lecteurs osant même écrire à la Gazette qu'il était scandaleux de vouloir mettre en avant un autre héros que Harry Potter.
Draco se fit d'ailleurs un plaisir de rapporter les réactions du public à un Survivant mortifié que toute cette histoire revienne pour la énième fois sur le tapis. Il était même à deux doigts d'aller hurler sous le nez de l'éditeur.
Ne pouvant charmer son public avec des histoires de pseudo-héros, Rita se rabattit sur son fonds de commerce habituel. Elle inventa.
Dans un premier temps, elle broda sur l'absence de l'Auror, extrapolant sur des missions d'infiltration, un séjour prolongé à Sainte-Mangouste pour blessures magiques ou même une mort mystérieuse.
Ce ne fut que quinze jours après la Commission, juste à la veille des vacances de Noël,- que la vérité éclata subitement, reprenant l'information d'origine de la révocation de l'Ordre de Merlin.
OoOoOoOoOoO
Vendredi 22 Décembre 2017
Harry sirotait sa deuxième tasse de café quand Draco lui tendit le journal, le visage impassible. Il s'étrangla violemment à la lecture de la Une :
« EXCLUSIF ! LAVANDE BROWN NOUS RAPPORTE LA VERITABLE HISTOIRE DE RONALD WEASLEY !
Eh oui, mes chers lecteurs, vous avez bien lu ! Lavande Brown, jeune héroïne oubliée de la Grande Bataille de Poudlard, est toujours vivante et nous raconte son histoire ! »
Sous le titre accrocheur, une large photo occupait tout le reste de la Une. Elle représentait la jeune femme, debout devant le porche d'une imposante villa, entourée de six enfants roux. Une photo de Ron était insérée dans le cadre supérieur, l'homme posant un regard bienveillant et empli d'amour sur la petite famille. En y regardant de plus près, on pouvait remarquer la ressemblance étonnante des rouquins avec l'Auror, de véritables clones.
Les pages suivantes déroulaient tout un texte agrémenté de diverses photographies.
« A la fin de la Bataille, j'ai été abandonnée à mon sort, considérée comme morte suite à l'attaque de Greyback. Tandis que Granger et Potter paradaient de célébrations en galas, tirant à eux toute la couverture, se rengorgeant de leur soi-disant rôle primordial, seul mon Ronron s'est inquiété de moi. Il a écumé tous les hôpitaux pour me retrouver !
Nous sommes tombés amoureux en sixième année. Nous étions tellement heureux. Je savais qu'il était l'homme de ma vie, le futur père de mes enfants. Mais cette garce de Granger était jalouse de moi. Elle a utilisé des artifices moldus pour obliger mon amour à me quitter et se l'est attaché plus sûrement qu'avec des philtres d'amour. Malgré le fait d'être une sorcière de Sang-pur, je n'ai rien pu faire pour contrer son influence maléfique. Quoiqu'on en dise, les moldus ont des moyens machiavéliques pour s'imposer parmi nous. Quant à Granger, je ne dois pas vous expliquer comment elle a réussi à le prendre dans ses filets. J'ai vu mon pauvre Ronron totalement ensorcelé entamer une relation avec elle, puis disparaître pendant des mois avant de revenir le jour de la Bataille.
S'il a pu s'éloigner un peu de cette horrible née-moldue et revenir vers moi, nous n'avons malheureusement pas pu concrétiser notre rêve d'une vie à deux. Granger lui faisait du chantage. Elle ne voulait pas perdre la place qu'elle avait acquise par traîtrise. Elle ne voulait pas que les gens la voient à nouveau comme une issue de moldus. Mon pauvre Ronron n'a jamais voulu me dire ce qu'elle avait prétendument contre lui pour le forcer à l'épouser.
Mais malgré tout, j'ai pu vivre mon conte de fée, même si pour ce faire, j'ai dû quitter mon monde au profit d'une arriviste. J'ai dû sacrifier mon honneur de sorcière en contractant un mariage moldu et j'ai donné naissance à six merveilleux enfants qui seront à jamais spolié de leur héritage... »
Ecœuré par sa lecture, Harry rejeta le journal.
- Par Merlin ! Comment Skeeter a-t-elle eu connaissance de cette histoire avec Lavande ?
- Pas la moindre idée, répondit Draco, mais il faut avouer qu'elle est douée sur ce coup-là !
