Première demande spéciale: UF!Pap et Frisk par Cao dreams in books. J'ai bien aimé travailler là-dessus, ça fait un peu syndrome de Stockholm sur les bords, mais je me suis bien amusée, j'ai écrit plus que j'aurais cru!
D'ailleurs un truc qui m'a pris beaucoup de temps en écrivant cette fic: le genre neutre de Frisk! C'est tellement plus difficile à écrire en français qu'en anglais... meh, c'est comme ça! Si parfois j'ai dû céder au masculin, c'est dans un sens neutre: l'humain. Si vous voulez me faire d'autres demandes avec Frisk et que vous voulez que ce personnage ait un genre, il faudra le préciser, sinon je le fais neutre.
C'est pas mal tout, enjoy!
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Frisk ouvrit péniblement les yeux. Il faisait sombre et froid, et ses muscles étaient engourdis. La douleur du combat était encore présente dans tous ses membres. Se relevant péniblement, l'humain explora l'endroit à tâtons. C'était une sorte de cabane de bois, au sol de terre battue. Il y avait des boîtes de carton empilées dans un coin, et des outils accrochés à un mur, mais ils étaient trop lourds pour lui être vraiment utiles. Les boîtes contenaient surtout de vieux linges et vêtements. Frisk saisit aussitôt un long foulard rouge et fit plusieurs fois le tour de son cou, puis enfila un hoodie noir un peu trop grand, mais qui le réchauffa agréablement.
Les événements récents lui revenaient peu à peu en tête. Ayant échappé de peu à Toriel qui voulait l'enfourner, Frisk avait pu quitter les Ruines, et se trouver dans cette forêt. Il y avait eu Sans le squelette, qui l'avait électrocuté à mort une fois avec un piège caché dans sa main. La seconde fois Frisk avait refusé de serrer sa main, et Sans lui avait conseillé d'éviter son frère, qu'il était un maniaque de la chasse aux humains… lui n'en avait rien à foutre apparemment, et il disparut peu après.
Mais la forêt était enneigée et les traces de Frisk étaient évidentes, il y avait des pièges partout, et c'était impossible de se cacher ainsi. Papyrus lui tomba dessus, et le combat fut bref. Frisk s'étonnait d'être encore en vie… mais pour combien de temps encore?
À force de tâter, Frisk trouva la porte. Étrangement, la serrure était de ce côté. Peut-être qu'il y avait de l'espoir… effectivement, la porte s'ouvrait facilement! Frisk prit ses jambes à son cou… mais après quelques pas à peine, on l'attrapait par l'encolure de son hoodie et on le soulevait dans les airs.
-JE ME DEMANDAIS QUAND TU ESSAIERAIS DE TE SAUVER, HUMAIN. ÇA T'A PRIS PLUS DE TEMPS QUE J'AURAIS CRU.
C'était Papyrus. Frisk s'agita vainement pendant quelques instants, avant de laisser tomber. Ça ne servait à rien, ce monstre était bien trop fort.
-TU ES MON PRISONNIER, SALE HUMAIN, JE TE PRIE D'AGIR COMME TEL ET DE RESTER DANS TA CELLULE.
Frisk lui demanda, d'une voix tremblante, ce qu'il comptait faire de lui.
-JE DOIS T'ENVOYER AU ROI BIENTÔT. GRÂCE À TOI, JE SERAI CERTAINEMENT PROMU CHEF DE LA GARDE ROYALE À LA PLACE D'UNDYNE! JE SUIS TRÈS RECONNAISSANT, ET JE LE SERAIS ENCORE PLUS SI TU RESTAIS SAGEMENT DANS CE CABANON JUSQU'À CE QUE J'AIE TROUVÉ UN MOYEN DE TE TRANSFÉRER À ASGORE SANS INTERFÉRENCE.
Et il le jeta aussitôt dans le cabanon et referma la porte, qu'il cadenassa de l'extérieur. Cette fois-ci, plus moyen de s'échapper. Plus d'espoir. Frisk se roula en boule dans un coin, et se mit à pleurer.
