Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings

Pairing : HP/DM

Merci à tous pour vos commentaires, mises en favorite et suivi. Voici la suite...


Chapitre 7 : Le Bal de Yule

Dimanche 24 Décembre 2017

En ce soir de réveillon, le bal battait son plein dans le Manoir des Malefoy.

Quelques années après la fin de la Guerre, Draco avait décidé de recommencer à organiser les événements mondains qui avaient fait la réputation de la famille Malefoy. Dans le même temps, il en avait profité pour réhabiliter les traditions propres aux Sang-Purs et était donc revenu aux diverses célébrations considérées comme païennes.

En raison de leur nombre croissant, les convictions des moldus avaient peu à peu évincés celles des Sorciers. Il était donc devenu habituel de fêter Pâques, Halloween ou Noël. Les fêtes celtiques, comme Yule, Astara ou Samhain, avaient été oubliées à leur profit.

Pour cette fête du Solstice d'Hiver, Draco avait mêlé traditions celtique et moldue. Le houx était bien présent dans les décorations de la pièce, représentant incontournable de la saison froide mais aussi symbole de l'Hiver qui sera terrassé par le retour du Printemps, figuré par le Chêne. Les candélabres à quatre branches étaient tous orné de bougies rouges. Pour le moment, seules trois bougies étaient allumées. Selon la tradition, la dernière serait embrasée le lendemain, dernier dimanche du mois. Elles symbolisaient le retour de la lumière. Il avait également tenu à conserver le sapin décoré, entouré d'une montagne de cadeaux destinés aux enfants présents.

Draco et Astoria recevaient leurs invités dans le Hall. La jeune femme ne pouvait cacher une certaine irritation en saluant les personnes qui entraient. Peu avant le début de la fête, elle avait eu une violente altercation quant à la liste de leurs hôtes. Elle n'appréciait pas de devoir recevoir des inférieurs, comme elle les nommait. Elle considérait que seuls les véritables sorciers avaient leurs places lors de cette réception.

Draco estimait, quant à lui, qu'il s'agissait d'opinions rétrogrades qui avaient déjà fait le lit de nombres de conflits passés. Au fil du temps, il avait étendu son cercle de relations au gré des affaires conclues. Un exemple flagrant de son ouverture d'esprit que lui reprochait son épouse, était la présence d'anciens Gryffondor dans la salle de Bal. Astoria n'avait rien dit en lisant le nom du Sauveur sur la liste, mais elle s'était violemment insurgée en voyant ceux de Londubat, Thomas et Finnigan.

Malefoy avait contacté Neville plusieurs années auparavant en raison de sa renommée en botanique. Il développait un laboratoire de recherches en potions, le Black Snape, et avait besoin de trouver un fournisseur de tout premier plan. Les négociations avaient été âpres, Neville n'étant plus, et de loin, un adolescent impressionnable. Les relations des deux hommes étaient depuis fondées sur une estime réciproque.

Pour les autres, Draco avait simplement décidé d'inviter les étudiants de Poudlard de sa promotion. Quelle que soit leur orientation professionnelle, il était toujours bon de garder des contacts pour des relations futures.

Un autre point de désaccord était que Scorpius n'accueillait pas les invités à leur côté. Draco ne voulait pas que son fils soit élevé dans un carcan comme lui l'avait été.

- Un enfant doit pouvoir s'amuser, avait-il rétorqué à Astoria. Il n'a que onze et tout le temps nécessaire pour apprendre à se comporter en société. Tout ce que je lui demande, c'est de faire preuve de respect et de politesse.

Scorpius courait donc un peu partout en compagnie de plusieurs enfants, dont son meilleur ami, Albus Severus Potter.

Dès que les derniers invités étaient arrivés, le couple s'était séparé. Astoria s'était empressée de retrouver ses amies pour se plaindre allègrement du comportement désastreux de son époux.

