Jean était réveillé, mais restait figé dans son lit, parce que c'était bien ça : il était dans un lit et pas n'importe lequel, celui dans lequel il avait dormi pendant son apprentissage en tant que soldat, il avait l'impression d'être dans un mauvais rêve ou peut être dans un bon ? Un souvenir ? Il ne savait pas, mais la situation actuelle le troublait grandement. En se levant et constata qu'il était bien dans cette chambre qu'il avait partagée avec ses camarades.

- Qu'est c'que ... Marmonna t'il incertain.

C'était troublant de se retrouver ici sans avoir d'explication, il n'avait pas l'impression de rêver et lorsqu'il se pinça, il eut mal, cela lui confirma qu'il ne dormait pas.

- Où je suis ? Gronda t'il.

Il voulut explorer les lieux, mais en se levant, il eut des vertiges et des nausées. Il finit par retomber dans son lit, à la seconde tentative, il réussit à poser les pieds à terre, mais lorsqu'il se leva, ses jambes le trahirent et il tomba au sol, plus désorienté que jamais.

- Jean, qu'est ce qui te prends, tu es malade je te rappelle ! Le réprimanda une voix qu'il reconnaissait parfaitement.

C'était Marco ! Qu'est c'qu'il faisait là ? Il s'approchait de lui avec un plateau qu'il posa sur la table basse, c'était un rêve ? Un mirage ? Un fantasme peut être ? Le ténébreux frôla son front. C'était chaud et doux et cela ne semblait pas être une scène sortie de son imagination ? Marco l'aida à se relever, Jean avait mal aux genoux, donc c'était ... vrai ?

Ne pouvant se retenir, le blond se jeta sur son ami, le serrant fortement contre lui, des larmes glissant sur ses joues. Il était si heureux de pouvoir l'enlacer et les bras de son amis l'agrippèrent, son souffle chaud caressa sa nuque ... Sa respiration s'accéléra légèrement et les doigts se crispèrent étrangement dans son dos.

- Jean, tu sens si bon. Admit Marco. Tu es si chaud ...

La mains glissa jusqu'au bas de son dos, l'attirant un peu plus contre lui et ses lèvres frôlant sa gorge. Cela rappela à Jean une scène similaire qu'il avait déjà vécue avec Marco. Ils partageaient le même lit à ce temps là et souvent ils s'étaient frôlés, mais cette fois là, le ténébreux avait agi de manière un peu trop suspicieuse, ses gestes étaient délicats au début avant de devenir plus insistants et Jean avait eu peur et l'avait repoussé.

Marco avait paru blessé, mais avait rapidement attaqué pour l'embrasser avant que le blond ne proteste et ses mains ... Avaient glissé sur son sexe. Jean avait paniqué et lui avait donné un coup de coude ...

Là, Marco le pressait contre lui, mais Jean était bien trop heureux de le savoir vivant pour s'interroger sur les gestes de son ami ... Enfin, jusqu'à ce qu'il ne sente quelque chose d'humide contre son cou. Il le repoussa, le fixant, les yeux humides et désolés, mais son ami eut un regard compréhensif, frôlant sa joue.

- Qu'est ce qui t'arrive ? Murmura t'il délicatement.

- Tu es mort. Admit Jean.

- Tu as dû faire un mauvais rêve, je suis bien là, tu me sens, non ? Allez, je vais t'aider à t'assoir sur le lit.

Ce fut rapide, il le souleva et le reposa sur le matelas. Un rêve ? Etait ce le cas ? Tout ce qu'il avait vécu pouvait il n'être issu que de son imagination ? La mort de Marco et son intégration chez les explorateurs ? L'idée le fit rire ... En même temps, lui, engagé chez ces bras cassés, les suicidaires de service ? C'était surréaliste !

- Trost était attaqué. Marmonna Jean en se frottant la nuque. Tu es mort pendant l'attaque, je ne sais pas quand exactement mais ... Et j'ai ... Je me suis engagé chez les explorateurs et ...

L'idée sembla faire rire Marco, évidemment : quelle belle blague ! Eren aussi trouverait ça marrant ! Le plus gros enfoiré de tous les temps qui décide brutalement de se battre pour l'humanité alors qu'il n'y croyait pas du tout !

