D'abord en réponse au commentaire de Lolotte: J'espère qu'il se passera assez de choses dans ce chapitre ci, pour toi ;)


CINQUIÈME CHAPITRE

Je les vois arriver de loin. Il passe sa main sur son épaule pendant quelques secondes en riant à propos de quelque chose qu'elle a dit. Alice le regarde avec un sourire en coin et le pousse doucement. Et en cet instant précis, je ne peux m'empêcher d'être un peu jalouse. Ils sont tellement beaux.

"Ils sont là." J'annonce à Edward. Il se retourne et suis mon regard vers notre meilleure amie.

Alice nous fait un signe de la main en souriant.

"Salut!" L'excitation s'entend dans sa voix. Comme si sa beauté naturelle n'est pas assez flatteuse, il se trouve qu'elle est encore plus jolie quand elle rayonne. "Alors, James, voici Bella et Edward." Il me fait un clin d'œil.

"Oui, j'avais déjà rencontré Bella, si je ne me trompe pas." Je souris. J'avais presque oublié comment on se sent en sa présence. Il salut rapidement Edward.

Edward est bizarrement silencieux et je sais que ça a avoir avec James et Alice, mais je ne sais pas pourquoi exactement. J'ai l'impression qu'il s'est déjà créé une préconception de qui est James et que ça va être très difficile de le convaincre. Je ne comprends pas pourquoi Alice se trouve dans la position où elle devrait convaincre Edward de quoi que soit.

"Bonjour." Il répond froidement. Je suis un peu étonnée, parce que normalement, c'est lui le gentil.

Je lui lance un regard d'avertissement et Alice tape dans ses mains, sans y prêter attention. Je ne suis même pas sur qu'elle l'a remarqué.

"J'ai commandé dans ce restaurant que tu aimes." Dit-elle à Edward avec enthousiasme. "Celui où on est allé manger au Nouvel An." Il lui offre un sourire forcé.

Le restaurant n'est pas loin de là où nous sommes. A peine à dix minutes de marche. Dix minutes où nous pouvons profiter de l'idyllique vu des deux tourtereaux. James qui pose son bras sur ses petites épaules frêles et qui l'attire contre lui, posant un baiser sur le sommet de son crâne. Je la regarde entourer sa taille de ses deux bras, riant aux éclats à ce qu'il dit. Ils me donnent envie de gerber.

Je n'ai jamais vu ses yeux briller si vivement. Ses joues roses la font paraître plus jeune. Même avec nous elle ne rit pas comme elle le fait maintenant, comme si elle ne pouvait plus faire preuve de retenue.

Alice est le genre qui vie à fond. Depuis toujours, elle est intense. Son intensité complète mon manque d'intérêt total, en tout.

La façon dont le vent fait danser ses boucles brunes au rythme de ses pas et que le soleil illumine les reflets subtiles est captivante.

Je regarde le large dos d'James. Alice relâche James et pose sa main sur son avant-bras.

"Ils sont mignon, non?" Edward ne répond pas. De toute façon, je connais la réponse.

"Il à l'air assez correct." Avoue-t-il à contre cœur. Je lui lance un regard en biais. Voilà comment je le connais. Pas ce grincheux qui est têtu comme une mule. Ca c'est mon rôle à moi.

"Oui, il a l'air sympa." J'acquisse. "Et puis elle me semble vraiment heureuse." Il fait une moue et me regarde avec inquiétude.

"Justement, c'est ça qui me donne un mauvais pressentiment. Je veux dire, Alice…" Il marque une pause, comme pour chercher ses mots. "Alice est tellement confiante, que ça la rend tellement plus fragile. S'il la laisse tomber elle va vraiment souffrir." Même si ça a l'air dur, dit comme ça et je sais qu'il a raison. "Est-ce que toi tu l'as déjà vu comme ça avec quelqu'un?" Il la regarde entre ses cils.

"Je trouve qu'elle est plus distante de nous. Comment peut-elle être si folle de lui après une semaine?" Il murmure, de façon à ce qu'Alice et James ne puissent pas nous entendre. Je secoue la tête, lentement.

Edward exagère. Ce n'est pas non plus comme si elle était devenue totalement dépendante de ce mec.

"Elle ne nous laisse pas tomber. Elle n'annule pas de rendez-vous pour aller le retrouver. Et puis qu'est-ce que ça peut bien faire… Tout ce qui importe c'est qu'elle soit bien, non?" Il hausse les épaules et enfonce ses mains dans ses poches.

"Je trouve ça louche…" Nous regardons Alice entrer dans le restaurant. Elle dit son nom et le serveur nous conduit vers une table au milieu de la pièce. Je n'aime pas être placée là. J'ai toujours l'impression que quelqu'un nous écoute.

