Bon, j'ai dû prendre un petit break récemment, mais je suis de retour avec la proposition de LazyCrazy: Sans et Chara! Pas évident tout de suite, et je sais pas si ce que j'ai écrit était ce que tu avais en tête, mais c'était sympa à écrire, j'espère que ça sera sympa à lire.

Donc Chara est de genre féminin (et Frisk masculin, juste parce que), on est après la fin pacifiste, et j'essaie d'être la plus neutre possible mais je finis toujours par prendre un point de vue parce que ouais c'est ça. Ah et il y a quelques trucs un peu plus nord-américains comme le système scolaire, j'avais juste pas envie de me casser la tête. Enjoy!

O*O*O*O*O*O*O*O

Suite au passage de Frisk sous la montagne, et après beaucoup de mésaventures, les monstres avaient finalement pu sortir à l'air libre, et tout le monde avait été sauvé. Vraiment tout le monde, même ceux qui n'avaient aucune mobilité comme le bonhomme de neige de Snowdin. Même celui dont le nom avait été oublié dans l'obscurité. Même ceux qui n'étaient pas morts en paix comme Asriel et Chara.

Les efforts combinés d'Alphys et de Gaster avaient permis de créer des corps magiques stables pour les enfants et d'y stocker leur âme qui avait été retrouvée. En ce moment ils travaillaient à séparer les amalgamates. C'était laborieux, mais leurs efforts semblaient porter fruit.

Les humains avaient accepté tant bien que mal le retour des monstres, qui avaient pu obtenir la citoyenneté de leur choix, des permis de travail et tout ce qu'il faut pour exister bureaucratiquement sur Terre. La plupart s'étaient installé dans la région autour du Mont Ebott. C'était un coin tranquille où les maisons étaient abordables, et ça leur permettait de se souvenir. Et puis c'était moins long à déménager.

Comme prévu, Frisk s'était installé avec Toriel. Celle-ci avait acheté un duplex dont elle louait l'étage aux frères squelettes. Asriel avait décidé de s'installer avec son père, qui habitait plus loin sur la rue. Il avait toujours été un fils à papa, et Asgore avait nettement besoin de compagnie. Et Chara… avait demandé à s'installer avec Papyrus et Sans.

Toriel avait tout fait pour tenter de la convaincre de venir avec elle et Frisk. Personne ne comprenait ce qui avait motivé ce choix, et Chara refusait de répondre quand on lui demandait. Elle avait facilement convaincu Papyrus, qui lui avait pardonné avec de grands calins, et en retour Papyrus avait su convaincre son frère. C'est ainsi que Toriel avait acheté le logement double pour rester proche des frères squelettes et de l'enfant à problèmes…

De toute façon, elle l'avait à l'oeil toute la journée, puisque tous les enfants du village, monstres et humains, allaient à l'école où elle enseignait. Frisk, Asriel et le Monster Kid passaient la plupart de leur temps libre ensemble à jouer innocemment. Chara les rejoignait parfois quand ils lui demandaient, mais la plupart du temps, elle restait seule dans son coin à étudier.

Elle avait pu sortir de sous la montagne, retrouver un corps et une vie à peu près normale, mais ce n'était pas suffisant pour qu'elle soit "sauvée", n'est-ce pas? Toriel se demandait comment elle était chez les frères squelettes, et un beau matin elle prit Sans à part pour lui demander.

-Sans, ça fait plus de deux semaines que Chara est chez vous, et je me demandais… comment les choses se passaient.

Le squelette avait l'air épuisé, et Toriel s'inquiétait pour lui. Il lui répondit en soupirant:

-c'est calme. elle mange ce qu'on lui donne, même les pastas de Paps. elle demande du chocolat pour dessert à chaque repas, même le p'tit dej. elle lit des livres qu'elle ramène de la bibliothèque. elle regarde la télé le soir. elle dort dans sa chambre. je... je sais pas quoi dire d'autre. je passe mon temps à la surveiller, à essayer de trouver un truc qui cloche, et je vois rien de spécial.

-C'est pour cette raison que tu as l'air aussi fatigué?

Sans serra les poings. "Cet enfant m'a fait vivre l'enfer et je revois notre combat dans tous mes cauchemars et c'est bien juste parce que Frisk a décidé de faire un reset avant de se rendre jusqu'au bout du génocide que nous pouvons vivre en paix maintenant, et là je dois vivre avec cette gamine sous mon toit et elle me fixe avec ses grands yeux rouges, et je suis supposé bien dormir, merde?" Mais Sans avait beaucoup trop de respect et d'affection pour Toriel pour lui répondre ainsi. Il se contenta donc de hausser les épaules et de marmonner:

-'faut bien que quelqu'un la surveille.