O*O*O
Frisk ne savait pas combien d'heures s'étaient écoulées. Sous la montagne, il faisait toujours aussi sombre, qu'il fasse jour ou nuit. La porte finit par s'ouvrir. C'était Papyrus, qui portait un plateau avec un verre d'eau et une assiette de pâtes.
-TU DOIS AVOIR FAIM, MANGE.
Et il posa le plateau devant l'humain, qui haussa les épaules et lui dit qu'il n'avait pas envie de manger.
-SI TU NE MANGES PAS BIENTÔT, CE SERA FROID ET NETTEMENT MOINS BON. LE GRAND PAPYRUS A PRIS LA PEINE DE TE FAIRE UNE PORTION ALORS TU VAS LA MANGER QUE TU LE VEUILLES OU NON, SALE HUMAIN!
À contrecoeur, Frisk prit la fourchette et avala une bouchée de pâtes. C'était très bon, mais sa gorge était tellement nouée d'avoir tant pleuré que c'était difficile d'avaler. Papyrus s'était assis par terre contre la porte en croisant les bras.
-ALLEZ, CONTINUE, JE N'AI PAS QUE ÇA À FAIRE.
Et Frisk se força à avaler d'autres bouchées sous le regard perçant du squelette. Du moins, autant qu'on pouvait appeler ça un regard: c'était des orbites vides, une était fendue… mais malgré l'absence de chair, c'était un visage étonnement expressif. Frisk savait qu'il était impatient et irrité juste à le voir.
-POURQUOI EST-CE QUE TU ME REGARDES COMME ÇA?
Frisk secoua la tête et tenta de se concentrer sur sa nourriture. L'assiette et le verre d'eau finirent lentement mais sûrement dans la bouche de l'humain, qui sentait l'énergie affluer en lui. C'était très étrange de ne rien sentir dans son estomac mais d'être rassasié quand même. Papyrus se releva et tapota la tête de Frisk, qui sursauta et recula un peu au contact.
-JE TE FAIS PEUR, HUMAIN?
Hochement de tête de haut en bas.
-EXCELLENT. ET JE NE T'AI MÊME PAS ENCORE DONNÉ DE RAISONS D'AVOIR PEUR DE MOI.
Papyrus se pencha et saisit le visage de Frisk entre ses doigts gantés. Il l'observait de près, et Frisk faisait tout pour retenir ses larmes. Le squelette était encore plus terrifiant vu de proche avec toutes les craquelures dans ses os. Il sentait l'eau de cologne. Il finit par le lâcher et prendre le plateau par terre avant de se diriger vers la porte.
-J'AIME TON EXPRESSION DE PEUR, HUMAIN.
Et il le laissa dans la solitude et le froid du cabanon. Frisk tremblait encore du contact de la main du squelette sur son visage.
O*O*O
Les repas n'étaient pas très variés (pâtes et quelques sauces différentes), mais ils étaient bons, et au moins Papyrus n'essayait pas de le faire engraisser pour mieux le manger après. Lorsqu'il venait lui porter ses plats, il parlait à Frisk de sa voix forte, de sa fierté de l'avoir capturé, de son frère si paresseux, des nouveaux pièges qu'il voulait mettre au point. Il ne parlait plus de l'envoyer à Asgore, et encore moins de le tuer. C'était presque rassurant.
Parfois, sans prévenir, il saisissait le visage de l'humain entre ses mains et l'observait de près. Lorsque Frisk lui demanda pourquoi il répondit:
-TES EXPRESSIONS SONT INTÉRESSANTES, HUMAIN.
Frisk finit donc par concevoir un plan pour sortir de ce cabanon. S'il voulait des expressions, on allait lui en donner!
À la visite suivante de Papyrus, Frisk prit donc son air le plus ennuyé. Il mangea les pâtes en soupirant, et évidemment le squelette remarqua ce changement d'attitude. Il reprit le visage de Frisk pour l'observer.