- Ce n'était qu'un rêve, mais tout de même, toi, Explorateur ? Je ne supporterai pas l'idée de te savoir quelque part hors des murs. De toute façon, tu n'as vraiment pas la carrure pour devenir le sauveur du monde.

Il lui attrapa le menton pour lui relever le visage, lui souriant étrangement.

- Tu es trop beau pour risquer ta vie inutilement. Soupira Marco.

Ses doigts frôlèrent sa joue, délicatement, presque affectueusement et son regard posé sur lui, il paraissait vraiment étrange à Jean qui ne savait pas trop comment le prendre. Marco rapprocha son visage de lui. Le geste fit reculer le blond qui détourna le visage.

- Je t'ai déjà dit que c'était trop risqué ! Soupira le blond.

Il avait toujours craint d'être surpris par leurs amis, surtout ici. Il y avait tant d'allées et venues que ... Non, en fait, actuellement, il n'y avait pas un chat ... C'était même bizarre en fait, il jeta un regard autour de lui, intrigué.

- Ha, tu l'as remarqué ? Marmonna le ténébreux. Il n'y a personne ici ... On ne sera pas dérangé. S'il te plait, laisse moi ...

- Non ! S'énerva Jean en fronçant les sourcils. Où sont les autres ?

- Les autres ? Répéta sinistrement Marco. Tu t'intéresses un peu trop aux autres ... Je ne te reconnais pas ... Je ne sais pas si j'aime ou pas ça !

- Quoi ?

Marco lui jeta un regard qui était tout sauf rassurant, c'était même sinistre en réalité et Jean avait beaucoup de mal à le reconnaître, il en eut même peur et davantage lorsque le jeune homme se jeta sur lui pour le plaquer contre le lit.

- Ca a toujours été comme ça, Jean : j'éprouve autant de haine pour toi que d'attirance ! Ce n'était pas prévu ... Jamais je n'ai imaginé tomber sur un type comme toi ! Ce n'était pas prévu que je m'attache autant à toi et je ne sais toujours pas si je t'aime ou te hais !

- Marco, qu'est c'qui te prend ! Gronda le blond. Lâche moi ou je ...

- Tu vas crier ? Ne te prive pas ! Essaye donc : personne ne viendra pour te sauver ici ...

- Quoi ? Mais ... Où sont les autres ?

- Loin, ils sont en sécurité à l'intérieur des Murs tandis que toi ... Toi ... Tu veux savoir où tu es ? Tu es chez moi ... Et tu es à moi ...


Marco était un traître, il l'avait toujours été, quand il s'était engagé au centre d'entrainement, il avait regardé chacune des personnes l'entourant en imaginant leur future mort, sans doute provoquerait il lui même la fin de leurs misérables existences ? En tout cas, un l'avait intrigué dès le premier jour ...

Jean Kirstein dont le seul but était d'aller se fourrer en sécurité derrière le troisième mur, bien au chaud et dans le luxe. Pourriture d'être humain ! Au début, Marco s'était approché de lui parce que justement il le trouvait détestable : il ne risquait pas de tomber sous le charme de ces immondices avec lui sous les yeux, l'abject mec tellement égoïste qui ne pense qu'à sa gueule et se fout pas mal de l'avis des autres. Il était un être méprisable ! Grâce à lui, il n'apprécierait pas les êtres humains ! Annie était tombée sous le charme du petit Armin, un petit con qui s'effaçait vite, Reiner trouvait Eren sympathique, qui ironiquement voulait tous les buter et Bertold était le seul autre à garder de la distance avec les humain tout comme lui ...

Ne jamais s'attacher à ce Jean ...

Il s'était même mis à le haïr en le voyant si franchement arrogant, se vantant de son choix de vie devant tous sans avoir peur des conséquences que son franc parler provoquerait !

- Tu sais que j'ai failli briser ma couverture à plusieurs reprises ? Murmura t'il à son oreille. Tu me mettais tant hors de moi ... Je ne te supportais plus ! J'ai eu envie de t'arracher la gorge avec mes dents ce jour où tu as fait ton malin en avouant devant toute la cantine que toi, t'étais au moins franc ...