-Elle a l'air de bien t'aimer, pourtant.

Oui, elle en avait l'air. C'était bien ce qui était le plus terrifiant pour Sans. Elle rigolait quand il faisait ses habituels jeux de mots. Elle se collait contre lui sur le divan en regardant la télé. Elle lui avait demandé qu'il lui lise une histoire au lit comme à Papyrus, et il n'avait pas pu refuser. C'était mieux de s'assurer qu'elle dormait véritablement avant qu'il aille se coucher lui-même.

Il aurait voulu se téléporter très loin le soir pour pouvoir dormir tranquille, mais il ne pouvait pas laisser Papyrus seul avec elle…

-je sais qu'elle m'aime bien. j'y comprends rien.

-Tu ne l'aimes pas beaucoup, n'est-ce pas? Frisk m'a expliqué ce qui s'est passé avec les resets et tout ça… je n'ai pas très bien compris, mais c'est du passé tout ça, non?

-le passé, le présent… ça n'a plus trop de sens pour moi. désolé Toriel, je dois filer, ma pause est finie.

Et avant qu'elle n'ait pu dire autre chose, il se téléporta dans son stand à hot dogs. C'était l'emploi qu'il avait pu garder en sortant à la surface. C'était mal payé, mais c'était tranquille.

Les gamins du coin se rendaient à l'école. Chara marchait avec Frisk. Ils se tenaient la main sans rien se dire. Après le genre de connexion qu'ils avaient partagé, ils n'avaient pas trop besoin de parler pour se comprendre, visiblement. Bientôt Asriel les rejoignit, et ils passèrent tous les trois devant le stand de Sans en le saluant joyeusement. Des gamins normaux, qui vivaient enfin une enfance normale. Pas de quoi s'inquiéter… non?

O*O*O

Les mois passèrent, et Sans ne s'habituait toujours pas à la présence de Chara. Elle ne montrait pourtant aucun signe d'agressivité, mais il était toujours sur ses gardes. Toujours. Il ne pouvait pas se permettre que les choses tournent mal à cause d'une attaque surprise. Pas après avoir finalement obtenu la paix et une temporalité continue. Frisk avait perdu ses pouvoirs de resets une fois de retour à la surface, il n'y avait plus de sauts dans le temps, ce qui était un soulagement pour Sans… mais aussi une source d'inquiétude. Plus moyen de recommencer si jamais les choses tournaient vraiment mal… plus de porte de sortie.

Sans évitait Chara autant que possible, mais celle-ci avait l'air de rechercher sa présence. Elle venait le voir quand une question était trop difficile dans un devoir. Elle lui apportait ses vêtements propres dans sa chambre, après qu'elle et Papyrus les ait pliés. Et elle lui demandait toujours une histoire au lit avant de dormir, même si elle commençait à être trop vieille pour ça (Papyrus aussi, mais bon, Papyrus c'était un cas spécial.) Elle lui prenait la main ou le bras affectueusement en le voyant, et elle riait quand il sursautait à ce contact.

Le malaise de Sans ne cessait de grandir. Mais les mois, les années passaient, et rien ne semblait changer.

Les gamins étaient devenus des adolescents, et ils avaient abandonné leurs chandails à rayures pour des vêtements plus à la mode. Ils allaient à l'école secondaire dans la petite ville d'à côté. La puberté avait frappé Chara assez fort, et elle avait grandi pour devenir vraiment très jolie. Ses grands yeux rouges lui donnaient un charme irréel… Asriel, Monster Kid (maintenant Monster Bro) et Frisk semblaient jouer le rôle de gardes du corps contre tous les garçons qui s'intéressaient à elle. Elle-même ne semblait pas trop s'en soucier, et elle continuait d'étudier de façon très assidue.

Toriel et Asgore commençaient finalement à montrer des signes de vieillissement. Pour eux, c'était un soulagement. Toriel avait fini par pardonner à Asgore, et même si elle ne voulait toujours rien savoir qu'ils se remettent ensemble, leurs rapports étaient devenus beaucoup plus amicaux, ce qui rendait Asriel bien heureux. Celui-ci avait l'air de se diriger vers une carrière politique, suivant les traces de son père, et il étudiait la façon humaine de procéder.

