Coucou Lolotte, désolée de ne pas avoir répondu la dernière fois, mais j'ai tendance à être un peu tête en l'air donc surtout ne m'en veux pas si j'oublie des choses parfois ;) Pour répondre à ta question: le pairing final sera Bella/Edward, mais il peut arriver beaucoup de choses avant la fin...
J'espère que tu apprécies mon histoire et bonne lecture!
TROISIÈME CHAPITRE
Edward passe une main dans ses cheveux, les yeux rivé vers son livre, puis il tourne sa chevalière autour de son majeur d'un geste inconscient. Je regarde comment il fronce les sourcils, lisant d'un air très concentré. Il a souvent ce regard. Quand on lui pose une question, quand il doit réfléchir, quand il est confus. J'adore voir cette expression sur son visage. C'est tellement familier. Ca me réchauffe à l'intérieur.
Il passe sa langue sur ses lèvres et ses dents capturent sa lèvre inférieure.
Je fais rouler le stylo bille que je tiens entre mes doigts.
"Arrête de me regarder." Il ne prend même pas la peine de lever les yeux vers moi.
"Je ne te regarde pas." Dis-je en gardant mon regard sur lui. Ses yeux verts rencontrent les miens, puis il les redirige vers son livre. Il ouvre la bouche pour prendre une bouchée de la barre chocolatée qu'il sort de son sac à dos.
"Tu me déconcentres." Je n'arrive presque pas à comprendre ce qu'il me dit. Je fais en grimace en détournant les yeux de sa bouche pleine.
"T'es vraiment qu'un porc." Il ricane mais ne répond pas, se contentant de mastiquer le chocolat et le caramel et les morceaux de cacahuètes.
Il y a cette personne indispensable parfois. Parfois il y a quelqu'un qui remplit un vide et qui complète la personne qu'on est. Edward est ma personne depuis aussi longtemps que je n'arrive à me souvenir.
C'est grâce à lui qu'Alice est devenue mon amie. Elle n'était pas du tout comme elle est maintenant. Elle n'était pas la jolie fille populaire, aux grands yeux qui se fait abordée dans la rue par des mannequins. Elle était juste Alice.
Je crois qu'Edward avait un faible pour elle. Il n'a jamais voulu me l'avouer, mais je sais qu'à part moi il a toujours eu du mal à se lier d'amitié. Edward a plein de camarades bien sûr, mais ce n'est jamais comme lui et moi. Il ne fait pas confiance aux autres comme il a confiance en moi. Il y a des choses qu'il me dit à moi, que je sais qu'il ne dira jamais à personne d'autre.
Au début je ne l'aimais pas, Alice. Elle était hors de ma zone de confort. Entant que fille unique, je n'avais jamais du partager. Et puis du jour au lendemain elle était juste là.
Nous devions avoir quatorze ou quinze ans quand elle a déménagé. Avant même qu'elle ne dise son premier mot, j'avais décidé que je ne l'aimais pas. Je me souviens m'être moquée de cette petite pince rose ridicule qu'elle utilisait pour retenir les cheveux de tomber devant ses yeux, juste parce que je voulais qu'elle se sente mal.
En réalité, je ne la dépréciais pas. Je la détestais.
Tout chez elle me faisait bouillir de rage. Son petit nez retroussé, sa mâchoire un peu trop carré. Le souvenir que j'ai d'elle à ce moment doit être déformé par la colère, parce la petite fille dont je me souviens, ne peut absolument pas être Alice.
Je ne sais pas pourquoi elle réussissait à faire en sorte que mon estomac se retourne dans mon ventre ou pourquoi j'avais envie d'arracher ses yeux à chaque fois qu'elle parlait ou même respirait en ma présence. Elle était la nouvelle et tout le monde s'intéressait à elle. Avant tout le monde s'intéressait à moi.
Au début, elle était faible. Elle se laissait faire. C'était une cible facile, parce que moi je n'ai jamais été faible et que j'ai toujours su comment frapper fort.
Edward n'aimait pas mon attitude envers elle et il me le faisait clairement comprendre. Ce qui me rendait encore plus jalouse et méchante, le rendant encore plus protecteur envers elle. Ca me rendait malade.
