Chapter 2 : Children Shouldn't Play With Dead Things

.

.

.

La petite fille criait, avec ces hurlements déchirants qui vous transperçaient les tympans, rendait le silence encore plus insupportable, suffocant. Ne pouvait-elle donc pas se taire ? Et elle continuait, perçant la nuit de ses cris incessants, comme une folle...qu'elle était.

Il ouvrit les yeux et soupira, n'en pouvant plus. Comment faisaient donc les infirmiers pour supporter ses cris ? Il comprenait qu'aucun ne vienne vérifier qu'elle allait bien, étant habitués à ces...comportements étranges à Arkham, mais ces hurlements devaient...prendre fin. Tout de suite. Ne pouvait-elle donc pas...se TAIRE.

D'un geste furtif, la rage atteignant son paroxysme, il sortit de son lit, son vrai lit où ils l'avaient replacé, les mains libérées depuis une semaine - le médecin en charge de lui avait décrété qu'il était suffisamment sain pour qu'on lui retire sa camisole -, et se dirigea vers la porte. Elle n'était jamais fermée la nuit, il trouvait ça...totalement déplacé. Lui faire confiance, à lui, c'était risqué. Et inutile. Quand on... savait de quoi il était capable.

Mais cette semaine s'était déroulée sans accrochage. Il avait attendu, patiemment, qu'elle finisse, pour retrouver sa vraie chambre, celle où il avait été placée en attendant de voir s'il allait rester à l'asile, trois mois auparavant, et qu'on avait fini par lui attribuer. La salle 504. La chambre du Clown, où personne n'osait s'aventurer.

Oui-i, il était...satisfait de sa patience. A présent qu'il avait retrouvé sa chambre et perdu sa camisole dé-tes-table, il était libre de recommencer ses activités...meurtrières, dans la plus grande discrétion. Maintenant qu'on lui faisait un peu plus confiance qu'à son arrivée - et à tort - il pouvait...s'y adonner de nouveau.

Il jeta un coup d'oeil furtif au miroir de l'autre côté de la chambre.

Il avait l'air d'un parfait fou, les cheveux huileux dégoulinants sur son visage, toute trace de maquillage...effacée, disparue. Envo-lée. Il fallait absolument qu'il en retrouve, il ne pouvait pas rester comme ça. Les gardes lui avaient...confisqué son matériel rouge et blanc, et il n'avait pas pu mettre la main dessus de toute la semaine. Il allait devoir se débrouiller...autrement pour retrouver son masque naturel. Pourquoi lui avaient-il...enlevé ? Sûrement car ils savaient que ça ne lui plairait pas, mais ils...jouaient avec le feu, hmm.

Les cris reprirent de plus belle, et il ouvrit la poignée pour se glisser dans l'obscurité.

.

.

.

Il entra silencieusement dans la chambre, se cachant dans la pénombre. Il y avait...une enfant, mais elle ne l'avait pas vu. Il était pourtant bien là...derrière cette porte blindée, et elle ne le savait pas. C'était ex-ci-tant, il sentait l'adrénaline commencer à affluer dans ses veines si sombres.

Des cubes, il y en avait partout, c'était...effrayant. Il avait pourtant l'habitude de ces mascarades, étant le roi des mauvaises blagues, mais là, c'était différent. Ce n'était pas...prémédité, ni organisé, mais bel et bien de la folie à l'état pur. Il n'y avait pas de... motif derrière ces symboles, de sens caché dans ces jouets étalés, simplement...une absence totale de raison.

Le spectacle était fascinant. Le sol de moquette grise était couvert de ces cubes, ces jouets que les enfants empilent les uns sur les autres, dont la peinture verte et rouge s'efface en vieillissant.

Il aimait assister à ce genre de spectacle, de...poupées, marionnettes, que les enfants raffolaient tant. Pas pour voir ces stupides...choses qui courraient dans tous les sens et réclamaient de nouvelles peluches, mais pour leur faire peuur, oui, pour voir leur visage terrifié quand il apparaissait devant eux, ses lèvres s'étirant en un sourire -mentiel.