Draco vagua dans la grande salle, discutant avec les uns et les autres, gardant toujours en ligne de mire une touffe de cheveux noirs hérissés. Après de nombreux détours, il finit par atteindre le petit groupe qui discutait vivement.

- Mais je ne comprends pas Harry, disait Seamus. C'est quoi cette série d'articles sur Ron, qu'est-ce qui s'est passé ?

- C'est vrai, renchérit Dean. En plus, il n'y a pas moyen de le contacter, et ce depuis plus de quinze jours.

- On sait tous que Rita est une grande pipelette, contribua Neville, mais ce qu'elle raconte sur Ron est totalement insensé. Un vrai tissu de mensonges.

- Et je suis bien d'accord avec toi, Londubat, intervint Draco se plaçant aux côtés de Harry qui ne savait comment répondre aux questions de ses amis.

- N'empêche l'article d'hier était sacrément méchant, reprit Seamus après avoir salué le nouvel arrivant.

- Oui, la réputation de cette pauvre Hermione va partir en lambeaux, insista Dean.

- Tu te fourvoies complètement, Thomas, répondit Draco. C'est Brown qui est désormais totalement déshonorée.

- Comment ça ? demanda Dean. Hermione est présentée comme une manipulatrice, une briseuse de ménage.

- Tu t'appuies sur le point de vue moldu, sans offense de ma part.

- Je ne comprends pas. Lavande explique que Ron a été comme ensorcelé et a été obligé de se marier avec Hermione.

- Et justement, mais tu ne peux pas le savoir si tu ne t'es pas renseigné sur les mariages sorciers, intervint Neville qui voyait ses deux amis issus de moldus s'échauffer un peu. Une union sorcière est sanctionnée par la Magie elle-même. S'il y avait eu véritable contrainte, les alliances ne seraient pas apparues et le mariage n'aurait pas été conclu.

- Mais, vous procédez à des mariages de convenance. C'est bien une forme de contrainte, non ? s'enquit Dean, qui se tourna vers Draco qui avait contracté une telle union.

- Oui, on peut dire qu'il y a une forme d'obligation de la part des époux. Cependant, quand on parle de coercition, il faut comprendre soumission à un sortilège de contrôle ou absorption d'une potion d'inhibition de volonté, par exemple. Ce sont des éléments magiques qui sont pris en compte. Dans le cas de mariage mixte, même si la Magie ne prend pas corps, comme dans les unions sorcières où elle est symbolisée par les alliances, elle les reconnaît quand même.

- Pourquoi Lavande prétend-elle que Ron a été envouté par Hermione alors ?

- Parce que c'est elle qui est la « briseuse de couple » comme on dit, intervint Harry pour la première fois. Ronald trompe Hermione depuis avant même leurs fiançailles. Il a déclaré lui-même avoir mené une double vie pour ne pas perdre sa « notoriété » dans le Monde Magique.

- Non c'est ... pas Ron. Il n'est pas ... hésita Seamus.

- Et pourtant, ça correspond bien au personnage, répondit Neville.

- Quoi ? Mais ... s'écria Dean.

- Bien sûr que oui. Rappelle-toi de notre quatrième année ! Souviens-toi comment Ron s'est comporté parce qu'il estimait que Harry avait une fois de plus « tirer la couverture » à lui !

- Mais quand même, de là à mener une double vie. D'après Lavande, ils ont eu six enfants ! s'indigna Dean.

- Et c'est pour cela que Brown est désormais Personna non grata dans le monde sorcier, renoua Draco.

-...

- L'adultère, les amants, les maîtresses, tout ça est parfaitement accepté par notre société, répondit Neville devant la mine interloquée des deux hommes. Malheureusement. Par contre, les concepts de fille-mère et d'enfants illégitimes sont totalement réprouvés. En donnant cette interview, elle se présente elle-même comme une sang-pur bafouant les règles de la société.

- Cela n'explique pas pourquoi Ron a soudain disparu, reprit Seamus après quelques minutes. Et pourquoi tu dis qu'il a lui-même reconnu avoir une relation avec Lavande.