James est une compagnie agréable. Il raconte des histoires drôles et d'une façon tellement enjouée que c'est difficile de ne pas l'apprécier. Il est très intelligent. C'est évident. Chaque mot qui sort de sa bouche est choisit avec précision, les plaçant au bon moment. Je comprends pourquoi Alice l'aime bien. C'est plaisant de parler avec quelqu'un qui a quelque chose à dire. Il ne parle pas pour rien dire.

"Alors, Alice a dit que tu travaillais dans la télécommunication?" Je pivote légèrement la tête vers la droite. "C'est assez vague, qu'est-ce que tu fais, plus exactement ?" Je me penche sur mon assiette et prend une bouchée de purée de pomme de terre.

Il se racle la gorge. "Euh, je suis ingénieur commercial de télécom. Je dois m'occuper du développement de chiffres d'affaire d'une entreprise." Il coupe sa viande en petits morceaux. "Je commercialise des produits, des services, des équipement…" Je hoche la tête et l'écoute parler, mais quelque chose cloche. Son discours n'est pas naturel. On dirait qu'il ne fait que réciter quelque chose par cœur.

Il prend une gorgée de son vin et fait un clin d'œil vers Alice, qui rougit, un sourit timide aux lèvres. "Est-ce que tu sais déjà ce que tu veux faire plus tard?" Me demande-t-il. Je souris poliment, mais je n'aime pas du tout la phrase qu'il a employée. 'Plus tard…' Comme si j'étais une gamine de six ans qui aurait répondu qu'elle voulait être princesse quand elle sera grande. Il se reprend. "Enfin, plus tard… Après tes études." Je passe ma langue sur mes lèvres.

"J'étudie la criminologie dans le but de devenir assistante de justice ou d'intégrer le corps de police, probablement dans les stupéfiants." Il fronce les sourcils, me regardant d'un air surpris.

"Pourquoi?" Sa voix est soudainement plus forte et son ton a changé, il semble agacé. Je fronce à mon tour les sourcils, étonnée par sa question.

"Et bien, j'ai toujours aimé ça, résoudre des crimes." Il rigole.

"Tu sais que ce n'est pas comme dans les films n'est-ce pas?" Alice pose immédiatement sa main sur l'avant-bras de James, comme pour l'empêcher de parler. Je tourne mon couteau entre mes doigts, exacerbée.

Je réplique sèchement. "Je ne suis pas stupide."

Son téléphone se met à sonner avant qu'il ne puisse répondre. Quand il regarde le numéro affiché sur son écran, sa mâchoire se contracte. La panique se lit dans son regard, puis il soupire, visiblement irrité.

Quand il relève les yeux vers nous, il affiche à nouveau un sourire.

"Hé, désolé, c'est le travaille. Je dois vraiment répondre, mais continuez donc sans moi, je reviens dans un instant." Il se lève et attend qu'il soit à quelques pas de notre table avant de décrocher. "Oui?" Sa voix est froide, professionnelle, presque intimidante.

Mon regard se tourne instantanément vers Edward. Mais Alice me devance.

"Non!" Je sais qu'il a attendu la première occasion pour pointer son doigt sur ce qui ne va pas chez James. Alice le regarde d'un air furieux. Même si Edward n'a rien dit, nous savons tous les trois qu'il était sur le point de faire une remarque. Je crois bien que ce serait physiquement impossible pour lui de faire autrement.

"Est-ce qu'il fait ça souvent?" Demande-t-il d'un air détaché. Mais je sais très bien qu'il n'est pas du tout détaché. Je murmure, presque suppliante:

"Edward…" Je ne veux pas qu'ils fassent ça. Pas ici, pas maintenant, pas au milieu d'un restaurant bondé. Mon regard se dirige vers la porte. A travers la vitrine, je le vois. Il se tient dans la pluie et fait des grands gestes. En analysant sa posture je peux voir que la conversation avec son interlocuteur est agitée.

"Tu ne vas quand même pas me dire qu'un mec normale répond de cette façon à un appelle du travail." Alice passe son doigt sur le couteau en argent, souillée de sauce, et pendant un instant je crains qu'elle veuille le lui planter en pleine poitrine.

"Arrête de faire comme si tu connaissais tout de tout." J'appuie mon menton dans le creux de ma main. "Tu ne le connais même pas. Sinon tu serais qu'il y a des tensions au travail parce qu'il à la chance d'être…" Edward l'interrompt brutalement, clairement pas d'humeur à l'écouter bavarder à propos des problèmes de son petit-ami.

"Est-ce que tu es vraiment sûr que ce soit même son soi-disant boulot? Il m'a tout l'air d'un gros mytho." Le silence d'Alice indique qu'elle est blessée par les propos d'Edward. Je me racle la gorge et tente de calmer la situation.