- Draco, grommela Harry, tu te rends compte de ce que ça signifie. Hermione va ...
- ... devoir apprendre à gérer ses problèmes toute seule, l'interrompit fortement son amant. Je te l'ai déjà dit plus d'une fois, tu n'es pas responsable de sa situation. De plus, il est manifeste que cette foutue peste a encore menti !
- Je sais mais ... C'est vrai, tu as raison.
- Bien sûr que j'ai raison ! fanfarona-t-il.
- Mais c'est difficile de rester simple spectateur de cette débâcle. Et puis Rose et Hugo n'ont certainement pas mérité d'apprendre cette histoire comme ça.
Draco ne répondit pas à la remarque. Il se contenta de se rapprocher du brun et de le prendre dans ses bras. Au fond de lui, il appréciait la tournure des évènements. Même s'il reconnaissait les qualités professionnelles de Granger, il estimait qu'elle était le seul maitre d'œuvre de sa situation actuelle.
- Je ne veux pas minimiser ce qui se passe mais les enfants rentrent ce soir et tu avais dit vouloir faire quelques courses.
- Mmm oui, allons-y.
OoOoOoOoOoO
Les deux hommes arpentaient le Chemin de Traverse à la recherche d'ultimes cadeaux. Quelques passants avaient bien tenté d'aborder le Chef des Aurors pour recueillir ses impressions sur l'article qui défrayait la chronique, mais un regard noir suffisait à les intimider.
Harry traîna un Draco faussement réticent dans la boutique de George. Cette dernière était bondée, mais le roux n'était pas à son poste. Verity leur désigna la porte du bureau d'un simple geste de la main. Quand ils pénétrèrent dans la pièce, ils y découvrirent une Hermione éplorée tandis que George et Arthur tentaient de calmer une Molly Weasley en larmes.
En entendant les vociférations de la mère de famille, Harry fut transporté deux semaines en arrière, lorsque Hermione et lui avaient dû annoncer l'emprisonnement de Ron et les découvertes faites lors du Conseil de Discipline. Draco avait bien argumenté en disant qu'il s'agissait d'une affaire de famille, mais Harry estimait qu'il était de son devoir de supérieur d'être présent.
Le chaos le plus total régnait dans la petite pièce, chacun donnant son avis sans prendre la peine d'écouter les autres. Aucun ne s'était même rendu compte de l'arrivée de Harry et de Draco.
- Je ne comprends pas comment cette teigne a pu sortir une histoire pareille, hurlait Molly tandis que Arthur et George tentaient de la calmer.
- Cette sale garce ... Je la hais, reniflait Hermione en fixant la Gazette. Je vais assigner ces deux salopes en justice pour diffamation ...
- Il faut absolument faire paraître un démenti, répétait inlassablement le chef de famille.
- Tout ça à cause de ce petit crétin. Non mais, qu'est-ce que vous avez donc fait pour qu'ils tournent comme ça, marmonnait George en fusillant ses parents du regard.
Harry tentait d'attirer l'attention des protagonistes quand un coup violent sur la porte les fit tous sursauter, amenant un silence bienvenu.
Draco ouvrit le battant pour découvrir une Verity rougissante, la main en l'air et tenant une chaussure.
- Je ... je ... boîtes à flemme ... Je ... Désolée ! Je déteste viscéralement les insectes ... et il y avait cette ... énorme ... blatte sur la porte. Je ... je l'ai écrasée !
Un amalgame gluant se détacha lentement de la semelle avant de s'écraser avec un bruit écœurant sur le sol. Tous les regards fixèrent la jeune fille avec la même interrogation : que s'était-il passé ?
Hermione et Harry échangèrent un regard interdit, leurs yeux voyageant de la porte au parquet, en passant par la semelle, avant de tous deux subitement éclater d'un rire nerveux. Il fallut quelques secondes de plus à Draco pour comprendre et perdre son sang-froid malfoyen à son tour.
Les Weasley ne comprenaient pas. George s'approcha de Verity et lui expliqua où trouver les boîtes demandées avant de la renvoyer derrière le comptoir.
- Vous pourriez nous expliquer ce qu'il y a de si risible ? demanda un Arthur légèrement réprobateur.
- Eh bien je dirais juste que Skeeter ne posera plus de problème à l'avenir, répondit Draco qui avait repris le contrôle de ses émotions.
