Quelques heures plus tard, Barton vint informer la captive qu'elle serait à partir de ce moment, enfermée dans la cave, là où tous pourraient la surveiller. Il la trouva assise sur le sol, la tête cachée entre ses bras posés sur le lit. Elle pleurait.
Lorsque l'archer tenta de la relever, il reçut un magnifique coup de poing dans la mâchoire. Nul ne put la tirer de son mutisme. Quand Loki vint essayer, la réaction de la jeune femme fut différente. Elle se leva, s'approcha de lui, et l'ignora complètement. Dès qu'il vit qu'elle était allée dans le laboratoire, le dieu partit avec son équipe. Ils avaient besoin de récupérer un métal, et ils durent laisser leur cachette pour quelques heures.
Ils avaient rendez-vous au 28 Königstrasse.
Peu après le départ de Loki et de ses sbires, le grondement d'un avion retentit. L'un des gardes d'Aloïs alla voir, mais il ne revint pas. A sa place, débarquèrent une vingtaines d'agents du SHIELD, dirigés par Natasha Romanoff.
Tandis que les agents menottaient les scientifiques, Natasha se précipita vers Aloïs.
- Ils ne t'ont pas fait de mal ?
- Non, tout … tout va bien.
- Nous avons su grâce à ton message. Bravo.
Même si elle était très heureuse qu'on soit venu la chercher, elle était bien plus triste encore. Son père était, une fois de plus, absent.
Elles embarquèrent à bord du quinjet de Black Widow. Loki avait été repéré à la fête donnée en Allemagne. Elles y furent en une petite heure, juste à temps pour sommer le dieu de se rendre. Natasha évita de justesse un tir de Loki, et Tony Stark mis la pâtée à l'Asgardien.
Au moment où Natasha ouvrit la porte arrière du quinjet pour faire entre Loki, elle n'était pas encore au sol. Mais Aloïs n'attendit pas que l'appareil se soit posé. Elle sauta à terre, et atterris dans les bras de son père, qui lâcha le col du dieu, rattrapé par Captain.
Il la prit dans ses bras.
- Je … je suis désolé, lui dit-il.
Elle le regarda de ses yeux bleus, sans ciller. Elle lui en voulait. Mais ne lui dirait pas.
Assise sur une chaise, à côté de la cage faite pour Hulk, Aloïs regardait Fury qui programmait la prison pour Loki.
- Fourmi, botte, dit Fury en désignant successivement Loki, et le panneau de contrôle.
Ils dialoguèrent un moment, et le directeur du SHIELD finit par avoir le dernier mot :
- Que le véritable pouvoir m'appelle s'il veut un magazine.
La jeune femme regarda Fury s'éloigner. Elle s'était portée volontaire pour surveiller l'Asgardien. Dès que le colonel fut parti, elle s'approcha de la cage.
- C'est drôle de voir les rôles inversés. Vous ne trouvez pas ?
- Je suis ravi d'être là où je suis …
La porte s'ouvrit, interrompant leur discussion. Natasha demanda à Aloïs de sortir, ce qu'elle fit sans rechigner. La fille de Stark avait une admiration sans bornes pour l'espionne. Elle aurait accédé à ses moindres désirs. Natasha, elle, avait toute confiance en Aloïs.
La fille de Stark n'avait pas vent de ce qui se passait dans la cellule de Loki, et ne connaissait pas les souffrances psychologiques qu'il faisait subir à Black Widow.
Elle profita de sa brève relève afin de passer un coup de fil à Reed. Elle comptait se mettre à part dans le laboratoire, mais elle arriva en pleine dispute entre Fury, Banner, Rogers, Thor et son père. Décidant de les laisser s'entre-tuer entre eux, elle les laissa. La jeune femme se rendit dans les parties peu fréquentées de l'héliporter.
A quelques mètres devant elle, Barton tirait une flèche sur le moteur.
Une explosion gigantesque retentit. Elle s'enfuit vers la cage de Loki. C'était son job de le garder, et c'était pour lui que Barton venait. Tony appela sa fille via son oreillette.
- Que se passe-t-il ?
- Barton est à bord, il détruit les moteurs les uns après les autres.
- Je m'occupe de les réparer. Toi, où es-tu ?
- Je m'approche de la zone de détention.
- QUOI ?
- Je dois y être d'ici dix minutes.