-QU'EST-CE QU'IL Y A, HUMAIN?
Frisk lui répondit qu'il s'ennuyait. Il n'y avait rien à faire dans ce cabanon, c'était normal, non?
-"TU AS RAISON. ET TU ME SEMBLES PÂLE, UN PEU D'AIR FRAIS TE FERAIT DU BIEN"… C'EST CE QUE TU VEUX ENTENDRE, NON? JE NE SUIS PAS SI IDIOT. JE NE LAISSERAI PAS SORTIR UN PRISONNIER SIMPLEMENT PARCE QU'IL S'ENNUIE.
Et il serra fortement la mâchoire de Frisk entre ses phalanges, le soulevant du sol. Frisk poussa des gémissements de douleur et se débattit, mais le squelette avait une poigne d'acier.
-TU ES À MOI, SALE HUMAIN. OUBLIE TES IDÉES DE FUITE, TU RESTERAS ICI POUR TOUJOURS.
Il le laissa tomber, et quitta le cabanon en claquant la porte. Frisk se massa la mâchoire, qui était encore douloureuse. L'espoir avait diminué quelque peu, mais il ne l'avait pas encore abandonné.
O*O*O
Avec le prochain plateau-repas, Papyrus emmena un livre de sudokus et un crayon pour Frisk. Il ne lui dit rien, et partit aussitôt le repas terminé. Frisk se sentait étrangement touché que le squelette lui ait emmené de quoi le divertir un peu. Il remplit peu à peu les cases de chiffres.
O*O*O
-JE VOIS QUE TU ES INTELLIGENT, TU AS DÉJÀ REMPLI BEAUCOUP DE PAGES. TU T'ES MÊME ATTAQUÉ AU NIVEAU "DIFFICILE"!
Et Papyrus tapota gentiment la tête de Frisk. Le contact avec le squelette lui était de moins en moins désagréable. Peut-être parce que ça faisait des jours que c'était son seul contact avec le monde extérieur. Mais il n'avait pas l'air si méchant, à bien le regarder. Lui aussi avait des expressions intéressantes. Il était hautain, narcissique, il parlait fort… mais à sa manière, il s'intéressait au bien-être de "son" humain. Il était temps de mettre le deuxième plan en action.
Frisk se redressa, et dit à Papyrus, les mains sur les hanches, qu'il était temps de prendre un peu mieux soin de lui. Il avait besoin d'une douche et de vêtements propres. Papyrus s'approcha et saisit les bras de Frisk, qu'il écarta avant de le renifler comme un animal. Il n'avait peut-être pas de nez, mais visiblement il arrivait malgré tout à reconnaître les odeurs, car il finit par avouer qu'en effet, un nettoyage était de rigueur. Frisk se sentait le visage tout rouge à cause de la proximité du squelette avec son corps… de gêne, de honte… et autre chose peut-être?
Papyrus prit son humain fermement par la main et le fit sortir du cabanon. Frisk, encore rouge, ne se débattait pas. Pour la première fois, on le faisait entrer dans une maison, avec du chauffage, des meubles, des lumières électriques. C'était presque aveuglant. La chaleur ambiante était tellement agréable…
-ALLEZ, DÉSHABILLE-TOI, JE VAIS LAVER TES VÊTEMENTS PENDANT QUE TU PRENDS UNE DOUCHE.
Et Frisk fut poussé dans la salle de bains… mais Papyrus ne fermait pas la porte, et visiblement il attendait après les vêtements. Soudainement très gêné, Frisk voulut fermer la porte lui-même, mais Papyrus la retint d'une main.
-JE DOIS TE SURVEILLER EN TOUT TEMPS, ALORS ARRÊTE DE FAIRE LE TIMIDE, SALE HUMAIN, ET DÉSHABILLE-TOI SANS EN FAIRE TOUT UN PLAT.