Frisk s'était lancé dans tous les sports en même temps, et il semblait y exceller. Le petit gamin adorable était devenu très grand et assez musclé. Déjà des recruteurs s'intéressaient à lui, et sa carrière semblait tracée devant lui.

Et Chara… Chara étudiait. Tant et si bien qu'elle recevait des bourses prestigieuses. Bientôt, se disait Sans, elle irait à l'université, et elle quitterait leur maison… bientôt… enfin…

Sans avait fini par aller dormir tous les soirs avec Papyrus, maintenant qu'elle avait finalement jugé qu'elle était trop vieille pour une histoire le soir. C'était le seul moyen pour qu'il arrive à fermer l'oeil. Son frère le serrait contre lui sans poser de questions. Même s'il avait évidemment remarqué le malaise et la fatigue de Sans, Papyrus évitait d'aborder le sujet, et il prenait soin de lui et de la maison, comme à son habitude.

Lorsque le jour du départ de Chara arriva, elle s'était vêtue d'une jolie robe à carreaux. Tout le voisinage s'était réuni autour de la voiture de Papyrus, qui était remplie des affaires de la jeune femme. Elle avait reçu une bourse pour l'université privée la plus prestigieuse du pays, et elle allait étudier le lien entre la magie des monstres et la physique humaine, sujet encore très peu exploré. Elle serra tout le monde dans ses bras, recevant les félicitations et les encouragements avec beaucoup de modestie… et finalement elle arriva devant Sans, qui marmonna aussi des félicitations préfaites.

Elle se pencha sur lui, passa ses bras autour de lui, et elle posa ses lèvres sur son sourire pour l'embrasser. Certaines personnes autour eurent l'air surpris et poussèrent des exclamations, mais d'autres, comme Frisk, Asriel et Monster Bro, avaient l'air de s'y attendre et regardaient en silence.

Sans s'était figé de surprise pendant un moment… avant de repousser brutalement la jeune fille et de se téléporter le plus loin possible. Bordel, qu'est-ce qui venait de se passer?!

O*O*O

Chara se sentait très seule, après avoir partagé la conscience de Frisk. Mais elle avait un corps à elle, maintenant, et c'était génial de pouvoir retrouver toutes les sensations de la vie et du monde autour.

Surtout parce que le monde semblait finalement pouvoir lui faire une place.

L'instinct qui l'avait poussé à tout détruire n'était plus là, tout comme il avait quitté Asriel. Il ne restait que la culpabilité. Et les monstres avaient pu retrouver la surface, et tout le monde se portait bien, et on attendait d'elle qu'elle vive une enfance normale.

Après avoir donné son âme au monstre qu'elle voyait comme son frère pour qu'il tue des gens et détruise la barrière. Après avoir passé des siècles sous terre en attendant que quelqu'un l'appelle. Une enfance normale!

Quelle bonne blague.

Elle aurait voulu aller vivre avec Toriel, mais Frisk habitait déjà chez la femme-chèvre, et les deux enfants avaient convenu de ne pas vivre ensemble pour éloigner un peu leurs consciences. Elle avait pensé aller avec Asgore et Asriel… mais Asriel voulait prendre un peu de distances lui aussi. C'est vrai que la dernière fois qu'ils avaient fait des plans ensemble, ça avait mal tourné… et il était tellement influençable. Il valait mieux le laisser à lui-même.

Alors Chara s'était tournée vers la personne qui l'avait fait sentir le plus… en vie dernièrement. Et qui pourrait la combattre efficacement si jamais l'instinct destructeur reprenait le dessus. Sans. Elle voulait vivre avec Sans. Et Papyrus avait l'air bien pour s'occuper des autres. Toriel était juste en dessous. C'était idéal.

Sans. Elle admirait le petit squelette. Il ne restait plus rien de la soif de sang qu'elle avait ressentie pendant leur long combat. Juste une certaine frustration de ne pas avoir vraiment pu le battre malgré tous ses efforts… mais maintenant ça n'avait plus d'importance. Elle admirait sa magie, et son attitude si désinvolte. Elle aimait lui rendre ses regards. Elle adorait le sentir sursauter quand elle le touchait, le rendre mal à l'aise et voir la sueur couler sur son front.

Et elle aimait beaucoup Papyrus aussi. Elle l'avait mal jugé, et il était quelqu'un de mémorable. Ils s'occupaient de la maison ensemble, et elle lui avait montré comment faire une cuisine acceptable pour les humains, ce qui impliquait d'utiliser des couteaux et non ses poings pour découper les ingrédients, entre autres. Et il lui montrait comment on pouvait tout accepter avec un sourire et affronter la vie plus facilement.