Les épaules basses, Harry se résigna à répondre.

- Ronald Weasley a été incarcéré à Azkaban il y a deux semaines. Il est condamné à une peine de quinze ans d'emprisonnement.

- C'est ... c'est ... balbutia Seamus. Pour quelles raisons ?

- Je ne veux et ne peux pas m'étendre sur les circonstances de sa réclusion. Sachez seulement qu'une enquête disciplinaire a démontré qu'il abusait de sa position d'Auror, qu'il a manipulé des preuves à son profit et mis en danger des missions par son comportement irresponsable. C'est à cette occasion qu'il a déclaré mener une double vie en toute connaissance de cause.

- Mais comment ...

- Non ! Je n'en dirai pas plus, coupa Harry très raide.

Un blanc s'installa dans la conversation avant que Neville ne se décide à prendre la parole :

- Alors Draco, comment se porte le marché des potions ...

OoOoOoOoOoO

Lundi 25 Décembre 2017

Thomas détestait être de service le jour de Noël. Il aurait largement préféré être auprès de ses enfants à ouvrir les paquets cadeaux. En tant que dernier engagé, il était souvent désigné pour les gardes des congés.

Etre stationné à Azkaban était déjà loin d'être agréable en temps normal, mais pendant les fêtes de fin d'année, l'humeur était encore plus assombrie.

Les gardiens devaient faire plusieurs rondes durant la journée. Ces rondes étaient harassantes. Les inhibiteurs de magie étaient extrêmement fatigants pour ceux qui y étaient soumis. Les plus importantes étaient celles des repas. Trois fois par jour, ils étaient accompagnés par des elfes de maison qui glissaient les repas dans les glissières situées au bas des portes.

En ce matin de fête, Thomas arpentait le couloir gris, vérifiant la présence de chaque détenu avant d'autoriser Spott, le petit elfe, à glisser le plateau dans la cellule.

En arrivant devant la porte 418, il jeta un coup d'œil machinal. Il s'apprêtait à s'éloigner lorsqu'il se figea et observa plus attentivement. Le prisonnier était immobile, assis sur le sol.

Subitement inquiet, il ouvrit rapidement et entra dans la petite cellule.

L'homme était installé devant le petit lit métallique, les bras ballants, penché vers l'avant, presque prostré.

En se rapprochant, le gardien remarqua un tissu entourant sa gorge. Prudemment, il se pencha vers le prisonnier, attentif à toute tentative d'évasion. Le bout d'étoffe se prolongeait derrière le cou de l'homme terriblement pâle et était rattaché au cadre en métal.

Avec un soupir mêlant irritation et désolation, Thomas tâta le poignet inerte à la recherche d'un pouls, sans résultat. Il releva la tête du détenu et avisa un visage bleui ainsi qu'une langue gonflée sortant des lèvres exsangues. Le prisonnier s'était pendu. Il fit appeler le médicomage légiste de garde.

Deux heures plus tard, un rapport était envoyé au Département de la Justice Magique.

Ronald Bilius Weasley s'était suicidé par semi pendaison.

A l'aide de bandelettes déchirées dans son drap, il s'était attaché au cadre de lit avant de s'asseoir au sol et de se pencher vers l'avant. La pression sur son cou avait empêché la circulation du sang vers son cerveau, entraînant une lente perte de connaissance.

La mort était survenue peu après minuit, le dimanche 25 décembre 2017.

La Gazette du Sorcier fut retrouvée sur le matelas. Il s'agissait de l'édition que Dawlish lui avait laissé. Le visage de Lavande Brown était entouré d'un cœur tracé au crayon avec les mots : « A mon seul amour ».

OoOoOoOoOoO

POV de Draco

Ooooh ma tête. J'ai l'impression qu'un troupeau de sombrals fait la java avec des hippogriffes en chaleur sous mon crâne. Je me retourne avec précaution et enfouis mon visage dans les doux draps de coton. Une agréable fragrance de fougères mêlée au bois de santal m'entoure. Je me sens comme dans un cocon, à l'abri.