Hésitant, horriblement embarassé, Frisk finit par enlever son hoodie et son chandail, révélant sa poitrine nue. Mais lorsque vint le moment d'enlever son pantalon, ce fut le blocage total. Papyrus soupira et lui écarta les mains de là avant de lui enlever tout le bas, puis de le pousser dans la douche et de tirer le rideau
-TU AS ASSEZ PERDU DE TEMPS COMME ÇA, LAVE-TOI VITE!
Assez secoué, Frisk joua avec les poignées, jusqu'à ce que de l'eau agréablement chaude lui coule dessus. Visiblement, Papyrus ne faisait pas la différence entre un humain habillé et un humain nu, mais c'était très embarassant pour Frisk, qui ne s'attendait pas à ça.
Il n'y avait pas de produits pour les cheveux (normal, les squelettes n'ont pas de cheveux!), mais il y avait une barre de savon et Frisk finit par se laver tout le corps et même les cheveux avec. Après des jours dans le cabanon, il était franchement dégueulasse, et ça lui faisait un bien fou.
Après une bonne dizaine de minutes, Frisk finit par sortir de la douche, et s'enroula aussitôt dans une serviette. La porte de la salle de bains était toujours ouverte, et Papyrus n'était pas loin dans le salon.
-J'AI MIS TES VÊTEMENTS À LAVER. JE N'AI RIEN TROUVÉ D'AUTRE À TA TAILLE, MAIS TU PEUX TOUJOURS METTRE ÇA EN ATTENDANT.
Et il lui passa un t-shirt trop grand. Comme l'humain était petit, ça lui arrivait pratiquement aux genoux, ça ferait l'affaire, en attendant.
-VIENS ME REJOINDRE ICI, SALE HUMAIN. QUOIQUE TU N'ES PLUS SI SALE, MAINTENANT, J'ESPÈRE!
Toujours horriblement gêné, Frisk baissa les yeux et s'assit à côté du grand squelette sur le divan. Aussitôt, celui-ci se pencha sur lui et le renifla pendant un moment. Pourquoi est-ce que Frisk se sentait rougir ainsi encore?!
-OUI, BEAUCOUP MIEUX. HM? QUELLE EST CETTE EXPRESSION, HUMAIN? POURQUOI ES-TU SI ROUGE?
Frisk aurait voulu lui expliquer les notions de pudeur et de vie privée, mais Papyrus lui avait déjà saisi les joues pour observer son visage.
-TU ES MÊME PLUS CHAUD QUE D'HABITUDE. MAIS TU SORS DE LA DOUCHE, JE SUPPOSE QUE C'EST NORMAL.
Frisk se contenta d'acquiescer sans rien dire. C'était tellement gênant tout ça. Mais déjà Papyrus le lâchait et allumait la télévision.
-JE SUPPOSE QU'EN ATTENDANT QUE TES VÊTEMENTS SOIENT PROPRES JE PEUX TE GARDER ICI.
Et il se mit distraitement à jouer avec les cheveux de Frisk, les lissant sous ses doigts gantés. Frisk était bien incapable de se concentrer sur le programme télévisé, soudainement… puis Papyrus posa son bras sur les épaules de l'humain et le rapprocha contre lui. La fumée lui sortait pratiquement par les oreilles tellement c'était gênant.
Frisk sentait les côtes de Papyrus sous son chandail. Le vide au niveau du ventre faisait plutôt étrange. L'odeur de cologne envahissait ses narines. Levant les yeux, on voyait le visage de Papyrus concentré sur la télévision. Ce n'était pas un contact chaud ni particulièrement confortable, mais Frisk se sentait étrangement… rassuré. C'était un geste protecteur, possessif, mais pas agressif, pas menaçant. Peut-être… peut-être serait-il possible de lui faire confiance, juste un peu. Frisk se détendait peu à peu contre lui… et finit par sommeiller.
Ouvrant les yeux, Frisk constata qu'il était seul sur le divan. La télévision jouait encore, mais le son était coupé. On avait posé une couverture sur lui, et ses vêtements propres étaient pliés et posés au sol juste à côté. Frisk les prit et se rhabilla sous la couverture, puis resta là. Comme de fait, Papyrus sortit de la cuisine peu après.