Il avait avoué ce jour là n'avoir pour seule ambition que de se mettre bien au chaud loin de porter des dents des Titans ! Plus tard, Marco avait réalisé qu'il disait juste tout haut ce que les autres pensaient tout bas. Combien après l'examen étaient venus pleurer chez Eren en lui reprochant d'avoir pris une place bien en sécurité alors qu'eux en avaient rêvé et de la gâcher en partant au casse pipe. Certains avaient chialé comme des gonzesses ... Des tas de merdeux ! Jean n'avait jamais menti quant à son désir ... Les autres si !

- Et te voir tout le temps te battre contre Eren, franchement ! Grinça t'il. Tout ça à cause de cette sale petite garce de Mikasa ! Un jour, je la démembrerai et je prendrai tout mon temps pour se faire !

Jean était tétanisé sous lui, c'était un peu normal : Marco était alors instable, ses gestes pouvait passer de la caresse tendre et délicate contre la joue à un mouvement plus brutal, le blond voulut l'écarter, mais le brun lui agrippa la gorge, lui coupant toute arrivée d'oxygène jusqu'à ce qu'il se calme, la seconde suivante, il recommençait à frôler sa gorge avec délicatesse.

- Je lui arracherai une jambe. Marmonna t'il sinistrement, envahi par une folie meurtrière sans nom, souriant au blond. Je mâcherai son autre jambe, j'écraserai un bras, je briserai l'autre ... Je m'amuserai avec elle comme un enfant jouerait avec un ballon ! Le pire c'est que c'est elle ... Elle qui hante tes songes ...

Et c'est le jour où il avait compris qu'il l'a haïssait elle parce que Jean l'aimait elle qu'il avait comprit qu'il était maintenant obsédé par cet être humain ! Certes, il s'était douté de quelque chose après avoir tenter de le caresser une nuit, mais il s'était dit que c'était là une manière de se défouler et rien de plus ... Jean l'avait repoussé et il avait eu envie de le violer, de l'étrangler, de pourrir sa couverture, mais avait résisté ... En se disant qu'un jour, il y arriverait ... Qu'un jour, Jean serait à lui seul ...

C'était le cas maintenant : il l'avait enlevé pour l'emporter dans ce lieu, c'était un centre de formation à l'extérieur du mur pour des êtres comme Marco, il avait été déserté quelques semaines auparavant et le traître avait décidé d'en profiter pour y emmener Jean : il serait en sécurité ici, protégé par des murs hauts qui empêchaient les Titans d'approcher et où il pourrait trouver de quoi subvenir à ses besoins : un petit jardin lui permettant de se nourrir, un poulailler pour les protéines, une source d'eau ... De quoi vivre ici sans pouvoir s'échapper sous peine de finir entre les dents d'un Titan.

- Est ce que tu vas me repousser, cette fois, Jean ? Demanda Marco en glissant une main sur son ventre. La dernière fois, je n'ai pas beaucoup apprécié cette idée ...

- Marco ? Lâcha le blond, les yeux écarquillé d'horreur.

- Oui, je m'appelle bien comme ça, mais maintenant, tu vas découvrir qui je suis vraiment ... L'homme qui te déteste ! Qui te hait de toute son âme et dont la haine a fini par se transformer en une plaisante obsession et puis ... J'ai craqué ... Je t'ai tant désiré ...

En disant cela, il avait rapproché sa bouche de sa gorge, soufflant sa chaleur contre celle ci, il laissa sa langue glisser sur le cou et le mordilla doucement avant de relever le visage, fixant le blond sous lui, il ne semblait plus savoir s'il était dans un rêve ou dans la réalité, son regard perdu trahissant son incompréhension alors Marco se dit qu'il fallait lui prouver qu'il ne rêvait pas, il tira sa chemise pour dénuder son épaule qu'il mordit jusqu'au sang, le faisant hurler de douleur.

Jean se débattit furieusement, le repoussant et usant de ses pieds pour réussir, Marco le relâcha lorsqu'il lui donna un coup de genou au ventre et gronda, ne pouvant s'empêcher de sourire au jeune homme qui s'était levé pour aller se réfugier à l'autre bout de la pièce, une main posée sur sa blessure. Le brun passa une main dans ses cheveux, sa lèvre recueillant un peu de sang qu'il avait sur sa bouche.

- Tu es à moi maintenant, Jean. Murmura t'il avec un sourire dément au coin des lèvres.