- Pourquoi n'y étais-tu pas ?
- Natasha m'a relevée.
Elle attrapa son oreillette et l'éteignit. Son père se fâchait, et elle ne pourrait rien faire calmement si elle restait en communication avec lui.
Elle se dissimula dans un couloir. Quelques secondes plus tard, un agent ennemi libérait Loki. Thor arriva en hurlant :
- NON !
Le dieu courut vers son frère, se jeta sur lui. Et passa au travers. Thor se retrouvait enfermé dans la cage.
- Apprendras-tu un jour à ne pas tomber dans ce piège ? le nargua son frère adoptif
L'Asgardien donna un coup de marteau, et fissura la vitre. Les pinces se dérivèrent de la prison
- Les humains nous croient immortels, reprit Loki. Si on vérifiait ?
Le sbire du dieu tomba à terre. Coulson se trouvait là, avec une arme à feu.
- N'y touchez pas, dit-il avec assurance.
Loki s'éloigna du panneau.
- Ça vous plaît ? demanda l'agent, nous avons commencé à le mettre au point quand vous avez envoyé le Destructeur … Même moi, je ne sais pas ce que ça fait …
Il activa l'arme.
- Vous voudriez voir ?
Il fut poignardé dans le dos par Loki, qui s'était téléporté. Le dieu laissa Coulson tomber au sol, et activa la chute de la cage.
- Vous allez perdre … souffla Coulson
- Vraiment ?
- C'est … dans votre nature
- Vos héros sont désunis, votre forteresse volante tombe du haut du ciel, … Pourquoi n'aurais-je pas l'avantage ?
- Vous manquez de conviction, dit l'agent avec aplomb pour un mourant.
- Je ne compr …
Il fut coupé par un coup de blaster du SHIELD en pleine poitrine. Il roula à huit bons mètres au travers du mur.
La fille de Stark, qui avait tout vu, se précipita aux soins de Coulson. Fury arriva peu après.
- Désolé patron, dit-il au colonel, le dieu s'est envolé.
- Restez éveillé, lui dit calmement Fury. C'est clair ? Regardez-moi.
- Je ne suis plus opérationnel.
- Ce n'est pas une option.
- C'est ce que j'ai de mieux à faire … Ça ne pouvait pas fonctionner. Il leur fallait une raison valable ...
L'agent se tut. Le directeur baissa la tête. Aloïs, debout à son côté, prit une grande inspiration, et chassa ses larmes.
- Agent Coulson à terre … C'est fini. Dit-il dans son transmetteur.
Tandis que les « adultes » discutaient entre eux, Aloïs désespérait dans son coin. Elle réalisa soudain qu'elle avait son téléphone dans sa poche.
Après avoir composé un numéro, elle s'assit dans un coin vide de l'héliporter. Une voix rassurante retentit à l'autre bout du combiné :
- « Reed Richard à l'appareil j'écoute ? »
- Reed ? C'est Aloïs.
- « Oh ! Comment vas-tu ? »
- Je me suis fait kidnapper par un dieu Asgardien, une douzaine de morts est à déplorer sur l'héliporter du SHIELD, et Loki s'est fait la malle. Alors que je manque de mourir, je me fais engueuler par mon père. Sinon tout vas bien.
- « Des morts ?! Qui ? »
- Coulson y est passé.
- « Oh mon … »
Un silence gêné s'installa.
- « Tu ne fais rien d'inconsidéré ? » demanda Reed
- Non, ne t'en fait pas. J'attends que les grands finissent de se remettre le moral à un niveau correct.
Bien qu'elle n'ait rien laissé paraître, Reed sentait bien qu'Aloïs n'allait pas « bien ».
- « Tu m'as dit que tu avais été kidnappé ? Que s'est-il passé ? »
Elle lui raconta ce qui c'était passé. Loki, Barton, l'Allemagne, et l'attaque de l'héliporter. Ils furent interrompus par Natasha qui arriva silencieusement derrière Aloïs, pour lui annoncer que les « Avengers » allaient avoir besoin d'aide. Loki était à New York, et s'était installé à la Tour Stark. La jeune femme laissa Reed, en lui promettant de ne pas faire de bêtises, puis suivit l'agent Romanoff.
Elle ne put s'empêcher de penser qu'elle allait vraiment finir par tuer cet enfoiré d'Asgardien.