Et là, c'était...le comble. Cette enfant qui hurlait, assise par terre autour de ces cubes qu'elle avait balancé sur les murs et... colorié à l'avance avec les craies que donnaient les infirmiers aux enfants. Des dessins rouges, bavant sur les carrés de bois. Elle en était entourée, de ces carrés ensanglantés, et lui se sentait tellement...à sa place. Parfai-tement...au bon endroit.

Mais la fillette ne cessait de crier, inlassablement, poussant de ces bruits stridents qui vous perçait les tympans. Pourquoi...criait-elle ainsi ? Elle avait l'air...folle, à n'en pas douter. Il sentait l'agacement monter en lui, en même temps que cette adrénaline qui ne le quittait jamais vraiment, qui le...poussait à des actions plutôt dis-cu-tables. Oh, il n'était pas un...pé-dophile, non. Il détestait les enfants. Mais il avait envie...tr-è-ès envie de s'amuser, maintenant. Peut-être pourrait-il...même...voler cette craie rouge qu'avait l'enfant aux pieds pour s'en badigeonner les lèvres ? Il se sentait...incomplet sans son maquillage, il n'aimait pas ça.

Il sortit lentement de sa cachette, apparaissant dans l'obscurité de la chambre. La fillette...pleurait toujours, ne l'avait pas encore vu. Puis soudain, elle leva les yeux et poussa un cri étouffé en l'apercevant, se taisant aussitôt, au grand bonheur du Clown.

Il était néanmoins...surpris. Elle n'avait pas l'air effrayée devant ses cicatrices, ni dé-routée. Elle était tout simplement...calme. Un peu trop calme. Presque comme si elle s'était attendue à sa visite. Mais peut-être était-ce une ruse pour cacher sa...dé-licieuse peur.

Elle était assise là, le visage couvert de larmes, ses cheveux presque noirs de jais lui encadrant le visage à merveille. Les yeux brillant d'une lueur vive, é-trange, un peu lointaine...folle.

Il s'approcha lentement, ravi de voir cette folie qu'il observait ne pas...l'atteindre. Il ne s'en imprégnait...jamais, restait sain d'esprit.

C'était ce qu'il...préférait. Pouvoir lire entre les rouages d'un cerveau endommagé, voir comment fonctionnait ces neurones cassés entre eux, il aurait donné bien plus que des mois à Arkham pour pouvoir observer ça tous les jours. C'était...ce qui le faisait vivre. Répandre cette folie sans jamais y goûter.

- Quel est ton... nom, enfant ? lança-t-il d'un ton curieux, penchant la tête sur le côté. Ses cicatrices ne se voyaient presque pas dans la pénombre, mais il s'était tout de même attendu à une réaction plus...poussée.

La petite ne répondit pas, se contentant de planter ses prunelles dans les siennes. C'était...déroutant, nouveau. Un peu trop...fou à son goût. Ah, qu'il allait s'amuser... Il allait prendre son temps, mais s'amuser, ouii.

Il tenta une nouvelle fois, se rapprochant un peu plus de l'enfant presque immobile. On aurait dit une...statue de cire, une vraie poupée. Un peu trop...frêle à son goût, cela dit.

- Dit moi...ton nom, jolie poupée.

Son ton était encore calme, mais la patience commençait à...s'évaporer. Pourquoi cette gamine ne lui répondait-elle pas ?

- Hmm, je vois, il s'agit d'un...jeu, tu essayes de me défier sans doute ? lâcha-t-il d'un ton agacé.

Il se rapprocha un peu plus encore, la tête pendant sur son épaule dans une mimique terrifiante. Les lèvres étirées en un sourire gigantesque à en faire trembler les murs. La fillette n'était plus qu'à quelques pas de lui à présent. Il pouvait voir...oh, c'était discret, il fallait s'y connaître - être lui - pour le remarquer, mais c'était là...une légère peur chez l'enfant. Dans ces cheveux noirs qui tremblaient à peine devant elle. Déli-cieux.

