Tandis que la petite équipe de héros s'occupaient du frère de Thor, Aloïs se chargea d'éloigner et de rassurer la presse.
- Ecartez-vous ! cria-t-elle avec aplomb malgré ses nombreuses blessures
- Que se passe-t-il ? demandèrent les équipes de télévision qui avaient accouru
- Nous avons gagné.
Tandis qu'elle rassurait les gens, la jeune femme n'entendit pas le bruit de course qui s'approchait d'elle.
Reed la prit dans ses bras.
- Aloïs …
- Reed … ?
- J'étais mort de peur. Ne refait jamais ça.
- Je …
La jeune femme ne finit pas sa phrase, et s'évanouit dans les bras du scientifique. Elle avait perdu trop de sang.
Tony récupéra sa fille, et l'emmena directement à l'hôpital, rejoint ensuite par Pepper. Les médecins firent des points de suture pour la blessure due à Loki, et à beaucoup d'autres plaies. Lorsqu'il vit la cicatrice que sa fille gardait sur le ventre, Tony eut un haut-le-cœur. Il s'en voulait toujours autant.
Lorsqu'elle se réveilla, Aloïs était entourée de ses parents. La jeune femme se redressa dans son lit blanc et rugueux d'hôpital. Une délicieuse odeur d'éther (ironie. Tout le monde sait que ce truc pue) flottait dans l'air.
- Tout va bien ma chérie, entama Pepper. Tu es de retour parmi nous.
Ignorant sa mère, la jeune femme tenta de se lever, et fit quelques pas, manquant de tomber à plusieurs reprises. Son père la pris dans ses bras, pour l'arrêter.
- Lâche-moi, le somma-t-elle.
- Rallonge-toi.
- LACHE-MOI ! cria la fille du milliardaire
Tony la laissa, et elle chancela un peu.
- Pourquoi … demanda l'homme d'affaire
Le regard d'Aloïs lui faisait presque peur. Cela faisait des années qu'il évitait le conflit. Il fallait bien qu'un jour ils se parlent en face.
- Tu fuis tes responsabilités ! commença la jeune femme, tu fais mine de ne rien voir
- Aloïs, ça suffit ! cria Pepper.
- Non, répondit-elle à sa mère, pour ensuite revenir à Stark. Pourquoi vous m'abandonnez ? C'est la troisième fois en dix-huit ans. Pourquoi tu feins d'ignorer que tu as une fille ? Je pourrais mourir, cela ne changerais rien !
- C'est faux, et tu le sais ! lui dit Tony
La jeune femme releva son haut pour dévoiler la large cicatrice sur son buste, ainsi que celles qui s'étaient rajoutées dernièrement.
- C'est vrai, puisque j'en ai la preuve ! hurla-t-elle. J'ai visionné la vidéo de surveillance des dizaines de fois ! Les otages allaient très bien, tu aurais pu laisser Rhody s'en occuper et venir m'aider. Mais tu n'as rien fait !
Tony baissa le visage. Mais sa fille ne s'arrêta pas là.
- Et dans New York ? L'autre abruti d'Asgardien m'a poignardé, et tu n'en as rien eu à faire ! Aucune fois tu n'as pris de mes nouvelles, même auprès des autres. Tu aurais pu m'empêcher d'aller me battre, pourtant, je vous ai accompagnés.
Elle se mit à pleurer.
- Pas une fois … tu t'es enquis de mon état. Par contre, je me suis jetée dans le vide pour t'empêcher de chuter. Personne ne te l'a dit ?
Elle tremblait, les yeux noyés de larmes, avec toute la colère du monde dans le regard. Le bleu de ses yeux devenait flammes, qui brûlaient Tony.
Une quinte de toux la prit, et elle s'effondra au sol. Son père la prit dans ses bras, et la posa sur le lit. Puis il sortit de la pièce. Il fuyait encore une fois.
Deux jours après, elle allait mieux. Fury l'autorisa à rester dans l'héliporter, pour qu'elle s'éloigne de son père.
Tony, lui, était juste repassé à la Tour STARK prendre des affaires pour qu'Aloïs réside temporairement au SHIELD. Le milliardaire appela plusieurs fois K.O.T.O.K.O., mais réalisa que sa fille l'avait fait tomber lors du combat. Il passa plusieurs heures à retrouver l'androïde dans les décombres de New York. Quand il retrouva « l'amie » de sa fille, il était devant une petite boutique d'armes.