Quand je repense à cette époque là, où j'étais tellement obsédée par l'idée de la détruire, je me souviens encore de ce sentiment. Je n'ai aucune difficulté à me souvenir de la haine qui imprégnée chaque parcelle de mon corps alors que j'essayais de la briser. Je voulais appuyer et appuyer jusqu'à ce qu'elle se brise en mille morceaux.
J'ai commencé ma propre compagne afin d'exclure Alice. Je le faisais parce que je n'avais aucun mal à manipuler mes amis et parce que je n'avais aucun remords. Puis quand Alice a apprit que je parlais dans son dos, elle a arrêté de subir mon comportement envers elle, comme si elle avait décidé que s'en était assez. Elle a arrêté d'être gentille ou même d'essayer de comprendre. Elle était courageuse et combattante et à part Edward elle était la seule personne qui avait su me remettre à ma place. Même si je ne l'aurais jamais avoué, elle m'impressionnait.
Elle avait réagit à notre conflit exactement comme je l'aurais fait. Elle m'avait frappé en plein visage, me faisant taire une fois pour toute.
Ce n'est qu'un an plus tard que nous sommes devenus amies. Seulement une fois qu'elle n'était plus dans ma classe et que je n'étais plus obligée de la voir tout les jours. Alice et Edward était restés amis depuis l'année précédente. Edward faisait de son mieux pour ne pas se mêler de notre histoire. Il essayait de rester le plus passif possible et de ne pas choisir de camp, mais le fait qu'il ne choisisse pas le mien, avait été pris comme la plus grande des trahisons. Je veux dire, il était mon meilleur ami. Il aurait du me choisir moi. Mais ce n'est pas le genre d'Edward.
Je ne me souviens plus à quel moment exactement nous sommes devenus amies, Remi et moi.
Edward était perplexe. Mais il semblait heureux que nous soyons devenus amies. Les trois mousquetaires.
Je crois qu'il était fier.
"A quoi tu penses?" Je baisse la tête vers Edward, qui me scrute. Il fait craquer ses articulations. Il sait que je n'aime pas ce bruit et il en profite pour le faire à chaque occasion.
"A ta moche tête." Je réplique sans même réfléchir. Il secoue la tête.
"Ta moche tête." Répète-t-il en murmurant d'un ton agacé. Il est plus probable que ce soit à cause de ma grammaire révoltante, plutôt que le fait que je viens de l'insulter. Il me fait rire.
Je penche la tête vers l'arrière et ferme les yeux, laissant les premiers rayons de chaleur de cette année caresser ma peau. A travers mes paupières je vois la lumière orange du soleil. Ça me rappelle quand je mettais mon doigt sur le bouton lumineux de l'ascenseur et qu'il prenait une couleur rougeoyante. J'adorais faire ça. Voir comment mon ongle était en feu. Je crois que ça doit être mon souvenir le plus lointain. Je me souviens aussi que c'est dans cet ascenseur que j'ai apprit à écrire le chiffre deux. Ma mère avait prit ma main dans la sienne et tracé le deux du bout de son index. 'C'est comme un signe. D'abord la tête…" Elle suivit la courbe gracieuse, le long cou… 'Puis, finalement le petit corps de la bête.' Je me souviens avoir passé l'après-midi à m'entraîner afin de l'écrire aussi joliment qu'elle. Même maintenant je n'y arrive toujours pas.
Edward lève les yeux et je suis son regard vers Jessica. Elle le regarde comme s'il était un morceau du gibier sur lequel elle aimerait bien bondir. Je n'aime pas beaucoup Jessica.
"Tu devrais lui dire." Edward ne me regarde même pas en répondant.
"Dire quoi?" Sa voix est lointaine. Comme si c'était une réponse automatique.
"Dire que tu ne veux rien avoir à faire avec elle." Il n'a aucun mal à faire ça d'habitude. Edward a la fâcheuse habitude d'aller droit au but, sans prendre en considération le fait que son interlocuteur peut être blessé au passage. Ce n'est même pas comme s'il le faisait exprès. C'est sa façon d'être. Il ne ferait jamais rien pour faire de la peine à quelqu'un intentionnellement. Il préfère dire les choses comme elles sont dès le début, plutôt que donner de l'espoir, parce qu'il trouve que c'est moins douloureux. Il se trompe, parce que c'est de toute façon douloureux de se faire rejeter.