- Co ... Comment ? hoqueta Molly.
- Skeeter est ... enfin, était une animagus non déclarée. Je l'ai appris en quatrième année. C'est de cette manière qu'elle récoltait ses informations pour ses articles sur le Tournoi des Trois Sorciers. C'est grâce à cela aussi qu'elle a pu m'interviewer.
- Animagus non déclaré ! Quelle forme ? s'enquit George qui semblait commencer à comprendre.
- Un gros cafard avec le dessin de ses lunettes sur les antennes, répondit obligeamment le blond.
A ces mots, Hermione et Harry furent repris d'un fou-rire. En voyant George ouvrir la porte et observer la bouillie sur le parquet, Draco reprit solennellement :
- Je vous présente Rita Skeeter, ex-journaliste de la Gazette du Sorcier, à présent bouillie de chitine !
C'est ainsi que se termina la carrière de la célèbre journaliste, écrasée sous la semelle d'une chaussure, victime de sa curiosité.
Hermione attaqua la Gazette du Sorcier pour article mensonger. Un tout petit entrefilet fut publié la semaine suivante, la rédaction présentant discrètement ses excuses.
OoOoOoOoOoO
Le même jour, Pénélope Deauclaire se rendait à Azkaban. Elle était accompagnée de Gawain Robards, Brian Watson et John Dawlish. Le Conseil de Discipline avait statué sur l'affaire 93177147.
Pénélope observait la petite salle. Même si les Détraqueurs ne gardaient plus la célèbre prison, leurs effluves semblaient avoir imprégné les murs gris. Le sentiment de dépression ambiant était en plus renforcé par les inhibiteurs de magie qui avaient été sertis dans les fondations et les pierres du bâtiment.
La jeune femme observa ses compagnons et releva chez eux le même inconfort. Elle détestait devoir venir sur cet horrible îlot, mais il était de son devoir de remettre la sentence au condamné en main propre. Suite à de nombreuses tentatives d'évasion lors des transferts, le Ministère avait décidé de ne plus faire déplacer les prisonniers une fois enfermés. Les membres des tribunaux ou des Conseils devaient donc se rendre sur place.
Avec un soupir de soulagement, elle vit la porte s'ouvrir pour laisser entrer Ronald Weasley. Dire que cet homme les avait déçus était un euphémisme. Elle n'avait jamais vu Gawain être pris d'une telle rage à l'encontre de l'un de ses subalternes. Elle-même avait dû se réfréner quant à l'application stricte des peines encourues. Cependant, la peine se révèlerait exemplaire.
Weasley était très pâle et semblait totalement abattu. Il ne salua même pas les personnes présentes.
Tous prirent place à la table.
- Monsieur Weasley, nous sommes réunis en ce vendredi 23 décembre 2017 pour vous informer de l'issue du Conseil de Discipline. Au vu de la gravité de vos actes, aggravé par votre manque flagrant de remise en question, la sentence a été décidée comme suit :
* Kidnapping de mineur par abus de pouvoir : 12 mois
* Sortilège d'oubliette sur mineur : 18 mois soit 36 mois puisque vous avez lancé deux sorts de mémoire
* Stupefix sur mineur : 12 mois soit 60 mois puisque vous avez utilisé cinq fois le sortilège
* Trahison du secret professionnel et mise en danger volontaire : 4 ans de réclusion
* Fraude et manipulation de preuves : 2 ans de réclusion
- Cela nous conduit donc à un total de 15 ans de réclusion, auxquels s'ajoutent vos six mois de condamnation pour outrage.
Un lourd silence tomba sur la pièce lorsque Deauclaire finit la lecture. Ronald restait totalement tétanisé.
- Monsieur Weasley, intervint Robards, avez-vous compris ?
-...
- Monsieur Weasley, insista l'ancien chef des Aurors.
- Oui, marmonna le roux sans même lever les yeux.
- Avez-vous des questions ?
-...
- Bien, dans ce cas, cette audience est terminée, déclara Pénélope qui ne souhaitait pas s'attarder.
Les quatre visiteurs se levèrent pour quitter la pièce tandis que deux gardiens entraient pour récupérer Weasley et le reconduire à sa cellule. Au moment où il allait passer la porte, Dawlish lui glissa un journal dans la main, lui murmurant qu'il était certain qu'un peu de lecture égayerait son séjour.
TBC...