Elle grandissait, elle vieillissait, elle mûrissait. Elle s'était rendue compte qu'à force d'agacer Sans, celui-ci ne dormait presque plus. Elle avait été très triste de voir qu'il ne pouvait toujours pas lui faire confiance. Mais elle ne se faisait pas confiance non plus - elle était capable de tuer sans remords et elle le savait très bien et lui aussi. Elle n'avait aucune raison de le faire, aucune intention de le faire… mais c'était une pensée qui la hantait.

Sans était le seul qui se méfiait encore d'elle… et c'était étrangement rassurant comme pensée. Il la surveillait. Il ne la laisserait pas faire. Elle aurait voulu lui en parler, mais comment aborder ce sujet délicat? Elle voulait sa confiance, elle voulait qu'il ne soit pas toujours aussi tendu en sa présence… mais elle voulait qu'il se méfie encore d'elle. Ou bien elle voulait simplement qu'il continue à la regarder?

Elle était devenue de plus en plus jolie et féminine, tout le monde lui disait et elle était bien obligée de les croire. Mais même si elle avait eu ses règles, des poils là où il faut et tout le tralala, elle ne s'intéressait pas aux autres garçons. Frisk, Asriel et Monster Bro étaient bien gentils d'éloigner ces prétendants qui ne l'intéressaient pas. Ils étaient comme des frères pour elle, et elle avait beaucoup d'affection pour eux. Finalement, c'était grâce à eux qu'elle avait pu finalement avoir une enfance et une adolescence normales. Ils avaient été tellement bons, tellement compréhensifs à son égard.

Même lorsqu'elle leur avait avoué, pendant un de leurs pyjamas party, que celui qu'elle aimait était Sans. Ils avaient été surpris, et ils lui avaient posé plein de questions, mais ils avaient écouté ses réponses sans se moquer, sans l'interrompre.

Qu'elle aimait qu'il la regarde. Qu'elle aimait le toucher, le sentir près d'elle. Qu'elle rêvait qu'il accepte sa présence… et ses sentiments à son égard.

C'était tellement gênant d'en parler. Elle gardait ça pour elle depuis tellement longtemps. Tellement qu'elle s'était résolue à ne jamais lui en parler. Elle avait accepté la bourse de la meilleure université du pays et elle partirait bientôt de toute façon, alors à quoi bon?

-Justement, c'est le moment où jamais pour lui dire, Chara! s'exclama Asriel. Après il sera trop tard, ça ne sera plus pareil…

-Tu auras plein de regrets, ajouta Monster Bro.

-Il ne m'acceptera pas, je le sais trop bien, et ça je vais totalement le regretter! s'écria Chara.

-Il ne l'acceptera probablement pas maintenant, en effet, dit Frisk. Mais si tu ne lui dis pas, il n'aura jamais l'occasion de l'accepter.

Chara sentit les larmes lui monter aux yeux, et aussitôt les garçons lui sautèrent dessus pour la consoler. Ce qu'ils étaient devenus lourds! Mais ils étaient toujours aussi adorables, malgré leurs muscles et leur haute taille.

Ils firent donc les plans pour les aveux de Chara au moment de son départ. Elle était nerveuse, elle avait mis sa robe préférée, et elle finissait ses boîtes alors que Papyrus paniquait dans tous les coins. Son coeur battait si fort dans sa poitrine…

C'était le moment de partir, l'auto était pleine et tout le monde était là. Elle faisait la bise à tous ses amis et sa famille, et sa nervosité augmentait… et elle se trouva face à Sans, qui évitait son regard. Sans, toujours aussi visiblement mal à l'aise devant elle. Sans, qui avait l'air soulagé de la voir partir.

Et elle l'embrassa en plein sur la bouche en le retenant contre elle. Toriel et Asgore poussaient des exclamations de surprise, Papyrus fit un "nyeh!" de joie, les réactions étaient variées, et elle en avait péniblement conscience. Et Sans s'était complètement figé… et il finit par la repousser avant de disparaître. Elle s'y attendait, mais c'était dur quand même. Toujours les fesses au sol, elle se mit à sangloter. Frisk et Asriel l'entouraient de leurs bras.

-Ce n'est pas grave, lui murmurait Frisk à l'oreille. C'est maintenant que ça commence.