Cependant, une sensation désagréable provient de mon entre-jambe. Je me sens poisseux, collant et irrité.

Poisseux ? Je me redresse vivement et ... sens ma tête résonner comme un chaudron fêlé. Je me laisse retomber sur l'oreiller en gémissant.

Après quelques instants, alors que les pulsations s'amenuisent, j'ouvre prudemment un œil, puis l'autre.

Lentement, les souvenirs de la nuit me reviennent.

A la fin du Bal, Scorpius m'a supplié pour que je le laisse aller dormir chez son grand ami Albus. J'ai facilement cédé, sachant que Harry en prendrait soin et que de toute façon je le reverrai au repas de midi à Godric's Hollow.

Une fois tous les invités partis, y compris Astoria que j'avais renvoyé chez elle, j'ai dégusté un dernier verre de Whisky Pur-Feu. Maintenant que j'y pense, il m'a laissé un drôle de goût dans la bouche, comme un parfum de cannelle.

J'ai fini par aller me coucher, l'esprit tellement embrumé que je me suis simplement affalé sur mon lit sans même prendre la peine de me déshabiller.

Je me suis vaguement assoupi, incommodé par la chaleur qui ravageait mon corps. Je me rappelle m'être agité et tortillé pour trouver une position plus confortable. Et puis, j'ai plongé dans le rêve le plus érotique que j'ai jamais fait.

Soudain, les mains fureteuses de Harry étaient là, jouant avec les boutons de ma chemise, caressant et griffant la peau qu'elles dévoilaient peu à peu. Lorsqu'il atteignit la ceinture de mon pantalon, mon impatience avait déjà atteint ses limites. Je le repoussai vivement, arrachai mon vêtement et mon boxer et voulus me jeter sur lui.

Il me saisit par les épaules et me poussa sur le dos, se plaçant à califourchon sur mon bassin. Une seconde plus tard, j'étais plongé dans un antre chaud et humide. La sensation me sembla un peu étrange mais je n'y prêtai pas plus d'attention. Et je perdis tout contrôle.

Revenant au présent, je gémis sourdement à ce souvenir. Je n'ai pas eu plus de contrôle qu'un adolescent lors de sa première fois, déchargeant à peine entré au paradis. Je sens mes joues chauffer d'embarras alors qu'il ne s'agissait pourtant que d'un rêve.

Avec un sourire, je me mets à penser au reste de la nuit. Les étreintes imaginaires s'étaient succédées, bien plus satisfaisantes et bien plus longues. D'ailleurs, les draps étaient les témoins involontaires de cet intermède chimérique.

OoOoOoOoOoO

Le reste des fêtes de fin d'année se passèrent en douceur, à Godric's Hollow ou dans l'appartement de Belgravia. Les quatre enfants s'entendaient comme des niffleurs en maraude, à la grande joie de leurs pères respectifs.

Ce qui intriguait le plus les adultes, c'était qu'aucun des gamins n'avaient posé de questions sur leurs relations, comme si elles allaient de soi. Ils avaient d'ailleurs surpris une de leurs conversations à ce sujet, trois jours après Noël.

- Qu'est-ce que tu penses de ... nos papas ? demanda timidement Scorpius.

- Comment ça ? s'étonna Albus.

- Ben ... on dirait ... qu'ils sont ensemble, murmura le blondinet.

- Ensemble comment ? reprit le petit brun.

- Ben ... comme des amoureux.

- Moi, je trouve ça bien. Ils sont mignons quand ils se font des petits bisous ! intervint Lily.

- Ça t'ennuie ? s'enquit James qui sortit de sa lecture.

- Non, pas du tout. C'est juste que ... Je ne l'ai jamais vu comme ça avec ma mère.

- Comment ça ?

- Papa a toujours l'air très froid pour les gens n'appartenant pas à la famille. Même avec ma mère, il reste distant. Maintenant, il est souriant, détendu.