"Edward, met la sourdine sur les accusations sans fondements. Et Alice, ce que Edward veut dire - même s'il le fait très maladroitement…" Je lance un regard accusateur vers Edward. "C'est que nous sommes juste inquiets pour toi, ok? Tu ne connais pas ce mec et on dit juste que tu devrais un peu te méfier. Ne pas trop t'investir dès le début." Elle détourne le regard, franchement mécontente.

"Pourquoi tu es du côté de Edward, soudainement? Je croyais que tu l'aimais bien..." A part le fait qu'il soit un con, destructeur de rêves, c'est vrai qu'il est absolument charmant.

"Non, ce n'est pas le cas, mais…" Edward se tortille sur sa chaise en secouant la tête, puis me coupe la parole.

"Elle n'a pas à choisir de camp." Il inspire profondément. "Avant tu aurais prit en compte notre avis. Pourquoi tu te bas contre nous?" Je scrute la réaction d'Alice, parce que sur ce point, Edward a raison. Même si je ne suis pas persuadé qu'James est vraiment mauvais, je ne comprends pas pourquoi Alice met l'opinion d'Edward de côté, comme s'il était un complet étranger qui n'a rien à dire à propos de sa vie ou de ses choix. Comme si Edward ne prend pas en compte son meilleur à intérêt.

"Parce que votre opinion n'est pas la bonne. Et si…" Elle se tait abruptement, hésitant sur ce qu'elle va dire. Je sais que ça ne vais pas être bon. "Et si tu ne peux pas vivre avec le fait que je me fasse mes propres choix et mes propres fautes, tu peux aussi dégager."

Et tout s'écroule comme un château de cartes. C'est comme si je n'étais plus ici, assise à cette table, mais quelqu'un part au dessus la scène, pouvant presque entendre les craquements dans les fondations de notre amitié.

Edward se décompose. L'expression sur son visage est atroce, à briser le cœur. Je crois qu'Alice aurait pu lui planter ce couteau en argent souillée de sauce en pleine poitrine, qu'il n'aurait pas eu moins mal. Même Alice se rend compte de sa bêtise lors que les mots franchissent la barrière de ses lèvres, mais c'est trop tard. Je le sais parce que ses yeux s'adoucissent immédiatement, même si ses lèvres restent toujours aussi crispées.

Edward se redresse et son visage est dénué de toute expression, le rendant absolument terrifiant.

"Edward…" Je ne crois pas qu'il entend ma supplication. La colère incruste ses traits, déformant son visage, il est presque méconnaissable.

Je ne veux pas qu'il crée une scène. Mais il n'a pas l'air d'avoir la force de lutté.

Sans un mot de plus, il se lève calmement. Je le regarde enfiler son manteau, puis sortir du restaurant et prendre le chemin inverse de l'endroit où James se tient, même si ce n'est pas le chemin le plus logique pour rentrer chez lui.

Alice pose sa main sur son visage, se cachant de ma vu. Je ne sais pas ce que je dois dire. Je ne crois pas qu'il y ait quelque chose qui convienne. Tout ce que je dirais ne ferait qu'empirer les choses, ou du moins elle se sentirait encore plus coupable.

Je crois que je veux qu'elle se sente coupable.

James sort de nulle part, comme matérialisé près de la table. Il n'a pas l'air de remarquer l'atmosphère glaciale, ou même l'absence d'Edward. Je le regarde sortir son portefeuille de sa poche arrière. Ses gestes, tout comme ses paroles sont précipités.

"Je dois vous laisser." Il pose un billet de cent sur la table, bien trop. "Je suis vraiment désolé, mais il y a une urgence au bureau et je dois aller régler ça moi-même. Surtout, terminez votre repas, profitez-en." Il attrape sa veste et sans un geste ou un regard envers Alice, se faufile vers la sortie.

Alice n'a même pas prit la peine de relever la tête. Je ne suis pas entièrement certaine qu'elle ne soit pas entrain de pleurer.

Je veux lui dire qu'elle vient de commettre une énorme faute. Je veux lui dire qu'elle n'aurait jamais dû se permettre de dire ça à Edward et que c'était franchement dégelasse de lui balancer ça à la figure, comme elle vient de le faire. Alice avait tord. Elle a tord de choisir un mec qu'elle connait à peine, au lieu du meilleur ami qui aurait tout fait pour elle. Elle est entrain de commettre une erreur. Une terrible erreur.

Alice ouvre les yeux et son regard croise immédiatement le mien. Elle est comme éteinte, affaiblie, batterie faible.

"Ne lui dit pas."


Un grand merci à ceux qui me laisse à chaque fois un message pour me laisser leurs impressions. J'apprécie vraiment!