Ils la soulevèrent et la mirent dans l'auto. Papyrus comprit la situation, et il partit aussitôt la portière fermée, permettant à Chara d'éviter les questions d'Asgore et Toriel. Elle ferma son téléphone cellulaire et se laissa bercer par le roulement de la voiture de sport sur la route. Elle se mouchait de temps en temps, mais elle avait fini par contrôler ses sanglots. Papyrus ne lui disait rien, et il avait simplement allumé la radio.

Deux heures plus tard, ils étaient enfin à destination: les dortoirs de l'université prestigieuse où elle commencerait bientôt ses cours. Papyrus l'aida à monter tous ses paquets et à en défaire une bonne partie, puis ils allèrent au resto le plus près ensemble, avant qu'il ne reparte finalement, s'il voulait revenir avant qu'il ne soit trop tard. Il lui avait fait un long calin avant de partir, et ça lui avait fait beaucoup de bien…

Elle était en train de continuer à défaire ses boîtes, quand elle entendit qu'on cognait à sa porte. Ça devait être un voisin ou quelque chose du genre… elle se leva et ouvrit.

C'était Sans.

-s'lut… j'peux entrer?

Chara s'écarta aussitôt. Elle aurait voulu lui dire quelque chose, juste un salut, n'importe quoi, mais elle était tellement surprise qu'elle n'arrivait pas à sortir un son.

Sans s'assit sur la première chaise venue. Chara prit place sur le matelas, en face de lui. Ils n'arrivaient pas vraiment à se regarder.

-bon… eh bien… je me demandais juste ce qui t'avais pris tout à l'heure, je-

-C'était sincère, l'interrompit Chara. Je t'aime, Sans. Depuis des années.

-woah. direct.

Il se gratta le crâne, son visage ayant pris une teinte un peu bleutée. Puis il reprit la parole.

-je sais pas trop quoi en penser.

-Je vois ça. Je suis désolée de t'avoir… dérangé avec ça. Tu peux oublier si tu veux.

-non! non... de toute façon comment je pourrais t'oublier, hm?

Cette fois ce fut au tour de Chara de rougir.

-Tu as toujours été… très spécial pour moi, Sans. Je sais que je t'ai donné beaucoup de stress et de cauchemars, mais… j'avais besoin de toi. Je suis désolée pour tout ça. Tu ne me feras jamais confiance, hein?

-je sais pas. jamais, toujours, ces mots-là n'ont pas de sens pour moi. le temps ne veut plus dire grand chose après tout ce qui s'est passé.

Il se leva, et il s'assit à côté de Chara sur le distance entre eux s'était considérablement réduite, mais leur nervosité avait augmenté exponentiellement.

-il y a des choses qu'on aurait dû se dire depuis longtemps, hm? dit Sans. quand tu me collais devant la télé, par exemple, je ne savais pas si c'était pour m'agacer pour par véritable affection pour moi…

-Un peu des deux?

-sale gamine.

Mais son ton de voix était plus enjoué, plus détendu, et ils s'échangèrent un sourire.

-écoute, reprit Sans, je ne pense pas être prêt à pouvoir te répondre maintenant, mais… on pourrait recommencer ensemble? sur de nouvelles bases?

Chara hocha la tête, incapable de parler à cause de son coeur qui lui avait remonté jusque dans la gorge. Sans avait posé ses phalanges sur sa main. Ils tremblaient tous les deux.

-je… de toute façon, je dois continuer de te surveiller, alors attends-toi à me revoir souvent dans le coin!

-Sans!

Il se leva aussitôt, lui fit un air moqueur malgré le bleu qui persistait sur ses zygomatiques, et il se téléporta. Chara resta figée sur son lit pendant un long moment.

Frisk avait eu raison. Les choses venaient tout juste de commencer. Et elle était tellement heureuse.

O*O*O

Sans était finalement revenu chez lui, dans sa chambre. Il tremblait encore, mais pas du malaise habituel en la présence de Chara. C'était quelque chose de nouveau. Et c'était pas désagréable.

Il ne lui faisait pas encore confiance… mais il la croyait sur ce coup-là. C'était déjà du progrès… et les choses ne feraient que progresser de plus en plus. Il voulait de ce progrès, de cette évolution. Parce qu'il en avait marre d'être une épave nerveuse, évidemment, mais aussi… parce qu'il était content que Chara se soit révélée ainsi.

Pour la première fois depuis des années, il put finalement dormir une bonne nuit de sommeil profond, seul dans son lit.