- Mmm, musa Albus. C'est la même chose avec papa.

- Que veux-tu dire ? interrogea James.

- Eh bien, je sais pas pour toi, mais j'ai toujours trouvé que Papa avait un petit air triste. Mais depuis ...

Albus s'arrêta net. Les deux frères échangèrent un regard avant de jeter un œil sur leur sœur qui s'était endormie.

- Tu es au courant pas vrai ? reprit James à l'attention de Scorpius.

- Albus m'a raconté quand il est revenu à l'école. C'est après ça que je trouve que papa a changé.

- Moui... c'est le cas de papa aussi, renchérit Albus.

- Et qu'est-ce que toi tu en penses ? insista James. Ça te dérange ?

- Non ... s'il est content, ça me va.

- Mais tu n'as pas peur des réactions des gens ? continua l'aîné.

- C'est pas leur problème. Ils n'ont qu'à s'occuper de leurs affaires. Et toi, ça te déplait ?

- Non, je m'en fiche. Comme tu dis, s'ils sont heureux ...

Cette dernière réponse clôtura l'échange. Contrairement à l'idée attendue, les enfants n'avaient pas été rebutés par leurs relations

OoOoOoOoOoO

Mercredi 14 février 2018

Le temps avait passé lentement. Harry partageait son temps entre son travail et sa fille.

Sa relation avec Draco s'approfondissait de jours en jours. Si ce dernier ne venait pas à Godric's Hollow, c'était lui et sa fille qui se rendaient à l'appartement.

Les relations familiales s'étaient également détendues. Après l'annonce du suicide de Ronald, Molly Weasley avait fait une attaque. Les désillusions occasionnées par ses deux cadets avaient failli lui être fatales.

L'état de Ginny dégénérait peu à peu. La brûlure atteignait déjà son coude et continuait à s'étendre. Elle avait été internée dans la section psychiatrique de Sainte-Mangouste quelques jours après le Nouvel An. Elle avait sauté sur le jeune interne qui s'occupait de sa blessure, dans l'intention évidente de le violer. Le diagnostic avait été sans appel : hypersexualité. D'après les spécialistes, la cause en était sûrement un dommage provoqué dans le système limbique, et probablement au niveau de l'amygdale. En entendant la conclusion médicale, Harry s'était demandé si le problème n'était pas dû à la possession de la jeune femme par le souvenir de Tom Jedusor.

Hermione faisait doucement son deuil, non seulement de son mari, mais également de l'idée qu'elle s'était fait de son mariage. Comme l'avaient signalé Neville et Draco lors du Bal, les conséquences de l'interview de Lavande Brown n'avaient pas fait de remous dans le monde sorcier. Par contre, quelques jours après sa parution, les journaux moldus avaient fait écho d'une étrange affluence de hiboux dans la région des Cornouailles. Il ne fallait pas être devin pour imaginer que la jeune femme avait dû être inondée de Beuglantes et lettres d'insultes en tout genre.

OoOoOoOoOoO

En ce jour de la Saint-Valentin, son amant lui avait réservé une surprise de taille. Malefoy s'était arrangé avec les parents Weasley pour qu'ils accueillent leur petite-fille pour la nuit et il kidnappa littéralement le chef des Aurors.

Alors qu'il passait le seuil du cottage, il fut subitement aveuglé par une douce étoffe. Il était sur le point de réagir quand un parfum connu l'effleura. Reconnaissant l'odeur de Draco, il se détendit. Il fut alors attiré à l'extérieur et dès les barrières de protection passées, se sentit transplaner.

Lorsqu'il reprit pied, il fut environné d'une fragrance incroyable. Le jasmin et la rose s'agrémentaient d'une base de santal et d'ambre. En soi, le mélange n'avait rien d'exotique, mais il était couplé à une pureté de l'air étonnante qui le déstabilisait. Les bruits environnants renforçaient cette impression. Il entendait des cris d'oiseaux inconnus et il lui sembla reconnaitre un barrissement. Une nuit de velours les entourait, preuve qu'ils avaient changé de fuseau horaire.