Lorsque Tony lui apporta sa valise, Aloïs l'ignora. Assise dans un fauteuil, elle lisait la liste des victimes de la tentative d'invasion. Plus de cinquante personnes étaient mortes. Plus de deux cent étaient blessées. Plus d'une centaine de personnes portées disparues. Le milliardaire entra dans la salle. Il laissa la valise à côté de la table. Il posa K.O.T.O.K.O. à côté de la liseuse de sa fille, ainsi qu'un paquet enveloppé dans du kraft. Une lettre était scotchée dessus.
Ne voyant aucune tentative de mouvement de la part de sa fille, Tony s'en alla et la laissa seule.
Dès que son père fut sorti de la pièce, Aloïs ouvrit la lettre.
« Aloïs,
Je m'excuse pour tout ce que j'ai pu faire comme erreurs avec toi. C'est dur de te le dire en face, et j'espère que tu me pardonneras un jour.
Je n'ai jamais vraiment eut de parents, donc j'ai eu beaucoup de difficultés à me comporter en père responsable. Malheureusement, cela a eu bien plus de conséquences que je ne l'imaginais. J'en suis désolé.
Même si je ne peux effacer mes erreurs passées, je ferais mon possible pour les réparer aujourd'hui.
Malgré cela, sache que je t'aime plus que tout au monde.
Ton père, Anthony Edward Stark. »
La lecture du pli fit monter les larmes aux yeux de la jeune femme. Tout en les balayant d'un geste de main, la fille de Tony ouvrit le paquet.
Sur le kraft, était écrit en grosse lettres : « Joyeux anniversaire ma chérie ».
A l'intérieur, il y avait une paire de revolvers en métal noir. Les deux armes avaient des barillets de huit cartouches et un canon très fin. Ils ressemblaient aux colts du Captain Herlock, le dessin animé favoris de la jeune femme quand elle était enfant et qu'elle vivait au Japon. La grande différence était un logo rouge sur l'extérieur des deux armes. Il s'agissait d'un A entouré d'un cercle, avec la barre en forme de flèche.
La jeune femme les soupesa. Les deux revolvers étaient très légers. Lorsqu'elle appuya sur le logo, chaque arme se démonta et se changea en pièce de main des si célèbres armures Stark.
On était un 29 février.
Fury avait tenu à ce que la fille de Stark leur raconte en détail sa captivité. Elle avait obéi, mais s'était gardée de mentionner certains instants. La jeune femme avait également décrit l'apparence du Jotun lorsqu'il était devenu bleu.
Le directeur l'autorisa aussi à voir Loki. Fury ne voulait pas que la fille de Stark reste sur un traumatisme.
Lorsque la jeune femme entra, le dieu était assis contre une vitre de la cage d'Hulk.
- Je vous l'avais dit, s'annonça Aloïs quand elle entra, vous aviez perdu d'avance
- J'attendais votre visite, lui répondit l'Asgardien avec son horripilant sourire.
- Beaucoup de choses vous échappent.
- Moins qu'à vous.
- C'est vous qui le dites. Je n'essaye pas d'envahir la Terre pour le fun.
- De toutes manières, ce n'est pas grave. D'autres que moi le feront aussi, dit-il, comme si de rien n'était.
Sa réplique choqua la jeune femme.
- Des gens sont morts.
- Et alors ? lui demanda le dieu, conscient qu'elle allait sortir de ses gonds.
Mais elle resta très calme.
- C'est l'effet que ça vous fait ? Vous avez tué plus de cent personnes en moins d'une semaine, détruit des familles, modifié des vies, sans que cela change la vôtre ?
- Apparemment.
- Vous êtes décidément bien étrange.
- Je pourrais dire la même chose que vous.
La jeune femme déboutonna le bas de sa chemise, et lui montra la cicatrice qu'elle gardait de son poignard. L'arme était mousquetonnée à son jean.
- Vous auriez pu me tuer, mais vous ne l'avez pas fait. Pourquoi, si vous n'en avez rien à faire d'avoir tué des dizaines de personnes.
Le dieu ne répondit pas.
- Donnez-moi une réponse avant votre départ, d'accord ? dit-elle froidement.
Sur ce, elle sortit de la pièce.