- Vois-tu, je ne...tolère pas, ce silence. Que dirais-tu si nous le...BRISIONS ?

Elle sursauta à son hurlement mais reprit aussitôt sa position de statue. C'en était presque...impressionnant. Un courage si grand dans un corps si petit. Il s'en lécha les lèvres de contentement.

Il tendit une main blafarde vers le visage enfantin et caressa une joue d'un doigt amusé. Elle ne tressaillit même pas, serait-elle un peu...masochiste sur les bords ? Ou peut-être appréciait-elle seulement sa compagnie, hmm. Il écarta les cheveux noirs, délicatement. Ce n'était que le début, ça n'avait pas encore...commencé. Les choses sérieuses viendraient après.

Une chose humide roula sur la joue de la fillette, une...larme oui. C'en était affligeant, pathétique même. Etait-il si effroyable qu'elle en...pleurait ? Pauvre enfant, oh oui-ii pauvre chou, tu ne sais même pas ce qui t'attend, HAA. Il contenait difficilement son rire, le réservant pour...plus tard.

- Noon non, ne pleure pas, ma choupinette. Tu sais, c'est moche les enfants tristes, susurra-t-il, l'air faussement pris de pitié. Pleurerait-elle seulement lorsqu'il lui décou-perait le coeur ? Hin-hin-hin.

Il avança l'autre main pour saisir le visage de l'enfant entre ses doigts, se penchant pour l'observer de plus près. Divini-ne-ment...gracieuse, cette petite. Il sortit son couteau caché sous son ma-gni-fique pyjama de détenu - il détestait ces horribles fripes -, le passa nonchalamment sur la mâchoire de la fillette qui ne bougeait toujours pas.

- Quel...courage, je dois le reconnaître.

La lame d'argent traçait à présent le contour du visage de l'enfant, marquant un temps d'arrêt sur les os les plus saillants. Elle s'arrêta de longues secondes sur l'artère principale avant de reprendre sa course déli-cieusement lente sur la peau frémissante. Hmm, il ne pouvait plus attendre. Que le spectacle commence enfin !

- Attention ma jolie, ça va faire un peu mal.

Il appuya fermement la pointe de l'arme sur la joue délicate de l'enfant, sa langue venant lécher ses cicatrices dans une folie pressée, puis traça d'un geste vif une longue estafilade sur son front. La fillette poussa un cri et se remit à pleurer, tandis que lui serrait son menton entre ses doigts.

- On n'aime pas ça hein ? Hmm, reste...tranquille ma toute belle.

L'enfant tremblait de tout ses membres, tétanisée face au monstre devant elle. Monstre qui lui ouvrit dé-li-ca-te-ment un oeil pour venir y poser doucement la lame. Marquant un temps d'arrêt.

Une légère...oh minuscule lueur dans les yeux en face de lui faillit le déconcentrer, mais il se replongea dans son travail.

Il n'aurait pas du.

Une douleur vive envahit soudainement sa main, une chaleur brûlante se répandant à l'endroit de la morsure, tandis que la fillette se redressait en hurlant, le couteau à la main et les yeux complètement...fous.

- Aïï-ïe, tu m'as...mordu sale gosse ! Que...rends moi mon couteau.

L'enfant se dressait à présent au milieu de la chambre, les sourcils froncés en une colère aveugle, le front et l'oeil sanglants et l'air timbré comme il n'en avait jamais vu. Un tableau...fascinant, si l'on en oubliait la morsure. Ah et le...couteau, son précieux cou-teau qu'elle tenait fermement et semblait ne pas vouloir lâcher.

Il s'approcha furieusement d'elle et se jeta sur son bras pour s'emparer de l'arme. Aussitôt, elle s'esquiva en un bond de chevreuil gracieux tandis que lui mangeait de l'air et se relevait l'instant d'après, les yeux noirs de haine.

- Tu vas me...rendre ma lame, gamine, hm.