Edward est spécial. Il attire tout le monde vers lui, comme s'il était le Soleil et que nous étions les planètes l'entourant. Edward est très beau, mais c'est surtout son indifférence à l'attention qu'on lui porte, qui fait qu'on est encore plus intéressé. Il est fascinant.
Moi je vois très bien ce qu'il ne voit pas. Je vois très bien tout les regards qui le suivent partout. Je vois bien comment les filles réagissent en sa présence. Elles sont tellement captivées. Elles semblent tellement bêtes.
D'abord je croyais qu'il faisait semblant de ne pas le voir, que c'était parce qu'il était timide ou bien que c'était sa tactique pour avoir l'air décontracté. Mais il ne s'en rend honnêtement pas compte.
"Qui dit qu'elle ne me plaît pas?" Je lui lance un regard qui en dit long. Jessica n'est rien pour lui. Elle me semble toujours aussi fausse. Aussi fausse que les deux bouts de plastique qu'elle s'est fait coller sur le torse.
"Pourquoi tu irais bas de gamme?" Il hausse un sourcil, d'un air mécontent. Il tourne la tête vers moi.
"Ne parle pas comme ça, Bella." Je hausse les épaules. On sait tout les deux que c'est la vérité, même s'il ne veut pas que je le dise à voix haute.
"Oh, oui je suis désolée. Tu devrais vraiment tenter ta chance avec ce pot de colle." Je marmonne en levant les yeux au ciel. Il rigole puis secoue la tête.
"T'as raison, je devrais lui dire." Il gratte le bout de son nez et ses yeux errent vers le livre posé contre son estomac.
"Si tu ne te cases pas rapidement avec quelqu'un, les gens vont finir par croire que tu es gay." J'imagine que je peux comprendre ça, parce qu'il attache un beaucoup d'importance à ce qu'il porte et à ce que ses cheveux soit toujours en place, comme il le veut et qu'il a cette obsession bizarre avec ses chaussures. J'adore ses chaussures.
Il hausse les épaules."Franchement, j'en ai rien à faire." Son ton n'est qu'indifférence, mais un trait apparaît entre ses deux sourcils quand il fronce, comme s'il n'était pas d'accord.
Alice approche, son sac en cuire noir hors de prix accroché au bras. Elle est mignonne dans son petit manteau rose bonbon. Exactement comme elle le voulait.
Sa chevelure ondulée est toute ébouriffée par le vent. Elle s'assied à coté de moi et pose son sac sur ses genoux.
"Tu te fous de quoi?" Demande-t-elle en tapotant ses doigts sur le livre de Edward, afin d'attirer son attention. J'éclaircis la situation après avoir lancer un rapide regard vers Edward.
"Que tout le monde pense qu'il est gay." Alice ne semble même pas surprise. Son téléphone n'arrête pas de vibrer dans sa poche, mais elle fait comme si elle ne l'entendait pas.
"Oh, ouais, j'en ai entendu parler." Dit-elle en souriant. "Mais je crois qu'elles le disent seulement parce qu'elles ont la haine." Edward secoue la tête. Il sourit, mais sa mâchoire est contractée et il tripote le coin de sa feuille.
"Oui et bien quand je trouverais quelqu'un qui m'intéresse vous serrez les premières à le savoir." Je fronce les sourcils. Bien sûr qu'on serait les premières à le savoir.
Alice ne relève même pas les yeux de son écran. Ses pouces tapotent les touches à toute vitesse. "Tu sais, ce n'ai pas grave si tu préfère les mecs. Je veux dire, la plupart vont être très déçues mais nous, on ne va pas t'aimer moins à cause de ça. Et puis le malheur de l'une, fait le bonheur de l'autre, n'est-ce pas…" Son expression est grave, comme si elle voulait sincèrement le rassurer.
"Ouais, carrément, je crois même qu'on t'aimerait encore plus si tu étais gay." Je rajoute une couche. Il fait une grimace et ses épaules s'affaissent comme s'il était soudainement très déçu. On pourrait croire qu'il se serait habitué à notre comportement immature, depuis le temps.