Lentement, Draco fit glisser le foulard de ses yeux, accompagnant le tissu d'une ligne de baisers. Dans la lumière du soleil couchant, Harry découvrit le Taj Mahal. Construit dans un marbre diaphane, il se dressait au milieu d'un jardin symbolisant le Paradis.

- C'est endroit est un hymne à l'amour, chuchota le blond. Il a été construit en mémoire de Mumtaj Mahal par son époux Shah Jahan au XVIIème siècle. L'endroit parfait pour célébrer notre première Saint-Valentin.

Il guida son amant le long de la promenade et le fit entrer dans le bâtiment. Au centre de l'espace, juste à l'aplomb de la Coupole, était installée une table dressée pour deux.

Sur un claquement de doigts, des instruments jouèrent une douce musique d'ambiance tandis qu'ils prenaient place.

Les cloches argentées se soulevèrent pour dévoiler un carpaccio de thon rouge et coquilles Saint-Jacques, accompagné d'une émulsion de citron aux herbes. L'entrée était accompagnée d'un chablis Premier cru Montée de Tonnerre du domaine Raveneau de 2004. Doté d'une robe jaune paille, son bouquet déclinait des notes minérales, fruitées et florales.

Après cette première dégustation, Draco entraîna Harry à la découverte des fresques incrustées de pierres précieuses et gravées sur les murs. Il ne manquait pas de glisser sa main sur les reins de son amant, de souffler sensuellement ses commentaires à l'oreille, mordillant le lobe au passage.

Il ramena ensuite le brun à la table où les attendaient des ravioles de homard dans un jus de crustacés, accordées d'un Puligny-Montrachet, Premier Cru Les Referts, du Domaine Louis Carillon.

Cette fois, Draco enleva Harry dans une danse langoureuse. Il se glissait sensuellement contre son corps, attisant son envie, lui amenant lentement le rouge aux joues. Il stoppa brutalement ses avances, guidant un Auror tremblant d'anticipation vers le plat de résistance, un tournedos d'agneau lardé aux champignons avec un jus corsé aux herbes. Un verre de vin rouge, un Château Ormes de Pez de Saint-Estèphe aux notes de fleurs séchées et de poivre moulu les abreuvait pour ce plat de viande.

Le jour commençant à se lever, ils sortirent faire une promenade, baignés par les premiers rayons du soleil. Il faisait un peu frais, mais un petit sort de réchauffement régla le problème. Chaque pas était agrémenté d'un bisou ou d'une petite caresse. Lorsqu'ils revinrent à table, ils étaient légèrement débraillés.

Ils dégustèrent leur dessert, un moelleux au chocolat et caramel avec de la crème anglaise au thé vert, les yeux dans les yeux. Draco avait repris son petit jeu et projetait des images licencieuses dans l'esprit d'Harry. Celui-ci rougissait de plus en plus, les yeux écarquillés, le souffle tremblant.

Arrivé au bout de ses limites, l'Auror agrippa le blond et le tira par-dessus la table pour l'embrasser avec fièvre. Draco se laissa volontiers envahir, manœuvrant pour réussir à se lever et contourner la table pour enlacer son amant. Perdu dans son baiser, ce dernier ne remarqua même pas qu'ils transplanaient.

Il ne reprit conscience de son environnement qu'en se sentant tombé en arrière. Ouvrant vivement les yeux, il identifia rapidement les murs tendus de papier crème avec des liserés vert profond. En confiance, il se laissa aller et se retrouva immergé dans la couette du lit. Se débattant, il se redressa pour repousser le duvet, apercevant du coin de l'œil Draco se débarrasser de ses chaussures. Il fit le mouvement de l'imiter mais en fut rapidement empêcher par Malefoy qui vint se jucher au-dessus de lui. Avec un grognement presqu'animal, il lui agrippa les poignets pour les lier, d'un informulé, au cadre du lit. Il sortit ensuite du tiroir de la table de chevet un petit flacon aux reflets rosés. Lorsqu'il le déboucha, une légère odeur de cannelle envahit la pièce. Il le déposa pour commencer le déshabillage du corps à sa merci.