Elle répondit par un hurlement strident et il bondit en avant, s'empressant de la faire taire en lui fermant la bouche d'une main forte. Il ne fallait pas qu'elle...appâte des infirmiers. Il aurait aussitôt été refourgué dans une salle mieux surveillée, moins...libre pour lui. Il saisit son arme d'un geste vif alors qu'elle se débattait de toutes ses forces, du haut de ses huit ans - une telle folie à un si jeune âge - et la poignarda rapidement dans la gorge, à plusieurs reprises. Elle cessa de se mouvoir après le troisième coup, et son petit corps s'affaissa lentement au sol, comme une...chiffe molle, ou une poupée désar-ti-culée. Il l'avait...brisé, la mignonne petite chose.

Il lâcha enfin le mignon petit pantin et observa joyeusement le spectacle qu'il avait sous ses yeux. Une fillette ensanglantée, couverte de plaies béantes, les cheveux noirs cachant son visage dans l'obscurité macabre. Les petits cubes dans la pièce qui formaient comme une assemblée de gens réunis autour du minuscule corps. C'était...tor-dant.

Il se baissa lentement pour retourner l'enfant et plongea ses doigts avides de rouge dans le sang frais. Les remonta aussi sec vers sa propre bouche et s'en tartina les lèvres, remontant sur le côté le long de ses anciennes cicatrices. Il était enfin...complet. Avec son maquillage, il était lui-même.

Il laissa éclater son rire lugubre, -mentiel, qui se répercuta sur les murs, rebondit sur le carrelage froid, sur les cubes couverts de craie et le corps couvert de sang. Les salves de joie explosaient dans la pièce, à grand coup de HA HA HA qui duraient de longues minutes interminables. Il n'arrivait pas à reprendre son souffle, ne le voulait pas. Il laissa sa joie se répandre dans la chambre, recouvrir le silence qui l'avait précédé. C'était ma-gni-fique, il adorait ce tableau. Il était un véritable...maître de l'art.

Il riait désormais à gorge déployée, les lèvres étirées en un sourire interminable, dégoulinant du sang d'une gamine qui ne rirait plus jamais, les yeux plissés pour mieux se délecter de l'attraction à ses pieds. En cet instant, il était tout simplement...aux anges.

Mais alors qu'il se noyait dans sa bonne humeur, une infirmière horrifiée passa dans l'encadrure de la porte, flanquée de deux autres matons. Avant qu'il ne les ait seulement vu venir, une aiguille pointue se planta dans la cuisse du Joker, le précipitant dans ce flou qu'il détestait tant. Car il...savait ce qui l'attendait derrière, oui.

.

.

.

Et voyez-vous, ça le dérangeait, tout ces bruits aux alentours, qui n'en finissaient pas. Ça chahutait, ça chahutait, encore et encore, toujours plus de bruits, de ces blabla incessants et ces mots ravalés. Il ricana doucement, prenant sur lui pour ne pas se faire entendre, et ça l'amusait toujours plus, malgré le dérangement.

Oui, il ne savait pas se décider. Ce qui l'énervait finissait toujours par le faire rire, c'était une sorte de rituel, un...jeu à lui.

Les bruits des couverts s'entrechoquant remuaient autour de lui, les nappes froissées qui débordaient de taches de vin et les flûtes à champagne qui venaient s'échouer l'une contre l'autre dans un "tiing" retentissant. Agaçant.

Mais ce qui l'émerveillait le plus, c'était les gens. Ces visages bouffis, avachis sur leurs chaises dorées, la serviette autour du cou leur donnant des airs d'aristocrates déchus qui mangeaient à s'en éclater la panse, et donnaient les restes au chien qui attendait sous la table. Un caniche blanc agrémenté d'un pompon, rose de préférence. Le cliché par excellence.

Et pourtant, c'était vrai, c'était ce qu'il voyait tout ces putains de jours qui se ressemblaient tous, se courraient derrière à la queue-leu-leu. Il en avait vraiment sa claque d'être en cuisine.

Ahh, la cuisine. Le bonheur de figurer dans les coulisses, comme au théâtre, mais en plus crasseux et avec moins de vers à réciter. Plutôt des assiettes sales qui débordaient des éviers.