"C'est qui qui t'envoie tout ces texto?" Demande-t-il à Alice. Il commence clairement à perdre patience maintenant que le téléphone d'Alice vibre pour la quatrième fois depuis qu'elle l'a déposé sur la table.
Je réponds sur le ton de la plaisanterie. "C'est son mec."
Les joues de Alice rougissent subtilement, alors qu'elle évite tout contacte visuel. Je hausse un sourcil et me penche vers elle. "T'es sérieuse? C'est James?" Elle roule les yeux, comme si j'exagérais. "Quoi, tu n'as quand même pas passé tout ton week-end à parler avec lui, n'est-ce pas?" Edward nous regarde sans comprendre.
"De quoi vous parlez? Qui est James?" Je l'ignore, tentant de lire l'expression d'Alice.
"Vous n'êtes quand même pas encore sortis ensemble, hein? Tu me l'aurais dit, non?" Elle lève les yeux au ciel, une fois de plus, mais ses yeux brillent toujours avec intensité.
"Oh, bon sang, évidemment que je te l'aurais dit." Edward se racle la gorge pour attirer notre attention.
"Qui est James?" Je me tourne vers lui.
"Un mec canon qui l'a abordé la semaine passée." Il me regarde avec stupéfaction et je sais qu'il essaie de déterminer si je dis la vérité.
Il prend son air inquiet et protecteur que je ne supporte pas. "C'est qui ce mec?" Sa voix est soudainement plus basse. Je ne pense pas qu'il se rend compte qu'il fait ça à chaque fois qu'il veut être plus intimidant. Il ne va intimider personne ici.
Je hausse les épaules et enfonce mon index entre les côtes d'Alice pour l'inciter à parler.
"C'est bon…" Siffle-t-elle en repoussant ma main. "Il m'a appelé hier soir…" Elle essaie de réprimer son sourire, mais les coins de ses lèvres pointent légèrement vers le haut. "Et le soir avant ça. Il est vraiment très charmant." Elle veut probablement dire très charmeur. "Il travaille beaucoup, donc il n'a pas trop de temps, mais je crois qu'on va se voir vers la fin de la semaine."
Je frappe dans mes mains, un sourire aux lèvres. Sa bonne humeur a toujours été contagieuse.
"Il a quel âge? Il fait quoi comme travaille?" Je ne sais même pas quoi demander en premier. Elle rit, ses lèvres roses révèlent ses dents parfaitement alignées.
"Il a vingt-neuf ans…" Edward la regarde de travers. "... et il travaille dans la télécommunication. Je n'ai pas trop demandé non plus, vu que je n'y connais rien. Je n'ai pas envie de passer pour une idiote." Elle sourit timidement, mais je ne suis pas certaine que Alice ait la capacité de se faire passer pour une idiote, peu importe la situation.
"T'es sérieuse?" Il n'a pas l'air convaincu du tout. "Tu ne connais pas ce mec et tu vas sortir avec lui?" Il nous regarde d'un air désapprobateur, puis détourne le regard. "J'aurais imaginé ça de la part d'Bella, mais certainement pas de toi."
Pardon?
"C'est bon Edward, je l'ai vu ce mec, il n'a pas l'air louche ou quoi que ce soit et puis ce n'est pas comme s'ils allaient se marier non plus." Sa manie de faire comme si nous étions des gamines irresponsables m'agace au plus haut point. Et puis pourquoi il m'implique dans ça? Ce n'est pas comme si je les avais présentés l'un à l'autre.
"Oui et bien on ne connaît pas ce type. Il pourrait être n'importe qui." Il se sent toujours obliger de tout dramatiser.
Alice ne nous prête même pas attention. Elle a l'habitude de nos chamailleries. Elle nous taquine souvent en disant que nous sommes comme un vieux couple.
"Arrête de te conduire comme son père, Edward. Alice n'est pas stupide. Elle s'en sortiras très bien sans toi." Edward commence à s'énerver. Il fait ce truc avec sa mâchoire, la contractant, puis relâchant, le regard sombre.
Il ferme les yeux et détourne la tête.
"Pourquoi tu fais ça, Bella?" Je le regarde, incompréhensive.
"Pourquoi je fais quoi? De quoi tu parles bon sang…" Edward ne répond pas. Il se contente de tourner la page de son livre.