-AH, TU ES FINALEMENT RÉVEILLÉ, ESPÈCE DE PARESSEUX. LE REPAS EST BIENTÔT PRÊT. VIENS METTRE LA TABLE.
Et il indiqua à Frisk où étaient les naperons et les couverts, et Frisk prépara la table. Sans sortit de sa chambre, et il avait l'air surpris de le voir là, mais il s'installa sur sa chaise sans dire un mot. Papyrus servit les pâtes dans les bols et s'installa à sa chaise. Il fit signe à Frisk de prendre la place restante.
C'était le même genre de repas que d'habitude, mais c'était complètement différent de manger assis à table au lieu de se pencher par terre sur le plateau. Sans faisait à Papyrus son rapport de la journée, puis ils discutèrent des actualités du moment. Ils ne faisaient pas trop attention à l'humain, mais celui-ci se sentait étrangement bien, comme si… comme s'il avait soudainement retrouvé une famille.
Mais ce n'était pas la sienne.
Mais…
Frisk aurait voulu faire partie de cette famille. Être protégé par Papyrus. Profiter de la chaleur, du confort de la maison. Parce que maintenant, retourner dans le cabanon, dans le froid et l'ennui, serait une véritable torture.
-HUMAIN! VIENS M'AIDER À FAIRE LA VAISSELLE!
Et Frisk suivit Papyrus jusqu'à la cuisine, pour essuyer des plats. L'appréhension grandissait dans ses pensées: quand faudrait-il retourner dans le cabanon? C'était une journée tellement spéciale, mais Papyrus n'avait pas l'air de le voir ainsi, et il le renfermerait là, et…
Des larmes se mirent à couler sur ses joues. Des sanglots secouèrent sa gorge. Papyrus se tourna, et comme à son habitude, lui prit le visage entre ses phalanges. Il avait retiré ses gants pour faire la vaisselle, et le contact était mouillé, pointu.
-QU'EST-CE QUI T'ARRIVE, HUMAIN? QU'EST-CE QU'IL Y A DE SI TRISTE À FAIRE LA VAISSELLE?
Frisk lui expliqua, la voix coupée de hoquets et de sanglots, qu'il ne voulait pas retourner dans le cabanon, qu'il voulait rester avec lui.
-MAIS TU ES MON PRISONNIER, HUMAIN…
Frisk lui demanda s'il ne pouvait pas devenir autre chose à la place.
-TU VEUX UNE PROMOTION? C'EST VRAI QUE TU T'ES BIEN COMPORTÉ, HUMAIN. SI TU ME PROMETS DE NE PAS T'ENFUIR, JE POURRAIS FAIRE DE TOI MON HUMAIN DE COMPAGNIE. QU'EN DIS-TU?
Frisk hocha la tête, autant qu'il le pouvait avec les phalanges de Papyrus sur ses joues, et lui sourit. C'était tellement soulageant de pouvoir… discuter avec un monstre, de se sentir compris, de négocier sa place…
-SI JAMAIS TU ESSAIES DE T'ENFUIR, JE TE RETROUVERAI ET TU REGRETTERAS D'ÊTRE VENU AU MONDE.
Papyrus se rapprocha du visage de Frisk, et posa ses dents sur son front, délicatement, contrastant avec ses paroles si dures. Frisk prit un moment avant de comprendre que c'était un baiser de squelette, un baiser sans lèvres, mais un baiser malgré tout. Ses joues devinrent automatiquement rouges, et les larmes s'arrêtèrent aussitôt.
Et impulsivement, Frisk entoura le torse de Papyrus de ses bras et le serra contre lui. C'était horriblement gênant, mais peu à peu, l'humain avait compris qu'il était en train de tomber amoureux du monstre qui l'avait capturé.