Il passait souvent du temps à se rappeler son parcours, son rêve qu'il avait été contraint d'abandonner en étant confronté à la réalité.

La serpillère, qu'il avait passé d'abord pendant deux longues semaines, à s'asseoir sur des tabourets miteux et attendre qu'on daigne lui donner un ordre. L'esclave qui attend d'être frappé, et est payé pour ça. Ma-gni-fique.

L'arrière cuisine ensuite, avec ces piles gigantesques de vaisselle qui prennent des heures à rincer. S'il avait su le nombre de litres d'eau qu'il allait dépenser avant de commencer, il serait plutôt parti en mission humanitaire en Afrique, histoire de se rattraper.

Fourchette, couteau, cuillère, fourchette couteau cuillère, fourchette fourchette couteaucuillèrefourchette. Les mots avaient fini par perdre leur sens à force d'user les éponges dessus.

Et les plats, avec leurs miettes de gâteaux dures comme de l'asphalte qu'il frottait de longues secondes, qui s'empilaient un peu partout, vu qu'il n'y avait plus de place nulle part.

Le nombre incalculable de torchons qu'il avait détruit en essuyant des verres à toute vitesse pour qu'ils soient remportés la seconde d'après dans la Grande Salle et remplis à ras bord de vin blanc. Ces vins aux noms pompeux qu'il n'arrivait jamais à retenir, entre deux Chardonnay et un Grand Cru qu'il avait réussi à saisir, à force de les entendre.

Puis les fourneaux. Ça, c'était une expérience remarquable. Varier les épices, mélanger les saveurs, goûter discrètement et se faire hurler dessus par un autre, jongler entre les casseroles, écouter le bruit de la soupe qui mijote et respirer la vapeur d'eau qui s'en dégage. Hmm.

Il en revint au plat qu'il était en train de préparer, mélangeant les époques, les odeurs, et tout ce qui allait avec. Pourquoi fallait-il toujours qu'il perde sa concentration ?

.

.

.

La lumière lui fit de nouveau l'effet d'un tison incandescent venant détruire ses iris. Il...n'aimait pas ça, vraiment.

Oh, il ne parlait pas de la lumière. La douleur, il en avait...l'habitude, ça oui. Il savait d'avance où il se trouvait, disons...Si l'on devait parier...Dans un lit, aux courroies bien serrées sur ses bras et ses jambes, l'empêchant de bouger. Du moins, c'était ce qui se passait chaque fois qu'il...transgressait le règlement. Bon, tuait quelqu'un, plutôt. Mais il n'y avait rien d'affolant à cette situation, il savait...comment réagir dans de pareils cas.

Ce qu'il ne pouvait tolérer, c'était l'effet...que la piqûre d'insuline avait sur lui chaque fois qu'ils l'endormaient pour le ré-expédier dans sa chambre sous surveillance pointue. Pour éviter...qu'il ne tue encore, sûrement. Cette piqûre, ça faisait...remonter des souvenirs, à chaque fois.

Le plus souvent, il s'agissait de la cui-sine. Il avait adoré cet endroit, il détestait donc s'en souvenir. Tout ce qui le ramenait à sa vie d'avant, sa vie...normale, était à bannir de sa mémoire. Or, cette aiguille n'était définitivement pas d'une bonne aide pour ça.

Ce qui l'agaçait par-dessus tout, c'était que ses souvenirs de la...cui-sine surgissaient sans prévenir, et souvent sans rapport les uns avec les autres. Il se rappelait...de morceaux, d'états d'âme qu'il avait eu sur les clients, sur le service, sur...tout. S'en souvenir ne servait à rien, il aurait préféré...oublier tout ça.

Les premières semaines de son arrivée à Arkham, il n'avait pas pu s'empêcher d'aller visiter les autres patients. Pendant la nuit, bien sûr. Pour les tuer, hmm, le plus souvent. Après avoir parlé un peu avec eux, voir ce qu'ils avaient...dans le crâne. C'était divertissant, la plupart du temps, suffisamment pour le faire se sentir...vivant. Pour le garder entier, même enfermé.