Il fit preuve d'une certaine agressivité, saisissant les pans de la chemise pour l'ouvrir vivement, faisant ainsi sauter les boutons en tous sens. Un sourire narquois ourla ses lèvres quand il fondit sur la poitrine dévoilée. Il se lança à la conquête de la chair frémissante, léchant le creux de la clavicule avant de descendre en mordillant le pectoral. Parvenu à la petite pointe érigée, il la taquina sans pitié, grignotant, happant ou même mordant pour faire se cabrer son amant sous les sensations. Il fit subir le même traitement à sa jumelle avant de migrer vers le nombril qu'il cajola longuement.

Après ce qui sembla une éternité au torturé, il se laissa glisser sur le côté avant de se lever pour le débarrasser de ses pantalons, boxer, chaussettes et chaussures. Il se déshabilla lentement, aguichant Harry qui suppliait le blond de ne pas le laisser dans son état. Le défiant du regard, il revint s'installer entre ses cuisses et saisit la petite fiole. Il enduisit lentement ses doigts en un long geste sensuel. Le maintenant prisonnier de ses yeux d'orage, il fit glisser sa main le long de la verge palpitante, la massant pour faire pénétrer l'huile.

La réaction de Harry fut explosive. La lotion était en fait un aphrodisiaque. Alors qu'elle pénétrait dans son organisme, il eut l'impression que la foudre frappait son corps. Son dos s'arqua jusqu'au point de rupture.

Avec un sourire machiavélique, Draco reprit un peu de liquide et dirigea son majeur vers la petite entrée plissée. Il posa son autre main sur la hanche du brun pour limiter ses mouvements avant de le préparer minutieusement.

Au bord de la rupture, Harry suppliait son amant de mettre fin à son supplice. Un long moment plus tard, Draco accéda à sa demande et le pénétra profondément.

Cette simple sensation de plénitude suffit à faire céder la volonté du brun qui se répandit en longs jets brulants.

- Oh par Merlin, balbutia-t-il, Draco, je ... je ...

- T'inquiète pas. On est loin d'en avoir fini toi et moi ! Pourquoi crois-tu que j'ai préparé cette petite potion. Tu vas bientôt me supplier d'arrêter !

- Ja ... jamaiiiiiis, cria Harry sous le premier coup de boutoir.

OoOoOoOoOoO

Un halètement brisa le silence. Harry gisait les bras en croix, la poitrine se soulevant à un rythme rapide. Son torse luisait d'un mélange de sueur et de sperme.

Allongé tout contre lui, dans le même état, Draco arborait une mine épanouie.

- Je ... j'en peux plus, souffla Harry, la voix rauque d'avoir tant de fois crié sa jouissance.

- Tu ... vois, fanfaronna difficilement le blond. Je te ... l'avais dit ... que tu ... demanderais ... grâce !

- Tu peux parler. Tu vaux pas mieux que moi !

- Tu veux parier, répondit Draco en se redressant, mais son sexe refusa de faire de même.

- Ben en tout cas, mini-Draco ne veut plus lui, rit Harry.

- Mini-Draco ? Il ne te semblait pas mini, il y a encore quelques minutes.

- Toutes mes excuses, Oh grand Dragon ! persifla le brun.

Draco fit mine de vouloir le corriger mais n'en eut pas la force. Avec un rire discret, il se laissa retomber sur le matelas, attirant le corps de Harry contre lui.

- J'ai même pas la force de me lever pour prendre une douche, reprit le blond, capitulant.

- Heureusement qu'il y a le Recurvite, dit Harry en saisissant sa baguette.

- Mmmm...

- Draco ?

- Mmmoui.

- Merci ! C'était une soirée extraordinaire.

- Mmmm.

Les deux hommes s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.

TBC...