Il voulait être protégé par Papyrus. Il voulait de sa compagnie, de sa conversation, de son contact, de son réconfort. Il voulait mieux le connaître… et qu'il le connaisse mieux aussi. Il n'avait… plus vraiment le goût de partir. Pas sans lui…
Papyrus finit par briser le contact, et se redresser, pour continuer de faire la vaisselle. Comme s'il ne s'était rien passé… mais Frisk remarqua que le visage de Papyrus avait pris une légère teinte rougeâtre, surtout au niveau des zygomatiques…
Une fois la vaisselle terminée, Papyrus entraîna Frisk dans sa chambre. L'endroit était très bien rangé, décoré de figurines aux poses guerrières, de cartes variées et de posters de groupes de musique métal. Il posa l'humain sur son lit en forme de tank, avant de fouiller dans son armoire pendant un moment. Lorsqu'il eut trouvé ce qu'il voulait, il se redressa et s'approcha. Frisk sursauta en sentant les mains de Papyrus se serrer autour de son cou, mais c'était mieux de se laisser faire.
Lorsque Papyrus eut terminé, il prit un pas de recul et eut un hochement de tête approbateur. Frisk tâta son cou: il y avait maintenant un collier de cuir qui entourait sa gorge. Comme un collier de chien… ah, c'est vrai. Son statut était maintenant devenu celui d'humain de compagnie.
-TU VIENS, HUMAIN? OU BIEN JE DOIS TE METTRE UNE LAISSE AUSSI?
Frisk sauta aussitôt du lit et suivit Papyrus de près, jusqu'au fauteuil devant la télévision, où Papyrus s'installa pour regarder les nouvelles du soir. Frisk hésita un peu, avant de se nicher contre lui. Papyrus n'avait pas l'air plus surpris que ça, et il flatta machinalement les cheveux de l'humain. Sans, qui était sorti de la maison après le repas, rentra quelques heures plus tard. Il remarqua visiblement le collier de l'humain, mais il ne fit pas de commentaires, et il monta directement à sa chambre. Il sentait l'alcool, et quelque chose de plus épicé…
Papyrus finit par fermer la télévision peu après le retour de Sans, et il monta à sa chambre en entraînant Frisk. Il se contenta d'enlever ses bottes avant de s'allonger dans son lit. Frisk restait debout, ne sachant pas trop quoi faire et où se mettre.
-ALORS, TU VIENS? dit Papyrus d'un ton impatient.
Et il tapota une place à côté de lui. Frisk rougit aussitôt jusqu'à la pointe des oreilles, mais il grimpa dans le lit après avoir enlevé son hoodie. C'était étonnant qu'il le laisse ainsi dormir dans son lit, et il lui en fit part. Papyrus répondit d'un ton dégagé:
-C'EST LE MEILLEUR MOYEN DE TE SURVEILLER PENDANT LA NUIT. À MOINS QUE TU NE PRÉFÈRES DORMIR PAR TERRE?
Frisk répondit par la négative d'une toute petite voix. Papyrus eut l'air satisfait de son plan, et se tourna sur le côté pour mieux dormir. Frisk était tellement tendu de se trouver dans le même lit que le grand squelette! Ce serait difficile de dormir…
En une journée, tout avait basculé, et on avait pu faire un saut du cabanon au lit de Papyrus. De prisonnier à "humain de compagnie". Frisk ne savait pas ce qui l'attendait… mais la fuite n'était plus dans la liste des choses à faire. Il valait mieux devenir l'allié de ce monstre si fort, qui pouvait le protéger dans ce monde violent, avant de s'aventurer plus loin.
Et puis… il avait beau être un monstre… il y avait quelque chose chez Papyrus… quelque chose qui donnait des rougeurs aux joues et des papillons dans l'estomac de Frisk. Quelque chose de vraiment charmant, sous cette façade brusque. Quelque chose qui lui donnait le goût de se rapprocher, quelque chose qui lui faisait vraiment penser à de l'attachement. De l'affection. De l'amour…?
Peut-être qu'un jour ils pourraient sortir ensemble, d'égal à égal, de monstre à humain… et sortir ensemble de sous cette montagne…