Mais il avait vite constaté que cela le menait à se faire cloître dans sa chambre sur son lit, vêtu d'une camisole ou bien attaché par des sangles qui lui meurtrissaient les membres. Et si les infirmiers ne le punissaient jamais autrement qu'en le laissant croupir sur ce lit moisi, la piqûre qu'ils lui infligeaient pour le calmer faisait toujours émerger des souvenirs de sa vie passée. Des souvenirs...détestables.

Alors il avait laissé deux longs mois s'écouler sans chercher à faire du mal à qui que ce soit, puis avait craqué brutalement un soir et avait tué après les avoir torturé six patients en quelques heures. Le personnel de l'hôpital l'avait gardé dans cette salle impersonnelle, impropre à lui-même, l'assommant à coup d'électrochocs et le bourrant de médicaments pour le rendre inoffensif. Mais ça n'avait pas pris...ça ne prenait jamais.

Il s'était néanmoins fait violence pendant une semaine, le temps de récupérer SA chambre si dé-li-cieuse - il était quelque peu possessif -, et avait recommencé avec cette fillette. Il ne pouvait tout simplement...pas s'arrêter. Faire du mal aux autres, c'était sa...priorité, son mode de vie. Et eux qui étaient suffisamment na-ï-ïfs pour lui donner seconde chance après seconde chance. Ils étaient presque plus fous que lui seul.

Un flash blanc lui vrilla brusquement le crâne, faisant apparaître l'espace d'un instant l'image d'une salle baroque aux chaises de velours et aux nappes décorées devant ses yeux. La vision disparut aussitôt, remplacée par un mal de tête épouvan-table.

Ahh...ces souvenirs étaient franchement trop...désagréables. Il DEVAIT faire quelque chose pour y remédier. C'était inévi-table, trouver une solution. Ne pourrait-il pas convaincre une infirmière de le lobotomiser discrètement ? Noon, non bien sûr. Il devait se rappeler de quelques miettes de son ancienne vie pour ne pas oublier à quel point la violence était belle et...indispensable. L'image du chaos parfait, de la destruction à l'état pur. Hmmm.

Mais il ne pourrait supporter plus longtemps de devoir revivre ces affreuses scènes de...cuisine. La gastronomie, HA, c'est qu'il en sert maintenant sur des plateaux sanglants. Les lames ne servent plus à dé-pecer un morceau de veau, mais à trancher des carotides.

Peut-être...monter la torture à un niveau plus élevé ?

Il se lécha les lèvres, réfléchissant à toute allure - et constatant avec joie que son maquillage sanglant était toujours en place, quoiqu'un peu sec. Une solution s'imposait, et vite. Supporter ces souvenirs, c'était...trop, même pour lui. La violence, la bou-cherie ne lui faisait pas peur, mais ça...c'était autre chose. En attendant, il lui faudrait prendre son mal en patience - HA, quelle expression divi-iine -, et se tapir dans un coin sans chercher à blesser les patients. Ça s'annonçait...difficile, mais indispensable s'il voulait empêcher ces souvenirs de le rendre fou.

Une idée lui vint soudain, germant avec peine dans son esprit encore embrumé. Peut-être pourrait-il...s'échapper d'Arkham ?

Il savait qu'il en était capable, il l'avait déjà fait...Ha. Mais il n'avait pas pensé encore à construire une...vie après sa fuite. Il s'était toujours laissé re-capturer, las du monde trop sain dans lequel ils vivaient. L'asile étant un échappatoire qui lui permettait de tuer sans se faire jeter en prison - bizarrement -, vu qu'on le considérait comme... fou. Ce qu'il n'était pas, bien sûr.

Pour l'instant, il était juste un peu...soufflé.

.

.

.


Et voici le deuxième chapitre, je ne sais pas trop quoi en penser, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose. Peut-être que je rajouterais un perso pour donner plus de dynamisme.

Merci beaucoup à Oceane pour ta review, ça me fait très plaisir ! :)

Bisous fous ~