9.
La Terre du passé
En se donnant les moyens, les unités gouvernementales avaient déblayé autant que possible l'étrange caverne découverte par Mulder et Scully qui étaient revenus plusieurs semaines plus tard sur les lieux de leur découverte.
- Sans vouloir te heurter, Mulder, mais ce lieu n'a rien à voir avec la disparition surnaturelle de ta sœur !
- Pourtant, le message déchiffré, tournant en boucle sur la toile, faisait bel et bien état de Samantha ! protesta l'agent du FBI… Mais il n'y a effectivement rien ici, je le reconnais.
- On s'en va ? jeta alors la pragmatique scientifique.
- Non, quelque chose me retient ici…
- Mulder !
L'agent du FBI soupira.
- Ce lieu n'a rien de terrestre, toutes les analyses l'ont démontré depuis toutes ces semaines !
- Oui, et encore ? s'impatienta la rousse expérimentée des affaires plus qu'étranges !
Mulder réfléchit un moment.
- Cette salle ressemble à une caverne d'appel. Comme si les Et l'avaient créée dans l'attente de celui ou de ceux qui devraient venir et s'en servir ! Les animaux transformés en métal furent des dégâts collatéraux, ce n'était pas le but de cette installation ! Mais moi j'ai à perpétuer l'esprit de ce lieu. Et je dois le baliser, si jamais un jour quelqu'un le cherchait ! Tu vas m'aider, Scully ?
- Tes convictions folles me laissent de marbre. Mais j'aiderai toujours un ami ! Que dois-je faire ?
- Je vais t'expliquer mon idée !
Kei grogna.
- Nous approchons sans souci du Pénitencier de Rhol. Même les patrouilles de petits bâtiments de Gaïa semblent avoir été envoyés vers d'autres coordonnées…
- Capitaine Albator ? glapit Yattaran.
Albator quitta son grand fauteuil de bois et de velours écarlate.
Cette Amirale nous attend, elle nous ouvre la voie ! Elle veut que je vienne, que j'assiste au supplice de mon fils ! Et j'y vais !
- Capitaine ! protestèrent ses deux lieutenants.
- Le guet-apens est encore plus pour moi que pour Alphie… Je ne fus revenu que pour ça.
- Pour mourir ? s'affola Kei.
- Pour sauver mon fils. Car lui seul a les clés pour achever la renaissance de Gaïa, et là je parle de la seule et unique : la Terre ! Et si je dois m'interposer pour mon fils, je le ferai ! Il a trop fait pour moi quand j'étais inconscient et impuissant dans ce caisson de stase ! Il est mon paradis perdu, ce foyer que je n'ai pu connaître. Et je ne pourrai apprécier la famille fondée avec Nami sans qu'il ne soit là, car sans lui…
- Je peux aider ? jeta une voix incisive, l'infime bruissement d'un fauteuil roulant. Je ne cerne pas cette Mirelmas Rengsdorp. Elle finissait son Académie quand j'ai retrouvé mes esprits… Vous avez agi contre ton intérêt, Albator : je ne suis plus un tueur impitoyable, et je ne peux te donner des infos sur cette cinglée !
Ezra arrêta son fauteuil, se leva, l'exosquelette suppléant à ses jambes mortes pour quelques minutes.
- Je laissais jaillir toute ma rage contre un pirate, ennemi de la Coalition que je servais fidèlement. Rengsdrop n'agit que pour ses intérêts, sa gloire, et tout est bon à écraser ou massacrer ! En dépit des apparences, ce ne fut jamais mon chemin de militaire. Des traîtrises, de la manipulation. Je me suis même servi de mon petit pour t'infiltrer, Albator ! Mais, j'ai…
- Tu as bousculé l'Arcadia de ton Océanos. Pas pour me protéger, mais pour détourner le rayon de Jupiter.
- Je ne pensais pas que tu comprendrais un jour, pirate !
- Je ne suis pas stupide, et je sais calculer les trajectoires de flux meurtriers me menaçants ! grinça Albator. Mais cette sympathique évocation du passé, où nous étions ennemis, et nous ne sommes pas encore entièrement amis, ne m'aide en rien pour l'extraction de mon fils !
Ezra claqua des doigts.
- Arrête de réfléchir en humain et en ancien militaire. Le plan de Mirelmas Rengsdorp est limpide ! Tu arriveras jusqu'à ton fils. Le ramener sera une autre paire de manche !
Albator soupira.
- Comme je l'ai dit à mes lieutenants : le piège m'est destiné. Et j'irai, car j'ai à sauver mon fils ! Mirelmas Rengsdorp va m'ouvrir une voie royale, je vais en profiter et j'espère bien la duper à son propre jeu !
- Je peux faire quelque chose ? s'enquit l'ancien Amiral de la Flotte de Gaïa.
- Va embrasser ton frère. Yama a grand besoin de toi.
- Merci, capitaine Albator.
Ezra s'éloignant, Albator serra les poings, s'adressant directement au seul lieutenant qu'il lui restait.
- Je vais me jeter dans la gueule du loup, Yattaran, et que personne ne m'arrête !
- A tes ordres, capitaine.
- Bien.
Et le grand pirate borgne et balafré s'éloigna à grands pas.
« Mais je n'ai pas promis que nous ne ferions rien pour assurer tes arrières, capitaine ! », songea Yattaran.
